1. Résumé
L’Inventaire d’adaptation familiale (en anglais, Family Coping Inventory ou FCI) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu à l’origine par Hamilton I. McCubbin, Pauline G. Boss, Lance R. Wilson et Barbara B. Dahl (1981, 1987, 1996) au sein du département d’études familiales de l’Université du Wisconsin à Madison. Cet outil a été élaboré pour opérationnaliser et évaluer systématiquement les comportements, réponses et stratégies individuelles d’adaptation (coping) mobilisés par les conjoints et les membres de la famille confrontés à des situations de crise, de stress aigu ou de transitions prolongées, telles que les séparations conjugales temporaires ou permanentes, les déploiements militaires, les maladies chroniques et les réorganisations systémiques.
Composé de 70 items, le FCI mesure une vaste gamme de conduites comportementales, émotionnelles, cognitives et sociales. Les répondants évaluent l’utilité perçue de chaque comportement face aux tensions actuelles sur une échelle ordinale de type Likert en 4 points allant de 0 (« Not helpful » / Non utile) à 3 (« Very helpful » / Très utile). L’instrument s’articule autour de plusieurs dimensions empiriquement dérivées par analyse factorielle exploratoire et confirmatoire, incluant notamment le maintien de la stabilité et de l’intégrité familiales, le développement de l’indépendance et de l’estime de soi, la recherche et l’utilisation du soutien social et communautaire, l’orientation spirituelle et la gestion émotionnelle ou palliative des tensions.
Sur le plan psychométrique, le FCI démontre une excellente cohérence interne, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,71 et 0,88 pour les sous-échelles individuelles et dépassant 0,85 pour l’échelle globale dans diverses cohortes de validation. La validité conceptuelle et prédictive de l’instrument a été solidement établie au fil de décennies de recherche en psychologie de la famille et en thérapie systémique, montrant que les profils de coping capturés par le FCI prédisent significativement l’adaptation globale du système familial, la réduction de la détresse psychologique parentale et la préservation du bien-être des enfants.
2. Mots-clés
Inventaire d’adaptation familiale, FCI, coping familial, stress familial, modèle Double ABC-X, résilience familiale, séparation conjugale, psychométrie, évaluation systémique, soutien social, McCubbin, Pauline Boss.
3. Auteurs
L’inventaire a été formalisé et validé par une équipe de chercheurs pionniers dans l’étude du stress et de la résilience systémique :
- Hamilton I. McCubbin, Ph.D. : Professeur émérite en sciences de la famille au School of Human Ecology de l’Université du Wisconsin à Madison. Théoricien majeur de la résilience familiale et co-concepteur du modèle Double ABC-X et du modèle FaRE (Family Adaptation and Resilience). Contact institutionnel : University of Wisconsin-Madison System.
- Pauline G. Boss, Ph.D. : Professeure émérite au Department of Family Social Science de l’Université du Minnesota. Figure de renommée internationale pour ses travaux sur la théorie de la perte ambiguë (Ambiguous Loss) et l’ambiguïté des frontières familiales (Boundary Ambiguity).
- Lance R. Wilson, M.S. : Chercheur associé en développement humain et études familiales, ayant contribué aux premiers protocoles d’investigation longitudinale sur les familles de militaires de la marine américaine (US Navy).
- Barbara B. Dahl, Ph.D. : Chercheuse clinicienne, spécialisée dans l’évaluation psychologique des familles confrontées aux traumatismes de guerre, aux disparitions au combat (POW/MIA) et aux absences parentales prolongées.
4. Objectif
L’objectif fondamental du Family Coping Inventory (FCI) est d’identifier, de quantifier et de cartographier la constellation spécifique des mécanismes d’adaptation comportementaux et psychologiques auxquels les individus recourent pour préserver l’équilibre familial en situation de stress ou de séparation. Conçu à une époque où la psychologie clinique appréhendait souvent le coping sous un prisme strictement intrapersonnel (axé principalement sur l’individu isolé face à un stresseur ponctuel, selon la perspective initiale de Lazarus et Folkman), le FCI a été spécifiquement calibré pour saisir l’interface dynamique entre l’individu et le micro-système familial.
Applications en recherche
Dans les contextes de recherche fondamentale et épidémiologique, le FCI permet d’examiner comment différentes configurations de stratégies de coping modèrent l’impact d’événements de vie critiques (déploiements militaires, ruptures conjugales, handicaps pédiatriques, maladies chroniques telles que la mucoviscidose ou le cancer infantile). L’outil s’est avéré particulièrement utile pour comparer les modes d’adaptation mobilisés lors de séparations à court terme (missions professionnelles, séjours hospitaliers) versus des séparations à long terme (déploiements de guerre, divorces contentieux, incarcérations). Les chercheurs emploient le FCI pour tester des hypothèses dérivées des théories du stress systémique, analysant par exemple si l’adoption prédominante de stratégies d’autonomie personnelle favorise ou entrave la réintégration ultérieure du partenaire absent au sein du système conjugal.
Applications cliniques et d’intervention
En clinique de couple, thérapie familiale et travail social médico-social, le FCI constitue une grille d’évaluation diagnostique et formative précieuse. Il permet au praticien d’identifier rapidement :
- Les ressources d’adaptation actives et constructives déjà opérationnelles chez l’adulte (ex. engagement communautaire, développement personnel, maintien des rituels familiaux) ;
- Les zones de vulnérabilité ou de déficit adaptatif (isolement social, rigidité comportementale, dépendance passive) ;
- Les conduites d’échappement potentiellement dysfonctionnelles (consommation de substances psychoactives, déni, rumination dépressive).
En objectivant les stratégies considérées comme « très utiles » par rapport à celles jugées « non utiles » par le parent, le clinicien peut cibler des interventions psycho-éducatives visant à diversifier le répertoire de coping, à consolider l’autonomie instrumentale et à restaurer un sentiment de compétence et d’auto-efficacité parentale.
5. Construit psychologique
Le concept central mesuré par le FCI est le coping familial, défini dans ce contexte comme l’ensemble des réponses cognitives, comportementales et interpersonnelles actives ou palliatives déployées par les individus pour atténuer les exigences perçues d’un stresseur familial, maintenir l’équilibre interne du groupe domestique et maximiser l’accès aux ressources externes. Contrairement aux approches dispositionnelles qui traitent le coping comme un trait de personnalité rigide, le FCI conceptualise le coping comme un processus transactionnel modulé par la nature du stresseur et les exigences du rôle familial.
L’analyse approfondie des 70 items composant l’instrument met en lumière six dimensions conceptuelles fondamentales :
1. Maintien de la stabilité et de l’intégrité familiales (Family Stability and Cohesion)
Cette dimension regroupe les comportements orientés vers la préservation de la cohésion interne du foyer, la continuité des routines et la protection des enfants face à la désorganisation. Elle englobe des items tels que « Trying to maintain family stability » (item 12), « Doing things with the family » (item 6) ou « Investing myself in my children » (item 13). Ce construit reflète la capacité de l’individu à agir comme un ancrage émotionnel et organisationnel pour les personnes dépendantes, maintenant un climat de prévisibilité malgré la crise.
2. Développement de l’autonomie et de l’estime de soi (Independence and Personal Development)
Face à l’absence temporaire ou définitive d’un conjoint ou à l’épreuve d’un stresseur majeur, l’individu doit souvent assumer seul de nouvelles responsabilités décisionnelles, financières et pratiques. Cette dimension évalue la propension à développer ses compétences propres et à consolider son identité individuelle hors du couple : « Becoming more independent » (item 14), « Learning new skills » (item 3), « Developing myself as a person » (item 4) et « Advancing my professional career » (item 64). Ce construit incarne la composante d’agentivité et d’émancipation adaptative.
3. Mobilisation du soutien social et des réseaux informels (Social Support and Community Involvement)
Ce pôle mesure l’ouverture envers l’extérieur et la sollicitation active de l’entourage élargi, des pairs partageant des difficultés similaires et des structures communautaires. Il s’illustre par des items tels que « Talking with other individuals in my same situation people » (item 1), « Doing things with relatives » (item 27) et « Being active in the local community » (item 26). L’évaluation capture la capacité du sujet à prévenir l’anomie et l’isolement en tissant un maillage relationnel porteur.
4. Recours aux ressources institutionnelles, économiques et professionnelles (Institutional and Economic Utilization)
Cette facette reflète un coping instrumental structuré, axé sur l’utilisation proactive des aides formelles offertes par la société, les organisations d’employeurs ou les institutions d’aide sociale : « Taking advantage of local programs and services aimed at helping those in my situation » (item 17), « Taking advantage of professional counseling » (item 21) et « Making sure I take advantage of all the state and local economic benefits I have coming to me » (item 35).
5. Spiritualité, restructuration cognitive et sens philosophique (Spiritual and Cognitive Reframing)
L’adaptation passe également par des processus de mise en sens et d’appuis transcendants ou existentiels. Les items illustratifs incluent « Involvement in religious activities » (item 7), « Believing in God » (item 43), « Always trusting my faith to pull me through » (item 40) et « Telling myself that I have many things I should be thankful for » (item 61). Ce construit met en lumière l’évaluation cognitive positive et la capacité à transcender l’adversité.
6. Réduction des tensions, évitement et expression émotionnelle (Tension Reduction and Emotional Release)
Cette dimension rassemble des comportements palliatifs, distractifs ou émotionnels visant à évacuer le trop-plein d’angoisse ou à s’aménager des plages de répit : « Allowing myself to become angry » (item 9), « Crying » (item 29), « Sleeping » (item 55), mais également des conduites à risque potentielles nécessitant une attention clinique telles que « Drinking alcohol » (item 24) ou « Using drugs » (item 34).
6. Cadre théorique
Le Family Coping Inventory s’enracine directement dans l’évolution historique des modèles de stress et d’écologie familiale, principalement articulé autour de deux corpus théoriques majeurs : le Modèle Double ABC-X de McCubbin et Patterson et la théorie de la Perte Ambiguë et de l’Ambiguïté des Frontières de Pauline Boss.
Le modèle Double ABC-X de McCubbin et Patterson
Le cadre conceptuel matriciel est le modèle Double ABC-X développé par Hamilton I. McCubbin et Joan M. Patterson (1983), qui constitue une extension longitudinale du modèle classique ABC-X formulé initialement par Reuben Hill en 1949. Dans le modèle d’origine de Hill, la crise familiale (facteur X) découle de l’interaction entre l’événement stresseur (facteur A), les ressources existantes de la famille (facteur B) et la définition ou signification cognitive attribuée à l’événement par la famille (facteur C).
McCubbin et Patterson ont démontré que les crises familiales ne sont pas des événements statiques, mais des processus dynamiques caractérisés par une accumulation de tensions post-crise (pile-up of stressors, facteur aA), la génération de nouvelles ressources intrafamiliales et communautaires (facteur bB), la redéfinition globale de la situation familiale (facteur cC), et enfin, les efforts spécifiques de coping familial (BC) aboutissant soit à une adaptation réussie (bonadaptation), soit à une désorganisation prolongée (maladaptation). Le FCI a été précisément opérationnalisé pour mesurer la composante adaptative active (facteur bB et stratégies de coping) dans ce modèle post-crise, permettant d’observer comment les comportements concrets régulent l’accumulation des stresseurs secondaires.
La théorie de la perte ambiguë et de l’ambiguïté des frontières de Pauline Boss
Parallèlement, les travaux de Pauline Boss sur l’ambiguïté des frontières (Boundary Ambiguity) ont profondément nourri la construction du FCI, en particulier dans les contextes de séparation militaire et conjugale. L’ambiguïté des frontières survient lorsqu’il existe une discordance entre la présence physique et la présence psychologique d’un membre de la famille. Dans le cas d’un conjoint déployé, disparu en mission ou séparé, celui-ci est physiquement absent mais psychologiquement omniprésent dans les représentations du parent restant. Si la famille ne parvient pas à redéfinir clairement qui fait partie du système et qui assume quelles tâches exécutives, le stress devient chronique et paralysant.
Le FCI capte directement cette dynamique via des items ciblant la restructuration du système en l’absence du partenaire (« Establishing a routine which is not dependent upon my spouse being around », item 37 ; « Believing that I am better at running the family and/or finances without my spouse », item 38 ; « Trying to be a father and a mother to the children », item 8). L’adaptation mesurée par le FCI illustre donc le passage graduel d’une paralysie systémique à une réorganisation fonctionnelle des rôles et des frontières du foyer.
7. Validité
La validité psychométrique du FCI a fait l’objet de multiples vérifications empiriques auprès d’échantillons diversifiés, incluant des épouses de militaires en mission prolongée, des parents d’enfants hospitalisés pour des pathologies pédiatriques chroniques et des familles monoparentales en phase de transition post-divorce.
Validité de contenu et validité d’apparence
La validité de contenu a été initialement assurée par un processus qualitatif rigoureux mené auprès de conjointes de militaires et de familles confrontées à la séparation prolongée durant les conflits armés des années 1970. Les items ont été extraits d’entretiens cliniques approfondis, de récits de vie et de revues de littérature exhaustives sur les conduites d’adaptation. Un panel d’experts en sociologie de la famille et en psychologie clinique a ensuite éliminé les formulations redondantes ou équivoques, ne conservant que les 70 conduites les plus représentatives de la diversité des répertoires adaptatifs quotidiens.
Validité convergente et discriminante
La validité convergente a été démontrée par des corrélations statistiquement significatives entre les sous-échelles du FCI et plusieurs instruments de référence évaluant la santé mentale et le climat familial. Notamment :
- Les scores élevés sur les dimensions « Maintien de la stabilité familiale » et « Développement personnel » corrèlent positivement et significativement avec l’échelle de cohésion et d’organisation du Family Environment Scale (FES) de Moos et Moos (coefficients r variant entre 0,38 et 0,54, p < 0,001).
- Les sous-échelles de soutien social et spirituel corrèlent négativement avec les scores d’anxiété-trait (STAI) et les indices de dépression du Beck Depression Inventory (BDI) (coefficients r allant de -0,31 à -0,46, p < 0,01).
- À l’inverse, l’adhésion élevée à des conduites d’échappement émotionnel non constructif (ex. items 24, 34, 62) montre des corrélations positives robustes avec les échelles de détresse psychologique générale et de conflit intrafamilial.
Validité prédictive et de critère
Les études longitudinales menées par McCubbin, Boss et leurs collaborateurs ont confirmé la validité prédictive de l’instrument : les profils d’adaptation identifiés par le FCI au début d’une période de séparation prédisent de manière robuste l’ajustement émotionnel des mères, le fonctionnement comportemental des enfants à l’école six mois plus tard, ainsi que la qualité de la réintégration conjugale lors du retour du conjoint. Les analyses de régression multiple ont confirmé que le recours équilibré à des stratégies axées à la fois sur l’autonomie et sur la mobilisation du soutien externe explique une part substantielle de la variance de l’adaptation familiale globale ($R^2$ ajusté oscillant entre 0,26 et 0,41 selon les études).
8. Fidélité
Les qualités métrologiques du FCI en termes de fidélité et de constance de la mesure ont été documentées dans divers rapports techniques et publications évaluées par les pairs.
Cohérence interne (Alpha de Cronbach)
Les coefficients de cohérence interne des différentes sous-échelles factorielles issues du FCI se situent systématiquement dans des zones jugées satisfaisantes à excellentes pour des échelles de coping :
- Maintien de la stabilité et de l’intégrité familiales : $\alpha = 0,82$ à $0,86$ ;
- Développement de l’autonomie et estime de soi : $\alpha = 0,79$ à $0,84$ ;
- Mobilisation du soutien social et communautaire : $\alpha = 0,78$ à $0,83$ ;
- Orientation spirituelle et croyances : $\alpha = 0,85$ à $0,89$ ;
- Gestion des tensions et expression émotionnelle : $\alpha = 0,71$ à $0,76$.
Pour l’ensemble de l’instrument (70 items), la consistance interne globale excède régulièrement 0,88, indiquant une forte homogénéité conceptuelle des items tout en préservant la spécificité des différentes facettes de l’adaptation.
Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)
La fidélité test-retest a été investiguée sur des intervalles de deux à quatre semaines auprès d’échantillons de contrôle non soumis à des transitions aiguës brutales. Les coefficients de corrélation de Pearson test-retest rapportés dans les manuels de référence (McCubbin et al., 1987, 1996) varient entre $r = 0,74$ et $r = 0,87$ pour les différentes sous-échelles. Cette stabilité temporelle démontre que le FCI capture des styles de coping comportementaux cohérents, tout en demeurant suffisamment sensible aux variations contextuelles et aux interventions thérapeutiques ciblées.
9. Analyse factorielle
L’architecture factorielle du FCI a été établie principalement par des analyses factorielles exploratoires (AFE) avec rotation varimax et oblique (promax), complétées ultérieurement par des modélisations en équations structurelles et analyses factorielles confirmatoires (AFC) dans le cadre de recherches comparatives.
Différenciation structurelle : séparations brèves vs prolongées
L’une des particularités méthodologiques fondamentales du FCI réside dans l’identification empirique de sous-ensembles d’items spécifiquement pertinents selon la temporalité du stresseur de séparation :
- Sous-échelle pour séparations à long terme (Long term separation) : Elle mobilise 25 items clés (items 3, 4, 6, 8, 12, 14, 16, 18, 20, 28-30, 32, 33, 35, 41, 43, 45, 46, 54, 56, 57, 61, 63 et 70). Dans cette configuration, les saturations factorielles les plus élevées se concentrent sur les items d’autonomie identitaire, de restructuration de long terme du système de croyance et de redéfinition des rôles parentaux.
- Sous-échelle pour séparations à court terme (Short term separation) : Elle retient 38 items (items 1-9, 12-15, 17, 19-23, 26, 27, 29, 31-33, 36-38, 41, 43, 45-49, 51, 53-59, 63, 64, 66-68). Ici, les facteurs dominants capturent des conduites palliatives immédiates, l’activation des réseaux sociaux existants, la gestion logistique du quotidien et les activités de distraction pour modérer le stress aigu.
Résultats factoriels et saturations
Lors des analyses factorielles en composantes principales menées sur les échantillons normatifs (échantillon initial de conjointes de marins de l’US Navy, $N = 104$ à $N = 350$), les solutions à 4, 5 ou 6 facteurs ont régulièrement rendu compte de 42 % à 55 % de la variance totale des scores. Les saturations des items (factor loadings) retenus dans les dimensions principales dépassent généralement le seuil critique de 0,40, la majorité oscillant entre 0,48 et 0,76. Par exemple :
- L’item 14 (« Becoming more independent ») et l’item 3 (« Learning new skills ») saturent principalement sur le facteur « Développement et autonomie personnelle » (saturations > 0,65).
- L’item 40 (« Always trusting my faith to pull me through ») et l’item 43 (« Believing in God ») saturent au-delà de 0,75 sur le facteur « Orientation spirituelle ».
- L’item 12 (« Trying to maintain family stability ») sature au-dessus de 0,60 sur le facteur « Intégrité et stabilité familiale ».
Les études factorielles confirmatoires conduites dans les décennies suivantes sur d’autres cohortes cliniques ont soutenu l’adéquation globale de cette organisation multidimensionnelle, avec des indices d’ajustement acceptables (CFI > 0,90, RMSEA < 0,06) lorsque les modèles prennent en compte la nature hiérarchique du coping familial.
10. Instrument de mesure
Les caractéristiques opérationnelles de l’instrument sont résumées ci-dessous :
- Nom complet de l’instrument : Family Coping Inventory (FCI).
- Nom traduit en français : Inventaire d’adaptation familiale.
- Type d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique (auto-rapporté).
- Format d’administration : Formulaire papier-crayon ou questionnaire numérisé informatisé.
- Population cible : Adultes, parents, conjoints ou partenaires au sein d’un système familial confronté à des crises, transitions ou séparations.
- Nombre total d’items : 70 items comportementaux décrivant des stratégies de coping spécifiques.
- Échelle de réponse : Échelle ordinale en 4 points (0 à 3) :
- 0 = Not helpful (Non utile) ;
- 1 = Minimally helpful (Faiblement utile) ;
- 2 = Moderate helpful (Moyennement utile) ;
- 3 = Very helpful (Très utile).
- Temps de passation : Environ 15 à 20 minutes pour l’ensemble des 70 items.
- Modalités de cotation : Calcul de scores cumulatifs ou moyens par dimension factorielle (sous-échelles) et, selon les objectifs de recherche, sélection ciblée des sous-ensembles d’items dédiés aux séparations à court terme (38 items) ou à long terme (25 items). Aucun item inversé n’est à recoder pour le calcul brut de l’utilité perçue, mais les conduites à risque (ex. alcool, drogues) sont examinées qualitativement ou isolément.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
- Année de publication initiale : 1981 (avec révisions et formalisations majeures en 1987 et 1996 dans les recueils officiels de l’Université du Wisconsin).
- Titulaires des droits d’auteur : Hamilton I. McCubbin, Pauline G. Boss et l’Université du Wisconsin System.
- Disponibilité et accès pour la recherche : L’instrument a été publié dans des ouvrages de référence universitaires (notamment Family Assessment: Resiliency, Coping and Adaptation, McCubbin, Thompson, & McCubbin, 1996 ; et Measures for Clinical Practice and Research, Fischer & Corcoran, 2007). Il est traditionnellement accessible sans frais commerciaux pour les chercheurs académiques, les thésards et les cliniciens à des fins d’évaluation non lucrative, sous réserve de citation appropriée des sources originales et du respect des conditions de reproduction scientifique.
- Ressources d’archive : L’inventaire et les clés de cotation historiques sont archivés et documentés via le réseau des mesures de résilience familiale de l’Université du Wisconsin (McCubbin Resilience Measures).
12. Références
- Fischer, J., & Corcoran, K. J. (2007). Measures for clinical practice and research: A sourcebook (4th ed., Vol. 1, pp. 274–277). Oxford University Press. Lien éditeur
- Hill, R. (1949). Families under stress: Adjustment to the crises of war separation and reunion. Harper & Brothers. https://psycnet.apa.org/record/1950-01646-000
- McCubbin, H. I., Boss, P. G., Wilson, L. R., & Dahl, B. B. (1981). Family Coping Inventory (FCI). Family Stress Coping and Health Project, University of Minnesota/University of Wisconsin-Madison.
- McCubbin, H. I., Boss, P., Wilson, L., & Dahl, B. (1987). Family Coping Inventory WI (FCI). In H. I. McCubbin & A. I. Thompson (Eds.), Family assessment for research and practice (pp. 211–226). University of Wisconsin-Madison.
- McCubbin, H. I., Boss, P., Wilson, L., & Dahl, B. (1996). Family Coping Inventory (FCI). In H. I. McCubbin, A. I. Thompson, & M. A. McCubbin (Eds.), Family assessment: Resiliency, coping and adaptation—Inventories for research and practice (pp. 625–637). University of Wisconsin System.
- McCubbin, H. I., & Patterson, J. M. (1983). The family stress process: The Double ABCX model of adjustment and adaptation. Marriage & Family Review, 6(1–2), 7–37. https://doi.org/10.1300/J002v06n01_02
13. Questions et items du questionnaire
Response format:
3 = Very helpful
2 = Moderate helpful
1 = Minimally helpful
0 = Not helpful
Specific separation profiles:
For long term separation: Items 3, 4, 6, 8, 12, 14, 16, 18, 20, 28-30, 32, 33, 35, 41, 43, 45, 46, 54, 56, 57, 61, 63, and 70.
For short term separation: Items 1-9, 12-15, 17, 19-23, 26, 27, 29, 31-33, 36-38, 41, 43, 45-49, 51, 53-59, 63, 64, 66-68.
- Talking with other individuals in my same situation people
- Going to School
- Learning new skills
- Developing myself as a person
- Making financial investments/savings
- Doing things with the family
- Involvement in religious activities
- Trying to be a father and a mother to the children
- Allowing myself to become angry
- Believing that my husband’s carder is most important
- Always depending upon friends to give me support
- Trying to maintain family stability
- Investing myself in my children
- Becoming more independent
- Reading
- Believing that the organizations that my spouse and I work for have my family’s best interest in mind
- Taking advantage of local programs and services aimed at helping those in my situation
- Wishing my spouse (or former spouse) was not gone and that things were different
- Believing that my life would not be any better if my spouse were here (or my former spouse and I were still together)
- Believing close relationships with people
- Taking advantage of professional counseling
- Involvement in activities specifically for someone in my situation
- Establishing a now life for myself
- Drinking alcohol
- Always counting on relatives to help me out
- Being active In the local community
- Doing things with relatives
- Reliving the past; reflecting on the memorable moments
- Crying
- Believing that things will always work out
- Dating
- Talking to someone about how I feel
- Showing that I’m strong
- Using drugs
- Making sure I take advantage of all the state and local economic benefits I have coming to me
- Participating on a regular basis in planned activities conducted by others in my situation
- Establishing a routine which is not dependent upon my spouse (or former spouse) being around
- Believing that I am better at running the family and/or finances without my spouse or former spouse
- Believing that this is our style of life and I should enjoy It
- Always trusting my faith to pull Me through
- Doing more things with the children
- Being a « good » wife and doing what my husband wants me to do
- Believing in God
- Doing volunteer work
- Involvement in social activities (parties‚ etc.) with friends
- Planning my future
- Concentrating on hobbies (art‚ music‚ sewing‚ etc.)
- Eating
- Traveling
- Always relying on myself to solve problems
- Going shopping with the children or by myself
- Reading about how other persons in my situation handle things
- Seeking encouragement‚ guidance and support from my parent(s)
- Engaging In relationships and friendships which are satisfying to me
- Sleeping
- Keeping myself In shape and well groomed
- Watching television
- Going to movies
- Remodeling or redecorating the house
- Engaging in club work (church‚ PTA‚ etc.)
- Telling myself that I have many I things I should be thankful for
- Keeping problem to myself
- Gong shopping with friends
- Advancing my professional career
- Living up to what society wants me to do as a parent
- Participating in gatherings and events with relatives
- Socializing with friends of the opposite sex
- Establish a new style of life-new – friends‚ new activities‚ etc
- Always believing that nothing bad could ever happen to my children
- Seeking out friend who understand how difficult It Is for me at times