Comment trouver les quartiles en utilisant la moyenne et l’écart-type

Découvrez la méthode rigoureuse pour calculer les quartiles (Q1, Q3) et l’écart interquartile à partir de la moyenne et de l’écart-type en psychométrie.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 11, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 11, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

Dans le champ de l’évaluation psychométrique et de l’analyse statistique des données comportementales, la caractérisation précise de la distribution des scores constitue une exigence méthodologique préalable à toute inférence diagnostique. Les praticiens et les chercheurs sont continuellement confrontés à la nécessité d’articuler deux familles distinctes de descripteurs quantitatifs : d’une part, les paramètres de moments continus, représentés par la moyenne arithmétique et la variance ou l’écart-type, et d’autre part, les statistiques d’ordre non paramétriques, incarnées par les quantiles et plus particulièrement les quartiles. Cette dialectique entre mesures de dispersion globale et seuils de positionnement relatif est au cœur de l’interprétation des profils cognitifs, des inventaires de personnalité et des échelles d’évaluation neuropsychologique.

Le recours à la loi normale, ou distribution gaussienne, offre un pont analytique d’une remarquable élégance entre ces deux approches. Lorsqu’une distribution empirique peut être modélisée de manière robuste par une loi normale — ce qui constitue un postulat fondamental de la théorie classique des tests psychométriques en vertu du théorème central limite —, les quartiles ne nécessitent plus un tri laborieux de données brutes ou un recours exclusif aux rangs percentiles empiriques. Ils peuvent être déduits analytiquement avec une rigueur mathématique absolue à partir des seuls moments d’ordre un et deux, à savoir l’espérance mathématique et l’écart-type. Cette démarche ne constitue pas seulement une simplification computationnelle ; elle représente un changement de paradigme fondamental, conférant aux repères divisionnaires de la distribution une stabilité asymptotique supérieure à celle obtenue par de simples méthodes de rangs sur de petits échantillons.

Ce traité exhaustif a pour vocation d’exposer l’intégralité des fondements théoriques, des démonstrations mathématiques et des applications cliniques permettant de déterminer les quartiles à partir de la moyenne et de l’écart-type. En explorant la dérivation analytique du coefficient critique universel, la quantification de l’écart interquartile, les implications pratiques au sein des échelles standardisées d’intelligence et les risques méthodologiques inhérents aux violations du postulat de normalité, ce document constitue une référence magistrale pour les chercheurs, psychologues, biostatisticiens et analystes de données soucieux de concilier rigueur mathématique et pertinence clinique.

1. Fondements théoriques des paramètres statistiques en psychométrie

1.1 Le rôle des statistiques descriptives dans l’évaluation psychologique

L’évaluation psychologique moderne repose de manière consubstantielle sur la capacité du clinicien ou du chercheur à ordonner, synthétiser et interpréter les comportements quantifiés au travers d’outils standardisés. La caractérisation des distributions empiriques au sein des populations cliniques et normatives exige une maîtrise rigoureuse de la structure mathématique des données recueillies. Dans le contexte de l’évaluation psychométrique, les scores obtenus par les sujets ne possèdent aucune signification intrinsèque absolue. Contrairement aux mesures physiques telles que la masse ou la longueur, un score brut à un inventaire d’anxiété ou à une épreuve de raisonnement fluide n’est qu’une métrique arbitraire résultant de l’addition de réponses discrètes à un ensemble d’items.

La distinction épistémologique entre les mesures de tendance centrale et les indices de variabilité constitue le socle de toute analyse distributionnelle. Les indices de tendance centrale, au premier rang desquels figure la moyenne arithmétique, visent à condenser l’information relative à l’ensemble d’un groupe en une valeur unique censée résumer la performance typique de la cohorte observée. À l’inverse, les indices de variabilité, dont l’écart-type est le représentant paramétrique le plus éminent, mesurent le degré d’hétérogénéité, d’instabilité ou de dispersion des performances individuelles autour de ce point d’ancrage central. Réduire une distribution à sa seule moyenne sans considérer son étendue ou son étalement statistique équivaudrait à ignorer la réalité fondamentale de la variance interindividuelle.

Il apparaît ainsi impératif de situer systématiquement chaque performance individuelle par rapport à des repères distributionnels standardisés. Le processus d’étalonnage en psychométrie consiste précisément à établir des tables de conversion permettant de confronter le résultat d’un patient donné à une population de référence de caractéristiques démographiques équivalentes (âge, genre, niveau socioculturel). Sans une estimation précise de la distribution de référence, il est rigoureusement impossible d’affirmer si un score dévie de manière significative ou pathologique de la trajectoire attendue, rendant caduque toute tentative de diagnostic clinique fondé sur des preuves objectives.

1.2 De la métrique brute au positionnement relatif

La transformation méthodique des scores bruts en scores standardisés répond à une exigence d’accroissement de la validité d’interprétation clinique. Lorsqu’un individu obtient un résultat brut de 42 à un sous-test d’attention et de 85 à un inventaire d’estime de soi, ces chiffres demeurent incommensurables en raison de la divergence des échelles de mesure, du nombre d’items et des variabilités inhérentes aux deux épreuves. L’opération de standardisation vise à projeter ces valeurs brutes disparates sur un espace métrique commun, doté d’une métrique normalisée dont les propriétés distributionnelles sont parfaitement maîtrisées par le praticien.

Dans ce cadre de référence, l’importance théorique des percentiles et des quartiles dans l’étalonnage des tests psychométriques s’avère prépondérante. Un rang percentile fournit une indication directe et intuitive de la position ordinale occupée par un individu : il spécifie le pourcentage précis de la cohorte normative ayant obtenu une performance égale ou inférieure à la sienne. Les quantiles opèrent ainsi une spatialisation de l’évaluation, permettant de segmenter la distribution continue en sous-ensembles d’effectifs égaux. Cette approche ordinale présente l’avantage considérable de s’affranchir des unités arbitraires des épreuves pour communiquer au patient ou aux professionnels de santé des repères clairs et directement intelligibles.

Il existe néanmoins un lien structurel indissoluble entre la dispersion statistique observée et la variabilité interindividuelle des construits latents. Les théories psychométriques, qu’il s’agisse de la théorie classique des tests ou de la théorie de la réponse aux items, postulent que les variations des scores observés reflètent les variations continues de traits inobservables sous-jacents, tels que l’intelligence cristallisée, la mémoire de travail ou l’extraversion. L’amplitude de l’écart-type observée sur un échantillon d’étalonnage conditionne directement l’écartement des percentiles et la précision avec laquelle un clinicien peut discriminer des individus situés à proximité des seuils décisionnels.

2. Le postulat de distribution normale en sciences psychologiques

2.1 Propriétés fondamentales de la loi normale gaussienne

La loi normale, fréquemment qualifiée de loi de Gauss ou de Laplace-Gauss, occupe une place d’une centralité incontestée dans l’arsenal des sciences quantitatives. Formellement désignée par la notation standardisée associant l’espérance mathématique (souvent notée μ) et la variance (notée σ²), elle se caractérise par une fonction de densité de probabilité continue définie sur l’ensemble des nombres réels, dont la représentation graphique prend la forme d’une courbe en cloche d’une parfaite élégance géométrique.

L’attribut fondamental premier de cette distribution réside dans sa symétrie axiale absolue par rapport à la droite verticale passant par la moyenne de la population (μ). Cette symétrie implique que la probabilité d’observer une déviation d’une amplitude donnée au-dessus de la moyenne est rigoureusement identique à la probabilité d’observer une déviation d’amplitude équivalente en dessous de celle-ci. En conséquence directe de cette configuration géométrique invariante, il s’opère une coïncidence stricte et systématique entre les trois mesures de tendance centrale fondamentales : la moyenne arithmétique (μ), la médiane (la valeur qui sépare l’échantillon en deux proportions volumétriques égales de 50 %) et le mode (le point d’ordonnée maximale correspondant à la valeur la plus probable de la variable aléatoire continue).

L’écart-type (σ) exerce quant à lui un rôle déterminant dans la morphologie de la courbe gaussienne, agissant comme le régulateur exclusif de son aplatissement et de son étalement horizontal. Alors que la moyenne gouverne la translation de la courbe le long de l’axe des abscisses, l’écart-type modélise de façon continue la dispersion des données. Les points d’inflexion géométriques de la courbe en cloche — c’est-à-dire les emplacements précis où la convexité de la fonction bascule vers la concavité — sont rigoureusement situés aux abscisses μ – σ et μ + σ. Cette régularité mathématique confère à l’écart-type un statut d’unité de mesure naturelle pour caractériser la dispersion au sein de tout modèle paramétrique normal.

2.2 Justification de la modélisation normale pour les traits psychologiques

L’adoption quasi systématique de la distribution normale comme cadre de référence en psychométrie n’est pas le fruit d’une convention arbitraire, mais s’enracine dans les théorèmes fondamentaux du calcul des probabilités. L’implication du théorème central limite constitue l’argument théorique le plus puissant en faveur de cette modélisation : lorsqu’une variable psychologique observée résulte de l’agrégation additive d’un grand nombre de composantes élémentaires indépendantes (ou faiblement corrélées) — telles que de multiples déterminants génétiques, des influences environnementales diversifiées et une infinité d’items psychométriques distincts —, la somme ou la moyenne de ces composantes converge asymptotiquement vers une loi normale, quelle que soit la forme des distributions sous-jacentes de chacune des variables élémentaires.

Cette convergence explique la remarquable stabilité distributionnelle constatée de longue date au sein des échelles standardisées d’intelligence, d’aptitudes cognitives générales et des inventaires de personnalité multidimensionnels (à l’instar des inventaires basés sur le modèle en cinq facteurs). Dès lors qu’une épreuve psychométrique agrège plusieurs dizaines de questions mesurant un construit latent global, le score composite obtenu présente une distribution empirique qui épouse de façon extrêmement fidèle la trajectoire continue d’une courbe en cloche classique, à condition que le test ne souffre pas d’effets de plancher ou de plafond marqués.

Néanmoins, l’application de calculs paramétriques continus pour déterminer des seuils distributionnels exige la vérification rigoureuse de conditions de validité empiriques. L’échantillon normatif doit présenter un volume statistique suffisant, exempt de biais d’échantillonnage majeurs ou de stratifications défectueuses. L’assimilation d’une distribution discrète de scores bruts à un continuum gaussien suppose également que les intervalles entre les scores reflètent une progression psychologique sous-jacente homogène. Dès lors que ces prérequis sont validés, l’usage des propriétés analytiques de la loi normale permet de déduire l’ensemble des quantiles avec un niveau d’exactitude et de robustesse inaccessible aux simples statistiques descriptives d’ordre.

3. Définition conceptuelle et signification mathématique des quartiles

3.1 Segmentation de la distribution ordonnée en quartiles

Dans l’architecture de la statistique descriptive, les quartiles constituent les trois bornes fondamentales qui partitionnent un ensemble d’observations ordonnées en quatre segments rigoureusement égaux, chacun concentrant exactement un quart, soit 25 %, de l’effectif total ou de la masse de probabilité. Cette fragmentation méthodique de l’espace des données autorise une appréhension fine de la densité des observations à travers différentes strates de la performance.

Le premier quartile, universellement désigné par l’acronyme Q1, se définit formellement comme la borne inférieure en dessous de laquelle se situent exactement 25 % des observations les plus basses de la distribution. Corrélativement, 75 % des scores enregistrés au sein de la population étudiée dépassent cette valeur seuil. Sur le plan de la notation psychométrique, Q1 coïncide de manière biunivoque avec le 25e percentile (P25) ou le 2,5e décile. Dans le cadre de l’évaluation diagnostique, Q1 signale fréquemment l’entrée dans la zone des scores faibles ou suboptimaux, justifiant une attention clinique particulière.

Le deuxième quartile, noté Q2, s’identifie strictement à la médiane de la distribution. Par définition, il délimite la cohorte en deux moitiés volumétriquement équivalentes : 50 % des observations lui sont inférieures et 50 % lui sont supérieures. Le troisième quartile, désigné par Q3, correspond quant à lui à la borne marquant les 75 % cumulés de l’échantillon, signifiant que 75 % des sujets obtiennent une performance inférieure ou égale à ce point métrique, tandis que le quart le plus performant (les 25 % supérieurs) se situe au-delà. Ensemble, Q1, Q2 et Q3 délimitent de manière structurée l’axe continu de la performance humaine.

3.2 Interprétation probabiliste continue sous la courbe de Gauss

Lorsque l’on transpose la notion discrète de quartiles au cadre de la théorie des probabilités continues, la définition purement ensembliste cède la place à un formalisme intégral rigoureux. Dans une distribution continue modélisée par une loi de Gauss de paramètres μ et σ, le calcul d’un quartile correspond à l’inversion de la fonction de répartition de la variable aléatoire étudiée. Cette fonction de répartition, traditionnellement notée F(x), représente l’intégrale cumulée de la fonction de densité de probabilité de l’infini négatif jusqu’à la borne d’évaluation x.

Formellement, le premier quartile théorique Q1 est la racine unique satisfaisant l’équation intégrale par laquelle l’aire sous la courbe de densité normale comprise entre moins l’infini et Q1 égale précisément 0,25. De manière symétrique, le troisième quartile théorique Q3 est la valeur pour laquelle cette intégrale cumulée atteint la valeur de 0,75. Cette intégration de la densité garantit une transition fluide entre la modélisation mathématique abstraite et le comportement effectif des scores psychométriques au sein d’une population infinie théorique.

L’intérêt clinique de cette formalisation continue réside dans l’équivalence formelle absolue entre ces quartiles théoriques et les seuils d’intervention diagnostique. En psychiatrie quantitative et en psychologie clinique, l’usage des quartiles permet de segmenter objectivement des niveaux de sévérité symptomatique sur des échelles validées. L’appartenance d’un patient au quartile supérieur (score supérieur à Q3) pour un inventaire d’anxiété état fournit immédiatement l’indication probabiliste qu’il manifeste un niveau d’activation émotionnelle supérieur à celui de trois quarts de la population normative, sans qu’il soit nécessaire de recalculer manuellement les effectifs empiriques à chaque passation.

4. Dérivation analytique du coefficient critique z = 0,675

4.1 Utilisation de la fonction de répartition normale centrée réduite

Afin d’extraire la valeur des quartiles à partir des seuls paramètres μ et σ, il est indispensable d’opérer un détour analytique par la loi normale standardisée, également qualifiée de normale centrée réduite et universellement désignée par la notation Ν(0, 1). Toute variable aléatoire X suivant une loi normale générale de moyenne μ et d’écart-type σ peut être transformée de façon univoque en une variable centrée réduite, usuellement désignée par la lettre z, au travers de la relation de transformation linéaire fondamentale :

z = (X – μ) / σ

Cette standardisation linéaire annule la moyenne d’origine par translation et normalise la dispersion par dilatation métrique, ramenant l’étude de n’importe quel test psychométrique à l’analyse de la fonction de répartition universelle de la loi Ν(0, 1), notée Φ(z). La table cumulative de cette loi normale standardisée détaille la proportion de l’aire totale située sous la courbe pour chaque valeur possible de la cote z. Pour localiser le troisième quartile Q3 sur cette distribution de référence, il convient d’identifier l’argument z satisfaisant rigoureusement l’égalité Φ(z) = 0,7500.

L’exploration méthodique des tables de probabilités ou l’emploi d’algorithmes d’inversion numérique d’une haute précision mathématique (utilisant la réciproque de la fonction d’erreur de Gauss, notée erf) démontre que la valeur de z pour laquelle l’aire cumulée atteint rigoureusement 75 % ne se situe pas exactement à un demi-écart-type, mais à une valeur fractionnaire singulière. La résolution analytique de l’équation Φ(z) = 0,75 livre la valeur critique décimale étendue :

z ≈ 0,674489750196…

Dans la pratique psychométrique et statistique internationale, il est unanimement convenu d’approximer cette valeur critique à trois décimales significatives, retenant ainsi le coefficient conventionnel z = 0,675 (ou 0,6745 lorsque l’on recherche une précision accrue sur de très larges cohortes). Ce facteur critique constitue le multiplicateur universel reliant la dispersion paramétrique aux bornes quartiles d’un modèle gaussien.

4.2 Symétrie de la fonction quantile et signe du coefficient

L’exploitation de la symétrie axiale parfaite régissant la densité de probabilité gaussienne permet d’élucider la dérivation du premier quartile sans nécessiter une seconde intégration numérique indépendante. En vertu des propriétés géométriques de la distribution Ν(0, 1), la fonction de répartition cumulative satisfait de façon permanente l’identité fonctionnelle remarquable suivante :

Φ(-z) = 1 – Φ(z)

Cette propriété de réflexion implique directement que l’aire comprise entre l’infini négatif et une valeur d’abscisse négative -z est parfaitement identique à l’aire située à droite de la valeur positive symétrique +z. Par conséquent, pour repérer la coordonnée délimitant une probabilité cumulée inférieure de 0,25 (qui caractérise le premier quartile Q1), nous posons l’équation Φ(z) = 0,25. En substituant cette condition dans l’identité de symétrie, nous obtenons immédiatement 1 – Φ(-z) = 0,25, ce qui équivaut rigoureusement à Φ(-z) = 0,75.

La conséquence mathématique est immédiate et sans équivoque : la cote standardisée correspondant au premier quartile est exactement l’opposé algébrique de celle identifiée pour le troisième quartile. Si Q3 se situe à une distance de +0,67449 écart-type au-dessus de la moyenne dans l’espace standardisé, Q1 se situe obligatoirement et symétriquement à -0,67449 écart-type en dessous de cette même moyenne. L’attribution respective des signes positif et négatif au coefficient critique découle ainsi avec fluidité de la topologie intrinsèque de la loi normale :

  • Pour le premier quartile (Q1) : z0,25 = -0,675
  • Pour le deuxième quartile (Q2 ou médiane) : z0,50 = 0,000
  • Pour le troisième quartile (Q3) : z0,75 = +0,675

5. Formules fondamentales de calcul des quartiles à partir de la moyenne et de l’écart-type

5.1 Formalisation mathématique de l’estimation de Q1 et Q3

À partir de la formalisation de la cote z critique et de la formule de transformation affine inversée, le passage de la distribution standardisée Ν(0, 1) à la métrique native d’une épreuve psychométrique donnée s’effectue sans aucune difficulté algorithmique. En isolant la variable brute X dans l’équation de standardisation z = (X – μ) / σ, nous déduisons l’équation génératrice fondamentale :

X = μ + (z × σ)

En substituant méthodiquement les coefficients standardisés obtenus pour les aires cumulées de 0,25 et 0,75, nous formulons les deux théorèmes fondamentaux de déduction paramétrique des quartiles pour toute variable aléatoire continue assujettie au postulat de normalité gaussienne :

Formule analytique de Q1 : Q1 = μ – (0,675 × σ)
Formule analytique de Q3 : Q3 = μ + (0,675 × σ)

La décomposition fonctionnelle de ces deux expressions algébriques met en lumière l’articulation logique unissant les paramètres distributionnels. Le terme μ opère en tant qu’ancrage central du modèle, assurant la translation de l’ensemble de la métrique vers le barycentre des observations de l’échantillon d’étalonnage. Le terme multiplicatif, formalisé par le produit du coefficient invariant 0,675 par l’écart-type empirique σ, représente l’intervalle semi-quartile paramétrique. Il chiffre la distance absolue séparant le centre de la distribution de chacune de ses deux bornes quartiles sous-jacentes.

5.2 Compréhension de la pondération par l’écart-type

L’écart-type (σ) n’agit pas simplement ici comme un terme additif ordinaire, mais assume la fonction d’un véritable facteur d’échelle métrique linéaire. En multipliant le nombre adimensionnel 0,675 par la valeur numérique de σ, on réinjecte l’unité de mesure native du test dans le calcul de la distance ordinale. Si un test d’aptitude psychomotrice est calibré en millisecondes, le produit 0,675 × σ fournira un écart exprimé en millisecondes. Si une échelle de mémoire verbale est mesurée en nombre de mots rappelés, le même calcul délivrera une distance exprimée en nombre de mots.

Cette dépendance linéaire directe met en relief l’impact substantiel de l’hétérogénéité d’un groupe clinique ou normatif sur l’amplitude de l’intervalle séparant les quartiles. Lorsque la population étudiée présente une variabilité restreinte — par exemple, un échantillon d’étudiants hautement sélectionnés dans une filière d’excellence présentant un écart-type σ faible —, l’écartement des quartiles sera particulièrement resserré autour de la moyenne, dénotant une forte concentration des individus dans un mouchoir de poche métrique. À l’inverse, si l’on évalue une cohorte clinique hétérogène regroupant des patients présentant des atteintes cérébrales d’étiologies variées, l’écart-type s’élargira considérablement, provoquant une expansion proportionnelle de l’écartement des quartiles.

Il importe de souligner l’invariance absolue de la proportion probabiliste couverte par ces équations, nonobstant l’amplitude numérique de la dispersion observée. Que l’écart-type d’un test soit égal à 2 ou à 200, l’intervalle délimité par μ – (0,675 × σ) et μ + (0,675 × σ) renfermera toujours, de manière immuable sous condition de stricte normalité, très exactement 50 % des effectifs de la population parente. L’écart-type ajuste la loupe métrique sans jamais altérer le rapport géométrique unissant l’aire centrale aux queues de distribution.

6. Calcul et portée interprétative de l’écart interquartile (IQR)

6.1 Définition algébrique et calcul théorique

L’écart interquartile, désigné dans la nomenclature statistique internationale sous le sigle IQR (pour Interquartile Range), constitue l’un des indicateurs de dispersion non paramétrique les plus fondamentaux. Par définition, il représente la différence arithmétique séparant le troisième quartile du premier quartile, mesurant ainsi l’étendue totale balayée par la moitié centrale des observations :

IQR = Q3 – Q1

Lorsque l’on substitue les expressions paramétriques de Q1 et Q3 déduites des équations de la loi normale dans cette formule fondamentale, une simplification algébrique remarquable se produit :

IQR = [μ + (0,6745 × σ)] – [μ – (0,6745 × σ)]
IQR = μ + (0,6745 × σ) – μ + (0,6745 × σ)
IQR = 2 × (0,6745 × σ)
IQR ≈ 1,35 × σ (ou plus exactement 1,34898 × σ)

Cette démonstration analytique établit une relation de proportionnalité directe et constante entre l’écart interquartile théorique d’une loi gaussienne et son écart-type. La conséquence épistémologique majeure de ce résultat réside dans la disparition algébrique totale de la moyenne μ. Quelle que soit la valeur moyenne d’un test psychologique — qu’il s’agisse d’un test de QI centré sur 100 ou d’une épreuve d’acuité perceptive centrée sur 10 —, l’écart interquartile d’une distribution normale est strictement et exclusivement déterminé par son paramètre d’échelle σ, multiplié par la constante universelle 1,35.

6.2 Utilité psychométrique de l’écart interquartile

L’écart interquartile remplit une fonction diagnostique et descriptive de premier plan en analyse de données. Sur le plan structural, il caractérise avec une élégante sobriété la zone de fonctionnement moyen ou ordinaire dans laquelle se concentrent les 50 % de scores médians d’une cohorte. En psychologie clinique, cette zone centrale correspond souvent à la variabilité physiologique normale ne nécessitant aucune investigation thérapeutique spécifique, par opposition aux déciles extrêmes qui concentrent la pathologie ou l’exceptionnalité cognitive.

L’avantage opérationnel le plus marquant de l’IQR par rapport à des indices tels que l’étendue brute (valeur maximale moins valeur minimale) ou même l’écart-type réside dans sa robustesse remarquable face aux valeurs aberrantes (outliers) et aux artefacts de mesure. Si un sujet répond au hasard ou subit une rupture motivationnelle sévère au cours d’un test, produisant un score aberrant de zéro, l’écart-type de l’échantillon peut en être considérablement amplifié en raison de l’élévation au carré des écarts. L’IQR, en revanche, ignore totalement les 25 % d’observations les plus extrêmes situées de part et d’autre de la médiane, garantissant une stabilité d’estimation exemplaire en contexte de terrain.

Par ailleurs, la relation constante IQR / σ ≈ 1,35 fournit aux psychométriciens un critère de normalité empirique particulièrement véloce et informatif. Lorsque l’on analyse une distribution réelle, il est hautement recommandé de calculer conjointement l’écart-type empirique et l’écart interquartile d’ordre. Si le rapport de l’IQR empirique sur l’écart-type observé dévie substantiellement de la valeur théorique de 1,35 (par exemple en tombant sous 1,15 ou en excédant 1,55), le chercheur est immédiatement alerté d’une violation substantielle du postulat de normalité, signalant soit un aplatissement atypique de la distribution, soit une contamination des queues de distribution par des scores extrêmes asymétriques.

7. Application empirique détaillée : Calculs pas à pas

7.1 Cas d’étude avec moyenne mu = 300 et écart-type sigma = 45

Afin de rendre parfaitement concrète l’articulation des formules démontrées précédemment, considérons un cas d’école issu de l’évaluation neuropsychologique du temps de traitement cognitif complexe. Soit une batterie informatisée d’épreuves de flexibilité mentale pour laquelle les normes établies sur un large échantillon de référence adulte attestent d’une moyenne μ = 300 millisecondes et d’un écart-type σ = 45 millisecondes, avec une distribution empirique validée comme rigoureusement normale.

Pour calculer le premier quartile (Q1) — représentant le niveau sous lequel se situent les 25 % de participants les plus rapides à réagir —, la procédure de substitution numérique méthodique s’articule comme suit :

  1. Énonciation de la formule théorique : Q1 = μ - (0,675 × σ)
  2. Substitution des paramètres connus : Q1 = 300 - (0,675 × 45)
  3. Calcul du produit de dispersion : 0,675 × 45 = 30,375
  4. Soustraction finale du produit à la moyenne : Q1 = 300 - 30,375 = 269,625 millisecondes

De manière rigoureusement symétrique, la détermination du troisième quartile (Q3) — au-dessus duquel se positionnent les 25 % de sujets manifestant les temps de latence les plus prolongés — s’effectue par l’addition du produit de dispersion :

  1. Énonciation de la formule théorique : Q3 = μ + (0,675 × σ)
  2. Substitution des paramètres : Q3 = 300 + (0,675 × 45)
  3. Addition méthodique : Q3 = 300 + 30,375 = 330,375 millisecondes

Ces calculs démontrent sans ambiguïté comment la moyenne de 300 ms sert de pivot métrique, autour duquel les bornes quartiles s’écartent symétriquement d’une amplitude exacte de 30,375 millisecondes.

7.2 Détermination pas à pas de l’écart interquartile associé

L’écart interquartile associé à cette épreuve de temps de réaction peut être calculé par deux approches complémentaires, fournissant une vérification de la cohérence de l’estimation numérique. La première démarche, dite différentielle, met en jeu la soustraction directe des deux quartiles obtenus à l’étape précédente :

IQR = Q3 – Q1
IQR = 330,375 – 269,625
IQR = 60,75 millisecondes

La seconde démarche, dite paramétrique directe, mobilise le coefficient universel 1,35 directement appliqué à l’écart-type de la population :

IQR = 1,35 × σ
IQR = 1,35 × 45
IQR = 60,75 millisecondes

Si l’on recourt au coefficient plus raffiné à quatre décimales (1,3490), le calcul direct livre : 1,34898 × 45 = 60,704 millisecondes. Cet écart infinitésimal de 0,046 milliseconde illustre la question des potentielles erreurs d’arrondi décimal dans les publications empiriques. Il est recommandé, dans les rapports d’étalonnage psychométrique à haute exigence, de conserver au minimum trois décimales significatives lors des calculs intermédiaires avant d’arrondir la valeur finale à l’unité de mesure cliniquement pertinente (ici, le millième ou le dixième de milliseconde).

7.3 Traduction sémantique et clinique des résultats

La puissance d’une analyse quantitative réside dans sa conversion en énoncés diagnostiques clairs et opérationnels. L’obtention des valeurs Q1 = 269,625 ms et Q3 = 330,375 ms autorise trois assertions probabilistes rigoureuses et immédiatement exploitables par l’équipe soignante :

  • Borne inférieure de vélocité : Il est affirmé avec certitude probabiliste que 25 % des sujets de la population de référence réalisent un temps de réaction strictement inférieur ou égal à 269,625 millisecondes. En contexte neuropsychologique, ce groupe réunit les individus aux performances de vitesse cognitive supérieures.
  • Borne supérieure de ralentissement : De manière équivalente, 75 % des participants obtiennent un temps de réponse inférieur ou égal à 330,375 millisecondes, signifiant en miroir que seul un quart de la population (les 25 % les plus lents) manifeste un score excédant cette valeur critique.
  • Zone de fonctionnement modal : Exactement 50 % de la cohorte d’étalonnage se situe à l’intérieur de l’intervalle fermé défini par [269,625 ; 330,375] millisecondes. Un patient dont le temps de réponse s’inscrit dans cette fenêtre présente une rapidité exécutive strictement intermédiaire, représentative de la variabilité usuelle de la population générale adulte, écartant ainsi tout indice franc de ralentissement idéomoteur.

8. Transposition psychométrique : Échelles d’intelligence et tests cognitifs

8.1 Application aux échelles standardisées de Wechsler

Les échelles d’intelligence de David Wechsler — qu’il s’agisse de la WAIS pour adultes ou du WISC pour enfants — constituent sans conteste l’instrument psychométrique le plus fréquemment utilisé à travers le monde. Les scores composites d’efficience globale, désignés sous l’appellation classique de Quotient Intellectuel (QI), sont systématiquement standardisés pour suivre une distribution normale de paramètres constants : une moyenne μ fixée conventionnellement à 100 et un écart-type σ fixé rigoureusement à 15 points.

L’application directe de nos formules paramétriques à cette métrique standardisée livre des repères immédiats pour le clinicien :

Q1 = 100 – (0,675 × 15) = 100 – 10,125 = 89,875 (arrondi à 90 points de QI)
Q3 = 100 + (0,675 × 15) = 100 + 10,125 = 110,125 (arrondi à 110 points de QI)

Ce résultat mathématique fonde précisément la classification sémiologique traditionnelle retenue par Wechsler et ses successeurs. La zone d’intelligence dite « moyenne » ou « normale », qui figure dans l’ensemble des manuels d’interprétation clinique, est universellement circonscrite entre les scores de 90 et 110. Nos équations démontrent avec limpidité que cet intervalle clinique classique [90 – 110] n’est rien d’autre que l’espace interquartile exact d’une loi normale d’écart-type 15 : il délimite mathématiquement la zone dans laquelle évolue exactement la moitié centrale de la population humaine générale.

8.2 Application aux notes standardisées T et Sten

Au-delà du QI standard, la psychométrie clinique et organisationnelle emploie fréquemment d’autres étalonnages métriques continus pour neutraliser les disparités entre épreuves. L’échelle de note T, omniprésente dans les inventaires de personnalité psychopathologique (tels que le MMPI) et les échelles de comportement adaptatif, adopte une distribution paramétrée par μ = 50 et σ = 10. La détermination paramétrique des quartiles s’y opère avec une limpidité absolue :

Q1T = 50 – (0,675 × 10) = 50 – 6,75 = 43,25
Q3T = 50 + (0,675 × 10) = 50 + 6,75 = 56,75

Dans ce contexte, un profil clinique dont l’ensemble des échelles se situe dans la plage T [43 – 57] traduit un fonctionnement psychologique moyen et équilibré, les cotes d’alerte symptomatiques n’intervenant généralement qu’au-delà de T = 65 ou 70 (soit au-delà de 1,5 ou 2 écarts-types au-dessus de la moyenne).

Dans le domaine du recrutement professionnel et de la psychologie du travail, les praticiens recourent massivement à l’échelle des notes Sten (contraction de l’anglais Standard Ten), qui partitionne l’espace des aptitudes sur un continuum de 1 à 10, avec une moyenne théorique fixée à 5,5 et un écart-type σ établi à 2,0. Les quartiles théoriques sur cette échelle s’établissent comme suit :

Q1Sten = 5,5 – (0,675 × 2) = 5,5 – 1,35 = 4,15
Q3Sten = 5,5 + (0,675 × 2) = 5,5 + 1,35 = 6,85

En pratique RH, les candidats affichant des scores Sten compris entre 5 et 6 incarnent le noyau moyen central, tandis qu’un score de 4 ou moins signale un positionnement dans le premier quartile, et un score de 7 ou plus marque l’appartenance au quartile supérieur. L’harmonisation mathématique fournie par l’estimation interquartile permet ainsi de superposer et de comparer directement le profil d’un individu mesuré concurremment sur des échelles de Wechsler, des cotes T et des notes Sten.

9. Confrontation entre quartiles paramétriques et quartiles de rangs observés

9.1 Quartiles paramétriques vs quartiles non paramétriques empiriques

Il est fondamental de distinguer la méthodologie paramétrique fondée sur la moyenne et l’écart-type de l’évaluation non paramétrique directe des quartiles empiriques par ordonnancement. La méthode non paramétrique consiste à ranger la série brute des observations par ordre de grandeur croissante et à extraire la valeur correspondant directement aux rangs calculés (n + 1) / 4 pour Q1 et 3(n + 1) / 4 pour Q3 (selon l’une des multiples conventions d’interpolation linéaire reconnues, notamment l’algorithme d’Hyndman et Fan).

D’un point de vue de théorie statistique, l’estimateur paramétrique fondé sur la formule μ ± 0,675 × σ bénéficie d’une efficacité statistique asymptotique significativement supérieure à celle de l’estimateur de rang ordonné empirique, pourvu que l’hypothèse de normalité soit rigoureusement satisfaite. L’estimateur paramétrique utilise l’intégralité de l’information quantitative véhiculée par chaque point de l’échantillon pour calculer μ et σ, ce qui minimise son erreur-type d’échantillonnage. En d’autres termes, si l’on répète l’évaluation sur de multiples sous-échantillons d’une population normale, les quartiles calculés par μ ± 0,675σ fluctuent nettement moins d’un échantillon à l’autre que les quartiles obtenus par de simples tris ordonnés de rangs empiriques.

Cependant, cette supériorité algorithmique s’accompagne d’une vulnérabilité méthodologique sévère : une sensibilité extrême aux ruptures de l’hypothèse de gaussianité. Alors que la méthode non paramétrique par rangs conserve une validité descriptive absolue quelle que soit la morphologie de la distribution (qu’elle soit asymétrique, bimodale ou tronquée), l’estimateur paramétrique est un modèle contraignant. Si la distribution parente s’écarte substantiellement de la courbe en cloche, la projection du multiplicateur 0,675 sur l’écart-type engendre un biais systématique, positionnant les quartiles théoriques à des coordonnées qui ne reflètent plus du tout les proportions réelles de 25 % et 75 % dans l’échantillon examiné.

9.2 Effet de la taille de l’échantillon sur la convergence

L’arbitrage méthodologique entre l’approche paramétrique (μ / σ) et l’approche de rang ordonné empirique est largement conditionné par la taille effective de l’échantillon (notée N). Sur des échantillons restreints — situation fréquente lors de l’étalonnage de pathologies neuropsychologiques rares où la cohorte clinique ne regroupe que 20 à 40 patients —, les statistiques d’ordre empiriques souffrent de fluctuations d’échantillonnage considérables. Un seul score inhabituellement haut ou bas déplace de manière abrupte les rangs d’interpolation, provoquant une forte instabilité des quartiles empiriques.

Dans un tel contexte de faible effectif, et si des arguments théoriques robustes permettent de postuler une distribution normale du construit psychologique, le recours à la formule μ ± 0,675 × σ apporte un gain substantiel de régularisation et de robustesse. L’écart-type et la moyenne, intégrant l’ensemble des points disponibles, agissent comme des filtres stabilisateurs qui amortissent les soubresauts locaux inhérents aux petits effectifs ordonnés.

À l’inverse, lorsque l’échantillon d’étalonnage atteint des dimensions épidémiologiques majeures (plusieurs milliers d’individus comme dans les standardisations nationales des échelles de développement), les estimateurs non paramétriques de rangs convergent de manière asymptotique vers les fractiles exacts de la population, sans exiger le moindre postulat formel sur la distribution. Le tableau décisionnel suivant résume les préconisations méthodologiques pour orienter le choix de l’analyste :

  • Échantillon modeste (N < 100) et normalité non rejetée : Privilégier l’approche paramétrique μ ± 0,675 × σ pour sa faible variance d’échantillonnage.
  • Échantillon modeste (N < 100) et présence d’asymétrie : Recourir impérativement aux rangs non paramétriques empiriques, les formules gaussiennes introduisant un biais formel inacceptable.
  • Très grand échantillon (N > 1 000) : Les deux approches se rejoignent si la distribution est normale ; en cas de divergences même minimes, retenir les percentiles empiriques d’ordre afin de préserver la représentativité descriptive stricte des proportions cumulées.

10. Diagnostic des écarts à la normalité et limites de validité

10.1 Conséquences de l’asymétrie distributionnelle

La validité clinique du calcul des quartiles à partir des paramètres μ et σ s’effondre irrémédiablement lorsque la distribution empirique des scores présente une asymétrie marquée, mathématiquement mesurée par le troisième moment centré normalisé, ou coefficient d’asymétrie de Fisher-Pearson (skewness). Dans une loi parfaitement symétrique, le skewness est strictement nul, ce qui valide la localisation équidistante de Q1 et Q3 de part et d’autre de la moyenne arithmétique.

Dès lors que le skewness s’écarte de zéro, la moyenne μ cesse de coïncider avec la médiane Q2, glissant vers la queue de distribution la plus étirée. Considérons le cas d’une asymétrie positive (skewness > 0), situation typique et omniprésente en psychopathologie lors de la passation d’échelles d’anxiété, de dépression (comme l’inventaire de dépression de Beck) ou de traumatologie émotionnelle au sein de la population générale. La vaste majorité des individus sains présente un score nul ou extrêmement bas, concentrant une densité massive d’observations près du plancher, tandis qu’une minorité clinique étire une longue queue vers les scores élevés.

Si l’on applique aveuglément les formules Q1 = μ - 0,675σ et Q3 = μ + 0,675σ à une telle échelle asymétrique, le clinicien s’expose à des erreurs diagnostiques majeures. D’une part, la formule pourra délivrer une valeur théorique pour Q1 mathématiquement négative, ce qui s’avère aberrant pour un inventaire comportemental dont le plancher est fixé à zéro. D’autre part, la moyenne ayant été artificiellement tractée vers la droite par les cas cliniques sévères, la valeur calculée de Q1 surestimera gravement le seuil séparant les 25 % de sujets les moins symptomatiques, faussant intégralement l’appréciation du niveau d’affectation psychique.

10.2 Impact des anomalies d’aplatissement (kurtosis)

L’autre violation structurelle compromettant le calcul paramétrique des quartiles émane des anomalies d’aplatissement, évaluées par le quatrième moment centré normalisé, ou coefficient de voussure (kurtosis de Pearson). Une distribution gaussienne standard présente un kurtosis excessif égal à zéro (ou un kurtosis brut de 3). Deux configurations morphologiques divergentes peuvent dès lors vicier l’estimation :

La première correspond aux distributions leptocurtiques (kurtosis positif supérieur à zéro), caractérisées par un pic central excessivement pointu et des queues de distribution épaisses ou « lourdes » (présence anormalement élevée de valeurs extrêmes). Dans une telle distribution, la masse centrale de probabilité est beaucoup plus concentrée autour de la moyenne que dans une loi normale standard. Par conséquent, les véritables premier et troisième quartiles se situent beaucoup plus près du centre de la distribution que la distance prédite par le coefficient 0,675. En appliquant mécaniquement μ ± 0,675σ, le clinicien surestime l’écartement des quartiles, englobant dans l’intervalle interquartile bien plus que les 50 % attendus.

La seconde configuration concerne les distributions platycurtiques (kurtosis excessif négatif), dont le sommet est aplati et où la masse statistique se répartit de façon plus homogène sur l’ensemble de l’étendue, s’apparentant presque à une loi uniforme. Dans ce scénario, les quartiles effectifs se trouvent plus éloignés du centre que ne le prévoit le coefficient 0,675.

Ces vulnérabilités imposent aux chercheurs et psychométriciens de subordonner systématiquement le calcul paramétrique des quartiles à un protocole rigoureux de dépistage de la normalité. Ce protocole comporte la vérification formelle des coefficients de skewness (qui doivent demeurer compris dans la fenêtre [-0,5 ; +0,5] pour autoriser l’approximation) et de kurtosis, complétée par l’application de tests d’adéquation inférentiels éprouvés :

  • Le test de Shapiro-Wilk : Reconnu comme l’outil le plus puissant pour tester l’hypothèse nulle de normalité sur des échantillons de taille modeste à modérée (N < 50).
  • Le test de Kolmogorov-Smirnov (avec correction de Lilliefors) ou le test de D’Agostino-Pearson : Particulièrement adaptés à l’examen de plus larges effectifs.

Si la valeur p issue de ces tests inférentiels est inférieure au seuil de significativité retenu (classiquement α = 0,05), l’hypothèse de normalité doit être rejetée formellement, et le calcul paramétrique des quartiles abandonné au profit des quantiles empiriques de rangs.

11. Automatisation computationnelle du calcul des quartiles théoriques

11.1 Implémentation sous l’environnement R pour l’analyse psychométrique

L’environnement de calcul statistique R constitue la plateforme de référence internationale pour l’analyse psychométrique avancée, l’étalonnage des batteries de tests et la modélisation sous la théorie de la réponse aux items. Pour dériver analytiquement les quartiles théoriques d’une variable distribuée selon une loi normale, R dispose de la fonction quantile native dédiée à la distribution normale : la fonction qnorm().

Cette fonction accepte pour argument principal la probabilité cumulée souhaitée (0.25 pour Q1, 0.75 pour Q3), ainsi que les paramètres scalaires de moyenne (mean) et d’écart-type (sd). L’exécution conjointe de qnorm(0.25, mean, sd) et qnorm(0.75, mean, sd) calcule instantanément la projection inverse exacte par résolution numérique de la fonction d’erreur, s’affranchissant de toute approximation préalable à trois décimales.

La comparaison numérique directe au sein de la console R entre l’évaluation exacte délivrée par qnorm() et la formulation empirique simplifiée basée sur le multiplicateur 0,675 révèle une convergence remarquable. Pour une distribution de moyenne 100 et d’écart-type 15, la commande exacte produit une borne Q1 de 89,88265, tandis que le recours au coefficient manuel arrondi à 0,675 livre 89,87500. La discordance arithmétique est de l’ordre de 0,0076 point, soit une divergence infinitésimale dépourvue de toute incidence sur la catégorisation sémiologique d’un patient.

L’intégration de ces expressions analytiques dans des scripts R vectorisés autorise la génération entièrement automatisée de profils psychométriques normés pour des milliers de sujets simultanément. Les analystes peuvent coupler la fonction qnorm() avec des packages spécialisés dans le conditionnement de rapports automatisés (tels que psych ou lavaan) afin d’éditer instantanément les bornes d’alerte des profils individuels au sein de graphiques d’étalonnage haute définition.

11.2 Développement d’algorithmes de calcul en Python

Le langage de programmation Python, soutenu par son écosystème scientifique de pointe regroupant les bibliothèques NumPy, SciPy, Matplotlib et Seaborn, offre un environnement d’une efficacité exceptionnelle pour le déploiement algorithmique du calcul des quartiles normaux en psychométrie computationnelle.

L’architecture du module statistique scipy.stats expose une classe fondamentale norm, dont la méthode ppf (acronyme de Percent Point Function, qui désigne rigoureusement la fonction quantile ou l’inverse de la fonction de répartition cumulative) implémente ce formalisme avec une précision numérique conforme aux standards de l’IEEE. En spécifiant les probabilités cumulées [0.25, 0.75] au sein de la fonction norm.ppf(), l’algorithme génère en une seule opération vectorisée les coordonnées scalaires des premier et troisième quartiles pour tout vecteur de scores normalisés.

Cette vectorisation prend toute sa dimension méthodologique lors du traitement de batteries de tests complexes évaluant de multiples domaines neuropsychologiques simultanés (vitesse exécutive, mémoire épisodique, fluence verbale, fonctions visuo-constructives). Un algorithme Python standardisé peut ingérer une matrice de données brutes, calculer de façon vectorielle le couple de paramètres μ et σ pour chaque sous-épreuve, dériver instantanément les seuils de quartiles paramétriques et générer une structure de données structurée prête pour l’analyse.

Parallèlement, la mise en œuvre conjointe des modules matplotlib.pyplot et seaborn permet l’automatisation visuelle du rendu distributionnel. Les scripts graphiques peuvent tracer la courbe de densité normale continue à partir de la fonction de densité théorique, superposer les histogrammes empiriques réels du patient, et matérialiser les bornes Q1 et Q3 sous la forme de droites verticales pointillées accompagnées d’ombrages chromatiques distincts délimitant précisément la zone centrale des 50 % interquartiles. Cette communication visuelle intuitive facilite grandement le travail interprétatif de l’équipe médicale multidisciplinaire.

12. Applications pratiques en diagnostic clinique et prise de décision psychologique

12.1 Établissement de seuils d’alerte et de critères d’inclusion

Dans la pratique clinique quotidienne des hôpitaux, des centres médico-psychologiques et des cabinets libéraux de neuropsychologie, la gestion des flux de patients exige la mise en place de dispositifs de tri (triage) objectifs et méthodologiquement éprouvés. L’identification des quartiles dérivés de la moyenne et de l’écart-type constitue à cet égard un outil précieux pour définir des seuils d’orientation vers des explorations approfondies.

Les cliniciens recourent couramment aux limites quartiles pour segmenter l’intensité des plaintes subjectives ou des déficits fonctionnels. Dans une batterie de repérage rapide des troubles cognitifs légers chez la personne âgée (Mild Cognitive Impairment ou MCI), un score global chutant en dessous du premier quartile théorique (Q1 = μ – 0,675σ) constitue un signal d’alerte statistique précoce. Ce seuil indique que le patient présente un niveau d’efficience inférieur à celui de 75 % de ses pairs d’âge et de scolarité équivalents. Sans signer formellement l’existence d’une pathologie neurodégénérative avérée — laquelle requiert généralement une déviation plus sévère située à -1,5 ou -2 écarts-types —, ce franchissement vers le bas du premier quadrant statistique justifie pleinement l’inscription du patient dans un protocole d’investigation neuropsychologique secondaire approfondi.

À l’autre extrémité du continuum, le troisième quartile théorique (Q3) est massivement employé dans les protocoles de dépistage du Haut Potentiel Intellectuel ou des aptitudes créatives exceptionnelles comme critère d’inclusion initial avant la passation d’inventaires d’aptitudes spécifiques. L’usage concerté de Q1 et Q3 garantit également la prévention du surdiagnostic : en appréhendant avec clarté la largeur de la zone interquartile centrale regroupant 50 % de la population globale, le psychologue évite de pathologiser des variations fluctuantes mais strictement physiologiques du comportement humain.

12.2 Considérations déontologiques et communication des résultats aux patients

L’utilisation diagnostique de métriques statistiques sophistiquées soulève des questions éthiques et déontologiques fondamentales dans la relation unissant le clinicien à son patient. Communiquer à une personne en souffrance morale ou à la famille d’un enfant en échec scolaire qu’un score se positionne « en deçà du premier quartile paramétrique » exige un travail d’explication sémantique délicat pour éviter toute stigmatisation anxiogène ou déterminisme abusif.

Le psychologue se doit d’expliciter avec une pédagogie bienveillante que les repères quartiles n’établissent en aucun cas une frontière étanche entre le « normal » et le « pathologique », mais délimitent de simples repères de fréquence statistique relative au sein d’une population globale. Un score situé dans le premier quartile d’une épreuve d’attention ne signifie nullement l’existence d’un déficit cérébral irréversible ; il reflète simplement une performance que partagent, de manière tout à fait commune, un quart complet de la population générale en bonne santé cognitive.

De surcroît, le clinicien doit impérativement conserver à l’esprit le caractère théorique et modélisé de la dérivation paramétrique par la constante 0,675. Si la passation du test a été perturbée par une anxiété d’évaluation aiguë, un état de fatigue sévère ou une alliance thérapeutique fragile, les hypothèses d’application de la modélisation statistique se trouvent altérées. L’intégration éthique des indices quantitatifs dans l’évaluation psychologique globale exige que les quartiles calculés ne soient jamais envisagés comme des vérités ontologiques intangibles, mais plutôt comme des boussoles probabilistes devant être systématiquement corroborées par l’anamnèse clinique, l’observation directe du comportement et l’histoire singulière de l’individu évalué.

Références

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Looti, M. (2026, septembre 11). Comment trouver les quartiles en utilisant la moyenne et l’écart-type. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/statistics/comment-trouver-quartiles-moyenne-ecart-type/
Looti, Mohammed. “Comment trouver les quartiles en utilisant la moyenne et l’écart-type.” Base de données de psychologie en français, 11 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/statistics/comment-trouver-quartiles-moyenne-ecart-type/.
Looti, Mohammed. “Comment trouver les quartiles en utilisant la moyenne et l’écart-type.” Base de données de psychologie en français. septembre 11, 2026. https://fr.arabpsychology.com/statistics/comment-trouver-quartiles-moyenne-ecart-type/.