Université d’État de l’Iowa

Le Test d’évaluation du style attributionnel (ASAT) développé à l’Iowa State University par Craig A. Anderson évalue les attributions causales (stratégie, aptitude, effort, contrôlabilité) dans des situations interpersonnelles et de performance.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 8, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 8, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

Le Test d’évaluation du style attributionnel (Attributional Style Assessment Test [ASAT]), développé sous la direction du professeur Craig A. Anderson au département de psychologie de l’Iowa State University, constitue une batterie psychométrique novatrice conçue pour évaluer les schémas explicatifs causaux mobilisés par les individus face à des situations de réussite et d’échec. Développé initialement pour surmonter les limitations psychométriques et conceptuelles de questionnaires antérieurs tels que l’Attributional Style Questionnaire (ASQ) de Seligman et de ses collaborateurs, l’ASAT propose une typologie méthodologique rigoureuse déclinée en plusieurs formats complémentaires : des versions à choix forcé évaluant des attributions causales spécifiques (stratégie, aptitude, effort, traits de personnalité, humeur, circonstances) et des versions dimensionnelles évaluant les propriétés fondamentales des causes perçues (lieu de causalité, stabilité, globalité, contrôlabilité, intentionnalité et modifiabilité). L’instrument se distingue tout particulièrement par sa structuration factorielle croisée séparant explicitement les contextes interpersonnels des contextes non interpersonnels (ou de performance), ainsi que les issues positives (succès) des issues négatives (échecs). Disponible en formats de 20 items (ASAT-I, ASAT-III) et de 36 items (ASAT-II, ASAT-IV), l’outil présente des coefficients de cohérence interne modérés à substantiels oscillant généralement entre 0,40 et 0,70, typiques des mesures d’attributions situationnelles hypothétiques. L’ASAT s’est imposé dans la littérature internationale comme un prédicteur robuste et différentiel des problèmes d’adaptation psychosociale, notamment la dépression, la solitude chronique et l’anxiété sociale (timidité), en articulant la psychologie cognitive, sociale et clinique.

2. Mots-clés / Keywords

Style attributionnel, attribution causale, lieu de contrôle, contrôlabilité, stabilité, globalité, dépression, solitude, compétences interpersonnelles, Iowa State University, psychométrie, évaluation cognitive, résignation acquise.

3. Auteurs / Authors

L’instrument a été conçu et validé par une équipe de chercheurs éminents en psychologie sociale et clinique rattachés principalement au Département de psychologie de l’Iowa State University (Ames, Iowa, États-Unis) et à l’Université Stanford :

  • Craig A. Anderson, Ph.D. : Professeur émérite et ancien directeur du département de psychologie à l’Iowa State University (W112 Lagomarcino Hall, Ames, IA 50011-3180 ; courriel institutionnel : [email protected]). Chercheur de renommée mondiale spécialisé dans les processus socio-cognitifs, la cognition sociale appliquée, l’agression et les attributions causales.
  • Leonard M. Horowitz, Ph.D. : Professeur de psychologie à l’Université Stanford, pionnier dans l’analyse des problèmes interpersonnels et des prototypes de la détresse relationnelle.
  • Rita deSales French, Ph.D. : Chercheuse clinicienne associée aux travaux séminaux sur les attributions chez les populations isolées et dépressives.
  • Lynn H. Arnoult, Ph.D. : Collaboratrice clé dans la modélisation des styles attributionnels appliqués aux problèmes de la vie quotidienne (dépression, solitude, timidité) à la Rice University et l’Iowa State University.
  • Dorothea L. Jennings, Ph.D., Alison L. Riger, Ph.D., Rowland S. Miller, Ph.D., Charles A. Dill, Ph.D., et Constantine Sedikides, Ph.D. : Co-auteurs et collaborateurs de plusieurs études longitudinales et expérimentales ayant étayé les versions III et IV de l’ASAT.

4. Objectif / Purpose

Le Attributional Style Assessment Test (ASAT) a été élaboré pour combler un vide méthodologique fondamental au sein des recherches portant sur les théories de l’attribution et leurs répercussions psychopathologiques. Historiquement, l’évaluation du style attributionnel reposait presque exclusivement sur l’Attributional Style Questionnaire (ASQ), développé dans le cadre de la théorie de l’impuissance apprise révisée par Abramson, Seligman et Teasdale (1978). Toutefois, les instruments de première génération présentaient plusieurs faiblesses majeures : ils négligeaient l’importance cruciale de la dimension de contrôlabilité (Weiner, 1979), confondaient les domaines d’accomplissement intellectuel/scolaire avec les situations d’interaction sociale, et reposaient sur des niveaux de généralité trop abstraits.

L’ASAT a été spécifiquement développé pour mesurer la manière dont un individu explique causalement les événements quotidiens à un niveau de spécificité modéré (Anderson, Jennings, & Arnoult, 1988). L’objectif est double :

  • Distinguer les domaines situationnels : L’ASAT sépare rigoureusement les événements interpersonnels (par exemple, se faire de nouveaux amis lors d’une fête, réconforter un colocataire en détresse, coordonner une sortie amicale) des événements non interpersonnels (par exemple, réussir un examen académique, remporter une partie de Scrabble, réussir à faire publier des photographies d’art). Cette dichotomie permet d’identifier des déficits d’adaptation spécifiques à un domaine sans pathologiser globalement le fonctionnement cognitif de l’individu.
  • Caractériser la nature de l’explication causale : L’ASAT explore si les causes inférées relèvent de facteurs modifiables et contrôlables (comme la stratégie adoptée ou l’effort consenti) ou au contraire de facteurs stables et incontrôlables (aptitudes innées, traits de personnalité figés, circonstances extérieures).

Sur le plan des applications cliniques et de la recherche, l’ASAT permet de diagnostiquer les schémas cognitifs dysfonctionnels qui sous-tendent et perpétuent des états de détresse psychologique tels que la dépression clinique, la solitude prolongée et la phobie sociale. En milieu clinique et cognitivo-comportemental, il fournit aux thérapeutes des cibles d’intervention précises pour le recadrage attributionnel : amener un patient à attribuer ses échecs relationnels à une stratégie inadéquate (facteur contrôlable et modifiable) plutôt qu’à un manque intrinsèque de valeur personnelle ou d’habileté (facteur stable et incontrôlable).

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par l’ASAT est le style attributionnel, défini comme une tendance cognitive relativement stable et dispositionnelle à sélectionner des catégories causales particulières pour expliquer les issues positives et négatives de son existence. Contrairement aux approches unidimensionnelles, l’ASAT opérationnalise ce construit à travers une matrice factorielle sophistiquée qui croise les types de situations, la valence des résultats et la nature intrinsèque des causes.

5.1. La classification catégorielle (Versions à choix forcé : ASAT-I et ASAT-II)

Dans les versions à choix forcé, le construit est articulé autour de causes concrètes que le sujet choisit parmi une sélection fermée :

  • Stratégie (Strategy) : Représente une cause interne, instable et hautement contrôlable. L’individu attribue l’issue à la méthode, à la tactique ou au plan d’action utilisé (ex. : « J’ai utilisé la bonne stratégie pour rencontrer de nouvelles personnes »). Il s’agit de la cause la plus adaptative face à l’échec, car elle suggère qu’une modification comportementale conduira au succès futur.
  • Aptitude / Habileté (Ability) : Cause interne, relativement stable et faiblement contrôlable à court terme. Elle renvoie au niveau de compétence ou de talent brut de l’individu dans un domaine donné (ex. : « Je suis doué pour organiser des sorties »).
  • Effort (Effort) : Cause interne, instable et directement contrôlable. Elle reflète l’énergie, l’intensité et le temps mobilisés pour accomplir la tâche (ex. : « Je me suis vraiment efforcé de réussir le test »).
  • Traits de personnalité (Personality Traits) : Cause interne, très stable et perçue comme incontrôlable. L’individu attribue l’issue à des caractéristiques structurelles et durables de son caractère (ex. : « Je n’ai pas les traits de personnalité nécessaires pour persuader les gens »).
  • Humeur (Mood) : Cause interne, temporaire, instable et généralement involontaire/incontrôlable. L’explication dépend de l’état émotionnel transitoire de la personne lors de la situation (ex. : « Je n’étais pas dans la bonne humeur pour ce match »).
  • Circonstances extérieures (Circumstances) : Cause externe, instable ou stable selon le cas, totalement hors du contrôle direct de l’individu. L’issue est attribuée à autrui, à la chance ou aux aléas situationnels (ex. : « D’autres circonstances indépendantes de moi ont produit ce résultat »).

5.2. Les dimensions causales continues (Versions dimensionnelles : ASAT-III et ASAT-IV)

Dans les versions dimensionnelles, le sujet génère d’abord librement la cause principale, puis la cote sur des échelles de Likert en fonction des dimensions psychologiques sous-jacentes identifiées par Weiner (1985) et Anderson (1991) :

  • Lieu de causalité (Locus of Causality) : Évalue si la source originelle de l’événement réside à l’intérieur de l’individu (causes internes : dispositions, efforts, émotions) ou dans son environnement externe (causes externes : autrui, contexte, météo, difficulté objective de la tâche).
  • Stabilité temporelle (Stability) : Évalue la probabilité que la cause persiste et se manifeste à l’identique lors d’occurrences futures de la même situation. Une cause stable (manque d’intelligence) induit un désespoir chronique face à l’échec, tandis qu’une cause instable (fatigue passagère) préserve l’espoir.
  • Globalité (Globality) : Évalue l’étendue de l’impact de la cause à travers une multitude de domaines de vie différents (ex. : « Cette cause affecte tout ce que j’entreprends » versus « Cette cause ne s’applique qu’à cette tâche précise »).
  • Contrôlabilité (Controllability) : Dimension centrale selon les travaux d’Anderson. Elle mesure à quel point la cause est perçue comme pouvant être modifiée ou régulée par la volonté de l’individu. L’attribution des échecs à des causes incontrôlables constitue le principal mécanisme générateur de déficits motivationnels et d’affect dépressif.
  • Intentionnalité (Intentionality) et Modifiabilité (Changeability) : Évaluées dans les versions initiales mais délaissées dans les modèles ultérieurs épurés d’Anderson, ces dimensions mesurent respectivement si la cause résulte d’un dessein délibéré et si elle peut être altérée au fil du temps. Anderson a démontré que ces deux dimensions s’avèrent empiriquement redondantes avec la contrôlabilité.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’ASAT s’ancre à la croisée de trois grands courants de la psychologie cognitive et sociale : la théorie naïve de l’action de Fritz Heider (1958), le modèle d’attribution de la motivation et de l’émotion de Bernard Weiner (1979, 1985), et la reformulation cognitive de l’impuissance apprise de Seligman, Abramson et Teasdale (1978).

6.1. Le dépassement du modèle de Seligman

Le modèle classique de la dépression proposé par Abramson et ses collègues postulait que le style d’attribution dépressogène reposait sur une tendance à expliquer les événements négatifs par des causes internes, stables et globales. Cependant, Anderson et Arnoult (1985) ont formulé une critique fondamentale à l’égard de ce postulat : l’internalité seule ne prédit pas adéquatement l’inadaptation. En effet, attribuer un échec à un facteur interne mais contrôlable et instable (comme une mauvaise stratégie d’étude ou un manque d’effort ciblé) ne conduit pas à la résignation, mais stimule au contraire la recherche active de solutions et l’apprentissage.

6.2. Le modèle attributionnel de la contrôlabilité d’Anderson

Craig A. Anderson a développé le Controllability Attributional Model of Problems in Living (Anderson & Riger, 1991). Ce modèle postule que la dimension critique expliquant la détresse psychologique n’est pas le locus de causalité, mais l’interaction entre la contrôlabilité et la stabilité. Les individus souffrant de dépression ou de solitude ont tendance à attribuer leurs échecs interpersonnels à des causes à la fois incontrôlables et stables (telles que le manque d’attractivité sociale ou des traits de personnalité défectueux). Ces attributions engendrent un sentiment immédiat d’impuissance, paralysent l’initiative comportementale et annihilent la motivation à retenter des approches sociales ultérieures.

6.3. La distinction comportementale versus caractérologique

En s’appuyant sur les travaux de Janoff-Bulman (1979) sur le blâme orienté vers le comportement par opposition au caractère, Anderson et ses collaborateurs (1994) ont intégré dans l’ASAT la dichotomie fondamentale entre attributions comportementales (stratégie, effort : modifiables, contrôlables) et attributions caractérologiques (traits de personnalité, aptitudes figées : non modifiables, incontrôlables). L’ASAT fournit ainsi un support méthodologique mesurant comment la structure de ces attributions façonne le fonctionnement interpersonnel adaptatif.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique des différentes formes de l’ASAT a fait l’objet de nombreuses investigations empiriques publiées dans des revues phares de psychologie, telles que le Journal of Personality and Social Psychology et le Personality and Social Psychology Bulletin.

7.1. Validité de construit et validité divergente

L’étude fondamentale d’Anderson, Jennings et Arnoult (1988) a examiné la validité de construit du concept de style attributionnel à un niveau de spécificité modéré. Les résultats ont confirmé que les profils de réponses à l’ASAT se différencient nettement selon les contextes situationnels : les attributions formulées face à des échecs interpersonnels ne sont que modérément corrélées avec celles formulées face à des échecs académiques ou instrumentaux (corrélations de l’ordre de r = 0,25 à 0,35), démontrant que le style attributionnel n’est pas une entité monolithique et que la séparation des sous-échelles de l’ASAT est pleinement justifiée.

7.2. Validité convergente et prédictive

L’ASAT a démontré une validité prédictive remarquable concernant les difficultés psychosociales :

  • Solitude et isolement social : Anderson, Horowitz et French (1983) ont montré que les étudiants universitaires souffrant de solitude chronique attribuent de manière prépondérante leurs échecs sociaux à un manque d’aptitude (cause interne, stable et incontrôlable), alors que les étudiants non isolés attribuent leurs échecs à un manque d’effort ou à une stratégie inappropriée (causes contrôlables).
  • Dépression clinique et sous-clinique : Dans une série d’études longitudinales et corrélationnelles, Anderson et Riger (1991) ainsi qu’Anderson et ses collègues (1994) ont établi que les scores d’attribution incontrôlable aux échecs interpersonnels sur l’ASAT prédisent significativement les augmentations ultérieures des scores d’inventaire de dépression de Beck (BDI), même après contrôle statistique du niveau initial de dépression.
  • Déficits motivationnels en laboratoire : Anderson (1983) a mené des expérimentations où des participants étaient soumis à des tâches de persuasion interpersonnelle (comme des appels téléphoniques de sollicitation). Les individus présentant un style attributionnel orienté vers le manque d’aptitude sur l’ASAT ont montré une détérioration marquée de leurs performances et un abandon rapide après un échec initial, comparativement à ceux privilégiant des attributions stratégiques.

7.3. Validité transculturelle

Dans une recherche comparative internationale menée par Anderson (1999) auprès d’échantillons d’étudiants américains et chinois, la version chinoise de l’ASAT-I a répliqué avec succès la structure du modèle : le lien entre attributions d’échec incontrôlables/stables et les symptômes de dépression et de solitude s’est avéré invariant à travers les deux cultures, étayant l’universalité des processus cognitifs évalués par l’instrument.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité psychométrique des mesures d’attribution causale constitue un défi méthodologique documenté de longue date dans la littérature empirique. Comme l’a souligné explicitement Craig A. Anderson dans ses synthèses techniques (1999) :

8.1. Cohérence interne (Alpha de Cronbach)

Les coefficients de cohérence interne (alpha de Cronbach) des sous-échelles de l’ASAT oscillent généralement dans une fourchette modérée comprise entre 0,40 et 0,70. Ces valeurs, bien qu’inférieures aux critères conventionnels appliqués aux tests de personnalité globaux (qui visent souvent 0,80 ou plus), sont tout à fait caractéristiques des instruments évaluant des attributions situationnelles spécifiques reposant sur un nombre restreint de scénarios hypothétiques (5 scénarios par quadrant dans les versions à 20 items).

Anderson souligne qu’une plus grande consistance interne peut être artificiellement obtenue en agrégeant les situations interpersonnelles et non interpersonnelles (doublant ainsi la longueur de l’échelle à 10 items par dimension d’issue), mais que cette pratique masque des différences psychologiques fondamentales entre les domaines de vie. Pour compenser cette fidélité modérée, les chercheurs sont invités à utiliser des échantillons d’une taille statistique suffisante (entre 150 et 250 participants) afin d’assurer une puissance statistique adéquate lors des analyses de régression ou de modélisation en équations structurales.

8.2. Fidélité test-retest

Les évaluations de la stabilité temporelle par la méthode du test-retest sur des intervalles de deux à six semaines révèlent des coefficients de corrélation compris entre 0,55 et 0,72, ce qui démontre que l’ASAT capture bel et bien un style dispositionnel relativement stable dans le temps plutôt qu’un simple état d’humeur fluctuant.

8.3. Règles méthodologiques pour le calcul de scores composites

Anderson met en garde contre une pratique psychométrique erronée fréquente consistant à regrouper les dimensions (ex. : stabilité, lieu, globalité) en traitant chaque évaluation dimensionnelle comme un item indépendant, ce qui gonfle artificiellement le nombre apparent d’items (par exemple, considérer 5 situations x 3 dimensions = 15 items). La procédure préconisée consiste à vérifier d’abord empiriquement la corrélation entre dimensions, à calculer un score composite par situation hypothétique, puis à effectuer l’analyse de cohérence interne sur ces scores composites à travers les situations.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Les analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) conduites sur les différentes versions de l’ASAT ont permis de clarifier la structure sous-jacente des attributions causales et d’affiner les taxonomies psychologiques.

9.1. Structure multidimensionnelle des versions dimensionnelles (ASAT-III et IV)

Les études factorielles menées par Anderson et Arnoult (1985) ainsi qu’Anderson et Riger (1991) ont examiné l’indépendance des six dimensions initialement mesurées : Lieu (Locus), Stabilité (Stability), Globalité (Globality), Contrôlabilité (Controllability), Intentionnalité (Intentionality) et Modifiabilité (Changeability). Les matrices de corrélation factorielle ont mis en évidence les résultats suivants :

  • La dimension de Contrôlabilité corrèle très fortement avec la Modifiabilité (r > 0,75) et avec l’Intentionnalité (r > 0,68). L’analyse en composantes principales avec rotation varimax a démontré que ces trois dimensions saturent massivement sur un même facteur de premier ordre. En conséquence, dans les travaux contemporains d’Anderson, la modifiabilité et l’intentionnalité ont été retirées des modèles réduits afin de privilégier un facteur unique et robuste de contrôlabilité perçue.
  • Les dimensions de Lieu de causalité, de Stabilité et de Globalité émergent comme des facteurs distincts et orthogonaux, confirmant la validité discriminante du modèle tridimensionnel de Weiner enrichi par Anderson.

9.2. Structure des formats à choix forcé (ASAT-I et II)

Dans l’ASAT-I et l’ASAT-II, l’analyse factorielle des choix de causes confirme l’existence de deux super-facteurs stables opposant :

  1. Le facteur des causes contrôlables/modifiables (fortes saturations positives pour les choix « Stratégie » et « Effort »).
  2. Le facteur des causes incontrôlables/stables (fortes saturations positives pour « Aptitude » et « Traits de personnalité »).

Le statut des « Circonstances » et de « l’Humeur » se charge principalement sur un facteur d’extériorité ou d’instabilité circonstancielle temporaire.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom officiel : Attributional Style Assessment Test (ASAT).
  • Versions disponibles :
    • ASAT-I : Version originale à choix forcé de 20 items (6 options causales : stratégie, aptitude, effort, traits de personnalité, humeur, circonstances).
    • ASAT-II : Version à choix forcé de 36 items (3 options causales clés présentées dans un ordre contrebalancé : stratégie, aptitude, effort).
    • ASAT-III : Version dimensionnelle de 20 items (génération libre d’une cause écrite en une phrase, suivie de l’évaluation sur 6 dimensions continues de 1 à 9).
    • ASAT-IV : Version dimensionnelle de 36 items (génération libre de la cause suivie de l’évaluation dimensionnelle continue).
    • Version chinoise de l’ASAT-I : Traduction et adaptation transculturelle validée de 20 items.
  • Matrice situationnelle des items :
    • Versions à 20 items (ASAT-I et III) : 5 échecs interpersonnels, 5 succès interpersonnels, 5 échecs non interpersonnels, 5 succès non interpersonnels.
    • Versions à 36 items (ASAT-II et IV) : 9 échecs interpersonnels, 9 succès interpersonnels, 9 échecs non interpersonnels, 9 succès non interpersonnels.
  • Format des réponses :
    • Choix forcé : Sélection de la cause unique jugée la plus probable parmi les propositions fournies.
    • Échelles dimensionnelles (ASAT-III et IV) : Échelles de Likert en 9 points pour chaque dimension : Lieu (1 = Extérieur à la personne, 9 = Intérieur à la personne) ; Globalité (1 = Spécifique à quelques situations, 9 = Globale, pertinente pour de nombreuses situations) ; Stabilité (1 = Pas du tout stable, 9 = Très stable) ; Contrôlabilité (1 = Pas du tout contrôlable, 9 = Très contrôlable) ; Intentionnalité (1 = Pas du tout intentionnel, 9 = Très intentionnel) ; Modifiabilité (1 = Non modifiable, 9 = Hautement modifiable).
  • Calcul des scores : Décompte des fréquences de choix des causes (versions à choix forcé) ou moyennes dimensionnelles calculées séparément par quadrant situationnel (Échec Interpersonnel, Succès Interpersonnel, Échec Non-Interpersonnel, Succès Non-Interpersonnel).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement initial : 1982-1983 (publications initiales d’Anderson, Horowitz et French). Synthèse formelle et diffusion des cinq versions consolidées par Craig A. Anderson en 1999.
  • Droits d’auteur (Copyright) : Détenu par le Pr Craig A. Anderson, Iowa State University.
  • Conditions d’utilisation et permissions : L’auteur accorde une permission ouverte, explicite et libre de droits à tous les chercheurs souhaitant utiliser, reproduire ou modifier les échelles de l’ASAT pour des objectifs exclusifs de recherche scientifique non commerciale, sans nécessité d’obtenir une autorisation formelle écrite préalable. L’auteur invite simplement les chercheurs à lui transmettre des tirés à part (tirés à part/prépublications) de leurs travaux utilisant l’instrument.
  • Tarif : Instrument entièrement gratuit pour la communauté scientifique et universitaire.

12. Références / References

Les références fondatrices et psychométriques associées à l’ASAT sont les suivantes :

  • Abramson, L. Y., Seligman, M. E., & Teasdale, J. D. (1978). Learned helplessness in humans: Critique and reformulation. Journal of Abnormal Psychology, 87(1), 49–74. https://doi.org/10.1037/0021-843X.87.1.49
  • Anderson, C. A. (1983). Motivational and performance deficits in interpersonal settings: The effect of attributional style. Journal of Personality and Social Psychology, 45(5), 1136–1147. https://doi.org/10.1037/0022-3514.45.5.1136
  • Anderson, C. A. (1999). Attributional style, depression, and loneliness: A cross-cultural comparison of American and Chinese students. Personality and Social Psychology Bulletin, 25(4), 482–499. https://doi.org/10.1177/0146167299025004007
  • Anderson, C. A., & Arnoult, L. H. (1985). Attributional style and everyday problems in living: Depression, loneliness, and shyness. Social Cognition, 3(1), 16–35. https://doi.org/10.1521/soco.1985.3.1.16
  • Anderson, C. A., & Arnoult, L. H. (1985). Attributional models of depression, loneliness, and shyness. In J. Harvey & G. Weary (Eds.), Attribution: Basic Issues and Applications (pp. 235–279). Academic Press.
  • Anderson, C. A., Horowitz, L. M., & French, R. (1983). Attributional style of lonely and depressed people. Journal of Personality and Social Psychology, 45(1), 127–136. https://doi.org/10.1037/0022-3514.45.1.127
  • Anderson, C. A., Jennings, D. L., & Arnoult, L. H. (1988). Validity and utility of the attributional style construct at a moderate level of specificity. Journal of Personality and Social Psychology, 55(6), 979–990. https://doi.org/10.1037/0022-3514.55.6.979
  • Anderson, C. A., Miller, R. S., Riger, A. L., Dill, J. C., & Sedikides, C. (1994). Behavioral and characterological attributional styles as predictors of depression and loneliness: Review, refinement, and test. Journal of Personality and Social Psychology, 66(3), 549–558. https://doi.org/10.1037/0022-3514.66.3.549
  • Anderson, C. A., & Riger, A. L. (1991). A controllability attributional model of problems in living: Dimensional and situational interactions in the prediction of depression and loneliness. Social Cognition, 9(2), 149–181. https://doi.org/10.1521/soco.1991.9.2.149
  • Horowitz, L. M., French, R., & Anderson, C. A. (1982). The prototype of loneliness. In L. A. Peplau & D. Perlman (Eds.), Loneliness: A Sourcebook of Current Theory, Research, and Therapy (pp. 183–205). Wiley-Interscience.
  • Janoff-Bulman, R. (1979). Characterological versus behavioral self-blame: Inquiries into depression and rape. Journal of Personality and Social Psychology, 37(10), 1798–1809. https://doi.org/10.1037/0022-3514.37.10.1798
  • Weiner, B. (1979). A theory of motivation for some classroom experiences. Journal of Educational Psychology, 71(1), 3–25. https://doi.org/10.1037/0022-0663.71.1.3
  • Weiner, B. (1985). An attributional theory of achievement motivation and emotion. Psychological Review, 92(4), 548–573. https://doi.org/10.1037/0033-295X.92.4.548

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
  1. You have just attended a party for new students and made some new friends.
  2. You have just succeeded at coordinating an outing for a group of people you like very much.
  3. You have just failed the midterm test in a class.
  4. You have just won a competitive match in a sporting event.
  5. You find yourself alone on almost every Saturday night and regret that you had not arranged to do something with a friend.
  6. While working as a volunteer caller for the American Red Cross, you failed to persuade very many people to donate blood.
  7. You have just succeeded at completing the crossword puzzle in the daily paper.
  8. You were recently unsuccessful at trying to cheer up your roommate who was having a personal problem.
  9. You have succeeded in selling your best photographs to a national magazine.
  10. You have just lost a game of Scrabble (the word game).
  11. You discover that in the recent past you have enjoyed some social activity almost every Saturday night.
  12. You have just attended a party for new students and failed to make any new friends.
  13. You have lost a competitive match in a sporting event.
  14. You have just received a high score on the midterm test in a class.
  15. You have just failed at coordinating an outing for a group of people you like very much.
  16. While working as a volunteer caller for the American Red Cross you succeeded at persuading a lot of people to donate blood.
  17. You have just won a game of Scrabble (the word game).
  18. You have failed to complete the crossword puzzle in the daily paper.
  19. You were recently successful at cheering up your roommate who was having a personal problem.
  20. You have failed to sell you best photographs to a national magazine.
  21. You have changed dorms because things had not worked out well between you and your roommate. Which reason best accounts for this outcome?
  22. You have just failed the midterm test in a class. Which reason best accounts for this failure?
  23. A child that you have been tutoring in reading has improved more that expected. Which reason best accounts for the child’s reading improvement?
  24. In a memory experiment, where your task was to memorize pairs of words, you memorized enough of the pairs to be included in the follow-up study. Which reason best accounts for this success?
  25. You have just failed to resolve an argument with a close friend. Which reason best accounts for this failure?
  26. You were recently successful at cheering up your roommate who was having a personal problem. Which reason best accounts for this success?
  27. You have failed to sell you best photographs to a national magazine. Which reason best accounts for this failure?
  28. You went out on a blind date and you were unable to relax and enjoy yourself. Which reason best accounts for your feeling of discomfort?
  29. Your short story has been rejected for publication by a national magazine. Which reason best accounts for this failure?
  30. You have just attended a party for new students and made some new friends. Which reason best accounts for this success?
  31. In an attempt to save money for a large, special purchase, you have set up a carefully planned budget. Month after month you find that you have stayed well within you budget. Which reason best accounts for this success?
  32. While working as a volunteer caller for the American Lung Association, you failed to persuade very many people to donate money. Which reason best accounts for this lack of persuasiveness?
  33. You have just lost a game of Scrabble (the word game). Which reason best accounts for this loss?
  34. You have just won a competitive match in your favorite sport. Which reason best accounts for this success?
  35. Over vacation you have gained a few pounds, and set a goal of losing them by mid-quarter. At mid-quarter the extra weight is all gone. Which reason best accounts for this success?
  36. You find yourself alone on a Saturday night and regret that you had not arranged to do something with a friend. Which reason best accounts for this situation?
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Looti, M. (2026, octobre 8). Université d’État de l’Iowa. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/universite-detat-de-liowa-asat/
Looti, Mohammed. “Université d’État de l’Iowa.” Base de données de psychologie en français, 8 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/universite-detat-de-liowa-asat/.
Looti, Mohammed. “Université d’État de l’Iowa.” Base de données de psychologie en français. octobre 8, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/universite-detat-de-liowa-asat/.