Comment effectuer une régression logistique dans SAS

Guide académique complet pour réaliser, interpréter et valider une régression logistique binaire avec la procédure PROC LOGISTIC dans l’environnement SAS.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 23, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 23, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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L’analyse statistique des phénomènes dichotomiques constitue l’un des piliers méthodologiques fondamentaux de la recherche empirique contemporaine, traversant des disciplines aussi variées que l’épidémiologie clinique, l’économétrie appliquée, la sociologie quantitative et les sciences comportementales. Lorsqu’un chercheur tente d’élucider les déterminants d’une issue binaire — qu’il s’agisse de la récidive d’un trouble psychopathologique, de la réussite à un examen universitaire sélectif, de l’abandon d’une thérapie ou de la survenue d’un infarctus du myocarde —, les outils classiques de l’analyse de régression par les moindres carrés ordinaires révèlent immédiatement leurs limites théoriques et empiriques. L’inadéquation structurelle du modèle linéaire standard face à des probabilités contraintes par définition dans l’intervalle fermé [0, 1] a ainsi conduit au développement et à la généralisation de la modélisation logistique, formulée initialement dans le cadre des modèles linéaires généralisés par Nelder et Wedderburn.

Dans cet écosystème méthodologique, le progiciel SAS (Statistical Analysis System) s’est imposé depuis plusieurs décennies comme l’environnement computationnel de référence pour la modélisation statistique avancée, particulièrement au sein des agences de régulation biomédicale, des consortiums de recherche pharmaceutique et des départements de biostatistique universitaire. Grâce à des procédures dédiées d’une rigueur algorithmique absolue — au premier rang desquelles figure l’emblématique procédure PROC LOGISTIC —, SAS offre un arsenal complet permettant non seulement l’estimation robuste des paramètres par le maximum de vraisemblance, mais également l’évaluation approfondie de la calibration, la discrimination diagnostique, la modélisation fine d’interactions complexes et le traitement de situations limites telles que la séparation complète des données.

Le présent traité méthodologique propose une exploration exhaustive, rigoureuse et didactique de l’exécution de la régression logistique sous SAS. Conçu pour répondre aux exigences des chercheurs, des biostatisticiens et des analystes de données chevronnés, ce guide détaille chaque étape du processus analytique : depuis l’assise mathématique de la transformation logit jusqu’aux subtilités syntaxiques de l’environnement SAS, en passant par l’interprétation clinique des rapports de cotes (Odds Ratios), le diagnostic des observations influentes et la rédaction conforme aux critères des revues scientifiques internationales à comité de lecture.

1. Fondements théoriques et mathématiques de la régression logistique

1.1 La nature de la variable dépendante binaire

L’application d’un modèle de régression linéaire classique à une variable dépendante dichotomique, souvent désignée sous l’appellation de modèle de probabilité linéaire (MPL), engendre des apories statistiques insurmontables. Lorsque la variable réponse Y ne peut prendre que deux valeurs discrètes, conventionnellement codées 0 pour l’absence d’un événement et 1 pour sa survenue, l’espérance conditionnelle E(Y|X) correspond rigoureusement à la probabilité conditionnelle P(Y=1|X = x). Or, une fonction linéaire de type β0 + β1X n’est soumise à aucune borne intrinsèque. Pour des valeurs extrêmes des covariables explicatives, le modèle linéaire produit inéluctablement des prédictions absurdes, inférieures à zéro ou supérieures à l’unité, violant les axiomes fondamentaux de Kolmogorov relatifs à la théorie des probabilités.

Par ailleurs, la structure binaire de la variable dépendante induit une violation directe de l’hypothèse d’homoscédasticité des résidus, condition sine qua non de l’optimalité des estimateurs des moindres carrés ordinaires selon le théorème de Gauss-Markov. Le terme d’erreur ne peut prendre que deux valeurs conditionnelles : -(Xβ) avec une probabilité 1 – P, ou (1 – Xβ) avec une probabilité P. En conséquence directe, la variance conditionnelle des résidus s’exprime sous la forme P(1 – P), ce qui démontre mathématiquement que la variance dépend intrinsèquement des valeurs prises par les prédicteurs X. L’hétéroscédasticité est donc structurelle et indissociable du modèle de probabilité linéaire, invalidant les tests de significativité fondés sur la distribution de Student ou de Fisher.

Dans le domaine de la recherche comportementale, cognitive et psychologique, la conceptualisation d’une issue dichotomique renvoie fréquemment à la discrétisation d’un processus latent continu sous-jacent non directement observable, souvent désigné sous le terme de variable de propension Y*. Un seuil critique théorique τ sépare les individus manifestant le comportement ou le statut clinique de ceux qui ne l’expriment pas. Dès lors, la formulation probabiliste d’occurrence d’un événement cible nécessite une fonction de distribution cumulative capable de mapper l’espace continu des covariables vers l’intervalle restreint [0, 1], tout en respectant l’asymptote horizontale aux bornes et en reflétant fidèlement la dynamique non linéaire de la susceptibilité humaine.

1.2 La transformation logit et le rapport des cotes

Afin de résoudre l’incompatibilité entre l’espace non borné des variables indépendantes et l’intervalle restreint des probabilités, la statistique mathématique a introduit la fonction de lien logit. Soit p la probabilité de survenue de l’événement cible P(Y=1). La cote (ou odds en anglais) se définit formellement comme le ratio de la probabilité de survenue de l’événement sur la probabilité de son non-avènement, soit le quotient p / (1 – p). Cette quantité, strictement positive, varie de zéro à l’infini positif. Une cote de 1 indique une équiprobabilité stricte (p = 0,5), tandis qu’une cote de 3 signifie que l’événement a trois fois plus de chances de se produire que d’échouer.

La transformation logit correspond au logarithme népérien de cette cote : Logit(p) = ln[p / (1 – p)]. Cette transformation mathématique réalise le passage de l’espace non linéaire et contraint [0, 1] à un espace continu infini allant de moins l’infini à plus l’infini. Dans cet espace transformé des « log-odds » (ou log-cotes), la relation entre la variable dépendante et les prédicteurs peut être modélisée de manière rigoureusement linéaire : Logit(p) = β0 + β1X1 + … + βkXk. Le concept de rapport des cotes (Odds Ratio, noté OR) en découle naturellement : il quantifie la force de l’association entre un prédicteur et l’événement en mesurant le rapport multiplicatif des cotes associées à une augmentation unitaire du régresseur.

L’opération mathématique inverse du logit est la fonction sigmoïde standard ou fonction logistique cumulative. Elle permet de rétablir la prédiction dans l’espace des probabilités empiriques observables : p = 1 / [1 + exp(-(β0 + ∑ βjXj))]. Cette fonction présente des propriétés mathématiques remarquables : elle est continûment dérivable, symétrique par rapport à son point d’inflexion situé précisément à p = 0,5 (où le logit s’annule), et ses dérivées première et seconde possèdent des formes analytiques stables facilitant grandement l’implémentation des algorithmes d’optimisation numérique.

1.3 Estimation par le maximum de vraisemblance

Contrairement aux modèles linéaires gaussiens qui recourent à la minimisation de la somme des carrés des résidus, les paramètres β du modèle de régression logistique sont estimés par la méthode du maximum de vraisemblance (Maximum Likelihood Estimation, MLE). Cette approche probabiliste vise à déterminer le vecteur de coefficients statistiques qui rend les données empiriquement observées les plus probables possibles selon la distribution théorique sous-jacente de Bernoulli. La fonction de vraisemblance globale L(β) correspond au produit continu des probabilités individuelles associées à chaque observation de l’échantillon d’analyse.

Pour des raisons de commodité analytique et de stabilité numérique, les calculs sont invariablement exécutés sur la fonction de log-vraisemblance (le logarithme naturel de la fonction de vraisemblance, souvent noté l(β) ou LL). En raison de la non-linéarité des équations normales résultant de l’égalisation des dérivées partielles à zéro (les équations du score), il n’existe pas de solution analytique explicite en forme fermée. L’estimation requiert par conséquent l’utilisation d’algorithmes d’optimisation itératifs, au premier rang desquels figure le processus numérique de Newton-Raphson ou l’algorithme de Fisher Scoring.

À chaque itération k, l’algorithme actualise le vecteur de paramètres en ajoutant au vecteur précédent le produit de l’inverse de la matrice d’information observée (la matrice Hessienne des dérivées partielles secondes du log de la fonction de vraisemblance) par le vecteur de gradient (le vecteur du score). La convergence mathématique est déclarée atteinte lorsque la variation relative de la log-vraisemblance ou du gradient entre deux itérations consécutives devient inférieure à un seuil infinitésimal prédéfini (souvent 10^-8). Cette approche garantit, sous les conditions de régularité usuelles et à condition que les données ne présentent pas de dégénérescence structurelle, des estimateurs convergents, asymptotiquement normaux et asymptotiquement efficaces à variance minimale.

2. Préparation et structuration des données sous SAS

2.1 Importation et saisie directe de données via l’étape DATA

L’amorce de tout protocole d’analyse statistique dans l’écosystème SAS repose sur la manipulation rigoureuse de l’étape DATA (DATA step). Cette phase programmatique constitue le socle fondamental sur lequel reposent l’intégrité référentielle, le typage des variables et la qualité métrologique du fichier d’analyse. Lors de la saisie manuelle de données cliniques ou expérimentales, ou lors de la lecture séquentielle d’enregistrements tabulaires, la syntaxe canonique de l’étape DATA permet de déclarer formellement les identifiants de variables, leurs attributs informatiques ainsi que leurs formats d’affichage.

L’utilisation combinée des instructions INPUT et DATALINES permet d’intégrer directement au sein du script un jeu d’observations sans recourir à des fichiers externes, facilitant ainsi les phases de test ou la constitution d’échantillons de validation interne. Le code ci-dessous illustre l’instanciation programmatique d’une cohorte clinique simulée pour l’étude de l’observance thérapeutique chez des patients souffrant de troubles dépressifs majeurs :

DATA WORK.COHORTE_OBSERVANCE;
  INPUT ID AGE SEXE $ ANXIETE_SCORE COMORBIDITE OBSERVANCE_B;
  DATALINES;
101 45 F 18 1 1
102 32 M 12 0 1
103 58 F 24 1 0
104 21 M 08 0 1
105 63 M 29 1 0
106 41 F 15 0 1
107 52 M 22 1 0
108 36 F 10 0 1
;
RUN;

Dans ce segment de syntaxe, l’instruction INPUT spécifie la disposition des régresseurs en distinguant explicitement les variables numériques continues (telles que AGE et ANXIETE_SCORE) des variables de chaîne de caractères au format alphanumérique (matérialisées par le symbole dollar suivant la variable SEXE). Dès l’achèvement de la commande RUN, le compilateur SAS effectue un contrôle d’intégrité au sein de la bibliothèque de travail WORK, garantissant la création d’une table conforme, exempte de corruption de mémoire tampon et prête pour les procédures descriptives préalables.

2.2 Audit des données et gestion des valeurs manquantes

Avant d’ajuster le moindre modèle de régression, un audit approfondi de la matrice de données s’impose afin d’évaluer la qualité de la distribution empirique et de quantifier l’étendue des données manquantes. La procédure PROC MEANS offre une synthèse immédiate des indices de tendance centrale et de dispersion pour les prédicteurs continus, tandis que la procédure PROC FREQ génère les distributions de fréquences et les pourcentages de répartition pour les descripteurs catégoriels :

PROC MEANS DATA=WORK.COHORTE_OBSERVANCE N NMISS MEAN STD MIN MAX;
  VAR AGE ANXIETE_SCORE;
RUN;
PROC FREQ DATA=WORK.COHORTE_OBSERVANCE;
  TABLES SEXE COMORBIDITE OBSERVANCE_B / MISSING;
RUN;

L’omission de l’option / MISSING dans l’instruction TABLES masquerait la proportion réelle d’observations non documentées dans le calcul des fréquences relatives. Or, la nature du mécanisme sous-jacent à l’absence de données est déterminante pour la validité inférentielle : les données peuvent être manquantes de manière totalement aléatoire (MCAR, Missing Completely at Random), manquantes de manière aléatoire conditionnelle (MAR, Missing at Random), ou manquantes de manière non aléatoire (MNAR, Missing Not at Random). Par défaut, SAS applique une stratégie d’exclusion par liste (listwise deletion) : toute observation présentant une seule valeur manquante sur l’un quelconque des prédicteurs inclus dans l’instruction MODEL est éliminée du champ de l’estimation. Si le volume d’abandons est élevé, cette suppression drastique altère significativement la puissance statistique du test et introduit un biais d’échantillonnage substantiel si l’hypothèse MCAR est violée.

Dans cette phase d’audit, la recherche des valeurs aberrantes ou d’incohérences de saisie (telles qu’un score d’anxiété négatif ou un âge excédant les limites de l’espérance de vie) constitue une précaution indispensable pour préserver la stabilité de l’algorithme d’estimation et prévenir la distorsion artificielle des erreurs types associées aux coefficients.

2.3 Vérification des conditions préalables à la modélisation

L’implémentation rigoureuse d’un modèle logistique suppose la validation de postulats statistiques cardinaux. En premier lieu, la taille de l’échantillon doit être rigoureusement calibrée en fonction du principe des « événements par variable » (Events Per Variable, ou EPV). La littérature méthodologique moderne recommande formellement de disposer d’un minimum de 10 à 20 événements de l’issue la moins représentée (le groupe le plus rare de la variable dépendante binaire) pour chaque paramètre estimé dans le modèle. Un échantillon de 1000 sujets comportant seulement 20 cas positifs ne tolérera ainsi pas plus d’un ou deux régresseurs sans exposer le modèle à un surapprentissage sévère (overfitting) et à des estimations de variance instables.

En second lieu, la détection d’une multicolinéarité excessive entre les prédicteurs continus s’avère cruciale. Bien que la régression logistique tolère des corrélations modérées, une redondance informationnelle sévère gonfle démesurément les variances des estimateurs et rend les coefficients β extrêmement volatils. La procédure PROC REG est classiquement exploitée pour obtenir les facteurs d’inflation de la variance (VIF) et la tolérance :

PROC REG DATA=WORK.COHORTE_OBSERVANCE;
  MODEL OBSERVANCE_B = AGE ANXIETE_SCORE / VIF TOL;
RUN;
QUIT;

Un facteur d’inflation de la variance supérieur à 5 (ou une tolérance inférieure à 0,20) signale une colinéarité préoccupante imposant une réduction de dimension ou la suppression de régresseurs redondants. Enfin, l’hypothèse de linéarité du logit pour chaque prédicteur continu doit impérativement être éprouvée au moyen du test de Box-Tidwell ou par l’évaluation graphique des résidus martingales ou des fonctions splines cubiques lissées, tandis que l’examen croisé des tableaux de contingence permet d’anticiper la présence délétère de cellules vides (effectifs nuls), précurseurs du phénomène de quasi-séparation.

3. Architecture et syntaxe générale de la procédure PROC LOGISTIC

3.1 Syntaxe de base et paramètres d’environnement

Au cœur de l’environnement SAS, la procédure PROC LOGISTIC constitue le module computationnel dédié à l’ajustement des modèles de régression pour variables dépendantes catégorielles, qu’elles soient binaires, ordinales ou polytomiques. Son exécution requiert une syntaxe structurée autour de commandes primaires et d’options globales d’environnement. L’invocation canonique débute par l’instruction PROC LOGISTIC, suivie obligatoirement de l’argument DATA= spécifiant la table source à interroger :

PROC LOGISTIC DATA=WORK.COHORTE_OBSERVANCE PLOTS(ONLY)=(ROC EFFECT INFLUENCE);
  MODEL OBSERVANCE_B = AGE ANXIETE_SCORE;
RUN;

L’option PLOTS active l’environnement graphique statistique intégré (ODS Graphics). Le paramètre PLOTS(ONLY) permet de restreindre l’édition visuelle aux seuls graphiques sollicités par l’analyste, tels que la trajectoire de la courbe caractéristique du récepteur (ROC), la courbe de probabilité marginale prédite (EFFECT) ou le tracé d’influence statistique (INFLUENCE). L’inclusion systématique de la directive RUN signale au processeur SAS l’achèvement de la commande et déclenche la compilation immédiate du bloc d’instructions, le journal SAS (Log) consignant scrupuleusement le déroulement des itérations, les temps d’exécution CPU et les alertes de convergence éventuelles.

3.2 L’instruction MODEL et la formulation de l’équation

L’instruction MODEL constitue le pivot central de la procédure. Elle officialise mathématiquement l’équation de régression en positionnant la variable dépendante cible à gauche du signe d’égalité et l’ensemble des prédicteurs (covariables continues et facteurs catégoriels) à sa droite. Cette instruction autorise une multitude d’options de contrôle algorithmique destinées à affiner le processus d’estimation numérique du maximum de vraisemblance.

Parmi ces options avancées figurent MAXITER=, qui plafonne le nombre maximal d’itérations autorisées pour le gradient de Newton-Raphson (la valeur par défaut étant de 25), et GCONV=, qui calibre le seuil de tolérance pour le critère de convergence basé sur le gradient relatif :

PROC LOGISTIC DATA=WORK.COHORTE_OBSERVANCE;
  MODEL OBSERVANCE_B = AGE ANXIETE_SCORE / MAXITER=50 GCONV=1E-8 CLPARM=WALD;
RUN;

L’option CLPARM=WALD commande la génération automatique des intervalles de confiance à 95% fondés sur la statistique asymptotique de Wald pour l’ensemble des coefficients β. L’analyste peut alternativement spécifier CLPARM=PL pour requérir le calcul des intervalles de confiance basés sur le profil de vraisemblance (Profile Likelihood), une méthode analytique computationnellement plus intensive mais réputée nettement plus exacte et robuste lors du traitement d’échantillons de taille modeste ou asymétriques.

3.3 Spécification de l’événement cible avec DESCENDING et EVENT

Une particularité fondamentale de la procédure PROC LOGISTIC réside dans son comportement algorithmique d’ordonnancement des modalités de réponse. Historiquement et par défaut, SAS ordonne les niveaux de la variable réponse selon un ordre alphanumérique ou numérique croissant, et choisit systématiquement de modéliser la probabilité du premier niveau de cette liste triée. Dans le cadre d’un codage binaire usuel où Y prend les valeurs 0 et 1, la valeur 0 précède la valeur 1 dans l’ordre croissant. En conséquence, si aucune directive explicite n’est fournie, SAS modélise par défaut la probabilité que Y soit égal à 0 (l’absence de l’événement), ce qui conduit à inverser le signe de tous les coefficients de régression estimés.

Pour contraindre la procédure à modéliser la survenue effective de l’événement d’intérêt (Y = 1), deux stratégies programmatiques rigoureuses sont envisageables. La première consiste à accoler l’option DESCENDING immédiatement après le nom de la procédure dans l’instruction de tête :

PROC LOGISTIC DATA=WORK.COHORTE_OBSERVANCE DESCENDING;
  MODEL OBSERVANCE_B = AGE ANXIETE_SCORE;
RUN;

La seconde approche, encore plus rigoureuse et exempte de toute ambiguïté lors de codages textuels complexes, consiste à verrouiller formellement la modalité cible au sein de l’instruction MODEL au moyen de la syntaxe EVENT= :

PROC LOGISTIC DATA=WORK.COHORTE_OBSERVANCE;
  MODEL OBSERVANCE_B(EVENT=’1′) = AGE ANXIETE_SCORE;
RUN;

Il est impératif pour l’analyste de systématiquement vérifier, au sein du panneau de résultats produit par SAS, la table intitulée Response Profile (Profil de réponse). Cette table indique explicitement quelle modalité a été désignée par le système comme l’« Ordered Value 1 » modélisée en tant qu’événement cible. L’omission de cette vérification élémentaire représente l’une des causes les plus fréquentes d’inversion d’effet clinique dans la littérature médicale internationale.

4. Traitement des prédicteurs catégoriels via l’instruction CLASS

4.1 Spécification des variables catégorielles et niveaux de référence

L’intégration de variables qualitatives — qu’elles soient nominales (comme le statut marital ou l’appartenance à un groupe de traitement) ou ordinales — au sein d’une équation de régression logistique requiert leur décomposition préalable en variables indicatrices numériques (dummy variables). Sous SAS, l’instruction CLASS simplifie cette tâche en automatisant la paramétrisation matricielle des facteurs qualitatifs. Du point de vue de l’ordonnancement logique du script, l’instruction CLASS doit impérativement être positionnée après l’instruction PROC LOGISTIC et impérativement avant l’instruction MODEL :

PROC LOGISTIC DATA=WORK.COHORTE_OBSERVANCE DESCENDING;
  CLASS SEXE(REF=’M’) COMORBIDITE(REF=’0′) / PARAM=REF;
  MODEL OBSERVANCE_B = AGE SEXE COMORBIDITE;
RUN;

L’option syntaxique REF= permet de fixer de manière univoque la catégorie qui servira de modalité de référence (le groupe témoin ou de contrôle). Par défaut, si l’option REF= est omise, SAS attribue le statut de référence à la dernière modalité par ordre alphabétique ou numérique. Le choix de la référence n’est pas purement cosmétique : il gouverne directement le sens et l’interprétation substantielle des rapports de cotes édités dans les sorties. Dans l’exemple ci-dessus, le groupe de référence masculin (‘M’) garantit que l’Odds Ratio associé à la variable SEXE quantifiera directement la probabilité relative de l’observance thérapeutique chez les femmes comparativement aux hommes.

4.2 Types de codage statistique dans SAS

L’argument central régissant le comportement mathématique de l’instruction CLASS est l’option PARAM=. SAS propose plusieurs systèmes de paramétrisation orthogonale ou non orthogonale, parmi lesquels le codage de référence (PARAM=REF), le codage d’effet (PARAM=EFFECT) et le codage issu des modèles linéaires généraux (PARAM=GLM). Le codage de référence constitue la méthode standard privilégiée dans la recherche biomédicale et épidémiologique. Sous cette modalité, chaque coefficient β estimé pour un niveau donné représente la différence de log-cotes entre ce niveau spécifique et le groupe de référence désigné. L’exponentiation directe de ce coefficient (β) produit immédiatement le rapport des cotes clinique (Odds Ratio).

À l’opposé, le codage d’effet (PARAM=EFFECT), historiquement issu de la tradition de l’analyse de variance (ANOVA), contraint la somme des coefficients associés aux différents niveaux d’un facteur à égaler zéro (∑ βj = 0). Sous cette paramétrisation, chaque coefficient mesure l’écart de log-cotes de la modalité par rapport à la moyenne globale non pondérée de l’ensemble des modalités du facteur, et non pas par rapport à une modalité témoin isolée. Ce mode de codage est particulièrement utile dans les designs expérimentaux factoriels équilibrés de psychologie cognitive, mais se révèle peu adapté lorsque l’objectif principal est la communication d’un risque relatif comparé à un placebo.

Le codage PARAM=GLM, quant à lui, adopte une paramétrisation à rang incomplet (singularité matricielle résolue par la mise à zéro conventionnelle du dernier paramètre). Bien qu’il soit computationnellement équivalent au codage de référence lors de l’estimation globale, il influe sur la dénomination des paramètres au sein des tables ODS et nécessite une vigilance accrue lors de la formulation ultérieure de contrastes personnalisés au moyen des instructions ESTIMATE ou CONTRAST.

4.3 Gestion des facteurs à modalités multiples

Lorsqu’un facteur explicatif présente plus de deux modalités — par exemple une variable STADE_MALADIE découpée en quatre niveaux (Léger, Modéré, Sévère, Critique) —, l’instruction CLASS génère automatiquement un système interne de k – 1 variables indicatrices, k représentant le nombre total de catégories observables. La procédure PROC LOGISTIC procède simultanément à deux niveaux d’inférence statistique au sein du tableau intitulé Type 3 Analysis of Effects (Analyse des effets de type 3) :

PROC LOGISTIC DATA=WORK.COHORTE_OBSERVANCE DESCENDING;
  CLASS STADE_MALADIE(REF=’Léger’) / PARAM=REF;
  MODEL OBSERVANCE_B = STADE_MALADIE;
RUN;

Le premier niveau d’évaluation correspond au test global de Wald (ou du rapport de vraisemblance) associé à la ligne STADE_MALADIE dans son ensemble. Ce test omnidirectionnel porte sur k – 1 degrés de liberté et vérifie l’hypothèse nulle conjointe selon laquelle l’ensemble des coefficients associés aux différentes modalités est simultanément égal à zéro (βModéré = βSévère = βCritique = 0). Ce n’est que si ce test omnibus franchit le seuil de significativité nominal (α = 0,05) qu’il est méthodologiquement recevable d’interpréter les tests partiels associés à chacune des modalités spécifiques.

Lorsque des contrastes multiples post-hoc sont menés entre l’ensemble des catégories prises deux à deux, il devient impératif de contrôler l’inflation de l’erreur de type I induite par la multiplicité des tests statistiques. Bien que l’instruction CONTRAST permette d’estimer ces écarts différentiels, SAS permet d’adjoindre des corrections pour comparaisons multiples (telles que les ajustements de Bonferroni, de Scheffé ou de Tukey-Kramer). Par ailleurs, l’apparition de catégories faiblement pourvues (catégories rares ne comportant que quelques unités statistiques) constitue une source majeure d’instabilité asymptotique, imposant soit le regroupement fondé sur la proximité nosologique des modalités, soit le recours à des estimateurs pénalisés.

5. Modélisation des interactions et effets de modération

5.1 Intégration syntaxique des termes d’interaction

L’exploration des phénomènes psychosociaux et biologiques complexes exige fréquemment d’aller au-delà des simples modèles additifs pour éprouver des hypothèses de modération, au sein desquelles l’effet d’une variable explicative sur l’issue dichotomique dépend quantitativement ou qualitativement du niveau d’une seconde variable régulatrice. Dans l’instruction MODEL de la procédure PROC LOGISTIC, l’analyste peut modéliser ces effets croisés au moyen de l’opérateur astérisque (*) pour désigner un produit direct, ou au moyen de la barre verticale (|) pour solliciter une paramétrisation factorielle factorisée incluant automatiquement les effets principaux et l’interaction :

PROC LOGISTIC DATA=WORK.COHORTE_OBSERVANCE DESCENDING;
  CLASS SEXE(REF=’M’) / PARAM=REF;
  MODEL OBSERVANCE_B = AGE SEXE AGE*SEXE;
RUN;

Dans cette formulation, le modèle spécifie que l’impact de l’âge chronologique sur l’observance thérapeutique n’est pas invariant selon le genre biologique du sujet. L’introduction d’un terme interactif modifie fondamentalement l’interprétation sémiotique des coefficients principaux : le coefficient associé à AGE ne quantifie plus l’effet moyen de l’âge pour l’ensemble de la cohorte, mais représente rigoureusement l’effet de l’âge conditionné au groupe de référence de la variable catégorielle (ici, chez les hommes uniquement). De même, le coefficient du terme SEXE ne reflète l’écart entre genres qu’au point théorique où la variable AGE est strictement égale à zéro.

Pour contourner les problèmes d’interprétabilité clinique liés à des valeurs de référence dénuées de sens physique (un âge égal à zéro n’ayant aucune pertinence empirique), il est impératif d’opérer un centrage préalable des variables explicatives continues sur leur moyenne respective (grand mean centering) au sein d’une étape DATA liminaire. Cette manipulation affine la stabilité numérique du modèle et réduit drastiquement la multicolinéarité structurelle non essentielle induite par le calcul du terme de produit matriciel.

5.2 Utilisation de l’instruction SLICE et ESTIMATE

Lorsqu’une interaction s’avère statistiquement significative, le chercheur a l’obligation méthodologique de décomposer cette relation globale en examinant les effets simples (simple effects), c’est-à-dire l’action du prédicteur focal à chaque niveau distinct de la variable modératrice. L’instruction SLICE, adossée au module d’inférence linéaire généralisée, autorise ce découpage analytique avec une économie de code substantielle :

PROC LOGISTIC DATA=WORK.COHORTE_OBSERVANCE DESCENDING;
  CLASS GROUPE_TRAITEMENT(REF=’Controle’) COMORBIDITE(REF=’0′) / PARAM=REF;
  MODEL OBSERVANCE_B = GROUPE_TRAITEMENT COMORBIDITE GROUPE_TRAITEMENT*COMORBIDITE;
  SLICE GROUPE_TRAITEMENT*COMORBIDITE / SLICEBY=COMORBIDITE DIFF=CONTROL(‘Controle’);
RUN;

L’option SLICEBY= isole l’analyse au sein de chaque strate définie par les niveaux de la variable COMORBIDITE, tandis que DIFF=CONTROL(‘Controle’) évalue la supériorité statistique du traitement expérimental par rapport au groupe témoin chez les sujets indemnes de comorbidités d’une part, puis chez les patients polymorbides d’autre part. Cette décomposition protège le statisticien des conclusions erronées découlant de l’amalgame d’effets hétérogènes.

Pour les besoins spécifiques d’estimations personnalisées n’entrant pas dans le cadre standard des découpages automatiques, l’instruction ESTIMATE offre une flexibilité totale. Elle permet de soumettre un vecteur de pondérations scalaires directement corrélé à la matrice de plan d’expérience X. L’instruction CONTRAST remplit une fonction analogue, mais permet en outre de tester simultanément des hypothèses multidimensionnelles impliquant des matrices de contraintes à plusieurs degrés de liberté, garantissant ainsi un contrôle exhaustif des contrastes orthogonaux ou polynomiaux formulés par le devis de recherche.

5.3 Calcul conditionnel des rapports de cotes via ODDSRATIO

La présence d’un terme d’interaction dans une régression logistique implique formellement que le rapport des cotes associé à un facteur n’est plus un paramètre fixe et universel, mais devient une fonction mathématique dépendante de la valeur prise par le modérateur. Historiquement, le calcul des Odds Ratios conditionnels et de leurs erreurs types asymptotiques exigeait des développements matriciels complexes sous des macro-commandes spécialisées. Dans les versions modernes de SAS, l’instruction ODDSRATIO prend en charge nativement ces évaluations conditionnelles complexes :

PROC LOGISTIC DATA=WORK.COHORTE_OBSERVANCE DESCENDING;
  CLASS SEXE(REF=’M’) / PARAM=REF;
  MODEL OBSERVANCE_B = AGE SEXE AGE*SEXE;
  ODDSRATIO AGE / AT(SEXE=’F’ SEXE=’M’);
  ODDSRATIO SEXE / AT(AGE=30 AGE=50 AGE=70);
RUN;

La syntaxe ci-dessus génère de manière automatisée deux séries d’analyses d’une grande valeur heuristique. La première ligne ODDSRATIO évalue l’impact d’une augmentation d’une année d’âge séparément chez les femmes et chez les hommes. La seconde ligne produit l’Odds Ratio comparant les femmes aux hommes à trois points d’ancrage chronologiques représentatifs de l’échantillon d’étude (à 30 ans, 50 ans et 70 ans).

Pour chaque configuration conditionnelle, SAS édite l’estimation ponctuelle de l’Odds Ratio, son erreur type asymptotique, ainsi que l’intervalle de confiance bilatéral à 95% calculé selon la métrique de Wald. Si le système ODS Graphics est actif, cette commande génère en outre une représentation graphique illustrative illustrant l’évolution dynamique de l’Odds Ratio le long du continuum de la variable modératrice continue, matérialisant visuellement le basculement progressif du risque statistique.

6. Évaluation globale de l’ajustement du modèle logistique

6.1 Tests de l’hypothèse nulle globale

La première démarche évaluative consécutive à l’estimation d’un modèle logistique consiste à déterminer si l’ensemble des variables prédictives incorporées apporte une contribution informative statistiquement supérieure à celle d’un modèle minimal dépourvu de prédicteurs, désigné sous le terme de modèle nul ou modèle à l’ordonnée à l’origine seule (Intercept-only model). Sous SAS, cette évaluation fait l’objet d’un tableau spécifique intitulé Testing Global Null Hypothesis: BETA=0, lequel présente systématiquement trois tests statistiques asymptotiquement équivalents :

  • Le test du rapport de vraisemblance (Likelihood Ratio Test, LRT) : Fondé sur la différence de déviance entre le modèle contraint et le modèle complet, il s’exprime par la statistique -2[ln(L0) – ln(Lk)], où L0 désigne la vraisemblance du modèle nul et Lk celle du modèle ajusté. Cette statistique suit asymptotiquement une loi du Chi-deux avec un nombre de degrés de liberté rigoureusement égal au nombre de paramètres β librement estimés (hors ordonnée à l’origine). C’est le test le plus puissant et le plus robuste des trois.
  • Le test du score de Lagrange (Score Test) : Calculé exclusivement à partir de la fonction d’évaluation du gradient de vraisemblance évalué sous l’hypothèse nulle, il ne requiert pas l’ajustement itératif complet du modèle alternatif, ce qui en fait un instrument de diagnostic computé très rapidement, bien que légèrement plus conservateur.
  • Le test de Wald : Dérivé directement de la matrice de covariance estimée des paramètres du modèle saturé, il évalue le ratio quadratique β'[Var(β)]^-1β. Bien que largement usité, il est sujet au paradoxe de Hauck-Donner en présence d’effets disproportionnellement massifs où l’erreur type peut être surestimée, affaiblissant artificiellement la statistique de test.

Le rejet conjoint de l’hypothèse nulle globale par ces trois métriques à un seuil critique α inférieur à 0,05 atteste formellement de la pertinence empirique de la modélisation proposée, condition préalable obligatoire à toute interprétation analytique fine des coefficients partiels.

6.2 Critères d’information pour la comparaison de modèles

Dans une perspective de sélection de modèles et d’arbitrage méthodologique entre pouvoir explicatif et parcimonie mathématique, l’examen isolé de la déviance ou de la significativité globale s’avère insuffisant, car l’adjonction pure et simple de nouveaux régresseurs dans un modèle augmente mécaniquement la log-vraisemblance sans pour autant garantir sa généralisabilité sur de futures cohortes. Les critères d’information pénalisée apportent une solution théorique rigoureuse à cette aporie en pondérant la qualité de l’ajustement empirique par la complexité paramétrique du modèle.

Le critère d’information d’Akaike (Akaike Information Criterion, AIC) repose sur la théorie de l’information et cherche à minimiser la divergence de Kullback-Leibler. Sa formulation standardisée s’énonce comme suit : AIC = -2 ln(L) + 2k, où k représente le nombre total de paramètres estimés dans le modèle. Une valeur d’AIC plus faible indique un compromis optimal entre ajustement statistique et parcimonie. L’AIC est particulièrement performant pour identifier le modèle possédant la meilleure capacité prédictive asymptotique.

Le critère d’information bayésien de Schwarz (Schwarz Criterion ou BIC), quant à lui, introduit une pénalité structurellement plus sévère pour la complexité, dépendante de la taille globale de l’échantillon N : SC / BIC = -2 ln(L) + k ln(N). En pénalisant l’adjonction de variables de façon logarithmiquement proportionnelle à l’effectif total, le critère SC tend à sélectionner des modèles plus compacts et converge vers le « vrai » modèle au sens asymptotique lorsque celui-ci appartient effectivement à l’espace des modèles explorés. La comparaison de deux modèles non emboîtés s’effectue en calculant la différence d’AIC (ΔAIC) ou de BIC (ΔBIC) : un écart de plus de 10 unités en faveur du modèle présentant la valeur la plus basse est généralement considéré comme apportant une preuve empirique décisive.

6.3 Mesures de pseudo-R²

Contrairement aux modèles de régression par les moindres carrés où le coefficient de détermination R² possède une interprétation géométrique claire en tant que proportion de variance de la variable dépendante expliquée par l’ensemble des prédicteurs, il n’existe pas d’équivalent mathématique univoque et unanime dans le cadre de la régression logistique. Afin de satisfaire les habitudes descriptives des analystes, plusieurs métriques de substitution, regroupées sous le vocable de « pseudo-R² », ont été développées et sont restituées par SAS :

PROC LOGISTIC DATA=WORK.COHORTE_OBSERVANCE DESCENDING RSQUARE;
  MODEL OBSERVANCE_B = AGE ANXIETE_SCORE COMORBIDITE;
RUN;

L’activation de l’option RSQUARE intègre dans les résultats de la procédure le coefficient de Cox et Snell (également appelé R² de base), calculé à partir du ratio des fonctions de vraisemblance : R²_CS = 1 – (L0 / Lk)^(2/N). Cependant, cette mesure souffre d’un défaut structurel majeur : pour les modèles s’appliquant à des variables dichotomiques, son plafond théorique maximal n’atteint jamais la valeur de 1,00, même en cas de séparation parfaite des groupes, culminant fréquemment autour de 0,75 ou 0,80 en fonction de la fréquence marginale de l’événement.

Pour remédier à cette limite, SAS édite conjointement le pseudo-R² de Nagelkerke (également désigné sous l’appellation de coefficient de Cragg et Uhler). Ce dernier procède à une normalisation du R² de Cox et Snell en le divisant par sa borne supérieure théorique : R²_Nagelkerke = R²_CS / [1 – (L0)^(2/N)]. Bien que cette statistique permette d’étendre la plage de variation sur l’intervalle canonique [0, 1], la communauté psychométrique et biostatistique déconseille formellement d’assimiler ces grandeurs à des pourcentages stricts de variance expliquée. Les revues scientifiques de premier rang recommandent de reléguer ces indices au rang de mesures descriptives relatives d’ajustement et de fonder l’évaluation pronostique sur les indices de calibration et de discrimination diagnostique.

7. Analyse de la calibration et du pouvoir discriminatoire

7.1 Le test d’adéquation de Hosmer-Lemeshow

La calibration d’un modèle logistique quantifie l’adéquation empirique entre les taux d’événements observés et les probabilités prédites par l’équation de régression sur l’ensemble du spectre de risque. L’instrument d’évaluation de référence sous SAS demeure le test de bonne adéquation de Hosmer-Lemeshow, sollicité via l’option LACKFIT accolée à l’instruction MODEL :

PROC LOGISTIC DATA=WORK.COHORTE_OBSERVANCE DESCENDING;
  MODEL OBSERVANCE_B = AGE ANXIETE_SCORE / LACKFIT;
RUN;

L’algorithme de Hosmer-Lemeshow procède en triant l’ensemble de l’échantillon par ordre croissant des probabilités conditionnelles estimées, puis en segmentant cette distribution ordonnée en groupes d’effectifs approximativement égaux — traditionnellement au nombre de 10, dénommés « déciles de risque ». Au sein de chaque décile g, la procédure compare le volume d’événements réellement constatés avec le volume attendu sous le modèle statistique calculé en sommant les probabilités prédites individuelles. La statistique globale H suit une loi du Chi-deux dont les degrés de liberté sont contraints à g – 2 (soit 8 degrés de liberté dans le découpage standard à dix groupes).

L’interprétation de ce test suit une logique épistémologique inversée par rapport aux tests statistiques conventionnels : l’objectif du modélisateur est ici de ne pas rejeter l’hypothèse nulle. Une p-value supérieure au seuil usuel de 0,05 signifie qu’il n’existe pas de discordance statistiquement décelable entre les observations et les prédictions du modèle, signalant une calibration satisfaisante. Toutefois, les praticiens doivent être conscients des faiblesses méthodologiques de ce test : il manifeste une sensibilité aiguë à la taille d’échantillon — tendant à devenir artificiellement significatif dans les très grandes cohortes pour des écarts cliniquement négligeables — et dépend fortement de la méthode de découpage algorithmique des classes de risque.

7.2 Analyse de la courbe ROC et de l’aire sous la courbe (AUC)

Indépendamment de sa calibration, un modèle de régression logistique doit faire la démonstration de son pouvoir discriminatoire, c’est-à-dire de sa capacité intrinsèque à assigner systématiquement des probabilités prédites plus élevées aux individus qui développent effectivement l’événement cible comparativement à ceux qui ne le développent pas. Cette capacité est modélisée par la courbe ROC (Receiver Operating Characteristic), qui trace graphiquement la fraction des vrais positifs (sensibilité) sur l’axe des ordonnées en fonction de la fraction des faux positifs (1 – spécificité) sur l’axe des abscisses pour l’ensemble infini des seuils de coupure envisageables.

Sous SAS, l’indice d’évaluation universel associé à cette courbe est la statistique c (indice de concordance), laquelle est mathématiquement équivalente à l’aire sous la courbe ROC (Area Under the Curve, notée AUC). La valeur de l’AUC varie de 0,50 — représentative d’un modèle non informatif équivalent au hasard — jusqu’à 1,00, correspondant à une capacité de discrimination absolue sans aucun chevauchement des distributions. Selon les critères établis par Hosmer, Lemeshow et Sturdivant, la discrimination d’un modèle est qualifiée d’acceptable entre 0,70 et 0,80, d’excellente entre 0,80 et 0,90, et d’exceptionnelle au-delà de 0,90 :

PROC LOGISTIC DATA=WORK.COHORTE_OBSERVANCE DESCENDING PLOTS(ONLY)=ROC;
  MODEL OBSERVANCE_B = AGE ANXIETE_SCORE;
  ROC ‘Modèle Clinique Complet’ AGE ANXIETE_SCORE COMORBIDITE;
  ROCCONTRAST ‘Comparaison Modèles’;
RUN;

L’utilisation complémentaire de l’instruction ROC conjuguée à l’instruction ROCCONTRAST permet d’éprouver la significativité statistique de la différence entre les aires sous la courbe de deux modèles concurrents, emboîtés ou indépendants, selon l’algorithme d’estimation asymptotique non paramétrique de DeLong, un atout méthodologique majeur pour la publication académique comparative.

7.3 Matrice de confusion et seuils de classification

Lorsqu’un modèle logistique est déployé à des fins opérationnelles de prise de décision binaire (par exemple décider de prescrire ou non un protocole préventif lourd), il devient indispensable de partitionner l’espace continu des probabilités à l’aide d’un seuil décisionnel (cut-off point), conventionnellement ancré à p = 0,50 mais devant être modulé en fonction des coûts relatifs associés aux erreurs de diagnostic. La procédure PROC LOGISTIC génère une analyse séquentielle complète de ces matrices de confusion par le truchement de l’option CTABLE adossée à l’instruction MODEL :

PROC LOGISTIC DATA=WORK.COHORTE_OBSERVANCE DESCENDING;
  MODEL OBSERVANCE_B = AGE ANXIETE_SCORE / CTABLE PPROB=(0.1 TO 0.9 BY 0.1);
RUN;

L’instruction génère un tableau exhaustif recensant pour chaque incrément de seuil fixé par l’argument PPROB= les grandeurs épidémiologiques cardinales : le nombre de vrais positifs, de faux positifs, de vrais négatifs et de faux négatifs, ainsi que les métriques dérivées :

  • La sensibilité : La proportion d’événements positifs correctement identifiés par le modèle décisionnel.
  • La spécificité : La proportion d’individus indemnes de l’événement correctement assignés au groupe négatif.
  • La valeur prédictive positive (VPP) : La probabilité a posteriori qu’un individu soit réellement atteint de l’affection sachant que sa probabilité prédite dépasse le seuil sélectionné.
  • La valeur prédictive négative (VPN) : La probabilité qu’un sujet soit indemne sachant que sa prédiction est inférieure au seuil critique.

Dans les applications réelles, le statisticien privilégiera l’optimisation de l’indice de Youden (Sensibilité + Spécificité – 1) ou déplacera délibérément le seuil vers le bas (par exemple p = 0,20) si la non-détection d’un cas positif engendre des conséquences cliniques léthales, au détriment assumé de la spécificité globale du dispositif.

8. Interprétation des coefficients et des rapports de cotes (Odds Ratios)

8.1 Interprétation des paramètres estimés (Beta)

La lecture du tableau synthétique émis par SAS sous l’intitulé Analysis of Maximum Likelihood Estimates requiert une rigueur sémantique totale. Les coefficients β (Parameter Estimate) calculés par la procédure ne s’interprètent pas directement comme des variations de probabilités, mais correspondent aux variations marginales de la log-cote (log-odds) de survenue de l’événement d’intérêt induites par une augmentation d’une unité de mesure de la variable explicative correspondante, toutes les autres variables du modèle étant maintenues strictement constantes par ajustement statistique.

L’ordonnée à l’origine (β0, Intercept) représente la valeur numérique de la log-cote attendue lorsque l’ensemble des prédicteurs quantitatifs et des variables indicatrices inclus dans le modèle est strictement égal à zéro. Cette valeur n’a de portée heuristique que si la valeur nulle possède une légitimité théorique pour chaque covariable. Le signe algébrique affecté à un coefficient β renseigne instantanément sur la directionnalité de l’effet statistique : un coefficient positif indique une élévation monotone de la probabilité de survenue de l’événement à mesure que le régresseur croît, tandis qu’un paramètre négatif traduit une diminution de cette même probabilité.

Chaque paramètre est systématiquement flanqué de son erreur type asymptotique (Standard Error), de la statistique de Wald (obtenue par le carré du quotient du coefficient par son erreur type : [β / SE(β)]²) et de la probabilité critique p-value associée sous l’hypothèse nulle β = 0. La conversion mentale d’une log-cote en une probabilité absolue nécessite d’appliquer la transformation logistique sigmoïde inverse évoquée en section 1.2, rappelant que la sensibilité de la probabilité aux variations des prédicteurs varie continuellement selon l’emplacement de l’individu sur la courbe en S.

8.2 Calcul et déchiffrage des Odds Ratios pour variables continues

En raison de l’abstraction inhérente à l’espace des log-cotes, la communication des résultats empiriques privilégie quasi systématiquement le passage à l’exponentielle des coefficients β, laquelle donne naissance aux rapports de cotes (Odds Ratios, OR = exp(β)). Dans les sorties standards de la procédure PROC LOGISTIC, SAS édite automatiquement un tableau désigné sous le titre d’Odds Ratio Estimates, fournissant les estimations ponctuelles et les bornes des intervalles de confiance à 95% calculés par la méthode de Wald ou du profil de vraisemblance.

L’interprétation clinique de ces ratios s’articule autour de la valeur pivot unitaire (OR = 1,00) :

  • OR = 1,00 : Absence absolue d’association statistique. La variation du prédicteur ne modifie en rien la cote d’apparition de l’événement.
  • OR > 1,00 : L’exposition ou l’accroissement de la variable est associé à une surcote de survenue de l’issue. Un OR calculé à 1,35 pour une échelle clinique signifie qu’un accroissement unitaire de ce score augmente la cote de l’événement de 35% comparativement au niveau immédiatement inférieur ([1,35 – 1] × 100).
  • OR < 1,00 : Facteur protecteur ou réducteur de cote. Un OR de 0,65 indique une diminution de 35% de la cote de l’événement cible par incrément unitaire ([1 – 0,65] × 100).

Cependant, pour les variables quantitatives continues mesurées sur des métriques larges (comme l’âge en années, la pression artérielle en millimètres de mercure ou le revenu annuel en milliers d’unités monétaires), l’examen d’une variation strictement unitaire (une seule année, un seul millimètre) induit fréquemment des Odds Ratios infinitésimaux (par exemple OR = 1,01) d’une interprétabilité clinique faible. L’instruction UNITS de la procédure PROC LOGISTIC permet de pallier cette limitation en fixant l’incrément clinique pertinent :

PROC LOGISTIC DATA=WORK.COHORTE_OBSERVANCE DESCENDING;
  MODEL OBSERVANCE_B = AGE ANXIETE_SCORE;
  UNITS AGE=10 ANXIETE_SCORE=5;
RUN;

Cette commande intime à SAS l’ordre de calculer les rapports de cotes correspondant à des sauts physiologiquement significatifs de dix années de vie pour l’âge et de cinq points sur l’échelle psychométrique d’anxiété, la machinerie statistique appliquant alors la formule exponentielle exp(c × β), où c représente l’incrément désigné.

8.3 Traduction empirique pour la recherche en psychologie

La formulation narrative des résultats dans les revues académiques de psychologie, de psychiatrie et d’épidémiologie comportementale requiert le respect scrupuleux de standards de rigueur méthodologique afin d’éviter des sophismes d’interprétation fréquemment observés. L’erreur la plus répandue consiste à assimiler indûment le rapport des cotes (Odds Ratio) à un risque relatif (Relative Risk, RR). Cette équivalence sémantique et mathématique n’est recevable que sous « l’hypothèse de maladie rare » (rare disease assumption), c’est-à-dire lorsque la prévalence globale de l’événement au sein de la population étudiée ne dépasse pas approximativement 10%.

Lorsque l’issue comportementale ou clinique est fréquente (par exemple une prévalence de 40% ou 50%), l’Odds Ratio s’éloigne drastiquement du risque relatif, amplifiant artificiellement la force perçue de l’association statistique : il surestime systématiquement le risque pour les valeurs supérieures à 1,00 et sous-estime l’ampleur du ratio pour les valeurs inférieures à 1,00. Le chercheur doit par conséquent veiller à utiliser rigoureusement le terme de « cote relative » ou d’« odds ratio » et s’abstenir formellement d’employer le mot « risque » s’il n’a pas appliqué une correction algorithmique (telle que l’approximation de Zhang et Yu) ou ajusté un modèle log-binomial direct via la procédure PROC GENMOD.

Enfin, la modélisation logistique observationnelle n’autorise en aucun cas des assertions causales univoques. La mention des coefficients statistiques doit être rédigée selon des tournures linguistiques prudentes soulignant l’ajustement multivarié : « Après contrôle des covariables d’âge et de statut dépressif sous-jacent, chaque élévation de cinq points du score d’anxiété demeure significativement associée à une multiplication par un facteur 1,42 de la cote de non-observance thérapeutique (OR = 1,42, IC 95% [1,15 ; 1,75], Wald χ²(1) = 10,24, p = 0,001) ».

9. Diagnostic des observations atypiques et influentes

9.1 Extraction des résidus et des leviers statistiques

La validité interne d’une régression logistique dépend de la stabilité des données individuelles. La présence de sujets aberrants ou atypiques — c’est-à-dire d’individus présentant des profils de prédicteurs atypiques combinés à des issues imprévues par le modèle — peut altérer substantiellement la valeur des coefficients β estimés. L’instruction OUTPUT de la procédure PROC LOGISTIC permet d’exporter l’ensemble des grandeurs diagnostiques vers une nouvelle table SAS dédiée à l’audit méthodologique approfondi :

PROC LOGISTIC DATA=WORK.COHORTE_OBSERVANCE DESCENDING;
  MODEL OBSERVANCE_B = AGE ANXIETE_SCORE;
  OUTPUT OUT=WORK.DIAGNOSTICS P=PROB_PRED RESCHI=RESIDU_PEARSON RESDEV=RESIDU_DEVIANCE H=LEVIER_H;
RUN;

Trois métriques fondamentales permettent d’auditer la structure résiduelle individuelle :

  • Les résidus de Pearson standardisés (RESCHI) : Ils quantifient l’écart brut entre la réponse empirique observée (0 ou 1) et la probabilité prédite individuellement, mis à l’échelle par la variance binomiale théorique. Des valeurs absolues excédant 2,00 ou 2,50 signalent un défaut d’ajustement potentiel pour le sujet considéré.
  • Les résidus de déviance (RESDEV) : Dérivés de la contribution individuelle à la statistique globale de log-vraisemblance, ils présentent des distributions plus proches de la loi normale standard et permettent d’identifier les observations qui dégradent de manière disproportionnée la déviance globale.
  • Le levier statistique (Hat matrix diagonal, argument H=) : Cette grandeur quantifie la distance géométrique séparant le profil de covariables d’un individu du centre de gravité multidimensionnel de l’échantillon. Un levier élevé indique une observation occupant une position isolée dans l’espace multidimensionnel des prédicteurs, sans pour autant préjuger de sa nocivité sur l’orientation de la pente d’estimation.

9.2 Indices globaux et locaux d’influence

Alors qu’un résidu élevé caractérise une observation mal prédite et qu’un levier élevé isole un sujet atypique dans sa configuration de variables explicatives, l’influence matérialise l’effet conjoint de ces deux dimensions sur le modèle. Une observation est dite influente si son retrait individuel de l’échantillon d’analyse entraîne une mutation substantielle de l’ensemble du vecteur de paramètres β ou des statistiques globales de test. Sous SAS, l’instruction OUTPUT permet de dériver ces indices spécifiques :

PROC LOGISTIC DATA=WORK.COHORTE_OBSERVANCE DESCENDING;
  MODEL OBSERVANCE_B = AGE ANXIETE_SCORE;
  OUTPUT OUT=WORK.INFLUENCE C=COOKS_D CBAR=COOKS_CBAR DFBETAS=_ALL_;
RUN;

La statistique C de Cook (équivalent logistique de la distance de Cook) mesure le déplacement global du vecteur des estimations de coefficients induit par la suppression de la i-ième observation. En règle générale, une valeur de C excédant 1,00 signale un point d’influence critique susceptible de compromettre les conclusions du modèle. L’option CBAR propose une approximation alternative particulièrement stable pour les plans factoriels asymétriques.

Parallèlement à cette évaluation globale, les statistiques standardisées DFBETAS mesurent l’impact spécifique de l’élimination d’une observation donnée sur chaque coefficient de régression β pris isolément. Un DFBETA excédant le seuil conventionnel de 2 / √N en valeur absolue démontre que l’individu audité exerce une traction unilatérale excessive sur l’Odds Ratio associé à ce prédicteur particulier, justifiant une inspection clinique détaillée de son dossier.

9.3 Conduite à tenir face aux cas aberrants

La détection d’observations influentes ou atypiques ne saurait déboucher de manière pavlovienne et systématique sur leur élimination aveugle du jeu de données. Une telle pratique viole les règles de la recherche scientifique et favorise l’obtention de modèles artificiellement optimisés non reproductibles. Le protocole d’investigation doit s’articuler selon une démarche éthique et rigoureuse :

  1. Vérification matérielle de la saisie : La première étape consiste à retourner aux sources brutes des données (dossiers médicaux papiers, formulaires d’enquête numérisés) afin de vérifier l’absence d’erreurs typographiques, d’inversions de codes ou d’anomalies de scannage optique. Toute erreur matérielle avérée doit faire l’objet d’une correction documentée dans le journal d’audit des données.
  2. Analyse de sensibilité : Le statisticien doit exécuter le modèle logistique simultanément sur la cohorte complète et sur la sous-cohorte épurée des cas influents. Si les conclusions substantielles et la significativité clinique des paramètres demeurent invariantes, l’ensemble des observations doit impérativement être maintenu dans l’analyse finale, garantissant la représentativité écologique du modèle.
  3. Traitement des observations légitimes extrêmes : Si l’observation influente correspond à un cas clinique parfaitement documenté mais hautement inhabituel, son exclusion n’est tolérable qu’à la condition expresse de requalifier formellement la population cible de l’étude (en redéfinissant les critères d’éligibilité) et de publier de manière transparente dans le corps de l’article l’impact comparatif de cette décision méthodologique.

10. Sélection de variables et raffinement du modèle

10.1 Algorithmes de sélection séquentielle dans SAS

Dans les contextes d’exploration empirique où le statisticien dispose d’un vaste réservoir potentiel de prédicteurs sans assise théorique a priori dominante, la procédure PROC LOGISTIC propose des algorithmes de sélection séquentielle automatisée via l’argument SELECTION= intégré à l’instruction MODEL :

PROC LOGISTIC DATA=WORK.COHORTE_OBSERVANCE DESCENDING;
  MODEL OBSERVANCE_B = AGE ANXIETE_SCORE SEXE COMORBIDITE REVENU EDUCATION
    / SELECTION=STEPWISE SLENTRY=0.05 SLSTAY=0.10 DETAILS;
RUN;

Trois architectures algorithmiques principales sont disponibles :

  • La sélection ascendante (SELECTION=FORWARD) : L’algorithme débute avec le modèle nul et teste à chaque étape l’incorporation de la variable explicative qui maximise la statistique du score de Lagrange. Le processus s’interrompt lorsqu’aucun prédicteur disponible n’atteint le seuil critique d’entrée spécifié par l’option SLENTRY= (Significance Level for Entry).
  • L’élimination rétrograde (SELECTION=BACKWARD) : La procédure initialise l’analyse avec le modèle complet saturé de l’ensemble des régresseurs, puis élimine pas-à-pas la variable dont le retrait détériore le moins la log-vraisemblance, sous réserve que sa p-value de Wald soit supérieure au seuil d’exclusion défini par SLSTAY= (Significance Level for Staying).
  • La méthode pas-à-pas (SELECTION=STEPWISE) : Combinaison itérative des deux approches précédentes, elle permet d’inclure séquentiellement des variables franchissant le seuil SLENTRY tout en réévaluant à chaque itération la persistance de la pertinence des prédicteurs précédemment retenus, éliminant ceux qui tombent sous le coup du seuil SLSTAY.

10.2 Limites méthodologiques et biais des approches automatiques

Bien que ces algorithmes automatisés soient largement sollicités par facilité applicative, la littérature méthodologique internationale et les spécialistes de la modélisation statistique avancée (notamment Frank Harrell) déconseillent formellement leur utilisation comme méthode primaire d’inférence. Les procédures de sélection séquentielle souffrent en effet de plusieurs biais statistiques sévères documentés de longue date :

En premier lieu, le processus algorithmique procède à des dizaines de tests statistiques itératifs sans ajustement du risque d’erreur de première espèce, entraînant une inflation exponentielle du taux d’erreur de type I globale : les p-values finales éditées par SAS sont radicalement trop optimistes et ne possèdent aucune valeur probabiliste rigoureuse. En second lieu, les coefficients β des prédicteurs arbitrairement conservés dans le modèle final sont systématiquement biaisés vers le haut (le biais du vainqueur ou « selection bias »), amplifiant artificiellement la force réelle des associations.

En troisième lieu, ces procédures manifestent une instabilité chronique : la moindre perturbation stochastique ou le retrait d’une infime fraction d’individus dans l’échantillon d’apprentissage débouche fréquemment sur des sous-ensembles de prédicteurs entièrement discordants. Dans le champ des sciences comportementales et biomédicales, la sélection de variables doit être impérativement guidée par la théorie clinique substantielle, l’examen préalable de graphes causaux orientés acycliques (DAGs) et la littérature empirique validée, reléguant les méthodes automatiques au stade de la prospection exploratoire d’hypothèses.

10.3 Stratégies d’analyse de robustesse et validation croisée

Pour garantir la reproductibilité et la pérennité externe d’un modèle logistique, le statisticien moderne recourt à des protocoles méthodologiques d’évaluation de la robustesse. La technique la plus intuitive consiste à procéder à une partition aléatoire initiale du jeu de données en deux segments étanches : une base d’apprentissage (training set, représentant par exemple 70% de la cohorte initiale) dédiée à l’estimation mathématique des coefficients, et une base de test (validation set, 30% des sujets) sur laquelle les coefficients fixés sont appliqués pour mesurer leur résilience prédictive réelle :

DATA WORK.ECHANTILLON_PARTITION;
  SET WORK.COHORTE_OBSERVANCE;
  IF RANUNI(12345) < 0.70 THEN ROLE=’TRAIN’;
  ELSE ROLE=’TEST’;
RUN;

Une démarche plus robuste et économe en matière d’effectif consiste à implémenter une validation croisée à k blocs (k-fold cross-validation), couramment calibrée à k = 5 ou k = 10, voire un bootstrap interne par rééchantillonnage avec remise répété 1 000 fois. Ces algorithmes sophistiqués permettent d’estimer directement le coefficient d’optimisme statistique (shrinkage) de l’indice de concordance c et d’ajuster les bornes de confiance des prédictions pour prévenir le surajustement structurel avant tout déploiement clinique en routine de soins.

11. Exportation, mise en forme et visualisation avancée

11.1 Génération de représentations graphiques avec ODS Graphics

La puissance de communication des résultats statistiques repose sur la clarté de leur mise en image graphique. L’activation de l’environnement graphique ODS Graphics permet d’extraire de la procédure PROC LOGISTIC des visualisations d’une grande précision vectorielle. L’option PLOTS=EFFECT constitue l’instruction maîtresse pour illustrer l’évolution des probabilités marginales prédites et de leurs intervalles de confiance selon les valeurs des prédicteurs d’intérêt :

ODS GRAPHICS ON / RESET IMAGENAME=’Courbe_Probabilites’ IMAGEFMT=PNG WIDTH=6IN HEIGHT=4.5IN;
PROC LOGISTIC DATA=WORK.COHORTE_OBSERVANCE DESCENDING PLOTS(ONLY)=EFFECT(CLBAND SHOWOBS);
  CLASS COMORBIDITE / PARAM=REF;
  MODEL OBSERVANCE_B = ANXIETE_SCORE COMORBIDITE;
RUN;
ODS GRAPHICS OFF;

L’argument CLBAND ordonne le tracé systématique des bandes de confiance asymptotiques à 95% encadrant la courbe sigmoïde prédite, tandis que l’argument SHOWOBS projette sous la forme d’un tapis de points discrets (rug plot) la position réelle des observations empiriques au bas et au sommet du cadre graphique. Les directives préliminaires d’ODS GRAPHICS garantissent l’exportation directe du document visuel sous un format d’image matricielle ou vectorielle compressée haute définition (PNG, TIFF ou PDF) conforme aux exigences de résolution (300 DPI ou 600 DPI) imposées par les éditeurs scientifiques internationaux.

11.2 Extraction programmée des tables de sortie via ODS OUTPUT

L’automatisation des pipelines d’analyse et l’assemblage de tableaux de synthèse standardisés nécessitent de récupérer les métriques numériques générées par la procédure au sein de tables SAS directement manipulables, sans passer par des opérations fastidieuses de copier-coller manuelles sources d’erreurs. Le système ODS OUTPUT (Output Delivery System Output) intercepte les tables d’affichage internes de la procédure et les convertit en fichiers de données relationnels :

ODS TRACE ON;
PROC LOGISTIC DATA=WORK.COHORTE_OBSERVANCE DESCENDING;
  MODEL OBSERVANCE_B = AGE ANXIETE_SCORE;
RUN;
ODS TRACE OFF;

L’instruction ODS TRACE ON consigne dans le journal SAS le nom d’identification système précis de chaque composant de sortie produit (par exemple ParameterEstimates pour les estimations de coefficients ou OddsRatios pour les rapports de cotes). Dès lors, le statisticien peut verrouiller l’extraction programmée en instanciant l’instruction ODS OUTPUT :

ODS OUTPUT ParameterEstimates=WORK.TAB_PARAMETRES
           OddsRatios=WORK.TAB_ODDSRATIO;
PROC LOGISTIC DATA=WORK.COHORTE_OBSERVANCE DESCENDING;
  MODEL OBSERVANCE_B = AGE ANXIETE_SCORE;
RUN;

Ces tables SAS créées dans la bibliothèque de travail WORK peuvent ensuite être fusionnées, triées et enrichies au moyen d’étapes DATA de post-traitement pour générer des indicateurs personnalisés.

11.3 Mise en page des résultats selon les normes de publication (APA)

La restitution définitive des résultats de régression logistique au sein des mémoires universitaires ou des publications soumises aux revues affiliées à l’American Psychological Association (APA, 7e édition) obéit à des normes typographiques et structurelles rigoureuses. Un tableau conforme aux exigences académiques ne comporte aucune ligne verticale et ne mobilise que trois lignes horizontales principales (délimitant l’en-tête supérieur, la base de l’en-tête et le pied du tableau).

Le tableau doit consigner les colonnes suivantes : la désignation explicite des variables et de leurs modalités de référence, le coefficient de régression non standardisé (β), l’erreur type asymptotique (SE), la valeur du test de Wald (χ² de Wald), le degré de liberté associé, la probabilité critique exacte (p-value, les valeurs inférieures à 0,001 étant rigoureusement codées p < .001 sans zéro initial), le rapport des cotes estimé (OR) et enfin l’intervalle de confiance à 95% de l’Odds Ratio (noté IC 95% [Borne Inférieure, Borne Supérieure]).

L’utilisation combinée des procédures PROC TEMPLATE et PROC REPORT couplée à la destination d’exportation ODS RTF ou ODS PDF permet de concevoir des scripts automatisant la production de ces livrables prêts pour l’impression, garantissant une conformité absolue avec les standards éditoriaux internationaux et assurant une traçabilité totale entre le code source et le document manuscrit final.

12. Étude de cas empirique pas-à-pas et résolution de problèmes

12.1 Déploiement complet d’un cas pratique pas-à-pas

Afin de concrétiser l’ensemble des concepts théoriques et syntaxiques abordés dans ce traité, nous déployons une étude de cas empirique intégrale consacrée à l’analyse des déterminants de l’admission d’étudiants en programmes doctoraux sélectifs. Le jeu de données comprend 400 observations documentant l’issue binaire d’admission (ADMIT : 1 = Admis, 0 = Non admis), le score au test d’évaluation des études supérieures (GRE, variable quantitative continue), la moyenne académique pondérée (GPA, variable continue) et le rang de prestige institutionnel de l’université d’origine (RANK : de 1 pour les universités d’élite à 4 pour les institutions à faible visibilité) :

PROC LOGISTIC DATA=WORK.DONNEES_ADMISSION DESCENDING PLOTS(ONLY)=(ROC EFFECT);
  CLASS RANK(REF=’4′) / PARAM=REF;
  MODEL ADMIT = GRE GPA RANK / CLPARM=PL LACKFIT RSQUARE;
  UNITS GRE=100 GPA=0.5;
  ODDSRATIO RANK;
RUN;

L’examen critique séquentiel du journal d’exécution (Log) et du rapport de sortie SAS permet de dresser les constats statistiques suivants :

  • Vérification du profil de réponse : Le tableau Response Profile confirme que la valeur ‘1’ est positionnée en Ordered Value 1, validant la modélisation de la probabilité d’admission.
  • Convergence de l’algorithme : L’avis « Convergence criterion (GCONV=1E-8) satisfied » atteste de la parfaite régularité mathématique de la surface de log-vraisemblance sans signe d’instabilité numérique.
  • Hypothèse nulle globale : Les tests omnibus (Likelihood Ratio χ² = 41,46, p < 0,0001) confirment le rejet de l’hypothèse nulle d’inutilité prédictive conjointe des régresseurs.
  • Calibration et discrimination : Le test de Hosmer-Lemeshow affiche une p-value de 0,68 (χ² = 5,72 avec 8 degrés de liberté), attestant d’une excellente calibration. L’indice de concordance AUC culmine à 0,693, témoignant d’un pouvoir de discrimination acceptable.
  • Interprétation substantielle des effets : L’analyse montre que le GPA est un prédicteur robuste de l’admission : un incrément d’un demi-point de GPA (0,5 unité) multiplie la cote d’admission par 1,68 (exp(0,5 × 1,0511) = 1,69, IC 95% [1,24 ; 2,32], p = 0,001). Par ailleurs, être issu d’une institution de rang 1 plutôt que d’une université de rang 4 confère un avantage décisif, multipliant la cote d’admission par un facteur de 3,89 (OR = 3,89, IC 95% [1,98 ; 7,65], p < 0,0001).

12.2 Identification et traitement de la séparation complète ou quasi-complète

L’un des écueils algorithmiques les plus destructeurs lors de l’estimation d’une régression logistique réside dans la survenue du phénomène de séparation complète ou quasi-complète des données (quasi-complete separation). Cette situation pathologique survient lorsqu’un prédicteur continu ou une cellule d’un tableau croisé partitionne parfaitement la variable dépendante binaire (par exemple, si tous les individus présentant un score d’anxiété supérieur à 30 développaient systématiquement l’événement, sans aucune exception empirique).

Sur le plan mathématique, la fonction de log-vraisemblance tend alors de manière asymptotique vers une limite finie tandis que le coefficient β associé tend vers l’infini (±∞). Le processus d’estimation de Newton-Raphson s’emballe, incapable de trouver un point stationnaire de gradient nul. SAS émet alors un message d’alerte critique explicite dans son journal : « WARNING: The maximum likelihood estimate may not exist. The LOGISTIC procedure continues in using the last calculated values, but the validity of the model fit is questionable. » Dans les sorties statistiques, ce phénomène se traduit immédiatement par des coefficients β absurdement élevés (par exemple 25,4 ou -18,9) flanqués d’erreurs types démesurées (SE excédant fréquemment 1 000 ou 5 000) et de p-values de Wald égales à 0,999 ou 1,000.

Pour résoudre cette défaillance sans devoir exclure arbitrairement le régresseur incriminé, la solution biostatistique contemporaine de référence consiste à recourir à l’approche de vraisemblance pénalisée développée par David Firth (1993). Cette méthode introduit une pénalité bayésienne basée sur l’information de Fisher au sein même de la fonction de score, garantissant mathématiquement l’existence et l’unicité d’estimations finies et exemptes de biais pour les coefficients. Sous SAS, cette régularisation s’exécute nativement au moyen de l’option FIRTH :

PROC LOGISTIC DATA=WORK.COHORTE_OBSERVANCE DESCENDING;
  MODEL OBSERVANCE_B = AGE ANXIETE_SCORE COMORBIDITE_RARE / FIRTH CLPARM=PL;
RUN;

L’adjonction de l’argument FIRTH stabilise instantanément les erreurs types, rétablit la validité des intervalles de confiance calculés par profil de vraisemblance pénalisée (CLPARM=PL) et permet l’analyse non biaisée d’événements rares ou de petits échantillons sans perte d’information statistique.

12.3 Synthèse des bonnes pratiques pour une recherche reproductible

L’exigence éthique de reproductibilité computationnelle impose d’adopter des règles de codage méthodiques tout au long de la chaîne analytique SAS. Un script de recherche destiné à l’archivage pérenne ou à l’audit par les pairs doit obéir à une architecture modulaire standardisée :

  • En-tête de traçabilité : Chaque programme SAS doit s’ouvrir par un cartouche descriptif renseignant l’intitulé du protocole, les identifiants de version du code, la version exacte du système SAS déployé, l’auteur principal de l’analyse et la date de dernière compilation réussie.
  • Élimination systématique des dépendances instables : Il convient de proscrire l’utilisation de chemins d’accès codés en dur au sein du script, en privilégiant l’allocation dynamique de bibliothèques au moyen de la commande %LET et de l’instruction LIBNAME.
  • Conservation intégrale des journaux SAS : Lors de l’analyse définitive menant aux publications scientifiques, l’analyste doit archiver conjointement le fichier de script (.sas) et le journal d’exécution (.log) complet. L’inspection systématique du fichier .log permet de prouver l’absence d’erreurs d’exécution, d’alertes de colinéarité ignorées, d’avertissements de non-convergence ou d’exclusions massives non anticipées d’observations dues à des valeurs manquantes.
  • Fixation déterministe des graines stochastiques : Chaque fois qu’une procédure analytique recourt au hasard — qu’il s’agisse d’un partitionnement aléatoire de cohorte ou d’un rééchantillonnage par bootstrap —, l’assignation explicite d’une graine déterministe non nulle (par exemple SEED=98765) s’impose pour garantir la reproductibilité numérique exacte des estimations obtenues par d’autres équipes de recherche.

Références

  • Agresti, A. (2013). Categorical data analysis (3rd ed.). John Wiley & Sons. https://doi.org/10.1002/0471249688
  • Allison, P. D. (2012). Logistic regression using SAS: Theory and application (2nd ed.). SAS Institute.
  • Akaike, H. (1974). A new look at the statistical model identification. IEEE Transactions on Automatic Control, 19(6), 716-723. https://doi.org/10.1109/TAC.1974.1100705
  • DeLong, E. R., DeLong, D. M., & Clarke-Pearson, D. L. (1988). Comparing the areas under two or more correlated receiver operating characteristic curves: A nonparametric approach. Biometrics, 44(3), 837-845. https://doi.org/10.2307/2531595
  • Firth, D. (1993). Bias reduction of maximum likelihood estimates. Biometrika, 80(1), 27-38. https://doi.org/10.1093/biomet/80.1.27
  • Harrell, F. E. (2015). Regression modeling strategies: With applications to linear models, logistic and ordinal regression, and survival analysis (2nd ed.). Springer. https://doi.org/10.1007/978-3-319-19425-7
  • Hosmer, D. W., Lemeshow, S., & Sturdivant, R. X. (2013). Applied logistic regression (3rd ed.). John Wiley & Sons. https://doi.org/10.1002/9781118548387
  • Nagelkerke, N. J. (1991). A note on a general definition of the coefficient of determination. Biometrika, 78(3), 691-692. https://doi.org/10.1093/biomet/78.3.691
  • Nelder, J. A., & Wedderburn, R. W. (1972). Generalized linear models. Journal of the Royal Statistical Society: Series A (General), 135(3), 370-384. https://doi.org/10.2307/2344614
  • SAS Institute Inc. (2023). SAS/STAT 15.3 user’s guide: The LOGISTIC procedure. SAS Institute Inc.
  • Schwarz, G. (1978). Estimating the dimension of a model. The Annals of Statistics, 6(2), 461-464. https://doi.org/10.1214/aos/1176344136
  • Youden, W. J. (1950). Index for rating diagnostic tests. Cancer, 3(1), 32-35. <a href="https://doi.org/10.1002/1097-0142(1950)3:13.0.co;2-3″>https://doi.org/10.1002/1097-0142(1950)3:1<32::aid-cncr2820030106>3.0.co;2-3
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Looti, M. (2026, septembre 23). Comment effectuer une régression logistique dans SAS. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/statistics/comment-effectuer-regression-logistique-sas/
Looti, Mohammed. “Comment effectuer une régression logistique dans SAS.” Base de données de psychologie en français, 23 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/statistics/comment-effectuer-regression-logistique-sas/.
Looti, Mohammed. “Comment effectuer une régression logistique dans SAS.” Base de données de psychologie en français. septembre 23, 2026. https://fr.arabpsychology.com/statistics/comment-effectuer-regression-logistique-sas/.