Échelle d’intrépidité face au suicide

L’Échelle d’intrépidité face au suicide (Fearlessness About Suicide Scale – FSS; Grunewald et al., 2024) est un instrument psychométrique bref de 7 items mesurant l’absence de peur du suicide selon la théorie interpersonnelle de Joiner.

Dr. Mohammed Looti An academic and researcher specialized in
PUBLISHED
Scientifically Reviewed · Dr. Marwa Abd-Alazim · October 15, 2026
Medically & Scientifically Reviewed Verified: October 15, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Review Criteria & Clinical Standards

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle d’intrépidité face au suicide (en anglais, Fearlessness About Suicide Scale [FSS] ; Grunewald et al., 2024) est un instrument psychométrique auto-rapporté unidimensionnel conçu pour évaluer spécifiquement l’absence de peur de la mort et du comportement suicidaire, une composante fondamentale de la capacité acquise pour le suicide (acquired capability for suicide). Développée dans le cadre conceptuel de la théorie interpersonnelle du suicide (Interpersonal Psychological Theory of Suicide, IPTS) introduite par Thomas E. Joiner, la FSS répond aux limitations psychométriques des mesures antérieures, lesquelles confondaient fréquemment l’intrépidité face à la mort en général, la tolérance à la douleur physique et la peur spécifique de l’acte suicidaire.

L’instrument se compose de 7 items rigoureusement sélectionnés à partir d’un ensemble étendu d’items dérivés d’instruments existants tels que l’Acquired Capability for Suicide Scale (ACSS) et sa sous-échelle de peur (ACSS-FAD). Les réponses sont recueillies sur une échelle de type Likert en 7 points (allant de 0 = « Fortement en désaccord » à 6 = « Fortement en accord »), produisant un score total continu compris entre 0 et 42, où un score plus élevé reflète une absence marquée d’appréhension ou d’effroi vis-à-vis de l’auto-annihilation létale. Quatre items sont formulés de manière inversée afin de limiter les biais d’acquiescement.

Les études de validation psychométrique menées par Grunewald et ses collaborateurs (2024) auprès d’échantillons diversifiés (étudiants universitaires et adultes issus de la communauté présentant des antécédents d’idéations ou de tentatives suicidaires) démontrent des qualités métrologiques remarquables. L’analyse factorielle confirmatoire corrobore une structure unifactorielle robuste, avec d’excellents indices d’ajustement. L’échelle présente une consistance interne élevée (coefficients alpha de Cronbach et oméga de McDonald généralement supérieurs à 0,85), une invariance de mesure stricte selon le genre, ainsi qu’une validité convergente, discriminante et incrémentielle établie par rapport à l’idéation suicidaire, aux tentatives de suicide antérieures et à la létalité des gestes autodirigés.

2. Mots-clés / Keywords

Échelle d’intrépidité face au suicide, Fearlessness About Suicide Scale, FSS, capacité acquise pour le suicide, théorie interpersonnelle du suicide, comportement suicidaire, évaluation du risque suicidaire, suicidologie, psychométrie, validité factorielle.

3. Auteurs / Authors

L’Échelle d’intrépidité face au suicide (FSS) a été développée et validée par une équipe de chercheurs de premier plan dans le domaine de la psychologie clinique et de la suicidologie contemporaine :

  • William Grunewald, M.A., Ph.D. : Département de psychologie, Miami University, Oxford, Ohio, États-Unis. Ses travaux portent sur les mécanismes cognitifs, affectifs et comportementaux sous-tendant le passage de l’idéation au passage à l’acte suicidaire.
  • Natalie M. Perkins, Ph.D. : Département de psychologie, Miami University, Oxford, Ohio, États-Unis. Spécialiste de la régulation émotionnelle, des troubles des conduites alimentaires et du risque suicidaire.
  • Min Eun Jeon, Ph.D. : Département de psychologie, Florida State University, Tallahassee, Floride, États-Unis. Chercheuse spécialisée dans la modélisation psychométrique des facteurs de vulnérabilité létale.
  • E. David Klonsky, Ph.D. : Département de psychologie, University of British Columbia, Vancouver, Colombie-Britannique, Canada. Théoricien majeur de la suicidologie, co-auteur de la Three-Step Theory (3ST) du suicide. (Courriel institutionnel : [email protected]).
  • Thomas E. Joiner, Ph.D. : Département de psychologie, Florida State University, Tallahassee, Floride, États-Unis. Titulaire de la chaire Robert O. Lawton Distinguished Professor of Psychology et formulateur originel de la théorie interpersonnelle du suicide (IPTS).
  • April R. Smith, Ph.D. : Département de psychologie, Auburn University, Auburn, Alabama, États-Unis (anciennement Miami University). Directrice du Research on Eating Disorders and Suicidality (REDS) Lab. (Courriel de correspondance : [email protected]).

4. Objectif / Purpose

Justification clinique et scientifique

Le suicide demeure l’une des principales causes de mortalité prématurée à l’échelle mondiale selon l’Organisation mondiale de la santé. L’un des défis les plus critiques en psychiatrie et en psychologie clinique réside dans l’incapacité des praticiens et des modèles traditionnels à différencier précisément les personnes qui éprouvent des idéations suicidaires passives ou actives de celles qui possèdent la capacité concrète de promulguer un geste suicidaire potentiellement fatal. L’immense majorité des individus souffrant de pensées suicidaires ne font jamais de tentative de suicide. Ce phénomène, conceptualisé sous le terme de « fossé entre l’idée et l’acte » (ideation-to-action framework), exige des instruments de mesure capables de quantifier spécifiquement les variables prédictives de la transition comportementale vers l’acte létal.

L’objectif premier de la Fearlessness About Suicide Scale (FSS) est de fournir une évaluation brève, fiable et psychométriquement purifiée de l’intrépidité spécifique face au suicide. Historiquement, l’évaluation de cette variable reposait sur l’Acquired Capability for Suicide Scale (ACSS; Van Orden et al., 2008) ou sa version révisée mesurant la peur de la mort (ACSS-FAD; Ribeiro et al., 2014). Cependant, des analyses psychométriques approfondies ont révélé que ces outils présentaient des problèmes de contamination de construit : ils incluaient des énoncés mesurant l’attrait pour les sports extrêmes (parachute, plongée), la témérité générale ou la tolérance à la douleur physique, qui ne corrèlent que faiblement avec le fait de surmonter la peur viscérale et évolutive de s’ôter intentionnellement la vie.

Applications en recherche et en pratique clinique

La FSS a été conçue pour deux champs d’application majeurs :

  • Évaluation du risque suicidaire en milieu clinique : L’intégration de la FSS dans les protocoles d’admission aux urgences psychiatriques, en consultation ambulatoire ou en milieu carcéral permet d’identifier les patients à haut risque d’imminence létale. Un patient manifestant un fardeau perçu élevé et un sentiment d’appartenance contrarié couplés à un score élevé sur la FSS présente une probabilité critique d’escalade vers un comportement autodestructeur sévère.
  • Recherche translationnelle et fondamentale : La brièveté de la FSS (7 items) en fait un outil idéal pour les protocoles longitudinaux, les évaluations écologiques momentanées (Ecological Momentary Assessment [EMA]) et les études de neuro-imagerie explorant les corrélats neurobiologiques de l’inhibition de la peur et de la réactivité amygdalienne face aux stimuli suicidaires.

5. Construit psychologique / Construct

Nature unidimensionnelle de l’intrépidité face au suicide

Le construit mesuré par la FSS est l’absence de peur relative à l’acte de se donner la mort (Fearlessness About Suicide). Dans la taxonomie de l’American Psychological Association, la peur de la mort biologique et la terreur de l’auto-agression constituent des instincts d’auto-préservation hautement conservés sur le plan phylogénétique. Pour attenter à ses jours, un individu doit neutraliser ces barrières biologiques et psychologiques fondamentales.

Contrairement aux versions antérieures de l’ACSS qui postulaient parfois des dimensions intriquées de tolérance à la douleur physique (pain tolerance) et d’intrépidité générale face à la mort (fearlessness about death), les travaux de Grunewald et al. (2024) ont isolé une entité unifactorielle exclusive. Le construit ne mesure ni le courage généralisé, ni la recherche de sensations fortes, mais spécifiquement la désensibilisation affective et cognitive face à l’autolyse.

Composantes sous-jacentes du construit

Bien que l’échelle soit psychométriquement unidimensionnelle, le construit opérationnalisé par les 7 items de la FSS englobe plusieurs facettes cognitives et affectives cohérentes :

  • L’atténuation de l’effroi affectif lié à la méthode suicidaire : Ce domaine reflète la disparition de la détresse émotionnelle, de la panique et de l’aversion viscérale ressenties à l’idée d’employer un moyen létal (par exemple, l’inversion de l’énoncé mesurant la peur d’utiliser une méthode pour se tuer).
  • L’abaissement de la barrière d’imagerie mentale : Chez un individu sain, la visualisation de sa propre mort ou de son cadavre déclenche une forte réaction de dégoût et de peur pétrifiante. Le construit de la FSS évalue le degré auquel la représentation mentale du suicide cesse d’induire une réponse d’effroi (picturing my own suicide).
  • Le sentiment de capacité exécutive et de compétence létale : Le construit saisit la conviction subjective de pouvoir surmonter l’inhibition motrice et comportementale au moment décisif (par exemple, la conviction de pouvoir passer à l’acte si on le souhaitait).
  • L’anticipation de la désensibilisation temporelle : L’acceptation cognitive que la peur du suicide diminuera progressivement avec le temps sous l’effet de l’exposition répétée aux pensées de mort ou aux conduites auto-agressives.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

La théorie interpersonnelle du suicide (IPTS)

La FSS s’ancre explicitement dans la théorie interpersonnelle du suicide formulée par Thomas Joiner (2005) et raffinée par Van Orden et al. (2010). Selon cette théorie, le suicide mortel ou quasi-mortel requiert la convergence simultanée de deux composantes distinctes : le désir de mourir et la capacité de mourir.

Le désir de mourir émerge de la conjonction de deux états psychologiques douloureux : le sentiment d’être un fardeau pour autrui (perceived burdensomeness) et le sentiment de solitude ou d’appartenance déjouée (thwarted belongingness). Cependant, l’IPTS postule catégoriquement que le désir suicidaire, même poussé à un degré paroxystique de souffrance psychologique, est insuffisant pour provoquer le passage à l’acte. Le passage à l’acte nécessite la capacité suicidaire.

La capacité acquise et l’hypothèse de l’habituation

La capacité suicidaire comprend des composantes pratiques (accès aux moyens létaux, connaissances techniques), des composantes dispositionnelles (prédispositions génétiques à la tolérance à la douleur ou à l’impulsivité motrice), et surtout la capacité acquise. La capacité acquise se développe par le biais d’un mécanisme d’apprentissage comportemental classique : l’habituation et l’induction de tolérance à la douleur et à la peur de la mort.

Selon le principe du conditionnement opposant, l’exposition répétée, prolongée et cumulative à des stimuli aversifs, douloureux ou provocateurs (automutilations non suicidaires, abus physiques durant l’enfance, participation à des combats militaires, sports de contact violents, consommation sévère de substances ou répétition d’idéations suicidaires intrusives) entraîne une désensibilisation systématique de la réaction de peur biologique. La FSS mesure précisément l’aboutissement psychologique de ce processus d’habituation : le moment où le système d’alarme de l’organisme cesse de signaler l’autolyse comme une menace à fuir.

L’intégration au modèle idéation-action

La FSS s’inscrit dans les modèles modernes dits Ideation-to-Action, qui incluent également la théorie intégrée motivationnelle-volitionnelle (IMV) d’O’Connor (2011) et la théorie en trois étapes (Three-Step Theory, 3ST) de Klonsky et May (2015). Dans la 3ST, la capacité suicidaire est la condition sine qua non qui permet à l’idéation générée par la souffrance et le désespoir de franchir le seuil du geste fatal. En épurant le construit pour cibler l’intrépidité spécifique au suicide sans le confondre avec des activités hédoniques à risque, la FSS offre l’opérationnalisation la plus fidèle du stade volitionnel de ces théories contemporaines.

7. Validité / Validity

Les propriétés métrologiques de la FSS ont été rigoureusement analysées lors de son étude princeps de développement et de validation (Grunewald et al., 2024), comprenant deux études indépendantes portant sur des échantillons cliniques et non cliniques.

Validité de construit et validité convergente

La validité convergente de la FSS est corroborée par des corrélations statistiquement significatives et de magnitude modérée à élevée avec les mesures préexistantes de la capacité suicidaire, tout en démontrant une meilleure spécificité :

  • Corrélation avec l’ACSS-FAD : La FSS présente une corrélation positive très forte ($r \approx 0{,}70$ à $0{,}80$, $p < 0{,}001$) avec l'ancienne sous-échelle de peur de la mort de l'ACSS, confirmant qu'elle capture le noyau fondamental de la peur atténuée.
  • Corrélation avec l’histoire des comportements suicidaires : Les scores à la FSS sont positivement associés au nombre de tentatives de suicide antérieures ($r = 0{,}25$ à $0{,}35$, $p < 0{,}001$) ainsi qu'à la sévérité et à la létalité médicale prévisible des gestes passés.
  • Corrélation avec les automutilations non suicidaires (NSSI) : Conformément aux prédictions de l’IPTS concernant l’habituation par l’auto-agression, des corrélations positives modérées ($r = 0{,}20$ à $0{,}30$) ont été constatées avec la fréquence cumulée des gestes d’automutilation.

Validité discriminante

L’un des apports majeurs de la FSS par rapport aux versions antérieures de l’ACSS réside dans sa validité discriminante supérieure :

  • Indépendance vis-à-vis de la recherche de sensations : Contrairement à l’ACSS globale, la FSS présente des corrélations négligeables ou quasi nulles ($r < 0{,}10$) avec les échelles mesurant la témérité physique générale, l'amour du risque récréatif (ex. saut à l'élastique) ou l'impulsivité motrice non orientée vers la mort.
  • Différenciation de la dépression et du fardeau : Bien que corrélée modérément à la détresse psychologique générale, la FSS s’en distingue nettement, confirmant que l’intrépidité face au suicide n’est pas un simple artefact de l’humeur dépressive mais un facteur volitionnel distinct.

Validité prédictive et incrémentielle

Dans des modèles de régression logistique et hiérarchique, la FSS démontre une validité incrémentielle significative : elle explique une part de variance unique dans la prédiction des antécédents de tentatives de suicide, au-delà de ce qui est prédit par les scores de dépression, l’idéation suicidaire actuelle et même les scores de l’ACSS-FAD originale. Les analyses ROC (Receiver Operating Characteristic) démontrent une excellente sensibilité et spécificité pour discriminer les idéateurs purs des personnes ayant réalisé des tentatives de suicide.

8. Fidélité / Reliability

Consistance interne

La fidélité de l’échelle d’intrépidité face au suicide a été vérifiée à travers plusieurs métriques modernes :

  • Alpha de Cronbach ($\alpha$) : Dans l’échantillon initial de développement ($N > 500$), le coefficient alpha de Cronbach s’élevait à $\alpha = 0{,}86$. Dans l’échantillon de réplication indépendant constitué d’adultes recrutés en ligne et en milieu clinique, la consistance interne s’est maintenue à des niveaux compris entre 0{,}85 et 0{,}89.
  • Oméga de McDonald ($\omega_t$ / $\omega_h$) : L’évaluation par le coefficient oméga hiérarchique et total a révélé des valeurs supérieures à 0{,}87, démontrant que la quasi-totalité de la variance des scores observés est attribuable à un unique facteur général d’intrépidité suicidaire.
  • Corrélations inter-items : Les corrélations moyennes inter-items se situent dans la fourchette recommandée de 0{,}40 à 0{,}60, garantissant une forte homogénéité sans redondance sémantique excessive.

Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

La théorie sous-jacente postule que la capacité acquise, bien qu’évoluant lentement par paliers sous l’effet de stimuli provocateurs répétés, représente un trait relativement stable dans le temps une fois acquise. Les évaluations de fidélité test-retest sur un intervalle de 2 à 4 semaines ont montré un coefficient de corrélation intra-classe (ICC) supérieur à $r = 0{,}80$, attestant d’une excellente stabilité temporelle chez les participants dont l’état clinique ne subissait pas d’intervention thérapeutique ciblée.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Analyse factorielle exploratoire (AFE)

Lors de la phase initiale de réduction des données menée par Grunewald et al. (2024), un pool de plus de 30 items potentiels provenant de différentes mesures de la capacité acquise a été soumis à une analyse factorielle exploratoire (méthode d’extraction par factorisation en axes principaux avec rotation oblique Promax). Les critères d’extraction (critère de Kaiser de la valeur propre $> 1$, éboulis des valeurs propres de Cattell et analyse parallèle de Horn) ont convergé de manière sans équivoque vers une structure unifactorielle dominante.

Les 7 items retenus présentaient tous des saturations factorielles (factor loadings) robustes sur le facteur d’intrépidité, oscillant entre 0{,}58 et 0{,}84, sans saturation résiduelle croisée substantielle. Les items mesurant la témérité non suicidaire, la tolérance à la douleur physique ou les comportements d’aventure présentaient des saturations très faibles ou se scindaient sur des facteurs parasites n’améliorant pas la prédiction du comportement suicidaire ; ils ont donc été éliminés pour forger la version finale épurée à 7 items.

Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

L’adéquation du modèle unidimensionnel à 7 items a été mise à l’épreuve par une analyse factorielle confirmatoire sur un échantillon de validation croisée distinct, en utilisant l’estimateur des moindres carrés pondérés diagonalement et ajustés pour la moyenne et la variance (WLSMV), particulièrement indiqué pour les variables polytomiques ordonnées :

  • $\chi^2 / dl$ (Rapport Chi-deux sur degrés de liberté) : Inférieur à 2{,}5, indiquant un excellent ajustement global.
  • CFI (Comparative Fit Index) : Supérieur à 0{,}98 (reflétant une adéquation exemplaire par rapport au seuil conventionnel de 0{,}95).
  • TLI (Tucker-Lewis Index) : Supérieur à 0{,}97.
  • RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : Inférieur à 0{,}055 (avec un intervalle de confiance à 90 % situé entre 0{,}035 et 0{,}072), attestant d’une faible erreur résiduelle.
  • SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : Inférieur à 0{,}040.

Invariance de mesure selon le genre

Un enjeu majeur dans l’évaluation de la capacité suicidaire concerne le différentiel d’épidémiologie entre les genres : les hommes décèdent par suicide à un taux nettement plus élevé que les femmes (effet parfois nommé le paradoxe du genre en suicidologie). Grunewald et al. ont conduit des tests d’invariance de mesure multigroupe (invariance configurationnelle, métrique et scalaire) à travers les sous-échantillons d’hommes et de femmes. Les résultats ont confirmé une invariance scalaire complète ($Delta text{CFI} < 0{,}01$,$Delta text{RMSEA} < 0{,}015$). Ces données démontrent sans ambiguïté que la FSS mesure le même construit psychologique avec la même métrique chez les hommes et chez les femmes, permettant des comparaisons directes de moyennes sans biais psychométrique d'artefact de mesure.

10. Instrument de mesure / Instrument

Les caractéristiques opérationnelles de la Fearlessness About Suicide Scale sont résumées ci-dessous :

  • Nom complet de l’instrument : Échelle d’intrépidité face au suicide (Fearlessness About Suicide Scale, FSS).
  • Type d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique (auto-rapporté).
  • Nombre d’items : 7 énoncés courts.
  • Échelle de cotation / Format de réponse : Échelle de type Likert en 7 points graduée de 0 à 6 :
    • 0 = Fortement en désaccord (Strongly disagree)
    • 1 = Modérément en désaccord (Moderately disagree)
    • 2 = Légèrement en désaccord (Slightly disagree)
    • 3 = Neutre / Ni en accord ni en désaccord (Neither agree nor disagree)
    • 4 = Légèrement en accord (Slightly agree)
    • 5 = Modérément en accord (Moderately agree)
    • 6 = Fortement en accord (Strongly agree)
  • Items inversés : Les items 1, 2, 3 et 4 (identifiés sous les numéros 13, 16, 21 et 22 dans la numérotation originelle du pool de recherche) nécessitent un recodage préalable au calcul du score total. Pour ces quatre items, la cotation doit être inversée selon la formule : $\text{Score révisé} = 6 – \text{Score brut}$ (ainsi, 0 devient 6, 1 devient 5, 2 devient 4, etc.).
  • Calcul du score total : Le score global de la FSS est obtenu par la somme arithmétique simple des 7 items après recodage des items inversés. Le score total oscille entre 0 et 42.
  • Interprétation des scores : Un score total bas (ex. 0 à 14) indique une forte appréhension et une barrière de peur intacte vis-à-vis de l’autolyse. Un score modéré (ex. 15 à 28) traduit une érosion partielle de la peur naturelle de la mort. Un score élevé (ex. 29 à 42) reflète une intrépidité suicidaire prononcée, caractérisant une capacité acquise critique qui, en présence d’idéations suicidaires concomitantes, exige une vigilance clinique immédiate.
  • Temps de passation : Environ 1 à 3 minutes.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication princeps : 2024 (publication dans la revue académique internationale à comité de lecture Assessment).
  • Droits d’auteur : © 2024 William Grunewald, Natalie M. Perkins, Min Eun Jeon, E. David Klonsky, Thomas E. Joiner, et April R. Smith. Publié sous l’égide des éditions SAGE Publications.
  • Conditions d’utilisation et permissions : L’échelle est mise à la disposition gratuite des chercheurs, cliniciens et universitaires pour des finalités exclusives de recherche scientifique, d’enseignement académique ou de pratique clinique sans but lucratif. L’utilisation dans le cadre d’études subventionnées ou de soins de santé requiert la citation appropriée de l’article de référence de Grunewald et al. (2024). Toute redistribution commerciale, intégration dans un logiciel payant ou reproduction à des fins mercantiles exige l’autorisation formelle expresse des titulaires des droits d’auteur et de SAGE Publications.
  • Tarification : Accès libre et gratuit (open access / free for non-commercial research use). Aucun droit de redevance n’est exigé pour l’application papier-crayon ou l’informatisation au sein de plateformes universitaires non commerciales.

12. Références / References

Les sources bibliographiques ci-dessous fournissent le fondement théorique et psychométrique complet de l’instrument en style APA (7e édition) :

  • Grunewald, W., Perkins, N. M., Jeon, M. E., Klonsky, E. D., Joiner, T. E., & Smith, A. R. (2024). Development and validation of the Fearlessness About Suicide Scale. Assessment, 31(6), 1189–1203. https://doi.org/10.1177/10731911231200866
  • Joiner, T. E. (2005). Why people die by suicide. Harvard University Press.
  • Klonsky, E. D., & May, A. M. (2015). The Three-Step Theory (3ST): A new theory of suicide rooted in the “ideation-to-action” framework. International Journal of Cognitive Therapy, 8(2), 114–129. https://doi.org/10.1521/ijct.2015.8.2.114
  • O’Connor, R. C. (2011). Towards an integrated motivational-volitional model of suicidal behaviour. In R. C. O’Connor, S. Platt, & J. Gordon (Eds.), International handbook of suicide prevention: Research, policy and practice (pp. 181–198). John Wiley & Sons. https://doi.org/10.1002/9781119998556.ch11
  • Ribeiro, J. D., Witte, T. K., Van Orden, K. A., Selby, E. A., Gordon, K. H., Bender, T. W., & Joiner, T. E. (2014). Fearlessness about death: The psychometric properties and construct validity of the revision to the Acquired Capability for Suicide Scale. Psychological Assessment, 26(1), 115–126. https://doi.org/10.1037/a0034858
  • Van Orden, K. A., Witte, T. K., Cukrowicz, K. C., Braithwaite, S. R., Selby, E. A., & Joiner, T. E. (2010). The interpersonal theory of suicide. Psychological Review, 117(2), 575–600. https://doi.org/10.1037/a0018697
  • Van Orden, K. A., Witte, T. K., Gordon, K. H., Bender, T. W., & Joiner, T. E. (2008). Suicidal desire and the capability for suicide: A tests of the interpersonal-psychological theory of suicidal behavior among adults. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 76(1), 72–83. https://doi.org/10.1037/0022-006X.76.1.72

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response scale: Items are presented on a seven-point Likert-type scale from 0 (strongly disagree) to 6 (strongly agree). Total scores are obtained by summing all item responses, with a possible range of scores from 0 to 42. *The item was reverse-coded.

  1. * It would be painful and frightening to take my own life.
  2. * I am afraid to use any method to kill myself.
  3. * Picturing my own suicide is a very scary thing for me.
  4. * Even if I wanted to, killing myself is too scary to follow through with.
  5. I could kill myself if I wanted to.
  6. If I thought others would be better off without me, I wouldn’t be afraid to kill myself
  7. Over time, I expect I’ll be less afraid of suicide.
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Looti, M. (2026, October 15). Échelle d’intrépidité face au suicide. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-intrapidite-face-au-suicide-fss/
Looti, Mohammed. “Échelle d’intrépidité face au suicide.” Base de données de psychologie en français, 15 October 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-intrapidite-face-au-suicide-fss/.
Looti, Mohammed. “Échelle d’intrépidité face au suicide.” Base de données de psychologie en français. October 15, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-intrapidite-face-au-suicide-fss/.