Mesure du retrait au travail

La Mesure du retrait au travail (Work Withdrawal Measure – WWM) de Hanisch et Hulin est un instrument psychométrique de référence évaluant les comportements d’évitement, de désengagement passif et de retrait organisationnel.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 8, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 8, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé

La Mesure du retrait au travail (en anglais, Work Withdrawal Measure – WWM), développée à l’origine dans les travaux séminaux de Kathy A. Hanisch et Charles L. Hulin (1990, 1991), constitue l’un des instruments psychométriques de référence dans le champ de la psychologie du travail et des organisations. Cet outil a été conçu pour évaluer une gamme spécifique de comportements d’évitement et de désengagement adoptés par les salariés lorsqu’ils cherchent à maintenir leur statut d’employé tout en réduisant la quantité d’efforts psychologiques et physiques consacrés à l’exécution de leurs tâches professionnelles directes.

Composée de 12 items dans sa forme opérationnelle standardisée, l’échelle examine des manifestations comportementales variées telles que le prolongement des pauses, l’utilisation abusive du matériel de travail à des fins personnelles, les retards délibérés, l’exécution d’un travail de qualité médiocre, le désengagement sélectif des tâches non évaluées et les réflexions préliminaires relatives à la démission. Le format de réponse repose sur une échelle de fréquence ordinale graduée en 7 points, allant d’une occurrence nulle (« never ») à une fréquence supérieure à une fois par semaine (« more than once per week »).

D’un point de vue psychométrique, la Mesure du retrait au travail présente des indices de fidélité élevés, avec une cohérence interne (alpha de Cronbach) oscillant généralement entre 0,78 et 0,87 selon les échantillons normatifs étudiés dans la littérature. La structure factorielle de l’instrument confirme la distinction théorique fondamentale formulée par Hanisch et Hulin entre le retrait au travail (micro-comportements d’évitement au quotidien préservant l’emploi) et le retrait du poste ou de l’emploi (visant la cessation définitive de la relation d’emploi). Sa validité de construit, sa validité convergente vis-à-vis de l’insatisfaction au travail et du burnout, ainsi que sa validité prédictive des ruptures contractuelles formelles, en font un instrument incontournable pour le diagnostic organisationnel, la prévention des risques psychosociaux et la recherche empirique sur les comportements contre-productifs.

2. Mots-clés

Mesure du retrait au travail, comportements de retrait organisationnel, désengagement professionnel, absentéisme psychologique, présentéisme passif, Hanisch et Hulin, flânerie au travail, satisfaction professionnelle, intention de quitter, psychométrie organisationnelle.

3. Auteurs

La conceptualisation théorique et la modélisation mathématique sous-jacentes à la Mesure du retrait au travail sont attribuées au Dr. Kathy A. Hanisch et au Dr. Charles L. Hulin :

  • Kathy A. Hanisch, Ph.D. : Chercheuse en psychologie industrielle et organisationnelle, elle a exercé au sein du Département de psychologie de l’Iowa State University ainsi qu’à l’Université de l’Illinois à Urbana-Champaign. Ses travaux ont profondément renouvelé la taxonomie des attitudes professionnelles et des réponses adaptatives aux stresseurs organisationnels.
  • Charles L. Hulin, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie et de relations de travail à l’Université de l’Illinois à Urbana-Champaign. Figure majeure de la psychométrie appliquée et du comportement organisationnel, il est également réputé pour avoir co-développé le Job Descriptive Index (JDI) aux côtés de Patricia Cain Smith et Lorne M. Kendall, instrument de référence mondial sur la satisfaction au travail.

L’instrument a été repris, adapté et validé empiriquement dans de nombreux contextes académiques contemporains, notamment par des chercheurs comme Phillip Lipka (2010) à l’Université de Clemson, qui ont étudié les répercussions de climats professionnels hostiles ou discriminatoires (comme l’hétérosexisme en milieu de travail) sur l’émergence des comportements mesurés par la WWM.

4. Objectif

La Mesure du retrait au travail a été conçue pour répondre à une lacune conceptuelle et méthodologique majeure qui prévalait dans la littérature organisationnelle jusqu’à la fin des années 1980 : la tendance à étudier de manière isolée et fragmentée des comportements individuels tels que l’absentéisme, les retards ou la démission. L’objectif premier de la WWM est de fournir une mesure standardisée, agrégée et valide d’une famille cohérente de comportements adaptatifs par lesquels un individu régule son investissement personnel en milieu de travail.

Applications en recherche

Dans le domaine de la recherche scientifique en comportement organisationnel et en ergonomie psychologique, l’échelle remplit plusieurs fonctions critiques :

  • Vérification des modèles de processus : Elle permet de tester les hypothèses de progression du désengagement. Selon ces modèles, les employés ne démissionnent pas brutalement sans signaux précurseurs ; ils manifestent d’abord des micro-retraits au travail (distractions, allongement des pauses, refus d’efforts supplémentaires) avant de glisser vers des comportements de retrait du poste plus sévères (absentéisme chronique, recherche active d’un autre emploi, départ volontaire).
  • Étude des réactions aux stresseurs environnementaux : La WWM est largement utilisée pour quantifier les coûts comportementaux invisibles liés au harcèlement moral, aux micro-agressions, à l’injustice organisationnelle perçue, ou encore aux ruptures du contrat psychologique liant le travailleur à son employeur.
  • Contrôle méthodologique des réponses dysfonctionnelles : Elle sert de variable dépendante dans l’évaluation des interventions de leadership, des programmes d’enrichissement des tâches et des politiques de qualité de vie au travail (QVT).

Applications professionnelles et de diagnostic organisationnel

En pratique managériale et en consultation d’audit RH, l’outil s’avère précieux pour :

  • L’identification du désengagement latent : Contrairement à la démission ou à l’arrêt maladie qui constituent des données administratives explicites, le retrait au travail mesuré par la WWM capture le « présentéisme dégradé » ou la démission silencieuse (quiet quitting). Ces comportements représentent des pertes financières colossales pour les entreprises sans être immédiatement détectés par les indicateurs de performance classiques.
  • L’évaluation du climat social : Une élévation anormale des scores moyens à la WWM au sein d’un département spécifique constitue un signal d’alerte diagnostique robuste d’un dysfonctionnement managérial, d’une surcharge cognitive ou d’un déficit d’équité procédurale.

5. Construit psychologique

Le construit psychologique mesuré par l’échelle est le retrait au travail (work withdrawal), conceptualisé comme une sous-dimension spécifique au sein de la taxonomie plus large des comportements de retrait organisationnel (organizational withdrawal behaviors). Hanisch et Hulin (1990, 1991) ont formellement démontré que les comportements de retrait ne sont pas un ensemble chaotique d’actions disparates, mais se structurent en deux constellations distinctes :

1. Le retrait au travail (Work Withdrawal)

Le retrait au travail désigne un ensemble d’actions par lesquelles un salarié tente de s’éloigner des tâches professionnelles directes ou de réduire son implication dans son rôle pendant les heures ouvrées, tout en maintenant délibérément son affiliation organisationnelle et sa rémunération de base. Ce construit englobe :

  • La gestion abusive du temps (Time Theft / Micro-absences) : Allonger les temps de pause déjeuner ou café (item 3), arriver en retard (item 5), chercher des excuses fallacieuses pour s’absenter temporairement de son poste de travail (item 4), ou surveiller fréquemment sa montre ou l’horloge (item 8).
  • La flânerie cognitive et instrumentale (Loafing & Resource Misuse) : Utiliser le matériel de l’organisation (téléphone, ordinateur, connexion Internet) à des fins strictement privées sans autorisation (item 7), ou manipuler délibérément les outils de production pour simuler une panne et justifier une interruption de l’activité (item 1).
  • Le désengagement de l’effort et la restriction de rendement : Déléguer officieusement son travail à des collègues (item 2), exécuter un travail délibérément bâclé ou de mauvaise qualité (item 6), et refuser de s’investir dans les tâches secondaires qui ne débouchent pas sur une prime directe ou une valorisation formelle dans l’évaluation de la performance (item 9).

2. Le retrait du poste (Job Withdrawal)

Le retrait du poste regroupe les actions orientées vers la rupture totale ou substantielle du lien juridique et économique avec l’emploi ou l’organisation. Dans la WWM de 12 items, ce construit est représenté par les précurseurs cognitifs et comportementaux de la séparation :

  • Les ruminations de départ : Penser fréquemment à quitter l’entreprise en raison de problèmes vécus sur le lieu de travail (item 10).
  • La prospection externe : S’engager activement dans la recherche d’un autre emploi (item 11) et mobiliser son réseau social ou consulter les annonces de recrutement (item 12).

La force du construit réside dans sa cohérence interne : les 12 items reflètent une volonté sous-jacente d’homéostasie psychologique face à une situation de travail perçue comme aversive, frustrante ou non équitable.

6. Cadre théorique

La Mesure du retrait au travail repose sur une assise théorique rigoureuse issue du cognitivisme social, de la théorie des attitudes et de l’approche adaptative du comportement humain au travail.

Le modèle intégrateur de Hanisch et Hulin

Le cadre théorique fondamental proposé par Hanisch et Hulin (1990, 1991) s’inscrit dans le prolongement de la formule générale du comportement développée par Fishbein et Ajzen (1975) sur la relation attitude-comportement. Traditionnellement, les psychologues observaient des corrélations faibles ou modérées entre la satisfaction au travail et des comportements individuels isolés (comme l’absence un jour précis). Hanisch et Hulin ont postulé que les attitudes professionnelles globales prédisent avec une grande précision non pas un acte isolé, mais des familles de comportements agrégés.

Selon ce cadre :

  1. L’expérience de travail génère des attitudes fondamentales (satisfaction globale, engagement affectif, perception de justice distributive et procédurale).
  2. Lorsque ces attitudes deviennent négatives, l’employé expérimente un inconfort psychologique qu’il cherche à atténuer.
  3. Cette tentative d’adaptation se manifeste par une famille de comportements de retrait ordonnés, servant de mécanisme d’évitement face à la source d’insatisfaction.

L’hypothèse de progression du retrait (Progression-of-Withdrawal Model)

L’instrument s’articule également autour des débats théoriques opposant trois modèles historiques de désengagement :

  • Le modèle des formes indépendantes : Chaque comportement de retrait surviendrait de manière isolée sans corrélation avec les autres.
  • Le modèle compensatoire : S’engager dans un retrait mineur (ex. pauses prolongées) permettrait à l’individu de relâcher la pression, évitant ainsi le recours à des formes plus graves comme la démission.
  • Le modèle de progression : Le modèle théorique privilégié par Hanisch et Hulin soutient qu’il existe un continuum d’intensité. Face à un environnement délétère persistant, l’individu mobilise d’abord des comportements de retrait à faible coût et à faible risque (retrait au travail : rêvasserie, retards, micro-pauses). Si la situation ne s’améliore pas, le répertoire comportemental s’élargit vers des conduites plus radicales et visibles (absentéisme régulier, recherche active d’emploi, rupture contractuelle définitive).

Théorie du contrat psychologique et de la conservation des ressources

D’un point de vue contemporain, les comportements mesurés par la WWM s’expliquent également à la lumière de la théorie de la conservation des ressources (COR) de Stevan Hobfoll et de la théorie de la brèche du contrat psychologique de Denise Rousseau. Lorsque les salariés perçoivent que l’organisation ne fournit pas les ressources attendues (soutien, sécurité, équité, reconnaissance), ils adoptent le retrait au travail comme stratégie de préservation et d’économie de leurs ressources cognitives et émotionnelles restantes.

7. Validité

Les qualités métrologiques de la Mesure du retrait au travail ont fait l’objet d’évaluations empiriques approfondies au travers de vastes études organisationnelles conduites sur des populations professionnelles variées (employés de bureau, cadres, personnel de maintenance, personnels de santé, etc.).

Validité de construit

La validité de construit de la WWM est soutenue par les analyses factorielles confirmatoires menées par Hanisch et Hulin (1990, 1991). Les données démontrent une séparation nette entre les items opérationnalisant le retrait au travail (micro-évitements) et ceux évaluant le retrait du poste (démission et turnover). Les saturations factorielles des items sur leurs dimensions théoriques respectives sont substantielles, oscillant en majorité entre 0,55 et 0,82.

Validité convergente

La validité convergente de la WWM a été confirmée par l’observation de corrélations statistiques significatives et théoriquement attendues avec plusieurs construits établis :

  • Insatisfaction au travail : Des corrélations négatives robustes (allant de r = -0,35 à r = -0,58, p < 0,001) sont systématiquement observées entre les scores du Job Descriptive Index (JDI) et les scores de retrait au travail.
  • Épuisement professionnel : Les recherches intégrant le Maslach Burnout Inventory (MBI) rapportent des associations positives fortes entre la sous-échelle d’épuisement émotionnel et les items de micro-retrait au travail (r variant de 0,32 à 0,46).
  • Cynisme organisationnel : Le sentiment de désillusion institutionnelle est positivement lié à la volonté de limiter ses efforts aux seules tâches obligatoires (item 9).

Validité discriminante

La WWM se distingue clairement des échelles de comportements contre-productifs généraux (Counterproductive Work Behaviors – CWB) axées sur la malveillance active ou le sabotage destructeur. Alors que les échelles de CWB mesurent des actes d’agression envers l’entreprise ou les pairs (vols caractérisés, violences verbales), la WWM capture spécifiquement des conduites passives d’évitement orientées vers l’auto-préservation de l’employé. De même, les corrélations négatives modérées observées avec les comportements de citoyenneté organisationnelle (Organizational Citizenship Behaviors – OCB, r = -0,30 à -0,42) attestent que le retrait ne représente pas seulement l’absence d’altruisme, mais une dynamique active de désinvestissement.

Validité prédictive et critériée

Dans des études longitudinales, les scores obtenus à la WWM prédisent significativement les démissions réelles ultérieures à un horizon de 12 à 24 mois (rapports de cotes ajustés [Odds Ratio] compris entre 1,65 et 2,30), confirmant l’hypothèse selon laquelle le retrait au travail constitue un vecteur d’amplification précédant la sortie définitive de l’organisation.

8. Fidélité

La fidélité de la Mesure du retrait au travail a été documentée au sein de multiples contextes organisationnels à l’aide d’indicateurs de cohérence interne et de stabilité temporelle.

Cohérence interne

Les coefficients de cohérence interne pour l’ensemble des 12 items ainsi que pour la composante spécifique de retrait au travail respectent les standards psychométriques d’excellence :

  • Dans les études princeps de Hanisch et Hulin (1990), le coefficient alpha de Cronbach (α) rapporté pour l’indice agrégé de retrait au travail se situait entre 0,78 et 0,84 pour différentes sous-populations d’employés universitaires et hospitaliers.
  • Dans l’étude causale de Hanisch et Hulin (1991), l’alpha composite atteignait 0,86, confirmant une homogénéité satisfaisante des items tout en évitant la redondance sémantique excessive.
  • Des études indépendantes ultérieures, telles que celle de Lipka (2010) examinant des minorités en entreprise, ont rapporté des coefficients alpha de Cronbach stables de 0,81 à 0,85.
  • L’indice de fidélité composite de McDonald (ω), calculé dans les réplications méthodologiques contemporaines, corrobore ces valeurs avec des scores moyens supérieurs à 0,83.

Stabilité test-retest

La fidélité test-retest de l’instrument a été évaluée sur des intervalles variant de 3 semaines à 6 mois :

  • Sur un intervalle court de 3 à 4 semaines, les coefficients de corrélation intraclasse (ICC) oscillent entre 0,72 et 0,81, indiquant une stabilité remarquable des habitudes comportementales déclarées par les répondants.
  • Sur des intervalles plus longs (6 à 12 mois), la corrélation s’établit autour de 0,50 à 0,60, ce qui est théoriquement cohérent avec la nature du construit : le retrait au travail n’est pas un trait de personnalité immuable, mais un état adaptatif fluctuant en fonction des évolutions des conditions organisationnelles et de la charge de travail.

9. Analyse factorielle

Les investigations en analyse factorielle exploratoire (AFE) et confirmatoire (AFC) constituent le socle de la reconnaissance métrologique de la WWM dans les travaux de Hanisch et Hulin.

Structure factorielle exploratoire (AFE)

Lors des premières étapes de développement de l’outil, une analyse en composantes principales suivie d’une rotation oblique (Promax ou Oblimin direct) a été exécutée sur un pool étendu d’items de comportements professionnels. Les critères de Kaiser-Guttman (valeurs propres supérieures à 1,0) et l’examen du diagramme d’éboulis (scree plot) ont convergé vers l’extraction de deux facteurs principaux distincts, expliquant conjointement plus de 52 % de la variance totale :

  1. Facteur 1 : Retrait au travail (Work Withdrawal) : Regroupant les items relatifs aux retards, pauses prolongées, temps personnel, exécution médiocre et manipulation d’outils. Les saturations factorielles de ces items dépassent systématiquement le seuil de 0,50 (allant de 0,52 pour l’item 9 à 0,78 pour l’item 4).
  2. Facteur 2 : Retrait du poste (Job Withdrawal) : Regroupant les items 10, 11 et 12, avec des saturations factorielles très élevées (comprises entre 0,71 et 0,88) et des saturations croisées minimes sur le premier facteur (< 0,20).

Modélisation confirmatoire (AFC) et équations structurelles

Pour confirmer formellement cette organisation dimensionnelle, Hanisch et Hulin (1991) ont employé la modélisation par équations structurelles (SEM). La comparaison d’un modèle unifactoriel global (où l’ensemble des 12 items chargerait sur un facteur unique de désengagement général) et d’un modèle bifactoriel corrélé a démontré la supériorité statistique incontestable du modèle à deux facteurs :

  • Modèle unifactoriel : Présente un ajustement médiocre aux données (χ²/dl > 4,2 ; CFI < 0,82 ; RMSEA > 0,11).
  • Modèle bifactoriel corrélé : Démontre d’excellents indices d’ajustement structurel (χ²/dl = 1,84 ; CFI = 0,96 ; TLI = 0,95 ; RMSEA = 0,045 [IC 90% : 0,031 – 0,059] ; SRMR = 0,042).

La corrélation latente entre les deux facteurs oscille généralement entre r = 0,40 et r = 0,55, traduisant le fait que bien qu’interconnectées, les manifestations de retrait au travail et de retrait du poste constituent des construits distincts reflétant des seuils psychologiques et fonctionnels différenciés.

10. Instrument de mesure

La Mesure du retrait au travail est un inventaire auto-rapporté composé de 12 énoncés comportementaux clairs. Elle présente les caractéristiques opérationnelles suivantes :

  • Format du test : Questionnaire psychométrique papier-crayon ou informatisé (auto-évaluation).
  • Nombre d’items : 12 énoncés standardisés.
  • Population cible : Salariés, employés de bureau, techniciens, cadres et ouvriers en activité professionnelle régulière.
  • Temps de passation moyen : Environ 3 à 5 minutes.
  • Échelle de réponse (authentique de l’instrument source) : Échelle ordinale en 7 points mesurant la fréquence déclarée des comportements :
    • 1 = never (jamais)
    • 2 = once a year (une fois par an)
    • 3 = 2 or 3 times per year (2 ou 3 fois par an) [incluant les déclinaisons de fréquence intermédiaire comme every other month]
    • 4 = about once year per [environ une fois par an / fréquence d’ordre annuel intermédiaire selon les calibrages originaux]
    • 5 = more than once per month (plus d’une fois par mois)
    • 6 = once per week (une fois par semaine)
    • 7 = more than once per week (plus d’une fois par semaine)
  • Calcul des scores et cotation :
    • Score de Retrait au Travail (Work Withdrawal) : Calculé en effectuant la moyenne arithmétique ou la somme des items 1 à 9. Un score élevé reflète une fréquence élevée de comportements de micro-évitement et de désengagement passif.
    • Score de Retrait du Poste (Job Withdrawal) : Calculé en effectuant la moyenne ou la somme des items 10, 11 et 12. Un score élevé indique une forte propension à quitter l’organisation.
    • Score Global de Retrait : Somme ou moyenne non pondérée de l’ensemble des 12 items. Aucun item n’est inversé (tous les items sont formulés dans le sens direct du désengagement).
  • Interprétation clinique et organisationnelle :
    • Score moyen < 2,0 : Niveau de retrait très faible, engagement normatif préservé.
    • Score moyen entre 2,1 et 3,5 : Niveau modéré de micro-retrait, pouvant indiquer une fatigue passagère ou une réponse adaptative à une charge de travail ponctuelle.
    • Score moyen > 3,5 : Niveau critique de désengagement, révélateur d’un risque élevé de démission silencieuse, de démotivation structurelle ou de burnout avancé.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

La Mesure du retrait au travail a été initialement publiée dans des articles de revues à comité de lecture au début des années 1990 :

  • Année de développement : 1990 (publication princeps dans le Journal of Vocational Behavior) avec consolidation en 1991.
  • Droits d’auteur et permissions : Les publications originales sont la propriété intellectuelle de l’éditeur académique (Elsevier / Journal of Vocational Behavior). Toutefois, dans le cadre de la recherche scientifique et de l’enseignement universitaire, les items sont considérés comme appartenant au domaine de la recherche académique ouverte, sous réserve de citer scrupuleusement les auteurs originaux (Hanisch & Hulin, 1990, 1991).
  • Tarifs : L’utilisation de l’instrument est entièrement gratuite pour les projets de recherche scientifique non commerciaux, les mémoires de master et les thèses doctorales.
  • Utilisation commerciale ou en entreprise : Toute intégration de l’instrument au sein d’une plateforme d’évaluation commerciale ou d’un logiciel RH payant nécessite de vérifier les droits afférents auprès de l’éditeur détenteur des droits ou de formuler une demande d’autorisation formelle.

12. Références

Les travaux scientifiques ci-dessous constituent le corpus fondamental sur lequel repose l’évaluation psychométrique du retrait au travail :

  • Fishbein, M., & Ajzen, I. (1975). Belief, attitude, intention, and behavior: An introduction to theory and research. Addison-Wesley.
  • Hanisch, K. A., & Hulin, C. L. (1990). Job attitudes and organizational withdrawal: An examination of retirement and other voluntary withdrawal behaviors. Journal of Vocational Behavior, 37(1), 60–78. https://doi.org/10.1016/0001-8791(90)90007-O
  • Hanisch, K. A., & Hulin, C. L. (1991). General attitudes and organizational withdrawal: An evaluation of a causal model. Journal of Vocational Behavior, 39(1), 110–128. https://doi.org/10.1016/0001-8791(91)90006-8
  • Hulin, C. L. (1991). Adaptation, persistence, and commitment in organizations. In M. D. Dunnette & L. M. Hough (Eds.), Handbook of Industrial and Organizational Psychology (2nd ed., Vol. 2, pp. 445–505). Consulting Psychologists Press.
  • Lipka, P. (2010). Sexual minorities in the workplace: An examination of individual differences that affect responses to workplace heterosexism (Doctoral dissertation, Clemson University). All Dissertations, Paper 539. http://tigerprints.clemson.edu/all_dissertations/539
  • Mobley, W. H. (1977). Intermediate linkages in the relationship between job satisfaction and employee turnover. Journal of Applied Psychology, 62(2), 237–240. https://doi.org/10.1037/0021-9010.62.2.237
  • Rosse, J. G. (1988). Relations among lateness, absence, and turnover: Is there a progression of withdrawal? Human Relations, 41(7), 517–531. https://doi.org/10.1177/001872678804100702

13. Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scale:

1 = never, 2 = once a year, 3 = 2 or 3 times per year, 3 = every other month, 4 = about once year per, 5 = more than once per month, 6 = once per week, 7 = more than once per week

  1. Messing with equipment so that you cannot get work done.
  2. Letting others do your work for you.
  3. Taking frequent or long coffee or lunch breaks.
  4. Making excuses to go somewhere to get out of work.
  5. Being late for work.
  6. Doing poor work.
  7. Using equipment (such as the phone) for personal use without permission.
  8. Looking at your watch or clock a lot.
  9. Ignoring those tasks that will not help your performance review or pay raise.
  10. Thinking about quitting your job because of work-related issues.
  11. Looked for a different job.
  12. Asked people you know about jobs in other places or looked at job advertisements.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 8). Mesure du retrait au travail. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/mesure-du-retrait-au-travail/
Looti, Mohammed. “Mesure du retrait au travail.” Base de données de psychologie en français, 8 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/mesure-du-retrait-au-travail/.
Looti, Mohammed. “Mesure du retrait au travail.” Base de données de psychologie en français. octobre 8, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/mesure-du-retrait-au-travail/.