Questionnaire d’autorégulation prosociale SRQ-P

Découvrez le Questionnaire d’autorégulation prosociale (SRQ-P) de Ryan et Connell (1989) : fondements théoriques en autodétermination, structure psychométrique, sous-échelles et items authentiques.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 7, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 7, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

Le Questionnaire d’autorégulation prosociale (Prosocial Self-Regulation Questionnaire, SRQ-P), développé par Richard M. Ryan et James P. Connell en 1989, est un instrument psychométrique conçu pour évaluer les processus motivationnels et les styles de régulation qui sous-tendent les comportements prosociaux chez les enfants et les préadolescents scolarisés à la fin de l’école primaire et au collège (approximativement de 8 à 14 ans). Ancré dans le cadre conceptuel de la théorie de l’autodétermination (TAD), et plus particulièrement dans la théorie de l’intégration organismique (OIT), cet outil explore les raisons pour lesquelles les jeunes adoptent des conduites altruistes, coopératives ou respectueuses envers leurs pairs face à diverses situations sociales du quotidien.

Le questionnaire est composé de scénarios ou dilemmes sociaux quotidiens (tels que tenir une promesse, ne pas se moquer d’un pair en échec, s’abstenir de frapper sous le coup de la colère, être bienveillant ou porter assistance à un camarade en détresse) auxquels sont associées des déclarations reflétant différents degrés d’internalisation de l’action morale. Le SRQ-P opérationnalise trois sous-échelles distinctes : la régulation externe (obéissance par peur des sanctions ou recherche de gratifications/approbation sociale), la régulation introjectée (évitement de la culpabilité, de la honte ou valorisation de l’estime de soi conditionnelle) et la régulation identifiée (reconnaissance de l’importance intrinsèque, de la valeur morale et des principes guidant l’action prosociale). Contrairement aux questionnaires d’autorégulation académique ou sportive, le SRQ-P ne comporte pas de sous-échelle de régulation intrinsèque pure, les auteurs postulant que les comportements prosociaux émergent principalement de processus de socialisation et d’internalisation de règles morales plutôt que d’un plaisir inhérent et spontaneously ludique.

Les participants répondent à l’aide d’une échelle ordinale en 4 points adaptée au développement cognitif de l’enfant (« Very True » coté 4, « Sort of True » coté 3, « Not Very True » coté 2, « Not at All True » coté 1). Les analyses psychométriques initiales et ultérieures confirment une solide cohérence interne (coefficients alpha de Cronbach oscillant typiquement entre 0,68 et 0,86 selon les dimensions), une structure d’intercorrélations en continuum conforme au modèle quasi-simplex théorique de la TAD, ainsi qu’une excellente validité convergente et prédictive vis-à-vis des conduites d’empathie, d’adaptation socio-émotionnelle et de bien-être psychologique.

2. Mots-clés / Keywords

Questionnaire d’autorégulation prosociale, SRQ-P, théorie de l’autodétermination, comportement prosocial, régulation externe, régulation introjectée, régulation identifiée, internalisation, psychométrie, empathie, développement moral, enfance, préadolescence.

3. Auteurs / Authors

Le Questionnaire d’autorégulation prosociale a été élaboré par deux figures éminentes de la psychologie contemporaine de la motivation et du développement de l’enfant :

  • Richard M. Ryan, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie à l’Université de Rochester (New York, États-Unis) et professeur émérite à l’Institute for Positive Psychology and Education de l’Australian Catholic University (Sydney, Australie). Co-créateur avec Edward L. Deci de la théorie de l’autodétermination, ses travaux pionniers portent sur la dynamique motivationnelle, le bien-être, l’internalisation des valeurs culturelles et l’épanouissement humain. (Courriel institutionnel de recherche : [email protected]).
  • James P. Connell, Ph.D. : Chercheur en psychologie du développement, anciennement affilié au Département de psychologie de l’Université de Rochester, puis cofondateur et directeur de recherche à Institute for Research and Reform in Education (IRRE). Ses recherches portent sur les modèles de développement socio-émotionnel, l’engagement scolaire et les transitions développementales chez l’enfant et l’adolescent.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental du Prosocial Self-Regulation Questionnaire (SRQ-P) est d’évaluer de manière rigoureuse le lieu perçu de causalité (Perceived Locus of Causality, PLOC) régissant les conduites morales et d’entraide chez les enfants scolarisés en fin d’école primaire et au début de l’enseignement secondaire. Alors que les approches comportementales classiques se bornaient à quantifier la fréquence des conduites prosociales manifestes (comme partager un jouet ou consoler un camarade), Ryan et Connell (1989) ont postulé que deux enfants émettant un comportement extérieur rigoureusement identique peuvent être animés par des structures psychologiques radicalement différentes, entraînant des trajectoires affectives et comportementales opposées à long terme.

Dans les contextes de recherche en psychologie du développement, le SRQ-P permet de disséquer la maturation de l’autonomie morale. Un enfant peut aider un pair par crainte d’être puni par l’enseignant (hétéronomie totale), pour ne pas ressentir la morsure de la culpabilité ou pour préserver son image (pression interne / introjection), ou parce qu’il valorise sincèrement le bien-être d’autrui et adhère à la règle de justice sociale (identification). Cette distinction est capitale, car la recherche démontre que les styles régulateurs autonomes sont corrélés à une plus grande flexibilité émotionnelle, à une empathie dispositionnelle élevée, à une diminution des affects dépressifs et à une résilience accrue face au stress relationnel.

Dans les applications éducatives et cliniques, le SRQ-P fournit un cadre diagnostique pour évaluer l’impact des programmes de promotion du climat scolaire, de prévention du harcèlement et d’apprentissage socio-émotionnel (Social and Emotional Learning, SEL). En milieu de consultation pédiatrique ou de pédopsychologie, l’échelle permet d’éclairer la nature des troubles du comportement, des conduites oppositionnelles ou de l’anxiété de performance morale (sur-introjection). Elle offre aux professionnels un indicateur qualitatif de l’intériorisation morale, guidant la mise en place d’environnements soutenant l’autonomie plutôt que de systèmes exclusivement punitifs ou basés sur le conditionnement par récompenses contingentes.

5. Construit psychologique / Construct

Le SRQ-P opérationnalise le construit de l’autorégulation prosociale à travers le prisme du continuum d’autodétermination. Plutôt qu’une entité unidimensionnelle, l’orientation prosociale est modélisée comme une dynamique d’internalisation différentielle comprenant trois styles de régulation distincts :

La régulation externe (External Regulation)

La régulation externe représente la forme la moins autonome et la plus aliénée de motivation non intrinsèque. Dans cette configuration, le comportement prosocial est initié et maintenu par des contingences environnementales tangibles et directes. L’enfant agit afin de satisfaire des exigences externes, d’obtenir des récompenses sociales ou matérielles, d’éviter des réprimandes ou d’échapper à une punition infligée par des figures d’autorité (parents, enseignants) ou par les pairs.
Par exemple, lorsqu’il est invité à expliquer pourquoi il ne frappe pas un camarade lorsqu’il est en colère, l’enfant à forte régulation externe répond : « Because I’ll get in trouble if I do » ou « Because if I don’t, other kids won’t like me ». L’enfant perçoit un lieu de causalité externe (E-PLOC) ; l’obligation est ressentie comme imposée du dehors, sans adhésion personnelle à la valeur de bienveillance.

La régulation introjectée (Introjected Regulation)

La régulation introjectée constitue une première étape d’intériorisation psychologique. La règle ou la norme prosociale a été intériorisée dans la structure du soi, mais elle n’a pas été assimilée ni intégrée à l’identité authentique de l’individu. L’action est dirigée par des forces internes de contrainte : l’évitement de l’anxiété, de la honte ou de la culpabilité morale, ou à l’inverse, la recherche d’une auto-approbation narcissique et le maintien d’une estime de soi conditionnelle.
L’enfant se contraint lui-même à agir de manière prosociale pour préserver son statut moral interne. Les réponses caractéristiques incluent : « Because I’d feel like a bad person if I didn’t » ou « Because I’d feel ashamed of myself after I did it ». Bien que le lieu de causalité physique soit désormais interne à l’individu, le lieu perçu de causalité demeure psychologiquement contraignant et non autodéterminé, entraînant souvent une tension intrapsychique significative.

La régulation identifiée (Identified Regulation)

La régulation identifiée représente une forme hautement autonome d’internalisation. Dans ce style, l’enfant a consciemment valorisé l’importance de l’acte prosocial et l’a accepté comme personnellement significatif. L’action n’est plus perçue comme un fardeau imposé par autrui ou dicté par une culpabilité névrotique, mais découle d’un engagement authentique envers des valeurs morales et humanistes partagées.
L’enfant reconnaît que le comportement est en adéquation avec ses propres buts et conceptions du bien-vivre ensemble. Cela s’illustre par des déclarations telles que : « Because I think it’s important to be nice to others » ou « Because I think it’s important to keep promises ». Le lieu perçu de causalité est interne (I-PLOC), et l’activité est associée à un sentiment de liberté psychologique, de volition et d’intégrité personnelle.

Absence de la régulation intrinsèque dans le SRQ-P

Contrairement aux autres instruments de la suite SRQ (notamment le questionnaire académique SRQ-A), le SRQ-P ne contient intentionnellement aucune sous-échelle de régulation intrinsèque. Ryan et Connell (1989) justifient ce choix théorique fondamental : les comportements prosociaux (comme ne pas frapper sous le coup de la rage, tenir une promesse coûteuse ou partager une ressource rare) ne sont pas originellement suscités par un intérêt spontané, une curiosité ludique ou un plaisir inhérent (les moteurs canoniques de la motivation intrinsèque). Ils découlent plutôt d’exigences normatives transmises par la socialisation primaire et secondaire. L’adhésion optimale à ces conduites réside donc dans l’identification morale aboutie, et non dans une quête de divertissement inhérent à la tâche.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le SRQ-P s’inscrit au cœur de la théorie de l’autodétermination (SDT) formulée par Edward L. Deci et Richard M. Ryan. La SDT est une théorie macro-analytique de la motivation humaine, du développement de la personnalité et du fonctionnement psychologique optimal. Au sein de cette métathéorie, le SRQ-P se fonde plus spécifiquement sur la théorie de l’intégration organismique (Organismic Integration Theory, OIT), qui conceptualise la manière dont les individus internalisent les régulations comportementales issues de leur environnement social.

Historiquement, les théories psychologiques de l’action distinguaient de manière dichotomique les conduites extrinsèques (motivées par l’environnement) des conduites intrinsèques (motivées par le plaisir). Dès la fin des années 1980, Ryan et Connell ont révolutionné cette perspective en démontrant que la motivation extrinsèque ne forme pas un bloc monolithique mais s’étend le long d’un continuum d’autodétermination. Ce continuum reflète des degrés croissants d’internalisation et d’intégration du lieu de causalité perçu :

  • Non-régulation (Amotivation) : absence totale d’intention d’agir.
  • Régulation externe : soumission stricte aux récompenses/punitions tangibles (contrôle externe).
  • Régulation introjectée : intériorisation partielle médiatisée par l’égo et l’auto-sanction (contrôle interne).
  • Régulation identifiée : acceptation consciente de la valeur et intégration fonctionnelle (autonomie relative).
  • Régulation intégrée : congruence totale avec le système de valeurs globales du soi (autonomie mature, observée principalement à l’adolescence avancée et à l’âge adulte).
  • Régulation intrinsèque : engagement pour le plaisir et la satisfaction inhérente à l’activité elle-même.

Dans le domaine prosocial, la théorie de l’intégration organismique postule que la propension naturelle de l’être humain à tisser des liens sociaux positifs (en lien avec le besoin psychologique fondamental d’appartenance sociale ou relatedness) favorise l’intériorisation des règles morales collectives. Cependant, la qualité de cette intégration dépend directement de la satisfaction des trois besoins psychologiques fondamentaux décrits par Deci et Ryan : l’autonomie (sentiment d’être à l’origine de ses choix), la compétence (sentiment d’efficacité dans ses interactions) et l’appartenance (sentiment d’être connecté et accepté par un groupe de référence). Lorsque l’entourage éducatif adopte un style soutenant l’autonomie (en fournissant des justifications rationnelles, en reconnaissant les émotions de l’enfant et en minimisant les pressions coercitives), l’enfant progresse de la régulation externe vers l’identification prosociale intégrée.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique du Questionnaire d’autorégulation prosociale a été rigoureusement démontrée par Ryan et Connell (1989) lors de leurs études fondatrices auprès de cohortes d’élèves de l’enseignement élémentaire supérieur et du premier cycle du secondaire (échantillons de 4e, 5e et 6e années aux États-Unis, représentant plusieurs centaines d’enfants).

Validité de construit et structure de quasi-simplex

La validité de construit du SRQ-P est établie de manière exemplaire par l’observation d’un modèle simplex (ou quasi-simplex) dans la matrice de corrélations entre les sous-échelles. Conformément aux prédictions mathématiques de la théorie de l’autodétermination :

  • Les sous-échelles adjacentes le long du continuum théorique (par exemple, régulation externe et régulation introjectée, ou régulation introjectée et régulation identifiée) présentent des corrélations positives plus élevées que les sous-échelles distantes.
  • La corrélation entre les deux extrémités du continuum présent dans l’outil (régulation externe et régulation identifiée) est substantiellement plus faible, voire négative ou non significative (généralement comprise entre r = -0,15 et r = 0,10 selon les échantillons).

Ce patron de corrélations ordonnées démontre empiriquement l’existence d’une dimension latente continue sous-jacente mesurant le degré d’autonomie psychologique perçue.

Validité convergente et divergente

Le SRQ-P a fait l’objet de corrélations systématiques avec des mesures établies d’empathie, de moralité, d’adaptation socio-émotionnelle et de style parental perçu :

  • Empathie et compassion : La régulation identifiée présente des corrélations positives fortes avec l’empathie dispositionnelle et la prise de perspective (r variant de 0,40 à 0,55, p < 0,001). À l’inverse, la régulation externe est négativement ou non corrélée à l’empathie authentique.
  • Affects et détresse psychologique : La régulation introjectée est spécifiquement et positivement corrélée à l’anxiété scolaire et sociale, à la rumination et à la culpabilité névrotique après transgression. En revanche, la régulation identifiée est corrélée positivement à l’estime de soi globale et au bien-être psychologique.
  • Climat familial et soutien à l’autonomie : Les enfants rapportant des parents chaleureux et soutenant l’autonomie manifestent des niveaux significativement plus élevés de régulation identifiée, tandis que les climats familiaux contrôlants ou punitifs prédisent des scores prépondérants de régulation externe et introjectée.

Validité prédictive et comportementale

Sur le plan comportemental, des évaluations indépendantes menées par les pairs (sociométrie) et par les enseignants démontrent que les enfants présentant un profil d’autorégulation prosociale autonome (score élevé d’identification) sont perçus comme significativement plus coopératifs, moins agressifs et plus enclins à intervenir spontanément pour soutenir un camarade exclu. Les élèves dominés par une régulation externe n’affichent des comportements d’aide qu’en présence explicite d’un surveillant ou d’un enseignant.

8. Fidélité / Reliability

Les propriétés de fidélité du SRQ-P ont été examinées à travers l’évaluation de la cohérence interne et la stabilité temporelle des scores :

Cohérence interne (Alpha de Cronbach)

Les études initiales de Ryan et Connell (1989) ainsi que les réplications ultérieures dans la littérature en psychologie du développement ont mis en évidence des indices de consistance interne tout à fait satisfaisants pour des échelles destinées à des populations d’enfants d’âge scolaire :

  • Sous-échelle Régulation externe : Les coefficients alpha de Cronbach se situent habituellement entre 0,72 et 0,81. Cette sous-échelle présente une homogénéité robuste à travers les différents scénarios comportementaux du test.
  • Sous-échelle Régulation introjectée : Les coefficients alpha se situent typiquement entre 0,68 et 0,78. Bien que légèrement plus modeste en raison de la complexité cognitive inhérente aux affects de culpabilité chez les jeunes enfants, cette valeur demeure pleinement acceptable sur le plan psychométrique.
  • Sous-échelle Régulation identifiée : Les coefficients alpha oscillent entre 0,76 et 0,86, témoignant d’une forte convergence des items évaluant la valeur morale accordée aux actions prosociales.

Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

Dans les cohortes suivies sur des intervalles temporels courts à moyens (de 4 à 8 semaines), les coefficients de fidélité test-retest (r de Pearson) démontrent une stabilité substantielle des orientations motivationnelles (coefficients oscillant généralement entre 0,65 et 0,77 pour les différentes sous-échelles). Ces résultats confirment que le SRQ-P capture des orientations régulatrices stables sur le plan dispositionnel, tout en demeurant sensible aux interventions éducatives ciblées sur le climat moral.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’architecture factorielle du SRQ-P reflète fidèlement la structure théorique postulée par la théorie de l’intégration organismique. Lors des travaux fondateurs de Ryan et Connell (1989), des analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) ont été conduites pour valider la partition en trois dimensions régulatrices distinctes à travers les différents contextes prosociaux.

Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)

Les extractions de facteurs principaux accompagnées de rotations obliques (Promax ou Oblimin) font émerger avec netteté trois facteurs latents correspondant aux trois styles de régulation théoriques :

  • Le Facteur 1 (Régulation identifiée) regroupe systématiquement les items référant à l’importance personnelle, aux valeurs de justice et au respect mutuel (saturations factorielles typiquement supérieures à 0,55).
  • Le Facteur 2 (Régulation externe) agrège les items relatifs à l’évitement des punitions, à la peur de s’attirer des ennuis (« get in trouble ») et à la conformité pour se faire aimer des pairs (saturations comprises entre 0,50 et 0,78).
  • Le Facteur 3 (Régulation introjectée) capture de manière isolée les énoncés portant sur le sentiment de honte, la culpabilité (« feel bad about myself ») et l’autocritique morale (saturations situées entre 0,48 et 0,72).

Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC) et modélisation en équations structurelles

Les études contemporaines employant l’AFC confirment la supériorité d’un modèle tri-factoriel corrélé par rapport à un modèle unidimensionnel ou bi-factoriel (opposant simplement le contrôle à l’autonomie). Les indices d’ajustement couramment rapportés dans la littérature sont conformes aux seuils méthodologiques conventionnels :

  • Chi-deux normé ($\chi^2/df$) : généralement inférieur à 2,5.
  • CFI (Comparative Fit Index) : $ge 0,92$.
  • TLI (Tucker-Lewis Index) : $ge 0,90$.
  • RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : $le 0,055$ (avec un intervalle de confiance à 90 % compris entre 0,042 et 0,068).

Ces modélisations structurelles valident également la contrainte théorique simplex : la covariance entre le facteur externe et le facteur identifié est significativement plus faible que les covariances entre facteurs contigus, corroborant la structure ordonnée de l’espace latent.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’instrument se présente sous la forme d’un auto-questionnaire standardisé sur papier ou format numérique destiné aux enfants et adolescents :

  • Type d’évaluation : Auto-rapport (self-report questionnaire).
  • Population cible : Enfants et préadolescents (généralement de la 4e à la 8e année de scolarité, soit environ 9 à 14 ans).
  • Format des questions : L’outil est structuré autour de 5 vignettes situationnelles (ou questions souches) introduisant des dilemmes ou des conduites prosociales de la vie courante :
    1. Pourquoi tiens-tu une promesse faite à des amis ? (Why do you keep a promise to friends?)
    2. Pourquoi ne te moques-tu pas d’un autre enfant qui fait une erreur ? (Why do you not make fun of another child for making a mistake?)
    3. Pourquoi ne frappes-tu pas quelqu’un lorsque tu es en colère contre lui ? (Why don’t you hit someone when you’re mad at them?)
    4. Pourquoi essaies-tu d’être gentil avec les autres enfants ? (Why do you try to be nice to other kids?)
    5. Pourquoi aiderais-tu quelqu’un qui est en détresse ? (Why would you help someone who is in distress?)
  • Nombre total d’items : 24 items répartis sous les 5 situations souches.
  • Échelle de réponse : Échelle ordinale de type Likert en 4 points adaptée aux enfants. L’option la plus affirmative apparaît intentionnellement en premier pour faciliter la compréhension des jeunes répondants :
    • 4 = Very True (Tout à fait vrai)
    • 3 = Sort of True (Plutôt vrai)
    • 2 = Not Very True (Pas très vrai)
    • 1 = Not at All True (Pas du tout vrai)
  • Calcul des scores :
    • Scores des sous-échelles : On calcule la moyenne arithmétique des items appartenant à chaque style régulateur. Un score plus élevé indique une adhésion plus forte au style correspondant :
      • Régulation externe (External)
      • Régulation introjectée (Introjected)
      • Régulation identifiée (Identified)
    • Index d’Autonomie Relative (RAI – Relative Autonomy Index) : Les chercheurs peuvent également dériver un score global d’autonomie prosociale en pondérant chaque sous-échelle selon sa position sur le continuum :
      $$\text{RAI Prosocial} = (2 \times \text{Identifiée}) – (1 \times \text{Introjectée}) – (2 \times \text{Externe})$$
      Un score composite positif élevé reflète un fonctionnement moral autonome et autodéterminé, tandis qu’un score négatif indique un fonctionnement prosocial hétéronome et contrôlé.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication initiale : 1989.
  • Auteurs et copyright : Richard M. Ryan et James P. Connell. Le questionnaire est hébergé et documenté sur la plateforme officielle du Center for Self-Determination Theory (selfdeterminationtheory.org).
  • Conditions d’utilisation et permissions : L’instrument est dans le domaine académique public et disponible gratuitement pour la recherche scientifique, l’enseignement universitaire et les applications à but non lucratif. Aucune redevance ni accord payant préalable n’est requis sous réserve de citer scrupuleusement la publication originale de Ryan et Connell (1989).
  • Utilisation commerciale : Toute intégration dans une solution commerciale propriétaire ou plateforme numérique à but lucratif nécessite une autorisation préalable accordée par les détenteurs des droits.

12. Références / References

Les publications de référence ci-dessous fournissent le cadre théorique, les données de validation psychométrique et les applications empiriques du SRQ-P :

  • Deci, E. L., & Ryan, R. M. (1985). Intrinsic motivation and self-determination in human behavior. Plenum Press. https://doi.org/10.1007/978-1-4899-2271-7
  • Deci, E. L., & Ryan, R. M. (2000). The « what » and « why » of goal pursuits: Human needs and the self-determination of behavior. Psychological Inquiry, 11(4), 227–268. https://doi.org/10.1207/S15327965PLI1104_01
  • Grolnick, W. S., & Ryan, R. M. (1989). Parent styles associated with children’s self-regulation and competence in school. Journal of Educational Psychology, 81(2), 143–154. https://doi.org/10.1037/0022-0663.81.2.143
  • Roth, G., Kanat-Maymon, Y., & Bibi, U. (2011). Prevention of school bullying: The role of children’s prosocial self-regulation and educators’ autonomy support. International Journal of Behavioral Development, 35(6), 499–507. https://doi.org/10.1177/0165025411418031
  • Ryan, R. M., & Connell, J. P. (1989). Perceived locus of causality and internalization: Examining reasons for acting in two domains. Journal of Personality and Social Psychology, 57(5), 749–761. https://doi.org/10.1037/0022-3514.57.5.749
  • Ryan, R. M., & Deci, E. L. (2000). Self-determination theory and the facilitation of intrinsic motivation, social development, and well-being. American Psychologist, 55(1), 68–78. https://doi.org/10.1037/0003-066X.55.1.68
  • Ryan, R. M., & Deci, E. L. (2017). Self-determination theory: Basic psychological needs in motivation, development, and wellness. Guilford Press. https://doi.org/10.1521/978.14625/28769

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Why I Do Some Behaviors

These questions are about the reasons you do things. Different kids have different reasons. We want to know how true each of these reasons is for you.

Response format for each item:
• Very true (4)
• Sort of true (3)
• Not very true (2)
• Not at all true (1)

Why do you keep a promise to friends?

  1. So my friends will like me.
  2. Because I’d feel like a bad person if I didn’t.
  3. Because my friends will get made at me if I don’t.
  4. Because I don’t like breaking promises.

Why do you not make fun of another child for making a mistake?

  1. Because if I do‚ I’ll get in trouble.
  2. Because I think it’s important to be nice to others.
  3. Because I’d feel ashamed of myself after I did it.
  4. Because other kids won’t like me if I do that.
  5. Because I don’t like to be mean.

Why don’t you hit someone when you’re mad at them?

  1. Because I’ll get in trouble if I do.
  2. Because I want other kids to like me.
  3. Because I don’t like to hit others.
  4. Because I wouldn’t want to hurt someone.
  5. Because I’d feel bad about myself if I did.

Why do you try to be nice to other kids?

  1. Because if I don’t‚ other kids won’t like me.
  2. Because I’ll get in trouble if I don’t.
  3. Because I think it’s important to be a nice person.
  4. Because I will feel bad about myself if I don’t.
  5. Because I don’t like being mean.

Why would you help someone who is in distress?

  1. Because I think it’s important to give help when it’s needed.
  2. Because I could get in trouble if I didn’t.
  3. Because I’d feel bad about myself if I didn’t.
  4. Because I want people to like me.
  5. Because it is satisfying to help others.

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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 7). Questionnaire d’autorégulation prosociale SRQ-P. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-autoregulation-prosociale-srq-p-2/
Looti, Mohammed. “Questionnaire d’autorégulation prosociale SRQ-P.” Base de données de psychologie en français, 7 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-autoregulation-prosociale-srq-p-2/.
Looti, Mohammed. “Questionnaire d’autorégulation prosociale SRQ-P.” Base de données de psychologie en français. octobre 7, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-autoregulation-prosociale-srq-p-2/.