1. Résumé / Abstract
L’échelle d’orientation marché (MKTOR — Market Orientation Scale), conçue et validée par les professeurs John C. Narver et Stanley F. Slater en 1990, constitue l’un des instruments de mesure les plus influents et les plus cités au sein de la littérature en marketing stratégique et en théorie des organisations. MKTOR conceptualise l’orientation marché non pas comme un simple ensemble d’activités promotionnelles ou commerciales, mais comme une véritable culture organisationnelle qui incite l’entreprise à placer la création continue d’une valeur supérieure pour ses clients au sommet absolu de ses priorités stratégiques.
L’instrument repose sur une structure tridimensionnelle composée de 15 énoncés répartis en trois composantes comportementales interdépendantes : l’orientation client (Customer Orientation, 6 items), l’orientation vers les concurrents (Competitor Orientation, 4 items) et la coordination interfonctionnelle (Interfunctional Coordination, 5 items). L’administration repose sur une échelle d’évaluation de type Likert en 7 points, s’étendant de 1 (Not at all / Pas du tout) à 7 (To an extreme extent / Dans une mesure extrême). Le score global d’orientation marché s’obtient par la moyenne arithmétique simple des trois sous-dimensions, reflétant l’équilibre systémique requis entre l’analyse de la demande, la veille concurrentielle et la synergie interne.
Sur le plan des qualités psychométriques, MKTOR présente une consistance interne robuste, établie par un coefficient alpha de Cronbach global oscillant entre 0,85 et 0,91 selon les réplications empiriques, et des indices factoriels confirmatoires (AFC) validant une structure hiérarchique de second ordre. L’étude fondatrice de Narver et Slater (1990) a démontré pour la première fois un lien statistique direct, significatif et robuste entre le niveau d’orientation marché et la rentabilité financière des unités d’affaires (mesurée par le rendement des actifs, ou Return on Assets – ROA). Validé dans de multiples contextes industriels (B2B, B2C, services, secteur non marchand) et géographiques, MKTOR demeure une référence paradigmatique pour évaluer les compétences distinctives orientées vers le marché.
2. Mots-clés / Keywords
Orientation marché, Narver et Slater, orientation client, orientation concurrentielle, coordination interfonctionnelle, culture organisationnelle, performance d’entreprise, avantage concurrentiel, psychométrie organisationnelle, création de valeur, marketing stratégique, échelle MKTOR.
3. Auteurs / Authors
L’échelle MKTOR a été développée et formalisée par deux chercheurs majeurs en sciences de gestion et en stratégie d’entreprise :
- John C. Narver, Ph.D. : Professeur émérite de marketing à la Michael G. Foster School of Business de l’Université de Washington (Seattle, États-Unis). Ses recherches pionnières ont porté sur l’organisation industrielle, le comportement concurrentiel et la conceptualisation culturelle de l’orientation marché.
- Stanley F. Slater, Ph.D. : Ancien professeur de gestion stratégique et de marketing à la College of Business de la Colorado State University et professeur associé à l’Université de Washington. Expert renommé des liens entre l’apprentissage organisationnel, l’orientation marché et la performance stratégique.
Correspondance académique historique : Michael G. Foster School of Business, University of Washington, Department of Marketing, Box 353200, Seattle, WA 98195, États-Unis.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’échelle MKTOR est d’opérationnaliser et de quantifier le degré d’orientation marché déployé par une unité stratégique d’affaires (SBU — Strategic Business Unit) ou par une organisation dans son ensemble. Historiquement, le concept d’orientation marketing était largement débattu dans la sphère théorique depuis les travaux précurseurs de Peter Drucker et de Felton dans les années 1950, mais il manquait cruellement d’outils empiriques standardisés, rigoureux et universellement reproductibles.
Fondements conceptuels et utilité scientifique
Narver et Slater ont conçu MKTOR pour combler ce fossé épistémologique en ancrant le concept dans la théorie de la culture organisationnelle. Contrairement aux approches purement procédurales axées uniquement sur le traitement des données marketing, MKTOR postule que l’orientation marché est avant tout un système de croyances et de valeurs partagées qui oriente systématiquement les comportements vers la création d’une valeur supérieure pour l’acheteur cible. L’instrument permet d’explorer des problématiques de recherche majeures :
- L’impact direct et modéré de la culture de marché sur la performance financière, opérationnelle et non financière (croissance des ventes, fidélisation, part de marché, rentabilité des capitaux investis).
- Les interactions entre l’orientation marché et les variables environnementales contingentes (turbulence du marché, intensité concurrentielle, dynamisme technologique).
- L’alignement stratégique entre la posture de l’entreprise (stratégies génériques de Michael Porter : domination par les coûts ou différenciation) et ses capacités de traitement de l’information externe.
Applications en recherche et diagnostic managérial
Au-delà de la recherche académique fondamentale en stratégie et en psychologie organisationnelle, MKTOR sert d’instrument de diagnostic d’audit managérial. Il est utilisé par les directeurs généraux, directeurs de la stratégie et consultants pour cartographier les asymétries internes d’une entreprise. Par exemple, une firme peut afficher une excellente orientation client tout en souffrant d’une myopie sévère à l’égard des actions de ses compétiteurs, ou présenter des départements hautement compétents mais travaillant en silos étanches, inhibant ainsi la coordination interfonctionnelle. MKTOR offre une grille de lecture standardisée permettant de guider les programmes de transformation culturelle et de développement organisationnel.
5. Construit psychologique / Construct
Dans la perspective de Narver et Slater (1990), l’orientation marché est un construit multidimensionnel composé de trois dimensions comportementales fondamentales et guidé par deux critères de décision transversaux (l’orientation à long terme et la rentabilité). Les trois dimensions opérationnalisées dans l’échelle MKTOR sont les suivantes :
1. Orientation client (Customer Orientation)
Cette dimension (items 1 à 6) mesure l’ampleur avec laquelle l’entreprise s’efforce de comprendre de manière continue et approfondie les besoins actuels et latents de ses clients cibles, afin d’être en mesure de générer continuellement une valeur économique et expérientielle supérieure. Cela dépasse la simple écoute passive ou la satisfaction superficielle des réclamations :
- Compréhension globale de la chaîne de valeur du client : L’organisation ne se concentre pas uniquement sur son produit, mais cherche à appréhender l’ensemble des contraintes économiques et opérationnelles qui pèsent sur ses acheteurs.
- Mesure systématique de la satisfaction : Mise en place de protocoles récurrents et formalisés de collecte des retours clients pour anticiper leurs exigences futures.
- Engagement envers le service après-vente : Considération du support et de l’assistance post-achat non comme un centre de coûts, mais comme un vecteur déterminant de rétention et de différenciation.
2. Orientation vers la concurrence (Competitor Orientation)
L’orientation concurrentielle (items 7 à 10) évalue la capacité de l’entreprise à identifier, analyser et anticiper les forces, les faiblesses, les compétences distinctives et les stratégies des rivaux existants et des entrants potentiels. Cette composante comportementale implique :
- Diffusion ascendante et latérale des informations concurrentielles : Les équipes de terrain, notamment la force de vente, partagent de manière proactive les observations relatives aux mouvements des rivaux (lancements de produits, politiques tarifaires, remises).
- Réactivité stratégique : Aptitude de l’organisation à déployer des réponses tactiques et stratégiques rapides face à des menaces concurrentielles directes.
- Débats au sein de la direction générale : Discussion régulière et approfondie, par le comité de direction, des capacités futures et des trajectoires probables des principaux compétiteurs.
3. Coordination interfonctionnelle (Interfunctional Coordination)
La coordination interfonctionnelle (items 11 à 15) traduit l’intégration structurelle et comportementale de toutes les fonctions de l’entreprise (marketing, R&D, production, finance, ressources humaines, logistique) dans le processus unifié de création de valeur client. L’orientation marché n’est pas confinée au département commercial ou marketing ; elle imprègne l’ensemble des unités :
- Partage transversal de l’information : Communication fluide et sans barrières hiérarchiques des réussites et des échecs d’expériences clients entre les divers services.
- Implication directe des managers non-marketing : Visites régulières de clients actuels ou potentiels effectuées par des dirigeants issus de fonctions techniques ou financières.
- Mutualisation des ressources et décloisonnement : Alignement des incitations et partage concerté des actifs et expertises entre départements pour servir efficacement le marché cible.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le développement de l’échelle MKTOR s’inscrit au croisement de la théorie de la culture organisationnelle, de la théorie des ressources et compétences (Resource-Based View — RBV) et des théories du management stratégique relatives à l’avantage concurrentiel durable.
L’approche culturelle versus l’approche comportementale
L’année 1990 a été marquée par une convergence intellectuelle historique avec la publication quasi simultanée de deux modélisations majeures de l’orientation marché : l’approche comportementale de Kohli et Jaworski (1990), incarnée par l’échelle MARKOR, et l’approche culturelle de Narver et Slater (1990), matérialisée par MKTOR.
Alors que Kohli et Jaworski appréhendent l’orientation marché sous l’angle d’un processus continu de traitement de l’information (génération de l’intelligence marché, dissémination et réactivité organisationnelle), Narver et Slater soutiennent que ces processus ne peuvent être pérennes et efficients que s’ils sont sous-tendus par une culture organisationnelle profondément ancrée. En s’appuyant sur les travaux d’Edgar Schein sur la culture d’entreprise, Narver et Slater postulent que les normes, les valeurs et les croyances fondamentales dictent la manière dont les individus perçoivent l’environnement et coopèrent à l’interne.
La théorie des ressources et l’avantage concurrentiel
Sur le plan du management stratégique, MKTOR mobilise la théorie des ressources (Wernerfelt, 1984 ; Barney, 1991). Dans ce paradigme, une culture organisationnelle orientée marché est conceptualisée comme une ressource intangible d’une rareté extrême, difficilement imitable et non substituable (critères VRIO). Parce qu’elle repose sur des routines tacites, une coordination sociale complexe et une mémoire organisationnelle distribuée, l’orientation marché génère une asymétrie informationnelle favorable. Elle permet à l’entreprise de détecter plus promptement que ses rivaux les évolutions des attentes des consommateurs et d’y répondre par des innovations de valeur supérieure, établissant ainsi un avantage concurrentiel soutenable dans le temps.
7. Validité / Validity
L’échelle MKTOR a fait l’objet de rigoureuses évaluations de validité psychométrique au sein de l’échantillon initial de Narver et Slater (113 unités stratégiques d’affaires appartenant à une grande corporation diversifiée) ainsi que dans des centaines d’études répliquées internationalement.
Validité de contenu et de construit
La validité de contenu a été établie à travers une revue exhaustive de la littérature théorique en marketing et des entretiens approfondis avec des dirigeants d’entreprises. Les items générés ont été soumis à un processus de filtrage et d’évaluation par des panels d’experts académiques et de praticiens pour s’assurer que chaque énoncé reflète fidèlement la dimension ciblée sans ambiguïté sémantique.
Validité convergente et discriminante
La validité convergente est étayée par des corrélations inter-items statistiquement significatives et élevées au sein de chaque sous-échelle, ainsi que par des saturations factorielles standardisées substantiellement supérieures au seuil usuel de 0,50. La validité discriminante entre les trois dimensions (orientation client, orientation concurrentielle, coordination interfonctionnelle) a été confirmée par des analyses factorielles confirmatoires et par le test de Fornell et Larcker, démontrant que la variance moyenne extraite (AVE) de chaque construit est supérieure au carré des corrélations entre les construits.
Validité prédictive et nomologique
La validité nomologique et prédictive de MKTOR est sans conteste l’un de ses atouts majeurs. L’étude de Narver et Slater (1990) a démontré une relation positive et hautement significative (p < 0,001) entre le score d’orientation marché et la rentabilité financière des unités d’affaires, mesurée par le rendement des actifs (ROA) ajusté par rapport aux moyennes sectorielles. Les méta-analyses ultérieures, notamment celles menées par Rodriguez Cano, Carrillat et Jaramillo (2004) ainsi que par Ellis (2006), englobant des dizaines de milliers d’organisations réparties sur plusieurs continents, ont universellement corroboré cette corrélation positive entre le score MKTOR et des indicateurs de performance variés (croissance du chiffre d’affaires, fidélité client, succès des nouveaux produits).
8. Fidélité / Reliability
La fiabilité de l’instrument MKTOR est largement documentée et atteste d’une grande stabilité métrique à travers les contextes d’administration.
Cohérence interne (Alpha de Cronbach)
Dans l’étude princeps de Narver et Slater (1990), les coefficients de cohérence interne calculés par l’alpha de Cronbach présentaient des valeurs très satisfaisantes pour une échelle comportementale organisationnelle :
- Orientation client : $\alpha = 0,85$ à $0,87$
- Orientation vers la concurrence : $\alpha = 0,72$ à $0,73$
- Coordination interfonctionnelle : $\alpha = 0,71$ à $0,76$
- Échelle globale MKTOR (15 items) : $\alpha = 0,88$ (pouvant atteindre $0,91$ dans des réplications ultérieures).
Ces coefficients dépassent largement le critère conventionnel de 0,70 préconisé par Nunnally (1978) pour la recherche en sciences sociales, démontrant une consistance interne robuste tout en évitant une redondance excessive entre les items.
Fiabilité composite et stabilité temporelle
Dans les modélisations par équations structurelles modernes (SEM), la fiabilité composite (Rhô de Jöreskog ou McDonald’s $\omega$) dépasse régulièrement le seuil de 0,80 pour l’ensemble des trois dimensions. En ce qui concerne la fidélité test-retest, bien que les cultures organisationnelles soient sujettes à des évolutions graduelles, les études longitudinales administrées à 6 et 12 mois d’intervalle sans intervention managériale majeure ont rapporté des coefficients de corrélation intra-classe (ICC) supérieurs à 0,75, attestant de la solidité structurelle de la mesure.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure factorielle de MKTOR a fait l’objet de minutieuses investigations psychométriques, tant par analyses factorielles exploratoires (AFE) que confirmatoires (AFC).
Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)
Lors de la phase de conception, les 15 items comportementaux ont été soumis à une factorisation en composantes principales avec rotation oblique (Promax ou Oblimin), tenant compte de la corrélation théorique attendue entre les dimensions. Les résultats ont clairement mis en exergue une solution à trois facteurs distincts expliquant plus de 60 % de la variance totale des données :
- Le premier facteur regroupe les 6 items dédiés à l’attention portée aux clients (saturations factorielles allant de 0,58 à 0,82).
- Le deuxième facteur isole les 4 items relatifs à l’analyse et à la réponse concurrentielle (saturations comprises entre 0,55 et 0,79).
- Le troisième facteur réunit les 5 énoncés mesurant l’intégration transversale et le partage d’informations entre départements (saturations de 0,52 à 0,76).
Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC) et modèles concurrents
Les investigations confirmatoires ultérieures ont comparé plusieurs modèles alternatifs pour statuer sur la nature du construit :
- Modèle unidimensionnel : Tous les items saturent sur un seul facteur général d’orientation marché (modèle présentant un ajustement médiocre : $\chi^2/df > 4,0$, CFI < 0,80, RMSEA > 0,10).
- Modèle à trois facteurs corrélés de premier ordre : Les trois dimensions sont distinctes mais corrélées entre elles (bon ajustement : CFI > 0,93, TLI > 0,91, RMSEA < 0,06).
- Modèle hiérarchique de second ordre : Un facteur général de second ordre (l’Orientation Marché) sous-tend directement les trois facteurs de premier ordre (Orientation client, Orientation concurrent, Coordination interfonctionnelle). Ce modèle présente des indices d’ajustement excellents et superposables au modèle à trois facteurs, tout en justifiant théoriquement et mathématiquement l’agrégation des scores en une mesure globale unique.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nom de l’instrument : MKTOR — Market Orientation Scale (Échelle d’orientation marché).
- Auteurs d’origine : John C. Narver et Stanley F. Slater (1990).
- Nombre total d’items : 15 items comportementaux (auxquels peuvent être adjoints des items optionnels de performance d’entreprise, généralement analysés comme variables dépendantes distinctes).
- Sous-échelles et structure :
- Orientation client (Customer Orientation) : 6 items (Items 1 à 6).
- Orientation vers la concurrence (Competitor Orientation) : 4 items (Items 7 à 10).
- Coordination interfonctionnelle (Interfunctional Coordination) : 5 items (Items 11 à 15).
- Échelle de réponse : Échelle de Likert en 7 points (1 = Not at all / Pas du tout ; 7 = To an extreme extent / Dans une mesure extrême).
- Modalités de cotation :
- Aucun item inversé. Tous les énoncés sont formulés de manière positive.
- Le score de chaque sous-échelle est obtenu en calculant la moyenne arithmétique simple des items qui la composent.
- Le score global d’orientation marché est calculé comme la moyenne arithmétique simple des trois scores de composantes : $\text{Score MKTOR} = \frac{\text{Orientation Client} + \text{Orientation Concurrent} + \text{Coordination Interfonctionnelle}}{3}$.
- Population cible : Cadres dirigeants, directeurs généraux, directeurs marketing, directeurs des ventes, responsables R&D et managers de divisions opérationnelles au sein d’entreprises B2B, B2C, de services ou d’organisations non marchandes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication princeps : 1990.
- Publication de référence : Journal of Marketing, revue publiée par l’American Marketing Association (AMA).
- Statut des droits d’auteur et permissions : L’article original et les items de l’échelle sont protégés par le droit d’auteur de l’American Marketing Association. Toutefois, les items de l’échelle MKTOR ont été intégralement publiés dans le corps du texte académique de 1990. En accord avec les conventions académiques internationales, leur utilisation à des fins de recherche scientifique non commerciale, d’enseignement universitaire ou de thèses de doctorat est universellement admise sans frais de licence, sous réserve d’une citation bibliographique rigoureuse de la publication source (Narver & Slater, 1990).
- Utilisation commerciale et conseil : Toute intégration de l’instrument dans une plateforme logicielle payante, un programme d’audit commercial ou une prestation de conseil tarifée nécessite une autorisation contractuelle préalable ou l’acquisition des droits d’exploitation auprès des détenteurs du copyright.
- Tarif d’utilisation : Gratuit pour la recherche académique fondamentale et l’enseignement.
12. Références / References
- Barney, J. (1991). Firm resources and sustained competitive advantage. Journal of Management, 17(1), 99–120. https://doi.org/10.1177/014920639101700108
- Deshpandé, R., Farley, J. U., & Webster, F. E. (1993). Corporate culture, customer orientation, and innovativeness in Japanese firms: A quadrad analysis. Journal of Marketing, 57(1), 23–37. https://doi.org/10.1177/002224299305700102
- Ellis, P. D. (2006). Market orientation and performance: A review of the cross-cultural evidence. Journal of Management Studies, 43(5), 1089–1107. https://doi.org/10.1111/j.1467-6486.2006.00630.x
- Jaworski, B. J., & Kohli, A. K. (1993). Market orientation: Antecedents and consequences. Journal of Marketing, 57(3), 53–70. https://doi.org/10.1177/002224299305700304
- Kohli, A. K., & Jaworski, B. J. (1990). Market orientation: The construct, research propositions, and managerial implications. Journal of Marketing, 54(2), 1–18. https://doi.org/10.1177/002224299005400201
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- Rodriguez Cano, C., Carrillat, F. A., & Jaramillo, F. (2004). A meta-analysis of the relationship between market orientation and business performance: evidence from five continents. International Journal of Research in Marketing, 21(2), 179–200. https://doi.org/10.1016/j.ijresmar.2003.07.001
- Slater, S. F., & Narver, J. C. (1994). Does competitive environment moderate the market orientation-performance relationship? Journal of Marketing, 58(1), 46–55. https://doi.org/10.1177/002224299405800104
- Slater, S. F., & Narver, J. C. (1995). Market orientation and the learning organization. Journal of Marketing, 59(3), 63–74. https://doi.org/10.1177/002224299505900306
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response Scale:
7-point Likert scale (1 = Not at all, 7 = To an extreme extent)
Customer Orientation
- Our business objectives are driven primarily by customer satisfaction.
- We constantly monitor our level of commitment and orientation to serving customers’ needs.
- Our strategy for competitive advantage is based on our understanding of customer needs.
- Our business strategies are driven by our beliefs about how we can create greater value for customers.
- We measure customer satisfaction systematically and frequently.
- We give close attention to after-sales service.
Competitor Orientation
- Our salespeople regularly share information within our business concerning competitors’ strategies.
- We rapidly respond to competitive actions that threaten us.
- Top management regularly discusses competitors’ strengths and strategies.
- We target customers where we have an opportunity for competitive advantage.
Interfunctional Coordination
- Our top managers from every function regularly visit our current and prospective customers.
- We freely communicate information about our successful and unsuccessful customer experiences across all business functions.
- All of our business functions (e.g., marketing/sales, manufacturing, R&D, finance/accounting, etc.) are integrated in serving the needs of our target markets.
- All of our managers understand how everyone in our business can contribute for creating customer value.
- We share resources with other business units.