Télévision et réseaux sociaux renforcent l’âgisme quotidien

Une étude révèle que regarder la télévision ou naviguer sur les réseaux sociaux amplifie le sentiment d’âgisme ressenti au quotidien par les personnes âgées.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 17, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 17, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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Loin d’être de simples fenêtres ouvertes sur le monde ou des outils récréatifs inoffensifs, les écrans influencent profondément la façon dont les aînés perçoivent leur place dans la société. Une étude menée par une équipe de chercheurs et publiée dans la revue International Journal of Behavioral Development révèle que la télévision et les plateformes numériques constituent des contextes majeurs d’exposition à l’âgisme au quotidien. En examinant les habitudes journalières de personnes de 50 ans et plus, les auteurs mettent en lumière des dynamiques médiatiques contrastées qui accentuent le sentiment de discrimination liée à l’âge.

Des médias traditionnels et numériques vecteurs de stéréotypes

Selon les données recueillies par les scientifiques, la télévision demeure un puissant vecteur de représentations réductrices. Les jours où les participants regardent le petit écran plus longtemps que d’habitude, ils signalent une hausse immédiate des discriminations âgistes perçues dans leur journée. Ce constat suggère que les programmes télévisés continuent de véhiculer, de manière diffuse ou explicite, des stéréotypes dévalorisants à l’égard de la vieillesse.

Le monde virtuel ne fait pas exception. L’étude rapporte qu’un temps d’écran élevé consacré aux réseaux sociaux est globalement corrélé à une perception accrue de l’âgisme au niveau individuel. Les utilisateurs les plus assidus sur ces plateformes ont ainsi tendance à se sentir plus fréquemment la cible de stéréotypes générationnels, confirmant que la numérisation des échanges n’atténue pas la prégnance des préjugés fondés sur l’âge.

L’impact contrasté des usages en ligne

Tous les comportements sur les réseaux sociaux n’induisent cependant pas les mêmes conséquences psychologiques. Les chercheurs ont mis en évidence une nuance fondamentale selon la finalité des interactions en ligne. D’une part, utiliser les plateformes numériques dans l’espoir de nouer de nouveaux liens sociaux s’avère particulièrement à risque : les aînés adoptant cette démarche rapportent une exposition nettement plus importante à des attitudes ou propos âgistes, le contact avec des inconnus favorisant la confrontation aux préjugés.

D’autre part, des usages plus passifs ou créatifs semblent au contraire jouer un rôle protecteur temporaire. Lorsque les aînés se connectent ponctuellement pour partager leur propre contenu ou simplement pour passer le temps, ils font état d’une baisse transitoire du sentiment d’âgisme ce jour-là. Ces activités offrent potentiellement un espace de libre expression ou de divertissement qui met les individus à distance des jugements extérieurs négatifs.

Une immersion de quatorze jours dans le quotidien des aînés

Pour parvenir à ces conclusions, l’équipe de recherche a analysé le quotidien de 111 résidents canadiens âgés de 50 ans et plus, avec un âge moyen de 71,27 ans (écart-type : 9,02) et une cohorte composée à 75 % de femmes. Durant une période maximale de quatorze jours consécutifs, chaque volontaire complétait un journal de bord le soir venu, consignant son temps d’écran télévisuel et numérique, ses motifs de connexion et ses ressentis face à d’éventuels comportements discriminatoires.

L’utilisation de modèles multiniveaux a permis aux auteurs de traiter la complexité de ces données emboîtées. Ce protocole méthodologique sépare les fluctuations intra-individuelles d’un jour à l’autre des tendances plus stables entre les participants, offrant ainsi un éclairage fin sur l’expérience vécue en temps réel.

Repenser l’espace numérique pour préserver le bien-être

Ces travaux sonnent comme une mise en garde alors que l’âgisme quotidien est déjà reconnu pour altérer profondément le bien-être et la santé mentale des personnes âgées. En démontrant que les médias traditionnels et contemporains constituent des espaces privilégiés de cette stigmatisation, la recherche invite à une prise de conscience urgente.

Adapter les pratiques numériques et encourager une meilleure représentativité dans la production médiatique deviennent des leviers cruciaux pour prémunir les générations vieillissantes contre les effets délétères des représentations d’âge.


Source

  • Older Adults’ Everyday Perceptions of Ageism: The Role of Television and Social Media
  • Researchers: Juhyeong Lee, Yoonseok Choi, Klaus Rothermund, Christiane A. Hoppmann
  • Journal: International Journal of Behavioral Development
  • Read the original study
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Citer cet article

Looti, M. (2026, septembre 17). Télévision et réseaux sociaux renforcent l’âgisme quotidien. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/news/television-reseaux-sociaux-agisme-quotidien-seniors/
Looti, Mohammed. “Télévision et réseaux sociaux renforcent l’âgisme quotidien.” Base de données de psychologie en français, 17 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/news/television-reseaux-sociaux-agisme-quotidien-seniors/.
Looti, Mohammed. “Télévision et réseaux sociaux renforcent l’âgisme quotidien.” Base de données de psychologie en français. septembre 17, 2026. https://fr.arabpsychology.com/news/television-reseaux-sociaux-agisme-quotidien-seniors/.