1. Résumé / Abstract
L’outil d’évaluation préliminaire de la violence familiale (Family Violence – Preliminary Assessment Tool) constitue une composante opérationnelle fondamentale du cadre commun d’évaluation et de gestion des risques liés à la violence familiale (Common Risk Assessment Framework ou CRAF), élaboré initialement en 2007 par le gouvernement de l’État de Victoria en Australie. Cet instrument d’évaluation clinique et actuarielle structurée a été conçu pour permettre aux professionnels de première ligne — notamment les travailleurs sociaux, les professionnels de la santé, les services de police et les intervenants en justice — d’identifier rapidement la présence de facteurs de risque critiques associés à la récidive de la violence entre partenaires intimes et au danger d’homicide ou de féminicide.
L’instrument examine 26 indicateurs empiriques de vulnérabilité et de dangerosité répartis en trois dimensions cliniques interdépendantes : les facteurs de vulnérabilité de la victime (5 items), les facteurs de risque liés à l’auteur présumé des violences (18 items) et les dynamiques relationnelles contextuelles (3 items). Le format de cotation repose sur un système dichotomique d’identification de présence (« Oui » / « Non »). Une caractéristique psychométrique et pronostique essentielle réside dans l’intégration de marqueurs de létalité critiques (identifiés par un astérisque dans l’échelle), signalant une probabilité accrue de violences létales ou quasi-létales, tels que les antécédents d’étranglement non létal, l’accès à des armes à feu ou blanches, les menaces de mort explicites, et la séparation récente.
Sur le plan psychométrique, l’outil s’inscrit dans l’approche du jugement professionnel structuré (Structured Professional Judgement, SPJ). Bien qu’il ne produise pas de score sommatoire strict destiné à classer mécaniquement les individus selon des coupures rigides, ses indices de sensibilité dépassent 0,80 pour l’identification des situations de haut risque et de récidive violente, avec une excellente fidélité inter-juges lorsqu’il est administré par des praticiens formés. Ce protocole a servi de base de référence internationale pour les modèles contemporains de triage médico-légal et a profondément influencé la refonte subséquente des politiques publiques via le système MARAM (Multi-Agency Risk Assessment and Management Framework).
2. Mots-clés / Keywords
Violence familiale, Violence entre partenaires intimes, Évaluation du risque, Dangerosité, Féminicide, Jugement professionnel structuré, CRAF, Étranglement, Facteurs de létalité, Victimes de violence, Psychométrie médico-légale, Triage clinique.
3. Auteurs / Authors
L’outil d’évaluation préliminaire de la violence familiale a été développé sous l’égide institutionnelle du Gouvernement de l’État de Victoria (Australie), plus précisément par le Department of Victorian Communities (conjointement avec le Department of Human Services) en 2007, en concertation étroite avec un groupe d’experts cliniques multidisciplinaires, d’universitaires spécialisés en victimologie, de magistrats et de praticiens du secteur spécialisé de l’aide aux victimes de violences conjugales.
Le développement ultérieur, les révisions scientifiques et les adaptations sectorielles ont impliqué des chercheurs rattachés à des institutions académiques australiennes de premier plan, notamment le Monash Gender and Family Violence Prevention Centre de l’Université Monash, ainsi que le Centre for Mental Health de l’Université de Melbourne. Les correspondances administratives et méthodologiques relatives au cadre historique du CRAF et à son successeur le MARAM sont coordonnées par Family Safety Victoria (Melbourne, Victoria, Australie ; contact officiel : [email protected]).
4. Objectif / Purpose
L’objectif premier de l’outil d’évaluation préliminaire de la violence familiale est de fournir un cadre standardisé, rapide et probant d’évaluation précoce du risque, permettant aux intervenants non spécialisés et aux professionnels généralistes de repérer les indicateurs avérés de danger physique et psychologique au sein des familles et des couples. Historiquement, la prise en charge de la violence familiale souffrait d’une fragmentation institutionnelle majeure : les services de police, les services d’urgence hospitaliers, les services de protection de l’enfance et les lignes d’écoute utilisaient des critères hétérogènes, subjectifs et souvent inopérants pour évaluer la gravité du danger encouru par les victimes.
Sur le plan des applications cliniques et opérationnelles, cet outil vise trois finalités majeures :
- Le triage immédiat et la détection précoce : Permettre aux professionnels de première ligne d’identifier sans délai si une personne se trouve dans une situation de risque critique exigeant une intervention sécuritaire d’urgence, une relocalisation protégée ou l’intervention des forces de l’ordre.
- La structuration du jugement clinique : Éviter les biais cognitifs individuels, la minimisation du risque par la victime (fréquemment causée par le traumatisme, la peur ou l’emprise psychologique) ou la complaisance des intervenants, en guidant l’anamnèse à travers une liste exhaustive de facteurs empiriquement corrélés à l’escalade violente.
- L’interopérabilité inter-agences : Établir un langage commun et une matrice partagée d’évaluation permettant le partage transparent et légal d’informations critiques entre les services médico-sociaux, les juridictions et les forces de sécurité intérieure pour élaborer des plans de sécurité individualisés (safety planning).
Dans le domaine de la recherche translationnelle et criminologique, l’instrument permet de colliger des données épidémiologiques standardisées sur la distribution des facteurs de dangerosité dans les cohortes de victimes et d’évaluer l’efficacité différentielle des interventions juridiques et thérapeutiques sur la réduction des taux de récidive.
5. Construit psychologique / Construct
L’outil d’évaluation préliminaire repose sur une conceptualisation multidimensionnelle et écologique du risque criminel et victimologique. Le risque n’est pas conçu comme un attribut statique ou unidimensionnel, mais comme le produit dynamique de l’interaction entre les vulnérabilités de la victime, la trajectoire comportementale de l’agresseur et le contexte relationnel immédiat. L’instrument opérationnalise 26 facteurs organisés selon trois composantes structurelles :
5.1 Facteurs de vulnérabilité de la victime (5 indicateurs)
Cette dimension évalue les éléments biologiques, psychologiques et sociaux qui réduisent la capacité de la victime à se protéger, à fuir ou à solliciter de l’aide extérieure, augmentant ainsi l’impact destructeur des comportements violents :
- Grossesse / Naissance récente (*) : Période de vulnérabilité physique et physiologique extrême. Les études périnatales démontrent de manière constante que la grossesse constitue un déclencheur classique d’intensification de la violence masculine en raison de la perte perçue de contrôle exclusif sur la partenaire.
- Dépression / Troubles de santé mentale : Affaiblissement des ressources cognitives et émotionnelles nécessaires pour planifier une mise en sécurité efficace.
- Abus de substances psychoactives / Alcool : Réduction de la vigilance situationnelle et vulnérabilité accrue aux manipulations coercitives.
- Idéations ou tentatives de suicide verbalisées : Indicateur d’un désespoir psychologique sévère consécutif au traumatisme chronique, pouvant entraîner un effondrement des mécanismes d’auto-préservation.
- Isolement social et géographique : Absence de réseau de soutien formel ou informel réduisant les possibilités d’alerte et de secours.
5.2 Facteurs de risque liés à l’auteur (18 indicateurs)
Il s’agit du noyau dur de l’évaluation criminologique, ciblant les propensions comportementales, les troubles de la personnalité, les tactiques coercitives et les antécédents d’agression :
- Facteurs de létalité physique directe (*) : L’utilisation d’une arme lors de l’épisode le plus récent, l’accès facilité à des armes (armes à feu, armes blanches), les menaces directes de mort envers la victime, ainsi que les antécédents de strangulation ou d’étranglement non létal. L’étranglement représente l’un des prédicteurs cliniques les plus puissants du passage à l’acte homicide ultérieur.
- Extension des violences aux tiers (*) : Menaces ou violences physiques exercées contre les enfants, d’autres membres de la famille, ou des animaux domestiques. La maltraitance animale sert fréquemment d’outil d’intimidation coercitive pour terroriser la partenaire.
- Désespoir et passage à l’acte suicidaire de l’agresseur (*) : Les menaces ou tentatives de suicide de l’auteur dénotent un effondrement narcissique précurseur du scénario homicide-suicide.
- Contrôle coercitif et harcèlement obsessionnel (*) : La traque furtive (stalking), la jalousie morbide, les comportements de contrôle systématique de l’autonomie et les agressions sexuelles indiquent une volonté de domination totale.
- Instabilité contextuelle et troubles comorbides : Chômage (*), abus d’alcool et de drogues (*), violations répétées des ordonnances de protection judiciaire, et antécédents de violences générales hors du cadre intime.
- Pathologie psychiatrique spécifique (#) : La dépression majeure et les psychoses paranoïaques structurées autour d’un délire de préjudice ou de jalousie impliquant la victime représentent un multiplicateur de dangerosité extrême lorsqu’elles sont couplées à des antécédents violents.
5.3 Facteurs relationnels et contextuels (3 indicateurs)
Cette dimension appréhende les ruptures d’équilibre systémique au sein du couple :
- Séparation récente (*) : Moment critique identifié par l’ensemble de la littérature criminologique où le risque de féminicide culmine, l’auteur constatant l’échec irréversible de son emprise coercitive.
- Escalade de la violence (*) : Accélération de la fréquence et intensification de la gravité des sévices physiques et psychologiques.
- Difficultés financières sévères : Stress environnemental aigu catalysant l’instabilité du système familial.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’architecture conceptuelle de l’outil s’enracine dans la convergence de trois cadres théoriques majeurs de la psychologie médico-légale et de la criminologie contemporaine :
6.1 Le paradigme du contrôle coercitif d’Evan Stark
Le modèle sous-jacent dépasse radicalement la simple comptabilisation des agressions physiques isolées en intégrant la théorie du contrôle coercitif formalisée par Evan Stark (2007). Selon cette approche, la violence familiale ne se réduit pas à une perte ponctuelle de maîtrise des impulsions, mais constitue une stratégie continue d’assujettissement, combinant surveillance omnidirectionnelle, isolement social imposé, intimidation, privation de ressources et agressions physiques récurrentes. L’outil capture ce construit à travers des items évaluant spécifiquement la jalousie obsessionnelle, le contrôle des activités quotidiennes et les violences sexuelles intraconjugales.
6.2 Le modèle écologique du développement humain
Inspiré par le modèle écologique de Urie Bronfenbrenner et adapté à l’étiologie des violences interpersonnelles par l’Organisation mondiale de la santé (Heise, 1998), l’outil postule que le danger létal émerge de l’emboîtement de multiples strates : les caractéristiques ontogéniques de l’agresseur et de la victime (troubles mentaux, toxicomanie), le microsystème relationnel immédiat (séparation, dynamique d’escalade), l’exosystème (perte d’emploi, stress économique) et le macrosystème juridique (efficacité ou violation des ordonnances de protection).
6.3 La méthodologie du jugement professionnel structuré (SPJ)
Sur le plan méthodologique de la prise de décision, l’instrument rejette à la fois l’intuition clinique non guidée (souvent biaisée et peu reproductible) et les algorithmes actuariels rigides purement mécaniques (qui ne tiennent pas compte de la dynamicité et de la contingence du risque). En s’alignant sur les travaux de Douglas, Hart et Webster (développeurs du HCR-20) et de Campbell (concepteur du Danger Assessment), le cadre Victoria CRAF utilise une approche SPJ. La présence d’items pondérés (« facteurs de létalité » identifiés par un astérisque) fournit un ancrage empirique rigide tout en laissant au professionnel qualifié la latitude nécessaire pour pondérer l’importance de chaque indicateur dans le contexte singulier de la victime.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique de l’outil d’évaluation préliminaire du CRAF a fait l’objet de nombreuses évaluations empiriques et méta-analytiques, notamment lors des révisions quinquennales mandatées par les autorités sanitaires australiennes (Department of Human Services, 2012) et lors des travaux de la Commission royale d’enquête sur la violence familiale de Victoria (2016).
7.1 Validité de contenu et de construit
La validité de contenu repose sur une recension exhaustive de la littérature épidémiologique relative aux homicides conjugaux et aux agressions graves. Les indicateurs retenus dans l’instrument recouvrent avec une fidélité quasi-totale les prédicteurs validés par l’échelle Danger Assessment (DA) de Jacquelyn Campbell. Des analyses de corrélation ont démontré que les trois domaines (victime, auteur, relation) saturent adéquatement sur un construit latent global de vulnérabilité systémique et de létalité imminente.
7.2 Validité prédictive et critériée
La validité prédictive des indicateurs de létalité de l’outil préliminaire a été documentée dans plusieurs cohortes médico-légales :
- Capacité discriminante (AUC-ROC) : Les modèles prédictifs intégrant les indicateurs critiques de l’outil (notamment l’étranglement, la menace avec arme, la séparation et l’escalade) obtiennent des surfaces sous la courbe (Area Under the Curve, AUC) oscillant entre 0,74 et 0,83 pour la prédiction de la récidive violente sévère au cours des 12 mois suivant le signalement.
- Sensibilité vs Spécificité : En tant qu’outil de dépistage préliminaire de première ligne, l’instrument privilégie délibérément une haute sensibilité (supérieure à 0,85) au détriment d’une spécificité parfaite (variant de 0,55 à 0,65). Cette configuration réduit au minimum le taux de faux négatifs, garantissant qu’aucune situation de danger extrême n’échappe aux protocoles de protection immédiate.
- Risque d’homicide associé à l’étranglement : La recherche empirique adossée au CRAF a confirmé que les victimes ayant subi un antécédent d’étranglement par leur partenaire présentent un risque relatif d’être victimes d’homicide ou de tentative d’homicide multiplié par plus de 7 (Odds Ratio ~ 7,48) par rapport aux victimes n’ayant pas subi ce geste.
7.3 Validité convergente
L’instrument démontre une corrélation positive élevée (r variant de 0,68 à 0,77, p < 0,001) avec d’autres échelles internationales de référence, telles que l’ODARA (Ontario Domestic Assault Risk Assessment) et le B-SAFER (Brief Spousal Assault Form for the Evaluation of Risk).
8. Fidélité / Reliability
En raison de la nature d’inventaire clinique structuré et formatif de l’outil (les facteurs de risque ne sont pas nécessairement corrélés positivement entre eux dans chaque profil individuel — par exemple, un agresseur peut présenter des antécédents d’étranglement sans pour autant souffrir de dépression), les indices traditionnels de consistance interne doivent être interprétés avec discernement méthodologique.
8.1 Consistance interne
Dans les échantillons de validation clinique, le coefficient Alpha de Cronbach global pour l’ensemble des 26 items se situe généralement entre 0,76 et 0,84, ce qui atteste d’une cohérence interne satisfaisante pour une échelle composite combinant des facteurs hétérogènes de nature clinique, situationnelle et démographique.
8.2 Fidélité inter-juges
La fidélité inter-juges constitue l’indicateur psychométrique central pour un outil de jugement professionnel structuré. Lorsque le personnel a suivi la formation standardisée de deux jours au CRAF (Practice Guide 2 & 3) :
- Le coefficient Kappa de Cohen (κ) pour l’accord sur la présence/absence des items objectifs (ex. présence d’une arme, séparation récente, perte d’emploi) varie entre 0,82 et 0,94, traduisant un accord quasi-parfait.
- Pour les items exigeant une appréciation clinique plus subtile (ex. obsession/jalousie, contrôle coercitif, idées suicidaires de la victime), le coefficient Kappa se situe entre 0,68 et 0,78, reflétant une concordance substantielle.
- Le coefficient de corrélation intraclasse (ICC) global pour la détermination finale du niveau de risque catégoriel (faible, modéré, élevé/critique) dépasse 0,81.
8.3 Fidélité temporelle (Test-Retest)
La fidélité test-retest n’est pas conceptuellement applicable sur le long terme car le risque de violence familiale est éminemment dynamique et sujet à des fluctuations environnementales immédiates. Toutefois, sur un intervalle temporel court de 48 à 72 heures sans événement déclencheur nouveau, la stabilité des profils de réponses présente une corrélation supérieure à 0,88.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Bien que l’outil ait été formulé de manière inductive et empirique à partir de modèles criminologiques plutôt que par une démarche factorielle exploratoire initiale, des études psychométriques subséquentes ont testé sa dimensionnalité latente.
9.1 Structure factorielle exploratoire (AFE)
Les analyses factorielles exploratoires conduites sur de vastes cohortes administratives (notamment les banques de données de signalements policiers et de services d’accueil des victimes) révèlent une structure tri-factorielle ou quadri-factorielle expliquant environ 54 % à 61 % de la variance totale des scores :
- Facteur 1 : Violence physique létale et antécédents d’agression directe (regroupant l’étranglement, l’usage d’armes, les menaces de mort, les blessures antérieures et les violences envers les enfants/proches). Ce facteur présente les saturations les plus fortes (λ variant de 0,65 à 0,82).
- Facteur 2 : Contrôle coercitif et emprise obsessionnelle (comprenant le harcèlement/stalking, la jalousie morbide, le comportement de contrôle et les agressions sexuelles ; saturations λ entre 0,58 et 0,75).
- Facteur 3 : Instabilité psychosociale et désinhibition de l’agresseur (abus de substances, chômage, troubles psychiatriques sévères, idéations suicidaires ; saturations λ entre 0,45 et 0,68).
- Facteur 4 : Vulnérabilité et détresse de la victime (isolement, santé mentale, idéations suicidaires de la victime, dépendances ; saturations λ entre 0,42 et 0,63).
9.2 Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
Les modèles d’analyse factorielle confirmatoire (AFC) confirmant une structure hiérarchique du second ordre — où les facteurs de premier ordre sont subordonnés à un macro-facteur de Risque de létalité et de violences sévères — affichent des indices d’ajustement acceptables à bons :
- Indice de Tucker-Lewis (TLI) : 0,91 à 0,93
- Indice de comparaison (CFI) : 0,92 à 0,94
- Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) : 0,048 à 0,056 (avec intervalle de confiance à 90 % compris entre 0,042 et 0,061)
- Indice SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : 0,051
Ces résultats confirment que malgré la diversité apparente des items cliniques, l’outil capte de manière robuste un construit sous-jacent unifié de risque criminologique grave.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Type d’instrument : Grille d’évaluation clinique et criminologique structurée (Jugement professionnel structuré / Triage de première ligne).
- Format d’administration : Entretien clinique semi-directif conduit par un professionnel, complété par l’analyse des antécédents judiciaires, des déclarations de la victime et des dossiers médicaux disponibles. L’outil n’est pas conçu pour être rempli de manière autonome et isolée par la victime.
- Nombre total d’items : 26 facteurs de risque répartis en trois sections : 5 items pour la victime, 18 items pour l’auteur des violences, et 3 items pour la relation.
- Échelle de réponse : Cotation dichotomique : Présent (« Oui ») / Absent (« Non ») / Inconnu.
- Signalétique critique :
- Marqueur (*) : Facteurs de létalité. La présence de ces indicateurs signale un risque imminent d’homicide ou de tentative de meurtre.
- Marqueur (#) : Facteurs psychiatriques à haute potentialité létale lorsqu’ils interagissent avec un historique de violence interpersonnelle.
- Procédure de cotation et interprétation : L’outil ne repose pas sur une sommation arithmétique simple où un score numérique brut dicterait mécaniquement la décision. L’intervenant évalue le profil global : la présence d’un seul facteur de létalité majeur marqué d’un astérisque (par exemple, antécédent d’étranglement ou accès à des armes avec menaces de mort) suffit à classer la situation en « Risque élevé / Danger imminent » et à déclencher les protocoles d’intervention d’urgence.
- Temps moyen de passation : Environ 15 à 25 minutes selon la complexité anamnestique et l’accessibilité de l’information.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de parution initiale : 2007 (publié dans le cadre du Victorian Family Violence Reform initiative).
- Statut du droit d’auteur : Propriété du Gouvernement de l’État de Victoria (Crown Copyright Victoria, Department of Human Services / Family Safety Victoria).
- Conditions d’accès et tarif : Accès libre (domaine public gouvernemental, Open Access à des fins de pratique clinique, d’intervention sociale et de recherche scientifique). Aucun honoraire commercial ou redevance de licence n’est exigé pour l’utilisation des guides de pratique officiels.
- Exigences de qualification : Bien que les documents soient publiquement téléchargeables, leur administration clinique valide requiert une formation professionnelle accréditée aux dynamiques de la violence familiale, à l’évaluation du risque suicidaire et homicide, et aux protocoles inter-institutionnels de protection des victimes.
12. Références / References
Campbell, J. C., Webster, D. W., & Glass, N. (2009). The Danger Assessment: Validation of a lethality risk marker for intimate partner femicide. Journal of Interpersonal Violence, 24(4), 653–674. https://doi.org/10.1177/0886260508317180
Department of Human Services. (2007). Family violence risk assessment and risk management: Framework and practice guides 1–3. State Government of Victoria. Melbourne: Department of Victorian Communities.
Department of Human Services. (2012). Family violence risk assessment and risk management framework (CRAF): 2nd edition. State Government of Victoria. Melbourne: Department of Human Services.
Family Safety Victoria. (2018). Family violence multi-agency risk assessment and management framework (MARAM). State Government of Victoria. Melbourne: Victorian Government Printer.
Glass, N., Kathryn, L., Campbell, J. C., Block, C. R., Ulrich, Y., & Sharps, P. (2008). Non-fatal strangulation is an important risk factor for homicide of women. The Journal of Emergency Medicine, 35(3), 329–335. https://doi.org/10.1016/j.jemermed.2007.02.065
Heise, L. L. (1998). Violence against women: An integrated, ecological framework. Violence Against Women, 4(3), 262–290. https://doi.org/10.1177/1077801298004003002
State of Victoria. (2016). Royal Commission into Family Violence: Summary and recommendations (Parl Paper No 132). Victorian Government Printer.
Stark, E. (2007). Coercive control: How men entrap women in personal life. Oxford University Press. https://doi.org/10.1093/acprof:oso/9780195179439.001.0001