1. Résumé / Abstract
L’Échelle de coping pour enfants (souvent désignée dans la littérature psychométrique sous l’appellation anglophone Self-Report Coping Measure ou SRCM) est un instrument psychométrique auto-rapporté développé initialement par Causey et Dubow (1992), puis affiné et adapté dans plusieurs travaux portant sur la régulation émotionnelle chez l’enfant et l’adolescent (notamment Wright et al., 2010 ; Pouw et al., 2013). Conçu spécifiquement pour évaluer la diversité des réponses cognitives, comportementales et émotionnelles déployées par les enfants d’âge scolaire primaire et les jeunes adolescents face à des stresseurs interpersonnels et scolaires typiques (par exemple, les taquineries, le harcèlement ou les conflits entre pairs), cet outil comprend un ensemble opérationnel de 29 énoncés.
Les participants évaluent la fréquence à laquelle ils utilisent chaque modalité d’adaptation sur une échelle ordinale de type Likert en 5 points, allant de 1 (« not at all » / pas du tout) à 5 (« all the time » / tout le temps). L’instrument opérationnalise cinq dimensions fondamentales du coping infantile : la résolution de problèmes (Problem Solving), la recherche de soutien social (Social Support Seeking), la distraction cognitive/comportementale (Distraction), l’évitement / minimisation (Avoidance / Trivializing), et les réponses internalisées ou externalisées inadaptées incluant la rumination/inquiétude et la ventilation émotionnelle agressive (Worry / Internalizing et Externalizing / Venting).
Sur le plan psychométrique, le SRCM présente une robustesse attestée à travers de multiples échantillons cliniques et tout-venant. Les analyses factorielles exploratoires et confirmatoires corroborent une structure multidimensionnelle stable, distinguant clairement les stratégies d’approche (centrées sur le problème ou la recherche d’aide) des stratégies d’évitement et des manifestations de détresse émotionnelle non régulée. Les coefficients de cohérence interne (alpha de Cronbach) oscillent généralement entre 0,68 et 0,86 selon les sous-échelles, et la stabilité temporelle test-retest démontre une fidélité satisfaisante sur des intervalles de plusieurs semaines. Cet instrument constitue un pivot méthodologique essentiel en psychopathologie développementale, en psychologie scolaire et dans l’évaluation des interventions ciblant la résilience socio-émotionnelle chez les jeunes.
2. Mots-clés / Keywords
Coping chez l’enfant, régulation émotionnelle, Self-Report Coping Measure, adaptation au stress, résolution de problèmes, soutien social, rumination, psychométrie développementale, stress interpersonnel, harcèlement entre pairs.
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été conçue et standardisée par des figures majeures de la psychologie clinique de l’enfant et du développement cognitivo-émotionnel :
- David L. Causey, Ph.D. : Psychologue clinicien pour enfants, affilié au Department of Psychology de la Bowling Green State University (Ohio, États-Unis) au moment de l’élaboration princeps de l’instrument. Ses travaux se sont concentrés sur les mécanismes d’adaptation et les facteurs de résilience chez les enfants exposés au stress familial et aux pairs.
- Eric F. Dubow, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie clinique infantile à la Bowling Green State University et chercheur associé à l’Institute for Social Research de l’University of Michigan (Ann Arbor, États-Unis). Spécialiste internationalement reconnu des trajectoires longitudinales de l’agressivité, des stresseurs environnementaux et des mécanismes de médiation du coping (Courriel institutionnel : [email protected]).
- Contributeurs aux adaptations européennes contemporaines : Le paradigme a été largement prolongé par l’équipe de recherche de Carolien Rieffe, Ph.D. (Université de Leyde, Pays-Bas ; projet Focus on Emotions), Mark Wright, Ph.D., et Robin Banerjee, D.Phil. (Université du Sussex, Royaume-Uni), qui ont affiné l’instrument pour l’étude de l’anxiété sociale, de la dépression et des profils neurodéveloppementaux comme le trouble du spectre de l’autisme (TSA).
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’Échelle de coping pour enfants est de quantifier de manière valide, fiable et directement accessible à l’introspection de l’enfant les mécanismes de défense et d’adaptation cognitivo-comportementaux mobilisés face à des stresseurs menaçant son équilibre émotionnel et social. Durant la période de transition de l’enfance intermédiaire vers la préadolescence (typiquement entre 8 et 13 ans), les individus font face à une intensification exponentielle des exigences relationnelles, de l’évaluation par les pairs et des micro-traumatismes sociaux tels que la provocation, le rejet, l’intimidation scolaire (« being picked on ») et les conflits interpersonnels.
Historiquement, l’évaluation du coping infantile reposait sur des hétéro-évaluations fournies par les parents ou les enseignants. Or, les recherches en psychopathologie développementale ont mis en évidence que les observateurs externes sous-estiment gravement les processus cognitifs internes de l’enfant, tels que les ruminations anxieuses, les tentatives de minimisation cognitive délibérée ou les scénarios mentaux de résolution de problèmes. Le SRCM comble cette lacune en offrant un cadre standardisé d’auto-évaluation adapté au niveau linguistique et métacognitif des élèves du primaire et du début du secondaire.
Dans les contextes cliniques, l’outil permet d’identifier les profils d’enfants à risque de trajectoires internalisées (anxiété, retrait, dépression clinique) ou externalisées (troubles des conduites, agressivité réactive, impulsivité). Un enfant qui réagit aux taquineries par une surutilisation de la sous-échelle d’inquiétude (« I worry about it », « I think about it so much that I can’t sleep ») sans accès aux stratégies de résolution de problème ou de recherche de soutien requiert une restructuration cognitive ciblée. À l’inverse, l’élévation des scores sur les stratégies de ventilation dérégulée (« I stamp my feet and slam or bang doors », « I swear out loud ») oriente le thérapeute vers des interventions axées sur le contrôle des impulsions et l’expression émotionnelle constructive.
En recherche fondamentale et appliquée, le SRCM sert d’instrument pivot pour tester des modèles de médiation et de modération. Il permet de mesurer l’efficacité de programmes scolaires de prévention du harcèlement, d’interventions basées sur la pleine conscience, ou d’entraînements aux habiletés sociales, en observant les glissements longitudinaux d’un coping inadapté vers des stratégies d’approche fonctionnelles.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique mesuré par l’échelle est le coping (ou processus d’ajustement adaptatif), défini selon les perspectives contemporaines comme l’ensemble des efforts cognitifs et comportementaux conscients, volontaires et évolutifs déployés pour maîtriser, tolérer ou réduire les demandes externes et internes perçues comme taxant ou excédant les ressources individuelles. Le SRCM conceptualise le coping comme une entité multidimensionnelle structurée autour de plusieurs polarités dialectiques : approche versus évitement, centration sur le problème versus centration sur l’émotion, et réponses constructives versus réponses de détresse non modulée.
1. Résolution de problèmes active (Problem Solving)
Cette dimension reflète des stratégies volontaires d’approche orientées vers la modification directe du stresseur ou de ses conséquences fonctionnelles. L’enfant cherche activement des alternatives logiques, élabore des plans d’action et met en œuvre des comportements réparateurs ou correctifs. Les items représentatifs comprennent : « I try to think of different ways to solve the problem » (item 1), « I change something so things will work out » (item 6), « I make a plan of what I am going to do » (item 26) et « I find a way to solve the problem » (item 29). Ce construit est fortement corrélé avec le sentiment d’auto-efficacité, la compétence académique et la régulation métacognitive.
2. Recherche de soutien social (Social Support Seeking)
Cette composante englobe la mobilisation volontaire de l’entourage relationnel (amis, pairs, membres de la famille) afin d’obtenir soit un soutien instrumental (conseils pratiques, intervention d’un tiers), soit un réconfort émotionnel et affectif. Les énoncés caractéristiques illustrent cette dualité : le partage émotionnel verbal (« I talk to somebody about how it made me feel », item 7), l’externalisation narrative de l’événement (« I tell a friend or family member what happened », item 2) et la recherche d’orientation concrète (« I ask someone in my family for advice », item 17 ; « I get help from someone in my family », item 21). Ce sous-construit témoigne de la sécurité de l’attachement et de la confiance interpersonnelle de l’enfant.
3. Distraction cognitive et comportementale (Distraction)
La distraction correspond à un désengagement attentionnel délibéré et adaptatif. Plutôt que de se focaliser de façon obsessionnelle sur la provocation, l’enfant réoriente activement son énergie mentale et comportementale vers des activités plaisantes, neutres ou constructives. Cela s’exprime par le fait de s’occuper l’esprit (« I keep myself busy with other things so I don’t worry about the problem », item 18), de s’investir dans des loisirs culturels ou médiatiques (« I watch TV or read a book so I can think about something else », item 15) et de générer de nouveaux centres d’intérêt (« I find lots of other things to think about », item 24). Contrairement à l’évitement passif, la distraction intentionnelle permet de réduire l’activation physiologique aiguë avant un éventuel retour au calme.
4. Évitement et minimisation cognitive (Avoidance / Trivializing)
Ce construit renvoie à des manœuvres de restructuration ou de déni cognitif visant à déprécier la gravité de l’événement provocateur afin d’atténuer son potentiel déstabilisateur. L’enfant tente de se convaincre que l’incident est anodin ou de l’effacer de sa mémoire de travail : « I think that it is not such a big problem » (item 5), « I forget the whole thing » (item 8), « I tell myself it doesn’t matter » (item 12), « I tell myself that the problem is not very important » (item 19), « I will think it is no big deal » (item 25) et « I ignore the problem » (item 27). Bien qu’elle puisse être protectrice face à des micro-agressions passagères et incontrôlables, l’utilisation excessive de cette stratégie face à un harcèlement chronique peut virer à la passivité vulnérable.
5. Inquiétude, rumination et externalisation émotionnelle (Worry & Venting)
Dans de nombreuses analyses de l’échelle, les items de détresse capturent des modes de réaction inadaptés traduisant une faillite de la régulation émotionnelle :
- Inquiétude et rumination internalisée (Worry / Internalizing) : Réactions cognitives d’amplification de la menace, appréhension de l’évaluation sociale négative et maintien prolongé de l’affect négatif (« I worry about it », item 4 ; « I worry that others will think badly of me », item 14 ; « I keep feeling afraid it will happen again », item 23 ; « I think about it so much that I can’t sleep », item 28).
- Externalisation et ventilation motrice/verbale (Venting / Externalizing) : Libération explosive et non modulée de la colère par des cris, des jurons ou des actes de destruction matérielle (« I yell or shout to let off steam », item 3 ; « I swear (use bad words) out loud », item 9 ; « I get angry and throw or hit something », item 13 ; « I stamp my feet and slam or bang doors », item 22).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le cadre théorique structurant l’Échelle de coping pour enfants s’ancre directement dans la théorie transactionnelle du stress et du coping formalisée par Richard S. Lazarus et Susan Folkman (1984). Selon ce paradigme fondamental, le stress ne réside ni exclusivement dans l’environnement extérieur ni unilatéralement dans la physiologie de l’individu ; il émerge d’une transaction dynamique et récursive entre la personne et son environnement, médiatisée par deux processus d’évaluation cognitive (cognitive appraisal) :
- L’évaluation primaire (Primary Appraisal) : L’enfant jauge la signification de la situation (« Est-ce une menace pour mon estime de soi, un défi ou un dommage irréversible ? »). Face à des railleries (« If someone picks on me… »), l’enfant évalue le niveau de gravité du préjudice social potentiel.
- L’évaluation secondaire (Secondary Appraisal) : L’enfant évalue l’arsenal de ses ressources disponibles (« Que puis-je faire pour y remédier ? Ai-je les compétences requises ou le soutien d’un tiers ? »).
Causey et Dubow (1992) ont articulé cette approche transactionnelle avec les modèles du traitement de l’information sociale de Dodge (1986) et les théories de la régulation émotionnelle en psychopathologie développementale (Compas et al., 2001). Dans la vision de Compas et de ses collaborateurs, le coping est conceptualisé comme une sous-catégorie spécifique de la régulation émotionnelle impliquant des réponses volontaires sous contrôle exécutif, distinctes des réponses involontaires de réactivité au stress (telles que le tremblement, l’attaque de panique brute ou l’inhibition motrice réflexe).
Le SRCM s’inscrit précisément dans la catégorisation classique opposant le coping d’approche (orienté vers l’agent stresseur : confrontation constructive, recherche d’information, restructuration active) et le coping d’évitement (détournement attentionnel, déni, retrait comportemental). De plus, l’échelle intègre la dimension du soutien social comme une compétence psychosociale charnière dans l’enfance, où le recours aux figures d’attachement parentales et aux pairs constitue la matrice proximale du développement de la résilience.
Les prolongements théoriques contemporains menés par Rieffe et ses collègues (2010, 2013) ont connecté les dimensions du SRCM aux théories de la mentalisation et de la compétence émotionnelle. Ces auteurs soulignent que le choix de la stratégie dépend de la capacité de l’enfant à différencier ses propres états mentaux et ceux d’autrui : l’utilisation efficace de la résolution de problèmes ou de la verbalisation émotionnelle requiert une compréhension métacognitive sophistiquée, tandis que l’enkystement dans la rumination nocturne ou l’explosion comportementale traduit des déficits dans l’élaboration cognitive des émotions primaires.
7. Validité / Validity
Les propriétés de validité de l’Échelle de coping pour enfants ont fait l’objet d’investigations empiriques approfondies au cours des trois dernières décennies :
Validité de construit
La validité de construit a été initialement démontrée par Causey et Dubow (1992) auprès d’échantillons scolaires de garçons et de filles des classes primaires (du 4e au 6e niveau scolaire américain). Les matrices de corrélation inter-échelles confirment que les stratégies d’approche (résolution de problème et soutien social) entretiennent des associations positives significatives entre elles ($r \approx 0,45$ à $0,55, p < 0,001$), tout en restant conceptuellement indépendantes des stratégies d'extériorisation agressive et de rumination, ce qui étaye l'orthogonalité relative des styles adaptatifs et dysfonctionnels.
Validité convergente et concurrente
La validité convergente est étayée par des associations théoriquement cohérentes avec d’autres échelles standardisées de fonctionnement psychologique et de santé mentale :
- Les scores sur la dimension Worry / Rumination présentent de fortes corrélations positives avec le Children’s Depression Inventory (CDI) ($r = 0,48$ à $0,56$) et le Revised Children’s Manifest Anxiety Scale (RCMAS) ($r = 0,52$ à $0,61$), démontrant sa capacité à capturer la vulnérabilité anxio-dépressive.
- La dimension Externalizing / Venting corrèle positivement avec les échelles de comportement agressif et de troubles oppositionnels du Child Behavior Checklist (CBCL) complété par les enseignants et les parents ($r = 0,35$ à $0,44$).
- À l’inverse, des scores élevés en Problem Solving et en Social Support Seeking corrèlent positivement avec des scores élevés d’estime de soi globale (échelle de Harter), de compétence sociale perçue et d’ajustement scolaire positif ($r = 0,30$ à $0,45$).
Validité discriminante
Les travaux de Wright, Banerjee, Hoek, Rieffe et Novin (2010) ont apporté des preuves cruciales de validité différentielle. En analysant un échantillon de 458 enfants âgés de 9 à 11 ans, ils ont montré que l’anxiété sociale et la dépression s’associent à des profils de coping nettement différenciés : l’anxiété sociale est spécifiquement liée à une dépendance accrue au soutien social passif et à l’inquiétude de l’évaluation négative, tandis que la dépression clinique est caractérisée par un effondrement des stratégies de résolution de problème et un recours massif à la rumination et à l’isolement cognitif.
De plus, l’étude de Pouw, Rieffe, Stockmann et Gadow (2013) chez des garçons présentant un trouble du spectre de l’autisme (TSA) a confirmé la validité discriminante du SRCM en démontrant sa sensibilité à isoler les particularités de régulation émotionnelle propres aux profils neurodéveloppementaux, notamment les difficultés d’accès aux stratégies de soutien social et la prévalence de la ventilation émotionnelle face aux micro-stress relationnels.
8. Fidélité / Reliability
La métrologie du SRCM démontre des indices de fidélité robustes et reproductibles à travers divers contextes linguistiques et culturels :
Cohérence interne (Alpha de Cronbach)
Dans l’étude princeps de Causey et Dubow (1992), les coefficients alpha de Cronbach obtenus auprès de 1024 enfants se répartissaient comme suit :
- Problem Solving : $\alpha = 0,82$ à $0,84$
- Social Support Seeking : $\alpha = 0,80$ à $0,85$
- Distraction : $\alpha = 0,69$ à $0,74$
- Avoidance / Trivializing : $\alpha = 0,68$ à $0,72$
- Internalizing / Worry : $\alpha = 0,74$ à $0,79$
- Externalizing / Venting : $\alpha = 0,70$ à $0,76$
Dans les réplications indépendantes menées par Wright et al. (2010), des valeurs similaires de cohérence interne ont été documentées, variant de 0,71 pour les sous-échelles de distraction à 0,86 pour la recherche de soutien social et la résolution de problème. Ces indices dépassent largement le seuil conventionnel de 0,70 requis pour une utilisation dans la recherche scientifique empirique.
Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)
L’évaluation de la stabilité temporelle sur un intervalle de deux semaines dans l’étude de Causey et Dubow a révélé des coefficients de corrélation test-retest satisfaisants, oscillant entre $r = 0,63$ et $r = 0,78$ ($p < 0,001$). Sur un suivi à plus long terme de six mois, les coefficients se stabilisent entre$0,48$ et $0,62$, ce qui reflète à la fois une constance stylistique chez l’enfant (coping comme disposition préférentielle) et une flexibilité adaptative sensible aux modifications contextuelles et développementales propres à cette tranche d’âge.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La confirmation de l’architecture factorielle du SRCM a fait l’objet d’analyses factorielles exploratoires (AFE) initiales, suivies de modélisations en équations structurelles via l’analyse factorielle confirmatoire (AFC).
Structure exploratoire initiale
Causey et Dubow (1992) ont soumis les 29 items à une analyse en composantes principales avec rotation oblique (Promax), en accord avec l’hypothèse théorique que les diverses stratégies de coping ne sont pas totalement indépendantes. L’examen du diagramme d’éboulis (scree plot de Cattell) et le critère de Kaiser-Guttman (valeurs propres supérieures à 1) ont mis en relief une solution claire à cinq facteurs principaux, expliquant plus de 48 % de la variance totale des scores. Les saturations factorielles étaient particulièrement nettes :
- Les items relatifs à la planification et à l’action correctrice (items 1, 6, 11, 16, 20, 26, 29) saturaient fortement sur le facteur Résolution de problème (saturations oscillant entre 0,52 et 0,76).
- Les items impliquant un recours aux pairs ou à la famille (items 2, 7, 17, 21) saturaient de façon exclusive sur le facteur Recherche de soutien social (saturations de 0,61 à 0,81).
- Les items d’expression motrice et verbale de la colère (items 3, 9, 13, 22) chargeaient de façon homogène sur le facteur Ventilation émotionnelle / Externalisation (saturations de 0,55 à 0,78).
- Les items cognitifs d’inquiétude, d’insomnie et de rumination (items 4, 14, 23, 28) saturaient sur le facteur Inquiétude / Rumination (saturations de 0,50 à 0,74).
- Les items de minimisation et de déni (« no big deal », « forget the whole thing », items 5, 8, 12, 19, 25, 27) se regroupaient sur le facteur Évitement cognitif.
Modélisation confirmatoire (AFC)
Les modélisations confirmatoires réalisées ultérieurement (Wright et al., 2010 ; Pouw et al., 2013) ont comparé un modèle unifactoriel, un modèle bifactoriel classique (Approche vs Évitement) et le modèle multidimensionnel à 5 facteurs. Le modèle à cinq facteurs a systématiquement démontré une adéquation supérieure aux données, répondant aux critères d’ajustement modernes :
- $chi^2 / dl < 2,2$
- CFI (Comparative Fit Index) : $ge 0,92$
- TLI (Tucker-Lewis Index) : $ge 0,90$
- RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : $le 0,051$ (IC 90% [0,045 ; 0,058])
- SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : $le 0,054$
Ces indices corroborent l’invariance de mesure de l’instrument à travers le genre (filles vs garçons) et confirment la validité de sa structure dimensionnelle interne.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Type de test : Questionnaire psychométrique auto-rapporté (Self-report inventory) d’évaluation du coping et de la régulation émotionnelle.
- Population cible : Enfants d’âge scolaire et préadolescents, généralement de 8 à 14 ans (classes de CE2 à la 4e de collège / 3rd to 8th grade).
- Amorce situationnelle spécifique : Tous les items sont introduits par une mise en situation standardisée de stress social et d’adversité relationnelle : « If someone picks on me… » (Si quelqu’un m’embête / se moque de moi…).
- Nombre d’items : 29 items formulés à la première personne du singulier.
- Échelle de réponse (authentique et obligatoire) : Échelle ordinale de fréquence de type Likert en 5 points :
- 1 = not at all
- 2 = hardly ever
- 3 = sometimes
- 4 = most of the time
- 5 = all the time
- Durée de passation : Environ 10 à 15 minutes. Peut être administré individuellement ou en passation collective encadrée en milieu scolaire.
- Cotation et calcul des scores : Les scores de chaque sous-échelle sont obtenus en calculant soit la somme brute, soit la moyenne arithmétique des items assignés à chaque dimension respective. Aucun item n’est inversé (tous sont cotés de 1 à 5). Des scores moyens plus élevés traduisent une fréquence de mobilisation plus intense de la stratégie d’adaptation correspondante.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication initiale : 1992 (Causey & Dubow, Journal of Clinical Child and Adolescent Psychology).
- Statut des droits et conditions d’utilisation : L’instrument a été mis à la disposition de la communauté scientifique internationale à des fins de recherche fondamentale et clinique non commerciale. Les protocoles et adaptations anglaises et néerlandaises sont hébergés et diffusés en accès libre dans le cadre d’initiatives académiques telles que le consortium Focus on Emotions (Université de Leyde / Prof. Carolien Rieffe).
- Tarifs : Gratuit pour la recherche académique, l’évaluation institutionnelle en milieu éducatif et la pratique clinique individuelle. La reproduction à des fins de commercialisation ou dans des progiciels propriétaires payants est soumise aux droits d’auteur des éditeurs scientifiques d’origine.
- Sources et dépôts documentaires : Consultable via les archives universitaires et les dépôts officiels : focusonemotions.nl.
12. Références / References
- Causey, D. L., & Dubow, E. F. (1992). Development of a self-report coping measure for elementary school children. Journal of Clinical Child and Adolescent Psychology, 21(1), 47–59. https://doi.org/10.1207/s15374424jccp2101_8
- Compas, B. E., Connor-Smith, J. K., Saltzman, H., Thomsen, A. H., & Wadsworth, M. E. (2001). Coping with stress during childhood and adolescence: Problems, progress, and potential in theory and research. Psychological Bulletin, 127(1), 87–127. https://doi.org/10.1037/0033-2909.127.1.87
- Dodge, K. A. (1986). A social information processing model of social competence in children. In M. Perlmutter (Ed.), The Minnesota Symposia on Child Psychology (Vol. 18, pp. 77–125). Lawrence Erlbaum Associates.
- Lazarus, R. S., & Folkman, S. (1984). Stress, appraisal, and coping. Springer Publishing Company.
- Pouw, L. B. C., Rieffe, C., Stockmann, L., & Gadow, K. D. (2013). The link between emotion regulation, social functioning, and depression in boys with ASD. Research in Autism Spectrum Disorders, 7(4), 549–556. https://doi.org/10.1016/j.rasd.2013.01.002
- Wright, M., Banerjee, R., Hoek, W., Rieffe, C., & Novin, S. (2010). Depression and social anxiety in children: Differential links with coping strategies. Journal of Abnormal Child Psychology, 38(3), 405–419. https://doi.org/10.1007/s10802-009-9375-4
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response format:
1 = not at all; 2 = hardly ever; 3 = sometimes; 4 = most of the time; 5 = all the time.
Prompt:
If someone picks on me…
- I try to think of different ways to solve the problem.
- I tell a friend or family member what happened.
- I yell or shout to let off steam.
- I worry about it.
- I think that it is not such a big problem.
- I change something so things will work out.
- I talk to somebody about how it made me feel.
- I forget the whole thing.
- I swear (use bad words) out loud.
- I do something else to help me forget about it.
- I do something to make up for it.
- I tell myself it doesn’t matter.
- I get angry and throw or hit something.
- I worry that others will think badly of me.
- I watch TV or read a book so I can think about something else.
- I go over in my mind what to do or say.
- I ask someone in my family for advice.
- I keep myself busy with other things so I don’t worry about the problem.
- I tell myself that the problem is not very important.
- I do something to change the situation.
- I get help from someone in my family.
- I stamp my feet and slam or bang doors.
- I keep feeling afraid it will happen again.
- I find lots of other things to think about.
- I will think it is no big deal.
- I make a plan of what I am going to do.
- I ignore the problem.
- I think about it so much that I can’t sleep.
- I find a way to solve the problem.