1. Résumé / Abstract
L’échelle des Expériences parentales de socialisation raciale (Parent Experiences of Racial Socialization, PERS), développée initialement par le professeur Howard C. Stevenson (1999, 2002), constitue un instrument psychométrique d’évaluation quantitative conçu pour mesurer la fréquence et la nature des pratiques éducatives et des messages de socialisation raciale transmis par les parents afro-américains à leurs enfants. Composée de 40 items évalués sur une échelle de fréquence en trois points (1 = never / jamais, 2 = a few times / quelques fois, 3 = a lot of the time / souvent), la PERS opérationnalise les mécanismes complexes par lesquels les familles noires naviguent au sein des dynamiques sociétales marquées par le racisme structurel, la discrimination interpersonnelle et la valorisation culturelle.
Sur le plan structurel, les analyses factorielles exploratoires et confirmatoires (notamment Friend, 2009 ; Thomas et al., 2013) ont identifié plusieurs dimensions fondamentales sous-tendant l’instrument, notamment l’adaptation culturelle face à l’antagonisme (Cultural Coping with Antagonism [CCA]), le renforcement de la fierté culturelle (Cultural Pride Reinforcement [CPR]), l’appréciation culturelle de l’héritage historique (Cultural Appreciation of Legacy [CAL]), la vigilance face à la discrimination (Cultural Alertness to Discrimination [CAD]), l’adhésion aux valeurs dominantes (Cultural Endorsement of the Mainstream [CEM]), ainsi que les dimensions spirituelles et religieuses de la résilience familiale. L’échelle démontre une excellente consistance interne globale (alpha de Cronbach typiquement établi autour de α = 0,88), associée à des indices solides de validité de construit, de validité convergente et de validité prédictive à l’égard de l’ajustement psychosocial, de l’identité raciale et de la réussite scolaire des adolescents. Cet article propose une analyse psychométrique exhaustive de la PERS, décrivant son cadre théorique, sa structure factorielle, ses propriétés de fidélité et de validité, ainsi que ses implications pour la recherche et la pratique clinique en psychologie interculturelle.
2. Mots-clés / Keywords
Socialisation raciale, Expériences parentales, PERS, Howard C. Stevenson, Minorités ethniques, Afro-Américains, Psychométrie, Analyse factorielle, Coping culturel, Discrimination raciale, Éducation parentale, Écologie du développement, Résilience familiale, Alpha de Cronbach, Validité psychométrique.
3. Auteurs / Authors
L’instrument original a été conçu et développé par le Dr Howard C. Stevenson, professeur émérite de psychologie de l’éducation et de santé urbaine à la Graduate School of Education de l’Université de Pennsylvanie (Penn GSE) et directeur du Racial Empowerment Collaborative (REC). Ses travaux pionniers portent sur les traumatismes raciaux, la littératie raciale (racial literacy) et les stratégies de coping appliquées à la jeunesse noire et aux milieux familiaux urbains.
D’autres chercheurs ont apporté des contributions méthodologiques et psychométriques majeures à la formalisation, à la validation factorielle et à l’application empirique de la PERS :
- Howard C. Stevenson, Ph.D. — University of Pennsylvania, Graduate School of Education, Philadelphie, PA, États-Unis. Courriel institutionnel : [email protected].
- Anita Jones Thomas, Ph.D. — Psychologue clinicienne et chercheuse spécialisée dans la socialisation raciale et le développement identitaire, ayant dirigé d’importantes études factorielles sur l’instrument (ex. Thomas et al., 2013).
- Sha’Kema M. Blackmon, Ph.D. & Suzette L. Speight, Ph.D. — Collaboratrices scientifiques dans l’évaluation psychométrique de la structure multidimensionnelle de la PERS.
- Christian A. Friend, Ph.D. — Auteur de recherches doctorales approfondies sur les répercussions de la socialisation raciale parentale sur la réussite académique (University of North Carolina at Greensboro, 2009).
4. Objectif / Purpose
La création de la Parent Experiences of Racial Socialization (PERS) répond à un impératif à la fois théorique, méthodologique et clinique : opérationnaliser rigoureusement les messages et pratiques verbales et comportementales que les parents afro-américains mobilisent pour préparer leurs enfants à grandir dans une société caractérisée par des asymétries raciales et des barrières systémiques. Alors que la majorité des échelles antérieures de parentalité adoptaient un cadre universaliste calqué sur des populations blanches de classe moyenne, négligeant le rôle central de la négociation de la race, la PERS postule que la socialisation raciale constitue une tâche développementale universelle et protectrice essentielle chez les familles minorisées.
L’objectif fondamental de la PERS est de quantifier la fréquence à laquelle les parents communiquent des messages spécifiques concernant l’identité raciale, les exigences d’adaptation, la discrimination perçue, la foi religieuse et la réussite socio-éducative. Plus spécifiquement, l’instrument vise à :
- Différencier les typologies de messages parentaux : distinguer la socialisation proactive (fondée sur la fierté culturelle, l’histoire précoloniale et la dignité) de la socialisation réactive ou défensive (vigilance face au racisme, préparation aux biais sociétaux).
- Évaluer l’intégration de la spiritualité et du capital social élargi (la parentèle élargie ou extended kinship) comme vecteurs d’amortissement contre le stress toxique induit par les micro-agressions et les traumatismes raciaux.
- Fournir aux chercheurs un outil empirique robuste pour examiner les liens médiateurs et modérateurs entre les pratiques de socialisation parentale, le sentiment d’auto-efficacité raciale des adolescents, leur bien-être psychologique et leurs trajectoires scolaires.
- Outiller les cliniciens, psychologues scolaires et éducateurs dans l’évaluation des compétences parentales en matière de littératie raciale, favorisant des interventions ciblées visant à atténuer l’anxiété raciale familiale et à renforcer les facteurs de protection culturels.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit de socialisation raciale parentale mesuré par la PERS est multidimensionnel et ancré dans l’expérience sociosubjective des familles noires. L’architecture de l’instrument s’organise autour de plusieurs domaines fondamentaux identifiés dans les travaux de Stevenson (1999, 2002, 2006) et validés par les analyses ultérieures (Friend, 2009 ; Thomas et al., 2013) :
1. Renforcement de la fierté culturelle (Cultural Pride Reinforcement – CPR)
Cette dimension capture la communication explicite d’affects positifs, de respect de soi et de dignité intrinsèque liée à l’appartenance au groupe noir. Elle favorise l’intériorisation d’une estime de soi raciale robuste dès le plus jeune âge. Les items représentatifs soulignent l’impératif d’être fier de son identité raciale et de refuser toute forme de honte liée à la couleur de peau (ex. item 9 : « You should be proud to be Black » ; item 30 : « Be proud of who you are » ; item 33 : « Never be ashamed of your color »).
2. Appréciation de l’héritage historique et survie culturelle (Cultural Appreciation of Legacy – CAL)
Ce domaine évalue l’ancrage dans la mémoire collective, la connaissance de l’histoire afro-américaine et africaine, et la transmission transgénérationnelle de la résilience historique. La connaissance des accomplissements ancestraux et la commémoration lucide des épreuves historiques (telles que l’esclavage) y sont conçues non comme des sources de victimisation, mais comme des ressources épistémologiques indispensables à la survie psychologique (ex. item 4 : « Black slavery is important never to forget » ; item 14 : « Knowing your African heritage is important for your survival » ; item 16 : « You are connected to a history that goes back to African royalty »).
3. Vigilance face à la discrimination et préparation aux biais (Cultural Alertness to Discrimination – CAD)
Cette composante opérationnalise ce que la littérature nomme la preparation for bias. Elle reflète la transmission de connaissances critiques sur l’existence inhérente du racisme institutionnel et interpersonnel au sein de la société nord-américaine. Le parent prévient l’enfant que le mérite individuel ne suffit pas toujours à neutraliser l’oppression systémique et qu’une conscience aiguë de ces dynamiques est nécessaire pour éviter le préjudice psychique (ex. item 7 : « Racism and discrimination are the hardest things a Black child has to face » ; item 15 : « Racism is real and you have to understand it or it will hurt you » ; item 28 : « You have to work twice as hard as whites in order to get ahead in this world »).
4. Adaptation culturelle face à l’antagonisme (Cultural Coping with Antagonism – CCA)
Complémentaire de la vigilance, le CCA mesure les stratégies proactives d’action et de négociation psychique lorsque l’individu est confronté à des environnements hostiles ou majoritairement blancs. Il s’agit de naviguer simultanément dans deux réalités culturelles — un concept proche de la double conscience formulée par W.E.B. Du Bois (ex. item 32 : « You need to learn how to live in a White world and a Black world » ; item 35 : « A Black child or teenager will be harassed just because s/he is Black »).
5. Endossement du courant dominant et égalitarisme (Cultural Endorsement of the Mainstream – CEM)
Cette dimension mesure les croyances parentales axées sur l’universalisme moral, la méritocratie et l’intégrationnisme au sein des institutions dominantes. Elle évalue l’adhésion à l’idée que l’effort individuel, l’éducation formelle et l’assimilation institutionnelle permettent de transcender les barrières raciales (ex. item 1 : « American society is fair toward Black people » ; item 10 : « All races are equal » ; item 11 : « If you work hard then you can overcome barriers in life » ; item 23 : « Getting a good education is still the best way for you to get ahead »).
6. Ressources religieuses, spirituelles et soutien familial élargi
La PERS attribue une place centrale aux ressources transcendantes et communautaires propres à la tradition afro-américaine. L’instrument évalue l’utilisation explicite de la foi chrétienne ou musulmane, de la prière et de la solidarité du réseau familial étendu (kinship care) comme boucliers de protection contre le stress existentiel et racial (ex. item 5 : « Relatives can help Black parents raise their children » ; item 12 : « A belief in God can help a person deal with tough life struggles » ; item 37 : « Black children should be taught early that God can protect them from racial hatred »).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
La conception de la PERS s’articule à la croisée de trois modèles théoriques majeurs de la psychologie du développement et de la psychologie noire américaine :
1. Le modèle RECAST de Stevenson (Racial Encounter Coping Appraisal and Socialization Theory)
Le cadre central développé par Howard C. Stevenson (2002, 2006, 2014) postule que la discrimination raciale fonctionne comme un stresseur aigu et chronique qui déclenche des réactions physiologiques et émotionnelles intenses (peur, colère, paralysie). Selon la théorie RECAST, la socialisation raciale parentale opère comme un entraînement à l’évaluation cognitive (coping appraisal) et à la résolution des conflits raciaux. Les messages parentaux fournissent aux jeunes un répertoire de stratégies comportementales et de régulation émotionnelle leur permettant de « lire » (décoder le racisme sans s’auto-déprécier), « réguler » (gérer l’activation physiologique) et « répondre » (agir avec assertivité et dignité) lors des rencontres hostiles.
2. La théorie bioécologique phénoménologique (PVEST) de Spencer
La théorie Phenomenological Variant of Ecological Systems Theory (PVEST), articulée par Margaret Beale Spencer (1995, 2006), postule que le développement humain ne peut être compris sans intégrer la manière dont les individus perçoivent phénoménologiquement leur environnement socioculturel et les stress contextuels (tels que la discrimination). Dans ce modèle, la socialisation raciale parentale constitue un mécanisme de soutien net (net support) qui contrebalance les vulnérabilités structurelles, favorisant des processus de coping adaptatifs et, in fine, la formation d’une identité positive et productive.
3. Le modèle de la triple contrainte de Boykin (Triple Quandary Framework)
A. Wade Boykin (1986) théorise que les familles afro-américaines doivent élever leurs enfants au confluent de trois univers culturels distincts et parfois contradictoires : (a) le courant culturel dominant euro-américain (valorisant l’individualisme et la méritocratie), (b) la culture afro-culturelle distincte (mettant l’accent sur la communalité, le spirituel, le rythme et l’expression affective), et (c) le statut de minorité opprimée (exigeant la résistance et la défense face aux exclusions structurelles). La structure des items de la PERS opérationnalise explicitement cette triple exigence : les sous-échelles alternent entre l’adhésion au système académique et professionnel dominant (CEM), l’ancrage profond dans les valeurs culturelles et spirituelles endogènes (CPR, spiritualité), et la préparation pragmatique à la survie face à l’oppression raciale (CAD, CCA).
7. Validité / Validity
Les qualités psychométriques de la PERS ont fait l’objet d’investigations empiriques approfondies auprès d’échantillons diversifiés de parents et tuteurs afro-américains (Stevenson, 1999, 2002 ; Friend, 2009 ; Thomas et al., 2013 ; Cole, 2014) :
Validité de contenu et validité apparente
La formulation initiale des items découle d’entretiens qualitatifs, de groupes de discussion (focus groups) avec des parents afro-américains et d’une analyse systématique des proverbes et expressions idiomatiques utilisés dans les familles noires urbaines (ex. « Train up a child in the way he should go » ; « You have to work twice as hard »). Cette démarche a garanti une authenticité linguistique et une résonance culturelle maximale, validée par des comités d’experts en psychologie culturelle.
Validité de construit et validité convergente
La validité convergente est démontrée par des corrélations statistiquement significatives et théoriquement cohérentes entre les sous-échelles de la PERS et d’autres instruments reconnus de l’identité et de la parentalité :
- Les scores aux sous-échelles de fierté culturelle (CPR) et d’héritage (CAL) corrèlent positivement avec les sous-échelles de centralité et d’estime privée du Multidimensional Inventory of Black Identity (MIBI ; Sellers et al., 1997), avec des coefficients compris entre $r = 0,35$ et $r = 0,54$ ($p < 0,001$).
- La vigilance face à la discrimination (CAD) est positivement associée aux mesures d’expériences perçues de discrimination (ex. Schedule of Racist Events ; Landrine & Klonoff, 1996), démontrant que les parents qui perçoivent davantage de racisme préparent davantage leurs enfants à ces épreuves.
- La dimension religieuse de la PERS corrèle fortement ($r > 0,60$) avec les échelles établies d’orientation religieuse intrinsèque et de bien-être spirituel.
Validité prédictive et critériée
Sur le plan prédictif, les données indiquent que des fréquences modérées à élevées de socialisation orientée vers la fierté culturelle (CPR) et l’adaptation (CCA) prédisent une meilleure régulation émotionnelle, une résilience accrue face au harcèlement raciste et une adaptation académique supérieure chez les adolescents (Friend, 2009). Inversement, des messages exclusivement focalisés sur la méfiance et la discrimination (CAD) en l’absence de renforcement positif de l’estime de soi raciale (CPR) sont parfois associés à une anxiété accrue chez les jeunes, soulignant le caractère interactif des dimensions mesurées par l’outil.
8. Fidélité / Reliability
Les études psychométriques attestent de la robustesse de la fidélité de la PERS, tant au niveau de l’instrument global qu’à celui de ses composantes spécifiques :
- Consistance interne globale : L’échelle totale des 40 items présente un coefficient alpha de Cronbach global très élevé, documenté à α = 0,88 dans l’étude fondatrice de Stevenson (1999) et répliqué dans plusieurs cohortes indépendantes (Friend, 2009 ; Thomas et al., 2013 ; Cole, 2014, rapportant des indices globaux fluctuant entre 0,86 et 0,91).
- Homogénéité des sous-échelles : Les coefficients de cohérence interne des dimensions factorielles identifiées par Thomas et al. (2013) et Friend (2009) s’établissent comme suit :
- Cultural Pride & Coping / Pride Development : α = 0,82 à 0,87.
- Religion & Spirituality / Spiritual Coping : α = 0,80 à 0,85.
- Alertness to Discrimination / Preparation for Bias : α = 0,76 à 0,81.
- Cultural Endorsement of the Mainstream / Mainstream : α = 0,68 à 0,74 (reflétant l’hétérogénéité inhérente aux représentations de la méritocratie face aux inégalités).
- Stabilité temporelle (Test-Retest) : Bien que la fréquence des messages de socialisation fluctue naturellement en réponse à l’actualité sociopolitique et à l’âge chronologique de l’enfant, des évaluations test-retest sur un intervalle de quatre semaines démontrent une stabilité satisfaisante ($r = 0,78$ pour l’échelle globale), confirmant que la PERS mesure des schémas éducatifs parentaux durables plutôt que de simples états émotionnels transitoires.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
L’exploration de la structure latente de la PERS a fait l’objet de plusieurs investigations méthodologiques clés, visant à clarifier l’organisation factorielle des 40 items :
Structure originale à 5 facteurs (Stevenson, 1999, 2002)
Les analyses factorielles exploratoires (AFE) menées par Stevenson avec rotation oblique (Promax) ont initialement isolé cinq facteurs majeurs expliquant plus de 44 % de la variance totale :
- Cultural Coping with Antagonism (CCA) — gestion adaptative de l’hostilité intergroupe.
- Cultural Pride Reinforcement (CPR) — inculcation de l’estime de soi raciale.
- Cultural Appreciation of Legacy (CAL) — transmission de la mémoire historique et de la filiation africaine.
- Cultural Alertness to Discrimination (CAD) — lucidité stratégique face aux biais structurels.
- Cultural Endorsement of the Mainstream (CEM) — orientation vers la réussite conventionnelle et l’égalitarisme institutionnel.
Modélisation confirmatoire et réévaluation par Thomas et al. (2013)
Dans leur analyse factorielle confirmatoire (AFC) publiée dans le Journal of Black Psychology, Thomas, Blackmon, Speight et al. (2013) ont soumis la PERS à des tests rigoureux d’ajustement structurel. Leurs résultats ont mis en évidence une configuration robuste en quatre facteurs majeurs réorganisés :
- Facteur 1 : Religion et spiritualité (Religion and Spirituality) — regroupe les items liés à la dépendance envers Dieu, la prière familiale et le combat spirituel comme mode de protection (saturations factorielles $lambda$ comprises entre 0,55 et 0,79).
- Facteur 2 : Vigilance face à la discrimination (Alertness to Discrimination) — rassemble les constats empiriques sur la réalité du harcèlement, des opportunités inégales et du surcroît d’efforts requis par rapport aux Blancs ($lambda$ entre 0,48 et 0,72).
- Facteur 3 : Fierté culturelle et coping (Cultural Pride and Coping) — fusion des composantes de dignité identitaire, d’héritage historique et d’enseignement de la culture noire en milieu scolaire ($lambda$ entre 0,52 et 0,77).
- Facteur 4 : Adhésion au courant dominant (Mainstream) — items reflétant la méritocratie, l’équité perçue et la croyance dans le travail acharné ($lambda$ entre 0,41 et 0,65).
Les indices d’ajustement du modèle multifactoriel confirment son adéquation statistique avec les critères méthodologiques modernes ($\chi^2/dl < 2,5$ ; Comparative Fit Index [CFI] = 0,91 ; Root Mean Square Error of Approximation [RMSEA] = 0,052 [IC 90 % : 0,045 – 0,059] ; SRMR = 0,058), attestant de la validité de la solution factorielle pour la recherche empirique.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’administration et la cotation de la PERS suivent un protocole standardisé :
- Dénomination complète : Parent Experiences of Racial Socialization (PERS).
- Auteur de référence : Howard C. Stevenson (1999, 2002, 2006).
- Format d’évaluation : Questionnaire auto-administré (auto-rapporté), disponible en format papier-crayon ou informatisé.
- Population cible : Parents, tuteurs légaux ou soignants principaux d’enfants et adolescents afro-américains ou issus de minorités ethniques noires.
- Nombre total d’items : 40 items formulés sous la forme d’affirmations ou de messages transmis au sein du foyer.
- Échelle de réponse : Échelle ordinale de fréquence à 3 points :
- 1 = Never (Jamais)
- 2 = A few times (Quelques fois)
- 3 = A lot of the time (Souvent / Très souvent)
- Durée de passation : Environ 10 à 15 minutes.
- Calcul des scores :
- Score global : Moyenne ou somme des 40 items, reflétant l’intensité globale de la socialisation raciale parentale dans l’écologie familiale.
- Scores sous-dimensionnels : Calculés par la moyenne des items constitutifs de chaque facteur (Fierté culturelle, Vigilance à la discrimination, Spiritualité/Religion, Courant dominant). Une moyenne supérieure à 2,0 indique une transmission fréquente et proactive du message considéré.
- Items inversés : Certains items évaluant le courant dominant ou minimisant l’impact du racisme (ex. item 1, 39, 40) peuvent faire l’objet d’un recodage spécifique selon l’objectif du chercheur (analyse de l’idéologie assimilationniste vs conscience critique).
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de développement : 1999 (manuscrit non publié, University of Pennsylvania) ; formalisé dans des publications empiriques en 2002 et 2006.
- Statut du droit d’auteur : © Howard C. Stevenson, University of Pennsylvania, Graduate School of Education.
- Conditions d’utilisation et tarification : L’instrument est généralement mis à disposition gratuitement à des fins de recherche académique et d’enseignement non commercial. Les chercheurs universitaires souhaitant utiliser l’échelle sont encouragés à solliciter l’accord de l’auteur principal via le Racial Empowerment Collaborative de l’Université de Pennsylvanie.
- Utilisations commerciales ou cliniques contractuelles : Toute intégration de l’instrument dans des programmes commerciaux, des logiciels propriétaires ou des protocoles d’évaluation payants nécessite une autorisation formelle et un accord de licence écrit de la part de l’auteur détenteur des droits.
- Accès institutionnel : L’instrument complet et ses guides de cotation sont documentés dans des thèses universitaires en libre accès (ex. Friend, 2009 ; Cole, 2014) et au sein des dépôts institutionnels des universités partenaires (VCU Scholars Compass, UNCG NC DOCKS).
12. Références / References
Les sources bibliographiques suivantes constituent les fondements théoriques et empiriques de la PERS (style APA 7e édition) :
- Boykin, A. W. (1986). The triple quandary and the schooling of Afro-American children. In U. Neisser (Ed.), The school achievement of minority children: New perspectives (pp. 57–92). Lawrence Erlbaum Associates.
- Cole, N. (2014). The effects of racial socialization and parent-child relationship quality on emerging adult reports of racial discrimination to parents (Master’s thesis). Virginia Commonwealth University. https://scholarscompass.vcu.edu/etd/3435/
- Friend, C. A. (2009). The influences of parental racial socialization on the academic achievement of African American children: A cultural-ecological approach (Doctoral dissertation). University of North Carolina at Greensboro. https://libres.uncg.edu/ir/uncg/f/Friend_uncg_0154D_10117.pdf
- Hughes, D., Rodriguez, J., Smith, E. P., Johnson, D. J., Stevenson, H. C., & Spicer, P. (2006). Parents’ ethnic-racial socialization: Review and agenda for future research. Developmental Psychology, 42(5), 747–770. https://doi.org/10.1037/0012-1649.42.5.747
- Landrine, H., & Klonoff, E. A. (1996). The Schedule of Racist Events: A measure of racial discrimination and a study of its negative physical and mental health consequences. Journal of Black Psychology, 22(2), 144–168. https://doi.org/10.1177/00957984960222002
- Lesane-Brown, C. L. (2006). A review of race socialization within Black families. Developmental Review, 26(4), 400–426. https://doi.org/10.1016/j.dr.2006.02.001
- Sellers, R. M., Rowley, S. A., Chavous, T. M., Shelton, J. N., & Smith, M. A. (1997). Multidimensional Inventory of Black Identity: A preliminary investigation of reliability and constuct validity. Journal of Personality and Social Psychology, 73(4), 805–815. https://doi.org/10.1037/0022-3514.73.4.805
- Spencer, M. B. (1995). Old issues and new theorizing about African American youth: A phenomenological variant of ecological systems theory. In R. L. Taylor (Ed.), African American youth: Their social and economic status in the United States (pp. 37–70). Praeger.
- Stevenson, H. C. (1999). Parents experience of racial socialization (Unpublished Measure). University of Pennsylvania, Graduate School of Education, Philadelphia, PA.
- Stevenson, H. C. (2002). Addressing the racial reality of youth of color: Racial encounter coping appraisal and socialization theory (RECAST). In Unpublished Working Paper, University of Pennsylvania.
- Stevenson, H. C. (2006). Development and scoring of the racial socialization belief and experience scales for adolescents and parents (Unpublished Manuscript). University of Pennsylvania.
- Stevenson, H. C., Cameron, R., Herrero-Taylor, T., & Davis, G. (2002). Development of the Teenager Experience of Racial Socialization Scale: Correlates of race-related socialization frequency from the perspective of Black youth. Journal of Black Psychology, 28(2), 84–106. https://doi.org/10.1177/0095798402028002002
- Stevenson, H. C., Reed, J., & Bodison, P. (1996). Kinship social support and adolescent racial socialization beliefs: Extending the self to family. Journal of Black Psychology, 22(4), 498–508. https://doi.org/10.1177/00957984960224008
- Thomas, A. J., Blackmon, S. M., Speight, S. L., & Friend, C. A. (2013). Factor analysis of the Parent Experience of Racial Socialization Scale. Journal of Black Psychology, 40(3), 273–294. https://doi.org/10.1177/0095798413483558
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response Scale:
1 = never | 2 = a few times | 3 = a lot of the time
- American society is fair toward Black people.
- Black children will feel better about themselves if they go to a school with mostly white children.
- Families who go to a church or mosque will be close and stay together.
- Black slavery is important never to forget.
- Relatives can help Black parents raise their children.
- Religion is an important part of a person’s life.
- Racism and discrimination are the hardest things a Black child has to face.
- having large families can help many Black families survive life struggles.
- You should be proud to be Black.
- All races are equal.
- If you work hard then you can overcome barriers in life.
- A belief in God can help a person deal with tough life struggles.
- Black children will learn more if they go to a mostly white school.
- Knowing your African heritage is important for your survival.
- Racism is real and you have to understand it or it will hurt you.
- You are connected to a history that goes back to African royalty.
- Too much talk about racism will keep you from reaching your goals in life.
- Schools should be required to teach all children about Black history.
- Depending on religion and God will help you live a good life.
- Families who talk openly about religion or God will help each other to grow.
- Teachers can help Black children grow by showing signs of Black culture in the classroom.
- Only people who are blood-related to you should be called your « Family. »
- Getting a good education is still the best way for you to get ahead.
- « Don’t forget who your people are because you may need them someday. »
- Spiritual battles that people fight are more important than the physical battles.
- You should know about Black history so that you will be a better person.
- « Train up a child in the way he should go, and he will not turn away from it. »
- You have to work twice as hard as whites in order to get ahead in this world.
- Whites make it hard for people to get ahead in this world.
- Be proud of who you are.
- Going to a Black school will help Black children feel better about themselves.
- You need to learn how to live in a White world and a Black world.
- Never be ashamed of your color.
- Whites have more opportunities than Blacks.
- A Black child or teenager will be harassed just because s/he is Black.
- More job opportunities would be open to African Americans if people were not racist.
- Black children should be taught early that God can protect them from racial hatred.
- Blacks don’t always have the same opportunities as whites.
- Black children don’t have to know about Africa in order to survive life in America.
- Racism is not as bad today as it used to be before the 1960’s.