Indice d’adaptation des jeunes (YCI)

Découvrez l’Indice d’adaptation des jeunes (Youth Coping Index, YCI), outil d’évaluation du coping adolescent développé par McCubbin, Thompson et Elver en 1995.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 3, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 3, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé

L’Indice d’adaptation des jeunes (connu en anglais sous le nom de Youth Coping Index ou YCI) est un instrument psychométrique auto-rapporté développé en 1995 par Hamilton I. McCubbin, Anne I. Thompson et Kelly M. Elver au sein de l’Université du Wisconsin à Madison. Conçu pour évaluer les répertoires comportementaux et cognitifs d’ajustement face au stress chez les adolescents et les jeunes adultes, le YCI s’inscrit au cœur des modèles systémiques de résilience familiale et individuelle, notamment le modèle Resiliency Model of Family Stress, Adjustment and Adaptation élaboré par McCubbin et McCubbin. L’échelle comprend 31 items évaluant la fréquence à laquelle un jeune recourt à diverses stratégies d’adaptation lorsqu’il traverse des difficultés ou ressent une tension interne.

Les réponses sont recueillies sur une échelle de Likert en 5 points allant de 1 (« Jamais » / Never) à 5 (« La plupart du temps » / Most of the time). L’analyse psychométrique et factorielle sous-jacente a mis en évidence une structure tri-factorielle robuste regroupant trois dimensions distinctes mais complémentaires : (1) Le développement spirituel et personnel des jeunes (Youth spiritual and personal development, 13 items), englobant la quête de sens, la prière, le perfectionnement individuel, les loisirs et l’engagement scolaire ; (2) L’évaluation positive et la résolution de problèmes des jeunes (Youth positive appraisal and problem solving, 10 items), articulant la restructuration cognitive optimiste, la prise de décision autonome et la recherche de soutien social constructif ; et (3) La communication incendiaire et la gestion des tensions des jeunes (Youth incendiary communication and tension management, 8 items), mesurant l’externalisation de la colère, le déni, la réactivité verbale hostile et les conduites d’échappement émotionnel. L’item 17 (« Go along with parents’ requests and rules ») fait l’objet d’une cotation inversée.

Les études de validation initiales et subséquentes confirment des propriétés psychométriques satisfaisantes, avec une cohérence interne globale élevée (alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,82 et 0,88 pour l’échelle globale, et des indices allant de 0,71 à 0,84 pour les sous-échelles). L’outil démontre une excellente validité de construit, discriminante et convergente, corrélant de manière significative avec les indices de fonctionnement familial, le bien-être subjectif, la détresse psychologique et l’estime de soi. Le YCI constitue une ressource essentielle tant pour la recherche clinique en psychologie du développement que pour les interventions psychoéducatives visant à renforcer les compétences d’adaptation des adolescents vulnérables.

2. Mots-clés

Youth Coping Index, YCI, adaptation psychologique, coping des adolescents, résilience, stress adolescent, résolution de problèmes, communication incendiaire, évaluation positive, psychométrie

3. Auteurs

Le Youth Coping Index (YCI) a été conceptualisé et validé par une équipe de chercheurs de renom rattachés au Département d’études familiales et de développement humain de l’Université du Wisconsin à Madison :

  • Hamilton I. McCubbin, Ph.D. : Professeur émérite en sciences de la famille et du développement humain à la University of Wisconsin-Madison, pionnier internationalement reconnu de l’étude du stress familial, de la résilience systémique et du développement de batteries d’évaluation psychométrique. Courriel de contact pour les archives de recherche : [email protected].
  • Anne I. Thompson, M.S. : Chercheuse et statisticienne associée à l’Université du Wisconsin à Madison, co-autrice de multiples inventaires standardisés sur le coping, le fonctionnement conjugal et la résilience parentale.
  • Kelly M. Elver, B.S. : Spécialiste de recherche et analyste de données au Center for Excellence in Family Studies de l’Université du Wisconsin à Madison, ayant collaboré à l’opérationnalisation empirique des mesures de résilience auprès des populations juvéniles.

4. Objectif

L’adolescence représente une période de transition développementale intense, caractérisée par des mutations neurobiologiques, l’émergence d’exigences d’autonomie sociale, des pressions académiques accrues et des réorganisations majeures au sein des dynamiques relationnelles avec les pairs et l’entourage parental. Face à ces stresseurs normatifs et non normatifs, les stratégies de coping mobilisées par les jeunes constituent des déterminants cruciaux de leur trajectoire de santé mentale, de leur adaptation sociale et de leur réussite scolaire. L’objectif fondamental du Youth Coping Index (YCI) est d’offrir une mesure standardisée, brève et psychométriquement rigoureuse des styles d’adaptation adoptés spécifiquement par les adolescents lorsqu’ils font face à des difficultés majeures ou à des sentiments de tension interne.

Applications en recherche

Dans le domaine de la recherche empirique, le YCI permet d’explorer les médiateurs et modérateurs reliant l’exposition au stress chronique (dysfonctionnements familiaux, maladies somatiques graves, précarité socioéconomique, traumatismes communautaires) et l’ajustement psychologique des adolescents. L’échelle comble un vide méthodologique significatif en évaluant simultanément des stratégies orientées vers l’intériorité (spiritualité, développement personnel, créativité), des approches cognitives constructives (restructuration positive, résolution de problèmes) et des comportements externalisés potentiellement conflictuels (communication incendiaire, décharge agressive, désengagement passif). Les chercheurs utilisent le YCI pour comparer des cohortes cliniques et non cliniques, mesurer l’efficacité d’interventions préventives en milieu scolaire ou clinique, et modéliser l’interaction dynamique entre les ressources individuelles et les dynamiques systémiques familiales.

Applications cliniques et éducatives

En pratique clinique, le YCI offre aux psychologues, psychiatres pour enfants et adolescents, conseillers d’orientation et travailleurs sociaux un profil d’adaptation multidimensionnel. Plutôt que de catégoriser de façon simpliste le coping en « adaptatif » versus « inadaptatif », l’instrument permet de cartographier la granularité des réactions de l’adolescent :

  • Dépistage précoce des conduites à risque : Une élévation marquée sur la sous-échelle de communication incendiaire et de gestion des tensions signale une propension à la décharge émotionnelle projective (crier, jurer, blâmer autrui, sarcasme) qui peut précéder des troubles des conduites, des ruptures relationnelles ou des difficultés d’insertion scolaire.
  • Identification des leviers de résilience : L’évaluation des compétences de développement personnel et de résolution de problèmes met en lumière les forces psychologiques préexistantes de l’adolescent (engagement artistique, activité physique, foi religieuse, recours à des confidents ou professionnels), servant d’ancrage pour les thérapies cognitivo-comportementales (TCC), les thérapies familiales et le counseling axé sur les solutions.
  • Médiation familiale : L’analyse des items relatifs à la négociation avec les parents (ex. item 6 et item 17) permet aux cliniciens de cibler les blocages communicationnels entre les générations et d’accompagner la transition vers une autonomie concertée.

5. Construit psychologique

Le construit mesuré par le YCI s’inscrit dans la conceptualisation multidimensionnelle du coping développée en psychologie de la santé et en psychologie systémique. L’échelle opérationnalise l’ajustement des adolescents à travers trois dimensions fondamentales validées empiriquement :

1. Développement spirituel et personnel des jeunes (Youth Spiritual and Personal Development)

Cette dimension comprend 13 items (items 2, 3, 4, 5, 8, 10, 11, 14, 21, 24, 27, 30 et 31). Elle évalue la mobilisation d’activités constructives et de ressources internes favorisant la maturation individuelle, le bien-être physique, l’ancrage spirituel et l’investissement social structuré. Loin d’être de simples distractions passives, ces comportements reflètent une démarche proactive de canalisation de l’énergie et de préservation du soi face à la tourmente émotionnelle :

  • Spiritualité et transcendance : Recours à la prière (item 11) et fréquentation des lieux de culte (item 14), fournissant un cadre de sens existentiel et de soutien communautaire.
  • Autoperfectionnement et compétences : Désir d’améliorer sa condition physique et ses résultats scolaires (item 5), travail assidu sur les projets scolaires (item 10) et pratique de la lecture (item 3).
  • Régulation émotionnelle par les activités sublimatoires : Pratique d’un loisir créatif (item 30), exercice physique intense (jogging, vélo ; item 31) ou engagement dans des jeux vidéo et récréatifs pour apaiser l’esprit (item 24).
  • Recherche d’aide formelle et liens prosociaux : Sollicitation d’un conseiller ou enseignant scolaire (item 2), recours à un thérapeute professionnel extérieur (item 21), implication dans la vie de famille (item 27) et comportements bienveillants envers autrui (item 8).

2. Évaluation positive et résolution de problèmes des jeunes (Youth Positive Appraisal and Problem Solving)

Cette dimension rassemble 10 items (items 1, 6, 7, 12, 13, 16, 20, 22, 28 et 29). Elle correspond aux facettes cognitives et interpersonnelles du coping centré sur le problème et du coping centré sur la réévaluation cognitive (cognitive reappraisal). Elle mesure la capacité de l’adolescent à analyser avec lucidité une situation stressante, à restructurer ses pensées de manière constructive et à entreprendre des actions concrètes pour surmonter l’adversité :

  • Restructuration cognitive positive : S’efforcer de penser aux aspects positifs de sa vie (item 7) et s’employer activement à déceler les opportunités ou le sens dans une situation difficile (item 29).
  • Autonomie et résolution active : Tenter de comprendre par soi-même comment surmonter les tensions (item 12), prendre ses propres décisions en pleine autonomie (item 13) et structurer méthodiquement son emploi du temps et ses priorités (item 16).
  • Compétences interpersonnelles et négociation : Discuter de façon posée avec ses parents pour négocier des compromis (item 6), savoir s’excuser auprès d’autrui lors d’un conflit (item 1), partager ses sentiments intimes avec un ami de confiance (item 28), entretenir ses liens d’amitié (item 22) et se tourner vers l’entraide d’autrui (item 20).

3. Communication incendiaire et gestion des tensions des jeunes (Youth Incendiary Communication and Tension Management)

Cette sous-échelle réunit 8 items (items 9, 15, 17, 18, 19, 23, 25 et 26). Elle capture les réactions de décharge émotionnelle brute, d’évitement cognitif et d’expression agressive dirigée contre l’environnement social. Cette forme de gestion des tensions procure un soulagement cathartique immédiat mais engendre souvent des coûts relationnels et psychosociaux à moyen et long terme :

  • Hostilité verbale et agressivité projective : Se mettre en colère et crier sur les gens (item 9), proférer des jurons (item 15), faire des remarques blessantes ou user de sarcasme cinglant (item 26) et rejeter la faute sur les autres pour ce qui ne va pas (item 18).
  • Défiance normative : Le refus de se conformer aux demandes et règles parentales (item 17, coté de manière inversée).
  • Évitement, banalisation et rumination : Se convaincre artificiellement que le problème n’a pas d’importance (déni défensif ; item 19), se réfugier dans des rêveries diurnes sur un monde idéalisé (item 23) et évacuer la tension en se plaignant continuellement auprès de ses pairs (item 25).

6. Cadre théorique

Le fondement épistémologique du YCI repose sur deux grands corpus théoriques : le modèle transactionnel du stress et du coping de Richard Lazarus et Susan Folkman (1984), et le modèle de résilience familiale développé par Hamilton McCubbin et Joan Patterson (le T-Double ABCX Model et le Resiliency Model of Family Stress, Adjustment, and Adaptation).

La perspective transactionnelle du stress

Selon l’approche cognitive et transactionnelle de Lazarus et Folkman, le coping n’est pas un trait de personnalité immuable, mais un ensemble dynamique d’efforts cognitifs et comportementaux, constamment changeants, déployés pour gérer des exigences internes ou externes spécifiques perçues comme excédant les ressources de l’individu. Ce modèle distingue classiquement le coping centré sur le problème (orienté vers la modification de la réalité objective) et le coping centré sur l’émotion (visant la réduction de la détresse affective associée). Le YCI enrichit cette dichotomie en l’adaptant aux réalités écologiques de l’adolescence, où les capacités de régulation émotionnelle sont en plein développement et où les conduites d’affirmation de soi oscillent fréquemment entre la quête légitime d’autonomie et l’opposition réactive.

Le modèle de résilience systémique de McCubbin

Au cours des années 1980 et 1990, McCubbin et ses collègues ont étendu la théorie du stress en forgeant le Resiliency Model. Ce modèle postule que face aux crises (stresseurs A), la capacité d’adaptation du système familial et de ses membres dépend de l’articulation entre les ressources de résistance (B), les processus d’évaluation du problème (C), les schémas de vulnérabilité accumulée et, par-dessus tout, les répertoires actifs de coping (PSC : Problem Solving and Coping). Dans ce cadre systémique, les adolescents ne sont pas des récepteurs passifs du climat familial ou social ; ils sont des agents actifs dont les stratégies d’ajustement influencent en retour l’équilibre et la cohésion de l’ensemble du système.

Le YCI s’inscrit précisément comme l’outil d’évaluation individualisé au sein de cette batterie écosystémique. Il permet de mesurer comment le jeune s’approprie les ressources familiales et communautaires (école, amis, encadrement religieux) tout en mettant en garde contre les dérives conflictuelles de la « communication incendiaire », laquelle peut amplifier l’entropie familiale au lieu de catalyser la résilience.

7. Validité

Les qualités métrologiques du Youth Coping Index ont été établies au moyen d’échantillons diversifiés d’adolescents scolarisés et d’échantillons cliniques suivis dans le cadre d’études longitudinales sur la résilience familiale et la transition vers l’âge adulte (McCubbin, Thompson, & Elver, 1995 ; McCubbin et al., 1996 ; Fischer & Corcoran, 2007).

Validité de contenu et de construit

La validité de contenu a été garantie par une recension exhaustive des comportements d’adaptation répertoriés dans la littérature pédiatrique et sociologique, complétée par des entretiens semi-structurés conduits auprès d’adolescents issus de milieux urbains et ruraux. Les items ont été formulés dans un registre linguistique familier et accessible, reflétant fidèlement l’univers quotidien des jeunes (ex. devoirs, activités sportives, discussions avec les parents, jeux vidéo). Les analyses de construit ont corroboré que les trois facteurs expliquent une part substantielle de la variance totale des stratégies d’adaptation observées.

Validité convergente

La validité convergente du YCI est étayée par des corrélations statistiquement significatives avec d’autres échelles standardisées d’adaptation et de santé mentale :

  • Les scores élevés sur la sous-échelle Évaluation positive et résolution de problèmes corrèlent positivement avec l’estime de soi mesurée par l’échelle de Rosenberg ($r = 0,44$ à $0,52$, $p < 0,001$) et avec le sentiment d’efficacité personnelle (Bandura).
  • La sous-échelle Développement spirituel et personnel est positivement associée à l’engagement scolaire, à la satisfaction de vie globale et au bien-être subjectif ($r = 0,38$, $p < 0,01$).
  • La sous-échelle Communication incendiaire et gestion des tensions montre une forte corrélation positive avec les mesures d’anxiété-trait, les symptômes dépressifs évalués par la CES-D ($r = 0,41$, $p < 0,001$) et les indices d'hostilité ou de réactivité colérique.

Validité prédictive et discriminante

L’instrument démontre une excellente capacité à discriminer les adolescents présentant des trajectoires d’adaptation favorables de ceux confrontés à des difficultés scolaires ou des troubles internalisés/externalisés. Les recherches démontrent que des scores élevés en résolution de problèmes et développement personnel prédisent de manière robuste une meilleure adaptation scolaire un an plus tard, tandis que des scores élevés en communication incendiaire prédisent l’occurrence de conflits familiaux récurrents, de sanctions disciplinaires à l’école et de détresse psychologique accrue.

8. Fidélité

La fidélité psychométrique du Youth Coping Index a été attestée par des mesures de cohérence interne et de stabilité temporelle (test-retest) conformes aux exigences des standards de l’American Psychological Association (APA).

Cohérence interne (Alpha de Cronbach)

Dans l’échantillon normatif initial (McCubbin et al., 1996), les coefficients de cohérence interne rapportés sont les suivants :

  • Échelle totale du YCI (31 items) : $\alpha = 0,86$, indiquant une excellente consistance globale des énoncés pour mesurer l’effort d’adaptation.
  • Développement spirituel et personnel (13 items) : $\alpha = 0,80$ à $0,84$, démontrant une forte homogénéité entre les items d’investissement scolaire, religieux, physique et récréatif.
  • Évaluation positive et résolution de problèmes (10 items) : $\alpha = 0,82$, confirmant la forte cohésion interne des items cognitifs et proactifs.
  • Communication incendiaire et gestion des tensions (8 items) : $\alpha = 0,72$ à $0,75$, valeur très satisfaisante pour une dimension capturant des manifestations émotionnelles hétérogènes (de la rumination à l’agressivité verbale).

Fidélité temporelle (Test-Retest)

Les évaluations de stabilité test-retest menées sur un intervalle de quatre à six semaines auprès d’un sous-échantillon d’adolescents ont révélé des coefficients de corrélation de Pearson de $r = 0,78$ pour l’échelle globale, de $r = 0,75$ pour le développement spirituel et personnel, de $r = 0,74$ pour l’évaluation positive et résolution de problèmes, et de $r = 0,71$ pour la communication incendiaire. Ces indices confirment que le YCI capture des styles d’adaptation stables dans le temps tout en conservant une sensibilité aux changements thérapeutiques et situationnels.

9. Analyse factorielle

La validation empirique du YCI a reposé sur une démarche rigoureuse d’analyse factorielle exploratoire (AFE) suivie de vérifications par analyse factorielle confirmatoire (AFC).

Structure factorielle originale

Lors de la phase initiale d’élaboration, l’analyse en composantes principales avec rotation varimax appliquée à l’ensemble des items a permis de dégager clairement une structure à trois facteurs respectant le critère de Kaiser (valeurs propres supérieures à 1,5) et le test du coude de Cattell. Cette solution tri-factorielle expliquait approximativement 42,6 % de la variance totale des réponses :

  • Facteur 1 : Développement spirituel et personnel (variance expliquée : ~18,4 %). Ce facteur regroupe les items présentant des saturations primaires élevées (allant de 0,42 à 0,73) pour les comportements de centrage sur soi, de spiritualité (ex. items 11 et 14, saturations > 0,65), de loisirs actifs (items 30 et 31) et de recherche d’aide structurée (items 2 et 21).
  • Facteur 2 : Évaluation positive et résolution de problèmes (variance expliquée : ~14,1 %). Les saturations factorielles s’échelonnent entre 0,40 et 0,71, avec de fortes contributions pour la pensée positive (item 7, $lambda = 0,68$ ; item 29, $lambda = 0,65$), la prise de décision autonome (item 13, $lambda = 0,61$) et le dialogue constructif (items 6 et 28).
  • Facteur 3 : Communication incendiaire et gestion des tensions (variance expliquée : ~10,1 %). Ce facteur isole nettement les items de catharsis agressive et d’évitement, avec des saturations notables pour l’expression de la colère (item 9, $lambda = 0,64$), les jurons (item 15, $lambda = 0,62$), le rejet de la faute sur autrui (item 18, $lambda = 0,58$) et le sarcasme (item 26, $lambda = 0,56$). L’item 17 présente une saturation inverse significative par rapport à cette dimension de défiance.

Indices d’ajustement confirmatoires

Dans les réplications ultérieures via des modèles d’équations structurelles (SEM), les indices d’ajustement ont soutenu l’adéquation du modèle tri-factoriel aux données empiriques juvéniles, présentant des indices satisfaisants : $chi^2/dl < 2,5$,$CFI > 0,91$,$TLI > 0,89$, et$RMSEA approx 0,054$ (avec un intervalle de confiance à 90 % compris entre 0,048 et 0,061). Les corrélations inter-facteurs montrent une relation modérément positive entre le développement spirituel et la résolution de problèmes ($r \approx 0,35$), tandis que la communication incendiaire présente des corrélations faibles à modérément négatives avec les deux dimensions constructives.

10. Instrument de mesure

  • Type de test : Inventaire auto-rapporté d’évaluation du coping psychologique et comportemental chez les jeunes.
  • Public cible : Adolescents et jeunes adultes (âgés d’environ 11 à 21 ans).
  • Nombre total d’items : 31 items formulés sous forme de courtes propositions comportementales et cognitives.
  • Échelle de réponse : Échelle ordinale de type Likert en 5 points :
    • 1 = Jamais (Never)
    • 2 = Presque jamais (Hardly ever)
    • 3 = Parfois (Sometimes)
    • 4 = Souvent (Often)
    • 5 = La plupart du temps (Most of the time)
  • Règle de cotation inversée : L’item 17 (« Go along with parents’ requests and rules ») fait l’objet d’une inversion de score avant le calcul des totaux ($1 = 5$, $2 = 4$, $3 = 3$, $4 = 2$, $5 = 1$).
  • Sous-échelles et affectation des items :
    • Youth spiritual and personal development : items 2, 3, 4, 5, 8, 10, 11, 14, 21, 24, 27, 30 et 31 (13 items, score total de 13 à 65).
    • Youth positive appraisal and problem solving : items 1, 6, 7, 12, 13, 16, 20, 22, 28 et 29 (10 items, score total de 10 à 50).
    • Youth incendiary communication and tension management : items 9, 15, 17 (inversé), 18, 19, 23, 25 et 26 (8 items, score total de 8 à 40).
  • Durée de passation : Environ 8 à 12 minutes.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

L’inventaire du Youth Coping Index (YCI) a été formellement finalisé en 1995 et diffusé dans les publications académiques de référence en 1996 par Hamilton I. McCubbin et son équipe de l’Université du Wisconsin. Il a également été répertorié dans les recueils cliniques d’instruments de mesure psychologique, notamment par Joel Fischer et Kevin J. Corcoran (2007) chez Oxford University Press.

  • Année de développement : 1995.
  • Statut des droits et conditions d’accès : L’instrument est protégé par le droit d’auteur. Toutefois, les auteurs ont expressément autorisé son utilisation à des fins de recherche non commerciale, de formation académique et d’évaluation clinique non lucrative. L’échelle est consultable et accessible pour la recherche sur le site officiel de la famille McCubbin : mccubbinresilience.org.
  • Tarifs : L’accès est gratuit pour les étudiants, chercheurs universitaires et cliniciens dans le cadre d’un usage institutionnel non commercial. Les projets commerciaux ou financés à grande échelle requièrent l’obtention d’une licence formelle auprès des détenteurs des droits via le contact officiel : [email protected].

12. Références

Les sources et publications scientifiques fondatrices associées au Youth Coping Index comprennent :

  • Fischer, J., & Corcoran, K. J. (2007). Measures for Clinical Practice and Research: A Sourcebook (4th ed., Vol. 1: Couples, Families, and Children, pp. 616–618). Oxford University Press. Lien éditeur
  • Lazarus, R. S., & Folkman, S. (1984). Stress, appraisal, and coping. Springer Publishing Company.
  • McCubbin, H. I., Thompson, A. I., & Elver, K. M. (1995). Youth Coping Index (YCI). University of Wisconsin-Madison.
  • McCubbin, H. I., Thompson, A. I., & McCubbin, M. A. (1996). Family assessment: Resiliency, coping and adaptation: Inventories for research and practice (pp. 585–611). University of Wisconsin Publishers.
  • McCubbin, H. I., Larson, A., & Olson, D. H. (2007). Family Index (FAMCI). In J. Fischer & K. J. Corcoran (Eds.), Measures for Clinical Practice and Research: A Sourcebook (4th ed., Vol. 1, pp. 616–618). Oxford University Press.
  • McCubbin, M. A., & McCubbin, H. I. (1996). Resiliency in families: A conceptual model of family adjustment and adaptation in response to stress and crises. In H. I. McCubbin, A. I. Thompson, & M. A. McCubbin (Eds.), Family assessment: Resiliency, coping and adaptation (pp. 1–64). University of Wisconsin Publishers.

13. Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response format:
1 = never, 2 = Hardly ever, 3 = Sometimes, 4 = Often, 5 = most of the time

When you face difficulties or feel tense, how often do you:

  1. Apologize to people
  2. Talk to a teacher or counselor at school about what bothers you
  3. Read
  4. Get more involved in activities at school
  5. Try to improve yourself (get body ‘n shape, get better grades, etc.)
  6. Try to reason with parents and talk things out; compromise
  7. Try to think of the good things in your life
  8. Say nice things to others
  9. Get angry and yell at people
  10. Work hard on schoolwork or other school projects
  11. Pray
  12. Try, on your own, to figure out how to deal with your problems or tensions
  13. Try to make your own decisions
  14. Go to church
  15. Swear
  16. Organize your life and what you have to do
  17. Go along with parents’ requests and rules
  18. Blame others for what’s going wrong
  19. Tell yourself the problem is not important
  20. Try to help other people solve their problems
  21. Get professional counseling (not from a school teacher or school counselor)
  22. Try to keep up friendships or make new friends
  23. Daydream about how you would like things to be
  24. Play video games (Space Invaders, Pac-Man), pool, pinball, etc.
  25. Let off steam by complaining to your friends
  26. Say mean things to people; be sarcastic
  27. Do things with your family
  28. Talk to a friend about how you feel
  29. Try to see the good things in a difficult situation
  30. Work on a hobby you have (sewing, model building, etc.)
  31. Do a strenuous physical activity (jogging, biking, etc.)
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 3). Indice d’adaptation des jeunes (YCI). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/youth-coping-index-yci/
Looti, Mohammed. “Indice d’adaptation des jeunes (YCI).” Base de données de psychologie en français, 3 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/youth-coping-index-yci/.
Looti, Mohammed. “Indice d’adaptation des jeunes (YCI).” Base de données de psychologie en français. octobre 3, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/youth-coping-index-yci/.