1. Résumé / Abstract
L’Échelle d’auto-efficacité d’évitement des drogues (connue sous l’acronyme anglophone DASES pour Drug Avoidance Self-Efficacy Scale) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation développé par Garth W. Martin, D. Adrian Wilkinson et C. X. Poulos (1995). Conçue à l’origine au sein de l’Addiction Research Foundation à Toronto, cette échelle vise à évaluer la confiance qu’a un individu en sa propre capacité à résister à la consommation de drogues illicites ou d’alcool lorsqu’il est confronté à diverses situations à haut risque de rechute. Le construit sous-jacent repose sur la théorie de l’auto-efficacité d’Albert Bandura appliquée au domaine des addictions et à la prévention des rechutes formulée par Alan Marlatt et Judith Gordon.
L’échelle est composée de 16 items décrivant des scénarios concrets et contextualisés, tels que la gestion d’états affectifs négatifs (dépression, colère, ennui), les pressions sociales et les célébrations festives, les conflits interpersonnels, les difficultés physiques comme l’insomnie, ainsi que les réactions consécutives à un faux pas initial (effet de violation de l’abstinence). Les répondants expriment leur degré de certitude quant à leur capacité d’évitement ou leur probabilité de céder sur une échelle de Likert en 7 points allant de 1 (« certainement oui ») à 7 (« certainement non »). Sur le plan psychométrique, le DASES démontre une excellente cohérence interne (coefficient alpha de Cronbach généralement supérieur à 0,89 et atteignant 0,91 dans les échantillons cliniques), une stabilité temporelle satisfaisante au test-retest, ainsi qu’une validité prédictive robuste concernant le maintien de l’abstinence, la latence avant la première rechute et la réduction globale de la consommation de substances psychoactives.
2. Mots-clés / Keywords
Auto-efficacité, DASES, addiction, abus de substances, prévention de la rechute, psychométrie, évaluation clinique, alcoolisme, toxicomanie, théorie sociale cognitive.
3. Auteurs / Authors
L’échelle d’auto-efficacité d’évitement des drogues a été développée par une équipe de chercheurs et cliniciens spécialisés dans le traitement des dépendances :
- Garth W. Martin, Ph.D. : Psychologue clinicien et chercheur, ayant conduit les travaux initiaux dans le cadre de recherches cliniques sur les addictions (1992, 1995) au sein de l’Addiction Research Foundation (aujourd’hui intégrée au Centre for Addiction and Mental Health – CAMH) à Toronto, Ontario, Canada. Courriel de correspondance historique : [email protected].
- D. Adrian Wilkinson, Ph.D. : Chercheur principal associé aux protocoles d’évaluation comportementale et psychométrique des pharmacodépendances à l’Addiction Research Foundation, Toronto, Canada.
- C. X. Poulos, Ph.D. : Psychopharmacologue et chercheur reconnu pour ses travaux sur les mécanismes de conditionnement, la tolérance pharmacologique et la vulnérabilité comportementale face aux drogues, Addiction Research Foundation et Département de Psychologie, Université de Toronto, Canada.
4. Objectif / Purpose
L’objectif premier de la DASES est de quantifier le sentiment d’efficacité personnelle d’une personne vis-à-vis de l’abstinence ou de la régulation de sa consommation de drogues et d’alcool face à des stimuli environnementaux, émotionnels et cognitifs identifiés comme critiques. Dans le traitement des troubles liés à l’usage de substances, l’évaluation de la seule sévérité de l’addiction ou de la dépendance physique ne permet pas d’anticiper avec précision les moments de vulnérabilité au cours du rétablissement. La DASES comble cette lacune en opérationnalisant les attentes d’efficacité personnelle dans des micro-situations spécifiques.
En pratique clinique, l’instrument remplit plusieurs fonctions thérapeutiques majeures :
- Profilage individuel des vulnérabilités : Identifier les déclencheurs spécifiques (déclencheurs internes tels que les affects négatifs versus déclencheurs externes tels que la pression des pairs) où le patient présente les scores d’auto-efficacité les plus bas. Cela permet de personnaliser les plans de traitement dans le cadre des thérapies cognitivo-comportementales (TCC).
- Planification de la prévention de la rechute : Travailler en amont sur les stratégies de coping (faire face) adaptées aux situations problématiques révélées par le test (par exemple, scénarios de dispute conjugale, ennui solitaire ou festivités professionnelles).
- Mesure des progrès thérapeutiques : Administrée avant, pendant et après une intervention (ambulatoire ou résidentielle), l’échelle permet de mesurer objectivement le renforcement de la confiance du patient dans ses compétences de résistance.
- Recherche translationnelle et évaluative : En recherche clinique, la DASES sert de variable médiatrice ou prédictive pour évaluer l’efficacité différentielle de protocoles pharmacologiques ou psychothérapeutiques sur l’observance et le taux de récidive.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par la DASES est l’auto-efficacité d’évitement des substances (Drug Avoidance Self-Efficacy). Selon les formulations princeps de la psychologie cognitive, il ne s’agit pas d’un trait de personnalité global ou statique, mais d’une croyance dynamique et contextuelle quant à sa capacité à mobiliser les ressources motivationnelles, cognitives et comportementales nécessaires pour inhiber l’acte de consommation face à une incitation.
L’instrument explore plusieurs domaines situationnels qui correspondent aux typologies classiques des situations à haut risque de Marlatt :
1. Affects négatifs et détresse intrapersonnelle (Intrapersonal Negative States)
Cette dimension évalue la capacité à résister à la tentation lorsque l’individu est submergé par des sentiments de tristesse, de dépression, d’échec professionnel ou d’ennui. L’usage de substances fonctionne fréquemment dans ces situations comme un mécanisme de soulagement ou d’auto-médication émotionnelle. Par exemple, l’item 2 (« Imagine that you have just blown a good job, you are home alone and depressed… ») et l’item 16 confrontent le sujet à l’isolement couplé à un affect dépressif ou au vide expérientiel.
2. Conflits interpersonnels et réactions de colère (Interpersonal Conflicts)
Les tensions relationnelles sont des déclencheurs majeurs de rechute. Cette dimension mesure l’auto-efficacité à ne pas recourir aux substances comme vecteur d’évitement affectif ou comme acte de représailles indirectes contre autrui. L’item 3 et l’item 7 illustrent ce processus de manière éloquente en plaçant le sujet après une violente dispute avec un proche, où l’envie de consommer sert de tentative de vengeance ou d’apaisement conflictuel.
3. Pression sociale et célébrations (Social Pressure and Positive States)
L’auto-efficacité doit également être mobilisée lors d’états affectifs positifs ou d’événements sociaux festifs, où l’alcool ou les drogues sont perçus comme des catalyseurs de sociabilité ou des moyens de célébration. L’item 6 (fêter l’obtention d’un nouvel emploi) et l’item 9 (amis célébrant un gain financier) mesurent la capacité à résister à l’entraînement du groupe et aux normes sociales festives.
4. Anxiété sociale et inhibition (Social Anxiety & Tension Reduction)
Cette composante explore l’attente d’effets positifs de la drogue pour réduire la nervosité sociale. Les items 1 et 10 confrontent le sujet à une soirée où il rencontre de nouvelles personnes ou se sent crispé (« uptight »), testant sa conviction de pouvoir naviguer dans l’interaction sociale sans recourir à un désinhibiteur chimique.
5. États physiques déplaisants (Physical Discomfort & Insomnia)
L’inconfort somatique, en particulier l’insomnie (item 5), représente une situation critique où le conditionnement de la drogue comme sédatif ou analgésique met à l’épreuve la décision préalable d’abstinence.
6. Réaction au premier faux pas / Violation de l’abstinence (Abstinence Violation Effect)
Les items 11 et 12 mesurent une dimension critique : la capacité à interrompre un épisode de consommation naissant (un faux pas ou lapse) pour éviter la bascule vers une rechute massive (relapse). L’individu évalue s’il cèderait à un deuxième verre ou prise après avoir rompu une période prolongée de sobriété.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
La DASES s’ancre à la croisée de deux cadres théoriques majeurs de la psychologie contemporaine :
La théorie sociale cognitive d’Albert Bandura
Développée par Albert Bandura (1977, 1986, 1997), la théorie sociale cognitive postule que les comportements humains résultent d’un déterminisme réciproque triadique entre facteurs cognitifs/biologiques, comportements et environnement. Au centre de ce modèle se trouve le concept d’auto-efficacité perçue (perceived self-efficacy). Bandura a démontré que l’efficacité personnelle prédit l’effort consenti, la persistance face aux obstacles et les réactions émotionnelles en situation d’épreuve. Dans les addictions, un individu peut posséder les connaissances requises sur la dangerosité des drogues sans pour autant croire en sa capacité concrète d’exécuter le comportement de refus en contexte écologique hostile.
Le modèle de prévention de la rechute de Marlatt et Gordon
Le cadre clinique direct de la DASES est le modèle cognitivo-comportemental de la rechute élaboré par G. Alan Marlatt et Judith R. Gordon (1985). Selon ce modèle, lorsqu’un individu engagé dans l’abstinence fait face à une situation à haut risque (High-Risk Situation) :
- S’il met en place une réponse de coping adéquate, son sentiment d’auto-efficacité augmente, réduisant drastiquement la probabilité de consommer.
- S’il manque de réponse de coping, son auto-efficacité s’effondre et les attentes d’effets positifs de la substance (positive outcome expectancies) prennent le dessus, menant au premier faux pas.
- Ce faux pas déclenche l’effet de violation de l’abstinence (EVA ou AVE pour Abstinence Violation Effect), caractérisé par de la dissonance cognitive et une attribution causale interne, globale et stable (« je suis nul, je ne guérirai jamais »), précipitant la rechute incontrôlée.
La DASES a été explicitement construite pour opérationnaliser ces situations à haut risque formalisées par Marlatt, permettant aux chercheurs d’évaluer directement l’efficacité perçue dans chacun des nœuds décisionnels du modèle.
7. Validité / Validity
Les études de validation psychométrique menées par Martin, Wilkinson et Poulos (1995), ainsi que les réplications ultérieures dans divers contextes cliniques internationaux, ont documenté des propriétés de validité solides :
Validité de contenu (Content Validity)
Les 16 items ont été générés à partir d’entretiens cliniques avec des personnes dépendantes aux drogues et à l’alcool, complétés par une revue systématique de la littérature sur les déterminants situationnels de la rechute. Un panel d’experts en addictologie a certifié la représentativité écologique et clinique des scénarios retenus.
Validité convergente et divergente
La DASES présente des corrélations positives significatives avec d’autres échelles d’auto-efficacité, notamment la Situational Confidence Questionnaire (SCQ-39) d’Annis et Davis, ainsi qu’avec des mesures d’estime de soi générale (échelle de Rosenberg) et de locus de contrôle interne. À l’inverse, des corrélations négatives robustes sont observées avec les échelles d’anxiété (STAI), de dépression (BDI) et le sentiment d’impuissance acquise.
Validité prédictive (Predictive Validity)
La DASES s’est révélée être un puissant prédicteur des résultats thérapeutiques à 3, 6 et 12 mois de suivi post-traitement :
- Les patients affichant des scores initiaux élevés d’auto-efficacité d’évitement présentent une durée d’abstinence continue significativement plus longue.
- L’augmentation du score global de DASES au cours d’un programme thérapeutique constitue un médiateur clé de la réduction de la fréquence et de la quantité de substances consommées lors des éventuels écarts.
- L’échelle démontre une sensibilité spécifique pour prédire la résistance au phénomène de bascule après un faux pas (items 11 et 12).
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de l’instrument a été évaluée à travers plusieurs indicateurs statistiques rigoureux :
Cohérence interne
Dans l’échantillon princeps de validation (Martin et al., 1995), composé de patients polytoxicomanes et alcoolodépendants admis en cure de désintoxication, le coefficient alpha de Cronbach global s’élève à 0,89 – 0,91. Ces valeurs témoignent d’une excellente homogénéité des items sans redondance excessive. Les corrélations item-total corrigées oscillent pour la majorité entre 0,48 et 0,74, confirmant que chaque situation contribue efficacement à la variance du construit commun.
Fidélité test-retest
La stabilité temporelle a été testée auprès de sous-groupes cliniques stables sur des intervalles de 7 à 14 jours, révélant des coefficients de corrélation intraclasse (CCI) et de corrélation de Pearson de l’ordre de r = 0,82 à 0,87. Cette stabilité confirme que le DASES mesure des croyances ancrées tout en restant sensible aux interventions thérapeutiques ciblées visant l’accroissement des compétences d’adaptation.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
L’architecture dimensionnelle de la DASES a fait l’objet d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) approfondies :
Structure factorielle originale
Les analyses factorielles exploratoires menées par Martin et ses collaborateurs avec extraction en composantes principales et rotation oblique ont mis en évidence une structure sous-jacente pouvant être appréhendée de deux manières :
- Modèle unidimensionnel de second ordre : L’existence d’un facteur général prédominant d’auto-efficacité d’évitement des drogues qui explique une part substantielle de la variance totale (dépassant 42 %). Ce résultat justifie pleinement l’utilisation d’un score total composite dans les applications cliniques courantes.
- Modèle multidimensionnel (3 à 5 facteurs) : Les analyses factorielles en facteurs de premier ordre révèlent des regroupements cohérents de sous-dimensions :
- Facteur 1 : Soulagement des affects négatifs et tensions internes (items 2, 8, 13, 14, 16) avec des saturations factorielles s’échelonnant de 0,62 à 0,81.
- Facteur 2 : Conflits interpersonnels et réactivité relationnelle (items 3, 7) avec des saturations supérieures à 0,70.
- Facteur 3 : Pression sociale et festivités externes (items 1, 6, 9, 10, 15) avec des saturations de 0,55 à 0,78.
- Facteur 4 : Résistance consécutive à une rechute partielle / effet de violation (items 11, 12) saturant entre 0,65 et 0,84.
- Facteur 5 : Inconfort physique / troubles du sommeil (item 5).
Les analyses factorielles confirmatoires ultérieures conduites sur des populations diversifiées (notamment des adolescents consommateurs et des adultes sous traitement de substitution aux opiacés) confirment que le modèle bifactoriel ou hiérarchique présente des indices d’adéquation optimaux (CFI > 0,92 ; RMSEA < 0,06).
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nom complet de l’outil : Échelle d’auto-efficacité d’évitement des drogues (Drug Avoidance Self-Efficacy Scale – DASES).
- Format d’administration : Auto-questionnaire papier-crayon ou version informatisée/en ligne ; passation individuelle ou en groupe.
- Durée moyenne de passation : Environ 5 à 10 minutes.
- Nombre d’items : 16 items décrivant des scénarios de vie contextualisés.
- Échelle de réponse : Échelle de Likert à 7 points :
1 = certainly yes (certainement oui)
2 = probably yes (probablement oui)
3 = likely yes (vraisemblablement oui)
4 = can’t say (ne peut se prononcer / indécis)
5 = probably no (probablement non)
6 = likely no (vraisemblablement non)
7 = certainly no (certainement non) - Procédure de cotation et calcul des scores :
- Sens de formulation des items : Les items sont formulés selon deux orientations interrogatives distinctes. Certains items demandent au participant s’il pourrait résister (« Could you resist/avoid… ? », ex. items 1, 3, 5, 6, 9, 13, 14, 15), où une réponse « certainly yes » (1) traduit une haute auto-efficacité. D’autres items demandent si le participant céderait à l’envie ou consommerait (« Would you give in / take drugs… ? », ex. items 2, 4, 7, 8, 10, 11, 12, 16), où une réponse « certainly no » (7) traduit une haute auto-efficacité.
- Recodage : Pour obtenir un score homogène où une valeur élevée reflète systématiquement une auto-efficacité supérieure, les items formulés dans le sens de la vulnérabilité/rechute sont inversés (ou inversement selon la norme standard retenue par le clinicien). Le score global total s’obtient par la somme ou la moyenne des 16 items recodés.
- Interprétation : Un score total élevé indique une robuste croyance d’auto-efficacité face aux risques de rechute, tandis qu’un score bas signale un besoin urgent d’interventions de renforcement des habiletés d’adaptation et de gestion des déclencheurs.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de développement : 1992 (thèse/travaux initiaux de Martin), publication princeps formelle en 1995.
- Statut des droits d’auteur : Les droits scientifiques originaux appartiennent aux auteurs (Martin, Wilkinson, Poulos) et au Journal of Substance Abuse. L’instrument a été mis à la disposition de la communauté clinique et de recherche internationale dans le domaine public académique.
- Tarif et accessibilité : L’utilisation de l’instrument est gratuite pour la recherche universitaire, l’enseignement et la pratique clinique à but non lucratif. Aucune redevance commerciale n’est exigée pour l’administration standard de l’échelle.
- Dépôt institutionnel : L’outil est indexé et documenté par plusieurs agences gouvernementales de santé publique, notamment l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (EMCDDA) et le Narcotics Division du gouvernement de Hong Kong.
12. Références / References
Les publications de référence ci-dessous fondent la théorie, la validation psychométrique et l’application clinique du DASES (format APA 7e édition) :
- Bandura, A. (1977). Self-efficacy: Toward a unifying theory of behavioral change. Psychological Review, 84(2), 191–215. https://doi.org/10.1037/0033-295X.84.2.191
- Bandura, A. (1997). Self-efficacy: The exercise of control. W. H. Freeman and Company.
- Marlatt, G. A., & Gordon, J. R. (Eds.). (1985). Relapse prevention: Maintenance strategies in the treatment of addictive behaviors. Guilford Press.
- Martin, G. W. (1992). The assessment of self-efficacy in substance abusers (Thèse de doctorat non publiée / Rapport de recherche clinique). Addiction Research Foundation, Toronto, Ontario, Canada.
- Martin, G. W., Wilkinson, D. A., & Poulos, C. X. (1995). The Drug Avoidance Self-Efficacy Scale. Journal of Substance Abuse, 7(2), 151–163. https://doi.org/10.1016/0899-3289(95)90002-0
- Sklar, S. M., Annis, H. M., & Turner, N. E. (1997). Development and validation of the Drug-Taking Confidence Questionnaire: A measure of coping self-efficacy. Addictive Behaviors, 22(5), 655–670. https://doi.org/10.1016/S0306-4603(97)00003-8
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response scale:
1 = certainly yes
2 = probably yes
3 = likely yes
4 = can’t say
5 = probably no
6 = likely no
7 = certainly no
- Imagine that you are going to a party where you will meet new people. You feel that drug/alcohol use will relax you and make you more confident. Could you avoid drug/alcohol use?
- Imagine that you have just blown a good job, you are home alone and depressed. Would you give in to the urge to take drugs/alcohol which are in the house?
- Imagine that you are home with a loved one, and feeling angry after a fight. You want to make up, but at the same time you want to get stoned/loaded. Could you resist the urge to take drugs/alcohol?
- Imagine that you are feeling good and have no responsibilities for a couple of days. The only thing you see against getting a bit stoned/loaded is that you have promised yourself you would go straight for 2 months, and you still have 3 weeks to go. Would you take drugs/alcohol?
- Imagine it is late, you cannot sleep and drugs/alcohol are available in the house. You have decided not to use drugs. Could you resist the urge to use drugs to help you get to sleep?
- Imagine that a new job is starting tomorrow; you are going out with friends and expecting a good time. Could you resist the urge to celebrate with drugs/alcohol?
- Imagine that you are home with your loved one, and very angry after a fight. You are tempted to get back at your partner by getting stoned/loaded. Would you give in to the temptation?
- Imagine that a very important relationship has just ended, and you are very depressed. Would you give in to the urge to take drugs/alcohol?
- Imagine that you have run into 2 friends who are celebrating a $100 lottery win with drugs/alcohol. Could you resist their urging to join them in drug/alcohol use?
- Imagine that you are at a party and feeling uptight. Most people seem to be having a good time. You are tempted to use drugs/alcohol to loosen up. Would you?
- Imagine that you promised yourself to stay straight for 2 months but you have just blown your 5 week record with one hit or drink. Would this situation lead you to take a second one?
- Imagine that you had managed to stay straight for a near record time, but last night you blew it. Because of last night you are feeling weak. Would you take drugs/alcohol tonight?
- Imagine that you are home alone and depressed. Could you resist the urge to go out and find some drugs/alcohol?
- Imagine that a good friend has accused you of being insensitive. Now you are feeling hurt and tempted to use drugs/alcohol. Could you resist?
- Imagine that a good friend is feeling miserable. He wants you to join him in heavy discussion and drug/alcohol use to pick his spirits up. Could you resist the urge to take drugs/alcohol?
- Imagine that you are home alone; it is a dull weekend with nothing in particular to look forward to. You are bored. Would you give in to the urge to get stoned/loaded?