1. Résumé
L’Échelle d’identité lesbienne, gaie et bisexuelle (Lesbian, Gay, and Bisexual Identity Scale ou LGBIS), initialement conçue par Jonathan J. Mohr et Ruth E. Fassinger en 2000 sous l’appellation d’inventaire multidimensionnel de l’expérience des minorités sexuelles, puis substantiellement révisée et validée par Mohr et Kendra en 2011, constitue l’un des instruments psychométriques les plus rigoureux et répandus pour opérationnaliser la complexité de l’identité sexuelle minoritaire. Contrairement aux approches unidimensionnelles traditionnelles qui réduisaient l’identité non hétérosexuelle à une simple variable binaire ou à une mesure globale d’« acceptation de soi », la LGBIS appréhende l’identité comme une constellation multidimensionnelle intégrant des dimensions à la fois adaptatives et négatives, structurelles et dynamiques.
L’échelle évalue les expériences subjectives des personnes lesbiennes, gaies et bisexuelles à travers plusieurs sous-échelles clés : l’homonégativité internalisée (internalized homonegativity), les préoccupations liées à l’acceptation (acceptance concerns), la motivation à la dissimulation (concealment motivation), la confusion ou incertitude identitaire (identity uncertainty), la complexité du processus (difficult process), la supériorité identitaire (identity superiority), l’affirmation identitaire (identity affirmation) et la centralité de l’identité (identity centrality). Dans sa version révisée standard (LGBIS-R), l’instrument comporte 27 items administrés sur une échelle de Likert graduée en 7 points allant de 1 (« Fortement en désaccord ») à 7 (« Fortement d’accord »).
Les études de validation psychométrique démontrent une excellente validité factorielle, confirmée par des analyses factorielles exploratoires et confirmatoires rigoureuses, une invariance de mesure solide à travers le genre et l’orientation sexuelle (gays, lesbiennes et bisexuels), ainsi qu’une consistance interne robuste, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,73 et 0,90 selon les dimensions. La LGBIS offre aux chercheurs en psychologie sociale, aux cliniciens et aux évaluateurs de la santé publique un outil diagnostique et de recherche fondamental pour comprendre les mécanismes reliant la stigmatisation sociale, le stress des minorités et le bien-être psychologique global.
2. Mots-clés
Identité sexuelle, LGBIS, minorités sexuelles, homonégativité internalisée, dissimulation identitaire, affirmation de soi, stress des minorités, psychométrie, validité de construit, bien-être psychologique, orientation sexuelle, bisexualité, lesbianisme.
3. Auteurs
L’échelle a été conçue et affinée par des chercheurs de premier plan dans le champ de la psychologie du counseling et de l’étude des minorités sexuelles :
- Jonathan J. Mohr, Ph.D. : Professeur associé au Département de psychologie de l’Université du Maryland (College Park, États-Unis). Ses travaux se concentrent sur la santé mentale des minorités sexuelles et de genre, les relations intimes au sein des couples de même sexe et les processus psychothérapeutiques. Courriel académique institutionnel : [email protected].
- Ruth E. Fassinger, Ph.D. : Professeure émérite à l’Université du Maryland et ancienne doyenne de la School of Education and Counseling Psychology de l’Université de Santa Clara. Figure pionnière dans la théorisation du développement de l’identité des minorités sexuelles et des trajectoires professionnelles inclusives.
- Mark S. Kendra, Ph.D. : Chercheur et psychologue clinicien ayant collaboré avec Jonathan Mohr à l’Université du Maryland lors de l’étude psychométrique majeure de révision de l’échelle publiée en 2011 dans le Journal of Counseling Psychology.
4. Objectif
L’objectif fondamental de la Lesbian, Gay, and Bisexual Identity Scale (LGBIS) est de fournir une mesure psychométrique standardisée, nuancée et théoriquement fondée des multiples facettes caractérisant l’expérience identitaire subjective des individus attirés par des personnes de même sexe ou s’identifiant comme lesbiennes, gais ou bisexuels. Durant des décennies, les instruments de mesure ont souffert de biais conceptuels majeurs, réduisant souvent la santé identitaire à un continuum simpliste opposant le « déni » à la « fierté », ou ignorant totalement la spécificité de la bisexualité.
Sur le plan de la recherche empirique, la LGBIS a été créée pour tester empiriquement les modèles théoriques de vulnérabilité et de résilience, notamment la théorie du stress des minorités d’Ilan Meyer (2003). L’outil permet de dissocier les composantes négatives de l’identité (telles que le rejet intériorisé des désirs homosexuels ou la peur chronique du regard d’autrui) des composantes positives et protectrices (l’affirmation collective et la fierté communautaire), tout en intégrant des variables comportementales et cognitives telles que la gestion active du secret (concealment) et l’importance accordée à cette identité dans la définition globale de soi (centrality).
Dans la pratique clinique et thérapeutique, la LGBIS constitue un support d’évaluation diagnostique et d’intervention particulièrement pertinent. Elle permet aux psychologues, psychothérapeutes et conseillers d’identifier avec précision les sources de détresse psychologique d’un patient LGB. Par exemple, un score élevé en « motivation à la dissimulation » combiné à une forte « préoccupation liée à l’acceptation » oriente le travail thérapeutique vers la gestion de l’anxiété sociale, la négociation sécuritaire du dévoilement (coming out) et la déconstruction de la honte anticipatoire. À l’inverse, l’évaluation de l’« affirmation identitaire » met en lumière les ressources psychosociales du consultant, facilitant le renforcement de son appartenance à des réseaux de soutien affirmatifs.
Enfin, l’échelle répond à une impérieuse exigence méthodologique : éliminer le biais monosexuel historically présent dans les échelles antérieures, afin d’offrir un outil psychométriquement invariant et valide tant pour les individus monosexuels (gais et lesbiennes) que plurisexuels (bisexuels), chez qui les processus d’invisibilisation et de confusion identitaire empruntent souvent des dynamiques différentielles.
5. Construit psychologique
La LGBIS opérationnalise l’identité sexuelle minoritaire non pas comme un trait de personnalité unifié, mais comme un construit multidimensionnel et dynamique combinant affects, cognitions, attitudes et stratégies comportementales d’adaptation. Dans sa version consolidée de 2011/2012, l’échelle mesure huit dimensions distinctes :
1. Homonégativité internalisée (Internalized Homonegativity)
Cette dimension capture l’assimilation inconsciente ou consciente des préjugés hétérosexistes, de l’homophobie sociale et des stéréotypes dégradants véhiculés par la culture dominante. Les personnes présentant un score élevé sur cette sous-échelle éprouvent un mécontentement profond envers leur propre orientation, des désirs conscients de conformité hétérosexuelle et un sentiment d’injustice face à leur attirance homosexuelle. Exemple d’item représentatif : « If it were possible, I would choose to be straight » / « I wish I were heterosexual ».
2. Préoccupations liées à l’acceptation (Acceptance Concerns)
Elle évalue l’appréhension cognitive et émotionnelle générée par la stigmatisation perçue, la peur du rejet relationnel et l’hypervigilance face au jugement moral d’autrui en raison de son orientation sexuelle. Cette dimension est étroitement articulée à l’anxiété d’évaluation sociale. Exemple d’item : « I often wonder whether others judge me for my sexual orientation ».
3. Motivation à la dissimulation (Concealment Motivation)
Cette composante opérationnalise la volonté délibérée de maintenir secrètes ou strictement invisibles ses relations amoureuses de même sexe et son orientation dans l’espace public ou familial. Elle traduit des stratégies d’autoprotection contre la discrimination, mais peut également engendrer un coût cognitif et émotionnel chronique lié au contrôle permanent de l’information. Exemple d’item : « I prefer to keep my same-sex romantic relationships rather private ».
4. Incertitude identitaire (Identity Uncertainty)
Mesure l’instabilité subjective, la perplexité et les oscillations cognitives récurrentes concernant sa véritable orientation sexuelle. Cette sous-échelle est particulièrement sensible aux étapes d’interrogation (questioning) ou à la stigmatisation spécifique vécue par les personnes bisexuelles confrontées au monosexisme. Exemple d’item : « I’m not totally sure what my sexual orientation is » / « I get very confused when I try to figure out my sexual orientation ».
5. Processus difficile (Difficult Process)
Cette dimension rétrospective et phénoménologique évalue la charge traumatique, la douleur psychologique et la lenteur temporelle ressenties par l’individu lors de la prise de conscience et de l’acceptation initiale de son statut minoritaire. Exemple d’item : « Admitting to myself that I’m an LGB person has been a very painful process ».
6. Affirmation identitaire (Identity Affirmation)
Reflet direct de la résilience et de l’intégration positive de l’identité, l’affirmation évalue le sentiment de fierté, de satisfaction et de connexion chaleureuse avec la communauté LGB. Elle agit comme un tampon protecteur majeur contre les agressions extérieures. Exemple d’item : « I am glad to be an LGB person » / « I’m proud to be part of the LGB community ».
7. Centralité de l’identité (Identity Centrality)
Inspirée des modèles d’identité sociale (Tajfel & Turner), cette dimension quantifie l’importance structurelle que revêt l’orientation sexuelle au sein de la définition globale du concept de soi. Pour certains, être LGB est un pilier constitutif fondamental de leur personnalité ; pour d’autres, il s’agit d’une composante marginale. Exemple d’item : « My sexual orientation is a central part of my identity ».
8. Supériorité identitaire (Identity Superiority)
Dimension plus polémique et marginale introduite dans les modèles initiaux, elle traduit une attitude défensive ou compensatoire de dévalorisation de la culture et des individus hétérosexuels, perçus comme ennuyeux ou inférieurs moralement. Exemple d’item : « Straight people have boring lives compared with LGB people ».
6. Cadre théorique
L’élaboration de la LGBIS s’enracine au confluent de deux grands courants théoriques de la psychologie contemporaine : les modèles développementaux de formation de l’identité gay et lesbienne et la théorie du stress des minorités sexuelles.
Les modèles développementaux d’identité des minorités sexuelles
Pendant les décennies 1970 et 1980, les théoriciens de la psychologie affirmative tels que Vivienne Cass (1979), Eli Coleman (1982) et Richard Troiden (1989) ont postulé des trajectoires développementales linéaires par étapes (stades de confusion, comparaison, tolérance, acceptation, fierté et synthèse identitaire). Ruth Fassinger (Mohr & Fassinger, 2000) a profondément renouvelé ce paradigme en proposant un modèle bidimensionnel et non linéaire distinguant deux trajectoires parallèles : l’auto-développement individuel (la relation de l’individu avec ses propres désirs) et l’appartenance au groupe social (la relation de l’individu avec la communauté minoritaire et la société globale). La LGBIS a été créée précisément pour opérationnaliser ces dynamiques sans contraindre les individus dans une typologie stricte par stades.
La théorie du stress des minorités d’Ilan Meyer
Le cadre théorique majeur sous-tendant les applications actuelles de la LGBIS est la théorie du stress des minorités (Meyer, 2003). Selon ce modèle, les disparités de santé mentale observées chez les minorités sexuelles ne découlent nullement d’une psychopathologie inhérente, mais de l’exposition chronique à un environnement social hostile et hétéronormatif. Meyer identifie un continuum de stresseurs allant des stresseurs distaux (discriminations objectives, violences physiques, lois inéquitables) aux stresseurs proximaux (processus psychologiques internes conditionnés par la stigmatisation sociale).
La LGBIS fournit des indicateurs psychométriques directs de ces stresseurs proximaux :
- L’homonégativité internalisée correspond à l’intériorisation subjective du stigmate distal ;
- La motivation à la dissimulation reflète l’effort cognitif continu requis pour cacher son orientation afin d’échapper aux sanctions sociales ;
- Les préoccupations liées à l’acceptation manifestent l’attente vigilante du rejet et l’anxiété interpersonnelle.
Parallèlement, la théorie de Meyer postule l’existence de facteurs de résilience intrapsychiques et communautaires. Les sous-échelles d’affirmation identitaire et de centralité capturent la façon dont l’affiliation communautaire et la fierté transforment un statut social dévalorisé en un vecteur d’épanouissement psychologique et d’intégration sociale collective.
7. Validité
La validité psychométrique de la LGBIS a fait l’objet de protocoles d’évaluation rigoureux documentés dans les publications séminales de Mohr et Fassinger (2000), Mohr et Kendra (2011), ainsi que dans de multiples adaptations internationales indépendantes.
Validité de construit et structurelle
La validité de construit a été solidement établie à travers des analyses factorielles confirmatoires menées sur des échantillons diversifiés comprenant des centaines d’hommes gais, de femmes lesbiennes et d’individus bisexuels. Mohr et Kendra (2011) ont validé le modèle à huit facteurs corrélés face à des modèles concurrents (modèle unidimensionnel ou modèles à deux facteurs opposant valence positive et négative). Les indices d’ajustement structurel rapportés dans l’étude princeps sont d’un niveau exemplaire : $\chi^2/df < 2{,}5$, Comparative Fit Index (CFI) $ge 0{,}94$, Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) $le 0{,}05$. De plus, l’invariance factorielle métrique et scalaire a été démontrée entre les genres et entre les sous-groupes gays/lesbiennes et bisexuels, garantissant que l’instrument mesure les mêmes concepts avec la même sensibilité quel que soit le profil de l’évaluateur.
Validité convergente
La validité convergente est confirmée par des corrélations statistiquement significatives et théoriquement attendues avec de multiples échelles standardisées :
- L’homonégativité internalisée est corrélée positivement avec les échelles de dépression (CES-D, BDI), l’anxiété généralisée, la honte corporelle et négativement avec l’estime de soi globale (Rosenberg Self-Esteem Scale, $r \approx -0{,}40$ à $-0{,}55$) ;
- La motivation à la dissimulation présente des corrélations modérées à fortes avec les mesures de stress lié au secret, d’inconfort social et de non-dévoilement (outness mesuré par le Outness Inventory de Mohr & Fassinger) ;
- L’affirmation identitaire est significativement associée à un bien-être psychologique supérieur, à des scores élevés de vitalité subjective, d’engagement communautaire et de satisfaction relationnelle de couple.
Validité discriminante
Les analyses factorielles multitraits-multiméthodes et les corrélations inter-facteurs démontrent que les dimensions ne se confondent pas avec des traits de personnalité généraux (les Cinq Grands / Big Five). Par exemple, bien que le névrosisme soit corrélé avec les préoccupations liées à l’acceptation, ces dernières expliquent une variance incrémentielle significative de la détresse psychologique au-delà des traits stables de névrosisme ou d’extraversion. De même, la distinction nette entre la dissimulation (comportement d’évitement) et l’homonégativité internalisée (attitude affective envers soi-même) prouve la finesse discriminative de la structure dimensionnelle.
8. Fidélité
La fidélité de l’échelle a été documentée sous l’angle de la consistance interne et de la stabilité temporelle à court et moyen terme.
Consistance interne (Alpha de Cronbach)
Dans l’échantillon de révision de Mohr et Kendra (2011), regroupant plus d’un millier de participants, les coefficients alpha de Cronbach ($lpha$) calculés pour les différentes sous-échelles ont démontré une homogénéité interne remarquable :
- Homonégativité internalisée : $\alpha = 0{,}80$ à $0{,}86$ ;
- Préoccupations liées à l’acceptation : $\alpha = 0{,}73$ à $0{,}81$ ;
- Motivation à la dissimulation : $\alpha = 0{,}79$ à $0{,}85$ ;
- Incertitude identitaire : $\alpha = 0{,}79$ à $0{,}84$ ;
- Processus difficile : $\alpha = 0{,}78$ à $0{,}82$ ;
- Affirmation identitaire : $\alpha = 0{,}84$ à $0{,}90$ ;
- Centralité de l’identité : $\alpha = 0{,}76$ à $0{,}81$ ;
- Supériorité identitaire : $\alpha = 0{,}70$ à $0{,}76$.
Ces coefficients dépassent systématiquement les seuils psychométriques conventionnels fixés à 0,70 pour la recherche empirique et s’approchent des standards cliniques de 0,85 pour plusieurs sous-échelles majeures.
Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)
Les évaluations de stabilité test-retest effectuées sur des intervalles de 3 à 6 semaines indiquent des coefficients de corrélation intraclasse élevés, oscillant entre $r = 0{,}78$ et $r = 0{,}91$. Les dimensions structurelles telles que la « centralité » et l’« affirmation » affichent la plus forte stabilité, tandis que l’« incertitude identitaire » présente des fluctuations légères cohérentes avec son statut de variable d’état lors des phases de transition personnelle ou de questionnement de vie.
9. Analyse factorielle
Le développement méthodologique de la LGBIS repose sur une démarche psychométrique séquentielle sophistiquée, articulant Analyse Factorielle Exploratoire (AFE) et Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC).
Phase exploratoire initiale (Mohr & Fassinger, 2000)
Lors de la conceptualisation originelle, les auteurs ont généré un large réservoir d’items basé sur la littérature clinique et des entretiens qualitatifs. Une extraction en axes principaux avec rotation oblique (Promax ou Oblimin) a permis de dégager la structure multidimensionnelle primitive. Les saturations factorielles (factor loadings) des items retenus étaient toutes supérieures à 0,45 sur leur facteur cible, sans saturations croisées indésirables excédant 0,25. Cette étape a clarifié la séparation nette entre le besoin de discrétion (devenu motivation à la dissimulation) et l’attitude négative internalisée.
Révision et modélisation par équations structurelles (Mohr & Kendra, 2011)
Pour la version révisée, les auteurs ont utilisé des méthodes d’estimation du maximum de vraisemblance robuste (MLR) sur deux échantillons indépendants afin d’éviter le surapprentissage statistique :
- Échantillon de calibration : L’AFE a permis d’optimiser le nombre d’items en supprimant les énoncés redondants, imprécis ou générateurs de bruit factoriel, tout en réintroduisant des items spécifiques pour calibrer la « centralité » et stabiliser l’évaluation chez les personnes bisexuelles ;
- Échantillon de validation croisée : Une AFC a confirmé l’adéquation exceptionnelle du modèle théorique à 8 dimensions de premier ordre. Les charges factorielles standardisées ($lambda$) pour l’ensemble des 27 items étaient robustes, oscillant entre 0,55 et 0,89.
Les corrélations inter-facteurs observées confortent l’indépendance relative des dimensions : par exemple, la corrélation entre « Affirmation » et « Homonégativité internalisée » est négative et modérée ($r \approx -0{,}45$), confirmant qu’une faible homonégativité ne signifie pas automatiquement une présence forte d’affirmation positive, justifiant le maintien de scores séparés plutôt que d’un score composite unique indifférencié.
10. Instrument de mesure
La LGBIS se présente comme une échelle standardisée auto-administrée sous format papier-crayon ou numérique.
- Type de test : Questionnaire psychométrique multidimensionnel d’auto-évaluation (auto-rapporté).
- Population cible : Adultes et adolescents s’identifiant comme lesbiennes, gais, bisexuels ou attirés par des personnes du même sexe.
- Nombre d’items : 27 items dans sa version révisée complète.
- Format et échelle de réponse : Échelle de type Likert en 7 points graduée de :
1 = Disagree Strongly(Fortement en désaccord) à7 = Agree Strongly(Fortement d’accord). - Durée moyenne de passation : Environ 5 à 10 minutes.
- Modalités de cotation et calcul des sous-échelles :
- Les scores de chaque sous-échelle sont obtenus en calculant la moyenne arithmétique des items correspondants (après inversion des items inversés notés (R)), conservant ainsi une échelle d’interprétation intuitive de 1 à 7.
- Acceptance Concerns (Préoccupations d’acceptation) : Moyenne des items 5, 9, 16.
- Concealment Motivation (Motivation à la dissimulation) : Moyenne des items 1, 4, 19.
- Identity Uncertainty (Incertitude identitaire) : Moyenne des items 3, 8, 14, 22.
- Internalized Homonegativity (Homonégativité internalisée) : Moyenne des items 2, 20, 27.
- Difficult Process (Processus difficile) : Moyenne des items 12, 17, 23(R).
- Identity Superiority (Supériorité identitaire) : Moyenne des items 7, 10, 18.
- Identity Affirmation (Affirmation identitaire) : Moyenne des items 6, 13, 26.
- Identity Centrality (Centralité de l’identité) : Moyenne des items 11(R), 15, 21, 24, 25.
- Règle d’inversion : Pour les items notés (R), le score transformé est obtenu par l’opération : $Score_inversé = 8 – Score_brut$.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
- Année de publication initiale : 2000 (Mohr & Fassinger, version à 6 dimensions).
- Année de la révision majeure : 2011/2012 (Mohr & Kendra, version consolidée à 8 dimensions).
- Statut du droit d’auteur et permissions : L’instrument est protégé par le droit d’auteur académique de ses auteurs respectifs et de l’American Psychological Association (APA). Cependant, les auteurs ont expressément mis l’échelle à disposition de la communauté scientifique en libre accès pour la recherche non commerciale et l’évaluation clinique.
- Tarifs d’utilisation : Gratuit pour une utilisation académique, étudiante, de recherche ou de santé publique sans but lucratif. L’instrument est téléchargeable librement via les dépôts institutionnels (notamment Columbia University Academic Commons et MIDSS). Toute adaptation commerciale, intégration logicielle propriétaire ou diffusion lucrative nécessite une autorisation écrite formelle de Jonathan J. Mohr.
12. Références
- Feldman, S. E. (2012). The impact of outness and lesbian, gay, and bisexual identity formation on mental health (Doctoral dissertation, Columbia University). Academic Commons. https://doi.org/10.7916/D8445W6P
- Meyer, I. H. (2003). Prejudice, social stress, and mental health in lesbian, gay, and bisexual populations: Conceptual issues and research evidence. Psychological Bulletin, 129(5), 674–697. https://doi.org/10.1037/0033-2909.129.5.674
- Mohr, J. J., & Fassinger, R. E. (2000). Measuring dimensions of lesbian and gay male experience. Measurement and Evaluation in Counseling and Development, 33(2), 66–90. https://doi.org/10.1080/07481756.2000.12068999
- Mohr, J. J., & Fassinger, R. E. (2006). Sexual orientation identity and romantic relationship quality in same-sex couples. Personality and Social Psychology Bulletin, 32(8), 1085–1099. https://doi.org/10.1177/0146167206288591
- Mohr, J. J., & Kendra, M. S. (2011). Revision and extension of a multidimensional measure of sexual minority identity: The Lesbian, Gay, and Bisexual Identity Scale. Journal of Counseling Psychology, 58(2), 234–245. https://doi.org/10.1037/a0022858
- Mohr, J. J., & Kendra, M. S. (2012). The Lesbian, Gay, & Bisexual Identity Scale (LGBIS). Measurement Instrument Database for the Social Sciences.
13. Questions et items du questionnaire
Response Scale:
Disagree Strongly 1——-2——-3——-4——-5——-6——-7 Agree Strongly
- I prefer to keep my same-sex romantic relationships rather private.
- I will never be able to accept my sexual orientation until all of the people in my life have accepted me.
- I would rather be straight if I could.
- Coming out to my friends and family has been a very lengthy process.
- I’m not totally sure what my sexual orientation is.
- I keep careful control over who knows about my same-sex romantic relationships.
- I often wonder whether others judge me for my sexual orientation.
- I am glad to be an LGB person.
- I look down on heterosexuals.
- I keep changing my mind about my sexual orientation.
- My private sexual behavior is nobody’s business.
- I can’t feel comfortable knowing that others judge me negatively for my sexual orientation.
- Homosexual lifestyles are not as fulfilling as heterosexual lifestyles.
- Admitting to myself that I’m an LGB person has been a very painful process.
- If you are not careful about whom you come out to, you can get very hurt.
- Being an LGB person makes me feel insecure around straight people.
- I’m proud to be part of the LGB community.
- Developing as an LGB person has been a fairly natural process for me.
- I can’t decide whether I am bisexual or homosexual.
- I think very carefully before coming out to someone.
- I think a lot about how my sexual orientation affects the way people see me.
- Admitting to myself that I’m an LGB person has been a very slow process.
- Straight people have boring lives compared with LGB people.
- My sexual orientation is a very personal and private matter.
- I wish I were heterosexual.
- I get very confused when I try to figure out my sexual orientation.
- I have felt comfortable with my sexual identity just about from the start.