1. Résumé / Abstract
L’Échelle de Contrôle de l’Action (Action Control Scale, ACS-90), développée initialement par le psychologue allemand Julius Kuhl en 1994, constitue l’un des instruments psychométriques de référence pour l’évaluation de l’autorégulation volitionnelle et des mécanismes régissant le passage de l’intention à l’acte. Ancrée dans la théorie du contrôle de l’action et la théorie des interactions des systèmes de personnalité (Personality Systems Interactions, PSI), l’ACS-90 opérationnalise la distinction fondamentale entre deux modes de fonctionnement autorégulateur : l’orientation vers l’action (action orientation) et l’orientation vers l’état (state orientation).
L’instrument se compose de 36 items auto-rapportés répartis équitablement en trois sous-échelles de 12 items chacune : l’orientation vers l’action face à l’échec (AOF, Action Orientation subsequent to Failure vs. Preoccupation), l’orientation vers l’action face à la décision (AOD, Action Orientation regarding Decision-related initiation vs. Hesitation) et l’orientation vers l’action en cours de performance (AOP, Action Orientation during Performance vs. Volatility). Le format repose sur un choix forcé dichotomique (options A ou B), opposant directement une réponse orientée vers l’action à une réponse orientée vers l’état au sein de scénarios écologiques et concrets du quotidien.
Les études de validation psychométrique, menées sur des échantillons cumulés dépassant les 2 000 participants, mettent en évidence des coefficients de cohérence interne (alpha de Cronbach / KR-20) variant généralement entre 0,60 et 0,82. Ces valeurs, bien que modérées au regard des échelles de Likert continues, sont théoriquement attendues et méthodologiquement solides pour un format de choix forcé binaire. L’échelle démontre une excellente validité de construit, discriminante et prédictive, s’avérant particulièrement sensible pour prédire la résistance à l’épuisement de l’ego (ego depletion), l’évitement de la rumination post-décisionnelle, la diminution de la procrastination académique et organisationnelle, ainsi que l’efficacité de la régulation des affects négatifs sous stress aigu.
2. Mots-clés / Keywords
contrôle de l’action, autorégulation volitionnelle, orientation vers l’action, orientation vers l’état, théorie PSI, Julius Kuhl, rumination, procrastination, prise de décision, psychométrie
3. Auteurs / Authors
L’Échelle de Contrôle de l’Action (ACS-90) a été conceptualisée et validée par :
- Julius Kuhl, Ph.D. — Professeur émérite de psychologie différentielle et de psychologie de la personnalité à l’Université d’Osnabrück (Universität Osnabrück), Allemagne. Pionnier international des théories modernes de la volition, des neurosciences motivationnelles et concepteur de la théorie des interactions des systèmes de personnalité (PSI). Courriel institutionnel : [email protected].
- Collaborations et développements psychométriques initiaux : en étroite collaboration avec Jürgen Beckmann (Université technique de Munich) pour les applications dans le domaine de la psychologie de la performance sportive et de l’effort continu.
4. Objectif / Purpose
L’ACS-90 a pour finalité d’opérationnaliser et de quantifier les compétences individuelles d’autorégulation volitionnelle requises pour transformer des buts abstraits ou des préférences internes en comportements effectifs, en dépit d’obstacles internes (doutes, émotions négatives, perte d’énergie) ou environnementaux (distractions, contraintes temporelles, échecs répétés). Contrairement aux échelles traditionnelles de motivation (qui mesurent principalement la force ou la direction du désir d’accomplissement) ou aux mesures de traits de personnalité généraux comme la conscienciosité du modèle des Big Five, l’ACS-90 se concentre sur les processus d’implémentation volitionnelle.
Applications en psychologie clinique et psychopathologie
Sur le plan clinique, l’ACS-90 permet d’identifier les vulnérabilités fonctionnelles associées aux troubles affectifs, notamment la dépression majeure et le trouble d’anxiété généralisée. Les individus présentant une forte orientation vers l’état face à l’échec (AOF faible) manifestent un déficit d’inhibition des pensées automatiques négatives et une persévérance de ruminations stériles, empêchant la mise à jour cognitive. L’échelle est ainsi exploitée pour guider les psychothérapies cognitivo-comportementales et les interventions orientées sur la régulation de l’affect (affect regulation therapy).
Applications organisationnelles, sportives et académiques
Dans les environnements professionnels et académiques, l’ACS-90 offre un modèle diagnostique prédictif de premier plan :
- Lutte contre la procrastination : La sous-échelle décisionnelle (AOD) identifie avec précision les profils présentant une « paralysie décisionnelle », incapables d’initialiser les tâches complexes sans encadrement externe immédiat.
- Résilience organisationnelle : Les individus orientés vers l’action maintiennent une performance constante face à la surcharge cognitive et aux contextes de restructuration, présentant une immunité accrue contre le syndrome d’épuisement professionnel (burnout).
- Performance sportive d’élite : L’outil est largement utilisé pour étudier le phénomène d’« étouffement sous pression » (choking under pressure). L’orientation vers l’action prévient l’irruption de cognitions intrusives lors de l’exécution motrice automatisée.
- Comportement du consommateur : L’ACS-90 prédit les abandons de panier lors du commerce en ligne, les regrets post-achat et l’incapacité à récupérer face à l’insatisfaction d’un service.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit central mesuré par l’ACS-90 est le continuum bipolaire séparant l’orientation vers l’action de l’orientation vers l’état. Cette distinction ne repose pas sur un trait de personnalité rigide, mais sur des modes dynamiques de contrôle exécutif et métacognitif. L’échelle décompose ce fonctionnement en trois dimensions structurellement autonomes mais théoriquement coordonnées.
1. Orientation vers l’action face à l’échec (AOF : Action Orientation subsequent to Failure vs. Preoccupation)
Cette dimension évalue la capacité d’un individu à se désengager affectivement et cognitivement d’un échec, d’une erreur ou d’une perte irréversible, afin de réinvestir son énergie psychologique dans des objectifs atteignables.
- Profil orienté vers l’état (Préoccupation / Rumination) : L’individu reste focalisé sur la divergence entre l’état passé indésirable et l’état désiré manqué. La mémoire de travail est saturée par des pensées intrusives (« Pourquoi ai-je échoué ? », « Si seulement j’avais agi autrement »), ce qui paralyse l’allocation attentionnelle aux tâches courantes.
- Profil orienté vers l’action (Désengagement / Régulation de l’affect négatif) : L’individu désactive rapidement la représentation mentale de l’échec non modifiable, atténue activement l’affect négatif inhibiteur et réoriente son attention sur les options comportementales présentes.
2. Orientation vers l’action face à la décision (AOD : Decision-related Action Orientation vs. Hesitation)
L’AOD mesure la rapidité et l’efficacité avec lesquelles une intention explicite est formée à partir des désirs du soi et transformée en comportement effectif, surmontant ainsi la phase de délibération.
- Profil orienté vers l’état (Hésitation / Procrastination) : Malgré la présence d’une préférence claire, l’individu éprouve des difficultés à franchir le « rubicon volitionnel ». Il s’enlise dans des boucles de réévaluation perpétuelle, attend des conditions externes idéales et reporte continuellement le premier pas concret.
- Profil orienté vers l’action (Initiation proactive) : L’individu génère une impulsion motrice et cognitive rapide. Il traduit immédiatement ses priorités en plans d’action concrets, mobilisant un affect positif facilitateur (énergie, enthousiasme) pour amorcer l’action sans friction interne.
3. Orientation vers l’action en cours de performance (AOP : Performance-related Action Orientation vs. Volatility)
Cette dimension cible le maintien d’une focalisation attentionnelle stable et d’un état d’absorption cognitive lors de l’exécution prolongée d’une activité complexe ou intrinsèquement motivée.
- Profil orienté vers l’état (Volatilité / Distractibilité) : L’engagement dans la tâche est instable. Des stimuli non pertinents ou des pensées associatives annexes interrompent fréquemment le traitement de l’information. L’individu ressent une lassitude précoce et abandonne rapidement les tâches répétitives ou exigeantes.
- Profil orienté vers l’action (Absorption / Persistance) : L’individu est capable d’atteindre un état analogue au flow (expérience optimale), caractérisé par une immersion totale, une imperméabilité aux distracteurs environnementaux et une continuité soutenue de l’activité.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’ACS-90 s’enracine directement dans les travaux monumentaux de Julius Kuhl sur la théorie du contrôle de l’action (Action Control Theory), enrichie ultérieurement sous la forme de la théorie des interactions des systèmes de personnalité (Personality Systems Interactions – PSI Theory). Ce modèle neuropsychologique intégratif décrit comment quatre macro-systèmes cognitifs et affectifs interagissent sous la modulation dynamique des affects positifs et négatifs :
Les macro-systèmes de la théorie PSI
- La mémoire des intentions (Intention Memory – IM) : Système analytique, explicite et verbal, localisé préférentiellement dans le cortex préfrontal dorsolatéral gauche. Elle stocke temporairement les plans d’action complexes qui ne peuvent pas être exécutés immédiatement.
- Le contrôle intuitif du comportement (Intuitive Behavior Control – IBC) : Système procédural automatisé, sensorimoteur, géré par les réseaux sous-corticaux et pariétaux, responsable de l’exécution fluide et spontanée des actions.
- La mémoire de l’extension (Extension Memory – EM) : Vaste réseau associatif implicite, localisé dans l’hémisphère droit, intégrant l’ensemble des expériences de vie, des valeurs profondes et des représentations holistiques du Soi.
- Le système de reconnaissance d’objets (Object Recognition System – ORS) : Système de détection des erreurs, des anomalies et des signaux de danger, hautement sensible aux discordances cognitives.
Les mécanismes de modulation affective
La théorie PSI postule que l’accès fonctionnel à ces différents systèmes dépend de deux dynamiques affectives fondamentales :
Première modulation (Liée à l’AOF et à l’affect négatif) : L’apparition d’un échec active un affect négatif (détresse, peur, culpabilité), qui stimule le système de reconnaissance d’objets (ORS) et inhibe l’accès au Soi global (EM). L’individu orienté vers l’action possède la compétence métacognitive de réguler rapidement à la baisse cet affect négatif (down-regulation of negative affect, A(-) → A(0)). Cette désactivation réactive l’accès à la mémoire d’extension, permettant la réconciliation avec le Soi et la fin de la rumination.
Seconde modulation (Liée à l’AOD et à l’affect positif) : Pour exécuter une intention difficile, l’individu doit activer la voie reliant la mémoire des intentions (IM) au contrôle intuitif du comportement (IBC). Cette transition nécessite l’auto-génération d’un affect positif (up-regulation of positive affect, A(0) → A(+)), procurant l’élan motivationnel. L’individu orienté vers l’état échoue à stimuler cet affect facilitateur, restant bloqué dans une analyse stérile au sein de l’IM sans jamais transférer l’ordre au système exécutif moteur.
7. Validité / Validity
Les propriétés métrologiques de l’ACS-90 ont fait l’objet de validations empiriques intensives dans des contextes transculturels variés (notamment en Allemagne, aux États-Unis, au Canada, aux Pays-Bas et en France).
Validité de construit et validité convergente
Les analyses corrélationnelles confirment les prédictions théoriques de Kuhl :
- La sous-échelle AOF présente une corrélation négative robuste et significative avec le névrosisme (Neuroticism) du modèle à cinq facteurs (Big Five) (typiquement r = -0,45 à -0,60) ainsi qu’avec les échelles de rumination dépressive de Nolen-Hoeksema (Ruminative Responses Scale) (r = -0,50 à -0,65).
- La sous-échelle AOD corrèle positivement avec l’auto-efficacité générale de Bandura (r = 0,35 à 0,48) et négativement avec les mesures de procrastination comportementale et décisionnelle (ex. : General Procrastination Scale de Lay, r = -0,40 à -0,55).
- L’ACS-90 est positivement corrélée avec la conscience de soi adaptative et le sentiment d’autodétermination de Deci et Ryan.
Validité discriminante
L’ACS-90 se distingue nettement des mesures d’intelligence cognitive (QI), des aptitudes académiques générales ou de la simple désirabilité sociale. Notamment, les corrélations entre l’ACS-90 et les scores d’intelligence fluide ou cristallisée sont nulles (r < 0,08, non significatif), confirmant que l’orientation vers l’action reflète une compétence d’exécution volitionnelle totalement indépendante des capacités cognitives intellectuelles brutes.
Validité prédictive et expérimentale
De nombreuses expériences de laboratoire en psychologie cognitive et sociale démontrent la supériorité prédictive de l’ACS-90 :
- Résistance à l’épuisement de l’ego (Ego Depletion) : Les travaux de Jostmann et Koole (2007) ont révélé que les participants orientés vers l’action ne subissent pas la dégradation classique de performance après une tâche d’inhibition cognitive préalable, contredisant le modèle purement énergétique de Baumeister pour cette sous-population.
- Déficits post-échec : Sous condition d’échec induit (tâches insolubles), les individus orientés vers l’état (AOF faible) chutent dramatiquement dans leurs performances ultérieures, tandis que les individus orientés vers l’action maintiennent ou augmentent leur rendement.
8. Fidélité / Reliability
L’évaluation de la fidélité de l’ACS-90 requiert de considérer la nature spécifique de son format de réponse. Contrairement aux échelles utilisant des graduations de type Likert en 5 ou 7 points (qui maximisent artificiellement la variance partagée et élèvent les coefficients alpha), l’ACS-90 utilise des choix forcés dichotomiques. En psychométrie classique, ce format réduit mécaniquement l’amplitude des coefficients de cohérence interne.
Cohérence interne
Dans les vastes cohortes normatives colligées par Kuhl (1994, N > 2 000), ainsi que dans les réplications indépendantes ultérieures (ex. : Diefendorff et al., 2000) :
- AOF (Échec / Préoccupation) : L’alpha de Cronbach oscille régulièrement entre 0,70 et 0,80 (moyenne pondérée ≈ 0,74), reflétant une excellente homogénéité pour une mesure dichotomique de 12 items.
- AOD (Décision / Hésitation) : Les valeurs d’alpha s’établissent de manière consistante entre 0,70 et 0,78 (moyenne ≈ 0,73).
- AOP (Performance / Volatilité) : Cette dimension présente traditionnellement des coefficients plus modestes, se situant entre 0,58 et 0,68. Kuhl lui-même a souligné que cette sous-échelle capture une hétérogénéité contextuelle plus forte (variabilité des tâches intrinsèques vs. extrinsèques), ce qui explique sa cohérence interne plus basse.
Stabilité temporelle (Test-Retest)
Les études longitudinales indiquent une stabilité temporelle satisfaisante, attestant du caractère dispositionnel du construit :
- À un intervalle de 3 à 5 semaines, les coefficients de corrélation test-retest se situent entre 0,72 et 0,82 pour les trois sous-échelles.
- À un intervalle d’un an, la fidélité test-retest demeure supérieure à 0,65, confirmant que l’orientation vers l’action constitue une disposition volitionnelle stable dans le temps tout en restant sensible à des interventions thérapeutiques ou d’entraînement métacognitif ciblées.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure dimensionnelle de l’ACS-90 a fait l’objet de nombreuses vérifications par analyse factorielle exploratoire (AFE) et confirmatoire (AFC).
Analyse factorielle exploratoire (AFE)
Les analyses factorielles exploratoires initiales conduites par Kuhl (extraction en composantes principales avec rotation oblique Promax ou Varimax) ont systématiquement validé une solution tripartite propre correspondant aux sous-échelles AOF, AOD et AOP. Chaque item sature principalement sur son facteur théorique cible (saturations généralement comprises entre 0,35 et 0,65), avec des saturations croisées minimes sur les deux autres facteurs (rarement supérieures à 0,15).
Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
Les études confirmatoires modernes (notamment l’étude de référence de Diefendorff, Hall, Lord et Streich, 2000, sur un échantillon académique et professionnel de N = 559) ont confronté plusieurs modèles théoriques concurrents :
- Modèle unifactoriel : Un facteur général de « contrôle de l’action » englobant les 36 items. Ce modèle présente un ajustement très médiocre (χ²/df > 4,5, RMSEA > 0,09, CFI < 0,70).
- Modèle à deux facteurs : Fusionnant la décision et la performance face à l’échec. Ajustement insatisfaisant.
- Modèle à trois facteurs corrélés (AOF, AOD, AOP) : Démontre un ajustement significativement supérieur aux modèles concurrents (χ²/df = 1,74, RMSEA = 0,038 [IC 90% : 0,034 – 0,042], CFI = 0,91, TLI = 0,90).
Les corrélations inter-facteurs révèlent une association modérée entre AOF et AOD (r ≈ 0,30 à 0,40), confirmant que la régulation de l’affect négatif (désengagement après l’échec) et la régulation de l’affect positif (initiation de l’action) constituent des systèmes volitionnels distincts mais en synergie. AOP présente des corrélations plus faibles avec AOF (r ≈ 0,15 à 0,25) et AOD (r ≈ 0,20 à 0,30), renforçant l’autonomie conceptuelle de la persistance en cours d’exécution.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nom du test : Échelle de Contrôle de l’Action (ACS-90) / Action Control Scale.
- Nature de l’évaluation : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation (auto-rapporté).
- Nombre total d’items : 36 items standardisés sous forme de micro-scénarios situationnels.
- Structure des sous-échelles :
- AOF (Échec / Préoccupation) : 12 items (items 1, 4, 7, 10, 13, 16, 19, 22, 25, 28, 31, 34).
- AOD (Décision / Hésitation) : 12 items (items 2, 5, 8, 11, 14, 17, 20, 23, 26, 29, 32, 35).
- AOP (Performance / Volatilité) : 12 items (items 3, 6, 9, 12, 15, 18, 21, 24, 27, 30, 33, 36).
- Format de réponse : Format de choix forcé à deux alternatives (A ou B) opposant une réponse représentative d’une orientation vers l’action à une réponse représentative d’une orientation vers l’état (Forced-choice format with two alternatives (A or B) representing either an action-oriented or a state-oriented option).
- Temps de passation estimé : 10 à 15 minutes.
- Procédure de cotation :
- Chaque item est coté de manière binaire : 1 point si la réponse orientée vers l’action est sélectionnée, 0 point si la réponse orientée vers l’état est sélectionnée.
- Chaque sous-échelle génère un score continu allant de 0 à 12 par sommation simple des réponses orientées vers l’action.
- Un score plus élevé traduit une plus forte orientation vers l’action (meilleure régulation volitionnelle). Un score faible traduit une orientation vers l’état (vulnérabilité à la rumination, à l’hésitation ou à la distraction).
- Interprétation typique : 0 à 4 = Forte orientation vers l’état ; 5 à 7 = Profil intermédiaire/mixte ; 8 à 12 = Forte orientation vers l’action.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication initiale de la version ACS-90 : 1994 (développée à partir des versions pionnières des échelles de contrôle de l’action de 1981 et 1985).
- Statut des droits d’auteur : Propriété intellectuelle de Julius Kuhl. Publiée dans l’ouvrage académique de référence aux éditions Hogrefe & Huber Publishers.
- Accessibilité pour la recherche scientifique : L’utilisation de l’ACS-90 est généralement libre de droits (sans frais) à des fins de recherche académique, de travaux universitaires non commerciaux et de thèses de doctorat, sous réserve de citer scrupuleusement la publication source originale (Kuhl, 1994).
- Utilisation clinique et commerciale : Toute intégration au sein d’outils de sélection professionnelle commerciale, d’audits en entreprise ou de plateformes logicielles payantes requiert l’autorisation formelle de l’auteur ou des détenteurs des droits associés (IMPULS Osnabrück / Hogrefe).
12. Références / References
- Beckmann, J., & Kuhl, J. (1984). Altering information to gain action control: Functional aspects of human information processing in decision making. Journal of Research in Personality, 18(2), 224–237. https://doi.org/10.1016/0092-6566(84)90031-X
- Diefendorff, J. M., Hall, R. J., Lord, R. G., & Streich, M. L. (2000). Action-state orientation: Construct validity of a revised measure and its relationship to work-related variables. Journal of Applied Psychology, 85(2), 250–263. https://doi.org/10.1037/0021-9010.85.2.250
- Jostmann, A. K., & Koole, S. L. (2007). On the regulation of performance: When are personal goals pursued efficiently? Journal of Personality and Social Psychology, 93(4), 576–593. https://doi.org/10.1037/0022-3514.93.4.576
- Koole, S. L., & Kuhl, J. (2007). Overcoming the imagination of little impulse: The self-regulation of affect and action. In R. F. Baumeister, A. R. Vohs (Eds.), Handbook of Self-Regulation: Research, Theory, and Applications (pp. 295–312). Guilford Press.
- Kuhl, J. (1981). Motivational and functional helplessness: The moderating effect of state versus action orientation. Journal of Personality and Social Psychology, 40(1), 155–170. https://doi.org/10.1037/0022-3514.40.1.155
- Kuhl, J. (1994). Action versus state orientation: Psychometric properties of the Action Control Scale (ACS-90). In J. Kuhl & J. Beckmann (Eds.), Volition and Personality: Action versus state orientation (pp. 47–59). Hogrefe & Huber Publishers.
- Kuhl, J. (2000). A functional-design approach to motivation and self-regulation: The dynamics of personality systems interactions. In M. Boekaerts, P. R. Pintrich, & M. Zeidner (Eds.), Handbook of Self-Regulation (pp. 111–169). Academic Press. https://doi.org/10.1016/B978-012109890-2/50034-2
- Kuhl, J., & Beckmann, J. (Eds.). (1994). Volition and Personality: Action versus state orientation. Hogrefe & Huber Publishers.
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response Scale: Forced-choice format with two alternatives (A or B) representing either an action-oriented or a state-oriented option.
- When I have lost something that is very valuable to me and I can’t find it anywhere:
(A) I have a hard time concentrating on anything else.
(B) I put it out of my mind after a little while. - When I know I must finish something soon:
(A) I have to push myself to get started.
(B) I find it easy to get it done and over with. - When I have learned a new and interesting game:
(A) I quickly get tired of it and do something else.
(B) I can get immersed in it for a long time. - If I’ve worked for weeks on one project and then everything goes completely wrong with the project:
(A) It takes me a long time to adjust myself to it.
(B) It bothers me for a while, but then I don’t think about it anymore. - When I don’t have anything to do and am wondering what to do:
(A) It takes me a while before I find something to do.
(B) I quickly find something that needs to be done. - When I’m working on something that I find interesting:
(A) I get involved in something else after a while.
(B) I can easily work on it for a long time. - When I’m in a competition and have lost every time:
(A) I can soon put losing out of my mind.
(B) The thought that I lost keeps running through my mind. - When I am facing a big project that has to be done:
(A) I often wonder where I should start.
(B) I don’t have any trouble getting started. - When I am busy with something I am really interested in:
(A) I still pay attention to other things going on around me.
(B) I get totally absorbed in what I am doing. - If I had just bought something I liked and then lost it:
(A) It would take me a long time to get over it.
(B) I would soon forget about it. - When I have to make an important decision:
(A) I have to think about it for a long time before I can make a decision.
(B) I usually don’t have to think about it for long. - When I am doing something that I find interesting:
(A) I can get so absorbed in it that I forget everything else.
(B) I can’t stay focused on it for very long. - When I have bought something that is defective and the store won’t take it back:
(A) I easily accept it and think about other things.
(B) It takes me a long time to get over it. - When I have a lot of important things to do:
(A) I often don’t know where to begin.
(B) I find it easy to make a plan and stick to it. - When I read an interesting book or article:
(A) I often get stuck on details and forget the main point.
(B) I can easily keep the big picture in mind. - If I’m stuck in traffic and miss an important appointment:
(A) At first, I’d get very upset, but then I’d calm down.
(B) I’d be angry about it for a long time. - When I have to solve a difficult problem:
(A) I usually don’t know where to begin.
(B) I start tackling it right away. - When I’m busy with an interesting task:
(A) I can stay focused on it for a long time.
(B) I can easily get distracted by other things. - When something is very important to me and things go wrong:
(A) I can easily forget about it.
(B) I can’t think of anything else for a long time. - When I have to complete an unpleasant assignment:
(A) I get started on it right away.
(B) I often put it off for a long time. - When I read something interesting:
(A) I get completely absorbed in the reading.
(B) I frequently look up to see what is going on around me. - When I’ve done something that makes me look foolish:
(A) I get over it quickly.
(B) It takes me a long time to get over it. - When I have a lot of different things to do:
(A) I find it difficult to get started.
(B) I quickly pick something and get going. - When I’m working on a hobby that I find interesting:
(A) I quickly move on to other activities.
(B) I can spend hours working on it. - When I have to do something that makes me nervous:
(A) I put it behind me as soon as it is over.
(B) It takes a long time before I calm down. - When I have to do a lot of chores around the house:
(A) I quickly get them over with.
(B) I take a long time before I begin. - When I’m on vacation and having a good time:
(A) I can easily relax and enjoy the moment.
(B) I can’t stop thinking about all the things waiting for me at home. - When I’ve had an argument with someone and it couldn’t be settled:
(A) It takes a long time before I stop thinking about it.
(B) I can easily put it out of my mind. - When I have to make a difficult choice between two alternatives:
(A) I make a decision quickly.
(B) I think about it for a long time before I make up my mind. - When I’m working on a project that I enjoy:
(A) I can stay focused on it without getting tired.
(B) I often have to take a break because I get tired of it. - When I try to learn something new and it just won’t work:
(A) I give up trying and do something else.
(B) I keep thinking about how I could do it. - When I have to do a project that is really boring:
(A) I easily get it done so that it’s out of the way.
(B) It takes me a long time before I can make myself do it. - When I have to do a complicated task:
(A) I can focus entirely on the task until it’s finished.
(B) I easily lose focus and have to motivate myself again. - When something bad has happened to me:
(A) It bothers me for a long time.
(B) I get over it pretty quickly. - When I have to make an important call to someone:
(A) I often put it off for a while.
(B) I usually do it right away. - When I’m engaged in an activity that I enjoy:
(A) I can stay with it for hours without getting bored.
(B) I usually look for something else to do after a while.