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Comment effectuer un test t pour échantillons appariés dans Stata

Guide académique complet pour réaliser, interpréter et rapporter un test t pour échantillons appariés dans Stata selon les normes scientifiques en psychologie.

PUBLIÉ

Dans l’arsenal des méthodes quantitatives appliquées aux sciences du comportement, l’évaluation du changement intra-individuel occupe une place épistémologique centrale. Qu’il s’agisse de mesurer le déclin cognitif au fil du temps, l’atténuation d’une symptomatologie clinique après une psychothérapie ciblée ou la modulation des temps de réaction consécutive à l’administration d’un paradigme d’amorçage, les chercheurs sont continuellement confrontés à la nécessité de comparer deux états d’une même entité biologique ou psychologique. Le test t de Student pour échantillons appariés — également désigné sous les termes de test t pour mesures répétées, dépendantes ou corrélées — constitue le modèle inférentiel paramétrique fondamental développé pour répondre précisément à cette configuration expérimentale.

Le logiciel statistique Stata s’est imposé au sein de la communauté académique internationale comme l’un des environnements computationnels les plus rigoureux, performants et reproductibles pour conduire ce type d’analyse. Grâce à une syntaxe à la fois concise et d’une grande flexibilité analytique, Stata permet d’aborder l’ensemble du cycle de traitement des données appariées : depuis le diagnostic exploratoire minutieux des distributions jusqu’à la modélisation inférentielle, en passant par le calcul standardisé des tailles d’effet et la génération automatisée de rapports publiables conformes aux exigences éditoriales les plus strictes. Cependant, l’exécution mécanique d’une commande logicielle ne saurait se substituer à une compréhension intime des principes statistiques sous-jacents, sous peine de commettre des erreurs d’interprétation méthodologique préjudiciables à la validité des conclusions scientifiques.

Cet ouvrage méthodologique exhaustif propose un guidage approfondi pas à pas pour maîtriser l’art et la technique du test t pour échantillons appariés sous Stata. Structuré autour des recommandations actuelles de l’American Psychological Association (APA 7e édition) et des standards d’intégrité de la recherche quantitative contemporaine, ce guide explore les fondements mathématiques du test, la vérification formelle de ses postulats d’application, les commandes Stata fondamentales et avancées, la quantification de l’ampleur d’effet, ainsi que les stratégies de secours lorsque les données dérogent aux présupposés théoriques. À travers une étude de cas clinique détaillée et entièrement documentée, les chercheurs, doctorants et analystes trouveront ici les clés indispensables pour transformer des données brutes en inférences scientifiques irréprochables.

1. Fondements théoriques et conceptuels du test t pour échantillons appariés en psychologie

1.1 Définition et principes fondamentaux des mesures répétées

La recherche expérimentale et observationnelle en psychologie repose fréquemment sur l’observation répétée d’un même groupe d’individus à travers le temps ou sous différentes conditions expérimentales. La caractéristique fondamentale du plan à mesures répétées réside dans l’existence d’une dépendance statistique intrinsèque unissant les paires de scores recueillies. Contrairement aux devis inter-sujets (ou à groupes indépendants) où chaque participant n’est exposé qu’à un seul niveau de la variable indépendante, le devis intra-sujet expose l’ensemble des participants à l’intégralité des conditions expérimentales — par exemple, une évaluation pré-intervention versus une évaluation post-intervention, ou une condition de contrôle versus une condition expérimentale.

Sur le plan méthodologique, ce devis présente un avantage substantiel : chaque participant agit comme son propre contrôle. Dans toute population humaine, la variabilité interindividuelle liée à des facteurs stables non mesurés — tels que les traits de personnalité, l’intelligence générale, le profil génétique, l’histoire de vie ou le statut socio-économique — introduit un bruit statistique considérable qui tend à gonfler la variance d’erreur dans les plans indépendants. En soumettant le même individu aux deux conditions, cette variance d’erreur interindividuelle est mathématiquement neutralisée ou isolée du terme d’erreur résiduel, augmentant de manière spectaculaire la puissance statistique du test pour détecter un effet expérimental réel, même en présence d’échantillons de taille modeste.

Les applications de cette approche abondent dans tous les sous-domaines des sciences psychologiques. En psychologie cognitive, un chercheur comparera les temps de réponse d’un participant face à des stimuli congruents versus incongruents dans une tâche de Stroop. En neuropsychologie clinique, on mesurera les performances de mémoire épisodique de patients avant et après un programme de remédiation cognitive. En psychologie sociale expérimentale, on évaluera le niveau de préjugé implicite envers un exogroupe avant et après une tâche de prise de perspective empathique. Dans chacune de ces configurations, l’objectif analytique consiste à estimer si le différentiel moyen observé entre les deux temps ou conditions diffère de zéro au-delà des simples fluctuations aléatoires d’échantillonnage.

1.2 Formulation mathématique et logique inférentielle

L’élégance mathématique du test t pour échantillons appariés réside dans sa capacité à réduire un problème bivarié complexe à une analyse univariée simple. Considérons un échantillon de N sujets, où chaque individu i (pour i = 1, …, N) possède deux mesures quantitatives continues, X1i et X2i. La première étape analytique consiste à calculer la variable de différence individuelle, conventionnellement notée Di :

Di = X2iX1i (ou alternativement X1iX2i selon le sens conventionnel souhaité pour l’interprétation).

Dès lors que cette transformation est opérée, le test d’hypothèse ne porte plus directement sur les distributions marginales de X1 et X2, mais sur les paramètres de la distribution de ces scores de différence D au sein de la population parente. Les hypothèses statistiques formelles s’énoncent comme suit :

  • Hypothèse nulle (H0) : μD = 0. En moyenne, dans la population cible, il n’existe aucune différence entre les deux conditions (le changement moyen est nul).
  • Hypothèse alternative bilatérale (H1) : μD ≠ 0. Dans la population cible, la différence moyenne diffère significativement de zéro (il existe un effet de la condition ou du temps).

Sous la validité de l’hypothèse nulle, la statistique de test suit une loi de distribution de Student à N − 1 degrés de liberté (ddl). Le ratio t empirique est obtenu en divisant la moyenne observée des différences par l’erreur type de cette moyenne :

t = (MD − μ0) / SED = MD / (SD / √N)

Dans cette formulation, MD représente la moyenne empirique des scores de différence au sein de l’échantillon, SD désigne l’écart-type d’échantillon non biaisé de ces mêmes différences (calculé avec N − 1 au dénominateur), et SED constitue l’erreur type de la moyenne des différences. Le dénominateur quantifie la fluctuation d’échantillonnage attendue si l’hypothèse nulle était rigoureusement vraie. Ainsi, plus la valeur absolue du ratio t est élevée, plus la probabilité conditionnelle (p-value) d’observer un tel écart par pur hasard devient négligeable, conduisant ultimement au rejet de H0.

1.3 Distinction cruciale entre test apparié et test indépendant

L’une des fautes méthodologiques les plus sévères rencontrées dans la littérature scientifique consiste à traiter des données dépendantes au moyen d’un test t pour échantillons indépendants. Pour saisir l’ampleur de cette erreur, il convient d’examiner l’impact de la covariance entre les mesures répétées sur la variance de la différence. La formule de la variance d’une différence entre deux variables aléatoires s’écrit :

Var(X2X1) = Var(X1) + Var(X2) − 2 × Cov(X1, X2) = S12 + S22 − 2 × r × S1 × S2

r représente le coefficient de corrélation linéaire de Pearson entre la mesure 1 et la mesure 2. Dans les plans à mesures répétées en sciences humaines, les scores temporels ou conditionnels d’un même individu sont presque invariablement corrélés positivement (souvent r > 0,50, voire r > 0,80). En raison du signe négatif précédant le terme de covariance dans l’équation, une corrélation intra-sujet positive entraîne une contraction substantielle de la variance du terme d’erreur par rapport à celle qui prévaudrait si les deux mesures provenaient de groupes distincts et indépendants.

Si un analyste applique par méconnaissance un test t pour échantillons indépendants sur des données appariées, le dénominateur de son ratio sera calculé en omettant la soustraction de cette covariance (2 × r × S1 × S2). En conséquence, l’erreur type sera artificiellement surestimée, la valeur empirique de t sera sévèrement sous-estimée, et le risque d’erreur de type II (ne pas rejeter l’hypothèse nulle alors qu’un effet réel existe) s’en trouvera dramatiquement accru. Inversement, cette démonstration met en lumière l’équivalence formelle parfaite qui existe entre le test t apparié appliqué à deux variables X1 et X2 et un test t pour échantillon unique appliqué sur la variable univariée préalablement calculée D = X2X1 testée contre la valeur de référence zéro.

2. Postulats statistiques et vérifications préliminaires requises

2.1 Postulat de normalité de la distribution des différences

L’inférence paramétrique sous-jacente au test t repose sur des propriétés distributionnelles précises qui se doivent d’être scrupuleusement auditées. Une confusion récurrente parmi les praticiens consiste à croire que les variables brutes initiales (X1 et X2) doivent chacune présenter une distribution normale pour que le test soit valide. Il s’agit d’une méconception théorique majeure : le test t pour échantillons appariés n’exige nullement la normalité marginale des variables X1 et X2 considérées isolément. Le postulat fondamental de normalité porte exclusivement et strictement sur la distribution de la variable de différence (D = X2X1).

Il est tout à fait envisageable que X1 et X2 soient individuellement asymétriques ou bimodales en raison de sous-groupes latents dans l’échantillon, mais que leurs différences intra-individuelles Di se distribuent de façon parfaitement symétrique et gaussienne autour de leur moyenne. La sensibilité du test à la non-normalité dépend étroitement de la taille de l’échantillon (N). Pour des cohortes de petite taille (N < 30), les violations sévères de la normalité — telles qu’une asymétrie marquée (skewness) ou un excès de pointement leptokurtique (kurtosis) — déforment la loi d’échantillonnage de la statistique t, ce qui invalide le contrôle nominal du taux d’erreur de type I (α = 0,05).

En revanche, lorsque la taille de l’échantillon devient substantielle (typiquement N ≥ 50 ou N ≥ 100), le théorème central limite (TCL) garantit que la distribution d’échantillonnage de la moyenne des différences converge asymptotiquement vers une loi normale, conférant au test t une remarquable robustesse face aux déviations modérées de la normalité distributionnelle. Toutefois, même avec de grands échantillons, la présence d’asymétries extrêmes combinée à des queues de distribution épaisses peut altérer la puissance statistique du test, justifiant systématiquement une vérification diagnostique approfondie.

2.2 Niveau de mesure et continuité des variables

La formulation du modèle paramétrique présuppose que la variable dépendante soit mesurée sur une échelle d’intervalle ou de rapport, au sens de la typologie classique des échelles de Stevens. Les opérations arithmétiques requises par le test — à savoir le calcul de différences, de moyennes et d’écarts-types — n’ont de validité formelle que si les intervalles numériques qui séparent les échelons de mesure possèdent une signification quantitative constante et équidistante sur l’ensemble du continuum psychologique évalué.

Dans la recherche psychologique et sociale, une part prépondérante des données provient d’instruments psychométriques utilisant des échelles de réponse de type Likert (par exemple, des échelles d’accord en 5 ou 7 points). Bien qu’un item Likert individuel représente formellement une échelle ordinale, la pratique méthodologique établie — validée par de nombreuses études de simulation de type Monte-Carlo — autorise l’application du test t paramétrique lorsque plusieurs items ordonnément corrélés sont sommés ou moyennés pour former un score composite représentatif d’un construit latent unidimensionnel, dès lors que la distribution de ce score présente une continuité satisfaisante et ne souffre pas d’effets de plancher ou de plafond marqués.

En revanche, tenter d’appliquer un test t apparié directement sur un item polytomique isolé ou sur une variable catégorielle discrétisée expose l’analyste à des distorsions statistiques majeures. La discrétisation artificielle ou le traitement de variables purement ordinales via des tests paramétriques compromet l’estimation de l’erreur type et peut générer des taux élevés de faux positifs ou de fausses non-significations, nécessitant alors le recours à des alternatives non paramétriques ordonnées.

2.3 Indépendance des paires d’observations

Alors que la dépendance statistique est explicitement modélisée et exploitée au sein de chaque paire de mesures, une condition absolue et intransgressible du test t apparié est l’indépendance statistique stricte entre les différentes paires d’unités d’observation. Cela signifie formellement que l’observation du sujet i (constituée du couple {X1i, X2i}) ne doit en aucun cas être influencée par, ni corrélée avec, l’observation du sujet j ({X1j, X2j}) pour tout ij.

Cette hypothèse d’indépendance inter-paires est fréquemment compromise dans les dispositifs de recherche écologiques ou cliniques où des structures de dépendance emboîtées existent sans être contrôlées :

  • Des étudiants testés en groupes au sein de classes scolaires distinctes (effet maître ou effet de classe).
  • Des patients traités par les mêmes thérapeutes au sein de cohortes d’intervention (effet thérapeute).
  • Des membres d’une même cellule familiale ou des dyades conjugales recrutés simultanément.

Lorsque des effets de grappe (clusters) sont présents, les erreurs résiduelles deviennent interdépendantes à l’échelle interindividuelle, ce qui induit une corrélation intra-classe non nulle. Ignorer cette structure hiérarchique gonfle artificiellement la précision apparente des estimations et fait exploser le risque d’erreur de type I bien au-delà du seuil nominal de 5 %. De surcroît, sur le versant de la validité interne expérimentale, l’indépendance temporelle exige un contrôle rigoureux des biais d’ordre, de carry-over (persistance résiduelle d’une condition sur la suivante), de fatigue ou d’apprentissage à travers une procédure de contrebalancement systématique de l’ordre de passation des conditions entre les participants.

3. Préparation de l’environnement de travail et structuration des données dans Stata

3.1 Organisation des données : format large versus format long

L’une des étapes charnières de l’analyse sous Stata concerne la disposition structurelle du jeu de données dans la mémoire vive de l’ordinateur. En épidémiologie et en biomédecine, on rencontre fréquemment deux formats d’organisation pour les mesures répétées : le format large (wide format) et le format long (long format). Le choix du format dicte de manière univoque la syntaxe que l’analyste devra mobiliser lors de l’appel de la commande de comparaison de moyennes.

Dans le format large, chaque unité statistique expérimentale (le participant) est représentée par une unique ligne dans la matrice de données. Les différentes conditions ou temps de mesure sont répartis sur plusieurs colonnes distinctes. Par exemple, une variable identifiante unique (id), une variable pour la première mesure (score_pre), et une variable pour la seconde mesure (score_post). C’est précisément cette architecture wide qui est requise par la syntaxe standard de comparaison appariée de Stata :

À l’inverse, dans le format long, chaque ligne de la matrice correspond à une observation temporelle ou conditionnelle spécifique, ce qui signifie qu’un même sujet occupera autant de lignes qu’il y a de points de mesure (ici deux lignes par individu). Une colonne contiendra l’identifiant (id), une deuxième colonne indiquera le temps ou la condition (temps codé 1 ou 2), et une troisième colonne rassemblera les scores (score). Si vos données sont initialement agencées sous forme longue, la commande native reshape de Stata permet une restructuration instantanée vers le format large :

reshape wide score, i(id) j(temps)

Cette instruction demande à Stata d’éclater la colonne score en score1 et score2 en utilisant la variable discriminante temps pour chaque unité id. L’unicité et la conformité du typage de la variable d’identification constituent un prérequis absolu pour éviter toute permutation erronée d’observations lors de la manipulation structurale.

3.2 Chargement et importation des données dans Stata

La pérennité d’un projet analytique exige une maîtrise complète des flux d’importation de données au sein de la mémoire de travail de Stata. Selon la provenance du fichier source, différentes commandes hautement spécialisées doivent être déployées dans la console ou le fichier de script. Pour les données déjà compilées au format propriétaire natif de Stata (fichiers d’extension .dta), la commande universelle use s’impose, acceptant aussi bien un chemin d’accès local sur le disque dur qu’une URL pointant vers un dépôt de données en ligne :

use "C:Recherche_Anxietedataanxiety_cohort.dta", clear

L’argument clear spécifié en fin de ligne ordonne à Stata de vider préalablement la mémoire de tout jeu de données actif, prévenant ainsi les blocages d’exécution. Si vos données brutes ont été exportées depuis un tableur, une plateforme de passation en ligne (Qualtrics, LimeSurvey, Gorilla) ou un système d’information hospitalier sous forme de texte délimité (fichiers .csv ou .txt), la commande import delimited fournit une solution robuste capable d’analyser automatiquement les en-têtes de colonnes :

import delimited using "scores_cognitifs.csv", delimiter(";") varnames(1) clear

Pour les classeurs Microsoft Excel (extensions .xlsx ou .xls), l’instruction import excel permet de cibler une feuille spécifique (sheet) et de convertir d’emblée la première rangée en noms de variables canoniques via l’option firstrow. Lors de cette opération, une attention soutenue doit être accordée à l’encodage des caractères (notamment UTF-8), particulièrement pour les jeux de données contenant des métadonnées textuelles avec accents français, afin de garantir l’intégrité intégrale du dictionnaire de données.

How to load data from web in Stata
How to load data from web in Stata

3.3 Définition des répertoires et tenue d’un do-file reproductible

L’intégrité de la démarche scientifique repose fondamentalement sur le principe de reproductibilité computationnelle intégrale. Aucun calcul d’inférence statistique ne devrait reposer sur des manipulations éphémères exécutées de mémoire via des clics d’interface ou des saisies manuelles désordonnées dans la console interactive. La pratique d’excellence sous Stata repose sur l’architecture du do-file — un script textuel d’extension .do contenant l’enchaînement exhaustif, chronologique et commenté de toutes les instructions analytiques.

Chaque protocole de traitement doit impérativement débuter par l’attribution formelle du répertoire racine de travail à l’aide de la commande cd (change directory), définissant le dossier où Stata ira lire les données sources et déposer les résultats :

cd "D:Projets_PsychologieEtude_Stress_2025"

Simultanément, il est vivement recommandé d’initier un journal d’exécution textuel à l’aide de la commande log using. Ce fichier journal (extension .log ou .smcl) enregistrera automatiquement l’intégralité du dialogue computationnel — c’est-à-dire l’ensemble des commandes envoyées et les sorties numériques retournées par l’interpréteur de Stata. Ce procédé prévient toute perte d’information et constitue une preuve auditable lors de soumissions d’articles dans des revues dotées de politiques de science ouverte (Open Science Framework) :

capture log close
log using "journal_analyse_ttest.log", replace text

La commande préalable capture log close garantit que si une session de journalisation était restée ouverte par inadvertance lors d’une session précédente, celle-ci sera proprement refermée sans générer de message d’erreur bloquant pour l’exécution automatique du script global.

4. Exploration initiale et inspection descriptive des variables sous Stata

4.1 Visualisation brute et détection des anomalies

Avant d’engager la moindre mécanique de modélisation inférentielle, l’analyste se doit de procéder à un audit minutieux des données brutes. L’outil d’exploration visuelle interactif de Stata s’active au moyen de la commande browse (abrégée br). Cette interface tabulaire permet de parcourir les colonnes et d’inspecter l’intégrité des saisies individu par individu sans risque d’altération accidentelle des valeurs numériques, contrairement au mode édition edit.

Le contrôle le plus critique lors de cette inspection préliminaire concerne la gestion des données manquantes (missing values). Dans l’écosystème Stata, les valeurs manquantes numériques sont représentées par un point simple (.) pour la valeur manquante générale du système, ou par des codes étendus (.a, .b, …, .z) pour qualifier différentes typologies de non-réponse (refus, abandon, non-pertinence). Il est capital de s’assurer qu’aucune valeur manquante n’a été saisie sous forme d’un code numérique numérique trompeur hérité d’autres logiciels, tel que -999 ou 99. Si de telles valeurs subsistaient, Stata les traiterait comme des grandeurs empiriques réelles, faussant dramatiquement le calcul des moyennes et des écarts-types.

Raw data in Stata
Raw data in Stata

Cette étape exploratoire permet également d’identifier d’éventuelles incohérences biomécaniques ou psychométriques manifestes, telles que des scores excédant l’intervalle théorique admissible d’une échelle (par exemple, un score de 45 sur un inventaire plafonné à 30 points) ou des temps de réaction négatifs causés par des défaillances de chronométrie numérique. Ces erreurs typographiques doivent impérativement faire l’objet d’une traçabilité dans le do-file via des commandes de correction explicites (replace score = . if score > 30) accompagnées de notes explicatives sur leur justification méthodologique.

4.2 Statistiques descriptives univariées des deux conditions

L’exploration formelle se poursuit par le calcul systématique des indicateurs statistiques de tendance centrale, de dispersion et de forme pour chacune des deux variables d’intérêt appariées. Sous Stata, la commande de référence est summarize (abrégée sum). L’adjonction de l’option detail fournit une granularité d’information indispensable à l’analyste :

summarize pre_test post_test, detail

Cette commande génère un tableau exhaustif ventilant pour chaque condition les quantiles majeurs (1%, 5%, 10%, 25%, médiane, 75%, 90%, 95%, 99%), les quatre plus petites et plus grandes valeurs observées, la moyenne arithmétique, l’écart-type d’échantillon, la variance, ainsi que les coefficients d’asymétrie (skewness) et de voussure (kurtosis). Pour rappel, dans une distribution strictement normale, le coefficient de symétrie vaut exactement 0 et le coefficient d’aplatissement brut vaut 3.

En complément, l’instruction ci mean permet d’estimer avec précision les intervalles de confiance de la moyenne empirique de chaque condition à un seuil défini (95% par défaut) :

ci mean pre_test post_test

Cette sortie renseigne sur l’erreur type de chaque condition prise individuellement. Si l’examen séparé de ces intervalles de confiance donne un aperçu visuel des grandeurs, l’analyste chevronné évitera le piège interprétatif consistant à déduire l’absence d’une différence significative du simple fait que les intervalles de confiance univariés des deux conditions se chevauchent : c’est l’intervalle de confiance de la différence appariée qui tranchera la significativité du test.

4.3 Calcul et description de la variable de score différentiel

Conformément au fondement mathématique exposé à la section 1, l’épicentre du diagnostic statistique ne réside pas dans les conditions isolées mais dans leur différentiel intra-individuel direct. Il est donc indispensable d’instancier formellement cette variable au sein de la base de données via la commande de création generate (abrégée gen) :

generate diff_score = post_test - pre_test
label variable diff_score "Différence de performance (Post - Pre)"

L’attribution d’un label descriptif garantit la clarté pérenne des sorties graphiques ultérieures. Une fois la variable générée, on appliquera une nouvelle fois la commande descriptive détaillée spécifiquement sur celle-ci :

summarize diff_score, detail

Simultanément, il est capital d’estimer la corrélation empirique qui relie la mesure pré-intervention à la mesure post-intervention. Cette vérification s’opère via la commande correlate :

correlate pre_test post_test

L’examen de la matrice de corrélation de Pearson qui en résulte offre un éclairage méthodologique immédiat. L’observation d’un coefficient r positif et élevé (par exemple r = 0,72) confirme l’efficacité du protocole de mesures répétées pour réduire la variance d’erreur : plus cette valeur de corrélation est forte, plus le gain de puissance statistique du test apparié par rapport à une comparaison indépendante sera massif.

5. Diagnostic statistique rigoureux des postulats sous Stata

5.1 Évaluation graphique de la normalité

L’appréciation de la normalité d’une distribution ne saurait se cantonner à des tests d’hypothèse purement binaires ; l’inspection graphique demeure le pilier central du diagnostic qualitatif des résidus. Stata propose une suite d’outils visuels de haute précision pour auditer la forme de la distribution de la variable différentielle. Le premier réflexe diagnostique réside dans le tracé de l’histogramme de fréquences avec surimposition de la courbe gaussienne théorique calibrée sur les paramètres de l’échantillon :

histogram diff_score, normal kdensity title("Distribution des scores de différence")

L’adjonction de l’argument kdensity trace en sus une fonction d’estimation de la densité par noyau épanechnikov, permettant de confronter directement le profil empirique lissé à la courbe théorique normale en cloche. Si la distribution souffre de multimodalité ou d’asymétrie prononcée, cette divergence apparaîtra nettement.

Cependant, les outils les plus sensibles pour évaluer les déviations subtiles aux extrémités de la distribution sont les graphiques de probabilité. La commande qnorm trace le graphique quantile-quantile (Q-Q plot), comparant les quantiles empiriques de la variable diff_score aux quantiles théoriques d’une distribution normale standard :

qnorm diff_score

Dans une configuration idéale où le postulat de normalité est parfaitement satisfait, les points représentant les observations s’alignent rigoureusement le long de la ligne diagonale de référence à 45 degrés. Une déviation systématique en forme de « S » ou d’arche signale une asymétrie marquée (positive ou négative), tandis que des écarts importants aux deux extrémités indiquent des queues de distribution épaisses (leptokurtose), révélatrices d’une concentration excessive de valeurs extrêmes.

5.2 Tests d’hypothèse formels de normalité

Pour étayer l’évaluation visuelle, le recours à des tests statistiques d’inférence formelle sur la forme de la distribution est préconisé. Sous Stata, le gold standard pour les échantillons de petite à moyenne taille (typiquement N compris entre 10 et 2000 observations) est le test de Shapiro-Wilk, accessible via la commande swilk :

swilk diff_score

La statistique W renvoyée par le test de Shapiro-Wilk varie entre 0 et 1, une valeur proche de 1 attestant d’une adéquation étroite à la loi normale. L’interprétation de la valeur p s’articule ainsi :

  • Si p > 0,05 : on échoue à rejeter l’hypothèse nulle de normalité. Les données sont considérées comme raisonnablement compatibles avec une distribution gaussienne.
  • Si p ≤ 0,05 : l’hypothèse nulle est rejetée au seuil de 5 %, suggérant que la distribution des différences dévie significativement de la forme normale.

Lorsque la taille de l’échantillon devient plus conséquente, l’alternative de Shapiro-Francia peut être exécutée à l’aide de la commande sfrancia diff_score. Enfin, pour obtenir une décomposition analytique séparée de l’impact de l’asymétrie et de l’aplatissement, la commande sktest (skewness and kurtosis test of normality) applique une transformation de D’Agostino-Pearson :

sktest diff_score

Ce test fournit une valeur p spécifique pour la symétrie, une pour la voussure, ainsi qu’un test chi-deux global combinant les deux dimensions. Il importe de rappeler la limite inhérente aux tests de normalité : dans les très grands échantillons, ils tendent à rejeter H0 pour des déviations triviales sans portée pratique réelle, alors que dans les très petits échantillons, ils manquent souvent de puissance pour détecter des non-normalités réelles.

5.3 Identification des valeurs influentes et aberrantes

L’existence de valeurs atypiques (outliers) au sein de la distribution des différences représente une menace majeure pour la validité du test t apparié. En effet, la moyenne empirique (MD) et la variance (SD2) sont des paramètres éminemment non robustes, dont l’estimation peut être lourdement biaisée par la présence d’un seul score extrême consécutif à une erreur de mesure ou à une réaction individuelle hautement atypique.

L’exploration méthodique des valeurs aberrantes s’appuie prioritairement sur la boîte à moustaches de Tukey, obtenue par la commande :

graph box diff_score, title("Boîte à moustaches des différences intra-individuelles")

Dans cette représentation graphique, la boîte centrale est délimitée par le premier quartile (Q1, 25e percentile) et le troisième quartile (Q3, 75e percentile), la ligne médiane séparant les deux. L’écart interquartile (IQR = Q3 − Q1) détermine l’étendue des moustaches :

  • Les valeurs situées au-delà de 1,5 × IQR de l’extrémité de la boîte sont identifiées comme des valeurs aberrantes modérées (représentées par des cercles distincts).
  • Les valeurs situées au-delà de 3,0 × IQR sont classées comme des valeurs aberrantes sévères ou extrêmes.

Si des points aberrants sont détectés, l’analyste ne doit en aucun cas les supprimer aveuglément de façon arbitraire. Il convient d’abord d’inspecter les observations concernées (par exemple, list id pre_test post_test diff_score if diff_score > 15) afin d’écarter une erreur de saisie ou un dysfonctionnement expérimental documenté. Si ces valeurs correspondent à des réponses biologiques authentiques mais extrêmes, il sera judicieux de comparer les résultats du test t paramétrique avec et sans ces individus, ou d’opter pour les stratégies alternatives non paramétriques ou robustes exposées à la section 10.

6. Syntaxe fondamentale et options de la commande ttest dans Stata

6.1 Structure syntaxique standard pour échantillons appariés

Dans l’architecture de commande de Stata, le mot-clé ttest constitue le point d’entrée unique pour l’ensemble des tests de comparaison de moyennes univariés et bivariés. Pour spécifier formellement un test t pour échantillons appariés sur des données structurées en format large, la syntaxe fondamentale repose sur l’opérateur de double égalité (==) reliant les deux variables mesurées sur le même individu :

ttest score_post == score_pre

L’emploi de la double égalité == est une spécificité conceptuelle essentielle sous Stata. Alors que l’égalité simple (=) est réservée à l’assignation de valeurs dans la mémoire (comme dans generate x = 5), la double égalité représente un opérateur relationnel d’égalité logique. Dans le cadre de la commande ttest, cette instruction indique explicitement au moteur de calcul que l’on souhaite tester l’hypothèse d’équivalence stochastique nulle entre le vecteur de variables situé à gauche et celui situé à droite de l’opérateur pour chaque paire de rangs.

Si, par choix de structuration architecturale, les données avaient été maintenues dans un format long (trois colonnes : id, temps, score), la syntaxe Stata exigerait l’emploi de l’option paired combinée avec l’argument de partitionnement by() :

ttest score, by(temps) paired

Toutefois, la très grande majorité des chercheurs travaillent directement dans le format large standard ttest var1 == var2, qui offre une lecture plus intuitive et une vérification immédiate de l’alignement des paires de scores.

6.2 Options de niveau de confiance et de filtrage

La commande ttest dispose d’un jeu d’options avancées permettant de calibrer l’analyse en fonction des exigences spécifiques du protocole de recherche. L’une des options les plus fréquemment mobilisées est level(#), qui redéfinit la largeur de l’intervalle de confiance estimé pour la différence moyenne. Si la valeur par défaut est fixée à 95 % (α = 0,05), l’analyste peut exiger un niveau de confiance accru ou plus libéral :

ttest score_post == score_pre, level(99)
ttest score_post == score_pre, level(90)

La puissance de Stata s’exprime également à travers l’intégration universelle de la clause de filtrage conditionnel if, qui permet de restreindre l’exécution du test à un sous-ensemble spécifique de l’échantillon sans altérer physiquement le jeu de données actif. Par exemple, pour conduire le test exclusivement sur la cohorte des sujets féminins âgés de plus de 40 ans, la syntaxe s’écrira :

ttest score_post == score_pre if sexe == 2 & age > 40

Concernant la gestion des données incomplètes, Stata applique de façon intrinsèque une suppression par observation complète (listwise deletion ou pairwise complete cases). Si un participant dispose d’un score valide à score_pre mais possède une valeur manquante (.) à score_post, l’intégralité de sa paire sera automatiquement écartée du calcul. Stata indique systématiquement dans sa sortie numérique le nombre final d’observations effectives (N) ayant servi à l’estimation mathématique.

6.3 Accompagnement via l’interface graphique utilisateur (GUI)

Bien que l’écriture directe de scripts via les do-files représente la norme académique préconisée pour la reproductibilité, Stata offre une interface utilisateur graphique (GUI) complète et pédagogique, particulièrement précieuse pour les phases d’apprentissage ou pour vérifier interactivement les options d’une commande complexe.

Paired t-test in Stata
Paired t-test in Stata

Pour accéder au module d’exécution du test apparié via les menus déroulants de Stata, la navigation s’effectue selon le cheminement suivant :

  1. Cliquer sur le menu principal Statistics (Statistiques).
  2. Sélectionner le sous-menu Summaries, tables, and tests (Résumés, tableaux et tests).
  3. Pointer vers Classical tests of hypotheses (Tests classiques d’hypothèses).
  4. Sélectionner l’entrée t test (mean-comparison test).
  5. Dans la fenêtre de dialogue modale qui apparaît, cocher le bouton radio intitulé Paired t test.
  6. Dans le champ First variable, sélectionner dans la liste la variable de la seconde mesure (ex. score_post), puis dans le champ Second variable, désigner la variable de référence initiale (ex. score_pre).
  7. Définir éventuellement le niveau de confiance souhaité dans l’onglet Confidence level.
  8. Valider en cliquant sur OK ou Submit.

L’un des avantages majeurs de l’architecture logicielle de Stata réside dans le fait que toute action exécutée à travers l’interface graphique génère et affiche instantanément dans la fenêtre de résultats (et dans l’historique des commandes) le code syntaxique exact correspondant (par exemple, ttest score_post == score_pre). Il devient alors aisé pour l’utilisateur de copier ce code généré vers son do-file permanent, préservant ainsi l’automatisation et la reproductibilité intégrale de sa recherche.

7. Exécution méthodique d’un test t apparié : application pas à pas

7.1 Déploiement du protocole empirique illustratif

Afin d’ancrer de manière pragmatique les concepts théoriques dans la réalité de la pratique de laboratoire, nous déployons une étude expérimentale issue de la psychologie cognitive et comportementale. Imaginons une recherche s’intéressant à l’efficacité d’une technique de méditation de pleine conscience ultra-brève (séance guidée audio de 15 minutes) sur l’inhibition cognitive et le contrôle attentionnel mesurés à l’aide d’un test standardisé de Stroop couleur-mot.

Le devis expérimental est un plan intra-sujet pré-post test. Vingt-cinq participants sains (N = 25) sont recrutés au sein du laboratoire de sciences cognitives. Chaque participant réalise une première session de test de Stroop informatisée le matin (stroop_pre), mesurée en millisecondes d’interférence (temps moyen de latence sur les items incongruents moins le temps de latence sur les items congruents). Plus ce score est élevé, plus le sujet subit l’interférence cognitive et présente un déficit transitoire d’inhibition attentionnelle.

À la suite de cette évaluation basale, les sujets bénéficient de l’intervention de pleine conscience, puis effectuent immédiatement une seconde passation d’une version équivalente mais contrebalancée du test de Stroop (stroop_post). L’objectif est de vérifier l’hypothèse théorique selon laquelle l’exercice attentionnel réduit significativement l’interférence de Stroop au post-test par rapport au pré-test.

7.2 Lancement formel de la commande dans la console

L’implémentation de cette analyse dans notre do-file s’articule autour d’une séquence logique ordonnée. Après avoir vérifié que les variables stroop_pre et stroop_post sont codées de façon numérique et que la distribution de leur différence respecte de façon satisfaisante la loi normale, nous lançons l’instruction inférentielle :

ttest stroop_post == stroop_pre

L’ordre des variables au sein de l’instruction a une portée purement algébrique sur le signe du ratio t : en écrivant stroop_post == stroop_pre, Stata effectuera formellement la soustraction :

diff = stroop_poststroop_pre

Si l’intervention est efficace pour diminuer l’interférence de Stroop, la moyenne au post-test sera inférieure à celle du pré-test, ce qui se traduira par une valeur moyenne de différence négative et un ratio t empirique de signe négatif. Si nous avions formulé la commande dans l’ordre inverse (ttest stroop_pre == stroop_post), la valeur absolue de la statistique de Student et la valeur p demeureraient rigoureusement identiques, mais la différence et la statistique t afficheraient un signe positif. Il convient de choisir l’ordre qui sert au mieux la clarté narrative de la démonstration psychologique.

7.3 Gestion des avertissements et erreurs courantes lors de l’exécution

Lors du lancement de la commande ttest, le praticien peut être confronté à des messages d’erreur système bloquants générés par Stata. L’erreur la plus banale mais la plus récurrente est le code d’erreur type mismatch (erreur r(109)). Elle survient lorsqu’une variable numérique a été importée par inadvertance sous le type de stockage texte (string) en raison de la présence d’un caractère alphabétique ou d’une virgule non reconnue dans l’une des cellules brutes. Cette anomalie se résout aisément à l’aide de la commande de conversion forcée destring :

destring stroop_post, replace ignore(",")

Un autre message d’erreur déstabilisant est no observations (erreur r(2000)). Ce diagnostic se produit lorsque l’application de clauses conditionnelles if trop restrictives élimine la totalité des cas, ou lorsque toutes les paires d’observations comportent au moins une donnée manquante sur l’une des deux variables d’intérêt. L’analyste devra inspecter la disponibilité effective des données au moyen de la commande count if !missing(stroop_pre) & !missing(stroop_post).

Enfin, si Stata renvoie un ratio t impossible à calculer accompagné d’un écart-type nul (sd = 0), cela signifie que l’intégralité des participants affiche une différence strictement identique entre la condition pré et la condition post. Cette situation de variance différentielle nulle — rarissime sur des données biologiques continues — signale généralement un artefact d’imputation de données ou une variable dupliquée par mégarde lors d’une étape de programmation en amont.

8. Lecture analytique et interprétation approfondie des sorties Stata

8.1 Décomposition du tableau récapitulatif des variables

L’exécution de la commande ttest produit un tableau matriciel structuré en plusieurs lignes et colonnes, qui concentre l’ensemble des descripteurs empiriques nécessaires au jugement statistique. L’analyste se doit de décomposer méticuleusement chaque élément de cette fenêtre de résultats.

Interpreting results of paired t-test in Stata
Interpreting results of paired t-test in Stata

Le tableau présente d’abord deux rangées décrivant respectivement la première et la seconde variable spécifiées dans la syntaxe, suivies d’une rangée synthétique étiquetée diff. Pour chacune de ces rangées, Stata restitue :

  • Obs : Le nombre effectif d’observations validées dans l’analyse (taille de l’échantillon apparié effectif).
  • Mean : La moyenne empirique observée au sein de l’échantillon. La rangée diff affiche la moyenne des différences individuelles (MD), qui est strictement égale à la différence arithmétique entre la moyenne du post-test et celle du pré-test.
  • Std. Err. : L’erreur type de la moyenne. Pour les deux premières rangées, il s’agit de l’erreur type classique univariée (S / √N). Pour la rangée diff, cette grandeur représente l’erreur type de la différence (SED = SD / √N), qui intègre la correction pour la corrélation intra-sujet.
  • Std. Dev. : L’écart-type de la distribution observée. Dans la rangée diff, il s’agit de l’écart-type des différences individuelles (SD), une valeur cardinale qui servira de base au calcul de la taille de l’effet.
  • [95% Conf. Interval] : L’intervalle de confiance encadrant le paramètre de la population au seuil de confiance spécifié. L’intervalle de confiance situé sur la rangée diff est d’une importance capitale : si cet intervalle n’englobe pas la valeur zéro (par exemple s’il s’étend de −35,42 à −12,18), l’analyste peut immédiatement en déduire que la différence est statistiquement significative au seuil bilatéral α = 0,05.

8.2 Analyse de la statistique de test et des degrés de liberté

Immédiatement sous le tableau de synthèse descriptive, Stata affiche les éléments architecturaux centraux du test inférentiel paramétrique. La première information explicite est la définition de la variable de différence :

mean(diff) = mean(stroop_post - stroop_pre)

Elle est assortie de l’évaluation empirique de la statistique de Student, désignée par t =, et du nombre de degrés de liberté associé, spécifié par degrees of freedom =. Dans notre exemple comptant 25 participants appariés, les degrés de liberté sont exactement égaux à :

ddl = N − 1 = 25 − 1 = 24

Le ratio t affiché (admettons t = −4,1852) quantifie l’écart entre la différence moyenne observée et la valeur zéro sous l’hypothèse nulle, exprimé en unités d’erreur type. Une valeur de −4,18 indique que la performance moyenne au post-test se situe à plus de 4 erreurs types en deçà de la performance au pré-test, suggérant d’emblée une divergence expérimentale majeure qui a très peu de chances d’être le fruit du hasard d’échantillonnage.

8.3 Interprétation probabiliste des valeurs p bilatérales et unilatérales

La section inférieure de la sortie Stata constitue la zone d’arbitrage décisionnel inférentiel. Stata déploie de façon simultanée les probabilités associées à trois formulations distinctes de l’hypothèse alternative, matérialisées par trois colonnes de texte distinctes :

Hypothèse unilatérale gauche Hypothèse bilatérale standard Hypothèse unilatérale droite
Ha: mean(diff) < 0 Ha: mean(diff) != 0 Ha: mean(diff) > 0
Pr(T < t) = 0.0002 Pr(|T| > |t|) = 0.0003 Pr(T > t) = 0.9998

La colonne centrale, formulée sous la forme Ha: mean(diff) != 0, correspond à l’hypothèse alternative bilatérale (two-tailed). Elle évalue la probabilité Pr(|T| > |t|) d’observer par simple accident d’échantillonnage une statistique de Student au moins aussi extrême que celle effectivement obtenue, dans une direction ou dans l’autre (positive ou négative), sous l’hypothèse où la vraie différence moyenne dans la population serait nulle. Dans la quasi-totalité des publications scientifiques académiques, c’est cette valeur p bilatérale qui doit être adoptée et rapportée afin de préserver l’impartialité épistémologique du test.

Les colonnes de gauche et de droite correspondent aux tests unilatéraux directionnels (one-tailed). La colonne de gauche (Ha: mean(diff) < 0) teste si la différence est significativement inférieure à zéro (réduction), tandis que la colonne de droite (Ha: mean(diff) > 0) teste si la différence est significativement supérieure à zéro (augmentation). Le recours à un test unilatéral est soumis à des contraintes méthodologiques drastiques : l’hypothèse directionnelle exclusive doit avoir été formellement pré-enregistrée avant toute collecte de données (preregistration), et le chercheur s’engage formellement à ignorer tout effet qui surviendrait dans la direction inverse, quelle qu’en soit la magnitude. En l’absence d’un tel cadre méthodologique préalable, le recours rétrospectif à une valeur p unilatérale pour sauver un résultat bilatéral marginal (par exemple un p bilatéral de 0,08 devenant un p unilatéral de 0,04) constitue une faute déontologique assimilable à du p-hacking.

9. Quantification de l’ampleur de l’effet et puissance statistique dans Stata

9.1 Calcul du d de Cohen pour mesures répétées

La publication d’une valeur p statistiquement significative ne renseigne en rien sur l’importance théorique ou clinique d’un résultat. Une différence minime, dépourvue de toute utilité pratique, peut atteindre le seuil de significativité p < 0,05 dès lors que l’échantillon est volumineux. À l’inverse, un effet d’une intensité majeure peut échouer à atteindre la significativité dans une petite cohorte. Pour cette raison, les normes méthodologiques contemporaines exigent systématiquement la déclaration de la taille de l’effet (effect size).

Dans les devis à mesures répétées, la conceptualisation du d de Cohen présente une subtilité majeure qui suscite d’abondants débats dans la littérature méthodologique (Morris & DeShon, 2002 ; Lakens, 2013). On distingue principalement deux formulations du d :

  1. Le d basé sur l’écart-type des différences (souvent noté dz) :
    dz = MD / SD = t / √N
    Cet indice quantifie l’ampleur du changement standardisée par la dispersion des scores de différence. C’est précisément cette valeur qui reflète la puissance statistique interne de votre test t apparié.
  2. Le d basé sur les écarts-types originaux (noté dav ou drm) :
    dav = (M2M1) / √[(S12 + S22) / 2]
    Cet indice standardise la différence de moyenne par la moyenne des écarts-types des deux conditions. Il présente l’immense avantage d’être directement comparable aux d de Cohen issus de plans à groupes indépendants, ce qui le rend indispensable pour l’intégration de votre étude au sein d’une méta-analyse ultérieure.

Sous Stata, la commande officielle esize permet d’estimer instantanément ces grandeurs d’effet standardisées accompagnées de leurs intervalles de confiance non paramétriques :

esize paired stroop_pre stroop_post

Selon les conventions canoniques établies par Jacob Cohen (1988), une taille d’effet |d| d’environ 0,20 est qualifiée de faible, 0,50 correspond à un effet moyen, et 0,80 ou plus signale un effet de forte amplitude. En sciences cliniques et cognitives, ces repères doivent toujours être contextualisés à l’aune des effets habituellement observés dans le champ disciplinaire considéré.

9.2 Calcul du g de Hedges et corrections pour petits échantillons

Bien que le d de Cohen soit universellement reconnu, il souffre d’un biais systématique de surestimation de la taille de l’effet au sein des échantillons de taille modeste (typiquement lorsque N < 20). Pour corriger ce biais d’échantillonnage, Larry Hedges (1981) a proposé un facteur correctif non biaisé d’ajustement polynomial (J) fondé sur les degrés de liberté :

J ≈ 1 − [3 / (4 × ddl − 1)]

La statistique résultante, baptisée g de Hedges, est obtenue en appliquant ce facteur multiplicatif au d standard :

g = d × J

Dans Stata, la commande esize paired fournit nativement l’estimation du g de Hedges en parallèle du d de Cohen. Dès lors que la cohorte comporte moins de 30 participants, il est recommandé de privilégier formellement le rapport du g de Hedges dans vos manuscrits pour éviter de gonfler indûment l’efficacité perçue de l’intervention étudiée.

9.3 Analyse de puissance post-hoc et a priori sous Stata

La gestion de la puissance statistique — c’est-à-dire la probabilité conditionnelle 1 − β de rejeter l’hypothèse nulle lorsqu’elle est effectivement fausse — est un élément central de la planification scientifique. Stata dispose d’un moteur computationnel de pointe à travers la suite de commandes power. Pour déterminer la taille d’échantillon requise lors de la conception d’un plan à mesures répétées (analyse de puissance a priori), on utilise l’instruction power pairedmeans :

power pairedmeans, diff(-20) sddiff(25) power(0.80) alpha(0.05)

Cette commande interroge le système : « Sachant que j’anticipe une réduction moyenne de 20 millisecondes (diff(-20)) avec un écart-type attendu des différences de 25 millisecondes (sddiff(25)), combien de participants appariés dois-je recruter pour garantir 80 % de chances de détecter l’effet au seuil α = 0,05 ? » Stata retourne instantanément le tableau de dimensionnement indiquant la taille d’échantillon N nécessaire.

À l’inverse, il convient de formuler une mise en garde méthodologique absolue contre ce que la littérature nomme l’« analyse de puissance rétrospective » (post-hoc power). Calculer la puissance d’un test déjà complété en injectant dans la formule l’effet empirique et la valeur p observés constitue une circularité tautologique dénuée de valeur informative : un test qui affiche un p non significatif affichera systématiquement une puissance post-hoc basse. Si une étude s’avère non significative, la démarche rigoureuse consiste à examiner la précision de l’intervalle de confiance encadrant la différence moyenne plutôt que de spéculer sur une puissance rétrospective dévoyée.

10. Solutions alternatives en cas de violation des postulats statistiques

10.1 Le test des rangs signés de Wilcoxon comme alternative non paramétrique

Lorsque le diagnostic des données conduit à constater une violation indéniable du postulat de normalité sur la variable de différence (p ≤ 0,05 au test de Shapiro-Wilk et Q-Q plot profondément déformé) et que la taille d’échantillon est insuffisante pour s’en remettre au théorème central limite, l’analyste doit basculer vers une modélisation non paramétrique. L’alternative par excellence au test t apparié est le test des rangs signés de Wilcoxon (Frank Wilcoxon, 1945).

Ce test ne s’intéresse pas à la moyenne arithmétique des scores bruts, mais opère une transformation des différences individuelles en rangs. La logique computationnelle s’articule comme suit :

  • Calcul des différences brutes Di = X2iX1i pour chaque paire.
  • Élimination temporaire des paires où la différence est strictement nulle (Di = 0).
  • Classement des valeurs absolues des différences (|Di|) par ordre croissant, de 1 à N.
  • Réattribution du signe original (+ ou −) aux rangs attribués.
  • Calcul de la somme des rangs positifs (W+) et de la somme des rangs négatifs (W).

Sous Stata, l’exécution de ce test non paramétrique s’effectue au moyen de la commande signrank :

signrank stroop_post = stroop_pre

Notez bien la spécificité syntaxique de cette commande : elle utilise un signe égal simple (=) pour séparer les deux variables dépendantes. La sortie Stata renvoie la distribution des rangs positifs, des rangs négatifs, des égalités (ties), ainsi que la statistique d’approximation asymptotique normale standardisée z et sa probabilité bilatérale associée. Si p < 0,05, on rejette l’hypothèse nulle d’égalité des distributions au profit d’un déplacement systématique de la médiane des scores.

10.2 Le test des signes pour distributions fortement asymétriques

Bien que le test des rangs signés de Wilcoxon s’affranchisse de l’hypothèse de normalité métrique, il requiert néanmoins que la distribution sous-jacente des différences soit approximativement symétrique autour de sa médiane. Dans des contextes cliniques ou psychiatriques particuliers, il arrive que les scores différentiels présentent une asymétrie extrême non symétrisable (par exemple, une infime minorité de patients répondant de façon spectaculaire au traitement tandis que la majorité stagne avec de très légères fluctuations négatives).

En présence d’une asymétrie sévère violant l’hypothèse de symétrie de Wilcoxon, l’ultime recours distributionnel libre de distribution est le test des signes (sign test). Ce test ignore purement et simplement la magnitude numérique des différences pour ne conserver que leur signe directionnel (+ ou −). Le problème statistique est alors ramené à une distribution binomiale simple de paramètre p = 0,50 :

signtest stroop_post = stroop_pre

Stata quantifie le nombre d’individus ayant progressé, régressé ou conservé un score stationnaire, puis applique la loi binomiale exacte pour évaluer si la proportion d’observations positives excède substantiellement ce que prédirait un simple processus de pile ou face. Si le test des signes offre une robustesse infaillible face aux valeurs extrêmes, son coût méthodologique réside dans une perte notable de puissance statistique par rapport au test t et au test de Wilcoxon.

10.3 Approches robustes et rééchantillonnage par bootstrap

À l’ère de la statistique computationnelle moderne, les chercheurs ne sont plus contraints d’abandonner l’estimation de la moyenne au profit de rangs ordinaux dès lors que la normalité fait défaut. La méthodologie du rééchantillonnage par bootstrap (Efron & Tibshirani, 1993) offre une alternative paramétrique robuste particulièrement séduisante.

Le bootstrap ne pose aucun postulat quant à la loi théorique de la population. Le principe computationnel consiste à générer un grand nombre d’échantillons artificiels (typiquement B = 1000 ou 2000 répliques) par tirage aléatoire avec remise au sein du jeu de données empirique réel. Pour chaque pseudo-échantillon tiré, Stata recalcule la différence moyenne, permettant ainsi de construire de façon purement empirique la véritable distribution d’échantillonnage de la statistique.

Sous Stata, le bootstrap s’applique directement à la commande ttest grâce au préfixe modulaire bootstrap :

bootstrap diff_mean=r(mu_2), reps(2000) seed(12345): ttest stroop_post == stroop_pre

La fixation d’une graine aléatoire via seed(12345) est capitale pour assurer la réplication exacte des résultats d’une session à l’autre. Pour obtenir les intervalles de confiance empiriques corrigés pour le biais et l’accélération (BCa — bias-corrected and accelerated intervals), qui fournissent les meilleures garanties asymptotiques en cas d’asymétrie résiduelle, on exécutera immédiatement après la commande post-estimation :

estat bootstrap, bca

Cette démarche computationnelle hybride préserve l’interprétabilité intuitive de la moyenne originelle tout en éliminant toute vulnérabilité face aux déviations de la loi normale.

11. Rédaction et communication des résultats selon les normes de l’APA (7e édition)

11.1 Règles formelles de typographie et d’annotation statistique APA

La publication scientifique obéit à des normes de translittération rédactionnelle rigoureuses définies par l’American Psychological Association (APA Publication Manual, 7e édition). La retranscription d’un test t apparié ne s’improvise pas et doit se conformer à un ensemble de règles typographiques strictes :

  • Les lettres latines représentant des paramètres ou des statistiques doivent être composées en italique : t, p, M, SD, d, SE, CI, N. Les abréviations grecques ou les termes de sous-ensemble ne prennent pas d’italique.
  • La statistique de Student doit mentionner les degrés de liberté entre parenthèses accolées à la lettre : t(24) = …
  • Les grandeurs numériques non bornées (comme la moyenne, l’écart-type, ou la statistique t) s’écrivent avec un zéro initial avant la virgule ou le point décimal (ex. t(24) = 4,19 ou 0,85). En anglais académique, on emploiera le point décimal (4.19), tandis que le français institutionnel admet la virgule décimale.
  • La valeur p étant une probabilité mathématiquement contrainte entre 0 et 1, elle ne prend jamais de zéro initial dans les publications anglophones (ex. p = .003 et non p = 0.003). Bien que l’usage francophone tolère le zéro, la pratique internationale dominante supprime ce zéro.
  • Les valeurs p exactes doivent être déclarées jusqu’à deux ou trois décimales (ex. p = .038). Lorsque Stata affiche 0.0000, il ne faut jamais écrire p = .000 (ce qui signifierait une probabilité nulle absolue, théoriquement impossible), mais obligatoirement rapporter p < .001.

11.2 Exemples concrets de rédaction académique de résultats

Pour guider les auteurs dans la mise en forme textuelle de leurs analyses, nous proposons deux gabarits de rédaction conformes aux canons de l’APA 7e édition, illustrant respectivement une configuration significative et un cas de non-rejet de l’hypothèse nulle.

Exemple 1 : Rapport d’un effet statistiquement significatif

« Un test t de Student pour échantillons appariés a été conduit afin d’évaluer l’impact d’une séance de méditation de pleine conscience de 15 minutes sur l’interférence cognitive mesurée au test de Stroop. Les résultats révèlent une réduction statistiquement significative du score d’interférence attentionnelle entre la passation pré-intervention (M = 142,68 ms, SD = 28,45) et la passation post-intervention (M = 118,52 ms, SD = 24,12), t(24) = 4,19, p < .001, dz = 0,84, IC à 95 % de la différence [12,25 ; 36,07]. Conformément à l’hypothèse initiale, la participation à l’exercice d’ancrage attentionnel s’accompagne d’un gain substantiel dans les capacités d’inhibition cognitive des participants, l’ampleur de cet effet se révélant forte. »

Exemple 2 : Rapport d’un résultat non significatif

« Une analyse par mesures répétées au moyen d’un test t pour échantillons dépendants a été réalisée pour déterminer si les temps de traitement mnésique différaient significativement entre la condition avec musique de fond stimulante (M = 485,30 ms, SD = 62,10) et la condition avec bruit blanc ambiant (M = 480,10 ms, SD = 58,40). La différence observée de 5,20 ms ne s’est pas avérée statistiquement significative au seuil nominal, t(29) = 0,68, p = .502, dz = 0,12, IC à 95 % [−10,45 ; 20,85]. Les données actuelles ne fournissent pas de preuve empirique suffisante pour soutenir l’existence d’une modulation des performances mnésiques par la typologie d’ambiance sonore au sein de cet échantillon. »

11.3 Conception de tableaux descriptifs et représentations graphiques publiables

L’esthétique visuelle imposée par l’APA prohibe rigoureusement les quadrillages verticaux denses et les fonds colorés superflus au sein des tableaux statistiques. Un tableau aux normes APA ne comporte que trois lignes horizontales majeures : une sous le titre du tableau, une sous la ligne d’en-tête de colonnes, et une à la base du tableau au-dessus des notes méthodologiques explicatives.

Sur le plan iconographique, l’erreur la plus répandue consiste à publier des diagrammes en bâtons simples (bar charts) masquant la variabilité individuelle. En devis apparié, la représentation graphique de choix sous Stata est le graphique de profil individuel (spaghetti plot), qui visualise simultanément la trajectoire propre de chaque participant et la tendance moyenne de la cohorte. Ce graphique se génère avec la commande graph twoway :

generate id_num = _n
graph twoway (line stroop_pre stroop_post id_num, lcolor(gs12) lwidth(vthin)) ///
(scatter stroop_pre stroop_post id_num, mcolor(navy)), ///
title("Trajectoires individuelles pré- et post-méditation") ///
ytitle("Interférence de Stroop (ms)") xtitle("Conditions")

Une alternative graphique courante consiste à tracer un graphique de moyennes assorti d’intervalles de confiance à 95 % stricts, où les barres d’erreur représentent l’erreur type de la différence intra-sujet (selon la correction de Cousineau-Morey) plutôt que les barres d’erreur classiques inter-sujets, afin de refléter fidèlement la puissance du plan à mesures répétées.

12. Étude de cas avancée en psychologie et automatisation des analyses

12.1 Mise en situation clinique : efficacité d’une intervention brève sur l’anxiété

Pour clore cet apprentissage, nous formalisons une étude de cas clinique complète en psychologie de la santé. Soit un essai clinique pilote visant à évaluer l’efficacité d’un protocole bref de thérapie cognitivo-comportementale (TCC) de quatre semaines ciblant des patients souffrant d’anxiété généralisée modérée. Le critère de jugement principal est le score total à l’inventaire d’anxiété état-trait de Spielberger (STAI-Trait, échelle s’étendant de 20 à 80 points).

Trente patients (N = 30) ont été évalués à l’inclusion (stai_baseline) puis au terme de la quatrième semaine de prise en charge (stai_endpoint). Voici le script complet de traitement, rédigé sous la forme d’un do-file modèle directement opérationnel sous Stata :

// 1. Configuration de l'environnement reproductible
clear all
set more off
cd "C:Projet_TCC_Anxiete"
capture log close
log using "rapport_analyse_stai.log", replace text

// 2. Importation et audit des données
import delimited using "data_tcc_stai.csv", clear
describe
summarize stai_baseline stai_endpoint, detail

// 3. Calcul de la différence et vérification des postulats
generate diff_stai = stai_endpoint - stai_baseline
label variable diff_stai "Variation du score STAI (Post - Pre)"
swilk diff_stai
histogram diff_stai, normal title("Vérification de normalité des résidus")

// 4. Test inférentiel paramétrique et calcul de la taille d'effet
ttest stai_endpoint == stai_baseline
esize paired stai_baseline stai_endpoint

// 5. Clôture de la session
log close

Supposons que les sorties numériques retournent une moyenne basale de 58,40 (SD = 6,20) et une moyenne post-TCC de 44,10 (SD = 7,50). La différence moyenne observée s’établit à −14,30 points (SD = 5,10), générant un ratio t(29) = −15,36 avec p < .0001 et un dz = 2,80. Sur le plan clinique, cette réduction dépasse largement le seuil de changement cliniquement significatif (souvent fixé à 5 ou 7 points sur le STAI), confirmant l’impact thérapeutique majeur de l’intervention cognitivo-comportementale sur la réduction de la détresse anxieuse.

12.2 Automatisation et exportation directe des sorties Stata vers Word et LaTeX

Dans un contexte professionnel ou académique, recopier manuellement des séries de coefficients depuis la console Stata vers un traitement de texte est une pratique chronophage et source de coquilles involontaires. Stata propose une suite de commandes natives remarquables pour automatiser la composition de rapports formatés au format Microsoft Word (.docx) sans dépendance logicielle tierce, grâce au module putdocx.

Voici un extrait syntaxique permettant d’exporter directement le tableau des résultats du test t dans un document Word préformaté :

// Initialisation du document Word
putdocx begin
putdocx paragraph, style(Heading1)
putdocx text ("Rapport d'efficacité clinique : Protocole TCC sur l'anxiété")

// Exécution du test t et mémorisation interne
quietly ttest stai_endpoint == stai_baseline

// Rédaction automatisée du paragraphe APA dans Word
putdocx paragraph
putdocx text ("Le test t pour échantillons appariés démontre une réduction significative du niveau d'anxiété, t(")
putdocx text (string(r(df_t)))
putdocx text (") = ")
putdocx text (string(r(t), "%4.2f"))
putdocx text (", p < .001. La différence moyenne s'établit à ")
putdocx text (string(r(mu_1) - r(mu_2), "%4.2f"))
putdocx text (" points.")

// Sauvegarde finale du fichier Word
putdocx save "Resultats_Cliniques_Automatiques.docx", replace

Pour les chercheurs rédigeant sous l’environnement de typographie scientifique LaTeX, des extensions communautaires puissantes disponibles sur le dépôt SSC (telles que esttab ou outreg2) permettent d’exporter directement les matrices de résultats en syntaxe tabulaire begin{tabular} propre, assurant une chaîne de publication scientifique 100 % automatisée et reproductible.

12.3 Checklist de validation finale pour la recherche quantitative

Avant d’apposer le sceau final de validation sur vos analyses et de soumettre votre manuscrit à l’évaluation par les pairs (peer-review), passez systématiquement l’ensemble de votre protocole computationnel au crible de cette grille d’audit qualité méthodologique :

  • Structure des données : Le format de fichier actif (large ou long) correspond-il sans ambiguïté à la syntaxe déployée (== versus by(), paired) ?
  • Intégrité de l’appariement : Avez-vous vérifié qu’aucun décalage de lignes n’a corrompu la concordance sujet-par-sujet entre la condition 1 et la condition 2 ?
  • Diagnostic de la normalité : L’analyse de normalité (Shapiro-Wilk, Q-Q plot) a-t-elle été exécutée rigoureusement sur la différence des scores et non sur les variables séparées ?
  • Gestion des aberrances : Les points extrêmes ont-ils été documentés, qualifiés sur le plan biomécanique ou clinique, et traités selon des règles transparentes ?
  • Directionnalité du test : En cas d’usage d’une probabilité unilatérale, celle-ci s’appuie-t-elle sur une justification théorique formelle et un pré-enregistrement incontestable ?
  • Déclaration de l’effet : Avez-vous rapporté une mesure standardisée de la taille d’effet (d de Cohen ou g de Hedges) assortie de son intervalle de confiance ?
  • Reproductibilité totale : Votre do-file s’exécute-t-il d’un seul bloc, depuis les données brutes jusqu’au graphique final, sans intervention manuelle et sans interruption sur une machine vierge ?

La maîtrise conjointe des fondements mathématiques de l’inférence, de la syntaxe de pointe de Stata et des exigences déontologiques de la recherche quantitative constitue le socle indispensable sur lequel repose la découverte scientifique d’excellence. En appliquant avec rigueur les méthodes exposées dans ce guide, le chercheur s’assure que ses données empiriques délivrent des conclusions robustes, pérennes et hautement valorisables au sein de la communauté scientifique internationale.

Références

American Psychological Association. (2020). Publication manual of the American Psychological Association (7th ed.). American Psychological Association. https://doi.org/10.1037/0000165-000

Becker, B. J. (1988). Synthesizing standardized mean-change measures. British Journal of Mathematical and Statistical Psychology, 41(2), 257–278. https://doi.org/10.1111/j.2044-8317.1988.tb00900.x

Cohen, J. (1988). Statistical power analysis for the behavioral sciences (2nd ed.). Lawrence Erlbaum Associates.

Efron, B., & Tibshirani, R. J. (1993). An introduction to the bootstrap. Chapman & Hall/CRC. https://doi.org/10.1201/9780429246593

Hedges, L. V. (1981). Distribution theory for Glass’s estimator of effect size and related estimators. Journal of Educational Statistics, 6(2), 107–128. https://doi.org/10.3102/10769986006002107

Lakens, D. (2013). Calculating and reporting effect sizes to facilitate cumulative science: A practical primer for t-tests and ANOVAs. Frontiers in Psychology, 4, Article 863. https://doi.org/10.3389/fpsyg.2013.00863

Morris, S. B., & DeShon, R. P. (2002). Combining effect size estimates in meta-analysis with repeated measures and independent-groups designs. Psychological Methods, 7(1), 105–125. https://doi.org/10.1037/1082-989X.7.1.105

StataCorp. (2023). Stata base reference manual: Release 18. Stata Press. https://www.stata.com/manuals/r.pdf

Wilcoxon, F. (1945). Individual comparisons by ranking methods. Biometrics Bulletin, 1(6), 80–83. https://doi.org/10.2307/3001968

Citer cet article

memjavad (2026, septembre 5). Comment effectuer un test t pour échantillons appariés dans Stata. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/statistics/comment-effectuer-un-test-t-echantillons-apparies-dans-stata/
memjavad. “Comment effectuer un test t pour échantillons appariés dans Stata.” Base de données de psychologie en français, 5 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/statistics/comment-effectuer-un-test-t-echantillons-apparies-dans-stata/.
memjavad. “Comment effectuer un test t pour échantillons appariés dans Stata.” Base de données de psychologie en français. septembre 5, 2026. https://fr.arabpsychology.com/statistics/comment-effectuer-un-test-t-echantillons-apparies-dans-stata/.