Comportements alimentaires compensatoires liés à la consommation d’alcool (CEBRACS)

L’échelle CEBRACS évalue les comportements alimentaires compensatoires liés à la consommation d’alcool (« drunkorexie »). Présentation complète, validation psychométrique et items de l’outil.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 9, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 9, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé

L’échelle des comportements alimentaires compensatoires liés à la consommation d’alcool, désignée sous l’acronyme anglophone CEBRACS (Compensatory Eating Behaviors Related to Alcohol Consumption), constitue le premier instrument psychométrique standardisé conçu pour quantifier et caractériser les conduites alimentaires désordonnées spécifiquement adoptées en prévision, pendant ou à la suite d’épisodes de consommation de boissons alcoolisées. Développée initialement par Courtney J. Rahal, Judith B. Bryant, Jack Darkes, Jessie E. Menzel et J. Kevin Thompson (2012) à l’Université de South Florida, cette échelle répond à l’émergence d’un phénomène comportemental complexe fréquemment désigné dans la culture populaire et la littérature empirique sous le terme de « drunkorexie » (ou alcoolorexie).

Le CEBRACS est composé de 21 items auto-rapportés évaluant la fréquence des comportements compensatoires au cours des trois derniers mois précédant l’évaluation. Les conduites sont évaluées à travers une échelle de réponse ordinale de type Likert en 5 points, allant de 1 (« Jamais » / Never) à 5 (« Presque tout le temps » / Almost all the time). La modélisation psychométrique de l’instrument met en évidence une structure multidimensionnelle articulée autour de quatre facteurs robustes : (1) l’accentuation des effets de l’alcool (Alcohol Effects, 7 items), (2) les comportements de purge et de type boulimique (Bulimia, 6 items), (3) le régime et l’exercice physique compensatoire (Diet and Exercise, 6 items), et (4) la restriction alimentaire calorique sévère (Restriction, 2 items).

Les études de validation initiales et subséquentes rapportent d’excellentes qualités métrologiques. La consistance interne globale est exceptionnellement élevée, avec des coefficients alpha de Cronbach (α) oscillant généralement entre .88 et .93 pour l’échelle totale, et des valeurs situées entre .75 et .91 pour les différentes sous-échelles. L’analyse factorielle confirmatoire démontre un ajustement satisfaisant aux données empiriques. Sur le plan de la validité nomologique, les scores au CEBRACS corrèlent de façon significative et positive avec les mesures de pathologie du comportement alimentaire (telles que l’EDE-Q et le BULIT-R), la consommation problématique d’alcool (mesurée via l’AUDIT), l’insatisfaction corporelle, la recherche de minceur et la prise de risque comportementale en milieu universitaire. Cet outil offre ainsi aux cliniciens et aux chercheurs un cadre rigoureux pour le dépistage précoce, l’évaluation dimensionnelle et la planification d’interventions ciblées.

2. Mots-clés

CEBRACS, drunkorexie, alcoolorexie, troubles des conduites alimentaires, consommation d’alcool, comportements compensatoires, restriction calorique, purge, étudiants universitaires, psychométrie.

3. Auteurs

L’échelle des comportements alimentaires compensatoires liés à la consommation d’alcool (CEBRACS) a été conceptualisée et validée par une équipe de chercheurs spécialisés en psychologie clinique, en psychométrie et dans l’étude des troubles des conduites alimentaires et des dépendances à l’Université de South Florida (Tampa, Floride, États-Unis) :

  • Courtney J. Rahal, Ph.D. : Département de psychologie, University of South Florida. Co-conceptrice principale de l’instrument dans le cadre de ses recherches doctorales sur l’intersection entre l’image corporelle et l’abus de substances.
  • Judith B. Bryant, Ph.D. : Professeure de psychologie au Département de psychologie de l’University of South Florida. Spécialiste de la psychologie du développement, des méthodes de recherche et des comportements de santé chez les jeunes adultes.
  • Jack Darkes, Ph.D. : Département de psychologie, University of South Florida. Spécialiste des addictions, des attentes relatives à l’alcool (alcohol expectancies) et des mécanismes cognitivo-comportementaux associés à la consommation de substances.
  • Jessie E. Menzel, Ph.D. : Chercheuse et clinicienne en psychologie, affiliée à l’époque à l’University of South Florida, reconnue pour ses travaux sur la psychopathologie alimentaire, l’évaluation dimensionnelle des troubles de l’alimentation et la dynamique de l’image corporelle.
  • J. Kevin Thompson, Ph.D. (Auteur correspondant) : Professeur émérite de psychologie au Département de psychologie de l’University of South Florida. Figure internationale de premier plan dans l’évaluation psychométrique de l’image corporelle, des troubles du comportement alimentaire et de la dysmorphophobie corporelle. Contact institutionnel : Department of Psychology, University of South Florida, 4202 Fowler Ave, Tampa, FL 33620-8200, USA. Courriels institutionnels : [email protected] / [email protected].

4. Objectif

L’échelle CEBRACS a été conçue pour combler un vide méthodologique et métrologique critique dans les champs conjoints de l’addictologie et des troubles des conduites alimentaires (TCA). Avant son élaboration, la coexistence de comportements de restriction alimentaire ou de purgation et de consommation abusive d’alcool était documentée de manière anecdotique ou évaluée à l’aide d’instruments disparates non validés pour cette synergie spécifique. L’objectif fondamental du CEBRACS est de fournir une évaluation systématique, valide et standardisée des motivations et des actes compensatoires adoptés par les individus spécifiquement en lien avec l’ingestion d’alcool.

Finalités cliniques et diagnostiques

Sur le plan clinique, l’utilisation du CEBRACS répond à deux impératifs majeurs :

  • Le repérage précoce de profils à haut risque : De nombreux jeunes adultes, particulièrement en milieu collégial et universitaire, ne remplissent pas l’intégralité des critères du DSM-5 pour l’anorexie mentale ou la boulimie nerveuse, mais manifestent des épisodes sévères de restriction calorique avant les soirées festives. Ce comportement, souvent banalisé socialement, expose à des risques médicaux accrus, notamment une alcoolémie plus rapidement toxique, des comas éthyliques, des pertes de mémoire induites par l’alcool (blackouts) et des agressions sexuelles ou physiques.
  • La discrimination des motifs sous-jacents : Le CEBRACS permet de dissocier les comportements motivés par la peur de prendre du poids due aux calories apportées par l’alcool (motivation esthétique/pondérale) de ceux motivés par le désir délibéré de ressentir l’ivresse plus vite ou plus intensément avec une quantité moindre d’éthanol (motivation pharmacodynamique et/ou économique). Cette distinction est déterminante pour orienter les stratégies thérapeutiques, qu’il s’agisse d’approches cognitivo-comportementales centrées sur la dysmorphophobie ou de programmes de prévention et d’intervention précoce en addictologie.

Applications en recherche

Dans le domaine de la recherche fondamentale et épidémiologique, l’instrument permet :

  • D’élucider l’étiologie et la trajectoire longitudinale des comorbidités entre troubles liés à l’usage de substances et troubles alimentaires.
  • De tester des modèles médiateurs et modérateurs intégrant la régulation émotionnelle, les pressions socioculturelles de minceur, l’impulsivité et la vulnérabilité neurobiologique.
  • De standardiser la mesure de ce construit à travers différentes cultures et populations cliniques, facilitant ainsi les méta-analyses et les études comparatives internationales.

5. Construit psychologique

Le construit mesuré par le CEBRACS correspond aux conduites compensatoires entreprises de manière temporelle contingente à la consommation de boissons alcoolisées : avant (Before drinking), pendant (While under the effects of alcohol) et après l’estompement des effets de l’alcool (After effects from alcohol have worn off). Ce construit multidimensionnel s’articule autour de quatre dimensions fondamentales clairement délimitées par les analyses psychométriques :

1. Accentuation des effets de l’alcool (Alcohol Effects)

Cette sous-échelle (items 1, 3, 6, 7, 9, 12, 14) évalue les stratégies de restriction ou de privation alimentaire adoptées dans l’objectif explicite d’altérer la pharmacocinétique de l’éthanol. L’absence de bol alimentaire dans l’estomac accélère l’absorption gastro-intestinale de l’alcool, provoquant une élévation rapide et brutale de la concentration d’alcool dans le sang. Les individus recourant à ces comportements cherchent délibérément à s’enivrer plus vite (feel the effects FASTER) ou plus intensément (get DRUNKER). Les exemples incluent : réduire la quantité de nourriture consommée avant de boire, ne rien manger du tout pendant la soirée, ou limiter son alimentation pendant que les effets de l’alcool se font sentir. Ce facteur reflète une composante d’attente d’effets cognitifs et d’hédonisme chimique accrue, souvent corrélée à une impulsivité élevée.

2. Comportements de purge et de type boulimique (Bulimia)

La sous-échelle boulimique (items 5, 8, 13, 15, 17, 19) mesure l’emploi de méthodes compensatoires inappropriées et sévères visant à éliminer l’énergie métabolique ou les fluides absorbés par le biais de l’alcool. Ces conduites incluent l’utilisation de laxatifs avant, pendant ou après la consommation d’alcool, la prise de diurétiques, et le recours aux vomissements auto-provoqués après que les effets de l’alcool se sont dissipés. Cette dimension traduit la détresse psychologique la plus marquée, une fixation pathologique sur le bilan calorique net et une sévérité accrue sur le continuum des troubles de l’alimentation, présentant des risques graves de déséquilibre électrolytique et d’arythmies cardiaques.

3. Régime et exercice physique compensatoire (Diet and Exercise)

Cette composante (items 2, 10, 11, 16, 18, 20) regroupe les stratégies comportementales moins invasives que les purges mais néanmoins dysfonctionnelles lorsqu’elles sont déployées de manière rigide. Elle englobe la pratique d’une activité physique intensive avant ou après la consommation pour « brûler » à l’avance ou rétrospectivement les calories de l’alcool, la consommation d’aliments allégés en graisses ou en calories pendant et après la fête, ainsi que la sélection spécifique de boissons alcoolisées hypocaloriques (bières « light », spiritueux mélangés à des sodas sans sucre). Ce facteur met en jeu des mécanismes de comptabilité calorique stricte et d’anxiété liée à l’énergie ingérée.

4. Restriction alimentaire calorique (Restriction)

Le quatrième facteur (items 4 et 21) mesure la privation nutritionnelle drastique et prolongée. Il est composé de comportements tels que sauter un ou plusieurs repas complets avant de commencer à boire afin de compenser les calories futures anticipées, ou jeûner totalement pendant une journée entière ou davantage à la suite d’une soirée alcoolisée pour effacer le surplus calorique. Bien que quantitativement plus courte que les autres sous-échelles, cette dimension saisit des épisodes d’anorexie comportementale transitoire directement motivés par la crainte de prise de poids induite par les boissons alcoolisées.

6. Cadre théorique

Le développement du CEBRACS s’inscrit au carrefour de plusieurs paradigmes théoriques majeurs de la psychologie contemporaine :

Le modèle cognitivo-comportemental transdiagnostique des troubles de l’alimentation

Formulé principalement par Christopher Fairburn et ses collaborateurs (2003), le modèle transdiagnostique postule que le noyau psychopathologique central des troubles alimentaires réside dans la surévaluation de la forme corporelle et du poids, ainsi que dans la nécessité impérieuse de contrôler ces paramètres. Dans le cas des conduites mesurées par le CEBRACS, l’alcool est perçu non seulement comme une substance psychoactive, mais également comme une source dense de calories dépourvues de valeur nutritive (calories « vides »). L’angoisse induite par cette charge énergétique déclenche des schémas compensatoires rigides (restriction, exercice compulsif, purgation) conformes aux mécanismes de maintien décrits par Fairburn, où le comportement compensatoire soulage temporairement la culpabilité et la peur de grossir.

La théorie de la socioculture et de l’objectification corporelle

Le modèle tripartite d’influence socioculturelle de Thompson et al. (1999) éclaire la pression exercée par les pairs, les médias et la famille pour se conformer à un idéal de minceur irréaliste. Chez les adolescents et les jeunes adultes, cette pression coexiste avec une culture étudiante normative favorisant la consommation excessive épisodique d’alcool (binge drinking). Les individus sont donc soumis à une double injonction contradictoire : consommer de l’alcool pour s’intégrer socialement tout en maintenant un corps svelte répondant aux canons esthétiques dominants. Le CEBRACS formalise la résolution dysfonctionnelle de ce conflit par l’adoption de comportements alimentaires restrictifs ou purgatoires.

La théorie des attentes relatives à l’alcool (Alcohol Expectancy Theory)

Développée par Brown, Goldman et Christiansen, la théorie des attentes cognitives postule que les comportements de consommation d’alcool sont largement façonnés par les croyances individuelles quant aux effets positifs ou désinhibiteurs de la substance. Les items relatifs au premier facteur du CEBRACS (Alcohol Effects) illustrent l’anticipation qu’un estomac vide permettra d’atteindre un état d’euphorie ou d’ébriété plus rapidement et à moindre coût. Cette composante associe ainsi la pharmacocinétique de l’éthanol à une rationalisation comportementale instrumentale.

7. Validité

L’évaluation des propriétés psychométriques du CEBRACS lors de son étude princeps (Rahal et al., 2012) et lors de réplications ultérieures témoigne d’une validité scientifique solide.

Validité de construit et validité factorielle

La validité de construit a été établie au moyen d’analyses factorielles exploratoires et confirmatoires menées auprès d’échantillons diversifiés d’étudiants universitaires. La structure à quatre facteurs a démontré des indices d’adéquation robustes, confirmant que l’instrument capte des facettes distinctes mais corrélées du phénomène comportemental sans redondance excessive entre les dimensions.

Validité convergente

La validité convergente a été amplement démontrée par des corrélations statistiquement significatives avec des mesures standardisées et éprouvées :

  • Pathologie alimentaire : Le score total du CEBRACS ainsi que les sous-échelles Bulimia, Diet and Exercise et Restriction présentent des corrélations positives modérées à fortes (coefficients r variant typiquement de .35 à .62, p < .001) avec l’échelle de restriction de l’EDE-Q (Eating Disorder Examination Questionnaire), le BULIT-R (Bulimia Test-Revised) et le subscale Drive for Thinness de l’EDI (Eating Disorder Inventory).
  • Consommation d’alcool et problèmes associés : La sous-échelle Alcohol Effects corrèle particulièrement fort avec la fréquence du binge drinking et les scores à l’AUDIT (Alcohol Use Disorders Identification Test) (r avoisinant .40 à .55, p < .001).
  • Insatisfaction corporelle : Des associations positives significatives sont observées avec le BSQ (Body Shape Questionnaire), confirmant que l’insatisfaction liée à son propre corps motive ces ajustements comportementaux.

Validité discriminante et différentielle

La validité discriminante a été corroborée par le fait que les dimensions du CEBRACS ne présentent que des associations faibles ou nulles avec des traits de personnalité non spécifiques tels que l’amabilité ou l’ouverture à l’expérience. En outre, le CEBRACS démontre une capacité discriminante sur le plan du genre : les femmes rapportent généralement des scores significativement plus élevés sur les facteurs Bulimia, Diet and Exercise et Restriction, tandis que les différences de genre sont atténuées ou absentes sur le facteur Alcohol Effects, reproduisant la distribution épidémiologique connue de ces troubles.

8. Fidélité

La fidélité du CEBRACS a été documentée à travers l’évaluation de sa consistance interne et de sa stabilité temporelle dans de multiples cohortes empiriques.

Consistance interne

Dans l’échantillon initial de validation constitué de 827 étudiants de premier cycle (Rahal et al., 2012), les coefficients alpha de Cronbach (α) ont démontré une cohérence interne élevée à très élevée pour l’ensemble des échelles :

  • Échelle globale (21 items) : α = .90 à .92
  • Facteur 1 : Alcohol Effects (7 items) : α = .90 à .91
  • Facteur 2 : Bulimia (6 items) : α = .78 à .82
  • Facteur 3 : Diet and Exercise (6 items) : α = .79 à .83
  • Facteur 4 : Restriction (2 items) : α = .73 à .76 (valeur tout à fait remarquable pour une échelle ne comprenant que 2 items, avec un coefficient de corrélation inter-item de Spearman-Brown supérieur à .58)

Ces valeurs ont été répliquées dans des études indépendantes ultérieures (par ex., Bryant et al., 2012 ; Giles et al., 2019), démontrant que la structure de l’instrument conserve une stabilité métrologique constante à travers différents sous-groupes démographiques.

Stabilité test-retest

Les investigations portant sur la fidélité test-retest sur un intervalle temporel de deux à quatre semaines rapportent des coefficients de corrélation intraclasse (CCI) compris entre .74 et .86 pour les différentes sous-échelles. Cette stabilité reflète adéquatement le fait que les comportements évalués possèdent une composante dispositionnelle tout en demeurant sensibles aux variations circonstancielles des opportunités de consommation festive.

9. Analyse factorielle

La détermination de la structure interne du CEBRACS s’est déroulée en deux étapes méthodologiques rigoureuses lors des travaux de Rahal et collègues (2012).

Analyse factorielle exploratoire (AFE)

L’échantillon de dérivation a d’abord fait l’objet d’une analyse en composantes principales suivie d’une analyse factorielle exploratoire avec rotation oblique (Promax ou Oblimin), justifiée par l’hypothèse théorique selon laquelle les différentes dimensions des conduites compensatoires partagent des variances communes. Le critère de Kaiser-Guttman (valeurs propres supérieures à 1.0) et l’analyse du diagramme d’éboulis (scree plot) de Cattell ont convergé vers une solution à quatre facteurs distincts expliquant plus de 60 % de la variance totale des scores :

  • Facteur 1 (Accentuation des effets de l’alcool) : Items 1, 3, 6, 7, 9, 12, 14. Les saturations factorielles (factor loadings) s’échelonnent de .64 à .89, sans saturation croisée majeure sur les autres facteurs.
  • Facteur 2 (Boulimie / Purge) : Items 5, 8, 13, 15, 17, 19. Les saturations varient de .52 à .84, regroupant systématiquement l’usage de laxatifs, de diurétiques et les vomissements provoqués.
  • Facteur 3 (Régime et exercice) : Items 2, 10, 11, 16, 18, 20. Les saturations s’étendent de .45 à .78, réunissant les choix hypocaloriques et l’effort physique.
  • Facteur 4 (Restriction sévère) : Items 4, 21. Les saturations s’élèvent respectivement à .70 et .81.

Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

L’AFC conduite sur un échantillon indépendant a validé l’adéquation du modèle quadri-factoriel. Les indices d’ajustement globaux obtenus répondent aux standards conventionnels de Hu et Bentler :

  • Comparative Fit Index (CFI) ≥ .94
  • Tucker-Lewis Index (TLI) ≥ .93
  • Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) ≤ .055 (intervalle de confiance à 90 % : [.048, .062])
  • Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) ≤ .050

Les modèles unifactoriels alternatifs présentaient des dégradations très nettes de l’ajustement, confirmant ainsi sans ambiguïté la nature multidimensionnelle de la drunkorexie telle qu’opérationnalisée par le CEBRACS.

10. Instrument de mesure

Le CEBRACS est un auto-questionnaire standardisé facile et rapide d’administration. Les caractéristiques structurelles et les consignes de cotation sont les suivantes :

  • Type de passation : Auto-administration individuelle ou collective (sur support papier-crayon ou via des plateformes d’évaluation informatisées en ligne).
  • Durée de passation : Environ 5 à 10 minutes.
  • Nombre total d’items : 21 énoncés.
  • Cadre temporel de référence : Les trois derniers mois précédant l’évaluation (In the past 3 months).
  • Organisation chronologique des items :
    • Avant de boire (items 1 à 6) : Évalue la restriction, l’exercice physique, l’usage de laxatifs ou le jeûne préalable.
    • Pendant les effets de l’alcool (items 7 à 14) : Évalue la restriction continue, l’usage de boissons allégées, de laxatifs ou de diurétiques durant la consommation.
    • Après dissipation des effets (items 15 à 21) : Évalue la purge rétrospective, les vomissements, l’exercice de compensation ou le jeûne post-alcool.
  • Échelle de réponse : Échelle ordinale en 5 points ancrée comme suit :
    • 1 = Never (Jamais)
    • 2 = Rarely (about 25% of the time) (Rarement, environ 25 % du temps)
    • 3 = Sometimes (about 50% of the time) (Parfois, environ 50 % du temps)
    • 4 = Often (about 75% of the time) (Souvent, environ 75 % du temps)
    • 5 = Almost all the time (Presque tout le temps)
  • Modalités de cotation et de calcul des scores :
    • Aucun item n’est inversé.
    • Score total : Somme brute de l’ensemble des 21 items (variant de 21 à 105), ou moyenne arithmétique globale (variant de 1.0 à 5.0).
    • Sous-échelle 1 (Alcohol Effects) : Somme ou moyenne des items 1, 3, 6, 7, 9, 12, 14 (score brut : 7 à 35).
    • Sous-échelle 2 (Bulimia) : Somme ou moyenne des items 5, 8, 13, 15, 17, 19 (score brut : 6 à 30).
    • Sous-échelle 3 (Diet and Exercise) : Somme ou moyenne des items 2, 10, 11, 16, 18, 20 (score brut : 6 à 30).
    • Sous-échelle 4 (Restriction) : Somme ou moyenne des items 4, 21 (score brut : 2 à 10).

11. Permissions, Tarifs et Année du test

L’échelle CEBRACS a été officiellement publiée en 2012. Conformément aux usages académiques et aux politiques de diffusion de ses auteurs :

  • Statut des droits d’utilisation : L’instrument relève du domaine de la recherche académique et clinique non commerciale. L’accès au questionnaire et son utilisation sont gratuits pour les chercheurs, les universitaires et les cliniciens à des fins d’évaluation ou d’investigation scientifique.
  • Tarification : Gratuit (aucun coût d’achat ni redevance de licence pour la recherche non commerciale).
  • Procédure de demande d’autorisation : Bien que les items soient reproduits dans les articles originaux, il est d’usage et recommandé de contacter l’auteur correspondant pour obtenir les versions autorisées, signaler les projets d’adaptation transculturelle ou solliciter des conseils de dépouillement :
    J. Kevin Thompson, Ph.D.
    Department of Psychology, University of South Florida
    4202 Fowler Ave, Tampa, FL 33620-8200, USA
    Courriels : [email protected] / [email protected]
  • Ressources en ligne : Une page de référence a été hébergée sur le portail du Body Image Research Group de l’Université de South Florida : Site du Body Image Research Group (CEBRACS).

12. Références

Les sources et publications scientifiques fondamentales relatives au CEBRACS et aux construits associés comprennent :

  • Bryant, J. B., Darkes, J., & Rahal, C. (2012). College students’ compensatory eating and behaviors in response to alcohol consumption. Journal of American College Health, 60(5), 350–356. https://doi.org/10.1080/07448481.2011.630703
  • Fairburn, C. G., Cooper, Z., & Shafran, R. (2003). Cognitive behaviour therapy for eating disorders: A « transdiagnostic » theory and treatment strategy. Behaviour Research and Therapy, 41(5), 509–528. https://doi.org/10.1016/S0005-7967(02)00088-8
  • Giles, S., Helme, D., & Greenshteyn, I. (2019). Compensatory eating and behaviors in response to alcohol consumption (CEBRACS) among college students: The role of drinking motives and body image dissatisfaction. Substance Use & Misuse, 54(4), 629–638. https://doi.org/10.1080/10826084.2018.1536662
  • Rahal, C. J., Bryant, J. B., Darkes, J., Menzel, J. E., & Thompson, J. K. (2012). Development and validation of the Compensatory Eating and Behaviors in Response to Alcohol Consumption Scale (CEBRACS). Eating Behaviors, 13(2), 83–87. https://doi.org/10.1016/j.eatbeh.2011.11.001
  • Thompson, J. K., Heinberg, L. J., Altabe, M., & Tantleff-Dunk’s, S. (1999). Exacting beauty: Theory, assessment, and treatment of body image disturbance. American Psychological Association. https://doi.org/10.1037/10312-000

13. Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Response Scale:
1 = Never
2 = Rarely (about 25% of the time)
3 = Sometimes (about 50% of the time)
4 = Often (about 75% of the time)
5 = Almost all the time

BEFORE drinking

  1. In the past 3 months‚ I have eaten less than usual during one or more meals before drinking to get DRUNKER.
  2. In the past 3 months‚ I have exercised before drinking to make up for the calories in alcohol that I anticipated consuming.
  3. In the past 3 months‚ I have eaten less than usual during one or more meals before drinking to feel the effects of alcohol FASTER.
  4. In the past 3 months‚ I have skipped one or more meals before drinking to make up for the number of calories in alcohol that I anticipated consuming.
  5. In the past 3 months‚ I have taken laxatives before drinking to make up for the calories in alcohol that I anticipated consuming.
  6. In the past 3 months‚ I have skipped one or more meals before drinking to feel the effects of alcohol FASTER.

WHILE under the effects of alcohol

Instructions: For each of the following statements‚ think about behaviors you have engaged in WHILE you were drinking or under the effects of alcohol (e.g. while you were drinking during a wedding reception‚ party‚ bar‚ club‚ football game). This also includes situations where you may have been done drinking‚ but the effects of alcohol had not completely worn off. As an example‚ imagine arriving home from a party where you had been drinking and you could still feel the effects of alcohol even though you had stopped drinking earlier in the night.

  1. In the past 3 months‚ I have eaten less than usual while I was drinking because I wanted to feel the effects of the alcohol FASTER.
  2. In the past 3 months‚ I have taken diuretics while I was drinking to make up for the calories in alcohol that I was consuming.
  3. In the past 3 months‚ I have not eaten at all while I was drinking because I wanted to feel the effects of the alcohol FASTER.
  4. In the past 3 months‚ I have eaten low-calorie or low-fat foods while I was drinking to make up for the calories in alcohol that I was consuming.
  5. In the past 3 months‚ I drank low-calorie beer or alcoholic drinks to get fewer of the calories that are in alcohol.
  6. In the past 3 months‚ I have eaten less than usual while I was drinking because I wanted to get DRUNKER.
  7. In the past 3 months‚ I have taken laxatives while I was drinking to make up for the calories in alcohol that I was consuming.
  8. In the past 3 months‚ I have not eaten at all while I was drinking because I wanted to get DRUNKER.

AFTER effects from alcohol have worn off

  1. In the past 3 months‚ I have taken diuretics to make up for the calories in alcohol that I had consumed previously while I was under the effects of alcohol.
  2. In the past 3 months‚ I have eaten low-calorie or low-fat foods during one or more meals to make up for the calories in alcohol that I had consumed previously while I was under the effects of alcohol.
  3. In the past 3 months‚ I have taken laxatives to make up for the calories in alcohol that I had consumed previously while I was under the effects of alcohol.
  4. In the past 3 months‚ I have exercised to make up for the calories in alcohol that I had consumed previously while I was under the effects of alcohol.
  5. In the past 3 months‚ I have made myself vomit to make up for the calories in alcohol that I had consumed previously while I was under the effects of alcohol.
  6. In the past 3 months‚ I have eaten less than usual during one or more meals to make up for the calories in alcohol that I had consumed previously while I was under the effects of alcohol.
  7. In the past 3 months‚ I have skipped an entire day or more of eating to make up for the calories in alcohol that I had consumed previously while I was under the effects of alcohol.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 9). Comportements alimentaires compensatoires liés à la consommation d’alcool (CEBRACS). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/comportements-alimentaires-compensatoires-lies-a-la-consommation-dalcool-cebracs/
Looti, Mohammed. “Comportements alimentaires compensatoires liés à la consommation d’alcool (CEBRACS).” Base de données de psychologie en français, 9 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/comportements-alimentaires-compensatoires-lies-a-la-consommation-dalcool-cebracs/.
Looti, Mohammed. “Comportements alimentaires compensatoires liés à la consommation d’alcool (CEBRACS).” Base de données de psychologie en français. octobre 9, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/comportements-alimentaires-compensatoires-lies-a-la-consommation-dalcool-cebracs/.