Test G d’adéquation : Définition + Exemple

Guide académique complet sur le test G d’adéquation : fondements théoriques, formule du rapport de vraisemblance, comparaison avec le Chi-deux et exemple guidé.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 16, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 16, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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Dans le champ de la recherche scientifique contemporaine, la validation empirique de modèles théoriques constitue l’un des piliers méthodologiques fondamentaux. Qu’il s’agisse de tester la ségrégation allélique en génétique des populations, de modéliser les préférences d’habitat en écologie comportementale ou de vérifier l’homogénéité des choix de consommateurs en sciences économiques, les chercheurs sont constamment confrontés à la nécessité d’évaluer la concordance entre des fréquences observées sur le terrain et des distributions attendues selon un cadre théorique préalablement formulé. Cette démarche inférentielle repose traditionnellement sur les tests d’adéquation, ou de conformité, qui permettent de quantifier l’écart statistique existant entre la réalité empirique et les prédictions d’un modèle abstrait.

Historiquement dominée par le test d’adéquation du Chi-deux développé par Karl Pearson au tout début du vingtième siècle, l’analyse des données catégorielles a connu une mutation conceptuelle majeure avec l’avènement du paradigme du rapport de vraisemblance. C’est dans ce contexte théorique raffiné que s’inscrit le test G, également désigné sous le vocable de test du rapport de vraisemblance pour l’adéquation multinomiale. Fondé sur les principes de la théorie de l’information et sur les travaux fondamentaux de Samuel S. Wilks, le test G offre une alternative mathématiquement élégante et souvent supérieure au Chi-deux traditionnel. En substituant aux écarts quadratiques une formulation logarithmique proportionnelle à la vraisemblance des observations, il assure des propriétés de décomposition et d’additivité remarquables, particulièrement précieuses dans le traitement des plans d’échantillonnage complexes et hiérarchisés.

Le présent article a pour ambition de proposer une monographie exhaustive consacrée au test G d’adéquation. À destination des chercheurs, biostatisticiens, data scientists et étudiants avancés, cette étude détaille la genèse conceptuelle, l’ossature mathématique formelle, les postulats d’application et la procédure décisionnelle pas-à-pas de cette métrique. À travers un exemple écologique et comportemental concret, nous expliciterons chaque étape du calcul arithmétique manuel, tout en abordant les méthodes modernes d’implémentation numérique, la gestion des analyses post-hoc et la prévention des écueils analytiques les plus fréquents.

1. Introduction aux tests d’adéquation statistique et fondements théoriques

1.1 La notion de conformité distributionnelle en analyse catégorielle

L’analyse des variables qualitatives et catégorielles occupe une place singulière dans la panoplie des outils statistiques. Contrairement aux variables quantitatives continues, pour lesquelles des paramètres tels que la moyenne, la variance ou la kurtosis résument la forme de la distribution, les variables discrètes multinomiales sont décrites par des effectifs dénombrés au sein de classes mutuellement exclusives. La question centrale posée par l’analyste consiste à déterminer si les proportions observées au sein de ces différentes catégories s’écartent de manière aléatoire ou statistiquement significative d’un vecteur de probabilités fixé a priori par un modèle théorique, une loi physique, ou une référence historique.

Ce processus de confrontation porte le nom de test de conformité distributionnelle ou test d’adéquation. En méthodologie de la recherche quantitative, établir l’adéquation d’un échantillon à un modèle de référence constitue fréquemment une étape critique de vérification d’hypothèse. Si un écologue postule que quatre micro-habitats distincts offrent une disponibilité trophique identique, il formulera une hypothèse de répartition uniforme des organismes recensés. Toute divergence substantielle observée dans l’échantillon empirique soulèvera la question de savoir si cette hétérogénéité résulte d’une véritable sélection comportementale d’habitat ou des simples fluctuations d’échantillonnage inhérentes à la mesure du vivant.

D’un point de vue épistémologique, l’évolution de la statistique inférentielle a progressivement substitué aux approches purement géométriques ou descriptives des approches fondées sur la fonction de vraisemblance. Dans ce cadre moderne, les données ne sont plus simplement comparées en termes de distances spatiales ou de sommes de déviations au carré, mais en termes de plausibilité relative d’apparition sous différents scénarios génératifs. L’évaluation de l’adéquation multinomiale devient alors une comparaison explicite de la probabilité des données observées sous l’hypothèse d’une loi contrainte par rapport à leur probabilité sous un modèle non contraint calqué exactement sur la réalité empirique.

1.2 Émergence et pertinence historique du test G

Les racines formelles du test G trouvent leur origine dans les travaux séminaux menés par le statisticien américain Samuel S. Wilks au cours des années 1930. En 1938, Wilks a démontré un résultat théorique d’une portée considérable, connu aujourd’hui sous le nom de théorème de Wilks : sous certaines conditions de régularité, le logarithme du rapport de vraisemblance multiplié par une constante scalaire converge asymptotiquement vers une distribution connue du Chi-deux. Cette avancée a permis de doter les tests de rapport de vraisemblance, initialement lourds sur le plan calculatoire, d’une distribution limite simple permettant de réaliser des inférences probabilistes directes.

La popularisation du test G dans les sciences biologiques et environnementales est largement redevable aux travaux des taxonomistes et biométriciens Robert R. Sokal et F. James Rohlf. Dans leur manuel de référence Biometry, publié pour la première fois en 1969, ils ont ardemment défendu la supériorité opérationnelle du test G sur le classique test du Chi-deux de Pearson. La justification épistémologique reposait sur l’affinité naturelle entre les transformations logarithmiques et la théorie mathématique de l’information développée par Claude Shannon, ainsi que sur le concept de divergence de Kullback-Leibler. En calculant les rapports entre les fréquences observées et théoriques par le biais du logarithme népérien, le test G préserve l’information géométrique intrinsèque à la surface de vraisemblance, là où la métrique quadratique de Pearson ne constitue qu’une approximation polynomiale de second ordre.

Au fil des décennies, le test G s’est imposé comme la méthode d’excellence en génétique, en anthropologie biologique et en écologie quantitative. Alors que le test de Pearson conservait une hégémonie pédagogique due à la simplicité de ses calculs à la main pour les générations pré-informatiques, le déploiement massif de la puissance computationnelle a levé tout obstacle à l’utilisation systématique des fonctions logarithmiques. Aujourd’hui, le test G est reconnu pour sa rigueur conceptuelle et sa capacité à s’intégrer harmonieusement dans le cadre unifié des modèles linéaires généralisés et de l’analyse de déviance.

1.3 Objectifs pédagogiques et champ d’application de l’article

L’ambition de ce guide méthodologique est de combler le fossé persistant entre la formulation théorique avancée du test G et sa mise en application concrète par les praticiens de la recherche. Bien que le test soit régulièrement évoqué dans les manuels spécialisés, il fait souvent l’objet d’une présentation succincte qui occulte ses fondements mathématiques profonds ou, à l’inverse, d’un traitement excessivement abstrait qui décourage son application dans le travail de laboratoire ou d’analyse courante.

Nous nous proposons dans un premier temps d’établir la dérivation mathématique rigoureuse de la statistique de test, en éclairant de manière transparente le passage de la fonction de vraisemblance multinomiale à la formule opérationnelle utilisant les effectifs observés et attendus. Nous définirons avec précision les espaces paramétriques associés aux hypothèses nulle et alternative afin de clarifier les mécanismes sous-jacents au calcul des degrés de liberté. Dans un second temps, nous présenterons une démonstration empirique détaillée, étape par étape, portant sur un cas écologique concret, permettant au lecteur d’exécuter l’intégralité des opérations arithmétiques sans ambiguïté.

Enfin, nous aborderons les questions critiques de méthodologie appliquée : dans quelles situations précises le test G supplante-t-il le Chi-deux de Pearson ? Comment gérer la présence de cellules vides ou d’effectifs réduits grâce à la correction de continuité de Williams ? Comment décomposer une statistique globale significative en sous-hypothèses orthogonales indépendantes grâce à la propriété d’additivité ? L’objectif ultime est d’équiper le lecteur d’une compréhension exhaustive et immédiatement opérationnelle de cet outil fondamental de la statistique inférentielle.

2. Définition formelle et cadre mathématique du test G d’adéquation

2.1 Le test G comme rapport de vraisemblance généralisé

Pour appréhender la mécanique du test G d’adéquation, il est indispensable de formaliser le concept de rapport de vraisemblance. Soit un échantillon aléatoire de taille globale N, dont les éléments se distribuent au sein de k catégories discrètes et mutuellement exclusives. Notons le vecteur des effectifs observés O = (O1, O2, …, Ok), tel que la somme de ces effectifs soit strictement égale à N. Sous un schéma d’échantillonnage multinomial, la probabilité conjointe d’obtenir cette configuration d’observations est donnée par la fonction de vraisemblance, conditionnée par le vecteur des probabilités catégorielles p = (p1, p2, …, pk).

Considérons deux espaces de paramètres distincts : un modèle contraint correspondant à l’hypothèse nulle H0, dans lequel le vecteur des probabilités p0 est fixé par la théorie, et un modèle non contraint, souvent qualifié de modèle saturé, dans lequel les probabilités catégorielles sont estimées librement à partir de l’échantillon par le principe du maximum de vraisemblance. Dans le modèle saturé, l’estimateur sans biais de chaque probabilité pi est simplement le rapport de la fréquence observée sur la taille totale de l’échantillon, soit Oi / N. Le rapport de vraisemblance généralisé, traditionnellement désigné par la lettre grecque lambda, s’exprime comme le quotient de la fonction de vraisemblance évaluée sous le modèle nul sur la fonction de vraisemblance évaluée sous le modèle saturé.

Ce ratio mesure à quel point les données observées sont plus probables sous l’hypothèse d’une adéquation parfaite au modèle empirique que sous l’hypothèse de la contrainte théorique. Par définition, lambda est borné entre zéro et un. Une valeur de lambda proche de un signale que le modèle théorique H0 explique les données avec une efficacité quasi équivalente au modèle saturé. Inversement, une valeur proche de zéro indique une discordance majeure. Afin de faciliter le traitement probabiliste de cette grandeur multiplicative, on lui applique une transformation logarithmique népérienne inversée, multipliée par le facteur scalaire deux, donnant naissance à la statistique canonique : G = -2 ln(lambda). En vertu du théorème de Wilks, lorsque la taille d’échantillon tend vers l’infini, cette quantité converge directement vers une loi du Chi-deux dont le nombre de degrés de liberté correspond à la différence de dimension entre l’espace paramétrique saturé et l’espace paramétrique contraint.

2.2 La formule canonique du test G

L’application du développement logarithmique à l’expression de la vraisemblance multinomiale conduit à une formule arithmétique remarquablement condensée et élégante. Soit Oi l’effectif observé dans la i-ème catégorie et Ei l’effectif théorique ou attendu dans cette même catégorie sous l’hypothèse nulle. L’effectif théorique est formellement calculé par le produit de la taille d’échantillon N et de la probabilité théorique attendue pi0, de telle sorte que Ei = N * pi0. La statistique G s’exprime alors par la sommation suivante :

G = 2 * Somme [ Oi * ln(Oi / Ei) ] pour i variant de 1 à k.

Cette expression révèle la logique intrinsèque de la mesure. Chaque terme de la sommation représente la contribution individuelle d’une classe au défaut d’ajustement global. Le terme Oi / Ei constitue le ratio direct de discordance relative. Si une classe présente un effectif observé exactement égal à son espérance mathématique théorique, le ratio Oi / Ei vaut 1. Le logarithme népérien de 1 étant nul, la contribution de cette cellule à la statistique de test s’annule rigoureusement. Si une modalité est surreprésentée (Oi > Ei), le ratio est supérieur à 1 et le logarithme prend une valeur positive, amplifiée par la pondération directe de l’effectif observé Oi. À l’inverse, si une modalité est sous-représentée (Oi < Ei), le ratio est inférieur à 1 et le logarithme prend une valeur négative.

Il est fascinant de remarquer que la somme globale des termes Oi * ln(Oi / Ei) demeure toujours positive ou nulle, en vertu de l’inégalité de Jensen appliquée aux fonctions convexes. La métrique G agit comme un amplificateur d’asymétrie : plus l’éloignement relatif entre les fréquences constatées et les fréquences attendues s’accroît, plus la somme des produits logarithmiques s’élève, signalant une rupture manifeste de conformité distributionnelle vis-à-vis des postulats théoriques.

2.3 Propriétés mathématiques fondamentales du test G

Au-delà de sa dérivation élégante, la statistique G jouit de propriétés analytiques d’un intérêt exceptionnel, qui la distinguent nettement des statistiques quadratiques conventionnelles. La première et la plus puissante de ces caractéristiques réside dans son additivité stricte dans le cadre de modèles emboîtés ou de plans expérimentaux hiérarchiques. Si un ensemble global de k catégories peut être décomposé en sous-ensembles logiques non chevauchants, la valeur globale de la statistique G calculée sur la table complète peut être scindée exactement en une somme arithmétique de statistiques G partielles, chacune associée à ses propres degrés de liberté. Cette propriété d’orthogonalité fait du test G le pendant direct de l’analyse de variance pour les données catégorielles, permettant une analyse de déviance d’une précision chirurgicale.

La deuxième propriété mathématique essentielle est sa relation intime avec la théorie de l’information. La quantité Somme [ (Oi / N) * ln((Oi / N) / (Ei / N)) ] correspond très exactement à l’entropie relative, ou divergence de Kullback-Leibler, notée D_KL(P_obs || P_theo), qui mesure la perte d’information encourue lorsque l’on utilise la distribution théorique comme modèle d’approximation de la distribution empirique réelle. Ainsi, la statistique G équivaut à 2 * N * D_KL(P_obs || P_theo). Elle s’interprète physiquement comme une mesure directe de l’information discriminationnelle contenue dans l’échantillon contre l’hypothèse nulle.

Enfin, la fonction logarithmique népérienne confère au test G une sensibilité accrue aux déviations structurelles au sein des distributions caractérisées par une forte asymétrie ou des classes marginales à faibles effectifs attendus. Alors que les métriques basées sur les carrés ont tendance à écraser l’asymétrie de la surface de vraisemblance, la métrique logarithmique épouse fidelement la courbure locale de la fonction de vraisemblance exacte, assurant une puissance statistique souvent plus constante à travers différents scénarios d’hétérogénéité.

3. Formulation des hypothèses statistiques nulle et alternative

3.1 L’hypothèse nulle (H0) : adéquation au modèle théorique

Toute démarche d’inférence statistique formelle exige une spécification non équivoque des hypothèses concurrentes soumises à l’épreuve des données. Dans le cadre du test G d’adéquation, l’hypothèse nulle, traditionnellement désignée par la notation conventionnelle H0, stipule que la distribution catégorielle observée dans l’échantillon provient fidèlement d’une population parente gouvernée par un vecteur spécifique de probabilités théoriques. Sur le plan mathématique, si la variable étudiée comporte k modalités distinctes, l’hypothèse nulle s’écrit sous la forme vectorielle suivante :

H0 : p = [p10, p20, p30, …, pk0]

Dans cette formulation, chaque composante pi0 représente une probabilité fixe, déterminée avant toute collecte de données, respectant impérativement la contrainte d’admissibilité stochastique selon laquelle la somme de toutes les composantes pi0 pour i variant de 1 à k est rigoureusement égale à l’unité. L’hypothèse nulle incarne ainsi le modèle de conformité idéale. Les contextes d’application de cette hypothèse sont multiples et variés selon les disciplines scientifiques :

  • Modèle d’équiprobabilité stricte : chaque catégorie possède la même probabilité d’occurrence, soit pi0 = 1 / k pour toutes les modalités. C’est l’hypothèse classique de neutralité, d’absence de préférence ou de dispersion spatiale aléatoire uniforme.
  • Modèle de ratios mendéliens en génétique : les proportions théoriques sont dictées par les lois de transmission méiotique et de ségrégation allélique. L’exemple historique le plus célèbre est le ratio 9:3:3:1 attendu dans la descendance d’un dihybridisme avec dominance complète, traduisant les probabilités p10 = 9/16, p20 = 3/16, p30 = 3/16 et p40 = 1/16.
  • Modèle de standardisation démographique : les proportions correspondent à des données de recensement national ou à des cohortes de référence établies sur de grands échantillons représentatifs.

3.2 L’hypothèse alternative (HA) : discordance significative

À l’opposé de cette proposition déterministe, l’hypothèse alternative, notée HA ou H1, traduit le rejet du modèle théorique spécifié. Elle s’énonce formellement par la négation logique de la conjonction des égalités de l’hypothèse nulle :

HA : Il existe au moins un indice i (appartenant à {1, 2, …, k}) pour lequel pi est différent de pi0.

Il importe de souligner le caractère fondamentalement omnidirectionnel et non paramétrique de cette hypothèse globale. Le test G d’adéquation ne postule pas une direction particulière de la déviation (il ne s’agit pas d’un test unilatéral au sens d’une augmentation ou diminution prédéterminée d’une seule classe). Une discordance significative peut résulter de la surreprésentation spectaculaire d’une seule modalité, de la sous-représentation conjointe de plusieurs d’entre elles, ou d’un schéma d’altération diffus réparti sur l’ensemble des k catégories.

Une distinction méthodologique essentielle doit impérativement être comprise par le chercheur : le rejet de l’hypothèse nulle à l’issue du calcul du test G valide uniquement l’existence d’une discordance globale entre la réalité empirique et le modèle théorique, mais il ne fournit intrinsèquement aucune indication sur l’emplacement précis des déviations responsables de cette rupture statistique. L’hypothèse alternative englobe un espace paramétrique multidimensionnel très vaste, nécessitant, dès lors qu’un rejet est prononcé, le recours à des investigations complémentaires ciblées, appelées analyses post-hoc, afin d’isoler les catégories à l’origine de l’hétérogénéité constatée.

3.3 Seuil de significativité et risque d’erreur d’inférence

La prise de décision statistique repose sur la fixation d’un seuil critique, désigné par la lettre grecque alpha, qui représente le niveau de risque consenti par le chercheur de rejeter à tort l’hypothèse nulle alors que celle-ci est en réalité vraie. Cette éventualité constitue l’erreur de type I, ou risque de faux positif. Dans la pratique scientifique habituelle, les conventions méthodologiques fixent fréquemment ce seuil à des niveaux de tolérance standardisés : 0.05 (risque de 5 %), 0.01 (risque de 1 %) ou 0.001 (risque de 0.1 % pour les études exigeant une certitude extrême).

Parallèlement au contrôle du risque alpha, la procédure inférentielle doit composer avec le risque d’erreur de type II, noté bêta, qui correspond à la probabilité de ne pas rejeter l’hypothèse nulle alors qu’elle est factuellement fausse dans la population parente. Le complément mathématique à l’unité de ce risque, défini par 1 – bêta, mesure la puissance statistique du test, c’est-à-dire sa propension à détecter avec succès une discordance réelle d’une amplitude donnée.

Le réglage du niveau alpha exerce une influence directe et mécanique sur la puissance inférentielle. Un abaissement drastique du seuil de significativité (par exemple le passage de 0.05 à 0.001 dans le but de prévenir tout faux positif) déplace le seuil critique vers l’extrême droite de la distribution théorique, rendant le rejet de H0 beaucoup plus difficile et augmentant mécaniquement le risque de passer à côté d’un effet réel. Le chercheur doit donc équilibrer ces risques en amont de la collecte des données en réalisant idéalement une analyse de puissance a priori, garantissant que la taille de son effectif d’échantillonnage N sera suffisante pour rejeter H0 si l’écart au modèle dépasse un seuil biologiquement ou concrètement pertinent.

4. Analyse comparative approfondie : Test G versus Test du Chi-deux de Pearson

4.1 Similitudes structurelles et équivalences asymptotiques

Le test G d’adéquation et le test du Chi-deux de Pearson partagent des fondements conceptuels communs qui expliquent leur fréquente interchangeabilité dans la littérature scientifique. Tous deux sont conçus pour traiter des données multinomiales univariées réparties en k classes discrètes, et tous deux s’appuient exactement sur les mêmes paramètres d’entrée : les effectifs observés Oi et les effectifs attendus sous l’hypothèse nulle Ei. De surcroît, les deux métriques possèdent un nombre rigoureusement identique de degrés de liberté sous H0, déterminé par la formule classique ddl = k – 1, où la soustraction d’une unité reflète la contrainte structurelle fixée par la taille globale de l’échantillon N (la somme des effectifs observés étant contrainte d’égaler la somme des effectifs attendus).

La parenté mathématique entre les deux statistiques n’est pas fortuite : elle repose sur un lien asymptotique direct. Considérons la statistique du Chi-deux de Pearson, notée traditionnellement X² = Somme [ (Oi – Ei)² / Ei ]. Si l’on applique un développement limité en série de Taylor à la fonction logarithmique intervenant dans le test G au voisinage du point d’équilibre où les effectifs observés se rapprochent des effectifs attendus (c’est-à-dire lorsque la déviation Delta_i = Oi – Ei est de faible amplitude par rapport à Ei), on constate une convergence analytique remarquable :

ln(Oi / Ei) = ln(1 + (Oi – Ei) / Ei) = (Oi – Ei) / Ei – 0.5 * [ (Oi – Ei) / Ei ]² + O([(Oi – Ei) / Ei]³)

En injectant ce développement dans l’expression de G et en réalisant les simplifications algébriques permises par le fait que la somme des déviations Delta_i est nulle, le terme d’ordre un disparaît et le terme d’ordre deux devient exactement égal à la somme de Pearson. Ainsi, la statistique du Chi-deux de Pearson n’est rien d’autre qu’une approximation polynomiale de second degré de la statistique du rapport de vraisemblance G. Lorsque la taille d’échantillon N tend vers l’infini et que l’hypothèse nulle est vraie, les valeurs numériques de G et de X² convergent asymptotiquement vers une quasi-identité absolue.

4.2 Avantages distinctifs du test G

En dépit de cette équivalence aux limites, le test G présente une série d’avantages intrinsèques substantiels qui justifient pleinement sa sélection par les analystes rigoureux. L’atout le plus déterminant réside dans sa stricte propriété d’additivité. Dans un schéma expérimental complexe impliquant plusieurs niveaux de classification ou des regroupements emboîtés de modalités, la valeur globale de G peut être partitionnée de façon arithmétiquement exacte en composants élémentaires orthogonaux, chacun mesurant l’impact d’un sous-ajustement précis. Cette décomposition est strictement impossible avec le test de Pearson, pour lequel la somme des sous-tests de Chi-deux ne reconstitue jamais exactement la valeur du Chi-deux global en raison de la nature non linéaire de l’opérateur d’élévation au carré au dénominateur.

Par ailleurs, le test G démontre une supériorité théorique indéniable lors du traitement de très grands volumes de données. Dans le contexte moderne des mégadonnées (génomique à haut débit, fouille de données comportementales numériques), où les effectifs d’échantillonnage se chiffrent en dizaines de milliers d’individus, la convergence logarithmique vers la surface de vraisemblance assure une modélisation plus stable des gradients d’erreur que l’approche quadratique de Pearson, laquelle peut devenir excessivement influencée par des résidus marginaux cumulés.

Enfin, le test G s’insère de manière fluide et transparente dans la théorie moderne des modèles linéaires généralisés (GLM). La statistique G correspond rigoureusement à la déviance du modèle par rapport au modèle saturé. Choisir le test G pour une simple adéquation multinomiale permet d’utiliser une métrique conceptuellement congruente avec les modèles de régression logistique polytomique ou de régression log-linéaire qui seront potentiellement mobilisés lors des phases ultérieures de la recherche.

4.3 Limites relatives et critères de sélection empirique

L’utilisation du test G standard ne va pas sans certaines contre-indications qu’il importe de maîtriser avec discernement. La faiblesse la plus manifeste du test G réside dans son comportement numérique en présence d’effectifs observés nuls (Oi = 0). Sur le plan strictement arithmétique, le terme 0 * ln(0 / Ei) génère une indétermination mathématique puisque le logarithme de zéro n’est pas défini dans l’ensemble des nombres réels. Bien que la théorie des limites démontre sans ambiguïté que la limite de x * ln(x) lorsque x tend vers zéro par valeurs positives est égale à zéro, de nombreuses routines informatiques non protégées peuvent déclencher une erreur d’exécution ou retourner une valeur non numérique (NaN).

De surcroît, lorsque la taille totale d’échantillon N est modeste et que certains effectifs attendus tombent en dessous des seuils conventionnels, la distribution d’échantillonnage de la statistique G a tendance à s’éloigner plus rapidement de la loi théorique continue du Chi-deux que la statistique de Pearson. Dans ces conditions d’échantillons restreints, le test G non corrigé a tendance à être légèrement trop libéral, gonflant le taux réel d’erreur de première espèce au-delà du seuil nominal alpha fixé par le chercheur. Pour pallier cette distorsion, l’application d’un facteur de correction analytique devient indispensable.

Afin de guider la sélection décisionnelle entre le test G et le test du Chi-deux de Pearson, le tableau synthétique ci-dessous met en exergue les principaux critères méthodologiques et empiriques d’arbitrage :

Critère méthodologique Test G d’adéquation Test du Chi-deux de Pearson
Fondement théorique Rapport de vraisemblance généralisé et théorie de l’information (Kullback-Leibler) Minimisation des déviations quadratiques pondérées
Propriété d’additivité Stricte et exacte pour les plans hiérarchiques et emboîtés Absente (la somme des sous-composantes n’égale pas le total)
Performance sur grands échantillons Optimale, convergence directe vers la courbure de vraisemblance Très satisfaisante mais théoriquement approchée
Comportement sur très petits échantillons Légèrement libéral sans correction de Williams Légèrement plus robuste mais distribution également altérée
Vulnérabilité aux zéros observés Exige l’application de la convention formelle de limite (0 * ln(0) = 0) Calcul direct immédiat sans indétermination ((0 – E)² / E = E)
Intégration aux modèles avancés Correspond exactement à la déviance des GLM (régression log-linéaire) Utilisation principalement limitée aux tests bivariés autonomes

5. Conditions d’application, postulats et ajustements méthodologiques

5.1 Postulats de validité fondamentaux

L’inférence statistique issue du test G d’adéquation ne conserve sa validité mathématique que dans la mesure où l’architecture du plan d’échantillonnage satisfait scrupuleusement trois postulats épistémologiques cardinaux. La violation de l’un de ces principes invalide directement le calcul de la p-valeur et corrompt toute conclusion scientifique qui en découlerait.

Le premier postulat, et le plus critique, réside dans l’indépendance mutuelle absolue de chaque observation individuelle. Chaque individu recensé dans l’échantillon global de taille N doit être échantillonné de manière autonome, sans qu’aucun lien de parenté, de contamination spatiale, de dépendance sérielle temporelle ou de mesures répétées sur le même sujet n’intervienne. Si une unité statistique exerce une influence attractive ou répulsive sur le classement d’une autre (comme dans le cas d’animaux grégaires se déplaçant en troupeaux ou de patients soumis à des contaminations nosocomiales corrélées), la variance réelle de l’échantillon sera largement sous-estimée, conduisant à une inflation massive d’erreurs de type I.

Le second postulat concerne l’exhaustivité et l’exclusivité mutuelle des catégories d’analyse. Le système de classification retenu par le protocole de recherche doit être conçu de telle sorte que chaque unité statistique appartienne sans équivoque à une seule et unique catégorie (exclusivité), et que l’ensemble des catégories possibles englobe l’intégralité du phénomène étudié (exhaustivité). La somme des probabilités théoriques attendues pi0 doit égaler rigoureusement 1.0, de même que la somme des effectifs observés Oi doit égaler exactement l’effectif total dénombré N.

Le troisième postulat exige un échantillonnage aléatoire représentatif de la population cible. Les données doivent avoir été prélevées selon une procédure probabiliste évitant tout biais de sélection systématique susceptible de fausser artificiellement les fréquences de capture ou de dénombrement au détriment de certaines modalités spécifiques.

5.2 Règles relatives aux effectifs attendus minimaux

L’utilisation de la distribution asymptotique du Chi-deux pour approximer la distribution d’échantillonnage exacte de la statistique G repose sur le postulat que la taille de l’échantillon N est suffisamment imposante pour que le théorème central limite opère pleinement. Dans la pratique empirique, cette exigence ne s’évalue pas sur les effectifs observés Oi (qui peuvent être sporadiquement réduits), mais sur les effectifs attendus théoriques Ei.

La règle empirique la plus universellement admise, initialement formulée par William G. Cochran pour le test du Chi-deux et pleinement transférable au test G, stipule que :

  • Aucune catégorie ne doit posséder un effectif théorique attendu inférieur à 1 (Ei >= 1 pour tout i).
  • Au moins 80 % des catégories du modèle doivent afficher un effectif théorique attendu égal ou supérieur à 5 (Ei >= 5).

Lorsque ces critères ne sont pas respectés, notamment dans le cas d’expérimentations impliquant de très nombreuses catégories dont certaines sont extrêmement rares, la distribution théorique continue du Chi-deux ne constitue plus une approximation fiable de la distribution discrète réelle du rapport de vraisemblance. Dans un tel contexte de dispersion des données, la statistique G a tendance à générer une proportion excessive de fausses significativités. Le chercheur confronté à cette situation dispose de plusieurs options méthodologiques : regrouper de manière biologiquement justifiable certaines catégories connexes pour accroître les effectifs théoriques marginaux, recourir à des procédures de rééchantillonnage par permutations ou bootstrapping de Monte-Carlo pour déterminer la distribution empirique exacte de G, ou appliquer une correction de continuité analytique.

5.3 La correction de continuité de Williams

Afin de corriger le biais libéral de la statistique G brute sur les échantillons d’échelle modeste, le statisticien E. J. Williams a conçu en 1976 un facteur d’ajustement analytique particulièrement élégant. La correction de Williams consiste à ajuster à la baisse la valeur empirique de la statistique G en la divisant par un facteur multiplicatif q, strictement supérieur à l’unité, calculé à partir du nombre de catégories k et de la taille totale de l’échantillon N.

Pour un test d’adéquation portant sur une variable multinomiale à k modalités, le facteur de correction de Williams, noté q, est formellement défini par l’équation suivante :

q = 1 + [ (k² – 1) / (6 * N * (k – 1)) ] = 1 + [ (k + 1) / (6 * N) ]

Une fois cette constante q déterminée, la statistique G corrigée, notée G_adj ou G_Williams, s’obtient par la simple division algébrique :

G_adj = G / q

L’examen analytique du terme correcteur démontre sa remarquable cohérence comportementale : lorsque la taille totale d’échantillonnage N devient très importante, le dénominateur 6 * N croît rapidement, conduisant la fraction (k + 1) / (6 * N) vers zéro. Par conséquent, q converge asymptotiquement vers 1, et G_adj devient rigoureusement identique à la statistique G brute non ajustée. En revanche, lorsque N est modeste, q prend une valeur sensible (par exemple 1.04 ou 1.08), réduisant d’autant la valeur de la statistique de test calculée.

Cette déflation mécanique compense de façon extrêmement précise la tendance de la fonction de vraisemblance discrète à surestimer la dispersion sur les petits échantillons. De nombreuses simulations numériques ont formellement démontré que la confrontation de G_adj à la table classique du Chi-deux produit un taux réel d’erreur de type I remarquablement proche du seuil théorique nominal de 5 %, conférant au test G une robustesse statistique égale, voire supérieure, à celle du test du Chi-deux de Pearson corrigé de Yates.

6. Procédure opérationnelle pas-à-pas pour la conduite du test

6.1 Phase préparatoire et collecte des données

L’exécution méthodologique d’un test G d’adéquation commence impérativement par une phase de planification et de mise en ordre rigoureuse des données empiriques. Cette phase préliminaire se décompose en trois étapes distinctes mais interdépendantes :

En premier lieu, le chercheur doit établir le tableau des fréquences empiriques par le dénombrement exhaustif des occurrences constatées pour chaque modalité de la variable étudiée. Chaque effectif dénombré est consigné sous la variable Oi, où l’indice i s’étend de 1 jusqu’au nombre total de classes k. Il est indispensable de s’assurer à ce stade que le décompte n’inclut aucun double comptage et qu’aucun individu de l’échantillon n’a été arbitrairement exclu sans justification scientifique préalable.

En second lieu, il convient de définir formellement le vecteur des probabilités théoriques attendues selon le modèle nul exploré : p0 = (p10, p20, …, pk0). La détermination de ces probabilités doit s’appuyer sur des bases déductives solides et indépendantes de l’échantillon en cours d’analyse (lois biologiques, proportions démographiques historiques, ou postulat d’équiprobabilité mathématique). L’analyste doit impérativement vérifier la condition de cohérence stochastique : la sommation de l’intégralité des termes pi0 doit être exactement égale à 1.000.

En troisième lieu, le calcul de la taille globale de l’échantillon N est opéré en effectuant la sommation directe de tous les effectifs observés : N = Somme [ Oi ]. Cette valeur N constitue le multiplicateur de mise à l’échelle qui permettra de translater les probabilités théoriques abstraites en grandeurs d’effectifs attendus directement comparables aux données brutes du terrain.

6.2 Calcul arithmétique de la métrique G

Une fois les grandeurs fondamentales collectées, la dérivation numérique de la statistique de test suit une séquence algorithmique simple et reproductible :

  1. Détermination des effectifs théoriques : pour chaque modalité i (de 1 à k), calculer l’effectif attendu sous l’hypothèse nulle par la formule Ei = N * pi0. Consigner ces valeurs et vérifier scrupuleusement le critère de Cochran (aucun Ei < 1 et au maximum 20 % des Ei < 5).
  2. Calcul des rapports de concordance : pour chaque modalité, diviser l’effectif empirique observé Oi par l’effectif théorique calculé Ei pour obtenir le quotient sans dimension (Oi / Ei).
  3. Transformation logarithmique : appliquer la fonction logarithme népérien au ratio obtenu pour évaluer la déviation locale : ln(Oi / Ei). Conserver une précision d’au moins trois à quatre décimales lors de cette étape pour éviter toute distorsion d’arrondi cumulatif.
  4. Pondération par les effectifs observés : multiplier la déviation logarithmique par l’effectif observé correspondant : Oi * ln(Oi / Ei). Noter que si Oi = 0, la contribution de cette cellule doit être posée conventionnellement à zéro, conformément à la propriété de continuité lim(x -> 0) x * ln(x) = 0.
  5. Sommation et amplification scalaire : faire la somme arithmétique de tous les produits individuels calculés à l’étape précédente pour l’ensemble des k catégories. Multiplier ensuite cette somme globale par la constante scalaire deux :
    G = 2 * Somme [ Oi * ln(Oi / Ei) ].
  6. Ajustement de continuité optionnel : si la taille totale N est modeste (N < 200), calculer le facteur de Williams q = 1 + (k + 1) / (6 * N) et dériver la statistique ajustée G_adj = G / q.

6.3 Décision statistique et règle de rejet

La conclusion inférentielle s’obtient en confrontant la métrique G calculée à la loi théorique de référence. Cette phase conclusive nécessite la détermination préalable du nombre de degrés de liberté (ddl) associés au test. Dans le cas d’un test d’adéquation univarié où aucun paramètre de la distribution théorique n’a été estimé à partir des données de l’échantillon lui-même, le nombre de degrés de liberté est invariablement fixé à :

ddl = k – 1

À l’aide d’une table mathématique de la loi du Chi-deux ou d’une routine logicielle de calcul probabiliste, le chercheur extrait la valeur critique théorique, désignée par Chi2_critique, correspondant au risque d’erreur de première espèce prédéterminé alpha (couramment 0.05) pour les degrés de liberté identifiés. Alternativement et de manière plus précise, on calcule la probabilité critique exacte, ou p-valeur, qui représente l’aire sous la courbe de la densité du Chi-deux située au-delà de la valeur empirique de G calculée : p = P(Chi2(ddl) >= G).

La règle décisionnelle formelle s’énonce alors selon une dichotomie stricte :

  • Si la valeur de G calculée (ou G_adj) est strictement supérieure à la valeur critique Chi2_critique, ou de façon équivalente si la p-valeur est strictement inférieure au seuil alpha choisi (p < 0.05), l’hypothèse nulle H0 est rejetée sans ambiguïté au profit de l’hypothèse alternative HA. On conclut à l’existence d’une discordance statistiquement significative entre les données observées et le modèle théorique.
  • Si la valeur de G calculée est inférieure ou égale à la valeur critique, ou si la p-valeur est supérieure ou égale à alpha (p >= 0.05), on ne dispose pas d’éléments probants suffisants pour rejeter l’hypothèse nulle. On conclut que les données empiriques sont compatibles avec le modèle théorique testé, les fluctuations constatées étant imputables au seul aléa d’échantillonnage.

7. Exemple d’application détaillé : Test d’adéquation biologique et comportementale

7.1 Mise en situation empirique et énoncé du problème

Afin de matérialiser la conduite pratique du test G, développons un cas concret d’écologie comportementale et de conservation de la biodiversité aquatique. Considérons un programme de surveillance environnementale conduit dans une zone humide méditerranéenne protégée. Les écologues s’intéressent à la structure de la communauté des tortues d’eau douce peuplant un complexe de lagunes côtières. Dans cet écosystème coexistent historiquement trois espèces distinctes : une espèce autochtone protégée, la Cistude d’Europe (Emys orbicularis), une seconde espèce indigène inféodée aux eaux saumâtres, l’Émyde lépreuse (Mauremys leprosa), et une espèce exotique envahissante originaire d’Amérique du Nord, la Tortue de Floride ou Tortue à tempes rouges (Trachemys scripta).

Selon l’état initial des inventaires historiques et les modèles de capacité de charge trophique théorique de ces milieux lentiques, les gestionnaires de la réserve naturelle postulent une hypothèse d’équilibre écologique traduisant une stricte équiprobabilité de présence entre les trois taxons au sein de ce biotope. Selon ce modèle théorique de référence, chaque espèce devrait représenter exactement un tiers de la population globale des chéloniens recensés. L’hypothèse nulle formalisée s’énonce donc comme suit : la probabilité de capture est identique pour les trois espèces, soit p10 = 1/3 pour l’Émyde lépreuse, p20 = 1/3 pour la Cistude d’Europe, et p30 = 1/3 pour la Tortue de Floride.

Au cours d’une campagne de piégeage standardisée par nasses non destructives déployées uniformément sur l’ensemble du réseau hydrographique durant la saison estivale, un total de 150 tortues distinctes a été capturé, identifié au niveau spécifique puis relâché après marquage. Les comptages empiriques issus du terrain ont livré la répartition suivante :

  • Espèce A (Émyde lépreuse, Mauremys leprosa) : 70 individus capturés.
  • Espèce B (Cistude d’Europe, Emys orbicularis) : 45 individus capturés.
  • Espèce C (Tortue de Floride, Trachemys scripta) : 35 individus capturés.

L’objectif scientifique consiste à déterminer, au seuil de significativité conventionnel alpha = 0.05, si cette distribution empirique reflète une rupture d’équilibre significative vis-à-vis de l’équiprobabilité théorique postulée, indiquant potentiellement l’expansion démographique prépondérante d’un taxon au détriment des autres.

7.2 Tableau synoptique des données observées et théoriques

La première opération méthodologique consiste à construire le tableau synoptique de confrontation distributionnelle. La taille globale de l’échantillon d’individus recensés est de N = 70 + 45 + 35 = 150 individus. L’hypothèse nulle stipulant une répartition uniforme de 1/3 pour chacune des k = 3 modalités, l’effectif attendu sous H0 pour chaque catégorie est calculé par la relation Ei = N * pi0 = 150 * (1/3) = 50 individus.

Avant d’engager le moindre calcul inférentiel, nous devons procéder à la vérification formelle des conditions d’application relatives aux effectifs théoriques minimaux. Les effectifs attendus sont rigoureusement identiques pour toutes les classes et s’élèvent à E1 = 50, E2 = 50, et E3 = 50. Aucun effectif théorique n’est inférieur à 5. La règle de Cochran est donc scrupuleusement satisfaite à 100 %, autorisant sans réserve l’utilisation de l’approximation par la loi continue du Chi-deux.

Le tableau synoptique ci-après récapitule la distribution des données brutes, les espérances théoriques correspondantes ainsi que les ratios préliminaires de déviation :

Espèce de tortue Effectif observé (Oi) Probabilité théorique (pi0) Effectif attendu (Ei) Rapport de concordance (Oi / Ei)
Émyde lépreuse (A) 70 1/3 ≈ 0.3333 50.0 70 / 50 = 1.4000
Cistude d’Europe (B) 45 1/3 ≈ 0.3333 50.0 45 / 50 = 0.9000
Tortue de Floride (C) 35 1/3 ≈ 0.3333 50.0 35 / 50 = 0.7000
Totalisation (N) 150 1.0000 150.0 —

7.3 Calcul arithmétique complet de la valeur empirique de G

Déployons désormais l’ensemble des étapes de dérivation arithmétique de la formule canonique du test G d’adéquation : G = 2 * Somme [ Oi * ln(Oi / Ei) ]. Calculons méticuleusement la contribution individuelle de chaque cellule en appliquant la fonction logarithme népérien au quotient (Oi / Ei), puis en pondérant le résultat obtenu par l’effectif empirique observé Oi :

Pour la catégorie 1 (Émyde lépreuse) :

  • Rapport de déviation : O1 / E1 = 70 / 50 = 1.4000
  • Logarithme népérien : ln(1.4000) = +0.3364722
  • Contribution pondérée : O1 * ln(O1 / E1) = 70 * 0.3364722 = +23.55305

Pour la catégorie 2 (Cistude d’Europe) :

  • Rapport de déviation : O2 / E2 = 45 / 50 = 0.9000
  • Logarithme népérien : ln(0.9000) = -0.1053605
  • Contribution pondérée : O2 * ln(O2 / E2) = 45 * (-0.1053605) = -4.74122

Pour la catégorie 3 (Tortue de Floride) :

  • Rapport de déviation : O3 / E3 = 35 / 50 = 0.7000
  • Logarithme népérien : ln(0.7000) = -0.3566749
  • Contribution pondérée : O3 * ln(O3 / E3) = 35 * (-0.3566749) = -12.48362

Nous procédons ensuite à la sommation algébrique des contributions individuelles calculées au niveau de chaque modalité :

Somme [ Oi * ln(Oi / Ei) ] = 23.55305 + (-4.74122) + (-12.48362) = 23.55305 – 17.22484 = +6.32821

L’étape finale de dérivation de la statistique G brute consiste à multiplier cette somme intermédiaire par le facteur scalaire multiplicatif deux :

G = 2 * 6.32821 = 12.65642

Pour assurer une rigueur méthodologique optimale, évaluons l’opportunité d’appliquer la correction de continuité de Williams pour cet échantillon de taille N = 150 comportant k = 3 modalités. Calculons le facteur correcteur q :

q = 1 + [ (k + 1) / (6 * N) ] = 1 + [ (3 + 1) / (6 * 150) ] = 1 + [ 4 / 900 ] = 1 + 0.004444 = 1.004444

La statistique G ajustée de Williams s’obtient immédiatement par la division :

G_adj = G / q = 12.65642 / 1.004444 = 12.60042

On constate ici que le facteur de correction n’altère que très marginalement la valeur brute (diminution d’environ 0.056 point), ce qui est parfaitement conforme aux prédictions théoriques compte tenu de l’effectif confortable de 150 individus.

7.4 Résolution inférentielle et interprétation substantielle

Pour statuer sur la validité empirique de l’hypothèse nulle d’équiprobabilité, nous devons confronter la statistique obtenue à la loi de probabilité de référence. Le nombre de degrés de liberté associé au test est de :

ddl = k – 1 = 3 – 1 = 2

Consultons la distribution théorique du Chi-deux pour 2 degrés de liberté au seuil de significativité nominal standardisé alpha = 0.05. La valeur critique tabulée correspondante est rigoureusement égale à :

Chi2_critique(0.05 ; ddl = 2) = 5.991

Procédons à la comparaison directe entre la métrique empirique et le seuil de rejet :

G_adj = 12.600 > 5.991 (et de même pour la valeur non ajustée G = 12.656 > 5.991)

La valeur de la statistique de test calculée à partir des données de terrain dépasse très largement le seuil critique d’exclusion. Le calcul probabiliste exact de l’aire sous la courbe au-delà de 12.600 pour 2 degrés de liberté livre une p-valeur de :

p = 0.001836 (soit p < 0.005)

La règle de décision inférentielle s’impose sans équivoque : la p-valeur étant très significativement inférieure au seuil alpha fixé de 0.05, l’hypothèse nulle H0 d’équiprobabilité des trois espèces de tortues est formellement rejetée.

Sur le plan de l’interprétation biologique et substantielle, cette conclusion statistique apporte un éclairage crucial sur l’état de l’écosystème étudié. L’examen des composantes du calcul montre que le rejet n’est pas le fruit d’un déclin massif de l’espèce invasive (la Tortue de Floride affiche un effectif observé de 35 pour une attente de 50), mais résulte de manière prépondérante de l’extraordinaire surreprésentation de l’Émyde lépreuse. Avec 70 individus capturés pour seulement 50 attendus sous l’hypothèse de neutralité, l’Émyde lépreuse génère une contribution positive massive de +23.55 à la somme logarithmique. Ce résultat indique que les conditions environnementales et hydrologiques actuelles de la réserve créent une niche trophique et spatiale particulièrement favorable au développement démographique de Mauremys leprosa, remettant en cause le modèle historique d’équilibre symétrique entre les trois populations aquatiques.

8. Mise en œuvre numérique et computationnelle du test G

8.1 Implémentation sous le langage R

L’environnement statistique R constitue aujourd’hui la plateforme de référence internationale pour l’analyse des données biologiques et écologiques. Bien que le package standard stats privilégie historiquement la fonction chisq.test() pour le Chi-deux de Pearson, l’exécution rigoureuse du test G d’adéquation est rendue extrêmement accessible grâce à des bibliothèques spécialisées hautement éprouvées telles que DescTools ou RVAideMemoire.

Au sein du package DescTools, la fonction GTest() permet de conduire le test d’adéquation avec une flexibilité totale. L’analyste passe en argument principal le vecteur des effectifs observés ainsi que le vecteur des probabilités théoriques via le paramètre p. Par défaut, la fonction intègre automatiquement l’option d’ajustement de Williams par le paramètre correct = "williams", fournissant directement la statistique corrigée et sa p-valeur exacte. Il est également possible d’écrire une routine personnalisée en R de base, sans aucune dépendance logicielle externe, en vectorisant l’opération arithmétique :

Une implémentation native en R de base consiste à définir le vecteur des observations obs <- c(70, 45, 35), le vecteur théorique p_theo <- c(1/3, 1/3, 1/3), puis à dériver l’effectif attendu att <- sum(obs) * p_theo. La statistique G brute s’obtient instantanément par l’instruction vectorielle G <- 2 * sum(obs * log(obs / att)). Le calcul de la p-valeur associée se fait ensuite via la fonction de répartition cumulative inverse p_val <- 1 - pchisq(G, df = length(obs) - 1). Cette élégance algorithmique démontre la parfaite adéquation entre la structure matricielle de R et le formalisme mathématique du test de vraisemblance.

8.2 Exécution sous Python (SciPy et Statsmodels)

Dans l’écosystème Python dédié à la science des données et au machine learning, l’analyse d’adéquation par rapport de vraisemblance s’effectue principalement au moyen du module scientifique scipy.stats. La fonction maîtresse pour réaliser cette opération est scipy.stats.power_divergence(), qui implémente la famille globale des divergences de Cressie-Read, reliant de façon continue le test du Chi-deux de Pearson au test G.

Pour exécuter un test G d’adéquation sous Python, il convient d’importer la fonction power_divergence et de spécifier impérativement l’argument lambda_="log-likelihood" (ou de manière équivalente lambda_=0, qui correspond mathématiquement à la limite logarithmique de la famille de Cressie-Read). L’utilisateur transmet en arguments la liste des effectifs observés f_obs et la liste des espérances théoriques f_exp. La fonction retourne un objet contenant la statistique de test exacte et la p-valeur dérivée de la loi du Chi-deux asymptotique.

Pour la visualisation analytique, l’association de Python avec les bibliothèques matplotlib et seaborn permet de tracer des diagrammes en barres contrastant simultanément les effectifs observés et attendus, enrichis de barres d’erreurs représentant les intervalles de confiance multinomiaux de Wilson ou de Sison-Glaz. De surcroît, la bibliothèque statsmodels fournit des modules de régression catégorielle permettant d’insérer le test de vraisemblance au sein de modèles log-linéaires plus sophistiqués.

8.3 Approche computationnelle dans SPSS et SAS

Les logiciels statistiques traditionnels largement déployés dans les institutions hospitalières et les centres de recherche agronomique, tels que SAS et IBM SPSS Statistics, intègrent nativement le test de rapport de vraisemblance sous différentes appellations techniques qu’il convient de savoir identifier.

Sous l’environnement SAS, l’analyse des tableaux de fréquences s’opère via la procédure standard PROC FREQ. Lors de l’évaluation d’un tableau à une dimension, l’instruction TABLES modalite / CHISQ TESTP=(prob1, prob2, ...); génère non seulement le test d’adéquation classique du Chi-deux de Pearson, mais calcule également de manière automatique la ligne intitulée Likelihood Ratio Chi-Square. Cette ligne correspond très précisément à la statistique G d’adéquation. SAS fournit la valeur de la statistique, les degrés de liberté ainsi que la p-valeur asymptotique (notée Pr > ChiSq), avec une précision numérique de double précision évitant tout risque d’arrondi intempestif.

Sous IBM SPSS Statistics, la terminologie adoptée dans les sorties graphiques désigne le test G sous l’étiquette Rapport de vraisemblance (ou Likelihood Ratio dans les versions anglophones). Bien que le menu des tests non paramétriques (menu Tests non paramétriques > Échantillons uniques) mette principalement en évidence le test d’adéquation de Pearson, le recours aux procédures de modèles log-linéaires généraux ou aux tableaux croisés permet d’extraire systématiquement la statistique de rapport de vraisemblance pour évaluer la conformité empirique. L’analyste doit néanmoins rester vigilant : certains modules de SPSS n’appliquent pas automatiquement la correction de continuité de Williams pour les petits échantillons, imposant à l’utilisateur de programmer cette déflation manuellement via la syntaxe SPSS si la taille d’échantillon est restreinte.

9. Analyses post-hoc et décomposition résiduelle après rejet de H0

9.1 Calcul et examen des résidus ajustés

Le rejet de l’hypothèse nulle globale au terme d’un test G d’adéquation indique avec certitude que la distribution empirique dans son ensemble ne se conforme pas au modèle théorique spécifié. Cependant, cette conclusion globale ne précise pas quelles sont les catégories individuelles dont la déviation est suffisamment marquée pour être qualifiée de significative. Pour élucider l’architecture locale de cette discordance, l’analyste doit procéder à l’examen systématique des résidus d’ajustement.

Deux familles de résidus métriques sont couramment mobilisées dans ce cadre post-hoc :

  • Les résidus standardisés de Pearson : définis pour chaque cellule par le quotient r_i = (Oi – Ei) / racine(Ei). Sous l’hypothèse nulle, ces résidus suivent asymptotiquement une loi normale centrée réduite de moyenne 0 et d’écart-type 1. Par conséquent, un résidu standardisé dont la valeur absolue dépasse le seuil critique de 1.96 signale une modalité significativement divergente au seuil bilatéral alpha de 5 %. Un résidu dépassant 2.58 correspond à une significativité locale au seuil de 1 %.
  • Les composantes de déviance résiduelle du test G : directement issues de la formule logarithmique, elles s’expriment par d_i = signe(Oi – Ei) * racine(2 * [ Oi * ln(Oi / Ei) – (Oi – Ei) ]). En exploitant la racine carrée de la contribution élémentaire de vraisemblance, ces résidus de déviance épousent fidelement la dissymétrie de la surface de vraisemblance et offrent une localisation encore plus rigoureuse des anomalies d’ajustement dans les modèles asymétriques.

9.2 Partitionnement hiérarchique de la statistique G

L’un des avantages les plus magistraux du test G sur le test du Chi-deux de Pearson réside dans sa stricte propriété d’additivité orthogonale. Lorsqu’une variable catégorielle comporte un nombre élevé de modalités (k >= 3), il est possible de scinder la statistique G globale en une succession hiérarchisée de sous-tests indépendants, chacun disposant d’un seul degré de liberté, sans aucune perte ni redondance d’information statistique.

Illustrons ce mécanisme à partir de notre exemple écologique des trois espèces de tortues (k = 3, ddl = 2, G_global = 12.656). L’analyste peut partitionner l’espace d’hypothèse selon une hiérarchie biologique pertinente en deux questions orthogonales :

  1. Sous-question 1 : la proportion de l’espèce indigène saumâtre A (Émyde lépreuse) diffère-t-elle de la somme combinée des deux autres espèces B et C ? Ce sous-test oppose une catégorie unique (A, avec O1 = 70 et E1 = 50) au bloc fusionné (B + C, avec O_fusionne = 80 et E_fusionne = 100). Le calcul d’un premier test G partiel sur cette table 1×2 livre une statistique G1 associée à 1 degré de liberté.
  2. Sous-question 2 : au sein du sous-ensemble des individus appartenant aux espèces B et C (taille partielle N_BC = 80), les deux taxons sont-ils en proportion égale (hypothèse locale d’équiprobabilité 1:1, soit 40 individus attendus pour chacune) ? Les observations étant de O2 = 45 et O3 = 35, le calcul d’un second test G partiel sur cette sous-table livre une statistique G2 associée à 1 degré de liberté.

La beauté mathématique de la formulation logarithmique réside dans le fait que la sommation exacte des deux statistiques partielles reconstitue à l’unité près la statistique d’adéquation globale :

G_global = G1 + G2, et ddl_global = ddl1 + ddl2 (2 = 1 + 1)

Cette propriété d’additivité permet de tester des hypothèses de recherche structurées complexes de façon séquentielle, en évitant toute corrélation parasite entre les étapes de l’investigation.

9.3 Ajustement du taux d’erreur familial

Dès lors qu’un chercheur réalise des comparaisons post-hoc multiples ou procède à l’évaluation simultanée de plusieurs résidus catégoriels pour localiser l’origine d’un rejet global, il s’expose au phénomène universel d’inflation du taux d’erreur de première espèce. Si l’on évalue k modalités de façon indépendante au seuil alpha unitaire de 0.05, la probabilité d’observer au moins un résultat faussement significatif par le simple jeu du hasard s’élève selon la formule classique 1 – (1 – alpha)^k, atteignant rapidement des proportions inacceptables (plus de 14 % d’erreur pour trois classes, et près de 40 % pour dix classes).

Pour neutraliser ce péril méthodologique et préserver la rigueur de l’inférence scientifique, l’application d’une correction du seuil de significativité familial devient obligatoire. Deux approches principales s’offrent au praticien :

  • La procédure classique de Bonferroni : extrêmement conservatrice, elle consiste à diviser le seuil nominal global alpha par le nombre total m de tests ou d’évaluations résiduelles conduits (alpha_ajuste = alpha / m). Une modalité n’est déclarée significativement aberrante que si sa p-valeur locale est strictement inférieure à ce seuil drastiquement réduit. La variante séquentielle de Holm-Bonferroni offre une puissance statistique supérieure tout en maintenant un contrôle parfait de l’erreur globale.
  • La procédure de Benjamini-Hochberg pour le contrôle du taux de fausses découvertes (False Discovery Rate – FDR) : privilégiée lorsque le nombre de catégories analysées est très grand (par exemple en génomique ou en écologie microbienne avec des centaines de taxons), elle ne cherche pas à éliminer tout faux positif au prix d’une perte massive de puissance, mais régule la proportion attendue de faux rejets parmi l’ensemble des résultats déclarés significatifs.

10. Taille d’effet et analyse de puissance pour le test G

10.1 Indices de taille d’effet standardisés

Dans la pratique scientifique moderne, l’obtention d’une p-valeur statistiquement significative ne constitue plus une condition suffisante pour valider l’importance d’une découverte. Une p-valeur est fonction conjointe de deux facteurs distincts : l’amplitude réelle de la discordance biologique ou physique existante et la taille de l’échantillon N. Avec un échantillon suffisamment massif, le test G détectera comme hautement significative (p < 0.001) une divergence infinitésimale dépourvue de toute pertinence concrète. Dès lors, la quantification de la taille d’effet standardisée, totalement indépendante de la taille de l’échantillon, est indispensable.

Pour les tests d’adéquation multinomiale, l’indice d’effet de référence universellement admis est le w de Cohen. Dans le cadre théorique du rapport de vraisemblance, le w de Cohen peut être directement dérivé de la statistique G par la formule normalisée :

w = racine( G / (2 * N) ) ou selon la formulation quadratique équivalente w = racine( Somme [ (pi_obs – pi0)² / pi0 ] )

Par ailleurs, le V de Cramér constitue une métrique d’association standardisée fréquemment mobilisée, dont la formulation s’ajuste au cadre d’adéquation univarié selon :

V = racine( G / (N * (k – 1)) )

Selon les conventions méthodologiques établies par Jacob Cohen dans son ouvrage de référence Statistical Power Analysis for the Behavioral Sciences, l’amplitude de l’effet d’adéquation se catégorise selon les paliers directeurs suivants :

  • Taille d’effet faible : w ≈ 0.10 (divergence subtile entre les observations et le modèle).
  • Taille d’effet moyenne : w ≈ 0.30 (écart modéré, clairement perceptible à l’observation).
  • Taille d’effet forte : w >= 0.50 (rupture massive et spectaculaire d’adéquation distributionnelle).

Dans notre exemple écologique des tortues aquatiques (N = 150, G = 12.656), l’application de la formule donne w = racine( 12.656 / (2 * 150) ) = racine( 12.656 / 300 ) = racine( 0.04218 ) ≈ 0.205. Il s’agit d’une taille d’effet d’amplitude intermédiaire entre un effet faible et un effet moyen, indiquant que la surreprésentation de l’Émyde lépreuse constitue une tendance biologique tangible sans pour autant correspondre à une monopolisation écologique totale du biotope.

10.2 Détermination de la puissance statistique a priori

La planification d’un protocole d’échantillonnage rigoureux exige impérativement la réalisation d’une analyse de puissance statistique a priori. Cette démarche vise à déterminer avec précision la taille d’échantillon minimale N nécessaire pour garantir une probabilité satisfaisante (traditionnellement une puissance 1 – bêta >= 0.80, soit 80 %) de détecter une rupture de conformité d’une taille d’effet w donnée, tout en maintenant le risque de faux positif alpha à 0.05.

Sous l’hypothèse alternative HA, la statistique du test G ne suit plus une loi du Chi-deux centrale, mais se distribue selon une loi du Chi-deux non centrale caractérisée par ses degrés de liberté ddl = k – 1 et par un paramètre de non-centralité, désigné par la lettre grecque lambda. Ce paramètre de non-centralité est directement proportionnel à l’effectif total N et au carré de la taille d’effet attendue :

lambda = N * w²

Des logiciels spécialisés d’analyse de puissance, tels que l’utilitaire libre G*Power ou le package pwr sous R (fonction pwr.chisq.test()), résolvent numériquement les intégrales de probabilité non centrales pour extraire l’effectif requis. Si un biologiste souhaite tester une hypothèse d’adéquation sur k = 4 modalités (ddl = 3) et anticipe un effet modéré de w = 0.30, la modélisation sous G*Power démontre qu’un effectif minimal de N = 122 individus est strictement requis pour atteindre une puissance de 80 %. Réaliser l’étude sur seulement 50 individus exposerait le chercheur à un risque d’erreur de type II supérieur à 50 %, le privant de la capacité de valider statistiquement son hypothèse de travail.

10.3 Analyse de sensibilité a posteriori

Lorsqu’une recherche a déjà été conduite sur le terrain et que la taille d’échantillon N s’est trouvée contrainte par des limites logistiques, financières ou éthiques infranchissables, la conduite d’une analyse de sensibilité a posteriori permet d’évaluer avec lucidité la portée critique du test exécuté.

Cette approche consiste à inverser la modélisation de puissance : connaissant la taille réelle d’échantillon N obtenue, le nombre de degrés de liberté ddl du modèle et le seuil alpha retenu, quel était le niveau minimal de taille d’effet (w_min) que le protocole déployé était véritablement capable de discriminer avec une puissance garantie de 80 % ?

Cette analyse de sensibilité protège le chercheur contre les interprétations abusives en cas d’absence de significativité statistique (p >= 0.05). Conclure naïvement à partir d’une p-valeur non significative que le modèle théorique est fidèlement respecté dans la nature constitue une faute méthodologique majeure (confusion classique entre absence de preuve et preuve de l’absence). Si l’analyse de sensibilité révèle que l’échantillon était si modeste qu’il ne permettait de détecter que des tailles d’effet gigantesques (w > 0.70), un résultat non significatif signifie simplement que l’étude manquait de résolution métrologique pour capter des déviations modérées mais pourtant scientifiquement majeures. La publication conjointe de la p-valeur et de l’intervalle de confiance de la taille d’effet constitue la meilleure réponse aux exigences de transparence et de reproductibilité de la science actuelle.

11. Erreurs méthodologiques courantes et pièges d’interprétation

11.1 Gestion incorrecte des zéros structurels et d’échantillonnage

L’écueil analytique le plus redouté lors du calcul manuel ou informatisé du test G réside dans la présence de cellules affichant un effectif observé nul (Oi = 0). Sur le plan arithmétique pur, l’évaluation immédiate de la fonction mathématique génère l’expression 0 * ln(0 / Ei). Dans la mesure où le logarithme népérien tend vers l’infini négatif lorsque son argument approche de zéro, une implémentation logicielle naïve retournera une erreur critique d’évaluation indéfinie.

Pourtant, l’analyse mathématique rigoureuse lève toute ambiguïté grâce à la règle de l’Hôpital : la limite de x * ln(x) lorsque x tend vers 0 par valeurs positives est formellement égale à 0. Par conséquent, la convention computationnelle universelle prescrit de poser la contribution de toute cellule dont l’effectif observé est nul à exactement zéro dans la sommation globale du test G. Dès lors, la cellule n’ajoute aucune valeur à la statistique de test, ce qui reflète fidèlement l’absence d’information positive rapportée par cette catégorie.

Cependant, une distinction épistémologique cruciale doit impérativement être opérée entre deux types de zéros :

  • Le zéro d’échantillonnage (accidentel) : la catégorie est théoriquement possible au sein de la population parente, mais aucun représentant n’a été capturé dans l’échantillon spécifique en raison de sa rareté ou d’une taille de prélèvement limitée. Dans ce cas, la convention 0 * ln(0) = 0 s’applique parfaitement. Si l’effectif théorique attendu Ei est substantiel alors que Oi = 0, l’absence d’observation constitue une information majeure que l’analyste peut stabiliser en utilisant une pseudo-constante de lissage (comme l’ajout d’une constante de Haldane-Anscombe de +0.5 à toutes les cellules).
  • Le zéro structurel (impossible) : la catégorie ne peut en aucun cas se produire en raison d’une impossibilité biologique, physique ou logique absolue. Une telle catégorie ne doit jamais figurer dans le tableau de contingence : elle doit être purement et simplement exclue du vecteur des classes, sous peine de corrompre artificiellement le nombre de degrés de liberté et de fausser l’intégralité de l’espace de probabilité.

11.2 Confusions entre modèles d’indépendance et d’adéquation

Une confusion récurrente observée chez les jeunes chercheurs réside dans l’assimilation erronée du test G d’adéquation univarié avec le test G d’indépendance bivarié. Bien que les deux procédures partagent le même algorithme fondamental de rapport de vraisemblance, leurs architectures conceptuelles et la détermination de leurs degrés de liberté obéissent à des règles foncièrement divergentes.

Dans un test d’adéquation, l’analyse porte sur une seule variable multinomiale subdivisée en k catégories. Les espérances théoriques Ei sont calculées à partir de probabilités pi0 fixées en amont par une théorie externe, sans exploiter les distributions marginales de l’échantillon. Les degrés de liberté sont invariablement fixés à ddl = k – 1. À l’inverse, dans un test d’indépendance (ou d’homogénéité), l’analyse examine la liaison stochastique entre deux variables qualitatives croisées dans un tableau de contingence à r lignes et c colonnes. Les effectifs théoriques y sont obligatoirement estimés à partir du produit des totaux marginaux de lignes et de colonnes de l’échantillon lui-même, fixant les degrés de liberté à ddl = (r – 1) * (c – 1).

Une variante critique de ce piège survient lorsque l’analyste estime un paramètre théorique inconnu (par exemple la moyenne ou la variance) à partir de son propre échantillon empirique pour construire les probabilités attendues du test d’adéquation. Dans une telle circonstance, chaque paramètre libre estimé à partir des données consomme de l’information et doit être retranché du nombre total de degrés de liberté. Si un modèle théorique à k classes exige l’estimation préalable de m paramètres distributionnels à partir des observations, les degrés de liberté réels ne sont plus k – 1, mais doivent être impérativement ajustés à ddl = k – 1 – m. Omettre cette correction conduit à consulter une table critique inadaptée et sous-estime massivement la significativité du test.

11.3 Mauvaise interprétation de la significativité dans les mégadonnées

L’essor contemporain des bases de données massives (Big Data) a exacerbé un écueil interprétatif d’une grande dangerosité : le biais de sur-significativité induit par les très grands échantillons. Dans la mesure où la statistique G est directement proportionnelle à la taille globale N de l’échantillon (G = 2 * N * D_KL), toute augmentation mécanique du volume de données démultiplie la valeur calculée de la statistique de test.

Dans un échantillon comprenant un million d’enregistrements (N = 1 000 000), le test G affichera une p-valeur infinitésimale (par exemple p = 10^-25) pour une déviation microscopique entre les fréquences observées et les probabilités théoriques (par exemple 33.34 % d’observations pour une attente d’équiprobabilité stricte de 33.33 %). Proclamer dans un rapport scientifique le rejet catégorique du modèle théorique en s’appuyant aveuglément sur cette p-valeur ultra-significative relève d’une profonde incompréhension méthodologique.

Dans l’ère du Big Data, la significativité statistique perd son utilité décisionnelle première au profit exclusif de la significativité pratique ou substantielle. Aucun modèle théorique n’est rigoureusement exact dans la nature au milliardième près ; tous constituent des approximations simplifiées de la réalité. Lorsque la puissance du test devient quasi infinie en raison d’un volume colossal de données, l’analyste doit impérativement subordonner sa conclusion à l’évaluation du w de Cohen ou de la déviance relative. Si la taille d’effet mesurée est infinitésimale (w < 0.01), le chercheur doit conclure à l’adéquation pratique et opérationnelle du modèle théorique, en reléguant la p-valeur au rang d’artefact d’échantillonnage prévisible.

12. Normes de rédaction scientifique et conclusions méthodologiques

12.1 Directives de publication selon les normes APA

La communication scientifique des résultats d’une analyse statistique doit obéir à des standards formels d’excellence garantissant la clarté, la reproductibilité et la vérifiabilité des assertions publiées. L’American Psychological Association (APA) a codifié dans sa 7e édition les directives internationales régissant le rapportage textuel des tests d’adéquation du rapport de vraisemblance.

La formulation canonique au sein du corps du texte exige la mention explicite de la lettre majuscule italique désignant le test (G), suivie entre parenthèses des degrés de liberté ainsi que de la taille totale de l’échantillon N. Viennent ensuite la valeur empirique exacte de la statistique de test (arrondie à deux décimales), la précision de l’ajustement appliqué, la p-valeur exacte (ou le seuil inférieur si p < .001) et l’indice de taille d’effet standardisé.

Appliquée à notre cas d’étude écologique des tortues d’eau douce, la rédaction scientifique selon les normes APA s’énoncera sous la formulation exemplaire suivante :

« La distribution spatiale des trois espèces de tortues aquatiques au sein de la zone lagunaire protégée s’écarte de façon hautement significative du modèle théorique d’équiprobabilité (G_Williams(2, N = 150) = 12.60, p = .002, w = 0.21). L’examen des composantes d’ajustement met en évidence une surreprésentation marquée de l’Émyde lépreuse (70 individus capturés pour 50.0 attendus) par rapport à la Cistude d’Europe (45 individus) et à la Tortue de Floride (35 individus). »

En complément de la mention textuelle, les normes académiques recommandent la présentation conjointe d’un tableau synthétique regroupant les effectifs empiriques bruts (Oi), les espérances mathématiques sous le modèle théorique (Ei), les résidus standardisés de Pearson ainsi que les proportions relatives observées assorties de leurs intervalles de confiance à 95 %.

12.2 Check-list méthodologique pour la validation d’une recherche

Avant de soumettre un manuscrit de recherche ou un rapport d’expertise intégrant un test G d’adéquation, il est vivement recommandé à l’analyste de soumettre sa démarche à une grille d’audit qualité méthodologique. La check-list ci-après récapitule les points de contrôle indispensables garantissant la parfaite robustesse de l’inférence :

  • Vérification de l’indépendance stochastique : s’est-on assuré qu’aucune autocorrélation spatiale, temporelle, génétique ou comportementale ne lie les unités échantillonnées ?
  • Exclusivité et exhaustivité : chaque observation est-elle assignée à une classe et une seule, et la sommation des probabilités théoriques attendues totalise-t-elle rigoureusement 1.000 ?
  • Audit des effectifs attendus : la condition minimale de Cochran est-elle satisfaite (tous les Ei >= 1 et au moins 80 % des Ei >= 5) ?
  • Ajustement pour petits échantillons : en présence d’un effectif modéré (N < 200), la correction de continuité de Williams (q) a-t-elle été formellement calculée et documentée ?
  • Résolution des singularités : les cellules présentant un effectif observé nul ont-elles été correctement neutralisées selon la règle limite 0 * ln(0) = 0 ?
  • Décompte exact des degrés de liberté : les degrés de liberté ont-ils été ajustés (ddl = k – 1 – m) si certains paramètres du modèle théorique ont été dérivés de l’échantillon ?
  • Dualité p-valeur et taille d’effet : le rapport statistique inclut-il systématiquement le w de Cohen ou le V de Cramér aux côtés de la p-valeur brute ?
  • Correction des tests multiples : en cas d’explorations post-hoc sur les résidus, les seuils critiques ont-ils fait l’objet d’un ajustement de Bonferroni ou de Benjamini-Hochberg ?

12.3 Synthèse conclusive sur la robustesse du test G

Au terme de cette analyse exhaustive, le test G d’adéquation s’affirme comme l’une des constructions les plus raffinées et les plus fiables de la statistique inférentielle appliquée à l’analyse catégorielle. En unissant harmonieusement les fondements probabilistes de la théorie du maximum de vraisemblance et les concepts physiques de la théorie de l’information de Kullback-Leibler, il surpasse le test classique du Chi-deux de Pearson sur les plans de l’élégance analytique et de la cohérence architecturale.

Sa propriété magistrale d’additivité exacte offre aux chercheurs une souplesse d’investigation sans égale pour partitionner des hypothèses complexes en modèles emboîtés indépendants. Sa congruence conceptuelle avec les métriques de déviance employées dans les modèles linéaires généralisés assure une continuité intellectuelle précieuse entre les tests d’ajustement bivariés élémentaires et les régressions logistiques polytomiques hautement dimensionnelles. Pourvu que le praticien respecte scrupuleusement les postulats d’application fondamentaux, applique la correction de continuité de Williams sur les échantillons restreints et complète son diagnostic par l’examen minutieux des tailles d’effet et des résidus standardisés, le test G constitue une garantie absolue de rigueur, de clarté et de reproductibilité pour l’investigation scientifique contemporaine.

Références

Agresti, A. (2013). Categorical data analysis (3rd ed.). John Wiley & Sons. https://doi.org/10.1002/0471249688

Cochran, W. G. (1954). The chi-square test of goodness of fit. The Annals of Mathematical Statistics, 25(2), 315–345. https://doi.org/10.1214/aoms/1177728786

Cohen, J. (1988). Statistical power analysis for the behavioral sciences (2nd ed.). Lawrence Erlbaum Associates.

Kullback, S., & Leibler, R. A. (1951). On information and sufficiency. The Annals of Mathematical Statistics, 22(1), 79–86. https://doi.org/10.1214/aoms/1177729694

McDonald, J. H. (2014). Handbook of biological statistics (3rd ed.). Sparky House Publishing.

Pearson, K. (1900). On the criterion that a given system of deviations from the probable in the case of a correlated system of variables is such that it can be reasonably supposed to have arisen from random sampling. The London, Edinburgh, and Dublin Philosophical Magazine and Journal of Science, 50(302), 157–175. https://doi.org/10.1080/14786440009463897

Sokal, R. R., & Rohlf, F. J. (2012). Biometry: The principles and practice of statistics in biological research (4th ed.). W. H. Freeman and Company.

Wilks, S. S. (1938). The large-sample distribution of the likelihood ratio for testing composite hypotheses. The Annals of Mathematical Statistics, 9(1), 60–62. https://doi.org/10.1214/aoms/1177732360

Williams, D. A. (1976). Improved likelihood ratio tests for complete contingency tables. Biometrika, 63(1), 33–37. https://doi.org/10.1093/biomet/63.1.33

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Looti, M. (2026, septembre 16). Test G d’adéquation : Définition + Exemple. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/statistics/test-g-adequation-definition-exemple/
Looti, Mohammed. “Test G d’adéquation : Définition + Exemple.” Base de données de psychologie en français, 16 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/statistics/test-g-adequation-definition-exemple/.
Looti, Mohammed. “Test G d’adéquation : Définition + Exemple.” Base de données de psychologie en français. septembre 16, 2026. https://fr.arabpsychology.com/statistics/test-g-adequation-definition-exemple/.