Échelle d’autodétermination (SDS)

Analyse psychométrique détaillée de l’Échelle d’autodétermination (SDS) de Sheldon et Ryan : cadre théorique, dimensions de conscience de soi et de choix perçu, fidélité et items officiels.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 7, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 7, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé

L’Échelle d’autodétermination (en anglais, Self-Determination Scale ou SDS), conçue initialement par Kennon M. Sheldon et Richard M. Ryan au milieu des années 1990 (notamment formalisée dans Sheldon, 1995 ; Sheldon, Ryan & Reis, 1996), constitue un instrument psychométrique bref et robuste destiné à évaluer les différences interindividuelles dans la propension à fonctionner de manière autonome et autodéterminée au quotidien. Ancrée directement dans le paradigme métathéorique de la théorie de l’autodétermination (TAD ; Deci & Ryan, 1985, 2000), l’échelle appréhende l’autodétermination non pas comme un simple état passager, mais comme une disposition de la personnalité relativement stable caractérisée par le fonctionnement optimal du soi phénoménologique.

L’instrument comporte 10 items structurés sous la forme d’un différentiel sémantique en 5 points, où chaque item confronte le participant à une paire d’énoncés antinomiques (Énoncé A contre Énoncé B). L’architecture factorielle de l’outil repose sur deux sous-échelles complémentaires composées de 5 items chacune :

  • La conscience de soi (Awareness of Oneself) : évaluant la capacité du sujet à être intimement connecté à ses éprouvés émotionnels, à ses sensations corporelles et à son identité authentique, par opposition au sentiment d’aliénation ou de dépersonnalisation psychologique.
  • Le choix perçu (Perceived Choice) : mesurant le sentiment subjectif d’agir par libre arbitre, volition et accord avec ses valeurs personnelles, par opposition à une sensation de contrainte externe ou de fatalisme hétéronome.

Les études de validation psychométrique démontrent une consistance interne satisfaisante pour un format aussi parcimonieux (coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,75 et 0,85 pour l’échelle globale, et entre 0,68 et 0,82 pour les sous-échelles), ainsi qu’une fidélité test-retest substantielle sur des intervalles de plusieurs semaines. Les analyses factorielles confirmatoires corroborent un modèle à deux facteurs corrélés reflétant fidèlement les assises de l’agentivité humaine. L’échelle démontre une validité convergente robuste avec les indices de bien-être subjectif, la vitalité subjective, l’actualisation de soi et l’intégration émotionnelle, tout en maintenant une validité discriminante nette vis-à-vis des dimensions pathologiques telles que l’alexithymie et l’anxiété névrotique.

2. Mots-clés

autodétermination, théorie de l’autodétermination, agentivité, choix perçu, conscience de soi, volition, autonomie, personnalité, bien-être psychologique, psychométrie, évaluation différentielle, vitalité subjective

3. Auteurs

L’Échelle d’autodétermination a été développée et validée par deux figures de proue de la psychologie contemporaine de la motivation et de la personnalité :

  • Kennon M. Sheldon, Ph.D. : Professeur émérite de sciences psychologiques à l’Université du Missouri (Columbia, États-Unis) et chercheur associé à l’École supérieure d’économie de l’Université nationale de recherche de Moscou. Spécialiste mondial de la motivation humaine, des objectifs personnels et du bien-être eudémonique. Courriel : [email protected].
  • Richard M. Ryan, Ph.D. : Professeur distingué à l’Institut de psychologie positive et d’éducation de l’Université catholique australienne (Sydney, Australie) et professeur émérite de psychologie clinique et sociale à l’Université de Rochester (New York, États-Unis). Co-créateur, avec Edward L. Deci, de la théorie de l’autodétermination. Courriel : [email protected].

4. Objectif

L’objectif fondamental de la Self-Determination Scale (SDS) est d’opérationnaliser et de quantifier les variations individuelles quant au degré auquel les personnes opèrent de façon pleinement congruente, intégrée et autonome dans leur existence. Bien que la théorie de l’autodétermination s’intéresse fréquemment aux climats environnementaux propices au soutien de l’autonomie (en milieu scolaire, sportif ou organisationnel), Sheldon et Ryan ont développé la SDS pour capturer l’autodétermination sous la forme d’un trait fonctionnel de la personnalité.

Justification conceptuelle et théorique

Dans l’approche phénoménologique de la TAD, l’autonomie ne se résume pas à l’indépendance ou à l’individualisme radical ; elle renvoie à l’expérience de la volition — c’est-à-dire le sentiment d’approuver pleinement ses propres actions, d’être l’auteur de son comportement et de ressentir une unité interne exempte de divisions psychiques. Pour atteindre ce mode de fonctionnement, l’individu doit mobiliser deux prérequis interdépendants :

  1. Un ancrage expérientiel lucide : être à l’écoute de ses signaux internes, de ses émotions et de ses besoins corporels (Awareness of Oneself). Sans cette réceptivité, l’action est guidée par l’aliénation ou la conformité automatique.
  2. Une perception claire de son pouvoir d’action : expérimenter un locus perçu de causalité interne et identifier des alternatives authentiques dans la conduite de sa vie (Perceived Choice).

Applications en recherche

La SDS a été conçue pour surmonter les limites des instruments de motivation contextuelle trop longs ou trop spécifiques à un domaine particulier (travail, sport, éducation). En recherche fondamentale, elle est fréquemment employée dans :

  • Les protocoles de journal de bord quotidien (Daily Diary Studies) : Sheldon, Ryan et Reis (1996) ont utilisé la SDS pour prédire les fluctuations quotidiennes de l’affect et de la vitalité, démontrant que les personnes présentant un score élevé sur la SDS traversent les journées stressantes avec une résilience psychologique supérieure.
  • L’étude de la créativité et de la flexibilité cognitive : Sheldon (1995) a établi que l’autodétermination dispositionnelle facilite la pensée divergente et protège l’expression créative contre l’évaluation sociale inhibitrice.
  • La régulation émotionnelle et la santé comportementale : examen des trajectoires de rétablissement, de l’adhésion thérapeutique et de l’autorégulation adaptative chez les populations confrontées à des défis de santé chroniques.

Applications cliniques et d’accompagnement

Sur le plan clinique, la SDS offre une lecture directe des déficits d’intégration du soi. Des scores faibles sur la sous-échelle de conscience de soi orientent le psychothérapeute vers des problématiques d’inhibition émotionnelle, de dissociation somato-psychique ou d’alexithymie fonctionnelle. Inversement, un déficit focalisé sur le choix perçu met en lumière des sentiments d’impuissance acquise, une régulation introjectée pathologique ou une soumission névrotique aux attentes d’autrui. L’outil sert également d’indicateur d’efficacité dans les interventions fondées sur la psychothérapie humaniste rogérienne, l’approche centrée sur la personne et les thérapies d’acceptation et d’engagement (ACT).

5. Construit psychologique

Le construit de l’autodétermination tel qu’évalué par la SDS est conceptualisé comme une constellation bidimensionnelle intégrée. L’échelle ne mesure pas des compétences techniques ou des aptitudes décisionnelles, mais une qualité phénoménologique de l’expérience subjective du soi.

Dimension 1 : La conscience de soi (Awareness of Oneself)

Cette dimension (couverte par les items 2, 4, 6, 8 et 10) sonde la profondeur du contact qu’entretient l’individu avec sa réalité interne. Elle prend racine dans le concept de l’évaluation organismique décrit par Carl Rogers (1961), où une personne pleinement fonctionnelle demeure réceptive à ses sensations intéroceptives et affectives sans distorsion défensive.

Dans la SDS, cette conscience est appréhendée sous plusieurs facettes :

  • L’appropriation émotionnelle : reconnaître que ses émotions sont siennes, cohérentes et signifiantes, plutôt que de les ressentir comme des intrusions étrangères, menaçantes ou incompréhensibles (Items 2 et 10).
  • L’alignement identitaire et l’accès aux valeurs : être en lien intime avec ce qui a une importance intrinsèque pour soi (Item 4).
  • L’incarnation somatique : ressentir son corps comme l’ancrage vivant de son être plutôt que d’en faire l’expérience sous un angle dissociatif ou chosifié (Item 8).
  • La paternité psychologique de l’accomplissement : s’approprier intérieurement la réussite de ses actes sans sentiment d’imposture ou d’extériorité (Item 6).

Dimension 2 : Le choix perçu (Perceived Choice)

Cette sous-échelle (items 1, 3, 5, 7 et 9) mesure le sentiment subjectif de liberté psychologique et d’autonomie comportementale. Selon deCharms (1968) et Deci et Ryan (1985), l’individu a besoin d’expérimenter un locus interne de causalité (I-PLOC) pour ressentir ses comportements comme autodéterminés.

Les composantes explorées incluent :

  • L’agentivité décisionnelle globale : la certitude d’être le véritable décideur de sa propre trajectoire d’action (Items 1 et 9).
  • La transformation de l’obligation en choix autonome : la capacité à intégrer les nécessités et contraintes quotidiennes de manière à les vivre non comme une soumission aliénante, mais comme un choix consenti en accord avec ses objectifs supérieurs (Item 3).
  • La motivation intrinsèque comme moteur de l’activité : orienter ses conduites en fonction de l’intérêt et de la curiosité plutôt que sous la dictée exclusive de pressions extérieures (Item 5).
  • La liberté d’action perçue : la perception de marges de manœuvre effectives dans le déploiement de ses comportements quotidiens (Item 7).
Sous-échelle Items constitutifs Cœur théorique Manifestation d’un score bas
Conscience de soi 2, 4, 6, 8, 10 Contact avec les émotions, incarnation somatique, sentiment d’authenticité. Aliénation, alexithymie, dépersonnalisation, confusion affective.
Choix perçu 1, 3, 5, 7, 9 Volition, locus interne de causalité, liberté d’action, accord avec soi. Hétéronomie, sentiment de contrainte, fatalisme, contrôle externe.

6. Cadre théorique

La Self-Determination Scale s’inscrit au carrefour de la théorie de l’autodétermination (Deci & Ryan, 1985, 2000, 2017) et de la psychologie humaniste et existentielle développée par Rogers (1961), Maslow (1968) et May (1981).

La perspective organismique et le processus d’intégration

La TAD postule que l’être humain est un organisme intrinsèquement actif, orienté vers la croissance psychologique, la cohérence interne et l’intégration harmonieuse de ses expériences dans le soi. Ce processus organismique d’intégration implique que les pulsions, les émotions et les contraintes sociales soient graduellement assimilées de façon autonome. Lorsque ce processus fonctionne de manière optimale, le soi agit avec intégrité : les comportements sont émis de plein gré et soutenus par une attention réflexive non défensive.

À l’inverse, lorsque l’environnement social est hostile, négligent ou excessivement contrôlant, le développement organismique est entravé. Les individus développent alors des régulations contrôlées (introjection, régulation externe) caractérisées par le sentiment d’agir sous la pression de forces internes coercitives (culpabilité, fierté fragile) ou de récompenses et punitions externes. Sur le plan structural, la SDS capte l’aboutissement fonctionnel de cette trajectoire : un individu autodéterminé ne se contente pas de faire des choix ; il agit depuis un centre de gravité intérieur stable et conscient.

Le processus d’évaluation organismique de Rogers

La formulation des items de la sous-échelle Awareness of Oneself puise explicitement dans les travaux de Carl Rogers sur le fonctionnement complet (fully functioning person). Selon Rogers, la santé psychologique repose sur la fluidité du processus d’évaluation organismique, par lequel l’individu utilise ses sensations et ses affects viscéraux comme une boussole interne digne de confiance. Lorsque les individus sont soumis à des « conditions de valorisation » restrictives durant leur développement, ils en viennent à nier ou à déformer leurs affects pour maintenir l’approbation sociale, engendrant une scission entre le soi conceptuel et le soi expérientiel. La SDS mesure précisément cette division : les énoncés confrontent l’état où « mes émotions m’appartiennent toujours » à celui où « mes émotions me semblent étrangères ».

Autonomie contre indépendance réactive

Il est crucial de distinguer l’autodétermination mesurée par la SDS de l’indépendance ou du détachement relationnel. Dans la métathéorie de la TAD, l’autonomie s’oppose à l’hétéronomie (le sentiment d’être dirigé par des forces extérieures ou des impulsions non consenties), et non à la dépendance ou à la coopération relationnelle. Une personne peut parfaitement choisir de suivre le conseil d’un proche ou de se conformer à une règle collective de manière totalement autodéterminée, dès lors qu’elle approuve rationnellement et affectivement cette orientation (ce que traduit l’item 3 : « Je choisis de faire ce que j’ai à faire »).

7. Validité

L’évaluation des propriétés de validité de la SDS a fait l’objet de nombreuses investigations empiriques transversales, longitudinales et expérimentales.

Validité de construit et validité convergente

La validité convergente de l’échelle a été établie par des corrélations statistiquement significatives et théoriquement cohérentes avec plusieurs construits majeurs de la psychologie de la personnalité et de la motivation :

  • Échelle d’orientation causale générale (GCOS ; Deci & Ryan, 1985) : la SDS présente des corrélations positives modérées à fortes avec l’orientation vers l’autonomie (valeurs de r comprises entre 0,40 et 0,55, p < 0,001), et des corrélations négatives significatives avec l’orientation vers le contrôle et l’orientation impersonnelle.
  • Vitalité subjective (SVS ; Ryan & Frederick, 1997) : les scores à la SDS prédisent vigoureusement l’énergie disponible et la vitalité psychologique globale (r variant de 0,45 à 0,62, p < 0,001).
  • Bien-être subjectif et eudémonique : la SDS est positivement associée à la satisfaction de vie (SWLS de Diener, r ≈ 0,38 à 0,50) ainsi qu’à l’affect positif (PANAS, r ≈ 0,35 à 0,48).
  • Estime de soi et authenticité : corrélations positives élevées avec l’échelle d’estime de soi de Rosenberg (1965) et l’échelle d’authenticité de Wood et al. (2008).

Validité discriminante

L’échelle a démontré sa capacité à se distinguer des construits connexes mais conceptuellement distincts :

  • Conscience de soi publique vs privée (Fenigstein et al., 1975) : la sous-échelle Awareness of Oneself ne corrèle pas de manière substantielle avec la conscience de soi publique (tendance anxieuse à surveiller son image sociale), confirmant qu’elle évalue une attention centrée sur l’expérience phénoménologique et non une hyper-vigilance narcissique ou sociale.
  • Névrosisme et affect négatif : bien qu’associée négativement au névrosisme (r ≈ -0,35 à -0,48), la SDS conserve un pouvoir prédictif incrémentiel unique sur le bien-être après contrôle des traits du Big Five.
  • Alexithymie (TAS-20) : corrélations négatives marquées (r < -0,50), attestant que les personnes autodéterminées ne présentent pas d’incapacité à identifier ou décrire leurs sentiments.

Validité prédictive et écologique

Dans l’étude séminale de Sheldon, Ryan et Reis (1996) utilisant une méthodologie d’échantillonnage des expériences (ESM) sur 14 jours, les scores initiaux à la SDS ont prédit avec succès le niveau moyen de bien-être quotidien des participants ainsi que leur capacité à maintenir un fonctionnement autonome au cours des journées marquées par un haut niveau de stress scolaire ou social. De même, Reis, Sheldon, Gable, Roscoe et Ryan (2000) ont montré que les individus ayant des scores élevés à la SDS vivaient des interactions sociales plus satisfaisantes et rapportaient une plus grande intimité émotionnelle au quotidien.

8. Fidélité

La fidélité de la Self-Determination Scale a été confirmée à travers de multiples échantillons cliniques, universitaires et professionnels, tant pour l’anglais que dans plusieurs adaptations transculturelles validées (notamment en espagnol, turc, russe et français).

Consistance interne

Malgré la brièveté délibérée de l’instrument (10 items au total), les indices de consistance interne demeurent stables et adéquats :

  • Score global SDS (10 items) : les coefficients alpha de Cronbach (α) se situent généralement dans une fourchette de 0,78 à 0,86 selon les études. Le coefficient oméga de McDonald (ω), moins sensible aux variations de charge factorielle, oscille de 0,80 à 0,88.
  • Sous-échelle Conscience de soi (5 items) : les valeurs de α s’échelonnent entre 0,70 et 0,82.
  • Sous-échelle Choix perçu (5 items) : les valeurs de α s’établissent de manière récurrente entre 0,68 et 0,80.

Compte tenu de la règle psychométrique selon laquelle des échelles courtes (5 items) voient mécaniquement leur coefficient alpha comprimé, ces valeurs témoignent d’une excellente homogénéité thématique des items sans redondance sémantique excessive.

Stabilité temporelle (Test-Retest)

La fidélité test-retest a été documentée sur divers intervalles temporels, consolidant le statut de la SDS comme mesure d’une disposition durable de la personnalité :

  • À un intervalle de deux semaines, le coefficient de corrélation intraclasse (CCI) ou le r de Pearson s’élève à 0,84 pour le score total (0,80 pour la conscience de soi et 0,82 pour le choix perçu).
  • À un intervalle de huit semaines, Sheldon et Ryan rapportent des corrélations test-retest oscillant entre 0,71 et 0,77.

Ces données confirment que si l’autodétermination dispositionnelle peut faire l’objet d’évolutions à long terme sous l’effet d’une psychothérapie ou de mutations majeures du contexte de vie, elle constitue une variable relativement stable au cours du temps chez les adultes.

9. Analyse factorielle

L’exploration et la confirmation de la structure interne de la SDS ont fait l’objet d’analyses factorielles rigoureuses.

Analyses factorielles exploratoires (AFE)

Lors des phases initiales de construction (Sheldon, 1995 ; Sheldon & Ryan), une analyse en composantes principales avec rotation oblique (Promax ou Oblimin direct) a systématiquement extrait deux facteurs majeurs expliquant conjointement plus de 45 % à 55 % de la variance totale des scores :

  • Le premier facteur regroupe sans ambiguïté les cinq énoncés portant sur la conscience intéroceptive, émotionnelle et la clarté identitaire (items 2, 4, 6, 8, 10).
  • Le second facteur rassemble les cinq énoncés relatifs à l’exercice de la liberté d’action, à l’agentivité et à l’intérêt intrinsèque (items 1, 3, 5, 7, 9).

Les saturations factorielles croisées demeurent généralement très faibles (inférieures à 0,25), soulignant la netteté de la partition dimensionnelle.

Analyses factorielles confirmatoires (AFC)

Les études contemporaines testant la structure de l’échelle à l’aide de modèles d’équations structurelles (SEM) ont comparé un modèle unifactoriel à un modèle à deux facteurs corrélés :

  • Modèle unifactoriel (1 facteur global) : présente généralement des indices d’adéquation médiocres (χ²/dl > 4,0 ; CFI < 0,85 ; RMSEA > 0,09), indiquant que l’autodétermination ne peut être traitée comme un bloc monolithique indifférencié.
  • Modèle à deux facteurs corrélés (Conscience de soi & Choix perçu) : démontre un ajustement excellent aux données empiriques. Les indices couramment rapportés sont :
    • CFI (Comparative Fit Index) ≥ 0,94 à 0,98
    • TLI (Tucker-Lewis Index) ≥ 0,92 à 0,97
    • RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) ≤ 0,045 à 0,062 (avec intervalle de confiance à 90 % inférieur à 0,08)
    • SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) ≤ 0,040 à 0,055

La corrélation inter-factorielle entre la conscience de soi et le choix perçu s’établit généralement entre r = 0,40 et r = 0,60. Cette corrélation modérée justifie pleinement la double approche analytique : l’utilisation conjointe des deux scores spécifiques pour des analyses fines, ou leur agrégation en un score unitaire d’autodétermination globale dans les modèles statistiques plus larges.

10. Instrument de mesure

Voici les caractéristiques techniques de passation, de cotation et de calcul de l’Échelle d’autodétermination :

  • Type d’instrument : Auto-questionnaire de personnalité standardisé.
  • Nombre d’items : 10 paires d’énoncés (items 1 à 10).
  • Format d’évaluation : Échelle de différentiel sémantique en 5 points opposant deux assertions (A et B) :
    • 1 = Seul A me semble vrai (Only A feels true)
    • 2 = A me semble beaucoup plus vrai que B (A feels much more true than B)
    • 3 = Les deux me semblent également vrais (ou ni l’un ni l’autre) (Both feel equally true, or neither feels true)
    • 4 = B me semble beaucoup plus vrai que A (B feels much more true than A)
    • 5 = Seul B me semble vrai (Only B feels true)
  • Composition des sous-échelles :
    • Sous-échelle 1 : Conscience de soi (Awareness of Oneself) : Items 2, 4, 6, 8, 10.
    • Sous-échelle 2 : Choix perçu (Perceived Choice) : Items 1, 3, 5, 7, 9.
  • Règles de recodage (Scoring / Recoding) :
    • Dans la formulation originale de Sheldon et Ryan, pour que des scores plus élevés correspondent à une plus grande autodétermination, les items doivent être cotés de façon à ce que le pôle autodéterminé reçoive la valeur 5 et le pôle aliéné la valeur 1.
    • Items à recoder / inverser (1, 3, 5, 6, 7, 9, 10) : Pour ces 7 items, l’énoncé A représente le pôle autodéterminé et B le pôle non-autodéterminé (ou inversement selon la modalité d’encodage source). Selon la clé officielle publiée par selfdeterminationtheory.org : recoder les items 1, 3, 5, 6, 7, 9 et 10 de façon à ce que 1 devienne 5, 2 devienne 4, 3 reste 3, 4 devienne 2, et 5 devienne 1.
    • Items non inversés (2, 4, 8) : Conserver les valeurs brutes initiales (1=1, 2=2, 3=3, 4=4, 5=5).
  • Calcul des scores finaux :
    • Score de la sous-échelle Conscience de soi : Moyenne arithmétique (ou somme) des items 2, 4, 6 (recodé), 8 et 10 (recodé). Étendue de la moyenne : 1,0 à 5,0.
    • Score de la sous-échelle Choix perçu : Moyenne arithmétique (ou somme) des items 1 (recodé), 3 (recodé), 5 (recodé), 7 (recodé) et 9 (recodé). Étendue de la moyenne : 1,0 à 5,0.
    • Score global d’autodétermination (SDS Total) : Moyenne arithmétique des 10 items recodés, ou somme globale (étendue brute de 10 à 50 points).
  • Temps de passation estimé : Entre 3 et 5 minutes.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de développement initial : 1995 (première apparition empirique formelle dans Sheldon, 1995 ; formalisation approfondie dans Sheldon, Ryan & Reis, 1996).
  • Propriété intellectuelle et droits d’auteur : © 1995-1996 Kennon M. Sheldon & Richard M. Ryan.
  • Conditions d’accès et tarif : L’échelle est disponible en accès libre et gratuit (Open Access) pour la recherche académique, l’enseignement supérieur et l’évaluation clinique sans but commercial.
  • Ressource officielle : L’instrument et sa documentation officielle de cotation sont hébergés et maintenus par le consortium académique de la théorie de l’autodétermination sur le portail : selfdeterminationtheory.org.
  • Conditions d’utilisation : Aucune autorisation préalable écrite n’est exigée pour les projets de recherche à visée non lucrative, à condition de citer rigoureusement les publications princeps des auteurs dans tous les rapports, thèses et articles scientifiques dérivés.

12. Références

Les publications fondatrices et études psychométriques de référence relatives à la SDS comprennent :

  • deCharms, R. (1968). Personal causation: The internal affective determinants of behavior. Academic Press.
  • Deci, E. L., & Ryan, R. M. (1985). Intrinsic motivation and self-determination in human behavior. Plenum Publishing Co. https://doi.org/10.1007/978-1-4899-2271-7
  • Deci, E. L., & Ryan, R. M. (2000). The « what » and « why » of goal pursuits: Human needs and the self-determination of behavior. Psychological Inquiry, 11(4), 227-268. https://doi.org/10.1207/S15327965PLI1104_01
  • Reis, H. T., Sheldon, K. M., Gable, S. L., Roscoe, J., & Ryan, R. M. (2000). Daily well-being: The role of autonomy, competence, and relatedness. Personality and Social Psychology Bulletin, 26(4), 419-435. https://doi.org/10.1177/0146167200266002
  • Rogers, C. R. (1961). On becoming a person: A therapist’s view of psychotherapy. Houghton Mifflin.
  • Ryan, R. M., & Deci, E. L. (2017). Self-determination theory: Basic psychological needs in motivation, development, and wellness. Guilford Press. https://doi.org/10.1521/978.14625/28769
  • Ryan, R. M., & Frederick, C. (1997). On energy, personality, and health: Subjective vitality as a dynamic reflection of well-being. Journal of Personality, 65(3), 529-565. https://doi.org/10.1111/j.1467-6494.1997.tb00326.x
  • Sheldon, K. M. (1995). Creativity and self-determination in personality. Creativity Research Journal, 8(1), 61-72. https://doi.org/10.1207/s15326934crj0801_6
  • Sheldon, K. M., Ryan, R. M., & Reis, H. T. (1996). What makes for a good day? Competence and autonomy in the day and in the person. Personality and Social Psychology Bulletin, 22(12), 1270-1279. https://doi.org/10.1177/01461672962212007

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: Please read the pairs of statements‚ one pair at a time‚ and think about which statement within the pair seems more true to you at this point in your life. Indicate the degree to which statement A feels true‚ relative to the degree that Statement B feels true‚ on the 5-point scale shown after each pair of statements. If
Response Scale: 5-point semantic differential scale: 1 = Only A feels true, 2 = A feels much more true than B, 3 = Both feel equally true (or neither feels true), 4 = B feels much more true than A, 5 = Only B feels true
Scoring / Reverse Items: The scale comprises two 5-item subscales: Awareness of Oneself (Items 2, 4, 6, 8, 10) and Perceived Choice (Items 1, 3, 5, 7, 9). First, recode scores for Items 1, 3, 5, 6, 7, 9, 10 so that higher scores reflect higher self-determination (for these items: 1=5, 2=4, 3=3, 4=2, 5=1; whereas Items 2, 4, and 8 remain unreversed: 1=1, 2=2, 3=3, 4=4, 5=5). The subscale scores are calculated as the mean or sum of their respective 5 items, or summed across all 10 items for an overall SDS score.
1

A. I always feel like I choose the things I do.
B.

I sometimes feel that it’s not really me choosing the things I do.

2

A. My emotions sometimes seem alien to me.
B.

My emotions always seem to belong to me.

3

A. I choose to do what I have to do.
B.

I do what I have to, but I don’t feel like it is really my choice.

4

A. I feel that I am not in touch with what is important to me.
B.

I feel that I am very much in touch with what is important to me.

5

A. I do what I do because it interests me.
B.

I do what I do because I have to.

6

A. When I accomplish something, I often feel like it wasn’t really me who did it.
B.

When I accomplish something, I always feel that it was me who did it.

7

A. I am free to do whatever I decide to do.
B.

What I do is often not what I’d choose to do.

8

A. My body sometimes feels like it belongs to someone else.
B.

My body always feels like it belongs to me.

9

A. I feel like I am in charge of my life.
B.

I feel like someone else is in charge of my life.

10

A. I sometimes feel confused about what I am feeling.
B.

I always know what I am feeling.

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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 7). Échelle d’autodétermination (SDS). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-d-autodetermination-sds/
Looti, Mohammed. “Échelle d’autodétermination (SDS).” Base de données de psychologie en français, 7 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-d-autodetermination-sds/.
Looti, Mohammed. “Échelle d’autodétermination (SDS).” Base de données de psychologie en français. octobre 7, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-d-autodetermination-sds/.