Discrimination au travail

L’échelle de discrimination et de harcèlement chroniques au travail (YES Study / CCAHS) mesure l’exposition récurrente aux injustices professionnelles, stéréotypes et micro-aggressions.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 8, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 8, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé

L’échelle de discrimination et de harcèlement chroniques au travail (Chronic Work Discrimination and Harassment Scale), développée initialement dans le cadre de l’étude YES (Youth and Employment Study) et adaptée pour des enquêtes épidémiologiques et sociologiques d’envergure telles que la Chicago Community Adult Health Study (CCAHS), constitue un instrument psychométrique de référence destiné à quantifier l’exposition récurrente aux injustices interpersonnelles, aux micro-agressions et aux violences verbales en milieu professionnel. Élaboré sous la direction de chercheurs pionniers des disparités raciales de santé tels que David R. Williams, Lawrence D. Bobo et Michelle J. Sternthal, cet outil auto-rapporté mesure l’impact des stéréotypes institutionnalisés et interpersonnels vécus au cours des 12 derniers mois.

Dans sa version intégrale issue de l’étude YES, l’instrument comprend 12 items évaluant les pratiques d’attribution inéquitable des tâches, la surveillance excessive, le manque de considération hiérarchique, les blocages d’avancement professionnel et le harcèlement verbal à connotation raciale ou ethnique émanant tant des supérieurs que des pairs. Une version abrégée validée dans la CCAHS comporte quant à elle 6 items scindés en deux dimensions distinctes : la discrimination professionnelle chronique (3 items) et le harcèlement (3 items). Les participants répondent à l’aide d’une échelle ordinale en 5 points allant de 1 (« Une fois par semaine ou plus ») à 5 (« Jamais »), généralement inversée lors du codage psychométrique afin que des scores plus élevés reflètent une adversité chronique plus prononcée.

Sur le plan des propriétés psychométriques, l’instrument présente une excellente consistance interne, avec des coefficients alpha de Cronbach se situant régulièrement entre 0,73 et 0,86 selon les sous-échelles et les échantillons étudiés. Les analyses factorielles exploratoires et confirmatoires appuient une structure bidimensionnelle distinguant l’iniquité de traitement systémique ou professionnelle du harcèlement hostile manifeste. Sa validité de construit, convergente et prédictive est solidement établie par de fortes corrélations avec l’usure allostatique, la détresse psychologique, l’hypertension artérielle, le syndrome d’épuisement professionnel (burnout) et la diminution de l’engagement organisationnel.

2. Mots-clés

Discrimination au travail, harcèlement professionnel, stress des minorités, disparités de santé, David R. Williams, psychométrie du travail, micro-agressions, justice organisationnelle, racisme perçu, santé au travail.

3. Auteurs

L’échelle a été conçue et affinée au sein de programmes de recherche interdisciplinaires portant sur les inégalités sociales et raciales de santé publique aux États-Unis. Les principaux contributeurs scientifiques associés à son développement, à sa formalisation et à sa diffusion incluent :

  • David R. Williams, Ph.D., M.P.H. : Professeur Florence Sprague Norman and Laura Smart Norman de santé publique à la Harvard T.H. Chan School of Public Health et professeur d’études africaines et afro-américaines à l’Université Harvard. Courriel : [email protected].
  • Lawrence D. Bobo, Ph.D. : Professeur W. E. B. Du Bois de sciences sociales et doyen de la faculté des sciences sociales à l’Université Harvard, spécialiste de la sociologie des relations raciales et des dynamiques du marché du travail.
  • Michelle J. Sternthal, Ph.D. : Chercheuse en sociologie médicale et épidémiologie sociale, ayant contribué de manière centrale aux travaux d’opérationnalisation psychométrique dans le cadre de la CCAHS à l’Université du Michigan et à l’Université Harvard.
  • Collaborateurs affiliés aux travaux fondateurs : Maya D. McNeilly, Norman B. Anderson, Rodney Clark et leurs collègues, dont les travaux sur la Perceived Racism Scale (1996) ont posé les jalons théoriques et méthodologiques de la mesure des stresseurs raciaux dans les contextes institutionnels et professionnels.

4. Objectif

L’objectif fondamental de l’échelle de discrimination et de harcèlement chroniques au travail est de fournir une évaluation quantitative standardisée, sensible et écologique des formes insidieuses et répétées d’iniquité vécues par les employés en milieu organisationnel. Alors que les premières recherches sur la discrimination professionnelle se focalisaient essentiellement sur les événements biographiques majeurs (comme le refus d’embauche, le licenciement abusif ou le blocage légal explicite d’accès à des postes), cet instrument s’attaque à la mesure du « stress toxique chronique » quotidien.

Dans les contextes de recherche épidémiologique et sociologique, l’échelle permet d’élucider les mécanismes causaux reliant les hiérarchies sociales défavorables aux dégradations de la santé physique et mentale. Elle opérationnalise la façon dont les micro-injustices répétitives – telles que la surveillance asymétrique ou l’exclusion des cercles de concertation – agissent comme des stresseurs environnementaux chroniques, érodant les ressources d’adaptation de l’individu et provoquant une activation prolongée de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (axe HPA).

Sur le plan organisationnel et en psychologie du travail, l’outil sert à cartographier le climat psychosocial au sein des entreprises, des administrations et des établissements de soins. Il offre aux praticiens des ressources humaines, aux psychologues du travail et aux auditeurs en diversité, équité et inclusion (DEI) un moyen d’objectiver le harcèlement environnemental ambiant. L’utilisation de cet instrument prévient la minimisation des comportements préjudiciables qui, bien que n’atteignant pas toujours individuellement le seuil de qualification juridique du délit, créent cumulativement un environnement hostile et toxique.

En pratique clinique et en consultation de santé au travail, l’échelle constitue un support diagnostique et psychoéducatif précieux. Elle aide le clinicien à valider le vécu subjectif du travailleur en détresse, facilitant la différenciation entre une vulnérabilité psychologique intrinsèque (comme une anxiété généralisée ou une dépression primaire) et une réaction d’adaptation à une agression sociologique chronique (névrose traumatique ou épuisement secondaire à un harcèlement institutionnalisé).

5. Construit psychologique

Le construit mesuré par cette échelle relève du domaine des stresseurs psychosociaux chroniques liés au statut social dévalué au sein des organisations. Il intègre deux composantes majeures qui s’articulent pour former l’expérience globale de marginalisation professionnelle :

1. L’iniquité de traitement structurelle et interpersonnelle (Discrimination)

Cette dimension capture l’expérience systématique d’une asymétrie défavorable dans les exigences, la reconnaissance et les opportunités professionnelles sans justification objective liée aux compétences ou aux performances. Elle comprend plusieurs facettes comportementales :

  • Surveillance disproportionnée (Hyper-surveillance) : Le sentiment et le constat d’être soumis à un contrôle hiérarchique plus rigide et plus fréquent que ses pairs (item 3 : « How often are you watched more closely than others? »). Cette surveillance asymétrique traduit une suspicion de compétence ou d’intégrité ancrée dans des biais implicites.
  • Exigence d’effort compensatoire : La perception d’un standard double imposant à l’individu de fournir un rendement quantitativement et qualitativement supérieur pour espérer obtenir une légitimité ou une rémunération équivalente (item 8 : « How often do you feel that you have to work twice as hard as others work? »).
  • Dévalorisation statutaire et délégitimation : L’assignation systématique à des tâches ingrates rejetées par autrui (item 1), le déni d’expertise lors des prises de décisions collégiales (item 2), ou la présomption réductrice d’occuper un emploi hiérarchiquement inférieur (item 10).
  • Privation d’avancement (Injustice distributive) : Le constat du passage prioritaire de collègues moins qualifiés ou moins expérimentés lors des promotions (item 11).

2. L’hostilité verbale et le harcèlement ambiant (Harcèlement)

Cette dimension quantifie l’exposition à des comportements de rejet, de dénigrement et d’agression psychologique manifeste fondés sur l’appartenance à un groupe minoritaire ou marginalisé :

  • Harcèlement ciblé vs ambiant : L’échelle mesure explicitement la distinction entre les plaisanteries ou insultes à caractère racial/ethnique proférées de manière diffuse dans l’environnement de travail (items 4 et 6) et les agressions verbales directement adressées au participant (items 5 et 7). La littérature démontre que le harcèlement ambiant crée un climat de menace identitaire même lorsqu’un travailleur n’est pas la cible directe immédiate.
  • Humiliation publique : La dégradation de l’image de soi et la violation de la dignité personnelle devant des témoins professionnels (item 12 : « How often have you been unfairly humiliated in front of others at work? »), constitutive d’une rupture violente du contrat psychologique de respect mutuel.
  • Élargissement aux identités croisées : Dans la forme abrégée (Sternthal et al., 2011), cette sous-échelle intègre formellement les injures et stéréotypes sexistes ainsi que les attaques homophobes, capturant une dynamique d’intersectionnalité des oppressions en milieu de travail.

6. Cadre théorique

Le cadre théorique sous-jacent à la conception de l’échelle repose sur l’intersection de la psychologie sociale, de la sociologie critique et de l’épidémiologie sociale. Trois modèles théoriques fondamentaux structurent cet outil :

1. Le modèle du stress des minorités (Minority Stress Theory)

Initialement formulé par Ilan H. Meyer et étendu aux minorités raciales et ethniques, le modèle du stress des minorités postule que les personnes issues de groupes stigmatisés subissent un excès de stresseurs chroniques distincts des tracas quotidiens universels. Ces stresseurs s’échelonnent le long d’un continuum allant de processus distaux (événements objectifs de discrimination et de harcèlement mesurés par la présente échelle) à des processus proximaux (hypervigilance, anticipation du rejet, intériorisation des stéréotypes négatifs). L’échelle isole précisément ces stresseurs distaux survenant dans la sphère du travail, qui représente le lieu principal de subsistance matérielle et de construction statutaire de l’adulte.

2. La théorie de la justice organisationnelle

Développée par des auteurs tels que Jerald Greenberg et Russell Cropanzano, la théorie de la justice organisationnelle distingue la justice distributive (équité des rétributions), la justice procédurale (équité des règles de décision) et la justice interactionnelle (respect et dignité dans les communications interpersonnelles). L’échelle de discrimination au travail mesure précisément la violation simultanée de ces trois dimensions : injustices de promotion (distributive), mise à l’écart des consultations délibératives (procédurale), et brimades ou propos blessants (interactionnelle).

3. Le modèle de la charge allostatique et du vieillissement prématuré (Weathering Hypothesis)

Formulée par Arline Geronimus et approfondie par David R. Williams, l’hypothèse de l’usure prématurée (Weathering) suggère que l’exposition permanente à des micro-agressions chroniques oblige l’organisme à maintenir une réponse physiologique de lutte ou de fuite continue. Contrairement aux traumatismes aigus majeurs, cette usure à bas bruit épuise les systèmes cardiovasculaire, métabolique et immunitaire. L’évaluation de la fréquence annuelle des incidents (« une fois par semaine ou plus », « quelques fois par mois ») permet d’opérationnaliser cette chronicité, facteur critique de la charge allostatique mesurable par biomarqueurs.

7. Validité

Les études empiriques menées sur les cohortes de la Youth and Employment Study (YES) et de la Chicago Community Adult Health Study (CCAHS) ont documenté des preuves rigoureuses de validité psychométrique :

Validité de construit

La validité de construit est étayée par la cohérence interne des relations observées entre les items et les concepts sociologiques sous-jacents. L’analyse montre que les répondants appartenant aux minorités raciales et ethniques (particulièrement les Afro-Américains et les Hispaniques/Latinos) rapportent des scores significativement plus élevés de discrimination et de harcèlement au travail que les participants blancs non hispaniques, même après ajustement rigoureux pour le niveau d’éducation, le revenu du ménage, le secteur d’activité et la profession (Sternthal et al., 2011 ; Bobo & Suh, 2000).

Validité convergente

L’échelle corrèle fortement et positivement avec d’autres mesures validées du racisme et des stresseurs quotidiens, notamment :

  • L’Everyday Discrimination Scale (EDS) de Williams et al. ($r = 0,55$ à $0,68$, $p < 0,001$).
  • La Perceived Racism Scale de McNeilly et al. (1996), spécifiquement dans son sous-domaine professionnel.
  • L’échelle de stress perçu de Cohen (PSS), démontrant que la discrimination au travail contribue substantiellement à la charge globale de stress perçu.

Validité discriminante

L’outil se distingue nettement des mesures de personnalité générale telles que le névrosisme ou l’affectivité négative. Les analyses de régression multivariée ont montré que l’effet de la discrimination au travail sur la santé mentale persiste après contrôle statistique des traits d’affectivité négative, prouvant que les scores ne traduisent pas simplement une tendance individuelle à la plainte ou au pessimisme dispositionnel.

Validité prédictive et critériée

L’échelle a démontré une capacité prédictive remarquable concernant les issues de santé physique et psychologique :

  • Santé physique : Dans l’échantillon probabiliste de la CCAHS ($N = 3,105$), un score élevé de discrimination et de harcèlement professionnel prédit de manière prospective une prévalence accrue d’hypertension artérielle, de pathologies cardiovasculaires chroniques, d’obésité abdominale et de limitations fonctionnelles.
  • Santé mentale : L’instrument est un prédicteur robuste des épisodes dépressifs majeurs (évalués selon le DSM-IV/CIDI), des troubles anxieux généralisés et de la consommation problématique de substances psychoactives utilisées comme stratégie d’adaptation dysfonctionnelle.
  • Indicateurs professionnels : Les scores élevés sont prédictifs d’un taux d’absentéisme élevé, d’une baisse marquée de la satisfaction au travail et d’une intention accrue de démission.

8. Fidélité

Les propriétés de fidélité de l’échelle de discrimination et de harcèlement chroniques au travail ont été vérifiées à travers divers échantillons représentatifs et sous-groupes démographiques :

Consistance interne

  • Version complète YES Study (12 items) : Le coefficient global $\alpha$ de Cronbach se situe de façon reproductible entre $0,82$ et $0,86$, démontrant une forte homogénéité des items composant l’inventaire complet.
  • Version abrégée CCAHS (Sternthal et al., 2011) :
    • Sous-échelle « Discrimination » (3 items : travail deux fois plus dur, hyper-surveillance, humiliation) : $\alpha = 0,73$. Cette valeur reflète une excellente fiabilité pour une échelle brève de trois items.
    • Sous-échelle « Harcèlement » (3 items : insultes raciales, sexistes, homophobes) : $\alpha = 0,84$, attestant d’une cohérence interne très élevée.

Stabilité temporelle (Test-retest)

Les études longitudinales ayant réévalué les participants sur des intervalles de 6 à 12 mois indiquent des coefficients de corrélation intraclasse (ICC) compris entre $0,68$ et $0,75$ pour les individus demeurant dans le même emploi. Cette stabilité modérée à forte confirme que l’échelle mesure un environnement chronique persistant tout en restant sensible aux transitions professionnelles (changement de poste ou d’entreprise), où les scores diminuent significativement en cas d’accession à un climat inclusif.

9. Analyse factorielle

La dimensionnalité de l’instrument a fait l’objet de multiples explorations empiriques par analyse factorielle exploratoire (AFE) et analyse factorielle confirmatoire (AFC) :

Structure factorielle de la version intégrale (YES Study)

Lors des analyses factorielles exploratoires initiales avec rotation oblique (Promax), les 12 items se regroupent de manière robuste en deux facteurs principaux expliquant plus de 58 % de la variance totale :

  • Facteur 1 : Iniquité institutionnelle et dévalorisation statutaire (items 1, 2, 3, 8, 9, 10, 11). Les saturations factorielles de ces items s’échelonnent de $0,54$ à $0,78$. L’item 8 (« feel that you have to work twice as hard ») et l’item 9 (« ignored or not taken seriously ») présentent les contributions les plus fortes.
  • Facteur 2 : Hostilité manifeste et harcèlement interpersonnel (items 4, 5, 6, 7, 12). Les saturations factorielles varient entre $0,61$ et $0,85$, avec des corrélations très étroites entre les agressions émanant des superviseurs et celles émanant des collègues.

Structure factorielle de la version abrégée (CCAHS)

Dans l’étude de Sternthal, Slopen et Williams (2011), l’analyse factorielle confirmatoire a validé le modèle à deux facteurs corrélés ($r \approx 0,46$ entre les facteurs) avec des indices d’ajustement conformes aux standards méthodologiques les plus rigoureux :

  • $\chi^2 / \mathrm{df} < 3,0$
  • Comparative Fit Index (CFI) $= 0,97$
  • Tucker-Lewis Index (TLI) $= 0,96$
  • Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) $= 0,042$ (IC 90% [$0,031$ ; $0,054$])
  • Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) $= 0,035$

L’invariance de mesure (configurale, métrique et scalaire) a été testée et confirmée à travers différents groupes raciaux et de genre, garantissant que les items mesurent les mêmes construits avec une métrique équivalente chez les travailleurs caucasiens, afro-américains et hispaniques.

10. Instrument de mesure

  • Type d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation standardisé (auto-rapporté ou administré par enquêteur lors d’entretiens structurés en face-à-face / CAPI).
  • Format d’administration : Papier-crayon, interface web informatisée, entretien téléphonique assisté par ordinateur.
  • Population cible : Adultes actifs (actuellement employés ou ayant occupé un emploi rémunéré au cours des 12 derniers mois).
  • Nombre total d’items :
    • Version complète (YES Study) : 12 items.
    • Version abrégée (CCAHS / Sternthal et al., 2011) : 6 items (3 items de discrimination + 3 items de harcèlement).
  • Fenêtre temporelle d’évaluation : Les 12 derniers mois d’activité professionnelle.
  • Échelle de réponse : Échelle ordinale en 5 points :
    • 1 = Once a week or more (Une fois par semaine ou plus)
    • 2 = A few times a month (Quelques fois par mois)
    • 3 = A few times a year (Quelques fois par an)
    • 4 = Less than once a year (Moins d’une fois par an)
    • 5 = Never (Jamais)
  • Procédure de cotation et calcul des scores :
    • Inversion des scores (Recodage) : En pratique psychométrique habituelle, les réponses sont recodées de façon ascendante afin que le score reflète le niveau de toxicité : $5 \rightarrow 0$ (Jamais), $4 \rightarrow 1$ (< 1 fois/an), $3 \rightarrow 2$ (Quelques fois/an), $2 \rightarrow 3$ (Quelques fois/mois), $1 \rightarrow 4$ ($ge 1$ fois/semaine) — ou sur une échelle continue de $1$ à $5$ ($5$ devenant $1$ et $1$ devenant $5$).
    • Score global : Somme simple ou moyenne arithmétique de l’ensemble des items (étendue de 0 à 48 pour la version YES à 12 items recodée 0–4).
    • Sous-scores dimensionnels : Calcul séparé pour la dimension « Discrimination » et la dimension « Harcèlement ».
    • Approche catégorielle / dichotomique : Dans plusieurs publications épidémiologiques, un participant est classé comme exposé à une discrimination chronique s’il rapporte au moins un item avec une fréquence égale ou supérieure à « quelques fois par mois » ($1$ ou $2$).

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de développement : Conçue dans les années 1990 pour la Youth and Employment Study (YES), opérationnalisée et diffusée dans les enquêtes épidémiologiques majeures au début des années 2000, et formalisée dans la CCAHS par Sternthal, Slopen et Williams en 2011.
  • Statut des droits d’auteur et licence : Domaine public universitaire / Ressource de recherche académique ouverte. Le professeur David R. Williams et l’Université Harvard mettent l’ensemble des échelles de discrimination à la disposition libre de la communauté scientifique internationale pour des fins de recherche non commerciales et d’enseignement.
  • Tarif d’utilisation : Gratuit ($0,00 USD / EUR). Aucun paiement de redevance ni coût de licence n’est exigé pour l’utilisation académique.
  • Conditions d’utilisation et permissions : Les chercheurs sont autorisés à reproduire et adapter les items à condition de citer explicitement les publications princeps de référence (Bobo & Suh, 2000 ; Sternthal et al., 2011 ; Williams et al.). L’utilisation dans le cadre de consultations commerciales privées ou de logiciels RH propriétaires requiert la notification préalable des auteurs ou des institutions dépositaires des études.
  • Dépôt institutionnel du matériel : Le document officiel de compilation des instruments de mesure de la discrimination est hébergé par le département de santé publique de l’Université Harvard (Ressource Harvard David R. Williams).

12. Références

Bobo, L. D., & Suh, S. A. (2000). Surveying racial discrimination: Analyses from a multiethnic labor market. In L. D. Bobo, M. L. Oliver, J. H. Johnson, & A. Valenzuela (Eds.), Prismatic metropolis: Inequality in Los Angeles (pp. 527–564). Russell Sage Foundation.

McNeilly, M. D., Anderson, N. B., Armstead, C. A., Clark, R., Corbett, M., Robinson, E. L., Pieper, C. F., & Lepisto, E. M. (1996). The Perceived Racism Scale: A multidimensional assessment of the experience of white racism among African Americans. Ethnicity & Disease, 6(1–2), 154–166.

Sternthal, M. J., Slopen, N., & Williams, D. R. (2011). Racial disparities in health: How much does stress really matter? Du Bois Review: Social Science Research on Race, 8(1), 95–113. https://doi.org/10.1017/S1742058X1100009X

Williams, D. R., Yan, Y., Jackson, J. S., & Anderson, N. B. (1997). Racial differences in physical and mental health: Socio-economic status, stress and discrimination. Journal of Health Psychology, 2(3), 335–351. https://doi.org/10.1177/135910539700200305

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

How often are you UNFAIRLY given the jobs that no one else wants to do?
2

At work‚ when different opinions would be helpful‚ how often is your opinion not asked for?
3

How often are you watched more closely than others?
4

How often does your supervisor or boss use racial or ethnic slurs or jokes?
5

How often does your supervisor or boss direct racial or ethnic slurs or jokes at you?
6

How often do your coworkers use racial or ethnic slurs or jokes?
7

How often do your coworkers direct racial or ethnic slurs or jokes at you?
8

How often do you feel that you have to work twice as hard as others work?
9

How often do you feel that you are ignored or not taken seriously by your boss?
10

How often do others assume that you work in a lower status job than you do and treat you as such?
11

How often has a coworker with less experience and fewer qualifications gotten promoted before you?
12

How often have you been unfairly humiliated in front of others at work?
★

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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 8). Discrimination au travail. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/work-discrimination-scale/
Looti, Mohammed. “Discrimination au travail.” Base de données de psychologie en français, 8 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/work-discrimination-scale/.
Looti, Mohammed. “Discrimination au travail.” Base de données de psychologie en français. octobre 8, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/work-discrimination-scale/.