Échelle de peur de l’intimité (FIS)

L’Échelle de peur de l’intimité (Fear of Intimacy Scale – FIS), développée par Descutner et Thelen (1991), est un questionnaire psychométrique de 35 items évaluant l’anxiété liée au dévoilement de soi et à l’engagement émotionnel dans les relations amoureuses.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 9, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 9, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de peur de l’intimité (Fear of Intimacy Scale, ou FIS), initialement conceptualisée et validée sur le plan psychométrique par Carol J. Descutner et Mark H. Thelen (1991) au sein de l’Université du Missouri, constitue l’un des instruments d’auto-évaluation les plus reconnus et empiriquement éprouvés pour quantifier l’anxiété éprouvée par un individu face à la perspective d’une proximité affective, communicative et interpersonnelle étroite au sein d’une relation amoureuse ou dyadique privilégiée. Composée de 35 items cotés sur une échelle de Likert en 5 points allant de 1 (« Pas du tout caractéristique de moi ») à 5 (« Extrêmement caractéristique de moi »), l’échelle se divise structurellement en deux parties complémentaires : la Partie A (items 1 à 30), qui invite le répondant à projeter ses réactions affectives et cognitives dans le cadre d’une relation amoureuse intime hypothétique ou actuelle avec une personne significative désignée par le symbole « O », et la Partie B (items 31 à 35), qui évalue rétrospectivement les comportements d’évitement et les patterns relationnels passés.

Sur le plan psychométrique, le FIS présente un score total variant de 35 à 175, où des valeurs plus élevées reflètent une peur de l’intimité plus prononcée. Quinze items formulés positivement font l’objet d’un codage inversé (items 3, 6, 7, 8, 10, 14, 17, 18, 19, 21, 22, 25, 27, 29 et 30). Les études princeps et les réplications ultérieures démontrent des propriétés métrologiques exceptionnelles, caractérisées par une consistance interne robuste (alpha de Cronbach oscillant généralement entre .91 et .93), une fidélité test-retest remarquable à un mois (r = .89), ainsi qu’une validité de construit attestée par des corrélations convergentes positives avec la solitude subjective et négatives avec l’auto-dévoilement (self-disclosure), l’intimité sociale et la désirabilité sociale. Cet instrument s’impose tant en recherche fondamentale sur l’attachement adulte qu’en pratique psychothérapeutique d’évaluation clinique.

2. Mots-clés / Keywords

Peur de l’intimité, Fear of Intimacy Scale, psychométrie, attachement adulte, évitement relationnel, auto-dévoilement, anxiété interpersonnelle, vulnérabilité émotionnelle, validation psychométrique, relations de couple, fidélité test-retest, engagement affectif.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été développée et formalisée scientifiquement par :

  • Carol J. Descutner, Ph.D. — Département de psychologie, University of Missouri-Columbia, États-Unis. Ses recherches se sont centrées sur l’anxiété relationnelle, les dynamiques d’évitement affectif et les processus thérapeutiques interpersonnels.
  • Mark H. Thelen, Ph.D. — Professeur émérite de psychologie clinique, Département des sciences psychologiques, University of Missouri-Columbia, États-Unis. Spécialiste reconnu des troubles de l’attachement, des conduites alimentaires, de l’image corporelle et des pathologies de l’intimité émotionnelle.

Dans certaines revues de vulgarisation et manuels cliniques contemporains, les fondements conceptuels de l’anxiété d’intimité sont également mis en perspective avec les travaux précurseurs en thérapie cognitive du Dr David D. Burns (1980) portant sur les distorsions cognitives et les peurs d’exposition émotionnelle, bien que la standardisation psychométrique de l’outil de 35 items FIS sous sa forme canonique appartienne rigoureusement aux travaux de Descutner et Thelen (1991).

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’Échelle de peur de l’intimité est d’opérationnaliser et de quantifier avec précision un construit clinique complexe : la capacité inhibée d’un individu, causée par l’anxiété, d’échanger des pensées, des émotions et des expériences d’une importance personnelle cruciale avec un partenaire hautement valorisé. Dans le fonctionnement psychologique individuel et dyadique, l’intimité ne se résume pas à une simple co-présence physique ou sexuelle ; elle requiert une ouverture psychologique profonde, un dévoilement réciproque de la vulnérabilité et une tolérance au risque inhérent de rejet ou d’abandon.

Sur le plan des applications cliniques, le FIS permet aux psychothérapeutes, conseillers conjugaux et psychiatres d’évaluer la sévérité des blocages affectifs chez des patients consultant pour des échecs relationnels récurrents, une détresse conjugale, une phobie sociale axée sur le domaine amoureux ou des troubles de la personnalité de type évitant. Dans une démarche diagnostique et thérapeutique initiale, la passation de l’échelle permet de discriminer si l’isolement du patient résulte d’un déficit généralisé de compétences sociales ou, plus spécifiquement, d’une terreur ciblée de l’exposition émotionnelle intime lorsque le lien devient étroit. Elle sert également d’indicateur objectif de progrès au cours de la psychothérapie, mesurant l’atténuation des défenses d’évitement au fil des séances.

Sur le plan de la recherche empirique, le FIS est largement mobilisé en psychologie sociale, en psychologie de la personnalité et en sciences de la famille pour étudier les antécédents développementaux de l’évitement affectif (tels que les traumatismes infantiles, le rejet parental précoce ou la négligence émotionnelle) et examiner les liens empiriques entre la peur de l’intimité, les styles d’attachement insécure, la solitude chronique, la dépression et la satisfaction relationnelle. L’échelle offre ainsi un pont méthodologique standardisé entre la modélisation théorique de la dynamique amoureuse et son évaluation empirique rigoureuse.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit de « peur de l’intimité » mesuré par le FIS repose sur une définition opérationnelle précise : l’inhibition anxieuse qui empêche le sujet de partager sa vie intérieure profonde avec une personne aimée ou valorisée. Bien que le score global reflète une vulnérabilité unitaire dominante, l’analyse clinique et conceptuelle développée par Descutner et Thelen (1991), complétée par les théorisations ultérieures de la dynamique interpersonnelle, met en lumière plusieurs facettes fondamentales du phénomène :

La peur du dévoilement émotionnel de soi (Emotional Self-Disclosure)

Cette composante centrale renvoie à l’anxiété ressentie à l’idée d’exprimer ses véritables émotions, ses peurs, ses blessures passées et ses sentiments de honte. L’individu redoute qu’en montrant ce qu’il perçoit comme des faiblesses, des défauts ou des stigmates intérieurs (par exemple, des événements traumatiques passés ou des aspects de soi jugés inacceptables), l’autre ne le rejette, ne le méprise ou ne le juge inadéquat. Les items comme l’item 1 (« J’éprouverais un malaise à parler à O de choses passées dont j’ai eu honte ») ou l’item 2 (« Je me sentirais mal à l’aise de parler avec O de quelque chose qui m’a profondément blessé ») incarnent directement cette anxiété d’exposition.

La peur de la dépendance et du soutien mutuel

L’intimité véritable implique une interdépendance fonctionnelle : accepter de compter sur autrui et tolérer qu’autrui s’appuie sur soi. Les individus affichant un score élevé au FIS éprouvent une vive appréhension face aux attentes affectives du partenaire. Ils redoutent le fardeau émotionnel d’être une figure de soutien (Item 13 : « Je me sentirais mal à l’aise si O dépendait de moi pour obtenir un soutien émotionnel » ; Item 28 : « Je me sentirais parfois mal à l’aise d’écouter les problèmes personnels de O »), car cette réciprocité renforce le sentiment de contrainte et de responsabilité affective non maîtrisable.

La peur de l’engloutissement et de la perte d’autonomie

Bien que non isolée en sous-score indépendant dans la cotation unifactorielle originale, la crainte de la fusion psychologique et de l’engloutissement (fear of engulfment) sous-tend de nombreux énoncés. L’individu craint de perdre son identité propre, ses frontières psychiques et son autonomie s’il s’engage pleinement dans une communion relationnelle étroite. L’intimité est alors inconsciemment assimilée à une intrusion menaçante pour l’intégrité du Moi.

La peur du risque affectif et de la blessure relationnelle

Toute intimité comporte un risque fondamental : celui de la perte, de la trahison ou de l’abandon. Comme le formule explicitement l’item 15 (« J’aurais peur de prendre le risque d’être blessé(e) afin d’établir une relation plus étroite avec O »), la peur de l’intimité agit comme un bouclier défensif préventif. L’individu préfère saborder la proximité naissante ou maintenir une distance émotionnelle stratégique plutôt que de s’exposer à la souffrance potentielle d’une rupture ou d’un désengagement du partenaire.

Comportements rétrospectifs d’évitement (Partie B)

La dimension comportementale passée capture l’historique des conduites de fuite. Elle évalue la mesure dans laquelle le sujet a effectivement fuy les occasions de rapprochement (Item 31), retenu ses sentiments (Item 32) ou activement posé des actes de sabotage relationnel pour empêcher la naissance de l’intimité (Item 35), validant la traduction des angoisses cognitives en patterns d’action répétitifs.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le cadre théorique au sein duquel s’enracine l’Échelle de peur de l’intimité est pluridisciplinaire, articulant principalement la théorie de l’attachement, les perspectives psychodynamiques interpersonnelles et les modèles cognitivo-comportementaux de l’anxiété sociale.

La théorie de l’attachement de Bowlby, Hazan et Shaver

Le paradigme théorique dominant pour interpréter le FIS est la théorie de l’attachement développée à l’origine par John Bowlby et appliquée aux relations amoureuses adultes par Hazan et Shaver (1987), puis affinée par Mikulincer et Shaver (2007). Dans ce cadre, la peur de l’intimité est conceptualisée comme une manifestation directe des styles d’attachement insécure, en particulier :

  • L’attachement évitant-détaché (dismissing-avoidant) : où l’individu désactive son système d’attachement, affirme une indépendance compulsive et supprime le besoin de proximité pour se protéger contre l’anticipation de la non-disponibilité d’autrui.
  • L’attachement craintif-évitant (fearful-avoidant ou désorganisé) : où le sujet désire ardemment la proximité affective mais est paralysé par une angoisse extrême du rejet et de la douleur relationnelle. Les scores élevés au FIS correspondent tout particulièrement à ce profil d’évitement motivé par la peur.

La théorie interpersonnelle de Sullivan et l’anxiété existentielle

Le modèle s’appuie également sur la théorie interpersonnelle de Harry Stack Sullivan, postulant que les schémas relationnels de sécurité ou d’angoisse trouvent leur source dans les premières interactions de l’enfance avec les figures significatives (« autrui significatif »). Sur le plan existentiel, aimer et s’ouvrir à l’autre confère une valeur inestimable à l’existence mais accroît de manière vertigineuse la vulnérabilité à la mort, à la perte et au néant. L’intimité confronte l’individu à sa fragilité fondamentale, ce qui peut catalyser des défenses de fermeture caractérielle.

Modèle cognitif du traitement de l’information et schémas précoces

Dans la perspective de la thérapie cognitive et de la thérapie des schémas de Jeffrey Young, la peur de l’intimité résulte de l’activation de schémas précoces inadaptés tels que « Manque affectif », « Abandon/Instabilité », « Méfiance/Abus » et « Imperfection/Honte ». L’anticipation anxieuse d’un dévoilement intime déclenche des pensées automatiques catastrophistes (« S’il apprend qui je suis vraiment, il me rejettera », « Être proche signifie être contrôlé »), justifiant les comportements d’évitement comportemental et affectif mesurés par le questionnaire.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique du FIS a été établie de manière rigoureuse à travers plusieurs études empiriques indépendantes rapportées initialement par Descutner et Thelen (1991), puis répliquées et étendues par Doi et Thelen (1993) ainsi que par des adaptations transculturelles internationales (notamment Fallah-Zade et Farzad, 2012).

Validité convergente

La validité convergente de l’instrument est étayée par des patterns corrélationnels hautement significatifs et théoriquement cohérents :

  • Solitude subjective : Descutner et Thelen (1991) ont mis en évidence une corrélation positive statistiquement significative entre le FIS et l’échelle de solitude de l’UCLA (UCLA Loneliness Scale) (r = .53, p < .001). Les individus craignant l’intimité rapportent des niveaux considérablement plus élevés d’isolement social et de détresse affective.
  • Auto-dévoilement (Self-Disclosure) : Le FIS est corrélé négativement avec les mesures validées d’ouverture de soi (telles que le Jourard Self-Disclosure Questionnaire et la sous-échelle d’auto-dévoilement de Miller), avec des coefficients variant entre r = -.50 et r = -.58 (p < .001), confirmant que les répondants à score élevé partagent significativement moins d’informations personnelles profondes.
  • Intimité sociale : Une corrélation négative marquée est observée avec l’Échelle d’intimité sociale de Miller (Miller Social Intimacy Scale, MSIS) (r = -.60, p < .001).

Validité discriminante

Pour s’assurer que le FIS ne mesurait pas simplement une tendance générale à la détresse psychologique ou à l’anxiété diffuse, les auteurs ont examiné ses liens avec l’anxiété de trait générale, la dépression et la désirabilité sociale (Marlowe-Crowne Social Desirability Scale). Si une faible corrélation négative avec la désirabilité sociale a été détectée (r = -.20 à -.25), les analyses de corrélations partielles contrôlant la désirabilité sociale ont démontré que l’ensemble des relations entre le FIS, la solitude et le déficit d’auto-dévoilement demeuraient totalement intactes et significatives. De surcroît, le FIS discrimine avec succès l’anxiété spécifiquement ancrée dans les relations intimes dyadiques de l’anxiété sociale générale en milieu public (Leary, 1983).

Validité de critère et validité écologique

La validité empirique du FIS est renforcée par des données comportementales et cliniques objectives :

  • Durée des relations amoureuses : Les participants présentant des scores élevés au FIS rapportent des antécédents de relations de couple significativement plus brèves et une propension accrue à demeurer célibataires.
  • Évaluations cliniques par des thérapeutes : Dans l’étude de validation princeps, les scores obtenus par des patients au FIS ont été confrontés aux évaluations à l’aveugle réalisées par leurs psychothérapeutes respectifs. Une corrélation positive significative a été établie entre le score FIS du patient et le jugement du clinicien quant au degré de peur de l’intimité manifesté en séance par celui-ci (r = .42, p < .01).
  • Identité de genre : Les analyses ont révélé que les individus présentant un profil androgyne (selon le BSRI) affichaient une peur de l’intimité significativement plus basse que les sujets au profil strictement masculin ou indifférencié, corroborant la flexibilité émotionnelle associée à l’androgynie psychologique.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’Échelle de peur de l’intimité a été évaluée au moyen d’analyses approfondies de consistance interne et de stabilité temporelle à travers divers échantillons cliniques et non cliniques.

Consistance interne

Dans l’échantillon de développement initial de Descutner et Thelen (1991) comprenant 421 étudiants universitaires, l’instrument a affiché un coefficient alpha de Cronbach de .93 pour l’ensemble des 35 items. Une seconde étude indépendante menée par les mêmes auteurs auprès d’un échantillon distinct de validation a confirmé un alpha de Cronbach identique de .93. Les corrélations item-total corrigées s’échelonnaient de .32 à .69, démontrant une homogénéité remarquable sans redondance sémantique excessive.

Dans les études de réplication ultérieures (Doi & Thelen, 1993 ; Sherman & Thelen, 1996), la cohérence interne s’est systématiquement maintenue au-dessus du seuil psychométrique d’excellence de .90 (généralement entre .91 et .94). Dans des cohortes cliniques adultes, les coefficients de consistance interne se sont avérés tout aussi élevés (.92 à .95), attestant de la robustesse structurelle de l’outil quel que soit le profil de la population évaluée.

Fidélité test-retest (Stabilité temporelle)

La stabilité temporelle a été mesurée par Descutner et Thelen (1991) sur un sous-échantillon de participants ayant repassé l’instrument après un intervalle d’un mois (quatre semaines). Le coefficient de corrélation de Pearson test-retest obtenu était de r = .89 (p < .0001). Cette valeur indique une excellente stabilité dans le temps du trait mesuré chez les sujets non soumis à une intervention psychothérapeutique ciblée, tout en conservant une sensibilité prouvée au changement après des programmes d’intervention focalisés sur l’intimité ou une psychothérapie de couple prolongée.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure dimensionnelle du FIS a fait l’objet de multiples investigations psychométriques, tant par analyse factorielle exploratoire (AFE) que par modélisation en analyse factorielle confirmatoire (AFC).

Analyses princeps (Descutner & Thelen, 1991)

Lors de la conception de l’échelle, les concepteurs ont soumis les items à une analyse factorielle exploratoire en composantes principales suivie d’une rotation varimax. Bien que plusieurs facteurs mineurs aient émergé avec des valeurs propres (eigenvalues) supérieures à 1.0, le premier facteur non tourné expliquait une part prépondérante de la variance totale (plus de 33 %). L’examen du graphique des valeurs propres (scree plot de Cattell) mettait en évidence une rupture nette après le premier facteur, justifiant le regroupement des items au sein d’une structure essentiellement unidimensionnelle représentant la « peur globale de l’intimité interpersonnelle ».

Les saturations factorielles (factor loadings) des 35 items sur ce facteur général variaient principalement entre .40 et .74. Les items reflétant la difficulté à partager ses sentiments vulnérables (par exemple les items 3, 5, 12, 19 et 27) affichaient les saturations les plus massives, oscillant entre .60 et .74.

Modélisations factorielles multidimensionnelles ultérieures

Bien que l’usage clinique conventionnel préconise l’utilisation du score composite univarié total (35-175), des études factorielles contemporaines ont exploré des structures multidimensionnelles sous-jacentes pour affiner la granularité diagnostique. Les analyses de validation transculturelle (notamment en Europe, en Amérique latine et au Moyen-Orient) ont fréquemment identifié une structure à trois facteurs corrélés :

  1. Facteur 1 : Peur du dévoilement et de l’exposition émotionnelle (items axés sur la divulgation des secrets intimes, des fautes passées et des sentiments vulnérables).
  2. Facteur 2 : Malaise face à la proximité affective et à la dépendance (items axés sur le confort lié à l’attachement étroit, la réciprocité émotionnelle et l’écoute des souffrances de l’autre).
  3. Facteur 3 : Antécédents comportementaux d’évitement relationnel (correspondant spécifiquement aux items de la Partie B, items 31 à 35).

En analyse factorielle confirmatoire (AFC), les modèles hiérarchiques de second ordre — où ces facteurs de premier ordre s’articulent sous un facteur général de second ordre « Peur de l’intimité » — affichent d’excellents indices d’ajustement global (CFI > .92, TLI > .90, RMSEA < .06), validant la légitimité psychométrique d’utiliser indifféremment un profil factoriel détaillé ou le score total cumulé.

10. Instrument de mesure / Instrument

Les caractéristiques opérationnelles de l’Échelle de peur de l’intimité sont résumées ci-dessous :

  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (Self-report questionnaire).
  • Format d’administration : Papier-crayon ou version informatisée en ligne.
  • Nombre total d’items : 35 items structurés en deux volets :
    • Partie A (Items 1 à 30) : Évaluation cognitive et émotionnelle projetée dans le cadre d’une relation amoureuse étroite, où la cible relationnelle est désignée conventionnellement par la lettre « O » (pour Other ou autrui significatif).
    • Partie B (Items 31 à 35) : Évaluation comportementale rétrospective portant sur les relations intimes passées du sujet.
  • Format de réponse (Échelle de Likert en 5 points) :
    • 1 = Pas du tout caractéristique de moi (Not at all characteristic of me)
    • 2 = Un peu caractéristique de moi (Slightly characteristic of me)
    • 3 = Modérément caractéristique de moi (Moderately characteristic of me)
    • 4 = Très caractéristique de moi (Very characteristic of me)
    • 5 = Extrêmement caractéristique de moi (Extremely characteristic of me)
  • Règles de cotation et inversion (Reverse Scoring) :
    • Quinze items positifs (marqués par un « X » dans la nomenclature technique) doivent impérativement être inversés avant sommation : Items 3, 6, 7, 8, 10, 14, 17, 18, 19, 21, 22, 25, 27, 29 et 30.
    • Règle d’inversion mathématique : 1 devient 5, 2 devient 4, 3 reste 3, 4 devient 2, 5 devient 1 (Formule : Score inversé = 6 – Valeur brute).
    • Les 20 items restants conservent leur cotation brute directe.
  • Calcul et interprétation du score global :
    • Score total = Somme des 35 items (après inversion des 15 items inversés).
    • Étendue théorique des scores : de 35 (peur de l’intimité minimale/nulle, grande aisance relationnelle) à 175 (peur de l’intimité maximale, inhibition et évitement relationnel sévères).
    • Scores moyens normatifs observés aux États-Unis : moyenne globale située entre 80 et 90 points.
    • Moyenne normative chez les femmes : approximativement 75 à 85.
    • Moyenne normative chez les hommes : approximativement 85 à 95 (les hommes présentant généralement des scores légèrement plus élevés sur les composantes de dévoilement émotionnel).
  • Durée moyenne de passation : Environ 10 à 15 minutes.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication initiale : 1991 (Publication officielle dans la revue Psychological Assessment: A Journal of Consulting and Clinical Psychology).
  • Détenteurs des droits : Carol J. Descutner et Mark H. Thelen ; American Psychological Association (APA).
  • Tarification et accès : L’échelle est tombée dans le domaine de la recherche académique ouverte. Elle est accessible sans frais d’acquisition pour les chercheurs, universitaires, étudiants et cliniciens à des fins d’évaluation clinique directe ou de recherche non commerciale.
  • Permissions d’utilisation : La reproduction à des fins de recherche scientifique ne nécessite généralement pas de redevance financière, à condition de citer rigoureusement l’article princeps de Descutner et Thelen (1991). Toute exploitation commerciale, intégration dans un logiciel propriétaire payant ou redistribution éditoriale nécessite l’accord formel des détenteurs des droits de propriété intellectuelle.

12. Références / References

  • Burns, D. D. (1980). Feeling good: The new mood therapy. Avon Books.
  • Corcoran, K., & Fischer, J. (2000). Measures for clinical practice: A sourcebook (3rd ed., Vol. 1). The Free Press.
  • Descutner, C. J., & Thelen, M. H. (1991). Development and validation of a Fear-of-Intimacy Scale. Psychological Assessment: A Journal of Consulting and Clinical Psychology, 3(2), 218–225. https://doi.org/10.1037/1040-3590.3.2.218
  • Doi, S. C., & Thelen, M. H. (1993). The Fear-of-Intimacy Scale: Replication and extension. Psychological Assessment, 5(3), 377–383. https://doi.org/10.1037/1040-3590.5.3.377
  • Fallah-Zade, H., & Farzad, W. (2012). Psychometric properties of the fear of intimacy scale. Journal of Research in Psychological Health, 5(1), 70–79.
  • Hazan, C., & Shaver, P. R. (1987). Romantic love conceptualized as an attachment process. Journal of Personality and Social Psychology, 52(3), 511–531. https://doi.org/10.1037/0022-3514.52.3.511
  • Leary, M. R. (1983). Social anxiousness: The construct and its measurement. Journal of Personality Assessment, 47(1), 66–75. https://doi.org/10.1207/s15327752jpa4701_8
  • Mikulincer, M., & Shaver, P. R. (2007). Attachment in adulthood: Structure, dynamics, and change. Guilford Press.
  • Sherman, M. D., & Thelen, M. H. (1996). Fear of intimacy among dating couples. Personal Relationships, 3(4), 385–395. https://doi.org/10.1111/j.1475-6811.1996.tb00122.x

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Scoring / Reverse Items: Reverse score all the questions with an “X” in front of them:
Scoring Formula: Scoring Instructions:
1

5 = 1
2

4 = 2
3

3 = 3
4

2 = 4
5

1 = 5
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Looti, M. (2026, octobre 9). Échelle de peur de l’intimité (FIS). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-peur-de-lintimite-fis/
Looti, Mohammed. “Échelle de peur de l’intimité (FIS).” Base de données de psychologie en français, 9 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-peur-de-lintimite-fis/.
Looti, Mohammed. “Échelle de peur de l’intimité (FIS).” Base de données de psychologie en français. octobre 9, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-peur-de-lintimite-fis/.