Questionnaire de régulation émotionnelle (ERQ)

Découvrez le Questionnaire de régulation émotionnelle (ERQ) de James J. Gross et Oliver P. John : fondements théoriques, réévaluation cognitive, suppression expressive, propriétés psychométriques et cotation.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 4, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 4, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé

Le Questionnaire de régulation émotionnelle (Emotion Regulation Questionnaire, ERQ), développé par James J. Gross et Oliver P. John en 2003, constitue l’un des instruments psychométriques les plus influents et largement validés en psychologie clinique, en psychologie de la personnalité et en neurosciences affectives. Conçu pour opérationnaliser le modèle processuel de la régulation des émotions élaboré par Gross, cet auto-questionnaire concis de 10 items évalue les différences interindividuelles stables dans l’utilisation habituelle de deux stratégies fondamentales de gestion affective : la réévaluation cognitive (Cognitive Reappraisal) et la suppression expressive (Expressive Suppression).

La réévaluation cognitive, mesurée par six items, représente une stratégie précoce, centrée sur les antécédents, par laquelle un individu modifie activement la signification accordée à une situation potentiellement émotive afin d’en transformer l’impact affectif global. À l’inverse, la suppression expressive, appréhendée par quatre items, constitue une stratégie tardive, centrée sur la réponse, consistant à inhiber délibérément l’expression comportementale et somatomotrice d’états émotionnels déjà déclenchés. Les participants répondent à chaque énoncé au moyen d’une échelle de type Likert en 7 points, s’étendant de 1 (« Pas du tout d’accord » / Strongly disagree) à 7 (« Tout à fait d’accord » / Strongly agree), le point médian 4 désignant une position neutre.

Les propriétés psychométriques de l’ERQ ont fait l’objet de centaines de réplications empiriques à travers le monde. Les analyses factorielles confirmatoires démontrent de manière récurrente une structure bidimensionnelle robuste, caractérisée par deux facteurs indépendants ou très faiblement corrélés. La consistance interne est systématiquement satisfaisante, avec des coefficients alpha de Cronbach se situant généralement entre 0,75 et 0,82 pour la réévaluation cognitive, et entre 0,68 et 0,76 pour la suppression expressive, accompagnés d’une remarquable fidélité test-retest sur des intervalles de plusieurs mois. Validé dans des dizaines de langues et adapté à diverses populations cliniques et non cliniques, l’ERQ demeure l’étalon-or international pour étudier les répercussions des mécanismes régulateurs sur la santé mentale, la réactivité physiologique et le fonctionnement interpersonnel.

2. Mots-clés

régulation émotionnelle, réévaluation cognitive, suppression expressive, modèle processuel, James Gross, évaluation psychométrique, santé mentale, affectivité, neurosciences affectives, validité factorielle, psychologie de la personnalité, psychopathologie

3. Auteurs

L’ERQ a été élaboré conjointement par deux figures majeures de la recherche contemporaine sur les émotions et la personnalité :

  • James J. Gross, Ph.D. : Professeur titulaire au Département de psychologie de l’Université Stanford (Stanford, Californie, États-Unis) et directeur du Stanford Psychophysiology Laboratory. Il est reconnu à l’échelle internationale comme le pionnier de la formalisation théorique et de l’étude expérimentale de la régulation émotionnelle. Adresse institutionnelle : Department of Psychology, Stanford University, Stanford, CA 94305-2130, États-Unis. Courriel : [email protected].
  • Oliver P. John, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie à l’Université de Californie à Berkeley (UC Berkeley, Berkeley, Californie, États-Unis), chercheur principal au Berkeley Personality Lab et à l’Institute of Personality and Social Research (IPSR). Ses travaux portent sur les taxonomies de la personnalité, le modèle des Big Five et les processus adaptatifs tout au long de la vie. Adresse institutionnelle : Department of Psychology, University of California, Berkeley, CA 94720-1650, États-Unis. Courriel : [email protected].

4. Objectif

L’objectif fondamental de l’Emotion Regulation Questionnaire (ERQ) est de mesurer quantitativement la propension habituelle et dispositionnelle d’un individu à déployer deux stratégies distinctes de régulation émotionnelle dans sa vie quotidienne : la modification cognitive du sens d’un événement (réévaluation) et la dissimulation comportementale des signaux affectifs manifestes (suppression). Loin de concevoir la régulation émotionnelle comme une aptitude unitaire indifférenciée, l’ERQ part du postulat épistémologique selon lequel le moment où intervient un mécanisme de régulation dans la dynamique temporelle du générateur d’émotions détermine fondamentalement ses répercussions psychologiques, physiologiques et interpersonnelles.

Applications en recherche fondamentale et translationnelle

Dans le domaine de la recherche, l’ERQ est omniprésent au sein des protocoles en neurosciences affectives et cognitives. Il permet d’établir des corrélations robustes entre des profils d’auto-évaluation et des substrats neurobiologiques objectivables par imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf). Par exemple, les scores élevés à l’échelle de réévaluation cognitive sont régulièrement associés à une activation accrue du cortex préfrontal dorsolatéral (dlPFC), du cortex préfrontal ventrolatéral (vlPFC) et du cortex cingulaire antérieur dorsal, concomitante à une modulation descendante (top-down down-regulation) efficace de l’amygdale lors de la présentation de stimuli aversifs. L’échelle est également mobilisée pour documenter les trajectoires développementales de l’affectivité au cours du cycle de vie, les recherches révélant fréquemment une augmentation linéaire de l’usage de la réévaluation cognitive et une diminution adaptative de la suppression expressive chez les personnes âgées par rapport aux jeunes adultes.

Applications cliniques et psychopathologiques

Sur le plan clinique, l’ERQ est un outil de premier plan pour l’évaluation diagnostique, la conceptualisation de cas et le monitorage des interventions thérapeutiques, en particulier dans le cadre des thérapies cognitivo-comportementales (TCC) et des thérapies basées sur l’acceptation et la pleine conscience. Une utilisation préférentielle et rigide de la suppression expressive est solidement identifiée comme un facteur de vulnérabilité transdiagnostique majeur associé aux troubles dépressifs caractérisés, aux troubles anxieux (notamment le trouble d’anxiété sociale), au trouble de stress post-traumatique (TSPT) et aux conduites addictives. À l’inverse, l’apprentissage et le renforcement des compétences de réévaluation cognitive constituent un vecteur central d’efficacité thérapeutique. En milieu hospitalier ou libéral, administrer l’ERQ avant et après une intervention psychologique permet aux cliniciens d’objectiver la flexibilité cognitive acquise et l’abandon progressif des défenses d’évitement affectif.

5. Construit psychologique

Le construit théorique opérationnalisé par l’ERQ repose sur une dissociation fonctionnelle et chronologique rigoureuse entre deux facettes majeures du comportement de régulation des affects. L’ERQ n’a pas été conçu pour quantifier le volume brut d’émotions ressenties, mais la manière dont l’individu intervient sur son expérience émotionnelle subjective et son expression extérieure.

1. La réévaluation cognitive (Cognitive Reappraisal)

La réévaluation cognitive désigne une forme d’ajustement cognitif par laquelle un sujet reconstruit délibérément l’interprétation ou la signification contextuelle d’une situation déclenchante avant même que la réponse émotionnelle n’atteigne son plein développement somatique et expressif. Cette sous-échelle comporte 6 items ciblant deux objectifs fonctionnels complémentaires :

  • L’amplification ou le maintien des émotions positives : illustrée par l’item 1 (« When I want to feel more positive emotion… I change what I’m thinking about ») et l’item 7 (« When I want to feel more positive emotion, I change the way I’m thinking about the situation »), où la cognition est mobilisée pour savourer (savoring) ou stimuler la joie et l’intérêt.
  • L’atténuation des émotions négatives : illustrée par l’item 3, l’item 5 (« When I’m faced with a stressful situation, I make myself think about it in a way that helps me stay calm »), l’item 8 et l’item 10 (« When I want to feel less negative emotion, I change the way I’m thinking about the situation »), où la pensée est restructurée pour désamorcer l’anxiété, la colère ou le désespoir.

Sur le plan intrapsychique, cette stratégie est cognitivement efficiente : une fois la situation réinterprétée de façon plus bénigne ou constructive, le système nerveux autonome ne s’emballe pas, évitant ainsi le coût énergétique d’une lutte permanente contre les décharges sympathiques. Elle est systématiquement associée à une meilleure estime de soi, un plus haut niveau de bien-être subjectif, une plus grande satisfaction de vie et des relations interpersonnelles empreintes d’authenticité et de soutien mutuel.

2. La suppression expressive (Expressive Suppression)

La suppression expressive désigne une forme d’inhibition comportementale active par laquelle un individu s’efforce de bloquer, dissimuler ou masquer les signes extérieurs observables de son état émotionnel (expressions faciales, modulations vocales, gestes et postures). Cette sous-échelle comprend 4 items (items 2, 4, 6 et 9) mesurant la tendance à intérioriser les affects :

  • L’item 2 (« I keep my emotions to myself ») et l’item 6 (« I control my emotions by not expressing them ») captent la rétention émotionnelle globale.
  • L’item 4 (« When I am feeling positive emotions, I am careful not to express them ») et l’item 9 (« When I am feeling negative emotions, I make sure not to express them ») mettent en lumière l’inhibition ciblée des valences positives et négatives.

Contrairement à la réévaluation, la suppression intervient tardivement, alors que l’émotion a déjà déclenché sa cascade de réponses neurovégétatives. En conséquence, réprimer l’expression n’annule pas le sentiment subjectif interne de détresse ; au contraire, de nombreuses recherches en laboratoire ont démontré que la suppression expressive entraîne une suractivation cardiovasculaire paradoxale (élévation de la pression artérielle et de la conductance cutanée), tout en absorbant d’importantes ressources de mémoire de travail. Sur le plan social, les individus ayant des scores élevés de suppression sont fréquemment perçus par leurs pairs comme distants, inauthentiques ou fermés, ce qui détériore l’intimité relationnelle et accentue l’isolement affectif.

6. Cadre théorique

L’ERQ s’ancre directement dans le modèle processuel de la régulation des émotions (Process Model of Emotion Regulation) élaboré par James J. Gross (1998, 1999, 2002). Ce modèle théorique s’inscrit au confluent des théories de l’évaluation cognitive de l’émotion (appraisal theories initiées par Magda Arnold et Richard Lazarus) et de la psychologie cognitive du traitement de l’information.

Le modèle modal de l’émotion

Le point de départ théorique postule que les émotions émergent selon une trajectoire temporelle récursive séquentielle, communément appelée le « modèle modal » :

  1. Situation : L’individu fait face à une situation environnementale ou interne (souvenir, anticipation) significative sur le plan adaptatif.
  2. Attention : L’attention se focalise sur certains aspects spécifiques de cette situation.
  3. Appraisal (Évaluation) : L’individu évalue et interprète la pertinence de la situation au regard de ses buts personnels, de ses valeurs et de ses ressources de faire face (coping).
  4. Réponse : Cette évaluation génère un ensemble coordonné de réponses modifiant l’expérience subjective (ressenti affectif), la physiologie périphérique (fréquence cardiaque, sudation) et le comportement expressif observable.

Taxonomie des cinq familles de régulation

Dans ce cadre chronologique, Gross distingue cinq familles de processus de régulation émotionnelle réparties en deux macro-catégories fondamentales :

  • Stratégies centrées sur les antécédents (Antecedent-focused) : Elles interviennent avant que le système de réponse émotionnelle ne soit pleinement activé. Elles regroupent :
    • La sélection de la situation (choisir d’éviter ou d’approcher certains contextes) ;
    • La modification de la situation (altérer concrètement l’environnement physique ou social) ;
    • Le déploiement attentionnel (distraction, rumination, focalisation attentionnelle) ;
    • Le changement cognitif, dont la forme par excellence est la réévaluation cognitive, mesurée par l’ERQ.
  • Stratégies centrées sur la réponse (Response-focused) : Elles interviennent après que la réaction émotionnelle a été amorcée et a mobilisé les canaux végétatifs et comportementaux. La principale manifestation étudiée est la modulation de la réponse, dont l’archétype comportemental est la suppression expressive, mesurée par l’ERQ.

L’ERQ a été intentionnellement conçu pour contraster ces deux pôles cardinaux : une stratégie cognitive précoce (réévaluation) versus une stratégie comportementale tardive (suppression). Les prédictions découlant de ce modèle théorique posent que la réévaluation cognitive est hautement adaptative en modifiant la source même de l’émotion sans induire de dissonance expressive, tandis que la suppression expressive impose une charge cognitive continue sans soulager l’expérience affective sous-jacente.

7. Validité

Les propriétés de validité de l’ERQ ont été examinées et confirmées de manière exhaustive à travers une abondante littérature psychométrique internationale, touchant des échantillons cliniques, estudiantins et issus de la population générale.

Validité de construit et validité convergente

Dans l’article princeps de Gross et John (2003), la validité convergente a été démontrée par des associations différentielles remarquables avec les cinq grands traits de personnalité (Big Five), le bien-être subjectif et la détresse psychologique :

  • Réévaluation cognitive : Corrèle positivement et significativement avec l’extraversion ($r \approx 0,33$), l’ouverture à l’expérience ($r \approx 0,20$), l’optimisme ($r \approx 0,40$), l’estime de soi ($r \approx 0,35$) et la satisfaction de vie ($r \approx 0,30$). Corrèle négativement avec la dépression évaluée par l’inventaire de dépression de Beck ($r \approx -0,25$) et le névrosisme ($r \approx -0,16$).
  • Suppression expressive : Présente un profil inverse. Corrèle négativement avec l’extraversion ($r \approx -0,40$), l’agréabilité ($r \approx -0,20$) et le bien-être psychologique global. Corrèle positivement avec le névrosisme, les symptômes dépressifs ($r \approx 0,25$ à $0,35$), l’anxiété sociale et l’affectivité négative chronique.

Validité discriminante

Un apport méthodologique majeur de l’ERQ réside dans l’indépendance de ses deux échelles : la corrélation inter-échelles entre la Réévaluation Cognitive et la Suppression Expressive est généralement non significative ou très proche de zéro ($r = -0,01$ à $r = -0,14$ selon les échantillons), démontrant qu’il ne s’agit aucunement des deux pôles opposés d’un même continuum, mais de deux dimensions indépendantes. Un individu peut parfaitement être un « réévaluateur fréquent » tout en recourant occasionnellement à la suppression, ou au contraire manquer simultanément de ces deux registres (déficit global de régulation).

Validité prédictive et écologique

Des protocoles expérimentaux couplés à l’ERQ ont établi que les participants présentant des scores élevés en suppression expressive manifestent lors de discussions conflictuelles de couple une pression artérielle significativement plus élevée, un partage émotionnel réduit et un attachement insécure (évitant). À l’opposé, les hauts scores de réévaluation cognitive prédisent une meilleure adaptation universitaire, une plus grande résilience face aux événements de vie majeurs et une réduction mesurable de la cortisolémie en situation de stress aigu (protocole de stress social de Trier).

8. Fidélité

La fidélité de l’ERQ a été abondamment quantifiée à l’aide d’indicateurs de consistance interne et de stabilité temporelle (test-retest).

Consistance interne

Dans l’étude originelle de Gross et John (2003), menée auprès de plusieurs cohortes totalisant plus de 1 400 étudiants de premier cycle :

  • L’échelle de Réévaluation cognitive (6 items) a affiché un coefficient alpha de Cronbach moyen de $\alpha = 0,79$.
  • L’échelle de Suppression expressive (4 items) a affiché un coefficient moyen de $\alpha = 0,73$.

Ces estimations se sont avérées remarquablement stables lors des adaptations transculturelles. Dans la validation francophone menée par Christophe, Fabre, Huraux et Gross (2009) auprès d’étudiants français ($N = 405$), les coefficients alpha obtenus étaient de $0,77$ pour la réévaluation cognitive et de $0,73$ pour la suppression expressive. L’analyse des corrélations moyennes inter-items indique une forte homogénéité interne ($r_{inter-item} \approx 0,35$ à $0,45$), garantissant que les construits sont captés sans redondance sémantique excessive.

Stabilité temporelle (Test-Retest)

La fidélité test-retest a été rigoureusement attestée par Gross et John (2003) sur un intervalle de trois mois, révélant des coefficients de stabilité intra-classe de $r = 0,69$ pour la réévaluation cognitive et $r = 0,69$ pour la suppression expressive. Ces résultats confirment que l’ERQ capture des caractéristiques individuelles de type dispositionnel stables dans le temps, tout en conservant une sensibilité aux changements thérapeutiques induits par des interventions cliniques ciblées.

9. Analyse factorielle

La confirmation de la validité dimensionnelle de l’ERQ constitue l’un des piliers de sa légitimité psychométrique. La structure bi-factorielle a été initialement mise en évidence par analyse factorielle exploratoire (AFE), puis consolidée par analyse factorielle confirmatoire (AFC).

Analyses Factorielles Exploratoires et Confirmatoires

Dans les travaux initiaux de Gross et John (2003), l’AFE en composantes principales avec rotation oblique (Promax) et orthogonale (Varimax) a extrait sans ambiguïté deux facteurs autonomes possédant des valeurs propres (eigenvalues) supérieures à 1, expliquant ensemble plus de 50 % de la variance totale des scores. Les 6 items de réévaluation saturaient massivement sur le premier facteur (coefficients de saturation compris entre 0,55 et 0,81) sans saturations croisées significatives sur le facteur suppression ($< 0,15$). Réciproquement, les 4 items de suppression saturaient lourdement sur le second facteur (saturations situées entre 0,66 et 0,82).

Lors de l’AFC, le modèle à deux facteurs indépendants a démontré des indices d’adéquation ajustés remarquables comparé à un modèle unidimensionnel concurrent (qui s’effondre avec des indices inacceptables) :

  • Indice de comparabilité (CFI, Comparative Fit Index) : $> 0,95$
  • Indice de Tucker-Lewis (TLI) : $> 0,93$
  • Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA, Root Mean Square Error of Approximation) : $< 0,06$ ($90% \text{ IC} [0,04 – 0,07]$)
  • Résidu quadratique moyen standardisé (SRMR) : $< 0,05$

Invariance de mesure et déclinaisons abrégées

L’invariance de mesure à travers le genre a été établie par de multiples auteurs : bien que les hommes rapportent en moyenne des scores de suppression expressive significativement plus élevés que les femmes (effet de socialisation du genre couramment observé), la structure factorielle sous-jacente présente une invariance configuraliste, métrique et scalaire stricte. Spaapen et al. (2014) ont exploré une variante abrégée en 9 items (ERQ-9) dans deux échantillons communautaires australiens, concluant que l’item 8 pouvait parfois présenter des saturations croisées mineures selon la formulation idiomatique ; néanmoins, la forme originale à 10 items demeure le standard international recommandé par les auteurs.

10. Instrument de mesure

  • Type de test : Auto-questionnaire psychométrique standardisé de personnalité et de processus cognitivo-affectifs.
  • Format d’administration : Papier-crayon ou passation informatisée / numérique en ligne.
  • Nombre total d’items : 10 énoncés formulés à la première personne du singulier.
  • Échelle de réponse : Échelle de type Likert en 7 points :
    • 1 : Pas du tout d’accord (Strongly disagree)
    • 2 : Désaccord modéré
    • 3 : Désaccord léger
    • 4 : Neutre (Neutral)
    • 5 : Accord léger
    • 6 : Accord modéré
    • 7 : Tout à fait d’accord (Strongly agree)
  • Structure des sous-échelles :
    • Réévaluation cognitive (Cognitive Reappraisal) : 6 items (Items 1, 3, 5, 7, 8 et 10).
    • Suppression expressive (Expressive Suppression) : 4 items (Items 2, 4, 6 et 9).
  • Modalités de cotation et de calcul :
    • Il n’y a aucun item inversé dans l’ERQ.
    • Il ne faut jamais calculer de score global total en additionnant l’ensemble des 10 items, car les deux sous-échelles mesurent des construits distincts et conceptuellement indépendants.
    • Le score pour chaque sous-échelle s’obtient soit en calculant la somme brute, soit en calculant la moyenne arithmétique des items correspondants (somme divisée par 6 pour la réévaluation cognitive, somme divisée par 4 pour la suppression expressive), ce qui permet de situer commodément le sujet sur le continuum initial de 1 à 7.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de publication princeps : 2003 (travaux précurseurs menés dès la fin des années 1990 par James Gross).
  • Droits d’auteur et propriété intellectuelle : Le questionnaire a été développé par James J. Gross et Oliver P. John. Les droits de publication initiaux relèvent de l’American Psychological Association (APA).
  • Tarification et accessibilité : L’ERQ est mis gratuitement à la disposition des chercheurs, cliniciens et étudiants pour des usages universitaires, académiques et non commerciaux. Aucun coût de licence n’est requis pour la recherche clinique ou scientifique standard.
  • Modalités d’obtention : L’instrument, ses consignes et ses clés de cotation peuvent être téléchargés librement sur le site institutionnel du laboratoire de psychophysiologie de l’Université Stanford (Stanford Psychophysiology Laboratory) ou via le site du Berkeley Personality Lab. Pour tout usage commercial ou intégration dans des progiciels logiciels propriétaires payants, une demande formelle d’autorisation doit être adressée aux auteurs originaux ou à l’APA.

12. Références

Balzarotti, S., John, O. P., & Gross, J. J. (2010). An Italian adaptation of the Emotion Regulation Questionnaire. European Journal of Psychological Assessment, 26(1), 61–67. https://doi.org/10.1027/1015-5759/a000009

Christophe, V., Fabre, E., Huraux, P., & Gross, J. J. (2009). Évaluation des stratégies de régulation émotionnelle : Traduction et validation française du Questionnaire de Régulation Émotionnelle (ERQ). Revue Européenne de Psychologie Appliquée, 59(1), 59–67. https://doi.org/10.1016/j.erap.2008.07.001

Gross, J. J. (1998). The emerging field of emotion regulation: An integrative review. Review of General Psychology, 2(3), 271–299. https://doi.org/10.1037/1089-2680.2.3.271

Gross, J. J. (1999). Emotion regulation: Past, present, future. Cognition & Emotion, 13(5), 551–573. https://doi.org/10.1080/026999399379186

Gross, J. J. (2002). Emotion regulation: Affective, cognitive, and social consequences. Psychophysiology, 39(3), 281–291. https://doi.org/10.1017/s0048577201393198

Gross, J. J., & John, O. P. (2003). Individual differences in two emotion regulation processes: Implications for affect, relationships, and well-being. Journal of Personality and Social Psychology, 85(2), 348–362. https://doi.org/10.1037/0022-3514.85.2.348

John, O. P., & Gross, J. J. (2004). Healthy and unhealthy emotion regulation: Personality processes, individual differences, and lifespan development. Journal of Personality, 72(6), 1301–1334. https://doi.org/10.1111/j.1467-6494.2004.00298.x

Spaapen, D. L., Waters, F., Brummer, L., Stopa, L., & Bucks, R. S. (2014). The Emotion Regulation Questionnaire: Validation of the ERQ-9 in two community samples. Psychological Assessment, 26(1), 46–54. https://doi.org/10.1037/a0034474

13. Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response scale: 7-point Likert-type scale ranging from 1 (strongly disagree) to 7 (strongly agree), where 1 = Strongly disagree, 4 = neutral, 7 = strongly agree.

  1. When I want to feel more positive emotion (such as joy or amusement)‚ I change what I’m thinking about.
  2. I keep my emotions to myself.
  3. When I want to feel less negative emotion (such as sadness or anger)‚ I change what I’m thinking about.
  4. When I am feeling positive emotions‚ I am careful not to express them.
  5. When I’m faced with a stressful situation‚ I make myself think about it in a way that helps me stay calm.
  6. I control my emotions by not expressing them.
  7. When I want to feel more positive emotion‚ I change the way I’m thinking about the situation.
  8. I control my emotions by changing the way I think about the situation I’m in.
  9. When I am feeling negative emotions‚ I make sure not to express them.
  10. When I want to feel less negative emotion‚ I change the way I’m thinking about the situation.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 4). Questionnaire de régulation émotionnelle (ERQ). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-regulation-emotionnelle-erq/
Looti, Mohammed. “Questionnaire de régulation émotionnelle (ERQ).” Base de données de psychologie en français, 4 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-regulation-emotionnelle-erq/.
Looti, Mohammed. “Questionnaire de régulation émotionnelle (ERQ).” Base de données de psychologie en français. octobre 4, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-regulation-emotionnelle-erq/.