Échelle de résilience du Moi

Découvrez l’Échelle de résilience du Moi (ER89) de Jack Block et Adam Kremen : fondements théoriques, dimensions psychométriques, validité et items originaux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 7, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 7, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de résilience du Moi (communément désignée sous l’acronyme ER89 ou Ego Resilience Scale) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu par les psychologues américains Jack Block et Adam M. Kremen en 1996. Développée dans le cadre des travaux longitudinaux pionniers de Berkeley sur la structure de la personnalité, cette échelle évalue la capacité dynamique et adaptative d’un individu à moduler son niveau habituel de contrôle de soi (ego-control) en réponse aux exigences, aux opportunités et aux contraintes variables de l’environnement social et matériel. Contrairement aux approches statiques ou strictement réductionnistes de la résilience psychologique, la résilience du Moi (ego-resiliency) renvoie à une flexibilité adaptative globale, cognitive, affective et comportementale, permettant le rétablissement rapide après un stress aigu et l’engagement proactif face aux expériences nouvelles.

L’instrument est composé de 14 items formulés sous la forme d’affirmations à la première personne, évalués selon une échelle de réponse ordinale de type Likert en 4 points (1 = Does not apply at all / Ne s’applique pas du tout ; 2 = Applies slightly / S’applique légèrement ; 3 = Applies somewhat / S’applique modérément ; 4 = Applies very strongly / S’applique très fortement). Les dimensions sous-jacentes généralement identifiées englobent l’engagement actif envers le monde (curiosité et vitalité), la performance intégrée sous stress (récupération affective et autorégulation émotionnelle) et la disponibilité d’un vaste répertoire de stratégies de résolution de problèmes interpersonnels et cognitifs.

Les propriétés psychométriques de l’ER89 ont été rigoureusement établies à travers de nombreuses décennies de recherche transversale et longitudinale. L’échelle démontre une consistance interne satisfaisante avec un coefficient alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,76 et 0,86 selon les cohortes étudiées, ainsi qu’une excellente stabilité temporelle test-retest. La validité convergente et la validité discriminante sont attestées par des corrélations robustes avec les traits du modèle des Big Five (principalement une corrélation négative avec le névrosisme et des associations positives avec l’extraversion, l’ouverture à l’expérience et la conscience), tout en maintenant une indépendance empirique et conceptuelle nette vis-à-vis du quotient intellectuel (QI).

2. Mots-clés / Keywords

Résilience du Moi, Ego-resiliency, ER89, Jack Block, Flexibilité psychologique, Autorégulation émotionnelle, Psychométrie, Modèle de personnalité de Block, Stress et adaptation, Psychologie clinique, Évaluation de la personnalité.

3. Auteurs / Authors

L’Échelle de résilience du Moi (ER89) a été élaborée et formalisée par :

  • Jack Block, Ph.D. (1924–2010) : Professeur émérite au Département de psychologie de l’Université de Californie à Berkeley (University of California, Berkeley), États-Unis. Figure dominante de la psychologie de la personnalité et de la méthodologie longitudinale, Jack Block a théorisé les concepts jumeaux d’ego-control et d’ego-resiliency sur plus de cinq décennies à travers l’étude longitudinale de Berkeley.
  • Adam M. Kremen, Ph.D. : Chercheur et psychologue affilié au Département de psychologie de l’Université de Californie à Berkeley au moment de la publication initiale de l’ER89 en 1996, ayant collaboré activement avec Jack Block sur les relations empiriques entre intelligence générale, structure du Moi et adaptation adaptative.

Les fondements théoriques initiaux de l’échelle s’enracinent également dans les travaux fondamentaux de Jeanne H. Block, Ph.D. (décédée en 1981), codirigeante de l’étude longitudinale de Berkeley et pionnière du développement socio-affectif de l’enfant.

4. Objectif / Purpose

L’Échelle de résilience du Moi a été élaborée afin de fournir un instrument psychométrique bref, robuste et opérationnel pour mesurer l’ego-resiliency, un métaconstruct théorique central dans la compréhension de l’organisation comportementale et de l’adaptation humaine face au stress, à l’incertitude et aux défis quotidiens. L’objectif fondamental de cet outil est de quantifier l’aptitude individuelle à assouplir ou à resserrer les contrôles pulsionnels et affectifs habituels en fonction des caractéristiques contextuelles spécifiques de la situation vécue.

Dans les contextes de recherche en psychologie clinique, en psychologie sociale et en psychologie du développement, l’ER89 répond à un besoin crucial : distinguer la résilience générale conçue comme un simple résultat adaptatif (comme l’absence de psychopathologie post-traumatique) de la résilience conçue comme une caractéristique structurelle durable de la personnalité. Jack Block a souligné la nécessité de différencier le fonctionnement de l’ego de l’efficience cognitive pure (le quotient intellectuel). L’ER89 a spécifiquement été calibrée pour vérifier si un individu confronté à des stresseurs psychologiques aigus ou chroniques dispose de la souplesse psychique nécessaire pour mobiliser de manière fluide des répertoires de coping variés, tolérer l’ambiguïté, maintenir un engagement optimiste et curieux envers l’inconnu, et rebondir promptement après un choc émotionnel.

Sur le plan des applications pratiques, l’instrument s’est révélé indispensable dans les contextes suivants :

  • Évaluation clinique et psychothérapeutique : Mesure des ressources adaptatives pré-thérapeutiques, prédiction de l’alliance thérapeutique, évaluation du risque d’effondrement psychique face aux crises de vie et suivi du gain en flexibilité psychologique au cours d’interventions orientées vers l’acceptation ou le développement de l’autonomie.
  • Psychologie de la santé et médecine comportementale : Étude des réponses immunitaires, cardiovasculaires et neuroendocriniennes face au stress aigu ; identification des facteurs individuels modérateurs du burn-out chez les soignants et les professionnels des services d’urgence.
  • Psychologie des organisations : Diagnostic des capacités d’adaptation face aux transitions professionnelles complexes, au leadership adaptatif dans les contextes imprévisibles et à la gestion constructive des conflits interpersonnels.
  • Études développementales et pédagogiques : Compréhension des mécanismes régulant la persévérance académique, l’exploration intellectuelle et la tolérance à la frustration lors des passages critiques de l’adolescence à l’âge adulte.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit de résilience du Moi (ego-resiliency) proposé par Block et Block (1980) ne doit pas être confondu avec un simple optimisme naïf ou une invulnérabilité stoïque. Il s’agit d’une compétence métathéorique d’équilibration psychologique. Dans la conceptualisation de Block, la dynamique de la personnalité s’organise autour de deux piliers fondamentaux :

  1. Le contrôle du Moi (Ego-Control) : La tendance habituelle ou modale d’un individu à contenir, réprimer ou inhiber ses impulsions, affects et désirs (over-control ou surcontrôle), versus sa tendance à décharger immédiatement et spontanément ses impulsions et affects sans médiation réflexive (under-control ou sous-contrôle).
  2. La résilience du Moi (Ego-Resiliency) : La capacité dynamique de l’individu à modifier son niveau habituel de contrôle du Moi vers le haut ou vers le bas, de manière contextuellement appropriée, flexible et réversible. Une personne dotée d’une forte résilience du Moi sait être disciplinée, concentrée et inhibée lorsque la tâche requiert une rigueur absolue, mais sait également devenir spontanée, ludique, ouverte et détendue lorsque la situation invite à la socialisation ou à la créativité.

À travers l’analyse factorielle et les études ultérieures de validation structurelle (notamment celles de Letzring, Block et Funder en 2005, ainsi que Farkas et Orosz en 2015), le construit capté par l’ER89 a été articulé autour de trois composantes majeures interdépendantes :

1. Engagement actif envers le monde (Active engagement with the world)

Cette dimension reflète une posture d’ouverture passionnée, d’énergie vitale et de curiosité intellectuelle et expérientielle envers l’environnement. L’individu résilient ne perçoit pas la nouveauté comme une menace menaçant son homéostasie, mais comme une opportunité stimulante d’exploration. Il investit activement son milieu avec un niveau élevé d’énergie (item 6 : « I am regarded as a very energetic person »), manifeste un attrait prononcé pour les stimuli inédits (item 5 : « I enjoy trying new foods I have never tasted before » ; item 8 : « I am more curious than most people ») et recherche délibérément la variation dans ses routines quotidiennes (item 7 : « I like to take different paths to familiar places » ; item 11 : « I like to do new and different things »).

2. Performance intégrée sous stress (Integrated performance under stress)

Cette composante traduit la vitesse et l’efficacité avec lesquelles l’organisme rétablit son équilibre émotionnel et physiologique suite à une perturbation, un traumatisme ou une agression imprévue. Alors qu’un individu rigide ou fragile (faible en résilience du Moi) reste figé dans une réaction de sidération, d’anxiété persistante ou de colère destructrice, l’individu hautement résilient dissipe rapidement l’activation négative. Il récupère sans délai de la surprise ou du sursaut (item 2 : « I quickly get over and recover from being startled ») et liquide promptement les affects d’hostilité ou de ressentiment (item 14 : « I get over my anger at someone reasonably quickly »), préservant ainsi sa lucidité cognitive et son intégration fonctionnelle.

3. Répertoire étendu de stratégies de résolution de problèmes (Repertoire of problem solving strategies)

Cette dimension englobe la flexibilité cognitive et sociale nécessaire pour naviguer dans des interactions humaines complexes et résoudre des conflits. Elle se caractérise par la prudence réflexive avant l’action (item 10 : « I usually think carefully about something before acting »), combinée à un sens aigu de l’affirmation de soi (item 13 : « I would be willing to describe myself as a pretty “strong” personality »). Sur le plan relationnel, cette composante se traduit par la bienveillance, la générosité envers ses pairs (item 1 : « I am generous with my friends »), une facilité à faire une impression positive (item 4 : « I usually succeed in making a favorable impression on people ») et une confiance fondamentale en la bonté d’autrui (item 9 : « Most of the people I meet are likable »).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le cadre théorique de l’Échelle de résilience du Moi s’ancre au confluent de la théorie psychanalytique du Moi, de la psychologie topologique de Kurt Lewin et des modèles systémiques modernes de l’autorégulation.

L’origine première du modèle remonte à la thèse doctorale de Jack Block soutenue à l’Université Stanford en 1951, intitulée « An experimental study of a topological representation of ego-structure ». Block a cherché à opérationnaliser de manière rigoureuse les concepts métapsychologiques freudiens de force du Moi (ego strength) et de mécanismes de défense en employant les concepts lewiniens de perméabilité et d’élasticité des frontières intrapsychiques. Dans la vision lewinienne, la structure psychique est composée de régions fonctionnelles séparées par des frontières psychologiques :

  • La perméabilité des frontières (Ego-Control) : Détermine le degré auquel les impulsions internes franchissent les barrières pour s’exprimer dans le monde extérieur. Des frontières excessivement imperméables génèrent un surcontrôle rigide, marqué par l’inhibition compulsive, l’ascétisme et l’incapacité à éprouver de la spontanéité. À l’inverse, des frontières trop perméables induisent un sous-contrôle impulsif, erratique et chaotique.
  • L’élasticité dynamique des frontières (Ego-Resiliency) : Représente la capacité des frontières du Moi à fléchir, s’élargir ou se resserrer élastiquement sous la pression du stress ou des sollicitations de l’environnement, puis à reprendre leur forme fonctionnelle optimale une fois la pression relâchée. La résilience du Moi est donc la propriété métamodulatrice qui prévient à la fois la rupture traumatique (la fragilité structurelle) et la sclérose défensive (l’hyper-rigidité pathologique).

Dans leur monographie séminale de 1980, Block et Block ont démontré que l’adaptation optimale d’un individu ne se situe pas dans un contrôle extrême ou une absence de contrôle, mais dans une élasticité régulatrice élevée (forte résilience du Moi) opérant sur un niveau intermédiaire ou modal de contrôle. Un individu présentant une forte résilience du Moi utilise ce que Richard Lazarus et Susan Folkman ont ultérieurement théorisé comme un coping centré sur le problème ou sur l’émotion de manière contextuellement congruente. L’ER89 a ainsi été spécifiquement conçue comme la matérialisation empirique de cette flexibilité dynamique dans les comportements quotidiens observables.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de l’Échelle de résilience du Moi (ER89) a été documentée par un corpus volumineux d’études empiriques couvrant la validité de construit, la validité convergente, la validité discriminante et la validité prédictive.

Validité convergente

Dans l’étude princeps de Block et Kremen (1996), les scores à l’ER89 ont été confrontés aux évaluations de la personnalité établies au moyen de la méthode du California Q-Set (CAQ), administrée par des observateurs cliniques indépendants n’ayant aucune connaissance préalable des auto-évaluations des participants. Les individus obtenant des scores élevés à l’ER89 ont été décrits par les observateurs indépendants comme significativement plus chaleureux, plus compétents socialement, plus articulés verbalement, manifestant une grande vitalité, un sens élevé de l’humour, et une remarquable capacité à s’adapter aux situations sociales inédites (corrélations positives de l’ordre de r = 0,40 à 0,55, p < 0,001).

En relation avec le modèle des Cinq Grands Facteurs (Big Five), l’ER89 démontre des corrélations convergentes théoriquement attendues et empiriquement robustes :

  • Une corrélation inverse substantielle avec le Névrosisme (généralement r = -0,45 à -0,60), attestant que les individus résilients présentent une vulnérabilité émotionnelle et une labilité anxieuse réduites.
  • Des corrélations positives modérées à fortes avec l’Extraversion (r = 0,40 à 0,52), reflétant l’énergie sociale et l’affirmation de soi.
  • Des corrélations positives avec l’Ouverture à l’expérience (r = 0,35 à 0,48) et la Conscience (r = 0,30 à 0,45).
  • Une association positive avec l’Agréabilité (r = 0,25 à 0,38).

Validité discriminante

Un apport majeur de l’article de Block et Kremen (1996) a été de clarifier les relations entre l’ER89 et le fonctionnement intellectuel mesuré par l’échelle d’intelligence de Wechsler pour adultes (WAIS). Les résultats ont mis en évidence que si l’ego-resiliency et le quotient intellectuel (QI) partagent certaines caractéristiques comportementales positives superficielles, ils constituent deux construits orthogonaux et distincts. L’ER89 n’a montré qu’une corrélation faible à modeste avec le QI global (r ≈ 0,20 à 0,25), démontrant que la résilience du Moi n’est pas réductible à l’intelligence cognitive générale. Les individus peuvent présenter une forte vivacité intellectuelle tout en souffrant d’une rigidité adaptative sévère face à la détresse affective.

Validité prédictive et écologique

Dans des études prospectives et expérimentales menées par Funder et Block (1989), puis confirmées par Letzring, Block et Funder (2005), les scores à l’ER89 se sont révélés hautement prédictifs de la performance sous conditions de laboratoire stressantes, de la capacité à différer une gratification pour un gain supérieur futur, et de la diminution significative des symptômes dépressifs et des troubles liés à l’usage de substances psychoactives au fil du temps chez de jeunes adultes suivis longitudinalement.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’ER89 a été évaluée à travers de multiples échantillons cliniques, universitaires et au sein de la population générale, attestant d’une excellente consistance interne et d’une grande stabilité temporelle.

Consistance interne

Dans l’échantillon normatif initial rapporté par Block et Kremen (1996), composé d’hommes et de femmes suivis longitudinalement à l’âge de 23 ans (N = 105), le coefficient alpha de Cronbach pour l’ensemble des 14 items atteignait 0,76. Des études ultérieures menées sur des cohortes universitaires et communautaires plus larges ont confirmé et même dépassé ces indices :

  • Letzring, Block et Funder (2005), dans une série d’échantillons totalisant plus de 400 participants, ont rapporté des coefficients alpha de Cronbach variant entre 0,78 et 0,82.
  • Farkas et Orosz (2015), lors de la réévaluation psychométrique et de l’adaptation transculturelle de l’échelle auprès d’un échantillon de plus de 1 200 participants, ont obtenu un alpha de Cronbach de 0,84 pour le score total.
  • Les coefficients de corrélation item-total corrigés s’échelonnent typiquement entre 0,32 et 0,61, indiquant que chaque énoncé contribue de façon substantielle et cohérente à la mesure du macro-construit.

Stabilité temporelle (Test-Retest)

Les propriétés de stabilité test-retest de l’ER89 sont particulièrement remarquables, en adéquation avec la conception théorique de la résilience du Moi comme trait structural de la personnalité. Sur un intervalle standard de 4 à 8 semaines, les coefficients de corrélation intraclasse et de Pearson se situent régulièrement au-dessus de r = 0,80. Les analyses longitudinales à très long terme menées dans le cadre de l’étude de Berkeley (Block & Robins, 1993) ont également montré une stabilité différentielle significative sur des périodes s’étendant sur plusieurs années à l’âge adulte, confirmant la pérennité de l’ancrage structural du construit.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure dimensionnelle de l’ER89 a fait l’objet de nombreux débats méthodologiques au cours des trois dernières décennies, oscillant entre un modèle strictement unidimensionnel et des modélisations multidimensionnelles hiérarchiques.

Modèle unidimensionnel original

À l’origine, Block et Kremen (1996) ont conçu l’ER89 comme une mesure unidimensionnelle globale de la résilience du Moi. L’analyse en composantes principales (ACP) initiale a révélé un premier facteur dominant expliquant une part prépondérante de la variance totale, sur lequel l’ensemble des 14 items présentaient des saturations factorielles positives significatives (généralement comprises entre 0,35 et 0,68). Cette solution à un seul facteur a longtemps été retenue pour justifier le calcul d’un score composite unique représentant la force globale de résilience du Moi.

Modèles multidimensionnels et analyses factorielles confirmatoires (AFC)

Néanmoins, les analyses factorielles exploratoires (AFE) menées avec des rotations obliques, ainsi que les analyses factorielles confirmatoires (AFC) plus récentes, ont mis en évidence la présence de facettes sous-jacentes cohérentes. L’investigation majeure conduite par Farkas et Orosz (2015) a comparé plusieurs structures concurrentes (modèle unidimensionnel, modèle à deux facteurs, modèle à trois facteurs corrélés et modèle bifactoriel) :

  • Modèle à 3 facteurs corrélés : Ce modèle présente un ajustement empirique nettement supérieur aux critères conventionnels (CFI > 0,93, TLI > 0,91, RMSEA < 0,06, SRMR < 0,05). Ces trois facteurs correspondent précisément aux trois domaines fonctionnels du construit :
    • Facteur 1 : Engagement actif envers le monde (Active Engagement with the World) — regroupe les items relatifs à la curiosité, à l’énergie vitale et à l’attrait pour la nouveauté (notamment les items 3, 5, 6, 7, 8, 11 et 12).
    • Facteur 2 : Régulation des affects et récupération sous stress (Integrated Performance Under Stress) — sature fortement sur les items mesurant le prompt retour à l’équilibre après un sursaut ou une colère (items 2 et 14).
    • Facteur 3 : Compétence relationnelle et force personnelle (Social and Personal Repertoire) — sature sur les items évaluant l’affirmation de soi, la générosité, la sympathie sociale et la prise de décision prudente (items 1, 4, 9, 10 et 13).
  • Modèle bifactoriel (Bifactor Model) : L’approche bifactorielle démontre que tout en reconnaissant ces trois sous-domaines spécifiques, l’existence d’un facteur général de résilience du Moi (facteur G) explique plus de 65 % de la variance commune totale, légitimant pleinement l’utilisation clinique et de recherche du score total obtenu par la sommation directe des 14 items.

10. Instrument de mesure / Instrument

Les caractéristiques formelles de passation, de constitution et de dépouillement de l’Échelle de résilience du Moi sont synthétisées ci-dessous :

  • Nom complet de l’instrument : Échelle de résilience du Moi (Ego Resilience Scale – ER89).
  • Type de test : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation (self-report inventory).
  • Format d’administration : Administration sur support papier-crayon ou par interface numérique standardisée. Passation individuelle ou collective.
  • Nombre d’items : 14 items indépendants, formulés sous forme d’énoncés affirmatifs clairs à la première personne.
  • Durée de passation : Environ 3 à 5 minutes (très faible charge cognitive pour le répondant).
  • Échelle de réponse : Échelle de Likert ordinale en 4 points, sans point neutre intermédiaire :
    • 1 = Does not apply at all (Ne s’applique pas du tout)
    • 2 = Applies slightly (S’applique légèrement)
    • 3 = Applies somewhat (S’applique modérément)
    • 4 = Applies very strongly (S’applique très fortement)
  • Cotation et calcul des scores : Tous les items sont formulés dans le sens direct d’une forte résilience. Il n’y a aucun item inversé. Le score total est obtenu en additionnant les valeurs numériques des 14 items (plage théorique du score total : de 14 à 56 points). Un score élevé reflète un degré élevé de flexibilité adaptative, d’engagement curieux et de régulation sous stress.
  • Populations cibles : Adolescents (à partir de 14 ans) et adultes de tous âges.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement et de publication initiale : 1996 (Block & Kremen), issue des travaux théoriques initiés dès 1951 (Block) et 1980 (Block & Block).
  • Droits d’auteur et propriété intellectuelle : L’article fondateur de 1996 a été publié dans le Journal of Personality and Social Psychology, édité par l’American Psychological Association (APA). Jack Block et Adam M. Kremen ont mis l’échelle à disposition de la communauté académique.
  • Statut d’utilisation et politique tarifaire : L’ER89 est considérée comme un instrument du domaine public académique, libre de droits (free of charge) pour toute utilisation dans le cadre de la recherche scientifique, de l’enseignement universitaire et de la pratique clinique non commerciale. Aucune redevance financière ni redevance de licence n’est exigée.
  • Autorisations pour adaptation et traduction : L’utilisation de l’échelle ou sa traduction dans d’autres langues à des fins de publication scientifique nécessite simplement la citation rigoureuse et appropriée des articles sources de Block et Kremen (1996) et Block et Block (1980) selon les normes académiques en vigueur.

12. Références / References

Les publications fondatrices et empiriques de référence relatives à l’Échelle de résilience du Moi comprennent :

  • Block, J. H. (1951). An experimental study of a topological representation of ego-structure (Unpublished doctoral dissertation). Stanford University, Stanford, CA.
  • Block, J. H., & Block, J. (1980). The role of ego-control and ego-resiliency in the organization of behavior. In W. A. Collins (Ed.), Development of cognition, affect, and social relations: The Minnesota symposia on child psychology (Vol. 13, pp. 39–101). Lawrence Erlbaum Associates.
  • Block, J., & Kremen, A. M. (1996). IQ and ego-resiliency: Conceptual and empirical connections and separateness. Journal of Personality and Social Psychology, 70(2), 349–361. https://doi.org/10.1037/0022-3514.70.2.349
  • Block, J., & Robins, R. W. (1993). A longitudinal study of consistency and change in self-esteem from early adolescence to early adulthood. Child Development, 64(3), 909–923. https://doi.org/10.2307/1131226
  • Farkas, D., & Orosz, G. (2015). Ego-resiliency reloaded: A three-component model of general resiliency. PLOS ONE, 10(3), Article e0120883. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0120883
  • Funder, D. C., & Block, J. (1989). The role of ego-control, ego-resiliency, and IQ in delay of gratification in adolescence. Journal of Personality and Social Psychology, 57(6), 1041–1050. https://doi.org/10.1037/0022-3514.57.6.1041
  • Letzring, T. D., Block, J., & Funder, D. C. (2005). Ego-control and ego-resiliency: Generalization of self-report scales based on personality descriptions from acquaintances, clinicians, and the self. Journal of Research in Personality, 39(4), 395–422. https://doi.org/10.1016/j.jrp.2004.06.003

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Response Scale:
1 – Does not apply at all
2 – Applies slightly
3 – Applies somewhat
4 – Applies very strongly
  1. I am generous with my friends.
  2. I quickly get over and recover from being startled.
  3. I enjoy dealing with new and unusual situations.
  4. I usually succeed in making a favorable impression on people.
  5. I enjoy trying new foods I have never tasted before.
  6. I am regarded as a very energetic person.
  7. I like to take different paths to familiar places.
  8. I am more curious than most people.
  9. Most of the people I meet are likable.
  10. I usually think carefully about something before acting.
  11. I like to do new and different things.
  12. My daily life is full of things that keep me interested.
  13. I would be willing to describe myself as a pretty “strong” personality.
  14. I get over my anger at someone reasonably quickly.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 7). Échelle de résilience du Moi. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-resilience-du-moi-er89/
Looti, Mohammed. “Échelle de résilience du Moi.” Base de données de psychologie en français, 7 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-resilience-du-moi-er89/.
Looti, Mohammed. “Échelle de résilience du Moi.” Base de données de psychologie en français. octobre 7, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-resilience-du-moi-er89/.