Échelle des coûts et des bénéfices perçus des rapports sexuels chez les adolescents

L’Échelle des coûts et des bénéfices perçus des rapports sexuels chez les adolescents (Small, Silverberg, & Kerns, 1993) évalue les déterminants cognitifs et décisionnels de l’activité sexuelle non maritale à travers deux sous-échelles de 10 items. Analyse complète de ses propriétés psychométriques.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 18, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 18, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle des coûts et des bénéfices perçus des rapports sexuels chez les adolescents (Adolescent Perceived Costs and Benefits Scale for Sexual Intercourse), développée par Stephen A. Small, Susan B. Silverberg et D. Kerns en 1993, constitue un outil psychométrique d’auto-évaluation conçu pour mesurer les représentations cognitives des adolescents relatives aux conséquences positives et négatives de l’activité sexuelle non maritale. Partant du postulat que l’adolescent est un agent décisionnel actif et rationnel au sein de son environnement social, cet instrument écarte la vision unilatérale de la sexualité adolescente comme simple comportement déviant ou impulsif, pour s’intéresser aux processus motivationnels sous-jacents à l’engagement ou à l’abstinence sexuelle.

L’instrument est composé de 20 items répartis de manière équilibrée en deux sous-échelles orthogonales et indépendantes de 10 items chacune : la sous-échelle des Coûts perçus (évaluant les barrières perçues, les répercussions morales, médicales, sociales et personnelles) et la sous-échelle des Bénéfices perçus (mesurant les gratifications affectives, physiques, relationnelles, identitaires et le statut social auprès des pairs). Chaque énoncé fait l’objet d’une évaluation sur une échelle de type Likert à 4 points, graduée de 0 (« Fortement en désaccord ») à 3 (« Fortement d’accord »), générant pour chaque dimension un score global variant de 0 à 30 points.

Sur le plan des qualités métrologiques, l’outil bénéficie d’une solide fidélité. La cohérence interne, évaluée auprès d’une cohorte représentative de 2 444 adolescents des deux sexes, présente un coefficient alpha de Cronbach identique et élevé de 0,86 pour chacune des deux sous-échelles. La stabilité temporelle test-retest à deux semaines, mesurée sur un sous-échantillon de 124 participants, révèle des coefficients de corrélation satisfaisants de 0,70 pour les coûts et de 0,65 pour les bénéfices. Les preuves de validité de construit et de critère sont étayées par des associations significatives avec le statut d’activité sexuelle réel des participants, le recours régulier à la contraception, la qualité des relations parents-adolescents et les aspirations scolaires à long terme.

2. Mots-clés / Keywords

sexualité des adolescents, prise de décision, coûts perçus, bénéfices perçus, comportement sexuel, santé reproductive, psychométrie, évaluation psychologique, relations parents-adolescents, contraception, perception du risque, motivation psychosociale

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été conçue et standardisée par des chercheurs spécialistes du développement de l’adolescent et de la dynamique familiale rattachés à l’Université du Wisconsin à Madison :

  • Stephen A. Small, Ph.D. : Professeur émérite au sein du Department of Human Development and Family Studies, University of Wisconsin-Madison (1430 Linden Drive, 201 HDFS Building, Madison, WI 53706 ; Courriel institutionnel : [email protected]). Directeur et investigateur principal du projet de recherche Teen Assessment Project (TAP).
  • Susan B. Silverberg, Ph.D. : Chercheuse et professeure associée en développement humain et études familiales, Université du Wisconsin-Madison.
  • D. Kerns : Collaborateur de recherche au sein du Department of Child and Family Studies, Université du Wisconsin-Madison.

4. Objectif / Purpose

L’objectif principal de l’Adolescent Perceived Costs and Benefits Scale for Sexual Intercourse est de quantifier avec précision les croyances relatives aux coûts et aux gains associés au passage à l’acte sexuel chez les adolescents. Historiquement, la recherche épidémiologique et comportementale a eu tendance à aborder l’activité sexuelle à l’adolescence sous un prisme essentiellement normatif ou pathologique, la catégorisant d’emblée comme un « comportement à risque » susceptible de compromettre le développement psychosocial, les perspectives académiques et la santé physique (notamment en lien avec les grossesses non planifiées et les infections sexuellement transmissibles). Le travail de Small, Silverberg et Kerns (1993) opère une rupture paradigmatique en réhabilitant l’adolescent dans sa posture d’acteur réflexif et de décideur.

L’instrument vise à combler un vide méthodologique en mesurant le système de significations subjectives que les jeunes attribuent à leurs conduites intimes. La recherche montre que les adolescents n’adoptent pas ou ne refusent pas un comportement de manière arbitraire ; ils s’engagent dans une forme de calcul coût-bénéfice, souvent implicite et influencé par des déterminants cognitifs, affectifs et contextuels. L’outil cherche précisément à répondre aux interrogations suivantes :

  • Pourquoi certains adolescents décident-ils de différer l’initiation sexuelle tandis que d’autres s’y engagent précocement ?
  • Quels sont les facteurs modérateurs (normes morales, régulation émotionnelle, validation par les pairs, approbation parentale) qui pèsent le plus lourd dans la balance motivationnelle ?
  • Comment les perceptions des coûts et des bénéfices évoluent-elles avec l’âge, l’expérience sexuelle réelle et les trajectoires académiques ?

En pratique clinique et en santé publique, cette échelle s’avère essentielle. Dans le champ de la prévention et de l’éducation à la sexualité, elle permet aux intervenants de dépasser les discours d’abstinence purement prohibitifs ou alarmistes — souvent inefficaces chez les jeunes — pour élaborer des programmes psychoéducatifs ciblés. En identifiant les bénéfices attendus prédominants (tels que la quête d’affirmation de soi ou la réponse à la pression des pairs), les cliniciens et éducateurs peuvent proposer des stratégies alternatives et adaptées pour répondre à ces besoins psychosociaux. De même, l’analyse des coûts perçus aide à comprendre les freins réels à l’action et la prédisposition de l’adolescent à adopter des comportements sexuels protégés, comme l’usage systématique de contraceptifs.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique mesuré par cet instrument repose sur une conceptualisation bidimensionnelle et non bipolaire des attitudes et croyances relatives à l’activité sexuelle. Contrairement à une échelle unidimensionnelle qui placerait les attitudes favorables et défavorables sur un continuum unique, le modèle théorique de Small et al. (1993) postule que la perception des coûts et la perception des bénéfices constituent deux construits cognitifs distincts, fonctionnellement indépendants, susceptibles de coexister chez un même individu à des degrés variables.

Sous-échelle des Coûts perçus (Perceived Costs)

Cette dimension mesure l’ampleur et la saillance des conséquences indésirables, des contraintes et des risques perçus par l’adolescent en regard de l’activité sexuelle. L’analyse des 10 items met en évidence quatre facettes interconnectées :

  • Risques physiques et conséquences irréversibles sur la santé : Les items abordent explicitement la crainte de contracter une infection sexuellement transmissible (IST) ou le syndrome de l’immunodéficience acquise (VIH/SIDA), ainsi que le risque d’une grossesse non désirée.
  • Obstacles aux trajectoires de vie futures : L’échelle capture l’anticipation d’une altération des ambitions académiques ou de la carrière professionnelle (« mess up their future plans for college, school or a career »). L’adolescent évalue ici l’incompatibilité entre une parentalité précoce et ses aspirations d’accomplissement personnel.
  • Normes sociales et approbation relationnelle : Les coûts intègrent la désapprobation perçue de deux microsystèmes essentiels : la famille (désapprobation des parents) et le réseau d’égaux (désapprobation des pairs/amis).
  • Freins moraux, émotionnels et développementaux : L’instrument explore le sentiment d’immaturité développementale (« don’t feel old enough to handle it »), l’absence de sentiment amoureux préalable, les convictions éthiques ou religieuses, ainsi que l’anticipation d’un sentiment de culpabilité intrapsychique consécutif à l’acte.

Sous-échelle des Bénéfices perçus (Perceived Benefits)

Cette dimension mesure l’anticipation des gains psychologiques, hédoniques et relationnels liés à l’entrée dans la sexualité génitale. Elle regroupe plusieurs déterminants motivationnels majeurs :

  • Gratification affective et hédonique : La recherche de sensations positives immédiates (« makes them feel good ») et le besoin d’affiliation affective profonde (« makes them feel loved »).
  • Consolidation statutaire et identitaire : Le sentiment d’accéder au statut d’adulte (« makes them feel grown up ») et le renforcement de l’estime de soi ou du sentiment d’auto-efficacité personnelle (« feel more confident and sure of themselves »).
  • Conformité et statut au sein du groupe de pairs : L’intégration sociale (« want to fit in with their friends ») et l’imitation de modèles sociaux valorisés (« people they admire or look up to make it seem like a ‘cool’ thing to do »).
  • Régulation émotionnelle et échappatoire : L’utilisation du comportement sexuel comme mécanisme d’adaptation ou d’évitement face au stress (« helps them forget their problems »).
  • Maintien relationnel ou motivations parentales spécifiques : L’acte sexuel perçu comme un instrument pour séduire ou retenir un partenaire amoureux, voire, de manière plus marginale, le désir délibéré de concevoir un enfant ou de fonder une famille.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le fondement théorique de l’instrument s’ancre dans les théories sociocognitives de la prise de décision, de la perception du risque et du développement de l’adolescent. Il fait la synthèse entre les approches de l’utilité espérée, la théorie du comportement planifié et les modèles de vulnérabilité psychosociale spécifiques à cette période du cycle de vie.

Le Modèle des croyances relatives à la santé (Health Belief Model – HBM)

Initié par Irwin M. Rosenstock (1974) et enrichi par Marshall H. Becker, le Modèle des croyances relatives à la santé postule que la décision d’adopter ou d’éviter un comportement de santé dépend de l’évaluation conjointe de la vulnérabilité perçue, de la gravité des conséquences potentielles, ainsi que du bilan net entre les barrières perçues (coûts) et les bénéfices escomptés de l’action. Dans l’échelle de Small et al., la décision d’initier des rapports sexuels est conceptualisée sous cet angle d’évaluation subjective : l’abstinence ou le passage à l’acte émerge de la confrontation cognitive entre les bénéfices attendus (bien-être, statut, appartenance) et les coûts redoutés (stigmatisation, grossesse, infections).

La Théorie de l’action raisonnée et du comportement planifié

Développées par Icek Ajzen et Martin Fishbein, ces théories stipulent que l’intention comportementale est le déterminant le plus direct du comportement, intention elle-même gouvernée par l’attitude envers le comportement, les normes subjectives et le contrôle comportemental perçu. Les items de Small et al. capturent fidèlement ces dimensions : les conséquences évaluatives individuelles correspondent aux croyances comportementales (coûts et bénéfices intrinsèques), tandis que les items portant sur l’approbation des parents et des pairs mesurent directement les composantes de la pression normative subjective.

Les modèles décisionnels à l’adolescence et le développement psychosocial

L’instrument s’appuie également sur les perspectives développementales de Baruch Fischhoff, Ruth Beyth-Marom et Lita Furby concernant la compétence décisionnelle des adolescents. Ces auteurs réfutent la thèse simpliste selon laquelle les adolescents prendraient des risques parce qu’ils se croiraient totalement invulnérables (le « mythe de l’invulnérabilité » d’Elkind). Ils démontrent plutôt que les adolescents ont souvent une conscience aiguë des risques, mais que dans leur calcul de valeur, les bénéfices immédiats à court terme (approbation sociale, sensation, lien affectif) surpassent largement l’anticipation de coûts probabilistes ou différés à long terme (maladies, altération de carrière). En formalisant cette dichotomie à travers deux scores distincts, Small et ses collaborateurs permettent de tester empiriquement la modulation de ce compromis cognitif en fonction de la maturation de l’adolescent.

7. Validité / Validity

Les propriétés de validité de l’échelle ont été documentées empiriquement par Stephen A. Small et ses collègues à travers plusieurs vagues d’enquêtes représentatives dans le cadre du Teen Assessment Project (TAP) à l’Université du Wisconsin-Madison.

Validité de construit et validité discriminante

La validité de construit de l’instrument a été vérifiée en examinant la capacité de l’outil à discriminer les adolescents selon leur statut réel d’activité sexuelle. Conformément aux hypothèses théoriques fondamentales :

  • Les adolescents non actifs sexuellement obtiennent des scores de Coûts perçus significativement plus élevés que leurs pairs actifs sexuellement. La corrélation bisérielle ponctuelle entre l’abstinence sexuelle et le score de coûts perçus s’élève à r = 0,32 (p < 0,001).
  • Inversement, les adolescents sexuellement actifs rapportent des scores de Bénéfices perçus plus élevés que les non-actifs, bien que la taille d’effet de cette association soit plus modeste mais statistiquement significative (r = 0,11, p < 0,01).

Différences selon le genre

L’échelle met en lumière des variations significatives entre garçons et filles, ce qui renforce sa validité concourante au regard de la littérature sur la socialisation de genre à l’adolescence :

  • Les adolescentes perçoivent nettement plus de coûts associés aux rapports sexuels que les adolescents de sexe masculin (Moyenne = 17,30 contre Moyenne = 14,80, p < 0,001). Cette disparité reflète le fardeau physiologique, reproductif et psychosocial disproportionné qu’impose la grossesse à l’adolescente ainsi que le double standard normatif persistant.
  • À l’opposé, les filles perçoivent significativement moins de bénéfices liés aux relations sexuelles que les garçons (Moyenne = 17,68 contre Moyenne = 18,22, p < 0,05).

Validité prédictive et corrélats comportementaux

Dans des travaux complémentaires (Small, 1991, 1996), la valeur prédictive des sous-échelles a été mise à l’épreuve auprès de populations d’adolescents en milieu scolaire :

  • Utilisation de la contraception : Chez les adolescents sexuellement actifs, la régularité du recours à des méthodes contraceptives présente une corrélation positive statistiquement significative avec le score de la sous-échelle des Coûts perçus (r = 0,24, p < 0,01). En revanche, aucune corrélation n’est observée avec la sous-échelle des Bénéfices perçus. Ce résultat démontre que la vigilance contraceptive est directement motivée par l’anticipation active des conséquences négatives (grossesse, maladies), et non par l’absence d’attentes positives vis-à-vis du rapport sexuel.
  • Climat relationnel familial : Les adolescents déclarant entretenir des relations positives, chaleureuses et soutenantes avec leurs figures parentales manifestent des perceptions de coûts significativement plus élevées que les jeunes vivant dans un climat familial conflictuel ou distant.
  • Aspirations scolaires : Small (1991) a identifié que les jeunes projetant de poursuivre des études universitaires désignent la peur de la grossesse et l’entrave à leurs ambitions futures comme le motif prépondérant de non-initiation sexuelle, validant la pertinence écologique de l’item 10 de l’échelle des coûts.

Évolution développementale des bénéfices perçus

Un constat empirique majeur dégagé par Small et al. (1993) concerne la dynamique longitudinale des scores en fonction du niveau scolaire. Alors que les scores de bénéfices perçus demeurent constants chez les adolescents abstinents à travers les classes, on constate une baisse sensible de ces scores après la 9e année scolaire (élèves âgés d’environ 14-15 ans) chez les adolescents ayant déjà des rapports sexuels. Les auteurs avancent deux hypothèses explicatives : premièrement, avec l’expérience pratique, les adolescents découvrent que leurs attentes idéalisées ne correspondent pas à la réalité du passage à l’acte ; deuxièmement, aux âges plus précoces où la sexualité est culturellement moins tolérée, le jeune a besoin de se persuader de l’existence de gains massifs pour braver l’interdit, alors qu’à un âge plus avancé, le comportement devenant normatif, la nécessité de cette rationalisation cognitive s’estompe.

8. Fidélité / Reliability

L’évaluation psychométrique de la fidélité de l’Adolescent Perceived Costs and Benefits Scale for Sexual Intercourse s’est attachée à documenter la consistance interne des énoncés ainsi que leur stabilité temporelle.

Consistance interne

La cohérence interne a été calculée au moyen du coefficient alpha de Cronbach sur un échantillon vaste et hétérogène de 2 444 adolescents masculins et féminins scolarisés dans l’enseignement secondaire (collèges et lycées du Midwest américain) :

  • Sous-échelle des Coûts perçus (10 items) : α = 0,86
  • Sous-échelle des Bénéfices perçus (10 items) : α = 0,86

Ces indices sont nettement supérieurs au seuil standard de 0,70 requis en recherche psychosociale et témoignent d’une excellente homogénéité thématique interne sans redondance excessive entre les items.

Fidélité test-retest (Stabilité temporelle)

La stabilité temporelle a été mesurée auprès d’un sous-échantillon de 124 adolescents des deux sexes ayant complété l’inventaire à deux reprises sur un intervalle de deux semaines :

  • Sous-échelle des Coûts perçus : r = 0,70 (p < 0,001)
  • Sous-échelle des Bénéfices perçus : r = 0,65 (p < 0,001)

Ces coefficients de fidélité test-retest indiquent une stabilité satisfaisante pour des mesures attitudinales à l’adolescence, période de transition caractérisée par une forte labilité cognitive et émotionnelle, tout en laissant l’espace nécessaire à la sensibilité au changement consécutive à des interventions éducatives ou à des événements relationnels majeurs.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Le processus de développement de l’échelle s’est étalé sur plusieurs années et a comporté des entretiens qualitatifs approfondis menés auprès de cohortes diversifiées d’adolescents afin de générer un pool initial d’items reflétant fidèlement le langage et les représentations des jeunes eux-mêmes. Ces items ont ensuite été soumis à des tests pilotes et à des procédures d’analyse factorielle exploratoire (AFE) puis confirmatoire (AFC).

Structure à deux facteurs orthogonaux

Les analyses factorielles conduites par Small et al. (1993) confirment que la structure sous-jacente des données est représentée de manière optimale par une solution à deux facteurs indépendants, correspondant directement aux deux sous-échelles théoriques préconçues :

  • Facteur 1 : Coûts perçus de l’activité sexuelle. Ce facteur regroupe les 10 items décrivant les freins moraux, sanitaires, sociaux, affectifs et scolaires. Les saturations factorielles de ces items sur leur dimension cible sont uniformément robustes, variant généralement entre 0,48 et 0,74, sans saturation croisée majeure sur le facteur alternatif.
  • Facteur 2 : Bénéfices perçus de l’activité sexuelle. Ce facteur rassemble les 10 items mesurant la quête de maturité, l’hédonisme, l’affiliation, le prestige social, la curiosité et l’affirmation identitaire, avec des saturations factorielles oscillant entre 0,42 et 0,71.

Indépendance conceptuelle des facteurs

Un constat capital mis en évidence lors des analyses factorielles est la faible covariance observée entre les deux facteurs. L’absence de corrélation négative forte entre les sous-échelles de coûts et de bénéfices atteste qu’un adolescent peut simultanément percevoir des niveaux élevés de bénéfices (par exemple, le plaisir ou le sentiment d’être aimé) et des niveaux élevés de coûts (comme le risque de grossesse ou la peur de décevoir ses parents). Cette indépendance métrologique confirme la validité de l’approche bidimensionnelle par rapport aux modèles additifs unidimensionnels simples.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’instrument de mesure présente des spécifications techniques standardisées destinées à faciliter son administration en milieu scolaire, clinique ou de recherche :

  • Type de test : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation papier-crayon ou numérique (auto-rapporté).
  • Population cible : Adolescents et jeunes adultes, typiquement scolarisés de la 7e à la 12e année (tranche d’âge approximative : 12 à 19 ans).
  • Nombre total d’items : 20 items (divisés en 2 sous-échelles indépendantes de 10 items chacune).
  • Format des réponses : Échelle de type Likert à 4 points formulée ainsi :
    • 0 = Fortement d’accord (Strongly Agree)
    • 1 = D’accord (Agree)
    • 2 = En désaccord (Disagree)
    • 3 = Fortement en désaccord (Strongly Disagree)

    Remarque sur la cotation : Dans le protocole de cotation standard pour la recherche, les items sont généralement inversés (recodés) de sorte que : 0 = Fortement en désaccord, 1 = En désaccord, 2 = D’accord, 3 = Fortement d’accord, garantissant qu’un score numérique plus élevé traduise un niveau plus élevé de coûts ou de bénéfices perçus.

  • Temps de passation : Environ 3 à 5 minutes par sous-échelle, soit une durée totale d’administration de 6 à 10 minutes pour l’ensemble du questionnaire.
  • Procédure de calcul des scores :
    • Score total de la sous-échelle des Coûts perçus : Somme des 10 items de coûts (après alignement du codage). L’étendue possible du score va de 0 à 30 points. Un score élevé dénote une anticipation aiguë des conséquences défavorables de l’activité sexuelle.
    • Score total de la sous-échelle des Bénéfices perçus : Somme des 10 items de bénéfices. L’étendue possible du score va de 0 à 30 points. Un score élevé traduit une forte valorisation des gains hédoniques, sociaux et affectifs liés aux rapports sexuels.
    • Analyse au niveau de l’item individuel : Les items peuvent être analysés isolément afin d’identifier les motifs modaux ou prédominants guidant les décisions de groupes particuliers d’adolescents (ex. : la curiosité chez les élèves plus âgés ou la peur de la grossesse chez les élèves visant des études supérieures).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de conception et publication : 1993 (données préliminaires présentées dès 1991, publications ultérieures en 1996).
  • Statut des droits d’auteur et licence : L’échelle a été développée dans un cadre de recherche universitaire financé par des fonds institutionnels au sein du Teen Assessment Project de l’Université du Wisconsin-Madison. Elle est accessible pour des fins de recherche académique, scientifique et clinique non commerciale.
  • Coût d’utilisation : Gratuit pour la communauté scientifique et les praticiens de l’éducation ou de la santé dans un contexte d’évaluation non lucratif.
  • Demande d’autorisation institutionnelle : Bien que les items soient publiés dans la littérature scientifique, il convient d’adresser une notification formelle ou une demande d’autorisation d’adaptation/traduction à l’auteur principal :

    Stephen A. Small, Ph.D., Department of Human Development and Family Studies, University of Wisconsin-Madison, 1430 Linden Drive, 201 HDFS Building, Madison, WI 53706, USA (Courriel : [email protected]).
  • Mesure parallèle : Une échelle analogue évaluant les coûts et bénéfices perçus de l’usage de l’alcool chez les adolescents a été élaborée selon la même matrice méthodologique (voir Philipp, 1993 ; Small et al., 1993).

12. Références / References

Les sources bibliographiques clés documentant la construction, la validation et l’utilisation de l’instrument sont présentées ci-dessous en conformité avec les normes de l’American Psychological Association (APA 7e édition) :

  • Becker, M. H. (1974). The health belief model and personal health behavior. Health Education Monographs, 2(4), 324–473. https://doi.org/10.1177/109019817400200407
  • Fischhoff, B., Beyth-Marom, R., & Furby, L. (1988). Evaluating risk education programs. In S. L. Archer (Ed.), Interventions for adolescent risk behaviors. Washington, DC: Carnegie Council on Adolescent Development.
  • Fishbein, M., & Ajzen, I. (1975). Belief, attitude, intention, and behavior: An introduction to theory and research. Addison-Wesley.
  • Philipp, M. (1993). From the adolescent’s perspective: Understanding the costs and benefits of using alcohol (Thèse de doctorat inédite). University of Wisconsin-Madison.
  • Rosenstock, I. M. (1974). Historical origins of the health belief model. Health Education Monographs, 2(4), 328–335. https://doi.org/10.1177/109019817400200403
  • Small, S. A. (1991, octobre). Understanding the reasons underlying adolescent sexual activity [Communication orale]. Colloque : Teen Sexuality Challenge… Bridging the Gap between Research and Action, University of Wisconsin-Green Bay, Green Bay, WI, États-Unis.
  • Small, S. A. (1996). Teen Assessment Project findings [Données non publiées]. Department of Child and Family Studies, University of Wisconsin-Madison.
  • Small, S. A., Silverberg, S. B., & Kerns, D. (1993). Adolescents’ perceptions of the costs and benefits of engaging in health-compromising behaviors. Journal of Youth and Adolescence, 22(1), 73–87. https://doi.org/10.1007/BF01537758

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: Below are some of the reasons that teens give for NOT having sexual intercourse. Please indicate how much you agree or disagree with each reason. If you’re not sure, give your best guess.
1

Teenagers don’t have sex because they think it is morally wrong or against their religion.
2

Teenagers don’t have sex because they don’t want to get a sexually transmitted disease (STD) or a disease like AIDS.
3

Teenagers don’t have sex because their parent(s) don’t approve.
4

Teenagers don’t have sex because they don’t feel old enough to handle it.
5

Teenagers don’t have sex because their friends won’t approve.
6

Teenagers don’t have sex because they or their partner might get pregnant.
7

Teenagers don’t have sex because they aren’t in love with anyone yet.
8

Teenagers don’t have sex because they don’t need it to make them happy.
9

Teenagers don’t have sex because they would feel guilty.
10

Teenagers don’t have sex because they or their partner might get pregnant which might mess up their future plans for college, school or a career.
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Looti, M. (2026, octobre 18). Échelle des coûts et des bénéfices perçus des rapports sexuels chez les adolescents. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-des-couts-et-des-benefices-percus-des-rapports-sexuels-chez-les-adolescents/
Looti, Mohammed. “Échelle des coûts et des bénéfices perçus des rapports sexuels chez les adolescents.” Base de données de psychologie en français, 18 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-des-couts-et-des-benefices-percus-des-rapports-sexuels-chez-les-adolescents/.
Looti, Mohammed. “Échelle des coûts et des bénéfices perçus des rapports sexuels chez les adolescents.” Base de données de psychologie en français. octobre 18, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-des-couts-et-des-benefices-percus-des-rapports-sexuels-chez-les-adolescents/.