1. Résumé
L’échelle d’intrusion relationnelle obsessionnelle (Obsessive Relational Intrusion ou ORI), développée initialement par Brian H. Spitzberg et William R. Cupach, constitue l’un des instruments psychométriques de référence pour évaluer les comportements répétés, non désirés et invasifs de poursuite interpersonnelle survenant au sein ou en marge de relations intimes, amoureuses ou de désengagement relationnel. Composée de 63 items mesurant la fréquence de victimisation depuis l’âge de 18 ans, cette échelle appréhende un continuum comportemental allant de conduites d’hyper-intimité perçues comme modérément intrusives jusqu’à des manifestations sévères de traque furtive (stalking), d’agression physique, d’intrusion spatiale et de menaces explicites.
Les participants évaluent chaque comportement sur une échelle ordinale en 5 points allant de 0 (« Jamais ») à 4 (« Fréquemment, plus de 10 fois depuis l’âge de 18 ans »). Les analyses factorielles exploratoires et confirmatoires menées par les auteurs ont identifié quatre sous-échelles dimensionnelles robustes : la Poursuite (Pursuit, 8 items), la Violation de l’intimité et du domicile (Violation, 4 items), la Menace (Threat, 9 items) et l’Hyper-intimité (Hyperintimacy, 13 items), les items restants contribuant à un score composite global de victimisation de harcèlement relationnel. L’ORI présente d’excellentes propriétés psychométriques, affichant une consistance interne globale remarquable (coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,88 et 0,95 selon les cohortes) et une validité de construit démontrée par de fortes corrélations positives avec la détresse psychologique, la peur perçue, la rupture post-relationnelle conflictuelle et les symptômes de stress post-traumatique.
2. Mots-clés
Intrusion relationnelle obsessionnelle, traque furtive, harcèlement relationnel, stalking, Brian Spitzberg, William Cupach, victimisation interpersonnelle, rupture amoureuse, hyper-intimité, psychométrie relationnelle.
3. Auteurs
L’échelle d’intrusion relationnelle obsessionnelle a été élaborée et standardisée par deux chercheurs éminents en sciences de la communication interpersonnelle et en psychologie relationnelle :
- Brian H. Spitzberg, Ph.D. : Professeur émérite à la School of Communication de l’Université d’État de San Diego (San Diego State University, SDSU), Californie, États-Unis. Ses travaux pionniers portent sur les compétences communicationnelles, les facettes sombres des relations interpersonnelles (« The Dark Side of Interpersonal Communication »), le stalking et la violence conjugale.
- William R. Cupach, Ph.D. : Professeur émérite au Department of Communication de l’Université d’État de l’Illinois (Illinois State University), Normal, Illinois, États-Unis. Spécialiste reconnu de la gestion des conflits interpersonnels, des ruptures relationnelles, de l’embarras social et des dynamiques d’intrusion obsessive.
4. Objectif
L’objectif fondamental de l’échelle ORI est de quantifier et de caractériser la prévalence, la fréquence et la sévérité des comportements d’intrusion et de poursuite indésirables exercés par un individu à l’encontre d’une cible réticente, que l’agresseur soit un ex-partenaire, une simple connaissance, un collègue ou un individu inconnu. Sur le plan théorique, l’outil a été conçu pour combler un vide méthodologique majeur dans la recherche sur la violence interpersonnelle : traditionnellement, la littérature juridique et criminologique abordait le harcèlement obsessionnel (stalking) à travers un prisme exclusivement pénal, exigeant la présence documentée d’une menace de mort explicite ou d’une peur paralysante de lésions corporelles imminentes. Cette conceptualisation restreinte occultait une vaste gamme d’intrusions quotidiennes, insidieuses et psychologiquement débilitantes qui érodent le sentiment de sécurité et l’autonomie des victimes.
En pratique clinique et en victimologie, l’échelle ORI permet d’établir une cartographie détaillée du schéma d’agression subi par la victime. Elle permet aux thérapeutes et aux intervenants judiciaires d’évaluer le degré d’escalade d’un prétendant éconduit ou d’un ancien conjoint. En documentant objectivement les manifestations de surveillance clandestine, d’incursions au domicile ou sur le lieu de travail, de diffamation auprès du réseau social et de manipulations émotionnelles, l’instrument fournit une base empirique solide pour la gestion des risques, la mise en place de plans de sécurité individualisés et l’orientation des demandes d’ordonnances de protection (ordonnances d’éloignement).
Dans le domaine de la recherche empirique, l’ORI est massivement exploitée pour explorer les corrélats dyadiques du harcèlement de rupture, les théories de l’attachement insécure ou désorganisé, la psychopathologie des poursuivants obsessionnels (tels que les traits de personnalité narcissique et limite) et l’impact différentiel des sous-types d’intrusions sur le bien-être subjectif, l’anxiété et la qualité de vie des victimes.
5. Construit psychologique
Le construit d’intrusion relationnelle obsessionnelle se définit comme l’invasion répétée et non désirée du domaine de la vie privée d’un individu par une autre personne qui cherche à initier, maintenir ou rétablir une relation intime, en dépit du refus explicite ou implicite de la cible (Cupach & Spitzberg, 2000). L’ORI repose sur une structure multidimensionnelle combinant plusieurs niveaux d’intensité et plusieurs domaines comportementaux :
1. La Poursuite Spatiale et Environnementale (Pursuit)
Cette dimension regroupe des tactiques d’approche physique et d’invasion de l’espace vital de la victime. Elle se caractérise par des comportements tels que roder autour du lieu de résidence, attendre dans un véhicule garé à proximité (item 17), se poster à la sortie du lieu de travail ou des cours (items 11 et 45), laisser des messages sur le pare-brise de la voiture (item 31) ou téléphoner directement sur le lieu d’activité professionnelle (item 57). Ces comportements visent à réduire physiquement la distance interpersonnelle et à rappeler constamment la présence inéluctable du poursuivant.
2. La Violation de l’Intimité et de la Propriété (Violation)
La violation capture les incursions clandestines et invasives dans la sphère privée de la victime, franchissant le seuil du domicile ou de la dignité individuelle. Elle inclut l’effraction dans l’appartement ou la maison (item 63), l’enregistrement de conversations à l’insu de la personne (item 29), la prise de photographies clandestines (item 47) et l’envoi de photographies offensantes ou à caractère sexuel non sollicitées (item 26). Cette facette engendre un sentiment profond de dépersonnalisation, d’hypervigilance et de vulnérabilité existentielle chez la victime.
3. La Menace et l’Agression (Threat)
La dimension de menace évalue la facette coercitive, agressive et hostile du continuum d’intrusion. Elle regroupe des violences verbales, des intimidations ouvertes et des violences physiques manifestes : proférer des menaces de préjudice corporel (item 5), adresser des avertissements vagues selon lesquels « de mauvaises choses vont arriver » (items 6 et 30), agresser physiquement la victime par des bousculades, gifles ou coups (item 59), dégrader des biens matériels (item 62) ou déclencher des altercations dans des espaces publics (item 36).
4. L’Hyper-intimité et l’Affection Démesurée (Hyperintimacy)
L’hyper-intimité correspond à des manifestations d’affection, de dévoilement de soi et de rapprochement relationnel inappropriées, grotesques ou prématurées. Bien qu’elles puissent mimer des conduites de courtoisie ou d’amour romantique, ces actions sont perçues comme profondément oppressantes car elles violent le principe de réciprocité et de consentement. Cette sous-échelle comprend des déclarations enflammées démesurées (item 19), des affirmations mensongères selon lesquelles les deux individus sont déjà en couple intime (items 3 et 48), des excuses compulsives et incessantes (item 53), des contacts physiques intimes non sollicités (item 49) et des intrusions indiscrètes dans les relations avec des tiers (items 23, 33 et 41).
5. Conduites Périphériques et Cyber-intrusions
Les items non rattachés aux quatre facteurs primaires enrichissent l’évaluation globale par des comportements de harcèlement numérique (inonder la boîte de messagerie électronique d’e-mails, item 12), de recours à des tiers pour espionner la cible (item 25), d’appels téléphoniques obscènes ou muets (items 2 et 27) et de demandes excessives d’attentions publiques (appeler une station de radio pour dédier une chanson, item 10).
6. Cadre théorique
Le socle conceptuel de l’échelle repose principalement sur la théorie de la poursuite d’objectifs relationnels (Relational Goal Pursuit Theory, RGPT), formulée par Cupach et Spitzberg (2004, 2014). Cette théorie s’inscrit au carrefour de la théorie cybernétique du contrôle de soi de Carver et Scheier, de la psychologie de la motivation et des théories de l’attachement.
Selon la RGPT, les êtres humains régulent leurs comportements en fonction de boucles de rétroaction orientées vers l’atteinte d’objectifs spécifiques. Dans le contexte de l’ORI, le poursuivant se fixe un objectif relationnel de haut niveau : nouer ou restaurer une relation intime exclusive avec la cible désirée. Lorsqu’un rejet survient, la boucle cybernétique normale exige que l’individu réévalue la situation, réduise son investissement émotionnel et abandonne son objectif face à des coûts disproportionnés. Toutefois, chez l’auteur d’ORI, ce mécanisme de désengagement fait l’objet d’une distorsion cognitive critique appelée la liaison d’objectifs (goal linking).
La liaison d’objectifs implique que l’agresseur associe inextricablement la conquête relationnelle de cette personne spécifique à son propre sentiment de valeur personnelle, à son bonheur existentiel ou à son identité fondamentale. Dès lors, le rejet n’est pas perçu comme un simple échec relationnel contingent, mais comme une menace mortelle pour l’estime de soi et la viabilité psychique du sujet. Cela engendre trois conséquences dynamiques :
- La persistance obsessionnelle (rumination) : L’impossibilité de désactiver l’objectif alimente des pensées intrusives permanentes au sujet de la cible.
- L’inondation affective négative : La frustration répétée génère une anxiété intense, de la jalousie délirante et de la colère, abaissant le seuil de rationalité.
- L’escalade des tactiques d’accès : Convaincu que des efforts communicationnels plus intenses surmonteront l’indifférence ou la réticence de l’autre, le poursuivant intensifie son emprise, passant de cadeaux insistants à des filatures, puis à la surveillance et enfin à la violence coercitive.
En miroir, l’ORI s’appuie sur la perspective du « côté sombre » (Dark Side) de la communication humaine, qui postule que des comportements culturellement valorisés comme romantiques (la persévérance, les grandes déclarations d’amour, les sérénades, les cadeaux somptueux) peuvent basculer sur un versant toxique, abusif et prédateur dès lors qu’ils bafouent les limites et l’autodétermination d’autrui.
7. Validité
L’échelle ORI a fait l’objet de nombreuses validations empiriques documentant sa robustesse psychométrique à travers diverses populations (étudiants universitaires, échantillons communautaires, victimes de violence conjugale suivies en milieu judiciaire ou clinique).
Validité de Construit et Convergente
La validité convergente de l’ORI est solidement corroborée par ses corrélations modérées à fortes avec des indices cliniques de détresse psychologique. Dans les études de Cupach et Spitzberg (2000), le score global d’ORI corrèle positivement avec :
- L’anxiété état et le sentiment de menace ressentie par la victime ($r = 0,45$ à $0,62$, $p < 0,001$).
- Les symptômes d’intrusion cognitive et d’évitement comportemental mesurés par l’Échelle d’Impact de l’Événement (IES), attestant de traumatismes post-rupture ($r = 0,38$ à $0,54$, $p < 0,001$).
- Les scores de l’échelle d’évaluation de la tactique des conflits (Conflict Tactics Scale, CTS/CTS2), spécifiquement pour les sous-échelles d’agression psychologique et physique ($r > 0,50$).
Validité Discriminante
L’ORI démontre une excellente capacité à discriminer les contacts relationnels banals d’après-rupture (tels que la négociation courtoise du partage de biens matériels ou un échange occasionnel de messages administratifs) des conduites invasives pathologiques. De plus, les sous-échelles de Poursuite et de Violation se distinguent clairement des simples conflits d’opinion au sein du couple, affichant des corrélations faibles ($r < 0,20$) avec les mesures de désaccord verbal ordinaire non menaçant.
Validité Prédictive et Incrémentielle
L’échelle prédit de manière statistiquement significative la probabilité qu’une victime sollicite une intervention policière, modifie ses routines quotidiennes (changement de numéro de téléphone, déménagement, réorganisation des horaires professionnels) ou entame une psychothérapie de soutien. Les analyses de régression logistique et multiple montrent que la présence d’items de la sous-échelle Menace et de la sous-échelle Violation constitue le prédicteur le plus robuste de l’escalade vers des violences physiques graves nécessitant une judiciarisation.
8. Fidélité
La fidélité de l’échelle ORI a été testée et vérifiée au cours de multiples vagues d’enquêtes psychométriques :
- Consistance interne globale : L’alpha de Cronbach ($lpha$) pour l’ensemble des 63 items se situe régulièrement entre $0,92$ et $0,96$, ce qui témoigne d’une cohérence interne exceptionnelle pour un index global de victimisation de poursuite.
- Consistance interne des sous-échelles :
- Poursuite (Pursuit – 8 items) : coefficients $lpha$ variant de $0,78$ à $0,86$.
- Violation (Violation – 4 items) : coefficients $lpha$ variant de $0,72$ à $0,81$ (remarquable compte tenu du faible nombre d’items).
- Menace (Threat – 9 items) : coefficients $lpha$ se situant entre $0,83$ et $0,89$.
- Hyper-intimité (Hyperintimacy – 13 items) : coefficients $lpha$ s’élevant entre $0,82$ et $0,88$.
- Stabilité temporelle (Test-retest) : Bien que les scores de l’échelle mesurent des comportements cumulatifs depuis l’âge de 18 ans (ce qui stabilise structurellement le rappel mnésique), les études évaluant la stabilité du rappel sur des intervalles de 4 à 8 semaines révèlent des coefficients de corrélation intraclasse (CCI) supérieurs à $0,85$, démontrant une fidélité temporelle très satisfaisante.
9. Analyse factorielle
Le développement structurel de l’ORI s’est appuyé sur une succession d’analyses factorielles exploratoires (AFE) utilisant l’extraction par facteurs principaux (Principal Axis Factoring) ou analyse en composantes principales, assorties de rotations obliques (Promax ou Direct Oblimin), reconnaissant ainsi que les différentes modalités de harcèlement relationnel sont intrinsèquement corrélées entre elles dans le monde réel.
Dans l’étude fondatrice de Cupach et Spitzberg (2000, 2004), la matrice factorielle a mis en évidence quatre dimensions primaires nettement identifiables réunissant 34 items cibles, tandis que les autres items présentaient soit des saturations croisées sur plusieurs facteurs, soit une nature composite transversale :
- Facteur 1 : Hyper-intimité (13 items) — Les items 3, 14, 19, 23, 33, 42, 44, 48, 49, 50, 51, 53 et 60 saturent préférentiellement sur ce facteur avec des poids factoriels s’échelonnant de $0,42$ à $0,76$. Ce facteur capture l’invasion psychologique déguisée sous forme d’empressement affectif et d’appropriation du statut de partenaire.
- Facteur 2 : Menace (9 items) — Les items 1, 5, 6, 7, 30, 36, 39, 59 et 62 présentent des saturations comprises entre $0,48$ et $0,81$. Ce facteur isole spécifiquement les conduites de coercition physique, verbale et matérielle.
- Facteur 3 : Poursuite (8 items) — Les items 11, 13, 17, 24, 31, 35, 54 et 57 saturent entre $0,45$ et $0,74$. Il reflète l’ancrage territorial et la surveillance physique directe des mouvements de la victime.
- Facteur 4 : Violation (4 items) — Les items 26, 29, 47 et 63 présentent des saturations oscillant entre $0,51$ et $0,78$, caractérisant la pénétration clandestine dans l’intimité corporelle ou matérielle de la personne.
Des analyses factorielles confirmatoires (AFC) ultérieures ont testé un modèle hiérarchique de second ordre où les quatre facteurs de premier ordre sont sous-tendus par un méta-facteur général de « victimisation d’intrusion relationnelle ». Les indices d’ajustement du modèle confirment cette structure hiérarchique avec des indices satisfaisants ($CFI > 0,90$, $TLI > 0,89$, $RMSEA < 0,06$), légitimant l’usage tant des sous-échelles distinctes que du score composite global.
10. Instrument de mesure
- Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (évaluation quantitative de victimisation rétrospective).
- Format d’administration : Papier-crayon ou passation informatisée sur plateforme en ligne.
- Nombre d’items : 63 items au total (dont 34 répartis dans 4 sous-échelles factorielles validées et 29 items contribuant à l’indice général de harcèlement). Une question qualitative ouverte additionnelle permet d’enregistrer d’éventuels comportements non répertoriés.
- Échelle de réponse (Format ordinale en 5 points) :
- 0 = Jamais (Never)
- 1 = Une fois depuis l’âge de 18 ans (Once since the age of 18)
- 2 = Rarement, c’est-à-dire 2 à 4 fois depuis l’âge de 18 ans (Rarely, i.e., 2 to 4 times since the age of 18)
- 3 = Parfois, c’est-à-dire 5 à 9 fois depuis l’âge de 18 ans (Sometimes, i.e., 5 to 9 times since the age of 18)
- 4 = Fréquemment, c’est-à-dire plus de 10 fois depuis l’âge de 18 ans (Frequently, i.e., more than 10 times since the age 18)
- Cotation et Calcul des Scores :
- Score total de victimisation : Somme arithmétique de l’ensemble des 63 items (étendue théorique : 0 à 252). Des scores élevés signalent une intensité et une chronicité accrues des intrusions subies.
- Sous-échelle Poursuite (Pursuit) : Somme des items 11, 13, 17, 24, 31, 35, 54 et 57 (étendue : 0 à 32).
- Sous-échelle Violation (Violation) : Somme des items 26, 29, 47 et 63 (étendue : 0 à 16).
- Sous-échelle Menace (Threat) : Somme des items 1, 5, 6, 7, 30, 36, 39, 59 et 62 (étendue : 0 à 36).
- Sous-échelle Hyper-intimité (Hyperintimacy) : Somme des items 3, 14, 19, 23, 33, 42, 44, 48, 49, 50, 51, 53 et 60 (étendue : 0 à 52).
- Temps de passation estimé : Environ 15 à 20 minutes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
L’échelle ORI a été formellement formalisée dans la littérature scientifique en 2000 (article de Cupach & Spitzberg dans la revue Violence and Victims) et synthétisée dans l’ouvrage de référence publié en 2004 par Lawrence Erlbaum Associates, Inc. (maintenant intégré au groupe Taylor & Francis / Routledge).
L’instrument a été mis à la disposition de la communauté scientifique et des praticiens de la santé publique au sein du recueil officiel des instruments de mesure des violences entre partenaires intimes publié par les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis : Measuring Intimate Partner Violence Victimization and Perpetration: A Compendium of Assessment Tools (pages 89-92). L’utilisation de l’échelle à des fins de recherche académique, d’évaluation clinique non commerciale et d’enseignement est généralement autorisée sans frais, sous réserve d’attribuer explicitement la paternité intellectuelle aux auteurs et d’inclure les citations bibliographiques standardisées.
12. Références
- Cupach, W. R., & Spitzberg, B. H. (2000). Obsessive relational intrusion: Incidence, perceived severity, and coping. Violence and Victims, 15(4), 357–372. https://doi.org/10.1891/vivi.15.3.357
- Cupach, W. R., & Spitzberg, B. H. (2004). The dark side of relationship pursuit: From attraction to obsession and stalking. Mahwah, NJ: Lawrence Erlbaum Associates. https://doi.org/10.4324/9781410610225
- Cupach, W. R., & Spitzberg, B. H. (2014). Everyday stalking: Obsessive relational intrusion and cyberstalking. In B. H. Spitzberg & W. R. Cupach (Eds.), The dark side of relationship pursuit: From attraction to obsession and stalking (2nd ed., pp. 1–38). New York: Routledge. https://doi.org/10.4324/9780203805664
- Spitzberg, B. H., & Cupach, W. R. (2003). What whoppers they will flee! Toward a theory of relational goal pursuit in stalking and obsessive relational intrusion. Communication Theory, 13(2), 157–192. https://doi.org/10.1111/j.1468-2885.2003.tb00288.x
- Spitzberg, B. H., & Cupach, W. R. (2007). The state of the art of stalking: Taking stock of the emerging literature. Aggression and Violent Behavior, 12(1), 64–86. https://doi.org/10.1016/j.avb.2006.05.001
- Thompson, M. P., Basile, K. C., Hertz, M. F., & Sitterle, D. (2006). Measuring intimate partner violence victimization and perpetration: A compendium of assessment tools. Atlanta, GA: Centers for Disease Control and Prevention, National Center for Injury Prevention and Control. https://www.cdc.gov/violenceprevention/pdf/ipv/compendium.pdf
13. Questions et items du questionnaire
Response scale:
0 = Never
1 = Once since the age of 18
2 = Rarely (i.e., 2 to 4 times since the age of 18)
3 = Sometimes (i.e., 5 to 9 times since the age of 18)
4 = Frequently (i.e., more than 10 times since the age 18)
Items:
- Called and argued with you
- Would call and hang up without answering
- Told others you two were more intimate than you currently were
- Spied on you
- Threatened you with physical harm
- Made vague warnings that bad things would happen to you
- Accused you of “sleeping around”
- Exposed him- or herself to you
- Increased contact with your family members to stay involved
- Called a radio station and devoted song requests to you
- Showed up before or after your work
- Cluttered your e-mail with frequent messages
- Drove by your house or work
- Engaged in excessive self-disclosure
- Performed large favors for you without your request or permission
- Constantly asked for another chance
- Waited in a car near where you were
- Accused you of somehow being unfaithful
- Made exaggerated claims of his/her affection for you
- Watched or stared at you from a distance
- Complained to you about how you ruined her/ his life
- Followed you while you were carrying on a walking conversation
- Asked you if you were seeing someone
- Waited outside your place
- Used third parties to ‘spy’ or keep tabs on you
- Sent you offensive photographs
- Made obscene phone calls to you
- Sent you unwanted cards or letters
- Recorded conversations with you without yourknowledge
- Warned that bad things would or might happen
- Left notes on your car windshield
- Told you to stop doing certain things
- Gossiped or bragged about your relationship to others
- Went through your private things when in your room
- Left you written messages in or at your residence
- Tried to argue with you in public places
- Called at all times of the day or night to check on you
- Knocked on your window when not expected
- Used profanity and obscene names in reference to you
- Sent you unwanted gifts
- Argued with you about your relationship with other people
- Made things up about your past relationship
- Sent you threatening notes‚ letters‚ or messages
- Refused to take hints that s/he wasn’t welcome
- Showed up before or after your classes
- Left frequent messages on your answering machine
- Took photographs of you without your previous knowledge
- Claimed to still be in an intimate relationship with you
- Inappropriately touched you in an intimate way
- Spread false rumors or gossip about you to your friends
- Described acts of sex to you
- Waited around near your conversation with another person
- Constantly apologized for past wrongs done
- Visited you at work
- Checked up on you through mutual acquaintances
- Followed you from place to place
- Called you while you were working
- Mailed or left gifts you had previously given him/her
- Physically shoved‚ slapped‚ or hit you
- Joined you uninvited while conversing with others
- Forced you to engage in sexual behavior against your will
- Damaged or destroyed property or possessions of yours
- Broke into your home or apartment
Can you think of any relational intrusion behaviors you have experienced that are NOT on the above list? If so, please list them and rate them according to the 0–4 scale.