1. Résumé
L’Échelle d’auto-compassion — Version longue (Self-Compassion Scale — Long Version, SCS) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu et validé par la psychologue américaine Kristin D. Neff en 2003. Composée de 26 items, cette échelle a été spécifiquement élaborée pour opérationnaliser et mesurer de manière rigoureuse le construit d’auto-compassion, défini comme la capacité d’adopter une attitude bienveillante, compréhensive et non jugeante envers soi-même lors d’épisodes de souffrance, d’échec personnel ou de sentiment d’inadéquation. L’instrument appréhende l’auto-compassion à travers un modèle multidimensionnel comprenant six sous-échelles complémentaires, regroupées en trois polarités conceptuelles : la bienveillance envers soi (Self-Kindness) opposée à l’auto-jugement (Self-Judgment), l’humanité commune (Common Humanity) opposée à l’isolement (Isolation), et la pleine conscience (Mindfulness) opposée à la sur-identification (Over-Identification).
Les participants évaluent la fréquence de leurs réactions habituelles sur une échelle ordinale de type Likert en 5 points, allant de 1 (« Presque jamais » / Almost Never) à 5 (« Presque toujours » / Almost Always). Les scores des sous-échelles négatives sont inversés afin de calculer un score global d’auto-compassion, bien que les profils spécifiques de sous-échelles offrent une finesse clinique et diagnostique remarquable. Sur le plan psychométrique, la version originale de la SCS présente une cohérence interne globale exceptionnelle (généralement $\alpha = 0{,}92$ à $0{,}94$), une excellente stabilité temporelle test-retest ($r = 0{,}93$ sur deux mois) ainsi qu’une fidélité robuste pour chacune de ses composantes (coefficients alpha s’échelonnant de $0{,}75$ à $0{,}89$). Validée dans des dizaines de langues et testée au sein de cohortes cliniques et non cliniques variées, l’échelle démontre une validité de construit, convergente et discriminante solidement étayée par la littérature internationale, confirmant son statut d’étalon-or (gold standard) pour l’évaluation empirique de l’auto-compassion.
2. Mots-clés
Auto-compassion, Échelle d’auto-compassion, Kristin Neff, psychométrie, bienveillance envers soi, pleine conscience, humanité commune, régulation émotionnelle, santé mentale, psychologie positive, évaluation psychologique, auto-jugement, résilience psychologique.
3. Auteurs
L’Échelle d’auto-compassion a été développée par :
- Kristin D. Neff, Ph.D. — Professeure associée en développement humain et sciences de l’apprentissage au Département de psychopédagogie (Department of Educational Psychology) de l’Université du Texas à Austin (The University of Texas at Austin), États-Unis. Pionnière internationale de la recherche scientifique sur l’auto-compassion, co-développeuse avec Christopher Germer du programme d’entraînement à l’autocompassion en pleine conscience (Mindful Self-Compassion, MSC). Courriel académique institutionnel : [email protected].
Des adaptations transculturelles notables ont été menées par divers chercheurs internationaux, notamment en contexte francophone par Ilios Kotsou et ses collaborateurs, ainsi qu’auprès de diverses populations cliniques à travers le monde par des équipes de recherche indépendantes.
4. Objectif
L’objectif principal de l’Échelle d’auto-compassion est d’opérationnaliser et de quantifier une posture psychologique adaptative face à la détresse, à la vulnérabilité personnelle et aux défaillances perçues. Historiquement, la psychologie clinique et sociale s’est massivement appuyée sur le concept d’estime de soi (self-esteem) pour rendre compte de la relation que l’individu entretient avec sa propre valeur. Néanmoins, l’estime de soi présente des limites structurales majeures : elle implique souvent une comparaison sociale descendante ou ascendante, dépend de réussites contingentes externes, fluctue en fonction de la validation d’autrui, et peut alimenter des dynamiques de narcissisme, d’évitement défensif ou de déni de l’échec. Face à ces impasses théoriques, la SCS a été créée pour mesurer une alternative plus stable, saine et inconditionnelle, qui ne repose pas sur une évaluation quantitative ou un jugement de valeur quant à ses compétences personnelles, mais sur une relation d’acceptation bienveillante et de sollicitude envers sa propre personne dans les moments critiques d’adversité.
Dans le domaine de la recherche fondamentale, la SCS permet d’étudier les mécanismes fins de la régulation émotionnelle, de la flexibilité cognitive et de la résilience face aux stresseurs aigus et chroniques. Elle sert de variable explicative, médiatrice ou modératrice dans l’analyse des trajectoires de santé mentale, permettant d’élucider pourquoi certains individus parviennent à maintenir un équilibre homéostatique psychologique lors de crises majeures (séparations, échecs professionnels, maladies chroniques, deuil) tandis que d’autres sombrent dans des épisodes dépressifs ou des états anxieux invalidants. De plus, l’échelle est centrale pour investiguer l’interface entre les pratiques contemplatives orientales sécularisées, la pleine conscience (mindfulness) et les neurosciences affectives.
En contexte clinique et appliqué, l’instrument remplit une triple fonction :
- Évaluation diagnostique et formulation de cas : La SCS offre au clinicien une cartographie précise des schémas intrapersonnels dysfonctionnels. Un profil caractérisé par un niveau d’auto-jugement excessif, un sentiment d’isolement prégnant et une forte tendance à la sur-identification oriente immédiatement l’intervention thérapeutique vers le démantèlement de la critique interne et la restructuration des attitudes affectives envers soi-même.
- Mesure d’efficacité des interventions psychothérapeutiques : L’échelle constitue l’étalon psychométrique préférentiel pour évaluer les gains thérapeutiques issus de la thérapie fondée sur la compassion (CFT de Paul Gilbert), des programmes d’autocompassion en pleine conscience (MSC), des thérapies d’acceptation et d’engagement (ACT) et des thérapies cognitives basées sur la pleine conscience (MBCT).
- Prévention de l’épuisement professionnel : L’instrument est fréquemment employé dans les études auprès des soignants, des éducateurs et des professionnels de première ligne pour mesurer et développer la protection contre l’usure de compassion (compassion fatigue) et le syndrome d’épuisement professionnel (burnout).
5. Construit psychologique
Le construit théorique d’auto-compassion formulé par Kristin Neff ne se résume pas à une simple attitude affective unidimensionnelle. Il constitue un processus dynamique d’équilibration émotionnelle et cognitive, articulé autour de six sous-composantes qui interagissent de façon holistique sous la forme de trois polarités dialectiques :
5.1. Bienveillance envers soi (Self-Kindness) vs Auto-jugement (Self-Judgment)
La dimension de bienveillance envers soi (items 5, 12, 19, 23, 26) reflète la tendance à se traiter avec douceur, compréhension, réconfort et patience lorsqu’on est confronté à des imperfections personnelles, des maladresses ou des souffrances subjectives. Au lieu de réagir par l’agressivité verbale interne, la frustration punitive ou le dédain, l’individu fait preuve d’empathie active envers sa condition. Par exemple, après un échec important, une personne dotée d’une forte bienveillance envers soi s’accordera un soutien affectif chaleureux comparable à celui qu’elle offrirait à un ami cher en détresse.
À l’opposé, l’auto-jugement (items 1, 8, 11, 16, 21) mesure la sévérité impitoyable, la condamnation intérieure et le rejet de ses propres défauts. L’individu s’inflige un blâme systématique, manifeste de l’intolérance envers ses limites et nourrit une autocritique abrasive et dévalorisante dès qu’il ne se montre pas à la hauteur de ses standards perfectionnistes.
5.2. Humanité commune (Common Humanity) vs Isolement (Isolation)
La composante d’humanité commune (items 3, 7, 10, 15) désigne la reconnaissance du fait que la faillibilité, la vulnérabilité et la douleur font partie intégrante de la condition humaine universelle. L’individu contextualise ses épreuves en comprenant qu’il ne s’agit pas d’anomalies uniques ou de malédictions individuelles, mais d’expériences partagées par tous les êtres humains. Cela favorise un sentiment d’interconnexion existentielle et prévient la honte dévastatrice liée à l’erreur.
Inversement, la dimension d’isolement (items 4, 13, 18, 25) capture le sentiment d’aliénation et de solitude existentielle vécu lors des périodes de crise. La personne a l’impression d’être la seule au monde à échouer, à souffrir ou à présenter des faiblesses, ce qui engendre un repli sur soi délétère, une impression de rupture sociale fondamentale et la croyance irrationnelle que tous les autres individus mènent une existence exempte de tourments.
5.3. Pleine conscience (Mindfulness) vs Sur-identification (Over-Identification)
La dimension de pleine conscience (items 9, 14, 17, 22) fait référence à une conscience équilibrée, claire et non réactive de ses pensées et émotions douloureuses. L’individu observe ses états internes déplaisants avec curiosité et équanimité, sans chercher à les réprimer, à les nier, ni à les dramatiser. Cette posture métacognitive permet d’accueillir la souffrance sans en déformer l’intensité ni le sens.
À l’autre extrême, la sur-identification (items 2, 6, 20, 24) se caractérise par une submersion affective et cognitive complète par les émotions négatives. L’individu est absorbé par la rumination mentale, grossit l’importance disproportionnée de l’événement fâcheux et s’identifie totalement à ses états de détresse (« Je suis mon échec »), annihilant tout recul réflexif et toute perspective objective.
6. Cadre théorique
Le cadre conceptuel de l’auto-compassion trouve ses racines dans la philosophie et la psychologie bouddhiste classique (notamment le concept de karuṇā ou compassion), tout en étant rigoureusement intégré aux paradigmes de la psychologie contemporaine occidentale, notamment la psychologie cognitive, la théorie de l’attachement et les neurosciences de l’affect.
Dans la perspective bouddhiste sécularisée, la compassion ne s’oriente pas exclusivement vers autrui : elle s’applique de manière universelle, incluant naturellement le sujet lui-même. Neff a articulé cette vision philosophique avec les exigences méthodologiques de la recherche empirique nord-américaine en traduisant les concepts contemplatifs en dimensions comportementales, cognitives et affectives mesurables. L’auto-compassion n’est ni de l’apitoiement sur soi (qui exagère la souffrance et isole le sujet), ni de l’indulgence complaisante (qui élude les responsabilités pour rechercher des gratifications immédiates), mais une force motivationnelle bienveillante visant le bien-être durable à long terme.
Sur le plan neuro-évolutionniste, le cadre théorique s’arrime aux travaux de Paul Gilbert sur la régulation des systèmes affectifs. Gilbert postule l’existence de trois grands systèmes neuronaux de régulation émotionnelle :
- Le système de menace et d’autoprotection (centré sur l’amygdale, l’adrénaline et le cortisol, responsable des réactions d’attaque, de fuite, d’autocritique et de sidération) ;
- Le système de motivation, de recherche de ressources et de gratification (dopaminergique, axé sur les buts, la réussite et l’ambition) ;
- Le système d’apaisement, de sécurité et d’affiliation (associé à l’ocytocine, aux endorphines et au tonus vagal ventral).
L’auto-compassion mesurée par la SCS représente l’activation intentionnelle du système d’apaisement et d’affiliation envers soi-même. Alors que l’autocritique active le système de menace (l’individu s’attaquant lui-même comme s’il était son propre prédateur), l’auto-compassion recrute les circuits neuronaux de l’attachement sécurisant, modérant l’activité de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HPA) et restaurant la variabilité de la fréquence cardiaque (VFC).
7. Validité
Les propriétés de validité de l’Échelle d’auto-compassion ont fait l’objet de centaines d’études empiriques à travers le monde, consolidant sa légitimité scientifique.
7.1. Validité de construit et validité convergente
Dans l’étude princeps de Neff (2003), la validité convergente a été démontrée par des corrélations négatives robustes et significatives entre le score global de la SCS et des mesures reconnues de détresse psychologique : la dépression évaluée par l’inventaire de Beck ($r = -0{,}51$), l’anxiété générale évaluée par le STAI de Spielberger ($r = -0{,}65$), ainsi que les tendances à la rumination mentale ($r = -0{,}54$) et à la suppression de pensées ($r = -0{,}42$). Concomitamment, des corrélations positives substantielles ont été observées avec des construits de bien-être psychologique : la satisfaction de vie ($r = 0{,}45$), l’optimisme ($r = 0{,}62$), l’autonomie ($r = 0{,}45$), la compétence perçue ($r = 0{,}49$) et l’affect positif.
7.2. Validité discriminante : distinction d’avec l’estime de soi et le narcissisme
Une étape déterminante de la validation empirique a consisté à prouver que l’auto-compassion se distingue nettement de l’estime de soi globale mesurée par l’échelle de Rosenberg. Bien que les deux construits soient modérément corrélés ($r \approx 0{,}56$ à $0{,}59$), l’auto-compassion ne présente aucune corrélation significative avec le narcissisme mesuré par le NPI (Narcissistic Personality Inventory), alors que l’estime de soi entretient des corrélations positives notables avec les traits narcissiques, la susceptibilité à la défense de l’ego et l’agressivité en situation de menace sociale. De surcroît, lorsque l’estime de soi est contrôlée par analyse de régression multiple, l’auto-compassion continue de prédire une variance unique significative de la stabilité émotionnelle et de la moindre anxiété face aux évaluations sociales.
7.3. Validité prédictive et sensibilité au changement
La SCS montre une validité prédictive remarquable face au stress académique, aux traumatismes de la vie quotidienne et aux situations de deuil. Les scores de l’échelle prédisent une meilleure adaptation physiologique (moindre élévation du cortisol salivaire lors du test de stress social de Trier, TSST) et une récupération cardiovasculaire plus rapide. Dans les essais cliniques randomisés (ex. Neff & Germer, 2013), la SCS a fait preuve d’une excellente sensibilité au changement, enregistrant des augmentations significatives de scores entre le pré-test et le post-test suite à des interventions de 8 semaines, gains qui demeurent stables lors des suivis à 6 mois et 1 an.
8. Fidélité
La fidélité psychométrique de la SCS a été abondamment documentée et démontre des niveaux de précision métrologique répondant aux critères les plus exigeants de la psychométrie contemporaine :
8.1. Cohérence interne
Dans l’échantillon de dérivation original de Neff (2003, $N = 391$), le coefficient alpha de Cronbach pour le score total de l’échelle s’élevait à $\alpha = 0{,}92$. Les coefficients de cohérence interne pour les six sous-échelles individuelles se sont avérés très satisfaisants :
- Bienveillance envers soi (Self-Kindness) : $\alpha = 0{,}78$
- Auto-jugement (Self-Judgment) : $\alpha = 0{,}79$
- Humanité commune (Common Humanity) : $\alpha = 0{,}79$
- Isolement (Isolation) : $\alpha = 0{,}79$ (atteignant $0{,}93$ dans certaines réplications internationales spécifiques)
- Pleine conscience (Mindfulness) : $\alpha = 0{,}75$ (variant jusqu’à $0{,}90$ selon les échantillons)
- Sur-identification (Over-Identification) : $\alpha = 0{,}81$ à $0{,}88$
Les estimations plus récentes basées sur le coefficient oméga de McDonald ($\omega$), qui ne présume pas la tau-équivalence des items, confirment des valeurs de fidélité composite supérieures à $0{,}90$ pour le facteur général composite.
8.2. Fidélité test-retest
La stabilité temporelle a été mesurée auprès d’un sous-échantillon d’étudiants sur un intervalle de trois semaines, révélant un coefficient de corrélation test-retest de $r = 0{,}93$ pour le score global d’auto-compassion. Les coefficients de corrélation pour les sous-échelles individuelles ont tous démontré une remarquable stabilité temporelle, oscillant entre $r = 0{,}80$ et $r = 0{,}88$, ce qui atteste que l’échelle mesure bien un trait psychologique stable plutôt qu’un état d’humeur purement transitoire.
9. Analyse factorielle
La structure factorielle de la SCS a stimulé d’importants débats méthodologiques et d’abondantes modélisations par équations structurelles au cours des deux dernières décennies :
9.1. Analyses factorielles exploratoires et confirmatoires initiales
Lors de la conception de l’instrument, des analyses factorielles exploratoires (AFE) avec rotation oblique ont mis en évidence la présence de six facteurs distincts mais intercorrélés, correspondant précisément aux six composantes théoriques postulées. L’analyse factorielle confirmatoire (AFC) de premier ordre a ensuite démontré que le modèle à six facteurs fournissait un ajustement adéquat aux données empiriques ($\text{CFI} = 0{,}90$, $\text{NNFI} = 0{,}89$, $\text{SRMR} = 0{,}054$). De plus, un modèle hiérarchique de second ordre, postulant qu’un facteur général d’ordre supérieur (« auto-compassion globale ») sous-tend et unifie les six dimensions de premier ordre, a présenté des indices d’ajustement satisfaisants ($\text{CFI} = 0{,}90$, $\text{RMSEA} = 0{,}062$). Les saturations factorielles standardisées des items sur leurs facteurs respectifs s’échelonnent typiquement entre $0{,}50$ et $0{,}82$.
9.2. Le débat sur le modèle bifactoriel vs modèle à deux facteurs
Un débat scientifique notable a été initié par des chercheurs comme Peter Muris et ses collaborateurs (2016), suggérant que les items positifs (bienveillance, humanité commune, pleine conscience) et les items inversés négatifs (auto-jugement, isolement, sur-identification) pourraient représenter deux construits orthogonaux distincts : l’« auto-compassion » d’une part, et l’« auto-critique » ou « vulnérabilité névrotique » d’autre part. En réponse, Neff et plusieurs méthodologistes (ex. Neff, Whittaker & Karl, 2017 ; Tóth-Király et al., 2020) ont réalisé d’amples modélisations bifactorielles (bifactor ESEM) sur de vastes cohortes internationales ($N > 11,000$). Ces analyses ont confirmé la supériorité statistique d’un modèle bifactoriel composé d’un facteur général d’auto-compassion expliquant la majorité de la variance commune fiable (indice de variance commune expliquée $\text{ECV} > 0{,}65$ à $0{,}75$), tout en préservant la variance spécifique des six sous-domaines. Cette architecture factorielle justifie pleinement l’utilisation clinique et scientifique d’un score total composite tout en autorisant l’exploration ciblée des six sous-échelles.
10. Instrument de mesure
L’instrument de mesure présente des spécifications techniques précises pour son administration et sa cotation :
- Format du questionnaire : Auto-questionnaire psychométrique standardisé composé de 26 énoncés déclaratifs rédigés à la première personne du singulier.
- Modalité de passation : Administration individuelle ou collective, sur support papier-crayon ou via des plateformes électroniques sécurisées. Temps moyen de passation estimé entre 5 et 8 minutes.
- Échelle de réponse : Échelle ordinale en 5 points avec ancrages descriptifs :
- 1 : Presque jamais (Almost Never)
- 2 : Rarement
- 3 : Parfois (Sometimes)
- 4 : Fréquemment
- 5 : Presque toujours (Almost Always)
- Répartition des items par sous-échelle :
- Bienveillance envers soi (Self-Kindness) : 5 items (5, 12, 19, 23, 26)
- Auto-jugement (Self-Judgment) : 5 items négatifs (1, 8, 11, 16, 21)
- Humanité commune (Common Humanity) : 4 items (3, 7, 10, 15)
- Isolement (Isolation) : 4 items négatifs (4, 13, 18, 25)
- Pleine conscience (Mindfulness) : 4 items (9, 14, 17, 22)
- Sur-identification (Over-identified) : 4 items négatifs (2, 6, 20, 24)
- Procédure de calcul des scores :
- Scores des sous-échelles : Calculer la moyenne arithmétique simple des items composant la sous-échelle considérée (les items négatifs ne sont pas inversés pour l’interprétation isolée de leur sous-échelle respective).
- Score global d’auto-compassion : Inverser au préalable la cotation des 13 items négatifs composant les sous-échelles Auto-jugement, Isolement et Sur-identification (le score 1 devient 5, le 2 devient 4, le 3 reste 3, le 4 devient 2 et le 5 devient 1). Calculer ensuite la moyenne arithmétique des 26 items de l’échelle (ou faire la somme moyenne des six scores dimensionnels). Un score global supérieur à 3,5 indique un niveau élevé d’auto-compassion, un score entre 2,5 et 3,5 traduit un niveau modéré, et un score inférieur à 2,5 signale un faible niveau d’auto-compassion.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
L’Échelle d’auto-compassion a été initialement publiée en 2003 par le Dr Kristin D. Neff. Concernant son statut de licence, de diffusion et de tarification :
- Accès et gratuité : L’instrument est mis gracieusement à disposition des chercheurs, des étudiants universitaires et des cliniciens dans le cadre d’activités de recherche académique, de travaux de thèse ou de consultations non commerciales. Aucune redevance financière n’est exigée pour son utilisation dans ces cadres.
- Autorisation d’utilisation : L’auteure accorde une permission ouverte d’utilisation sous réserve de citer scrupuleusement la publication de référence (Neff, 2003). L’échelle complète, sa version abrégée (SCS-SF de 12 items) ainsi que ses nombreuses traductions validées sont directement téléchargeables sur le portail scientifique officiel de Kristin Neff : https://self-compassion.org/.
- Exploitation commerciale et formations d’entreprise : Toute utilisation au sein de programmes d’entreprise rémunérés, d’applications logicielles commerciales ou de matériel éditorial sous copyright commercial requiert une demande formelle préalable auprès de l’auteure.
12. Références
Les publications scientifiques fondatrices et validations associées à l’instrument sont répertoriées ci-dessous en style APA (7e édition) :
- Azizi, A., Mohammadkhani, P., Lotfi, S., & Bahramkhani, M. (2013). The validity and reliability of the Iranian version of the Self-Compassion Scale. Iranian Journal of Clinical Psychology, 2(3), 17–23.
- Ghorbani, N., Watson, P. J., Chen, Z., & Norballa, F. (2012). Self-compassion in Iranian Muslims: Relationships with integrative self-knowledge, mental health, and religious orientation. International Journal for the Psychology of Religion, 22(2), 106–118. https://doi.org/10.1080/10508619.2011.638601
- Kotsou, I., & Leys, C. (2016). Self-Compassion Scale (SCS): Validation de la version française de l’échelle d’auto-compassion. Revue Européenne de Psychologie Appliquée / European Review of Applied Psychology, 66(6), 269–277. https://doi.org/10.1016/j.erap.2016.06.002
- Muris, P., & Petrocchi, N. (2017). Protection or vulnerability? A meta-analysis of the relations between the positive and the negative components of self-compassion and psychopathology. Clinical Psychology & Psychotherapy, 24(2), 373–383. https://doi.org/10.1002/cpp.2005
- Neff, K. D. (2003). Development and validation of a scale to measure self-compassion. Self and Identity, 2(3), 223–250. https://doi.org/10.1080/15298860309027
- Neff, K. D. (2016). The Self-Compassion Scale is a valid and theoretically robust measure of self-compassion. Mindfulness, 7(1), 264–274. https://doi.org/10.1007/s12671-015-0479-3
- Neff, K. D., & Germer, C. K. (2013). A pilot study and randomized controlled trial of the mindful self-compassion program. Journal of Clinical Psychology, 69(1), 28–44. https://doi.org/10.1002/jclp.21923
- Neff, K. D., Whittaker, R., & Karl, A. (2017). Evaluating the factor structure of the Self-Compassion Scale in four distinct populations: Is the use of a total scale score justified? Journal of Personality Assessment, 99(6), 596–607. https://doi.org/10.1080/00223891.2016.1269334
- Samaie, G., & Farahani, H. A. (2011). Self-compassion as a moderator of the relationship between rumination, self-reflection and stress. Procedia – Social and Behavioral Sciences, 30, 978–982. https://doi.org/10.1016/j.sbspro.2011.10.190
- Tóth-Király, I., Bőthe, B., & Orosz, G. (2020). Exploratory structural equation modeling bifactor analysis of the Self-Compassion Scale. Mindfulness, 11(2), 438–450. https://doi.org/10.1007/s12671-019-01261-0
13. Questions et items du questionnaire
HOW I TYPICALLY ACT TOWARDS MYSELF IN DIFFICULT TIMES
Response Scale: 1 = Almost Never, 2, 3 = Sometimes, 4, 5 = Almost Always
- I’m disapproving and judgmental about my own flaws and inadequacies.
- When I’m feeling down I tend to obsess and fixate on everything that’s wrong.
- When things are going badly for me‚ I see the difficulties as part of life that everyone goes through.
- When I think about my inadequacies‚ it tends to make me feel more separate and cut off from the rest of the world.
- I try to be loving towards myself when I’m feeling emotional pain.
- When I fail at something important to me I become consumed by feelings of inadequacy.
- When I’m down and out‚ I remind myself that there are lots of other people in the world feeling like I am.
- When times are really difficult‚ I tend to be tough on myself.
- When something upsets me I try to keep my emotions in balance.
- When I feel inadequate in some way‚ I try to remind myself that feelings of inadequacy are shared by most people.
- I’m intolerant and impatient towards those aspects of my personality I don’t like.
- When I’m going through a very hard time‚ I give myself the caring and tenderness I need.
- When I’m feeling down‚ I tend to feel like most other people are probably happier than I am.
- When something painful happens I try to take a balanced view of the situation.
- I try to see my failings as part of the human condition.
- When I see aspects of myself that I don’t like‚ I get down on myself.
- When I fail at something important to me I try to keep things in perspective.
- When I’m really struggling‚ I tend to feel like other people must be having an easier time of it.
- I’m kind to myself when I’m experiencing suffering.
- When something upsets me I get carried away with my feelings.
- I can be a bit cold-hearted towards myself when I’m experiencing suffering.
- When I’m feeling down I try to approach my feelings with curiosity and openness.
- I’m tolerant of my own flaws and inadequacies.
- When something painful happens I tend to blow the incident out of proportion.
- When I fail at something that’s important to me‚ I tend to feel alone in my failure.
- I try to be understanding and patient towards those aspects of my personality I don’t like.