Écouter une mélodie apaisante pourrait transformer une consultation gynécologique anxiogène en une expérience beaucoup plus tolérable. Selon un nouvel essai clinique randomisé mené par une équipe de chercheuses turques et publié dans la revue Research in Nursing & Health, la diffusion de musique avant et pendant la pose d’un stérilet permet d’atténuer significativement la douleur perçue et l’angoisse des patientes, tout en augmentant notablement leur niveau de satisfaction.
Un geste médical fréquent mais souvent redouté
Le dispositif intra-utérin (DIU), couramment appelé stérilet, demeure l’une des méthodes contraceptives réversibles les plus fiables et répandues. Pourtant, son insertion suscite fréquemment une vive appréhension chez les femmes. Le passage des instruments à travers le col de l’utérus et l’ouverture du dispositif provoquent souvent des douleurs aiguës, des crampes pelviennes et une détresse psychologique qui compliquent le déroulement de la consultation.
Face à ce constat, les praticiens cherchent des solutions simples pour améliorer la prise en charge sans alourdir la procédure médicale. L’étude dirigée par Seçil Köse, Handan Özcan et Merve Meşedüzü apporte un éclairage prometteur en explorant l’usage d’une méthode douce et non invasive pour moduler la perception douloureuse et le stress lors de la pose.
Un protocole simple axé sur l’immersion sonore
L’essai clinique a été mené auprès de 70 femmes venues consulter au sein d’un centre de planification familiale et de santé maternelle et infantile. Les participantes ont été réparties de manière aléatoire en deux groupes : un groupe témoin recevant la prise en charge médicale standard et un groupe interventionnel bénéficiant d’un accompagnement sonore.
Les volontaires du groupe musical ont écouté le morceau de piano Valse d’Evgeny Grinko, diffusé par une enceinte Bluetooth avant et pendant l’insertion du DIU. Pour évaluer précisément les effets de l’expérience, les chercheuses ont utilisé l’échelle visuelle analogique (EVA) afin de mesurer la douleur et la satisfaction, ainsi que le questionnaire de l’inventaire d’anxiété état-trait (STAI-I) pour quantifier l’anxiété-état, c’est-à-dire la réaction émotionnelle transitoire ressentie dans l’instant.
Moins de souffrance et une satisfaction accrue
Les résultats rapportés par l’équipe scientifique mettent en évidence un bénéfice clinique très net. Les femmes ayant écouté la musique ont signalé une douleur significativement plus faible pendant la pose que celles du groupe témoin (p < 0,001). Leur anxiété situationnelle s’est également révélée significativement inférieure durant l’acte (p = 0,022), tandis que leur satisfaction globale s’est avérée nettement plus élevée (p < 0,001).
L’étude met en outre en relief des liens étroits entre ces variables : le niveau d’anxiété après la pose était positivement corrélé à l’intensité de la douleur ressentie pendant l’insertion (r = 0,542, p < 0,001) et après celle-ci (r = 0,496, p < 0,001). Par ailleurs, un niveau d’anxiété élevé s’est accompagné d’une satisfaction procédurale bien moindre (r = -0,652, p < 0,001), soulignant le rôle pivot de la gestion du stress émotionnel sur le ressenti physique.
Une piste non pharmacologique prometteuse pour les soins
Ces observations soutiennent l’intégration de la musicothérapie comme outil de soutien en consultation ambulatoire. Totalement sûre, économique et facile à mettre en place avec un simple haut-parleur, la musique agit comme un distracteur cognitif réduisant l’activation du système de stress et facilitant le travail des soignants.
Selon les autrices, des travaux complémentaires menés sur des cohortes plus larges permettraient de confirmer ces conclusions. De futures études pourraient notamment vérifier si le fait de laisser les patientes choisir leur propre style musical amplifie encore davantage l’atténuation de la douleur et de l’anxiété.
Source
- Effect of Music on Pain, Anxiety, and Satisfaction During Intrauterine Device Application: A Randomized Clinical Trial
- Researchers: Seçil Köse, Handan Özcan, Merve Meşedüzü
- Journal: Research in Nursing & Health
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