Croyances envers les services psychologiques (BAPS)

Découvrez l’échelle BAPS (Beliefs About Psychological Services) développée par Stefanía Ægisdóttir et Lawrence H. Gerstein : structure factorielle, validité, items et analyse psychométrique.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 3, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 3, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’échelle des Croyances envers les services psychologiques (Beliefs About Psychological Services, ou BAPS), développée par Stefanía Ægisdóttir et Lawrence H. Gerstein en 2009, est un instrument psychométrique auto-rapporté conçu pour évaluer les attitudes, les attentes cognitives et les dispositions comportementales des individus à l’égard de la consultation psychologique professionnelle. Créée en réponse aux limites méthodologiques et factorielles des instruments antérieurs — notamment l’historique échelle d’attitudes de Fischer et Turner (1970) —, la BAPS offre une modélisation multidimensionnelle robuste, articulée autour de 18 items mesurés sur une échelle de Likert en six points allant de 1 (« Fortement en désaccord ») à 6 (« Fortement d’accord »).

L’architecture factorielle de la BAPS repose sur trois sous-échelles complémentaires : (1) L’Intention (Intent, 6 items), qui apprécie la volonté explicite et la disposition prospective de recourir à l’aide d’un psychologue face à des détresses émotionnelles ou interpersonnelles majeures ; (2) La Tolérance à la stigmatisation (Stigma Tolerance, 8 items), qui jauge la capacité du sujet à surmonter la stigmatisation sociale, le jugement d’autrui et la menace pour l’estime de soi associée à la démarche thérapeutique ; et (3) L’Expertise perçue (Expertness, 4 items), qui quantifie la reconnaissance des compétences techniques, de la formation clinique rigoureuse et de la déontologie professionnelle des praticiens de la santé mentale.

Les propriétés psychométriques de la BAPS démontrent une cohérence interne élevée, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,72 et 0,89 pour les sous-échelles et atteignant environ 0,88 pour le score composite total. La fidélité test-retest atteste d’une stabilité temporelle remarquable sur plusieurs semaines. La validité de construit, confirmée par des analyses factorielles exploratoires et confirmatoires rigoureuses, est confortée par des corrélations convergentes probantes avec les mesures d’auto-stigmatisation, de conflits de rôle de genre et d’intentions réelles de prise en charge clinique. En milieu universitaire, clinique et transculturel, la BAPS s’impose comme un outil standardisé incontournable pour investiguer les déterminants de l’engagement envers les soins psychologiques.

2. Mots-clés / Keywords

Croyances envers les services psychologiques, BAPS, recherche d’aide psychologique, attitudes envers la psychothérapie, tolérance à la stigmatisation, expertise psychologique, intention comportementale, psychométrie, validation transculturelle, santé mentale.

3. Auteurs / Authors

L’échelle BAPS a été formalisée et validée conjointement par deux figures éminentes de la psychologie du conseil (Counseling Psychology) :

  • Stefanía Ægisdóttir, Ph.D. : Professeure émérite au Département de psychologie du conseil, de psychologie sociale et d’orientation (Department of Counseling Psychology, Social Psychology, and Counseling) du Teachers College de la Ball State University (Muncie, Indiana, États-Unis). Ses axes de recherche portent sur les processus de demande d’aide psychologique, la compétence transculturelle, l’adaptation internationale des instruments psychométriques et les dynamiques du jugement clinique. (Contact institutionnel : Department of Counseling Psychology, Ball State University, Muncie, IN 47306, USA).
  • Lawrence H. Gerstein, Ph.D. : Professeur titulaire distingué (George and Frances Ball Distinguished Professor of Psychology) et directeur du Center for Peace and Mental Health Promotion à la Ball State University. Chercheur prolifique, il est internationalement reconnu pour ses travaux sur la justice sociale, la médiation interculturelle, la prévention de la violence et la désensibilisation à la stigmatisation psychiatrique à l’échelle mondiale.

4. Objectif / Purpose

Le développement de la BAPS par Ægisdóttir et Gerstein (2009) découle du constat d’une disparité frappante entre la prévalence élevée des troubles psychiques au sein de la population générale et le faible taux de recours aux dispositifs de soins spécialisés. Pendant plus de trois décennies, l’évaluation des dispositions psychologiques envers la psychothérapie s’est principalement appuyée sur l’échelle Attitudes Toward Seeking Professional Psychological Help (ATSPPHS) de Fischer et Turner (1970). Cependant, l’ATSPPHS présentait de substantielles faiblesses psychométriques : une redondance conceptuelle, une instabilité structurelle de sa factorisation à travers différentes populations, ainsi qu’un vocabulaire désuet qui ne reflétait plus l’évolution contemporaine de la profession de psychologue et des représentations sociétales de la santé mentale.

L’objectif fondamental de la BAPS est donc d’offrir une mesure brève, psychométriquement robuste et théoriquement unifiée, capable d’isoler les leviers et les entraves psychologiques influençant l’itinéraire thérapeutique d’un sujet. La BAPS a été conçue pour expliciter les mécanismes sociocognitifs et émotionnels qui modulent le passage d’une détresse vécue à l’acte concret de consultation d’un praticien.

Dans les contextes appliqués et la recherche clinique, la BAPS remplit plusieurs fonctions majeures :

  • Dépistage et prédiction du comportement de santé mentale : Elle permet d’identifier précocement les profils à risque de renoncement aux soins, chez lesquels des croyances dysfonctionnelles ou une peur aiguë de l’opprobre social entravent la prise de contact avec des structures thérapeutiques.
  • Évaluation des programmes de psychoéducation et de déstigmatisation : La BAPS sert d’indicateur pré/post-test standardisé pour mesurer l’impact de campagnes publiques de sensibilisation, d’ateliers universitaires de réduction de la honte liée à la détresse, ou d’interventions ciblées sur des populations traditionnellement réticentes (ex. : étudiants de première année, militaires, hommes confrontés à des conflits de rôles masculins stéréotypés).
  • Recherche transculturelle et intersectionnelle : L’outil fournit un cadre calibré pour comparer les systèmes de croyances entre différentes cultures, ethnies ou sous-groupes sociodémographiques, en tenant compte des perceptions divergentes de l’autorité médicale et de l’intimité familiale.
  • Affinement de l’alliance thérapeutique initiale : En contexte clinique, les réponses à l’échelle permettent au psychologue de repérer les craintes sous-jacentes du patient dès l’anamnèse (par exemple, le doute sur la confidentialité, l’appréhension d’être jugé faible ou le scepticisme envers l’utilité des entretiens verbaux), facilitant ainsi un ajustement immédiat du cadre relationnel.

5. Construit psychologique / Construct

L’échelle BAPS appréhende les croyances envers les services psychologiques non pas comme une attitude globale unidimensionnelle, mais comme un système triadique interactif. Ce construit articule les prédispositions conatives (l’intention d’agir), les mécanismes défensifs et affectifs liés au regard social (la tolérance au stigmate), et les jugements épistémiques portant sur la compétence professionnelle (l’expertise perçue).

1. L’Intention (Intent)

La sous-échelle « Intention » (composée de 6 items : 1, 2, 3, 4, 6 et 12) mesure la composante conative et prospective de l’attitude. Elle évalue la détermination avouée d’un individu à initier une démarche auprès d’un psychologue s’il traversait une période prolongée d’adversité psychologique ou de détresse émotionnelle sévère. Cette dimension examine également la disposition à recommander un thérapeute à un proche en souffrance et l’acceptation de partager des éléments personnels intimes au sein d’un cadre professionnel (ex. : Item 2 : « I would be willing to confide my intimate concerns to a psychologist »).

Un score élevé dans cette dimension dénote une proactivité psychologique, une perméabilité aux dispositifs formels de prise en charge et une acceptation de l’aide extérieure comme ressource d’adaptation légitime. À l’inverse, un score faible traduit un repli, une préférence marquée pour l’autosuffisance défensive ou un évitement systématique de la relation d’aide clinique.

2. La Tolérance à la stigmatisation (Stigma Tolerance)

Cette composante fondamentale (comrenant 8 items : 5, 8, 10, 11, 13, 15, 17 et 18) explore l’aptitude de l’individu à affronter, neutraliser ou transcender le coût social et identitaire associé au statut d’usager des services de santé mentale. Les représentations collectives véhiculent fréquemment des stéréotypes négatifs associant la thérapie à l’instabilité caractérielle, à la perte de contrôle, à la déficience morale ou à une faiblesse personnelle indélébile (ex. : Item 8 : « Going to a psychologist means that I am a weak person » ; Item 10 : « Having received help from a psychologist stigmatizes a person’s life »).

Dans la BAPS, cette dimension aborde également la réticence à divulguer des conflits intimes à une personne étrangère (Item 11) et le sentiment d’aliénation face à des professionnels perçus comme trop éloignés socialement ou intellectuellement (Item 17). Presque tous les items de cette sous-échelle sont formulés négativement et requièrent une inversion lors du calcul du score. Par conséquent, un score élevé à la Stigma Tolerance reflète une immunité relative face au regard réprobateur d’autrui, une faible intériorisation de l’auto-stigmatisation et une conviction affirmée que la santé mentale ne remet aucunement en cause la valeur personnelle de l’individu.

3. L’Expertise perçue (Expertness)

Composée de 4 items (7, 9, 14 et 16), la sous-échelle « Expertise » mesure l’évaluation cognitive de la légitimité scientifique, technique et éthique des psychologues. Elle évalue la croyance selon laquelle la formation spécialisée confère aux psychologues une compréhension approfondie des mécanismes du comportement humain et des compétences méthodologiques pour coconstruire des solutions thérapeutiques efficaces (Item 7 et Item 16).

Cette dimension englobe également la confiance fondamentale envers le cadre déontologique, notamment la garantie absolue du secret professionnel et de la confidentialité (Item 14), ainsi que l’assurance de bénéficier d’une posture bienveillante et non culpabilisante (Item 9 : « Psychologists are good to talk to because they do not blame you for the mistakes you have made »). Une note élevée traduit une confiance éclairée dans l’efficience de la profession, réduisant l’incertitude et la méfiance souvent associées à la dynamique du transfert clinique.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’élaboration de la BAPS s’enracine dans une convergence de modèles issus de la psychologie sociale de la santé, des sciences cognitives de la décision et de la sociologie de la déviance.

La Théorie du Comportement Planifié (Ajzen)

Le socle structural majeur de l’échelle repose sur la Théorie du Comportement Planifié formulée par Icek Ajzen (1991). Selon ce paradigme, l’adoption effective d’un comportement finalisé — en l’occurrence, franchir la porte d’un cabinet de psychologie — est immédiatement prédite par l’intention comportementale. Cette intention est elle-même façonnée par trois forces :

  • Les attitudes envers le comportement : traduites dans la BAPS par l’utilité attribuée à la thérapie et la confiance dans l’expertise des cliniciens (Expertness).
  • Les normes subjectives : correspondant à la pression normative perçue et à l’anticipation du jugement des pairs, composantes directement ciblées par la Stigma Tolerance.
  • Le contrôle comportemental perçu : modulé par le sentiment que la psychothérapie constitue un moyen accessible, compréhensible et réalisable de résoudre un problème personnel.

Les modèles de stigmatisation sociale et d’auto-stigmatisation (Goffman, Corrigan, Vogel)

La formulation de la BAPS intègre substantiellement les apports d’Erving Goffman (1963) sur la stigmatisation en tant qu’identité sociale dépréciée, ainsi que les développements contemporains de Patrick W. Corrigan (2004) et de David L. Vogel (2006, 2007) sur l’auto-stigmatisation (self-stigma). Ces théoriciens ont démontré que la peur du discrédit public (stigmatisation publique) est fréquemment internalisée par l’individu, générant une baisse drastique de l’auto-efficacité et de l’estime de soi. Le renoncement à consulter fonctionne ainsi comme un mécanisme de défense visant à préserver l’intégrité du soi face au label péjoratif d’incompétence ou de vulnérabilité psychologique. La sous-échelle de tolérance au stigmate opérationnalise précisément ce seuil de résistance individuelle à la honte internalisée.

Le modèle d’influence interpersonnelle de Strong

L’inclusion de la dimension Expertness s’inspire du modèle d’influence sociale en relation d’aide de Stanley R. Strong (1968). D’après Strong, le succès et l’attractivité de la psychothérapie reposent sur la perception préalable que le patient se fait des caractéristiques du praticien : son statut d’expert compétent, sa bienveillance empathique et son impartialité morale. Sans une croyance a priori en la compétence technique du psychologue, la valeur attribuée au processus d’introspection dialoguée s’effondre.

7. Validité / Validity

Les études initiales menées par Stefanía Ægisdóttir et Lawrence H. Gerstein (2009), complétées par plusieurs recherches indépendantes ultérieures, apportent un soutien empirique rigoureux aux différentes facettes de la validité métrologique de la BAPS.

Validité de construit et validité factorielle

La confirmation de la validité de construit s’est faite au moyen d’analyses factorielles confirmatoires menées sur divers échantillons d’adultes et d’étudiants universitaires. Les indices statistiques ont attesté que la configuration tri-factorielle modélisait les données de manière nettement supérieure aux modèles rivaux unifactoriels ou bifactoriels. Le modèle à trois facteurs corrélés a produit un ajustement remarquable :

  • Indice de comparabilité de Bentler (CFI) > 0,93
  • Indice de Tucker-Lewis (TLI) > 0,91
  • Racine de l’erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) compris entre 0,045 et 0,062
  • Résidu standardisé quadratique moyen (SRMR) ≤ 0,050

Validité convergente et concourante

La validité convergente de la BAPS a été établie en examinant ses associations avec des échelles de référence :

  • Des corrélations positives fortes à modérées ont été rapportées entre le score total de la BAPS et l’échelle abrégée des attitudes envers la recherche d’aide de Fischer et Farina (1995), avec des coefficients compris entre r = 0,65 et r = 0,78 (p < 0,001).
  • Des corrélations positives significatives ont été observées avec l’échelle Inventory of Attitudes Toward Seeking Mental Health Services (IASMHS ; Mackenzie et al., 2004), confirmant que la BAPS appréhende les dimensions universelles de l’ouverture aux soins.
  • La sous-échelle Stigma Tolerance présente une corrélation inverse substantielle avec l’échelle Self-Stigma of Seeking Help (SSOSH ; Vogel et al., 2006 ; r = -0,55 à -0,68), illustrant fidèlement le fait qu’une haute tolérance au stigmate s’accompagne d’une réduction drastique de la honte intériorisée.

Validité discriminante

La BAPS démontre une validité discriminante satisfaisante vis-à-vis des mesures de désirabilité sociale (ex. : échelle de Marlowe-Crowne), avec des coefficients de corrélation négligeables à faibles (r < 0,15, non significatifs pour la majorité des items), attestant que les réponses ne reflètent pas un simple biais de conformisme social. De surcroît, les scores distinguent nettement les individus ayant un historique d’au moins une consultation psychologique de ceux qui n’ont jamais recouru aux soins, les premiers obtenant des scores significativement plus élevés sur les échelles d’Intention et de Tolérance au stigmate.

Validité prédictive

Les investigations longitudinales ont confirmé que la sous-échelle Intent de la BAPS prédit significativement la démarche ultérieure de prise de rendez-vous effectif auprès des centres de santé mentale universitaires, même après contrôle des niveaux initiaux de symptomatologie dépressive ou d’anxiété générale.

8. Fidélité / Reliability

L’évaluation de la consistance métrologique de la BAPS démontre une stabilité temporelle et une cohérence interne remarquables dans de nombreux contextes d’investigation.

Cohérence interne (Alpha de Cronbach & Omega de McDonald)

Dans l’échantillon initial de standardisation (Ægisdóttir & Gerstein, 2009), comprenant plusieurs cohortes d’étudiants et d’adultes nord-américains, les coefficients de cohérence interne calculés étaient particulièrement robustes :

  • Score total BAPS (18 items) : α = 0,86 à 0,89.
  • Sous-échelle Intention (6 items) : α = 0,82 à 0,85.
  • Sous-échelle Tolérance au stigmate (8 items) : α = 0,78 à 0,83.
  • Sous-échelle Expertise (4 items) : α = 0,72 à 0,78.

Des travaux subséquents conduits dans des populations diverses — notamment l’étude d’Adams (2010) analysant les conflits de rôle de genre masculins, ou encore des études d’adaptation internationale (par exemple auprès de cohortes islandaises ou moyen-orientales) — ont rapporté des valeurs de cohérence interne homogènes, avec des coefficients d’oméga hiérarchique (ω) et d’alpha (α) excédant continuellement le seuil conventionnel de recevabilité de 0,70 pour l’ensemble des dimensions.

Fidélité test-retest (Stabilité temporelle)

La fidélité test-retest a été investiguée sur un intervalle de trois à quatre semaines chez un groupe d’étudiants en l’absence d’intervention psychologique intermédiaire. Les coefficients de corrélation intraclasse (CCI) et de corrélation linéaire de Pearson étaient :

  • Score global BAPS : r = 0,84 (p < 0,001).
  • Sous-échelle Intention : r = 0,81.
  • Sous-échelle Tolérance au stigmate : r = 0,79.
  • Sous-échelle Expertise : r = 0,76.

Ces données démontrent que les croyances évaluées par la BAPS constituent des dispositions attitudinales relativement stables dans le temps, tout en conservant une plasticité mesurable face à des interventions psychoéducatives ciblées.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Le protocole analytique déployé lors de l’élaboration de la BAPS a suivi un modèle séquentiel rigoureux en deux phases : une analyse factorielle exploratoire (AFE) sur un premier échantillon de dérivation, suivie d’une analyse factorielle confirmatoire (AFC) sur un échantillon de validation croisée indépendant.

Analyse factorielle exploratoire (AFE)

Lors de la phase initiale de réduction des items, un ensemble de propositions théoriques a été soumis à une extraction en composantes principales et en factorisation d’axes principaux, suivie d’une rotation oblique (Promax), en accord avec l’hypothèse théorique postulant des corrélations naturelles entre les sous-dimensions de l’attitude. Les critères d’extraction (critère de Kaiser des valeurs propres supérieures à 1 et examen du diagramme d’éboulis de Cattell) ont nettement mis en évidence l’émergence de trois facteurs fondamentaux expliquant une part prépondérante de la variance totale :

  • Facteur 1 : Tolérance à la stigmatisation (Stigma Tolerance). Ce facteur a regroupé les items mettant en jeu la peur du ridicule, le sentiment d’infériorité lié à la thérapie et la réticence à s’ouvrir à un tiers, avec des saturations factorielles solides oscillant entre 0,46 et 0,79.
  • Facteur 2 : Intention (Intent). Ce facteur a isolé les comportements déclarés d’engagement volontaire et d’orientation proactive, avec des saturations factorielles comprises entre 0,55 et 0,83.
  • Facteur 3 : Expertise (Expertness). Ce facteur a agrégé les items relatifs à l’utilité des connaissances scientifiques du psychologue et au respect strict de la confidentialité, avec des saturations s’échelonnant entre 0,51 et 0,75.

Les saturations croisées demeuraient marginales (< 0,30), confirmant la netteté et la pertinence géométrique de la structure tridimensionnelle sans ambiguïté item-facteur.

Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

Sur un échantillon distinct de participants (N > 300), une AFC conduite par modélisation d’équations structurelles a confronté le modèle à trois dimensions à plusieurs configurations concurrentes (modèle unidimensionnel global et modèle bidimensionnel combinant Intention et Tolérance). Les résultats d’adéquation ont formellement validé la supériorité du modèle à trois dimensions obliques :

Modèle testé χ² / dl CFI TLI RMSEA [IC 90%] SRMR
Modèle unidimensionnel (1 facteur) 5,12 0,74 0,70 0,115 [0,105 – 0,125] 0,098
Modèle bidimensionnel 3,45 0,84 0,81 0,089 [0,078 – 0,099] 0,072
Modèle BAPS 3 facteurs (Ægisdóttir & Gerstein) 1,82 0,95 0,94 0,051 [0,039 – 0,063] 0,046

Ces coefficients démontrent sans équivoque que la décomposition des croyances en trois domaines spécifiques offre la représentation la plus fidèle de la réalité empirique.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom du test : Beliefs About Psychological Services (BAPS) [Croyances envers les services psychologiques].
  • Type d’évaluation : Questionnaire psychométrique auto-rapporté, utilisable en format papier-crayon ou par passation numérique en ligne.
  • Durée de passation : Environ 5 à 10 minutes.
  • Nombre d’items : 18 items formulés sous la forme d’affirmations déclaratives.
  • Échelle de réponse : Échelle de type Likert en 6 points sans point médian neutre :
    1 = Fortement en désaccord (Strongly Disagree)
    2 = Modérément en désaccord (Moderately Disagree)
    3 = Légèrement en désaccord (Slightly Disagree)
    4 = Légèrement d’accord (Slightly Agree)
    5 = Modérément d’accord (Moderately Agree)
    6 = Fortement d’accord (Strongly Agree)
  • Répartition des sous-échelles :
    • Intention (Intent) : 6 items (Items 1, 2, 3, 4, 6, 12).
    • Tolérance à la stigmatisation (Stigma Tolerance) : 8 items (Items 5, 8, 10, 11, 13, 15, 17, 18).
    • Expertise perçue (Expertness) : 4 items (Items 7, 9, 14, 16).
  • Items inversés (Reverse Scoring) : Les items 5, 8, 10, 11, 13, 15 et 17 doivent impérativement être inversés avant le calcul des scores (transformation : 1 → 6, 2 → 5, 3 → 4, 4 → 3, 5 → 2, 6 → 1). À noter que l’item 18 est le seul item de la sous-échelle Stigma Tolerance coté dans le sens direct.
  • Cotation et calcul des scores :
    • Les scores peuvent être calculés soit par la somme arithmétique simple, soit par la moyenne des items constitutifs de chaque sous-échelle.
    • Score moyen d’Intention : Somme (1, 2, 3, 4, 6, 12) ÷ 6 (plage de 1,00 à 6,00).
    • Score moyen de Tolérance au stigmate : Somme (5_rev, 8_rev, 10_rev, 11_rev, 13_rev, 15_rev, 17_rev, 18) ÷ 8 (plage de 1,00 à 6,00).
    • Score moyen d’Expertise : Somme (7, 9, 14, 16) ÷ 4 (plage de 1,00 à 6,00).
    • Score BAPS global : Somme de l’ensemble des 18 items (après inversion) ÷ 18. Un score élevé reflète des attitudes globales et des croyances éminemment favorables aux soins psychologiques.
  • Interprétation :
    • Scores moyens ≥ 4,5 : Croyances très favorables, haute réceptivité thérapeutique, tolérance élevée au regard social.
    • Scores moyens compris entre 3,0 et 4,4 : Croyances modérées, ambivalence relative ou incertitudes quant à l’efficacité du cadre.
    • Scores moyens < 3,0 : Croyances défavorables, barrières stigmatisantes prégnantes, réticence massive à l’engagement clinique.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication initiale : 2009.
  • Titulaires des droits et éditeur : Stefanía Ægisdóttir et Lawrence H. Gerstein. L’article fondateur de validation princeps a été publié sous l’égide des éditions Routledge / Taylor & Francis au sein de la revue Counselling Psychology Quarterly.
  • Tarifs et conditions financières : L’accès et l’exploitation de l’échelle BAPS sont totalement gratuits dans le cadre d’études académiques, de recherches scientifiques universitaires indépendantes, de thèses de doctorat, de mémoires cliniques et d’usages institutionnels non lucratifs.
  • Modalités de permission : Les auteurs autorisent l’utilisation de la BAPS sous réserve d’une citation bibliographique formelle et rigoureuse de la publication princeps d’Ægisdóttir et Gerstein (2009). Toute adaptation commerciale, intégration au sein d’un logiciel payant ou déploiement dans le cadre de programmes de santé lucratifs requiert une autorisation écrite préalable accordée par les auteurs ou la maison d’édition gestionnaire des droits d’exploitation commerciale.

12. Références / References

  • Adams, D. F. (2010). The Relationship between Gender Role Conflict and Attitudes towards Help-Seeking: What is the Role of Maladaptive Coping? (Master’s thesis, Ball State University, Muncie, Indiana). https://cardinalscholar.bsu.edu/handle/123456789/193356
  • Ægisdóttir, S., & Gerstein, L. H. (2009). Beliefs about psychological services (BAPS): Development and psychometric properties. Counselling Psychology Quarterly, 22(2), 197–219. https://doi.org/10.1080/09515070903157299
  • Ajzen, I. (1991). The theory of planned behavior. Organizational Behavior and Human Decision Processes, 50(2), 179–211. https://doi.org/10.1016/0749-5978(91)90020-T
  • Corrigan, P. (2004). How stigma interferes with mental health care. American Psychologist, 59(7), 614–625. https://doi.org/10.1037/0003-066X.59.7.614
  • Fischer, E. H., & Farina, A. (1995). Attitudes toward seeking professional psychological help: A shortened form and considerations for research. Journal of College Student Development, 36(4), 368–373.
  • Fischer, E. H., & Turner, J. L. (1970). Orientations to seeking professional help: Development and research utility of an attitude scale. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 35(1), 79–90. https://doi.org/10.1037/h0029636
  • Goffman, E. (1963). Stigma: Notes on the management of spoiled identity. Prentice-Hall.
  • Mackenzie, C. S., Knox, V. J., Gekoski, W. L., & Macaulay, H. L. (2004). An adaptation and extension of the Attitudes Toward Seeking Professional Psychological Help Scale. Journal of Applied Social Psychology, 34(11), 2410–2435. https://doi.org/10.1111/j.1559-1816.2004.tb01984.x
  • Strong, S. R. (1968). Counseling: An interpersonal influence process. Journal of Counseling Psychology, 15(3), 215–224. https://doi.org/10.1037/h0025700
  • Vogel, D. L., Wade, N. G., & Haake, S. (2006). Measuring the self-stigma associated with seeking help: Development and evaluation of the Self-Stigma of Seeking Help Scale. Journal of Counseling Psychology, 53(3), 325–337. https://doi.org/10.1037/0022-0167.53.3.325
  • Vogel, D. L., Wade, N. G., & Hackler, A. H. (2007). Perceived public stigma and the willingness to seek counseling: The mediating roles of self-stigma and attitudes toward counseling. Journal of Counseling Psychology, 54(1), 40–50. https://doi.org/10.1037/0022-0167.54.1.40

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Instructions: Below are 18 statements regarding psychological services. Please indicate your level of agreement or disagreement with each statement using the following scale:

(1) Strongly Disagree | (2) Moderately Disagree | (3) Slightly Disagree | (4) Slightly Agree | (5) Moderately Agree | (6) Strongly Agree


  1. If a good friend asked my advice about a serious problem, I would recommend that he/she see a psychologist.
  2. I would be willing to confide my intimate concerns to a psychologist.
  3. Seeing a psychologist is helpful when you are going through a difficult time in your life.
  4. At some future time, I might want to see a psychologist.
  5. I would feel uneasy going to a psychologist because of what some people might think.
  6. If I believed I was having a serious problem, my first inclination would be to see a psychologist.
  7. Because of their training, psychologists can help you find solutions to your problems.
  8. Going to a psychologist means that I am a weak person.
  9. Psychologists are good to talk to because they do not blame you for the mistakes you have made.
  10. Having received help from a psychologist stigmatizes a person’s life.
  11. There are certain problems that should not be discussed with a stranger such as a psychologist.
  12. I would see a psychologist if I were worried or upset for a long period of time.
  13. Psychologists make people feel that they cannot deal with their problems.
  14. It is good to talk to someone like a psychologist because everything you say is confidential.
  15. Talking about problems with a psychologist strikes me as a poor way to get rid of emotional conflicts.
  16. Psychologists provide valuable advice because of their knowledge about human behavior.
  17. It is difficult to talk about personal issues with highly educated people such as psychologists.
  18. If I thought I needed psychological help, I would get this help no matter who knew I was receiving assistance.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 3). Croyances envers les services psychologiques (BAPS). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/croyances-envers-les-services-psychologiques-baps/
Looti, Mohammed. “Croyances envers les services psychologiques (BAPS).” Base de données de psychologie en français, 3 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/croyances-envers-les-services-psychologiques-baps/.
Looti, Mohammed. “Croyances envers les services psychologiques (BAPS).” Base de données de psychologie en français. octobre 3, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/croyances-envers-les-services-psychologiques-baps/.