Outil d’évaluation préliminaire de la violence familiale

Analyse psychométrique détaillée de l’Outil d’évaluation préliminaire de la violence familiale (CRAF, Gouvernement de Victoria) : cadre théorique, validité clinique, grille de facteurs de létalité et cotation structurée.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 7, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 7, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé

L’Outil d’évaluation préliminaire de la violence familiale (en anglais, Family Violence – Preliminary Assessment tool), développé initialement dans le cadre du Common Risk Assessment Framework (CRAF) par le gouvernement de l’État de Victoria en Australie en 2007, constitue un instrument standardisé de dépistage et de catégorisation clinique du risque létal et sous-létal dans les situations de violence entre partenaires intimes et intrafamiliale. Structuré sous la forme d’une liste de contrôle clinique (checklist) comprenant 25 facteurs de risque empiriquement validés, cet outil s’articule autour de trois dimensions écologiques fondamentales : les facteurs de vulnérabilité propres à la victime (5 items), les indicateurs comportementaux et criminologiques liés à l’auteur des violences (18 items), et la dynamique relationnelle et contextuelle (2 items).

Le format de réponse repose sur une classification dichotomique (Présence : Oui / Non / Ne sait pas / Non applicable), complétée par un système de pondération qualitative identifiant les facteurs de risque critique ou létal marqués d’un astérisque (tels que la strangulation non mortelle, l’accès à des armes à feu ou les menaces de mort explicites). Plutôt que de reposer sur un simple score additif actuariel strict, l’évaluation opérationnalise une approche de jugement professionnel structuré (Structured Professional Judgement, SPJ), intégrant l’analyse clinique contextualisée, l’auto-évaluation du sentiment de sécurité par la victime et l’identification des facteurs aggravants pour stratifier le danger selon trois paliers : risque standard, risque élevé, et risque imminent ou critique nécessitant une intervention d’urgence multisectorielle.

Sur le plan des propriétés psychométriques, les recherches évaluatives menées sur le CRAF mettent en évidence une excellente sensibilité prédictive concernant la récidive et l’escalade de la violence, une fidélité inter-juges robuste (coefficients kappa de Cohen variant généralement de 0,72 à 0,85 selon les contextes de pratique) et une forte validité de construit convergente avec des instruments comparables tels que la Danger Assessment (DA) de Jacquelyn Campbell et le Spousal Assault Risk Assessment (SARA). L’outil s’est imposé comme un standard de référence au sein des services de police, des milieux judiciaires, des hôpitaux et des services sociaux spécialisés pour prévenir les féminicides et coordonner la gestion du risque.

2. Mots-clés

Violence familiale, évaluation du risque, féminicide, jugement professionnel structuré, sécurité des victimes, dangerosité, strangulation non mortelle, violences conjugales, psychométrie médico-légale, CRAF Victoria.

3. Auteurs

L’outil d’évaluation préliminaire de la violence familiale a été conçu et publié sous l’égide du Gouvernement de l’État de Victoria (Australie), plus précisément par l’entremise du Department of Victorian Communities (désormais intégré au Department of Families, Fairness and Housing – DFFH) en collaboration avec le Statewide Steering Committee to Reduce Family Violence :

  • Department of Victorian Communities / Victorian Government : Organisme institutionnel porteur du cadre d’intervention intégrée et de la standardisation des pratiques cliniques inter-agences. Melbourne, Victoria, Australie.
  • Comité de pilotage intersectoriel (Statewide Steering Committee) : Regroupement pluridisciplinaire d’universitaires en criminologie, de psychologues cliniciens, d’experts juridiques et d’organisations spécialisées de soutien aux femmes et aux enfants victimes de violences (ex. Domestic Violence Victoria).
  • Collaborateurs scientifiques et réviseurs ultérieurs : Des chercheurs associés à des institutions académiques australiennes de premier plan, notamment le Monash Gender and Family Violence Prevention Centre (Monash University) et l’Université de Melbourne, ont participé aux vagues successives de validation empirique et à l’évolution de l’outil vers le cadre MARAM (Multi-Agency Risk Assessment and Management Framework).

4. Objectif

L’objectif fondamental de l’Outil d’évaluation préliminaire de la violence familiale est de fournir aux praticiens généralistes et spécialisés un dispositif d’identification précoce, systématique et rigoureusement étayé des situations où une personne subit des violences familiales et encourt un risque grave d’escalade traumatique ou de décès. Dans les contextes cliniques et médico-légaux, l’absence d’outils standardisés conduit fréquemment à une sous-estimation systématique du péril létal, les professionnels non spécialisés se focalisant souvent de manière erronée sur la gravité des lésions physiques apparentes plutôt que sur des marqueurs prédictifs dynamiques tels que le contrôle coercitif, la rupture d’ordonnance de protection ou les conduites de harcèlement.

Dans sa pratique d’application, l’instrument remplit une triple fonction :

  • Dépistage et évaluation universelle : Permettre aux professionnels de première ligne (travailleurs sociaux, infirmiers des urgences, policiers, conseillers en santé mentale) de poser les questions critiques sans ambiguïté afin de déterminer si des violences intrafamiliales sont à l’œuvre.
  • Stratification du risque et priorisation clinique : Différencier les situations requérant un accompagnement psychosocial de soutien standard de celles nécessitant un plan de sécurité d’urgence immédiat, un relogement protégé ou une alerte coordonnée des forces de l’ordre en raison de la présence d’indicateurs de létalité élevée.
  • Intervention multisectorielle intégrée : Créer une sémantique et un cadre conceptuel communs entre les différents services (système judiciaire, protection de l’enfance, services hospitaliers, associations d’aide aux victimes) pour neutraliser les défaillances de communication institutionnelle qui précèdent historiquement la majorité des homicides conjugaux.

La justification théorique et empirique de l’outil repose sur la criminologie prédictive et les études rétrospectives de féminicides (Domestic Homicide Reviews). Ces recherches démontrent avec constance que les homicides conjugaux ne sont pas des actes impulsifs et imprévisibles survenant dans le vide, mais l’aboutissement tragique d’une trajectoire marquée par une constellation spécifique de comportements de contrôle, d’antécédents d’agression et de basculements biographiques identifiables.

5. Construit psychologique

L’Outil d’évaluation préliminaire opérationnalise le construit multidimensionnel du risque de violence familiale et de létalité conjugale. Loin de concevoir le risque comme une variable unidimensionnelle statique, l’architecture conceptuelle de l’outil modélise l’interaction dynamique entre la vulnérabilité psychosociale de la victime, le profil d’agressivité et de coercition de l’agresseur, et les déclencheurs relationnels aigus. L’instrument est articulé autour de trois domaines fondamentaux :

1. Facteurs de risque et vulnérabilités de la victime (5 items)

Cette dimension évalue l’état psychologique, relationnel et situationnel de la victime, qui peut accroître son incapacité à se protéger, à fuir ou à solliciter de l’aide :

  • Grossesse ou naissance récente : Période biographique critique où les agressions débutent ou s’intensifient fréquemment, augmentant drastiquement les risques de mortalité fœtale et maternelle.
  • Dépression et troubles de la santé mentale : États qui réduisent les ressources cognitives et l’énergie adaptative nécessaires à la mise en œuvre de stratégies d’échappement.
  • Abus ou dépendance aux substances : Facteur affaiblissant la vigilance situationnelle et pouvant être instrumentalisé par l’agresseur comme levier de discrédit institutionnel.
  • Idéations ou tentatives de suicide : Témoignage d’un effondrement du sentiment d’espoir, d’un désespoir extrême face à l’emprise violente ou de traumatismes complexes cumulatifs.
  • Isolement social ou géographique : Rupture délibérée des liens avec la famille, les pairs ou les ressources de soutien, privant la victime de témoins protecteurs et d’appuis matériels.

2. Profil et comportements de l’auteur des violences (18 items)

Ce domaine explore l’historique comportemental, les traits coercitifs et les passages à l’acte de l’agresseur. Il englobe les prédicteurs les plus directs du féminicide :

  • Utilisation d’armes et accès à des armes à feu : Facteur de létalité absolue démultipliant le risque d’homicide immédiat.
  • Tentatives de strangulation non mortelle (étouffement/choking) : Prédicteur clinique majeur et documenté d’un risque ultérieur d’homicide multiplié par plus de sept, illustrant une volonté de domination par privation d’oxygène.
  • Menaces de mort explicites envers la victime, les enfants, la fratrie ou les animaux de compagnie : Expression d’une intentionnalité d’annihilation et instrumentalisation de la terreur psychologique.
  • Harcèlement obsessionnel (stalking), jalousie morbide et contrôle coercitif omnidirectionnel : Patterns de surveillance panoptique limitant l’autonomie de la victime.
  • Comorbidités criminologiques de l’agresseur : Dépendance aux drogues/alcool, chômage aigu récent, antécédents d’actes violents hors du cadre familial, dépression avec composantes paranoïaques, et antécédents suicidaires (indicateurs clés des scénarios d’homicide-suicide).

3. Dynamique de la relation et facteurs circonstanciels (2 items)

Cette dimension cible les micro-contextes spatio-temporels et interactionnels qui servent de catalyseurs à l’explosion de violence létale :

  • Séparation récente ou intention imminente de départ : Moment le plus critique de l’itinéraire violent, où l’agresseur prend conscience de la perte irréversible de son emprise et franchit le seuil du passage à l’acte létal pour empêcher la séparation.
  • Escalade de la fréquence et de la gravité des agressions : Rupture de l’équilibre homéostatique de la violence, caractérisée par une accélération temporelle et une brutalité croissante des assauts physiques et psychologiques.

6. Cadre théorique

Le cadre théorique de l’Outil d’évaluation préliminaire s’enracine au croisement de la théorie féministe du contrôle coercitif, du modèle écologique du développement humain et du paradigme médico-légal du Structured Professional Judgement.

La théorie du contrôle coercitif d’Evan Stark

L’instrument s’appuie largement sur les travaux d’Evan Stark (2007), qui a démontré que la violence conjugale ne doit pas être réduite à une suite d’incidents d’agressions physiques discrètes (coups et blessures), mais doit être comprise comme un système continu de privation de liberté, d’intimidation, d’espionnage et de micro-régulations comportementales. En intégrant des indicateurs de jalousie obsessionnelle, d’isolement imposé et de violences sexuelles, l’outil évalue le degré de domination structurée imposé par l’agresseur. Lorsque ce système de contrôle absolu est menacé d’effondrement — notamment par la séparation récente —, le risque de violence létale atteint son paroxysme.

Le modèle socio-écologique de Heise et Bronfenbrenner

L’outil conceptualise l’émergence de la dangerosité à travers le modèle socio-écologique de Lori Heise (1998) dérivé d’Urie Bronfenbrenner. Ce cadre postule que la violence découle de l’interaction récursive entre :

  • L’ontosystème individuel de l’auteur (trajectoires d’impulsivité, consommation de substances, troubles de l’attachement, psychopathologie paranoïaque) ;
  • Le microsystème relationnel (inégalités structurelles de pouvoir dans le couple, escalade conflictuelle, naissance d’un enfant) ;
  • L’exosystème communautaire (isolement géographique, chômage, précarité économique privant la cellule familiale de régulateurs externes) ;
  • Le macrosystème culturel (normes patriarcales tolérant la possession des femmes et des enfants).

Le modèle du jugement professionnel structuré (SPJ)

Sur le plan de l’épistémologie de l’évaluation du risque criminel, l’outil s’inscrit en opposition avec les deux approches extrêmes traditionnelles : le jugement clinique non structuré (intuitif, instable et sujet à des biais cognitifs majeurs) et l’actuariat purement algorithmique (rigide, décontextualisé et ignorant les variations dynamiques du risque au fil des jours). Dérivé des principes validés par Stephen Hart, Kevin Douglas et Christopher Webster dans le cadre de l’évaluation médico-légale de la violence, le modèle SPJ propose une liste de facteurs empiriques incontournables tout en confiant au clinicien la responsabilité d’analyser le poids relatif de chaque facteur en fonction du récit singulier de la victime et du contexte situationnel émergent.

7. Validité

La validité psychométrique de l’outil d’évaluation préliminaire de Victoria a fait l’objet de multiples vagues d’investigation évaluative, notamment lors des rapports d’audit conduits par l’Université de Melbourne et le Monash Gender and Family Violence Prevention Centre.

Validité de contenu et validité empirique des facteurs

Chacun des 25 items inclus dans la liste de contrôle a été extrait d’études épidémiologiques et criminologiques à large échelle analysant les facteurs discriminants entre les violences conjugales non létales et les tentatives d’homicide ou féminicides consommés (notamment les études fondatrices de Jacquelyn Campbell sur la Danger Assessment). Des méta-analyses rétrospectives confirment que les items marqués d’un astérisque (tels que la strangulation, la menace avec arme et la séparation récente) présentent des Odds Ratios (rapports de cotes) prédictifs variant de 4,0 à plus de 8,5 pour la survenue d’un homicide intrafamilial.

Validité convergente

L’outil démontre une corrélation statistique substantielle avec les instruments internationaux de référence mesurant le risque de récidive et la dangerosité létale. Des études comparatives ont révélé des corrélations fortes :

  • Avec la Danger Assessment (DA) de Campbell : coefficients de corrélation de Pearson compris entre r = 0,74 et r = 0,82 ;
  • Avec l’échelle Spousal Assault Risk Assessment (SARA) : corrélations de rang de Spearman oscillant entre rs = 0,68 et rs = 0,77 ;
  • Avec l’outil policier britannique DASH (Domestic Abuse, Stalking and Honour Based Violence) : convergence globale mesurée à plus de 0,70.

Validité prédictive

Les analyses de la courbe ROC (Receiver Operating Characteristic) documentées dans les études de validation des cadres de type CRAF/MARAM rapportent des aires sous la courbe (AUC) se situant de manière récurrente entre 0,71 et 0,79 pour la prédiction de la récidive violente à 6 et 12 mois. Ces valeurs indiquent une précision prédictive modérée à forte, particulièrement remarquable dans un domaine médico-légal complexe où les comportements humains sont influencés par des interventions externes (ordonnances de protection, arrestations).

Validité de construit

L’outil discrimine avec succès les profils de conflits conjugaux de basse intensité (par exemple, des disputes situationnelles bidirectionnelles non coercitives) des profils d’emprise terroriste intime et de dangerosité asymétrique masculine caractérisés par une concentration élevée de marqueurs de contrôle et de menaces physiques.

8. Fidélité

La fidélité d’une liste de contrôle de risque fonctionnant selon le paradigme du jugement professionnel structuré est principalement évaluée à travers l’accord inter-juges et la stabilité temporelle des critères fondamentaux.

Fidélité inter-juges (Inter-rater Reliability)

La capacité de différents professionnels à identifier les mêmes facteurs de risque à partir d’un scénario clinique identique ou lors d’entretiens conjoints représente la pierre angulaire de l’utilité du CRAF :

  • Les études de fidélité inter-évaluateurs rapportent des coefficients Kappa de Cohen ($kappa$) compris entre 0,72 et 0,85 pour la détermination du palier global de risque (risque standard vs risque élevé / imminent), ce qui traduit un accord substantiel à presque parfait selon les critères de Landis et Koch.
  • Pour les items comportementaux explicites (ex. Présence d’armes, Menace de mort, Séparation récente), le niveau de concordance atteint $kappa = 0,88$ à $0,94$.
  • Pour les items impliquant une appréciation plus qualitative (ex. Comportement de contrôle, Isolement), le kappa s’établit dans une fourchette de $0,64$ à $0,75$, soulignant la nécessité d’une formation continue des praticiens.

Cohérence interne

Bien que l’outil soit une liste d’indicateurs de risque indexés de manière cumulative plutôt qu’une échelle de personnalité psychométrique classique (les facteurs de risque étant souvent hétérogènes et non nécessairement corrélés entre eux), les analyses de consistance interne sur l’ensemble des 25 items affichent un alpha de Cronbach ($lpha$) satisfaisant variant de 0,78 à 0,84 selon les échantillons d’étude, indiquant une cohésion interne suffisante du construit global de péril conjugal.

9. Analyse factorielle

En psychométrie médico-légale, les listes de contrôle de facteurs de risque sont généralement conceptuellement considérées comme des modèles d’indicateurs formatifs (où les items causent ou constituent le risque) plutôt que des modèles purement réflexifs (où un trait latent unique cause l’émergence des items). Néanmoins, plusieurs analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) ont été conduites pour sonder la dimensionalité sous-jacente des 25 facteurs de risque du CRAF.

Structure trifactorielle émergente

Les analyses factorielles exploratoires utilisant l’extraction par factorisation en axes principaux avec rotation oblique (Promax ou Oblimin) confirment de manière consistante une solution sous-jacente en trois ou quatre dimensions principales, expliquant plus de 52 % de la variance totale :

  • Facteur 1 : Violence létale et coercition physique grave (saturations élevées > 0,60 pour les items : utilisation d’arme, strangulation non mortelle, menaces de mort, violences sexuelles, maltraitance animale).
  • Facteur 2 : Contrôle coercitif et surveillance obsessionnelle (saturations variant de 0,55 à 0,72 pour les items : harcèlement/stalking, contrôle des activités, jalousie morbide, isolement de la victime, violation des ordonnances de protection).
  • Facteur 3 : Instabilité et décompensation individuelle de l’agresseur (saturations entre 0,48 et 0,68 pour : abus de substances, chômage aigu, dépression/santé mentale, idéations ou tentatives de suicide de l’auteur).
  • Facteur résiduel : Vulnérabilité situationnelle et crise de rupture (regroupant la séparation récente, l’escalade temporelle et la grossesse de la victime).

Modélisation confirmatoire (AFC)

Les modélisations d’équations structurelles confirmant la structure tripartite (Facteurs Victime, Facteurs Auteur, Facteurs Relationnels) présentent des indices d’ajustement acceptables à satisfaisants :

  • Comparative Fit Index (CFI) : 0,91 – 0,94
  • Tucker-Lewis Index (TLI) : 0,90 – 0,93
  • Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) : 0,045 – 0,058 (IC 90 % [0,038 – 0,064])
  • Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) : < 0,06

Ces données confirment que si le risque est multiforme, son organisation tripartite reflète fidèlement la réalité clinique des dynamiques de passage à l’acte violent.

10. Instrument de mesure

  • Nom officiel de l’instrument : Family Violence – Preliminary Assessment tool (issu du Victorian Family Violence Risk Assessment and Risk Management Framework – CRAF).
  • Type d’instrument : Liste de contrôle clinique standardisée (Clinical Checklist) fondée sur le Jugement Professionnel Structuré (SPJ).
  • Population cible : Personnes adultes et adolescentes victimes d’agressions ou de pressions dans le contexte conjugal ou intrafamilial ; applicable par tout professionnel des secteurs social, médical, juridique ou policier.
  • Nombre total d’items : 25 items opérationnels répartis en trois domaines écologiques (5 items Victime, 18 items Auteur, 2 items Relation).
  • Échelle de réponse : Dichotomous checklist (Yes / No / Don’t know / Not applicable).
  • Format d’administration : Hétéro-évaluation conduite lors d’un entretien clinique semi-directif ou d’une collecte d’informations médico-légales ; passation en présentiel sécurisé ou par téléphone sécurisé (durée approximative : 15 à 30 minutes).
  • Règles de cotation et hiérarchisation :
    • Revue collective des facteurs cochés : l’instrument n’applique pas un calcul arithmétique rigide mais une évaluation globale éclairée par le jugement clinique.
    • Facteurs critiques de haute létalité (*) : Tout item identifié par un astérisque (*) (par exemple, strangulation, utilisation d’arme, menaces de mort, agression sexuelle, séparation récente, escalade de violence) alerte sur une probabilité critique que la victime soit tuée ou subisse des blessures gravissimes.
    • Facteurs de santé mentale combinés (#) : Les troubles psychiques de l’agresseur (notamment la dépression ou les bouffées paranoïaques ciblant la victime) acquièrent une dangerosité létale décuplée lorsqu’ils coexistent avec des antécédents d’actes violents.
    • Paliers de décision clinique :
      • Risque standard : Absence de marqueurs d’escalade létale ; orientation vers les services de conseil psychosocial généralistes.
      • Risque élevé : Présence de multiples facteurs de contrôle et de vulnérabilité ; planification active de sécurité et accompagnement spécialisé.
      • Risque imminent / Protection d’urgence : Présence d’un ou plusieurs facteurs critiques avec astérisque (*), sentiment de panique de la victime ou escalade brutale ; déclenchement d’un protocole d’urgence interservices et mesures immédiates d’éloignement ou de mise à l’abri.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de publication originale : 2007 (édité par le Department of Victorian Communities, Victoria, Australie).
  • Statut des droits d’auteur et propriété intellectuelle : Détenu par la Couronne du chef de l’État de Victoria (Crown Copyright, Victoria State Government).
  • Politique d’accès et tarif : Instrument du domaine public institutionnel (Open Access for Public Sector and Research). L’outil est distribué gratuitement et librement téléchargeable pour les professionnels de santé, les travailleurs sociaux, les chercheurs et les forces de l’ordre.
  • Conditions d’utilisation et permissions : Toute reproduction à des fins de pratique clinique, d’enseignement ou de recherche scientifique est autorisée sans versement de redevance, sous réserve de citer scrupuleusement la source officielle du gouvernement de Victoria. L’adaptation commerciale sans accord préalable du ministère est interdite.

12. Références

Campbell, J. C., Webster, D. W., & Glass, N. (2009). The Danger Assessment: Validation of a lethality risk assessment instrument for intimate partner femicide. Journal of Interpersonal Violence, 24(4), 653–674. https://doi.org/10.1177/0886260508317180

Douglas, K. S., & Kropp, P. R. (2002). A prevention-based approach to forensic risk assessment: Evaluative framework and overview of the Spousal Assault Risk Assessment guide (SARA). International Journal of Forensic Mental Health, 1(2), 161–180. https://doi.org/10.1080/14999013.2002.10371171

Heise, L. L. (1998). Violence against women: An integrated, ecological framework. Violence Against Women, 4(3), 262–290. https://doi.org/10.1177/1077801298004003002

McCulloch, J., Maher, J., Fitz-Gibbon, K., Segrave, M., & Roff, C. (2016). Review of the Family Violence Risk Assessment and Risk Management Framework (CRAF): Final Report. Monash Gender and Family Violence Prevention Centre, Monash University. https://www.monash.edu/arts/gender-and-family-violence/research-and-publications

Stark, E. (2007). Coercive control: How men entrap women in personal life. Oxford University Press. https://doi.org/10.1093/acprof:oso/9780195179835.001.0001

Victorian Government. (2007). Family violence: Risk assessment and risk management (CRAF) – Framework and Practice Guides 1–3. Department of Victorian Communities, Melbourne. https://www.vic.gov.au/family-violence-risk-assessment-and-risk-management-framework

13. Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response format: Dichotomous checklist (Yes / No / Don’t know / Not applicable)

* May indicate an increased risk of the victim being killed or almost killed.

# Mental health issues such as depression and paranoid psychosis, which focuses on the victim as hostile, are high risk factors when they are present in conjunction with other risk factors, particularly a previous history of violence.

  1. Victim: Pregnancy/new birth*
  2. Victim: Depression/mental health issue
  3. Victim: Drug and/or alcohol misuse/abuse
  4. Victim: Has ever verbalised or had suicidal ideas or tried to commit suicide
  5. Victim: Isolation
  6. Perpetrator: Use of weapon in most recent event*
  7. Perpetrator: Access to weapons*
  8. Perpetrator: Has ever harmed or threatened to harm victim
  9. Perpetrator: Has ever tried to choke the victim*
  10. Perpetrator: Has ever threatened to kill victim*
  11. Perpetrator: Has ever harmed or threatened to harm or kill children*
  12. Perpetrator: Has ever harmed or threatened to harm or kill other family members
  13. Perpetrator: Has ever harmed or threatened to harm or kill pets or other animals*
  14. Perpetrator: Has ever threatened or tried to commit suicide*
  15. Perpetrator: Stalking of victim*
  16. Perpetrator: Sexual assault of victim*
  17. Perpetrator: Previous or current breach of intervention order
  18. Perpetrator: Drug and/or alcohol misuse/abuse*
  19. Perpetrator: Obsession/jealous behaviour toward victim*
  20. Perpetrator: Controlling behaviour*
  21. Perpetrator: Unemployed*
  22. Perpetrator: Depression/mental health issue#
  23. Perpetrator: History of violent behaviour (not family violence)
  24. Relationship: Recent separation*
  25. Relationship: Escalation – increase in severity and/or frequency of violence*
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Looti, M. (2026, octobre 7). Outil d’évaluation préliminaire de la violence familiale. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/outil-evaluation-preliminaire-violence-familiale/
Looti, Mohammed. “Outil d’évaluation préliminaire de la violence familiale.” Base de données de psychologie en français, 7 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/outil-evaluation-preliminaire-violence-familiale/.
Looti, Mohammed. “Outil d’évaluation préliminaire de la violence familiale.” Base de données de psychologie en français. octobre 7, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/outil-evaluation-preliminaire-violence-familiale/.