Vignettes d’efficacité d’Ashton

Analyse psychométrique détaillée des Vignettes d’efficacité d’Ashton (AEV), instrument fondé sur 15 incidents critiques mesurant le sentiment d’auto-efficacité des enseignants face aux défis scolaires, comportementaux et relationnels.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 8, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 8, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé

Les Vignettes d’efficacité d’Ashton (en anglais, Ashton Efficacy Vignettes ou AEV) constituent l’un des premiers instruments psychométriques contextualisés conçus pour évaluer le sentiment d’efficacité personnelle des enseignants en milieu scolaire. Développé au début des années 1980 par Patricia T. Ashton et ses collaborateurs de l’Université de Floride (notamment Stephen Olejnik, Linda Crocker, Margaret McAuliffe et Dianne Buhr), cet instrument comprend 15 vignettes situationnelles concrètes illustrant des défis pédagogiques, comportementaux et institutionnels quotidiens. Contrairement aux échelles décontextualisées et généralistes de l’époque, telles que les items de la RAND Corporation, les vignettes d’Ashton ancrent l’évaluation dans des contextes écologiques précis et multidimensionnels.

L’échelle examine les dimensions fondamentales de l’acte d’enseigner : la gestion de classe et la discipline, l’adaptation pédagogique aux besoins particuliers (élèves en difficulté d’apprentissage, troubles du comportement, intégration), la motivation des apprenants désengagés, la planification curriculaire, l’évaluation des apprentissages et la collaboration avec les parents ainsi que la communauté éducative. Les participants évaluent leur niveau d’efficacité perçue pour chaque scénario selon une échelle de type Likert en 7 points, soit sous un format autoréférencé (de 1 = extrêmement inefficace à 7 = extrêmement efficace), soit sous un format normatif comparatif (de 1 = beaucoup moins efficace que la plupart des enseignants à 7 = beaucoup plus efficace que la plupart des enseignants).

Sur le plan des propriétés psychométriques, les recherches initiales et les validations ultérieures rapportent des indices de cohérence interne robustes, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,78 et 0,86 pour l’échelle globale. L’analyse factorielle met en évidence une structure reflétant l’efficacité pédagogique générale confrontée à des contraintes structurelles et environnementales. L’outil a démontré une valeur prédictive notable vis-à-vis des attitudes des enseignants, de la gestion du stress professionnel, ainsi que des performances scolaires réelles des élèves, faisant des vignettes d’Ashton un jalon historique dans la mesure du sentiment d’auto-efficacité des enseignants.

2. Mots-clés

sentiment d’efficacité personnelle des enseignants, auto-efficacité enseignante, vignettes pédagogiques, gestion de classe, psychométrie éducative, motivation scolaire, adaptation curriculaire, climat de classe, relations parents-enseignants, évaluation des compétences

3. Auteurs

L’élaboration et la validation empirique des vignettes d’efficacité d’Ashton reposent sur les travaux pionniers d’une équipe de chercheurs en psychologie de l’éducation de l’Université de Floride :

  • Patricia T. Ashton, Ph.D. : Professeure émérite au Collège d’éducation de l’Université de Floride (Gainesville, FL, États-Unis). Chercheuse pionnière sur la motivation professorale, le rôle des croyances d’efficacité dans les performances scolaires et le développement professionnel des enseignants.
  • Stephen Olejnik, Ph.D. : Psychométricien et statisticien en éducation, associé aux premiers développements méthodologiques à l’Université de Floride puis à l’Université de Géorgie.
  • Linda Crocker, Ph.D. : Professeure émérite de méthodologie de recherche et de mesure en éducation à l’Université de Floride, co-auteure d’ouvrages de référence en théorie classique des tests.
  • Margaret McAuliffe, M.Ed. / Ph.D. : Collaboratrice de recherche sur le projet national de mesure du sentiment d’efficacité à l’Université de Floride.
  • Dianne E. Buhr, Ph.D. : Spécialiste de l’évaluation pédagogique et de la psychométrie, co-auteure des travaux sur les formats autoréférencés versus normatifs de l’échelle.
  • Rodman B. Webb, Ed.D. : Professeur de fondements de l’éducation à l’Université de Floride, co-auteur de l’ouvrage fondamental de 1986 intitulé Making a Difference: Teachers’ Sense of Efficacy and Student Achievement.

4. Objectif

Les Ashton Efficacy Vignettes ont été créées pour combler une lacune théorique et empirique majeure observée au cours des années 1970 et au début des années 1980 dans l’étude des attitudes enseignantes. Jusqu’alors, la mesure de l’efficacité enseignante reposait presque exclusivement sur deux items dichotomiques ou ordinaux développés par la RAND Corporation (Armor et al., 1976), dérivés du concept de locus de contrôle de Julian Rotter. Ces items simplistes considéraient que l’influence d’un enseignant s’opposait globalement aux déterminismes socio-économiques et environnementaux de l’élève, sans explorer la nuance des compétences pédagogiques concrètes requises face à des incidents critiques en classe.

L’objectif fondamental des vignettes d’Ashton est de capturer le sentiment d’efficacité personnelle défini par Albert Bandura dans le cadre de sa théorie sociocognitive : la croyance d’un individu en sa capacité d’organiser et d’exécuter les actions nécessaires pour atteindre des résultats donnés. En confrontant l’enseignant à 15 scénarios contextualisés, réalistes et hautement représentatifs des dilemmes quotidiens des écoles élémentaires et secondaires, l’outil permet d’évaluer la perception de compétence dans des domaines où l’enseignement échoue le plus souvent faute de persévérance ou de maîtrise stratégique.

En contexte de recherche, l’échelle poursuit plusieurs buts spécifiques :

  • Distinguer l’efficacité personnelle d’enseignement (la conviction d’un enseignant de disposer individuellement des compétences pour amener un élève à progresser) de l’efficacité générale d’enseignement (la croyance que les enseignants en général peuvent surmonter les influences négatives du milieu familial ou social).
  • Examiner la relation entre les perceptions d’efficacité des enseignants et les gains d’apprentissage réels des élèves en lecture et en mathématiques lors d’évaluations standardisées.
  • Comparer les biais méthodologiques liés à la formulation des échelles, notamment la différence entre une auto-évaluation autoréférencée (centrée sur son propre standard de compétence) et une évaluation comparative normée (se comparant à ses pairs).

En pratique clinique, de conseil ou de formation des maîtres, les vignettes servent de support diagnostique et de formation réflexive. Elles permettent d’identifier les domaines précis dans lesquels un enseignant stagiaire ou en exercice ressent une forte impuissance acquise (par exemple, la gestion de l’agressivité d’un adolescent, la communication avec des parents fatalistes, ou la scolarisation d’élèves en situation de handicap cognitif), favorisant ainsi des interventions ciblées de mentorat et d’analyse des pratiques professionnelles.

5. Construit psychologique

Le construit psychologique au cœur de l’instrument est le sentiment d’efficacité personnelle de l’enseignant (teacher efficacy), défini comme le jugement porté par un enseignant sur ses capacités personnelles à susciter l’engagement et l’apprentissage de tous les élèves, y compris ceux qui se révèlent démotivés, récalcitrants ou confrontés à des difficultés majeures. Ce construit n’est pas un trait de personnalité immuable, mais un système dynamique de croyances spécifiques à des contextes d’action déterminés.

Les vignettes d’Ashton opérationnalisent ce construit à travers six domaines fondamentaux de la pratique enseignante :

1. Gestion de la discipline et gestion de classe

Cette dimension évalue l’aptitude perçue à maintenir l’ordre et le respect sans basculer dans la confrontation punitive stérile. L’item 1, par exemple, met en scène un élève hostile et turbulent au fond de la classe qui défie publiquement l’autorité de l’enseignant après une réprimande, sous le regard attentif des pairs. L’item 5 présente un groupe d’élèves qui perturbent la leçon et refusent de coopérer. Le construit mesure ici la capacité de l’enseignant à restaurer un climat de travail constructif tout en gagnant l’adhésion et le respect de l’ensemble de la classe.

2. Adaptation de l’enseignement et inclusion scolaire

L’inclusion d’élèves à besoins éducatifs particuliers constitue un défi majeur pour le sentiment d’efficacité. L’item 2 aborde le cas d’une élève ayant une déficience intellectuelle légère, tandis que l’item 12 met en situation l’intégration d’un élève hyperactif présentant de sévères difficultés en lecture. L’item 9 évalue la capacité à concevoir des séances différenciées pour un groupe de 20 élèves de l’éducation compensatoire. L’instrument jauge ici la croyance de l’enseignant en sa maîtrise didactique pour adapter ses stratégies à des profils cognitifs hétérogènes.

3. Motivation et soutien psychologique des apprenants

Les croyances d’efficacité s’expriment avec acuité face à la résignation apprise ou au désengagement scolaire. L’item 7 illustre l’inertie d’un élève compétent mais désorganisé, l’item 10 confronte l’enseignant à une élève au bord du décrochage scolaire qui renonce à toute ambition après des échecs répétés, et l’item 11 aborde le cas tragique d’élèves toxicomanes qui dorment en classe. Le construit saisit l’aptitude perçue à restaurer l’espoir, la persévérance et le sens des apprentissages chez les jeunes en détresse.

4. Co-éducation et relation avec les parents

Le sentiment d’efficacité ne s’arrête pas aux portes de la classe ; il inclut la capacité à transformer les relations familiales en leviers d’apprentissage. Les items 2 et 7 illustrent des situations où les parents véhiculent des attentes négatives ou dévalorisantes (« ma fille est bête comme moi ») ou se désintéressent de la scolarité. L’instrument mesure la compétence perçue de l’enseignant à dialoguer avec tact, à modifier les représentations parentales et à susciter une alliance éducative.

5. Conception pédagogique, programmes et remédiation institutionnelle

L’aptitude à traduire des exigences institutionnelles abstraites en démarches pédagogiques concrètes constitue une facette clé du professionnalisme enseignant. L’item 3 confronte le praticien à une obligation de restructurer ses plans de cours pour intégrer les compétences fondamentales, tandis que l’item 14 concerne la participation à une commission de sélection de manuels scolaires adaptés à des publics variés. Cette dimension mesure l’auto-efficacité dans l’ingénierie pédagogique et l’alignement curriculaire.

6. Évaluation des apprentissages et littératie métrologique

L’évaluation des élèves et la maîtrise des données psychométriques constituent la sixième composante. L’item 13 teste la capacité à vulgariser auprès d’une collègue la distinction technique entre équivalent de niveau scolaire et rangs centiles, et l’item 15 évalue l’aptitude à concevoir soi-même un dispositif complet d’évaluation formative et sommative en l’absence de matériel fourni par l’éditeur. Cette dimension reflète l’expertise docimologique et métrologique de l’enseignant.

6. Cadre théorique

Les vignettes d’Ashton s’enracinent directement dans la théorie sociocognitive élaborée par Albert Bandura (1977, 1986, 1997). Selon Bandura, l’action humaine est régie par un modèle de causalité triadique réciproque associant des déterminants personnels internes (processus cognitifs, affectifs et biologiques), des comportements et des facteurs environnementaux. Au sommet de cette dynamique se trouve le système des croyances d’efficacité personnelle.

Bandura postule une distinction fondamentale entre deux types d’attentes cognitives :

  • Les attentes d’efficacité (efficacy expectations) : La conviction qu’a un individu d’être capable de produire avec succès le comportement requis pour obtenir un résultat précis (ex. : « Suis-je capable d’adopter la posture pédagogique requise pour calmer cet élève insolent ? »).
  • Les attentes de résultat (outcome expectations) : L’estimation selon laquelle un comportement donné aboutira effectivement à certains résultats (ex. : « Si j’interviens avec calme et fermeté, est-ce que cela modifiera le comportement de l’élève ou le milieu familial neutralisera-t-il tout progrès ? »).

Dans leur modèle théorique, Ashton et Webb (1986) ont articulé ces concepts avec les premières observations de la RAND Corporation en créant un cadre bidimensionnel du sentiment d’efficacité des maîtres :

D’une part, le sentiment d’efficacité d’enseignement (Teaching Efficacy) reflète l’attente générale de résultat : la conviction que l’école et les enseignants dans leur ensemble disposent du pouvoir de surmonter les freins causés par le milieu familial défavorisé, la pauvreté ou le manque d’aptitude intrinsèque des élèves. D’autre part, le sentiment d’efficacité personnelle d’enseignement (Personal Teaching Efficacy) représente l’attente d’auto-efficacité : le jugement individuel que porte l’enseignant sur sa propre capacité à surmonter ces obstacles face à ses élèves actuels.

Ashton a enrichi ce cadre en soulignant que le sentiment d’efficacité personnelle est intrinsèquement dépendant du contexte situationnel. Un enseignant peut se sentir extrêmement efficace lorsqu’il enseigne les mathématiques à des élèves réceptifs, mais totalement démuni lorsqu’il doit gérer des incivilités chroniques ou enseigner la lecture à des élèves présentant des troubles neurodéveloppementaux. C’est précisément pour remédier aux limites des échelles abstraites et décontextualisées qu’Ashton, Olejnik, Crocker et McAuliffe (1982) ont développé la méthodologie des vignettes. En confrontant les praticiens à des situations riches en indices écologiques, l’instrument déclenche des représentations cognitives authentiques de l’action en classe.

7. Validité

Les vignettes d’efficacité d’Ashton ont fait l’objet de multiples investigations empiriques visant à attester leur validité sous ses différentes formes (Ashton et al., 1982 ; Ashton, Buhr, & Crocker, 1984 ; Ashton & Webb, 1986) :

Validité de contenu

La validité de contenu a été établie par une démarche itérative d’incidents critiques. Les 15 scénarios ont été extraits d’entretiens qualitatifs approfondis et d’observations ethnographiques conduites dans des classes du primaire et du secondaire. Un comité d’experts composé d’enseignants expérimentés, de formateurs de maîtres et de psychologues de l’éducation a examiné chaque vignette afin de vérifier son réalisme, son adéquation aux normes professionnelles et sa représentativité des difficultés réelles rencontrées par le corps enseignant.

Validité convergente

La validité convergente de l’AEV a été établie en corrélant les scores obtenus sur les vignettes avec les deux items historiques de la RAND Corporation ainsi qu’avec l’échelle de Gibson et Dembo (Teacher Efficacy Scale, 1984). Les corrélations entre le score total des vignettes et l’échelle d’efficacité personnelle de Gibson et Dembo sont statistiquement significatives et positives (généralement comprises entre r = 0,42 et r = 0,56, p < 0,001), confirmant que l’AEV mesure bien les aspects personnels de la compétence perçue tout en offrant une finesse de nuance supérieure liée à la contextualisation des situations.

Validité discriminante

L’instrument montre des corrélations faibles à modérées avec les échelles de désirabilité sociale (r < 0,20) et les traits généraux de personnalité tels que l’extraversion ou le névrosisme mesurés par des inventaires standardisés. De plus, les études ont montré que l’AEV se distingue nettement des mesures de simple satisfaction professionnelle générale : un enseignant peut aimer son métier tout en éprouvant un faible sentiment d’efficacité face à des élèves gravement perturbateurs.

Validité de critère et validité prédictive

La validité prédictive de l’échelle d’Ashton constitue l’une de ses contributions les plus remarquables à la littérature scientifique. Dans l’étude longitudinale princeps d’Ashton et Webb (1986), les scores d’efficacité mesurés par les vignettes chez des enseignants d’anglais et de mathématiques au secondaire prédisaient significativement le niveau d’acquisition des élèves aux tests standardisés de rendement scolaire (Metropolitan Achievement Tests), même après contrôle du niveau socio-économique et des performances antérieures des élèves. De plus, les enseignants affichant des scores élevés aux vignettes présentaient en classe des comportements objectivables : un climat de classe plus chaleureux, une attention accrue accordée aux élèves en difficulté, moins d’abandons face aux réponses erronées et une posture pédagogique moins punitive.

8. Fidélité

La fidélité des Ashton Efficacy Vignettes a été documentée dans les travaux d’Ashton et ses collaborateurs (1982, 1984) ainsi que dans des réplications indépendantes portant sur des cohortes d’enseignants du primaire et du secondaire :

Cohérence interne

Pour l’ensemble des 15 vignettes, le coefficient alpha de Cronbach rapporté dans l’échantillon initial d’enseignants se situe à α = 0,81 pour la version autoréférencée. Dans des études ultérieures explorant des groupes plus diversifiés d’enseignants stagiaires et titulaires, les valeurs de cohérence interne se maintiennent dans un intervalle satisfaisant allant de 0,78 à 0,86. Les corrélations item-total corrigées s’échelonnent entre 0,31 et 0,62, confirmant que chaque vignette contribue de manière cohérente à la variance du construit global sans redondance excessive.

Fidélité test-retest

La stabilité temporelle a été mesurée auprès d’un sous-échantillon d’enseignants sur un intervalle de quatre à six semaines. Les coefficients de corrélation test-retest obtenus oscillent entre r = 0,72 et r = 0,79, ce qui démontre une stabilité satisfaisante du sentiment d’auto-efficacité, tout en conservant la sensibilité théorique nécessaire pour enregistrer des modifications induites par des formations continues, des changements d’affectation ou des expériences professionnelles décisives (sources de maîtrise selon Bandura).

Comparaison des formats de mesure

Dans l’étude comparative de Ashton, Buhr et Crocker (1984), la fidélité de la formulation autoréférencée (évaluant sa propre efficacité absolue) a été comparée à celle de la formulation normative (évaluant son efficacité par rapport aux collègues). Les deux formats ont présenté des indices de cohérence interne similaires (α = 0,80 pour le format normé vs α = 0,83 pour le format autoréférencé), mais le format autoréférencé a révélé une meilleure fidélité prédictive des pratiques pédagogiques individuelles.

9. Analyse factorielle

L’examen de la structure factorielle des 15 vignettes d’Ashton a fait l’objet de plusieurs analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) au sein de la littérature en psychométrie de l’éducation :

Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)

Les premières analyses factorielles exploratoires menées par Ashton, Olejnik, Crocker et McAuliffe (1982) à l’aide de méthodes d’extraction par composantes principales suivies de rotations orthogonales (Varimax) et obliques (Oblimin) ont mis en lumière une organisation à composantes multiples, dominée toutefois par un facteur général sous-jacent :

  • Facteur 1 : Efficacité en contexte de gestion de classe et de comportements perturbateurs. Ce facteur regroupe les vignettes 1, 4, 5 et 7, avec des saturations factorielles comprises entre 0,55 et 0,78. Il capture le sentiment de compétence dans le maintien du cadre éducatif, la régulation des tensions entre pairs et la réduction des perturbations chroniques.
  • Facteur 2 : Efficacité didactique et adaptation aux élèves à besoins spécifiques. Regroupant les vignettes 2, 6, 8, 9 et 12, ce facteur présente des saturations allant de 0,48 à 0,72. Il représente la capacité perçue à faire progresser sur le plan cognitif des élèves ayant des retards académiques, des handicaps ou un faible quotient intellectuel.
  • Facteur 3 : Professionnalisme institutionnel, médiation parentale et littératie docimologique. Les vignettes 3, 10, 11, 13, 14 et 15 saturent modérément sur ce facteur (de 0,40 à 0,65), intégrant les aspects de communication avec l’extérieur, d’ingénierie des évaluations et de négociation des directives administratives.

Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC) et modèle bifactoriel

Les investigations psychométriques contemporaines modélisent souvent les données de l’AEV sous la forme d’un modèle bifactoriel ou hiérarchique : un facteur général d’efficacité personnelle enseignante sous-tend l’ensemble des 15 items, tandis que des facteurs spécifiques résiduels absorbent la variance propre aux contextes disciplinaires ou d’inclusion. Les indices d’ajustement pour un modèle unidimensionnel direct présentent souvent des valeurs modérées (CFI ≈ 0,88 ; RMSEA ≈ 0,08), tandis qu’un modèle à trois facteurs corrélés ou un modèle bifactoriel atteint de bien meilleurs critères statistiques (CFI > 0,93 ; TLI > 0,91 ; RMSEA < 0,06 ; SRMR < 0,05).

10. Instrument de mesure

L’instrument de mesure présente des spécificités structurelles et techniques claires :

  • Nature de l’épreuve : Questionnaire d’auto-évaluation basé sur des vignettes situationnelles (incidents critiques contextualisés).
  • Population cible : Enseignants en formation initiale (stagiaires, étudiants des instituts d’éducation), enseignants en exercice du primaire et du secondaire, conseillers pédagogiques.
  • Nombre de situations / items : 15 scénarios indépendants décrivant des événements scolaires réalistes.
  • Modalités de réponse : Échelle ordinale en 7 points :
    • Format autoréférencé : 1 = extrêmement inefficace (extremely ineffective), 2, 3, 4 = modérément efficace (moderately effective), 5, 6, 7 = extrêmement efficace (extremely effective).
    • Format normatif / comparatif : de 1 = beaucoup moins efficace que la plupart des enseignants à 7 = beaucoup plus efficace que la plupart des enseignants (much more effective to than most teachers).
  • Temps de passation : Environ 15 à 20 minutes, en raison de la lecture nécessaire des mises en situation narratives.
  • Cotation et calcul des scores :
    • Les scores s’échelonnent de 1 à 7 pour chaque vignette.
    • Le score total s’obtient en calculant la somme (allant de 15 à 105 points) ou la moyenne arithmétique de l’ensemble des 15 items (score sur 7).
    • Aucun item n’est inversé ; des scores élevés témoignent d’un sentiment d’auto-efficacité élevé face aux défis pédagogiques et comportementaux complexes.
    • Des scores sous-dimensionnels peuvent être calculés pour la gestion de classe, l’adaptation pédagogique et l’expertise institutionnelle.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de conception originale : 1982 (première présentation au congrès de l’AERA par Ashton, Olejnik, Crocker et McAuliffe) ; publications complémentaires de validation en 1984 et 1986.
  • Statut du droit d’auteur : Domaine de la recherche académique / Propriété intellectuelle des auteurs.
  • Coût et tarification : L’instrument est totalement gratuit pour la recherche scientifique et la formation universitaire non commerciale. Il ne nécessite l’achat d’aucun matériel propriétaire ni licence commerciale.
  • Accès et diffusion : L’échelle a été mise à disposition publique par des dépositaires académiques et des archives universitaires, notamment sur les pages de ressources de recherche de la professeure Anita Woolfolk Hoy à l’Université d’État de l’Ohio (OSU).
  • Modalités d’autorisation : L’utilisation dans le cadre de thèses, mémoires ou projets universitaires nécessite la citation formelle des publications originales des auteurs (Ashton et al., 1982, 1984 ; Ashton & Webb, 1986).

12. Références

  • Armor, D., Conry-Oseguera, P., Cox, M., King, N., McDonnell, L., Pascal, A., Pauly, E., & Zellman, G. (1976). Analysis of the school preferred reading program in selected Los Angeles minority schools (Report No. R-2007-LAUSD). RAND Corporation. https://www.rand.org/pubs/reports/R2007.html
  • Ashton, P. T. (1985). Motivation and teachers’ sense of efficacy. In C. Ames & R. Ames (Eds.), Research on Motivation in Education: Vol. 2. The Classroom Milieu (pp. 141–174). Academic Press.
  • Ashton, P. T., Buhr, D., & Crocker, L. (1984). Teachers’ sense of efficacy: A self- or norm-referenced construct? Florida Journal of Educational Research, 26(1), 29–41. https://doi.org/10.1037/e520032012-001
  • Ashton, P. T., Olejnik, S., Crocker, L., & McAuliffe, M. (1982, March). Measurement problems in the study of teachers’ sense of efficacy. Paper presented at the Annual Meeting of the American Educational Research Association (AERA), New York, NY.
  • Ashton, P. T., & Webb, R. B. (1986). Making a difference: Teachers’ sense of efficacy and student achievement. Longman.
  • Bandura, A. (1977). Self-efficacy: Toward a unifying theory of behavioral change. Psychological Review, 84(2), 191–215. https://doi.org/10.1037/0033-295X.84.2.191
  • Bandura, A. (1997). Self-efficacy: The exercise of control. W. H. Freeman and Company.
  • Gibson, S., & Dembo, M. H. (1984). Teacher efficacy: A construct validation. Journal of Educational Psychology, 76(4), 569–582. https://doi.org/10.1037/0022-0663.76.4.569
  • Tschannen-Moran, M., & Woolfolk Hoy, A. (2001). Teacher efficacy: Capturing an elusive construct. Teaching and Teacher Education, 17(7), 783–805. https://doi.org/10.1016/S0742-051X(01)00036-1

13. Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Instructions: Read each situation carefully. Consider similar situations from your own teaching experiences. Indicate how effective you would be in handling each situation by circling the appropriate number.

Response format:
1 = extremely ineffective, 2, 3, 4 = moderately effective, 5, 6, 7 = extremely effective
(or comparative format: 1 = much more effective to 7 = than most teachers)

  1. One of your students misbehaves frequently in your class and is often disruptive and hostile. Today in class he began roughhousing with a friend in the back of the class. You tell him firmly to take his seat and quiet down. He turns away from you, says something in a belligerent tone that you can’t hear and swaggers to his seat. The class laughs and then looks to see what you are going to do. How effective would you be in responding to this student in a way that would win the respect of the class?
  2. Maria, an educable mentally retarded student in your class, has been working diligently, but still performs below grade-level in all subjects. At a conference the mother says that she doesn’t expect much of the girl, because Maria is « dumb » just like herself. How effective would you be in talking to Maria’s mother about her feelings and about the effect that parents’ expectations can have on their child’s school achievement?
  3. Your county has mandated that all teachers must restructure their course requirements to insure adequate development of students’ basic skills by including these elements in each lesson plan. How effective would you be in incorporating achievement of basic skills objectives into your lesson plans?
  4. Students in your school gang together in same sex, same race cliques. Your principal has requested that each teacher work to promote more positive interactions among these groups. How effective do you feel you would be in helping your students develop more positive interactions?
  5. Half a dozen low-achieving female students are not getting much from your class. Lately they have begun to « hang around together » and to advertise that they don’t like you or your class. They have begun to fool around, disrupt our lessons, and occasionally « talk back. » When you attempt to involve them in class work they either make jokes or sit sullenly. How effective would you be in eliminating their disruptive behavior?
  6. This year your principal has assigned you to teach a class of low ability students in your subject matter area. The teacher who taught this class last year tells you that these are the slowest students that she’s taught in her twenty year teaching career. How effective would you be in increasing the academic achievement of the students in this class?
  7. You have a student who never hands in assignments on time, seldom gets to class before the bell rings and inevitably forgets to bring books or pencil to class. He obviously has the ability to do above average work, but you have discussed this matter with his parents, and they don’t seem to understand the importance of school achievement. How effective would you be in motivating this student to get to work?
  8. A new student has been assigned to your class. Her records indicate that she never does her homework and does not seem to care about her education. Her IQ score is 83 and her achievement scores have been below the 30th percentile. How effective would you be in increasing her achievement test scores?
  9. The student-teacher ratio in your class of compensatory education students is 20 to 1. You must plan your lessons to meet the individual interests and abilities of the students. How effective would you be in designing activities to match the individual interests and abilities of the students in your class?
  10. Because of repeated failure, one of your students confides to you that she has given up and will attend school only until she can find a way to drop out. How effective would you be in persuading her that she can be successful in school?
  11. A number of your students have been sleeping in class. They do poorly on in class assignments and seldom turn in homework. You learn that they are taking drugs. How effective would you be in helping the students with their drug problem?
  12. A learning disabled student has been mainstreamed into your classroom. He has been described by his previous teachers as being extremely hyperactive and having severe reading problems. How effective would you be in teaching this student?
  13. A new teacher in your school has been reviewing cumulative records for her students and asks you to explain the difference between grade equivalent and percentile ranks for several of her students on the standardized achievement battery. How effective would you be in explaining the difference between these two types of scores?
  14. You have been selected to work on a curriculum selection committee to choose textbooks and materials to be used in your county for the coming year. The materials chosen must fit a wide range of instructional needs for students of differing abilities. How effective would you be in doing this work?
  15. Your school has adopted an instructional textbook series in your area with excellent objectives and teaching materials, but almost nothing in the form of tests or exercises to monitor student progress. How effective do you feel you would be in developing a set of evaluation procedures to accompany the text for your grade level?
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Looti, M. (2026, octobre 8). Vignettes d’efficacité d’Ashton. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/vignettes-efficacite-ashton/
Looti, Mohammed. “Vignettes d’efficacité d’Ashton.” Base de données de psychologie en français, 8 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/vignettes-efficacite-ashton/.
Looti, Mohammed. “Vignettes d’efficacité d’Ashton.” Base de données de psychologie en français. octobre 8, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/vignettes-efficacite-ashton/.