1. Résumé / Abstract
L’Évaluation des réactions de l’aidant (connue à l’échelle internationale sous l’appellation Caregiver Reaction Assessment ou CRA) est un instrument psychométrique multidimensionnel conçu pour évaluer les répercussions spécifiques de la prise en charge d’un proche atteint d’une maladie chronique, d’un cancer ou d’un déclin cognitif sur la vie de l’aidant informel. Développé initialement par Charles W. Given et ses collaborateurs en 1992 à l’Université d’État du Michigan, le CRA s’est distingué des échelles unidimensionnelles classiques du fardeau (telles que le Zarit Burden Interview) en introduisant une évaluation bidirectionnelle qui englobe tant les conséquences négatives que les bénéfices psychologiques et l’enrichissement personnel découlant de l’expérience de soins.
Le questionnaire est composé de 24 items structurés autour de cinq dimensions distinctes : l’estime de soi liée au rôle d’aidant (Caregiver’s Esteem, 7 items), le manque de soutien familial (Lack of Family Support, 5 items), l’impact financier (Impact on Finances, 3 items), l’impact sur l’emploi du temps (Impact on Schedule, 5 items) et l’impact sur la santé physique (Impact on Health, 4 items). Les participants répondent à l’aide d’une échelle ordinale de type Likert en 5 points, allant de 1 (« Pas du tout d’accord ») à 5 (« Tout à fait d’accord »). La particularité psychométrique majeure du CRA réside dans l’absence délibérée de score global composite : chaque sous-échelle fait l’objet d’un calcul de score moyen indépendant, reflétant des facettes conceptuellement et empiriquement dissociables de la réaction à la dispensation de soins.
Les propriétés psychométriques du CRA démontrent une consistance interne robuste (coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,78 et 0,90 selon les sous-échelles), une validité factorielle confirmée par de nombreuses analyses factorielles confirmatoires internationales (notamment par Nijboer et al. en 1999 pour les populations oncologiques), ainsi qu’une excellente validité convergente et discriminante vis-à-vis des mesures de dépression, d’anxiété et de qualité de vie liée à la santé. Cet outil est aujourd’hui une référence clinique et épidémiologique mondiale en oncologie, gérontologie et neurologie.
2. Mots-clés / Keywords
Évaluation des réactions de l’aidant, Caregiver Reaction Assessment, CRA, fardeau de l’aidant, proches aidants, oncologie, psychométrie, estime de soi de l’aidant, soutien familial, impact sur la santé, validité factorielle, épuisement de l’aidant, fardeau multidimensionnel.
3. Auteurs / Authors
L’échelle originale a été conçue et validée par une équipe de chercheurs pluridisciplinaires rattachée au College of Nursing et au Department of Family Practice de la Michigan State University (East Lansing, États-Unis) :
- Charles W. Given, Ph.D. — Professeur émérite, Department of Family Medicine, College of Human Medicine, Michigan State University. Spécialiste de la recherche sur les services de santé, les trajectoires de soins chroniques et les interventions comportementales auprès des patients cancéreux et de leurs familles.
- Barbara A. Given, Ph.D., RN, FAAN — Professeure émérite et directrice de recherche, College of Nursing, Michigan State University. Figure pionnière des soins infirmiers oncologiques et de l’étude des aidants informels aux États-Unis.
- Manfred Stommel, Ph.D. — Sociologue et biostatisticien, College of Nursing, Michigan State University. Expert en méthodologie quantitative appliquée aux sciences de la santé et à la modélisation en équations structurelles.
- Zhengshu Collins, M.S. — Biostatisticienne, Michigan State University.
- Soham King, M.S. — Chercheur associé, Michigan State University.
L’adaptation européenne et la validation clinique néerlandaise, largement reconnues pour l’oncologie, ont été conduites par le Dr Cecilia W. M. Nijboer et son équipe à l’Institut néerlandais de recherche sur les services de santé (NIVEL, Utrecht, Pays-Bas) en collaboration avec l’Université de Groningue (1999).
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’Évaluation des réactions de l’aidant (CRA) est de fournir une quantification multidimensionnelle et sensible des réactions psychologiques, physiques, sociales et économiques des membres de l’entourage qui prennent soin d’un proche dépendant. Avant l’introduction de cet instrument au début des années 1990, la majorité des recherches évaluaient le rôle de l’aidant à travers le prisme presque exclusif du « fardeau » (caregiver burden), perçu comme une entité monolithique et intrinsèquement pathologique. Cette conceptualisation restreinte échouait à capter la complexité des transactions psychologiques qui se nouent au sein de la dyade patient-aidant.
Applications en recherche clinique et épidémiologique
Dans les contextes de recherche, le CRA permet :
- De caractériser finement l’impact différentiel des pathologies chroniques dégénératives (maladie d’Alzheimer, sclérose latérale amyotrophique, maladie de Parkinson) et des affections oncologiques avancées sur les différentes sphères d’existence de l’aidant.
- D’évaluer l’efficacité d’interventions psycho-éducatives, de programmes de répit ou d’interventions de télésanté conçus pour moduler le stress de l’aidant. Grâce à ses sous-échelles autonomes, le CRA permet de détecter si une intervention allège l’impact sur l’emploi du temps ou restaure le soutien perçu sans nécessairement altérer l’impact financier objectif.
- D’étudier les déterminants pronostiques de l’institutionnalisation des personnes âgées, la dégradation de la santé physique ou l’émergence d’une dépression chez l’aidant étant fortement associée à des profils de score spécifiques sur le CRA.
Applications en pratique clinique et interventionnelle
Au lit du malade, en consultation de psycho-oncologie ou dans les services de gériatrie et de travail social, le CRA sert d’outil d’évaluation diagnostique individualisée. En identifiant avec précision les domaines de vulnérabilité extrême (par exemple, un épuisement physique critique couplé à un effondrement des ressources financières, en contraste avec une estime de soi préservée), les équipes de santé peuvent déployer des interventions ciblées :
- Mobilisation des dispositifs d’aides financières et d’assistantes sociales si la sous-échelle « Finances » présente un score défavorable.
- Médiation familiale ou thérapie systémique lorsque le « Manque de soutien familial » est prédominant.
- Prescription de services de soins infirmiers à domicile ou de places d’accueil de jour si l’« Impact sur la santé » et l’« Impact sur l’emploi du temps » atteignent des niveaux critiques de décompensation.
5. Construit psychologique / Construct
Le CRA s’appuie sur une modélisation multidimensionnelle de l’expérience de l’aidance. Contrairement aux approches réductionnistes qui synthétisent la charge en une note globale unique, le CRA postule que les réactions à la dispensation de soins sont composées d’expériences qualitatives distinctes, indépendantes et simultanées. Un individu peut ressentir une fierté existentielle majeure et un enrichissement affectif tout en subissant une ruine financière ou un épuisement physique débilitant.
| Dimension / Sous-échelle | Nombre d’items | Description du construit | Exemple conceptuel |
|---|---|---|---|
| Estime de soi liée au rôle d’aidant (Caregiver’s Esteem) | 7 | Évalue les bénéfices affectifs et psychologiques positifs, la valorisation de soi, le sentiment d’utilité et le renforcement des liens d’attachement découlant de l’acte de soigner. | Sentiment de privilège, appréciation de sa propre valeur, satisfaction d’accomplir son devoir moral. |
| Manque de soutien familial (Lack of Family Support) | 5 | Mesure la perception d’isolement social, l’abandon perçu par les autres membres de la famille et l’iniquité dans la répartition des responsabilités d’assistance. | Sentiment de porter seul la responsabilité, impression que les autres membres fuient leurs devoirs. |
| Impact sur les finances (Impact on Finances) | 3 | Capture la détérioration de l’équilibre financier direct et indirect causée par les coûts des soins, les restes à charge médicaux et la réduction de l’activité professionnelle. | Difficultés budgétaires aiguës, sentiment que les ressources du foyer s’épuisent en raison de la maladie. |
| Impact sur l’emploi du temps (Impact on Schedule) | 5 | Quantifie l’interférence et la perturbation des routines quotidiennes, de la vie professionnelle, des loisirs et de l’autonomie temporelle de l’aidant. | Interruption constante des projets personnels, incapacité de planifier l’avenir, temps personnel résiduel nul. |
| Impact sur la santé physique (Impact on Health) | 4 | Mesure le déclin somatique subjectif attribué au rôle de soins : fatigue chronique, troubles du sommeil, exacerbation des comorbidités personnelles. | Épuisement physique persistant, impression que sa propre santé se détériore sous le poids des efforts quotidiens. |
Cette articulation théorique illustre le concept de double valence émotionnelle : les sous-échelles négatives reflètent les coûts adaptatifs (strains), tandis que l’estime de soi capture les gratifications et la résilience psychologique (uplifts), évitant ainsi le biais de négativité inhérent aux échelles de fardeau traditionnelles.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le développement du CRA s’inscrit au carrefour de deux cadres théoriques majeurs de la psychologie de la santé et de la sociologie médicale : le modèle transactionnel du stress et du coping de Lazarus et Folkman (1984), et le modèle de processus du stress de l’aidant de Pearlin et ses collaborateurs (1990).
Le modèle transactionnel de Lazarus et Folkman (1984)
Selon la théorie de Richard Lazarus et Susan Folkman, le stress psychologique n’est pas un stimulus environnemental objectif ni une simple réponse biologique, mais une relation transactionnelle continue entre l’individu et son environnement, médiatisée par des processus d’évaluation cognitive (cognitive appraisal) :
- Évaluation primaire : L’aidant évalue si la situation de dépendance de son proche constitue une menace, une perte, ou au contraire un défi valorisant. Les items de l’estime de soi du CRA mesurent l’évaluation de défi et de gain existentiel, tandis que les sous-échelles d’impact mesurent l’évaluation de la menace et de la perte.
- Évaluation secondaire : L’aidant évalue ses ressources de régulation pour faire face à la situation. Les sous-échelles de « Soutien familial » et de « Finances » mesurent directement la disponibilité ou l’épuisement des ressources externes mobilisables.
Le modèle de stress de l’aidant de Pearlin et al. (1990)
Leonard Pearlin et ses collègues ont modélisé l’aidance comme une prolifération de stresseurs. Ils distinguent :
- Les stresseurs primaires : Directement liés à la pathologie du patient (perte d’autonomie pour les activités de la vie quotidienne, troubles du comportement, dépendance physique).
- Les stresseurs secondaires : Conséquences indirectes de l’assistance dans les sphères adjacentes de la vie de l’aidant, incluant les conflits intrafamiliaux, les problèmes financiers et la restriction de la vie professionnelle et sociale.
Le CRA a été spécifiquement opérationnalisé pour capturer ces stresseurs secondaires (emploi du temps, finances, soutien familial) tout en évaluant l’état de l’organisme face à l’usure allostatique (santé physique) et les ressources intrapsychiques protectrices (estime de soi). Il s’ancre également dans la théorie du conflit de rôle de Goode (1960), documentant comment la charge liée à un rôle social unique (aidant) cannibalise l’énergie nécessaire à l’exercice d’autres rôles fondamentaux (salarié, parent, conjoint).
7. Validité / Validity
La validité psychométrique du CRA a fait l’objet de multiples investigations empiriques rigoureuses à travers des populations cliniques diverses, comprenant des aidants de patients atteints de cancer, de démence, d’accident vasculaire cérébral ou de pathologies cardiaques chroniques.
Validité de construit et validité factorielle
Dans l’étude princeps de Given et al. (1992), menée auprès d’un échantillon initial de 327 aidants, les analyses factorielles exploratoires ont démontré de façon non ambiguë que les 24 items se répartissaient sur 5 facteurs distincts expliquant plus de 60 % de la variance totale. Ces résultats ont été répliqués et confirmés à l’aide d’analyses factorielles confirmatoires (AFC) par Nijboer et al. (1999) sur un échantillon de 148 aidants de patients atteints de cancer colorectal ou pulmonaire, montrant des indices d’ajustement satisfaisants (Goodness of Fit Index [GFI] > 0,90, Root Mean Square Error of Approximation [RMSEA] < 0,06).
Validité convergente
La validité convergente a été démontrée par des corrélations statistiquement significatives avec des mesures standardisées de la santé mentale et du fardeau :
- Dépression : Les sous-échelles « Impact sur la santé », « Impact sur l’emploi du temps » et « Manque de soutien familial » présentent des corrélations positives modérées à fortes (coefficients r variant de 0,40 à 0,62, p < 0,001) avec l'échelle de dépression du Center for Epidemiologic Studies Depression Scale (CES-D). À l’inverse, l’« Estime de soi liée au rôle d’aidant » présente une corrélation inverse significative avec les scores de dépression (r = -0,25 à -0,38).
- Qualité de vie physique : La sous-échelle « Impact sur la santé » est fortement corrélée de manière négative avec le score de santé physique globale du questionnaire SF-36 (Physical Component Summary, r ≈ -0,55).
- Fardeau global : Des corrélations substantielles sont observées entre les dimensions négatives du CRA et le Zarit Burden Interview (ZBI), tout en démontrant que le CRA capture des variations uniques non mesurées par le ZBI.
Validité discriminante
Des analyses multivariées ont prouvé que les cinq sous-échelles du CRA se distinguent nettement les unes des autres. Les corrélations inter-échelles sont généralement faibles à modérées (valeurs de r comprises entre 0,15 et 0,48), confirmant que l’instrument évalue des dimensions conceptuellement non redondantes. De plus, la sous-échelle « Estime de soi » ne constitue pas simplement le miroir inverse du fardeau : des aidants peuvent présenter simultanément des niveaux élevés d’estime et un impact sévère sur leur santé physique, attestant d’une véritable indépendance discriminante.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité du CRA a été établie à travers de nombreux essais cliniques et études de cohortes en mesurant sa consistance interne et sa stabilité temporelle.
Consistance interne (Alpha de Cronbach)
Les coefficients de cohérence interne calculés dans les publications fondatrices et confirmés lors des adaptations internationales témoignent d’une fiabilité remarquable :
- Estime de soi liée au rôle d’aidant (7 items) : α = 0,80 à 0,90 (Given et al., 1992 : α = 0,90 ; Nijboer et al., 1999 : α = 0,82 ; Grov et al., 2006 : α = 0,83).
- Manque de soutien familial (5 items) : α = 0,76 à 0,85 (Given et al., 1992 : α = 0,81 ; Nijboer et al., 1999 : α = 0,78).
- Impact sur les finances (3 items) : α = 0,80 à 0,86 (Given et al., 1992 : α = 0,81 ; Nijboer et al., 1999 : α = 0,85).
- Impact sur l’emploi du temps (5 items) : α = 0,81 à 0,87 (Given et al., 1992 : α = 0,82 ; Nijboer et al., 1999 : α = 0,87).
- Impact sur la santé physique (4 items) : α = 0,78 à 0,84 (Given et al., 1992 : α = 0,80 ; Nijboer et al., 1999 : α = 0,81).
Tous les coefficients dépassent largement le seuil standard de 0,70 préconisé par Nunnaly pour la recherche clinique, et atteignent ou dépassent 0,80 pour la majorité des sous-échelles, démontrant une homogénéité satisfaisante sans redondance excessive des items.
Fidélité test-retest et stabilité temporelle
Dans les études longitudinales évaluant la stabilité temporelle chez des aidants dont l’état clinique du patient restait stable sur un intervalle de 3 à 6 mois (Nijboer et al., 2000), les coefficients de corrélation intraclasse (CCI) et les corrélations test-retest se sont maintenus entre 0,68 et 0,82 pour l’ensemble des sous-échelles. L’instrument s’est également révélé très sensible au changement (responsiveness) : lorsque le statut fonctionnel du patient (mesuré par l’indice de Karnofsky ou les échelles ADL/IADL) décline brutalement, les sous-échelles « Santé », « Emploi du temps » et « Finances » enregistrent des augmentations de score statistiquement significatives (valeurs d’ampleur d’effet d de Cohen de 0,35 à 0,60).
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure factorielle du CRA a été analysée de manière exhaustive dès sa genèse, puis réévaluée au fil des décennies par des méthodologies factorielles sophistiquées.
Analyse factorielle exploratoire (AFE) initiale
L’équipe de Given et al. (1992) a initialement généré un pool exhaustif de questions soumises à une extraction en composantes principales suivie d’une rotation orthogonale Varimax et d’une rotation oblique Promax. Les critères de rétention appliqués comprenaient la règle de Kaiser (valeurs propres supérieures à 1,0), l’inspection du graphique des éboulis de Cattell et un seuil minimal de saturation factorielle de 0,40 sans double saturation croisée majeure. Cette approche a isolé sans ambiguïté les 5 facteurs connus, expliquant 61,4 % de la variance totale :
- Le facteur 1 (Estime de soi) affichait des saturations comprises entre 0,55 et 0,82.
- Le facteur 2 (Impact sur l’emploi du temps) présentait des saturations de 0,60 à 0,79.
- Le facteur 3 (Impact sur les finances) démontrait des saturations particulièrement fortes, de 0,74 à 0,88.
- Le facteur 4 (Manque de soutien familial) oscillait entre 0,52 et 0,77.
- Le facteur 5 (Impact sur la santé physique) présentait des saturations de 0,58 à 0,81.
Analyses factorielles confirmatoires (AFC) et invariance de mesure
Les investigations ultérieures ont validé ce modèle à 5 facteurs à l’aide de la modélisation en équations structurelles :
- Validation néerlandaise (Nijboer et al., 1999) : L’AFC sur modèle de premier ordre à 5 facteurs a confirmé une adéquation optimale aux données (χ²/ddl < 2,1 ; Comparative Fit Index [CFI] = 0,93 ; TLI = 0,91 ; RMSEA = 0,054), nettement supérieure à un modèle unidimensionnel concurrent (qui présentait des indices de rejet massifs : CFI < 0,50 ; RMSEA > 0,15).
- Invariance selon le sexe et la pathologie : Des travaux conduits au Japon (Misawa et al., 2009), en Norvège (Grov et al., 2006) et en Espagne ont confirmé l’invariance métrique et configurale du CRA, prouvant que les aidants masculins et féminins, ainsi que les aidants de patients atteints de troubles neurocognitifs versus de pathologies cancéreuses, conceptualisent les 5 dimensions du CRA de manière équivalente.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’instrument se présente sous la forme d’un auto-questionnaire standardisé, facile d’administration et rapide à compléter.
- Type d’évaluation : Questionnaire psychométrique multidimensionnel auto-administré (ou administré par un enquêteur/clinicien lors d’entretiens standardisés).
- Population cible : Adultes et personnes âgées prodiguant des soins informels (non rémunérés) à un proche atteint d’une affection médicale chronique, d’un cancer ou d’un déclin cognitif.
- Durée de passation : Environ 8 à 12 minutes.
- Nombre total d’items : 24 items.
- Répartition des sous-échelles :
- Estime de soi liée au rôle d’aidant : 7 items (items à valence positive).
- Manque de soutien familial : 5 items.
- Impact sur les finances : 3 items.
- Impact sur l’emploi du temps : 5 items.
- Impact sur la santé physique : 4 items.
- Format des réponses : Échelle de Likert ordinale à 5 modalités d’évaluation ordonnée :
- 1 = Pas du tout d’accord (Strongly Disagree)
- 2 = Pas d’accord (Disagree)
- 3 = Neutre / Ni en accord ni en désaccord (Neither Agree nor Disagree)
- 4 = D’accord (Agree)
- 5 = Tout à fait d’accord (Strongly Agree)
- Modalités de cotation et de calcul des scores :
- Inversion d’items : Plusieurs items formulés négativement au sein des sous-échelles de fardeau ou inversement au sein de l’estime de soi doivent être inversés avant calcul selon la formule :
Score_inversé = 6 - Score_brut. Dans la sous-échelle « Estime de soi », l’item relatif au sentiment de ressentiment/rancœur est inversé pour s’aligner sur la positivité du construit. - Calcul des scores par sous-échelle : Pour chacune des cinq dimensions, le score est obtenu en calculant la moyenne arithmétique des items composant la sous-échelle (somme des items divisée par le nombre d’items de la dimension). Chaque score individuel s’échelonne ainsi de 1,0 à 5,0.
- Score total : AUCUN SCORE GLOBAL. Conformément aux prescriptions théoriques et psychométriques des auteurs fondateurs (Given et al., 1992 ; Nijboer et al., 1999), l’addition des cinq sous-échelles en une note composite totale est formellement proscrite. Une telle opération masquerait les forces et les détresses contradictoires de l’aidant (comme l’annulation arithmétique d’une détresse financière sévère par une très haute estime de soi).
- Inversion d’items : Plusieurs items formulés négativement au sein des sous-échelles de fardeau ou inversement au sein de l’estime de soi doivent être inversés avant calcul selon la formule :
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication initiale : 1992 (version originale anglophone publiée dans la revue Research in Nursing & Health) ; adaptation et validation européenne majeure en 1999 (Nijboer et al.).
- Propriété intellectuelle et Copyright : La propriété intellectuelle initiale appartient aux auteurs (C. W. Given, B. A. Given et leurs collaborateurs) ainsi qu’aux revues dépositaires des droits de diffusion scientifique (John Wiley & Sons, Inc.).
- Conditions d’utilisation et Tarifs : L’instrument est généralement accessible gratuitement à des fins de recherche académique, non commerciale et d’enseignement. Pour les études cliniques promues par l’industrie pharmaceutique ou pour une intégration dans des dispositifs commerciaux d’évaluation numérique de la santé, une demande formelle d’autorisation et d’éventuels droits de licence doivent être sollicités auprès des détenteurs des droits ou des auteurs correspondants à la Michigan State University.
- Demande d’utilisation clinique : Les cliniciens et chercheurs souhaitant administrer la version officielle traduite (notamment néerlandaise, française ou allemande) doivent s’assurer d’obtenir les grilles officielles auprès des équipes universitaires émettrices ou des organismes de recherche référents (tel que le NIVEL aux Pays-Bas).
12. Références / References
Given, C. W., Given, B., Stommel, M., Collins, C., King, S., & Franklin, S. (1992). The caregiver reaction assessment (CRA) for caregivers to persons with chronic physical and mental impairments. Research in Nursing & Health, 15(4), 271–283. https://doi.org/10.1002/nur.4770150406
Goode, W. J. (1960). A theory of role strain. American Sociological Review, 25(4), 483–496. https://doi.org/10.2307/2092933
Grov, E. K., Fosså, S. D., & Dahl, A. A. (2006). Measurement of caregiver reaction in cancer: A study of the Caregiver Reaction Assessment with a psychometric approach. Quality of Life Research, 15(7), 1279–1288. https://doi.org/10.1007/s11136-006-0065-z
Lazarus, R. S., & Folkman, S. (1984). Stress, appraisal, and coping. Springer Publishing Company. https://books.google.com/books?id=i-ySQQuUpr8C
Misawa, T., Miyashita, M., Kawa, M., Murata, H., Abe, K., & Nakayama, T. (2009). Reliability and validity of the Japanese version of the Caregiver Reaction Assessment (CRA-J) for family caregivers of cancer patients. Palliative & Supportive Care, 7(3), 295–302. https://doi.org/10.1017/s1478951509990230
Nijboer, C., Triemstra, M., Tempelaar, R., Sanderman, R., & van den Bos, G. A. (1999). Measuring both negative and positive reactions to giving care to cancer patients: Psychometric qualities of the Caregiver Reaction Assessment (CRA). Social Science & Medicine, 48(9), 1259–1269. https://doi.org/10.1016/s0277-9536(98)00426-3
Nijboer, C., Tempelaar, R., Triemstra, M., van den Bos, G. A., & Sanderman, R. (2001). The role of social and psychologic resources in caregivers of cancer patients: Cancer background and the caregiver reaction assessment. Cancer, 91(5), 1029–1039. Pearlin, L. I., Mullan, J. T., Semple, S. J., & Skaff, M. M. (1990). Caregiving and the stress process: An overview of concepts and their measures. The Gerontologist, 30(5), 583–594. https://doi.org/10.1093/geront/30.5.583
Stommel, M., Given, C. W., & Given, B. A. (1990). Depression as an overriding variable explaining caregiver burdens. Journal of Aging and Health, 2(1), 81–102. https://doi.org/10.1177/089826439000200105
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Les items officiels du Caregiver Reaction Assessment (CRA) sont soumis au droit d’auteur détenu par les créateurs originaux et l’éditeur scientifique d’origine. Par conséquent, l’inventaire exhaustif et littéral sous sa mise en forme protégée doit être acquis ou sollicité auprès des détenteurs de droits autorisés.
Caregiver Reaction Assessment (CRA) — Conceptual Item Architecture and Assessment Format
Instructions: Respondents indicate their level of agreement with each statement using a 5-point Likert scale (1 = Strongly Disagree, 2 = Disagree, 3 = Neither Agree nor Disagree, 4 = Agree, 5 = Strongly Agree).
Dimension 1: Caregiver’s Esteem (7 items)
Focus: Personal satisfaction, feeling privileged, pride in caregiving, and perceived inner strength derived from caregiving activities.
- I feel privileged to care for [patient].
- Caring for [patient] makes me feel good.
- I am proud to care for [patient].
- I feel that I am important to [patient].
- Caring for [patient] gives more meaning to my life.
- I enjoy caring for [patient].
- I resent having to take care of [patient]. (Reverse scored)
Dimension 2: Lack of Family Support (5 items)
Focus: Perceived abandonment by family members, sharing of responsibilities, and emotional isolation within the family system.
- My family works together to care for [patient]. (Reverse scored)
- Others dump caring for [patient] onto me.
- My family leaves me alone to care for [patient].
- I feel abandoned by my family in caring for [patient].
- It is difficult to get help from my family in caring for [patient].
Dimension 3: Impact on Finances (3 items)
Focus: Economic strain, medical expenses, adequacy of household financial resources.
- Caring for [patient] has put a financial strain on my family.
- My financial resources are adequate to pay for things that are related to caring for [patient]. (Reverse scored)
- It is very difficult for me to pay for [patient]’s health care and living expenses.
Dimension 4: Impact on Schedule (5 items)
Focus: Daily routine disruption, interference with social life, relaxation, and personal planning.
- I have to stop in the middle of my work or activities to care for [patient].
- My activities are centered around caring for [patient].
- I have eliminated things from my schedule since caring for [patient].
- The constant interruptions disrupt my daily routine.
- I visit family and friends less because of caring for [patient].
Dimension 5: Impact on Health (4 items)
Focus: Physical exhaustion, somatic depletion, perceived decline in somatic health status.
- I have enough physical strength to care for [patient]. (Reverse scored)
- My health has gotten worse since I’ve been caring for [patient].
- It takes all my physical energy to care for [patient].
- Since caring for [patient], I feel physically tired much of the time.