Échelle d’espoir

L’Échelle d’espoir (The Hope Scale), développée par C. R. Snyder en 1991, est un instrument psychométrique de référence évaluant l’espoir à travers l’agentivité et les voies de passage.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 8, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 8, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle d’espoir (connue dans la littérature internationale sous l’appellation d’origine The Hope Scale ou Adult Trait Hope Scale) est un instrument psychométrique développé par le psychologue américain Charles Richard Snyder et ses collaborateurs en 1991 à l’Université du Kansas. Conçue pour évaluer l’espoir en tant que trait dispositionnel stable chez l’adulte, cette échelle repose sur une conceptualisation cognitive novatrice : l’espoir n’est pas envisagé comme une simple émotion passive ou un optimisme nébuleux, mais comme un état motivationnel orienté vers un but, articulé autour de deux composantes distinctes et interdépendantes. La première composante, l’agentivité (agency ou « volonté »), reflète la perception subjective de posséder la détermination, l’énergie et la motivation requises pour initier et soutenir le mouvement vers des objectifs personnels. La seconde composante, les voies de passage ou stratégies (pathways ou « chemins »), désigne la capacité perçue à concevoir des plans d’action viables, à trouver des itinéraires alternatifs et à surmonter les obstacles potentiels pour atteindre ces mêmes objectifs.

L’instrument se compose de 12 items auto-rapportés. Parmi ceux-ci, quatre items mesurent l’agentivité (items 2, 9, 10 et 12), quatre mesurent les voies de passage (items 1, 4, 6 et 8), et quatre items servent de distracteurs ou de leurres méthodologiques (items 3, 5, 7 et 11) afin de masquer la finalité exacte du questionnaire et de mitiger les biais de désirabilité sociale. Les réponses sont recueillies sur une échelle de type Likert en 4 points (allant de 1 = definitely false à 4 = definitely true). Les scores totaux oscillent entre 8 et 32 points pour l’échelle globale de l’espoir (hors distracteurs), chaque sous-échelle fournissant un score partiel compris entre 4 et 16 points. Sur le plan psychométrique, l’échelle présente une consistance interne satisfaisante (coefficients alpha de Cronbach généralement compris entre 0,74 et 0,88 pour l’échelle globale), une fidélité test-retest robuste sur plusieurs semaines, ainsi qu’une excellente validité de construit, convergente et discriminante face à des construits connexes tels que l’optimisme dispositionnel de Scheier et Carver, l’auto-efficacité de Bandura et l’estime de soi de Rosenberg.

2. Mots-clés / Keywords

Échelle d’espoir, C. R. Snyder, psychologie positive, agentivité, voies de passage, poursuite d’objectifs, motivation, mesure psychométrique, évaluation cognitive, analyse factorielle confirmatoire, bien-être psychologique, résilience.

3. Auteurs / Authors

L’Échelle d’espoir a été formalisée et validée scientifiquement par une équipe de chercheurs dirigée par Charles Richard Snyder (1944–2006), professeur émérite de psychologie clinique à l’Université du Kansas à Lawrence. Les co-auteurs de la publication princeps de 1991 dans le Journal of Personality and Social Psychology sont :

  • Cheri Harris — Département de psychologie, Université du Kansas, Lawrence, Kansas, États-Unis.
  • John R. Anderson — Département de psychologie, Université du Kansas, Lawrence, Kansas, États-Unis.
  • Shirley A. Holleran — Département de psychologie, Université du Kansas, Lawrence, Kansas, États-Unis.
  • Lori M. Irving — Département de psychologie, Université du Kansas, Lawrence, Kansas, États-Unis.
  • Sandra T. Sigmon — Département de psychologie, Université du Kansas (actuellement à l’Université de Maine), États-Unis.
  • Lauren Yoshinobu — Département de psychologie, Université du Kansas, Lawrence, Kansas, États-Unis.
  • Janice Gibb — Département de psychologie, Université du Kansas, Lawrence, Kansas, États-Unis.
  • Charlene Langelle — Département de psychologie, Université du Kansas, Lawrence, Kansas, États-Unis.
  • Pat Harney — Département de psychologie, Université du Kansas, Lawrence, Kansas, États-Unis.

Bien que C. R. Snyder soit décédé en 2006, son laboratoire et ses collaborateurs académiques (notamment Shane J. Lopez et Kevin L. Rand) ont perpétué la diffusion et l’approfondissement méthodologique de l’instrument.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’Échelle d’espoir est d’opérationnaliser et de quantifier les différences individuelles relatives à la structure cognitive de l’espoir chez les individus adultes. Historiquement, l’espoir avait souvent été relégué à un concept philosophique abstrait, à une vertu théologique ou à un mécanisme de défense affectif passif assimilé au vœu pieux (wishful thinking). C. R. Snyder et son équipe ont entrepris de concevoir une mesure scientifique rigoureuse démontrant que l’espoir opère comme un moteur cognitivo-motivationnel direct orienté vers l’atteinte d’objectifs tangibles.

Dans les contextes de recherche fondamentale, l’échelle permet d’étudier l’impact des croyances téléologiques sur le fonctionnement humain. Elle sert à vérifier comment la perception de posséder à la fois l’énergie (agentivité) et la flexibilité stratégique (voies de passage) interagit avec d’autres variables psychologiques telles que la résolution de problèmes, la régulation affective, le coping face au stress et l’épuisement professionnel. Les chercheurs mobilisent cet outil pour documenter les corrélats neurobiologiques, comportementaux et sociaux des personnes dites « à haut niveau d’espoir » par rapport à celles présentant un « faible niveau d’espoir ».

Dans les applications cliniques et de conseil (counseling), l’Échelle d’espoir remplit une fonction diagnostique et thérapeutique essentielle. Elle offre aux cliniciens un cadre d’évaluation structuré permettant d’identifier précisément où se situe le déficit adaptatif d’un patient. Un individu en dépression ou confronté à un traumatisme sévère peut présenter un déficit sélectif d’agentivité (il sait comment s’en sortir mais manque totalement d’énergie mentale et de foi en sa capacité d’action) ou, au contraire, un déficit de voies de passage (il possède une motivation brute intense mais demeure figé face au moindre obstacle faute d’itinéraires alternatifs viables). La distinction entre ces deux dimensions oriente les protocoles d’intervention, notamment dans le cadre des thérapies cognitivo-comportementales (TCC) et de la Hope Therapy développée spécifiquement par Snyder et Lopez.

Dans les domaines éducatifs et organisationnels, l’instrument est employé pour prédire la réussite scolaire, la persévérance académique et le rendement au travail. Les études démontrent régulièrement que le score à l’Échelle d’espoir prédit la moyenne cumulative des étudiants universitaires au-delà des mesures d’intelligence générale et des résultats antérieurs, illustrant que la capacité à naviguer à travers les embûches scolaires constitue un déterminant psychologique autonome de la réussite.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique mesuré par l’Échelle d’espoir est l’espoir dispositionnel (trait hope), défini par C. R. Snyder comme un état cognitif positif reposant sur un sentiment réciproquement dérivé de deux éléments fondamentaux :

L’Agentivité (Agency / Goal-directed Determination)

L’agentivité représente la composante motivationnelle de l’espoir. Elle correspond à la perception subjective par l’individu de sa capacité à initier et à maintenir l’énergie mentale nécessaire pour progresser vers les buts choisis. L’agentivité renvoie au concept de « volonté » (willpower). Les personnes manifestant une forte agentivité se perçoivent comme des acteurs efficaces, capables d’influencer leur propre trajectoire de vie. Elles abordent les objectifs avec une posture proactive, caractérisée par des auto-verbalisations affirmatives du type « Je peux le faire » ou « Je ne me laisserai pas abattre ».

Les items évaluant l’agentivité dans l’échelle se concentrent sur la vitalité orientée vers les buts (item 2 : « I energetically pursue my goals »), la perception de la préparation issue du passé (item 9 : « My past experiences have prepared me well for my future »), le sentiment général de réussite personnelle (item 10 : « I’ve been pretty successful in life ») et la capacité perçue à concrétiser les engagements auto-assignés (item 12 : « I meet the goals that I set for myself »).

Les Voies de passage (Pathways / Planning of Ways to Meet Goals)

La dimension des voies de passage incarne la composante stratégique et cognitive de la planification. Elle renvoie à la capacité perçue de générer des trajectoires fonctionnelles, logiques et réalisables reliant la situation présente à l’état désiré (le but). Il ne s’agit pas simplement de concevoir un itinéraire unique, mais de posséder une plasticité cognitive permettant d’anticiper les embûches, de contourner les blocages imprévus et de développer des plans alternatifs (« le plan B » ou « le plan C »).

Les items de cette sous-échelle ciblent explicitement la flexibilité heuristique face aux difficultés (item 1 : « I can think of many ways to get out of a jam »), la multiplicité des solutions perçues face aux problèmes (item 4 : « There are lots of ways around any problem »), la créativité stratégique pour obtenir ce qui importe (item 6 : « I can think of many ways to get the things in life that are most important to me ») et la ténacité stratégique lorsque l’entourage capitule (item 8 : « Even when others get discouraged, I know I can find a way to solve the problem »).

L’Interaction Récurrente et Synergique

Dans le modèle de Snyder, l’agentivité et les voies de passage ne sont pas des entités étanches, mais les deux faces d’une même dynamique itérative. Une énergie motivationnelle dépourvue de plans concrets conduit inévitablement à la frustration, à l’impasse et à l’épuisement psychologique. Inversement, l’élaboration de plans minutieux sans énergie motrice pour les exécuter reste une spéculation stérile. L’espoir véritable émerge de la synergie constante entre ces deux dimensions : l’agentivité alimente la recherche de voies de passage, et la découverte de nouvelles voies renforce en retour l’énergie motivationnelle.

Les Items Distracteurs

L’échelle intègre quatre items neutres ou négativement orientés relatifs à la fatigue, à l’argumentation ou à l’anxiété générale (items 3, 5, 7 et 11). Ces items ne sont pas comptabilisés dans le calcul des scores d’agentivité ou de voies de passage. Leur intégration méthodologique répond au besoin de masquer la finalité univoque du test, réduisant ainsi les artefacts de halo et la propension des participants à fournir des réponses stéréotypées de bravoure motivationnelle.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’Échelle d’espoir s’inscrit au cœur de la théorie de l’espoir de Snyder (Snyder’s Hope Theory), un modèle théorique majeur du courant de la psychologie positive, du cognitivisme et des théories de l’action. Développée à la fin des années 1980 et formalisée dans des ouvrages canoniques tels que The Psychology of Hope (Snyder, 1994) et le Handbook of Hope (Snyder, 2000), cette théorie propose une relecture complète de la motivation humaine.

Origines et Rupture avec les Modèles Antérieurs

Avant les travaux de Snyder, l’espoir était souvent confondu avec l’optimisme dispositionnel théorisé par Michael Scheier et Charles Carver (1985). Dans le modèle de Scheier et Carver, l’optimisme est une attente généralisée que de bonnes choses se produiront plutôt que de mauvaises (outcome expectancies). Snyder a opéré une distinction fondamentale : l’optimisme porte sur l’attente du résultat final (souvent sans spécifier les mécanismes par lesquels le résultat se produit, pouvant inclure la chance ou l’intervention d’autrui), tandis que l’espoir se focalise strictement sur les mécanismes d’auto-régulation personnelle et d’action orientée par les buts (l’individu comme propre agent causal de sa trajectoire).

De même, la théorie de l’espoir dialogue étroitement avec la théorie de l’auto-efficacité (self-efficacy theory) formulée par Albert Bandura (1977, 1997). Alors que l’auto-efficacité analyse la croyance d’un individu en sa capacité à exécuter un comportement spécifique dans un contexte délimité (« Suis-je capable de réussir cette tâche précise ? »), l’espoir de Snyder constitue un trait cognitif global qui synthétise à la fois l’initiation de l’action (agentivité) et la production continue de scénarios stratégiques de secours (voies de passage) applicables à travers une multiplicité de domaines de vie.

Le Cycle Téléologique de l’Espoir

Selon le cadre théorique de Snyder, toute cognition humaine est fondamentalement téléologique (orientée vers des buts). Le cycle de l’espoir se déploie selon plusieurs étapes dynamiques :

  • Définition des buts : Les buts peuvent être temporels (court ou long terme) et varient en valence et en difficulté. Pour susciter un espoir optimal, ils doivent présenter un niveau d’incertitude modéré : un but acquis d’avance n’exige aucun espoir, tandis qu’un but jugé totalement impossible éteint la motivation.
  • Pensée pré-événementielle : L’individu mobilise conjointement ses schémas d’agentivité et de voies de passage pour évaluer la faisabilité de l’action avant de s’engager.
  • Activation face aux obstacles : Lorsque l’action rencontre un obstacle (stressor), les individus à haut niveau d’espoir perçoivent cet obstacle comme un défi stimulant plutôt que comme une impasse définitive. Ils déploient des voies alternatives tout en maintenant leur focus attentionnel.
  • Rétroaction émotionnelle : Dans la théorie de Snyder, les émotions ne sont pas les causes primaires du comportement, mais les conséquences directes du succès ou de l’échec de la poursuite des buts. L’avancée fluide vers l’objectif engendre des affects positifs (joie, fierté), tandis que le blocage non résolu génère de la détresse, de l’anxiété et de la dépression.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de l’Échelle d’espoir a fait l’objet d’investigations exhaustives dans les huit études de validation initiales présentées par Snyder et al. (1991), portant sur plus de 4 000 participants (étudiants universitaires et populations cliniques), puis confirmée par des dizaines d’études transculturelles indépendantes au fil des trois dernières décennies.

Validité de Construit et Structure Factorielle

La validité de construit repose sur la vérification empirique du modèle bifactoriel corrélé. Les analyses ont démontré que l’agentivité et les voies de passage partagent une variance commune significative (les deux dimensions corrèlent typiquement entre r = 0,55 et r = 0,70 selon les échantillons), justifiant l’utilisation d’un score total composite d’espoir, tout en maintenant une divergence suffisante pour prouver qu’elles mesurent des facettes cognitives distinctes.

Validité Convergente

L’Échelle d’espoir démontre des corrélations positives robustes et théoriquement cohérentes avec une constellation de variables psychologiques positives :

  • Optimisme : Corrélations modérées à fortes (typiquement r = 0,50 à 0,65) avec le Life Orientation Test (LOT) de Scheier et Carver, confirmant un ancrage commun dans la perspective positive sans pour autant se superposer totalement.
  • Auto-efficacité : Corrélations substantielles (r = 0,45 à 0,60) avec l’échelle d’auto-efficacité générale de Sherer et al.
  • Estime de soi : Corrélations positives (r = 0,50 à 0,58) avec l’échelle d’estime de soi de Rosenberg.
  • Résolution de problèmes : Corrélations significatives avec les sous-échelles de confiance en la résolution de problèmes et d’approche active du Problem Solving Inventory (PSI) de Heppner et Petersen (r = -0,40 à -0,55, les scores faibles au PSI indiquant une meilleure efficacité).

Validité Discriminante

La validité discriminante a été prouvée en montrant que l’échelle est inversement corrélée aux états de souffrance psychologique :

  • Dépression : Corrélations négatives constantes (r = -0,42 à -0,51) avec l’Inventaire de Dépression de Beck (BDI) et l’échelle d’évaluation de la dépression du CES-D.
  • Désespoir : Corrélation négative marquée (r = -0,50 à -0,62) avec l’Échelle de désespoir de Beck (Beck Hopelessness Scale – BHS).
  • Anxiété : Corrélations négatives modérées avec les mesures d’anxiété-trait du STAI de Spielberger (r = -0,35 à -0,45).

Validité Prédictive et Incrémentielle

De nombreuses recherches longitudinales ont validé la capacité de l’instrument à prédire des issues fonctionnelles dans des contextes réels. Sur le plan académique, Snyder et al. (1991, 2002) ont établi que les scores à l’Échelle d’espoir à l’entrée à l’université prédisent significativement les moyennes universitaires cumulatives (GPA) et les taux de diplomation six ans plus tard, même après avoir contrôlé statistiquement les scores d’aptitude verbale et quantitative du SAT ou les performances au lycée. En médecine comportementale, des scores élevés d’espoir prédisent une meilleure tolérance à la douleur physique expérimentale, une observance thérapeutique supérieure chez les patients atteints de maladies chroniques (diabète, cancer) et une adaptation psychologique supérieure suite à des lésions de la moelle épinière.

8. Fidélité / Reliability

Les propriétés de fidélité de l’Échelle d’espoir ont été établies avec rigueur à travers divers échantillons normatifs, cliniques et estudiantins.

Consistance Interne

Les indices de cohérence interne évalués par le coefficient alpha de Cronbach démontrent une excellente précision de mesure :

  • Échelle globale de l’espoir (8 items cotés) : Les coefficients alpha se situent habituellement entre 0,74 et 0,88 dans l’ensemble des cohortes étudiées par Snyder et al. (1991), avec des moyennes d’échantillon oscillant autour de 0,80.
  • Sous-échelle Agentivité (4 items) : Les coefficients alpha oscillent entre 0,70 et 0,84.
  • Sous-échelle Voies de passage (4 items) : Les coefficients alpha s’échelonnent entre 0,63 et 0,86.

Dans les échantillons cliniques (patients hospitalisés en psychiatrie), Snyder et al. (1991) ont rapporté un coefficient alpha global de 0,86 (0,82 pour l’agentivité et 0,78 pour les voies de passage), démontrant la fiabilité de l’instrument même en présence de psychopathologies sévères.

Fidélité Test-Retest (Stabilité Temporelle)

La stabilité temporelle a été mesurée sur divers intervalles afin de confirmer le statut de l’espoir en tant que trait dispositionnel :

  • Sur une période de 3 semaines : Le coefficient de corrélation test-retest s’élève à r = 0,85 (p < 0,001).
  • Sur une période de 8 semaines : La corrélation se maintient à r = 0,74.
  • Sur une période de 10 semaines : La corrélation rapportée est de r = 0,82.

Ces coefficients confirment que, bien que des fluctuations circonstancielles mineures puissent survenir en réponse à des bouleversements vitaux majeurs, l’Échelle d’espoir capture une structure cognitive stable et durable dans le temps chez l’adulte.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’architecture interne de l’Échelle d’espoir a fait l’objet de vérifications approfondies par le biais d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC).

Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)

Dans la phase initiale de développement de l’outil, Snyder et al. (1991) ont soumis l’ensemble des 12 items à des analyses en composantes principales suivies de rotations orthogonales (Varimax) et obliques (Promax) auprès d’échantillons totalisant plusieurs milliers d’individus. Les résultats ont systématiquement mis en évidence l’émergence de deux facteurs principaux distincts, correspondant rigoureusement aux deux composantes théoriques postulées :

  • Facteur 1 (Agentivité) : Regroupe les items 2, 9, 10 et 12, avec des saturations factorielles dominantes comprises entre 0,58 et 0,79 sur ce premier axe, et des saturations croisées très faibles sur l’autre axe.
  • Facteur 2 (Voies de passage) : Regroupe les items 1, 4, 6 et 8, avec des saturations factorielles dominantes oscillant entre 0,55 et 0,77 sur le second axe.
  • Items distracteurs : Les items 3, 5, 7 et 11 ont manifesté des saturations résiduelles non corrélées aux facteurs principaux ou ont formé des micro-facteurs indépendants sans rapport avec le construit de l’espoir, justifiant leur exclusion du calcul des scores.

Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)

Des modélisations par équations structurelles ultérieures (notamment celles de Babyak, Snyder et Yoshinobu, 1993, ainsi que de nombreux travaux internationaux) ont formellement comparé trois modèles concurrents :

  1. Un modèle unidimensionnel à un seul facteur général d’espoir.
  2. Un modèle à deux facteurs orthogonaux (indépendants).
  3. Un modèle à deux facteurs corrélés (agentivité et voies de passage).

Les indices d’ajustement ont catégoriquement établi la supériorité du modèle à deux facteurs corrélés. Les indices classiques d’adéquation tels que le CFI (Comparative Fit Index) et le TLI (Tucker-Lewis Index) dépassent régulièrement le seuil de 0,95, tandis que le RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) se situe de manière optimale sous la barre des 0,06. L’analyse confirme que bien que les deux facteurs soient hautement corrélés (généralement entre 0,60 et 0,75), contraindre leur corrélation à l’unité (1,0) dégrade significativement la qualité d’ajustement du modèle ($\Delta \chi^2$ hautement significatif), ce qui démontre la non-redondance statistique de l’agentivité et des voies de passage.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’Échelle d’espoir se présente sous la forme d’un questionnaire standardisé à passation rapide, particulièrement adapté aux protocoles de recherche et aux bilans cliniques.

  • Type d’évaluation : Auto-évaluation psychométrique individuelle (ou collective).
  • Nombre total d’items : 12 items rédigés sous forme d’énoncés affirmatifs concis.
  • Répartition des items :
    • Sous-échelle Voies de passage (Pathways) : 4 items (Items 1, 4, 6, 8).
    • Sous-échelle Agentivité (Agency) : 4 items (Items 2, 9, 10, 12).
    • Items distracteurs (Distractors) : 4 items (Items 3, 5, 7, 11).
  • Format et échelle de réponse : Échelle de type Likert en 4 points d’ancrage :
    • 1 = Definitely false (Totalement faux)
    • 2 = Mostly false (Plutôt faux)
    • 3 = Mostly true (Plutôt vrai)
    • 4 = Definitely true (Totalement vrai)

    (Note : Une variante ultérieure sur échelle en 8 points allant de 1 = Definitely False à 8 = Definitely True a également été proposée par Snyder, mais la version princeps originale est ancrée en 4 points.)

  • Temps de passation : Environ 2 à 4 minutes.
  • Modalités de cotation et calcul des scores :
    • Ignorer complètement les scores des items 3, 5, 7 et 11 lors du calcul.
    • Score de la sous-échelle Voies de passage (Pathways) : Somme brute des items 1 + 4 + 6 + 8 (score compris entre 4 et 16 points).
    • Score de la sous-échelle Agentivité (Agency) : Somme brute des items 2 + 9 + 10 + 12 (score compris entre 4 et 16 points).
    • Score Global d’Espoir : Somme du sous-score Agentivité et du sous-score Voies de passage (score total compris entre 8 et 32 points).
  • Interprétation normative : Dans l’échantillon normatif initial de Snyder et al. (1991), la moyenne observée pour chaque sous-échelle se situait autour de 12,5 points (écart-type $pprox$ 1,8 à 2,2), générant un score total moyen d’espoir d’environ 25 points. Des scores totaux inférieurs à 20 points signalent généralement un faible niveau d’espoir nécessitant une exploration clinique ciblée.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

L’Échelle d’espoir a été publiée initialement en 1991 dans le Journal of Personality and Social Psychology, revue phare de l’American Psychological Association (APA). Concernant l’utilisation, les droits et la propriété intellectuelle :

  • Année de publication princeps : 1991.
  • Statut d’utilisation pour la recherche et l’enseignement : Conformément à la volonté de C. R. Snyder et aux politiques de diffusion de la psychologie positive, l’instrument est accessible gratuitement (open-access pour la recherche non commerciale, académique, clinique et pédagogique). Les chercheurs et praticiens sont libres de reproduire et d’administrer l’échelle sans frais de redevance, sous réserve de citer rigoureusement l’article princeps de Snyder et al. (1991).
  • Utilisation commerciale : Toute intégration de l’instrument dans des logiciels payants, des plateformes commerciales de recrutement ou des outils d’évaluation marchands propriétaires nécessite une demande d’autorisation formelle de droit d’auteur auprès de l’American Psychological Association (APA Rights and Permissions Office).

12. Références / References

Babyak, M. A., Snyder, C. R., & Yoshinobu, L. (1993). Psychometric properties of the Hope Scale: A confirmatory factor analysis. Journal of Personality Assessment, 60(3), 549–569. https://doi.org/10.1207/s15327752jpa6003_11

Bandura, A. (1977). Self-efficacy: Toward a unifying theory of behavioral change. Psychological Review, 84(2), 191–215. https://doi.org/10.1037/0033-295X.84.2.191

Ritschel, L. (2005). Lessons in teaching hope: An interview with C. R. Snyder. Teaching of Psychology, 32(1), 74–78. https://doi.org/10.1207/s15328023top3201_13

Scheier, M. F., & Carver, C. S. (1985). Optimism, coping, and health: Assessment and implications of generalized outcome expectancies. Health Psychology, 4(3), 219–247. https://doi.org/10.1037/0278-6133.4.3.219

Snyder, C. R. (1994). The psychology of hope: You can get there from here. Free Press.

Snyder, C. R. (Ed.). (2000). Handbook of hope: Theory, measures, and applications. Academic Press. https://doi.org/10.1016/B978-012654050-5/50001-5

Snyder, C. R., Harris, C., Anderson, J. R., Holleran, S. A., Irving, L. M., Sigmon, S. T., Yoshinobu, L., Gibb, J., Langelle, C., & Harney, P. (1991). The will and the ways: Development and validation of an individual-differences measure of hope. Journal of Personality and Social Psychology, 60(4), 570–585. https://doi.org/10.1037/0022-3514.60.4.570

Snyder, C. R., Shorey, H. S., Cheavens, J., Pulvers, K. M., Adams, V. H., III, & Wiklund, C. (2002). Hope and academic success in college. Journal of Educational Psychology, 94(4), 820–826. https://doi.org/10.1037/0022-0663.94.4.820

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Directions: Read each item carefully. Using the scale shown below, please enter the number that best describes you in the blank provided.

1 = definitely false   |  
2 = mostly false   |  
3 = mostly true   |  
4 = definitely true
  1. I can think of many ways to get out of a jam.
  2. I energetically pursue my goals.
  3. I feel tired most of the time.
  4. There are lots of ways around any problem.
  5. I am easily downed in an argument.
  6. I can think of many ways to get the things in life that are most important to me.
  7. I worry about my health.
  8. Even when others get discouraged, I know I can find a way to solve the problem.
  9. My past experiences have prepared me well for my future.
  10. I’ve been pretty successful in life.
  11. I usually find myself worrying about something.
  12. I meet the goals that I set for myself.
★

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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 8). Échelle d’espoir. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-espoir-snyder/
Looti, Mohammed. “Échelle d’espoir.” Base de données de psychologie en français, 8 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-espoir-snyder/.
Looti, Mohammed. “Échelle d’espoir.” Base de données de psychologie en français. octobre 8, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-espoir-snyder/.