Questionnaire d’autorégulation du traitement TSRQ

Le Questionnaire d’autorégulation du traitement (TSRQ) évalue la motivation autonome et contrôlée face aux traitements médicaux et comportements de santé.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 7, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 7, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

Le Questionnaire d’autorégulation du traitement (en anglais, Treatment Self-Regulation Questionnaire ou TSRQ) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation largement validé dans le domaine de la psychologie de la santé et de la médecine comportementale. Développé initialement par Geoffrey C. Williams et ses collaborateurs dans le cadre des travaux de l’Université de Rochester, le TSRQ opérationnalise la théorie de l’autodétermination (TAD ; Deci & Ryan, 1985, 2000) pour mesurer les motivations sous-jacentes à l’engagement, à l’observance et au maintien de comportements de santé essentiels ou au suivi d’un schéma thérapeutique prescrit.

L’instrument cible spécifiquement les raisons pour lesquelles les individus adoptent un traitement ou modifient leurs habitudes de vie face à des pathologies chroniques, telles que le diabète de type 2, l’obésité morbide, les maladies cardiovasculaires ou le tabagisme. Dans sa version spécifique pour la prise en charge du diabète (TSRQ-Diabetes), l’outil comprend 19 items répartis autour de deux préambules (stems) distinguant la prise médicamenteuse combinée à l’autosurveillance glycémique d’une part, et la gestion nutritionnelle associée à l’exercice physique d’autre part. Les items sont évalués à l’aide d’une échelle de Likert en 7 points allant de 1 (« Pas du tout vrai » / not at all true) à 7 (« Très vrai » / very true).

Sur le plan structural, le TSRQ se compose principalement de deux sous-échelles centrales : la régulation autonome (combinant la régulation identifiée et la motivation intrinsèque) et la régulation contrôlée (intégrant la régulation externe et la régulation introjectée). Certaines versions adaptées incluent également une sous-échelle évaluant l’amotivation. Les scores moyens permettent d’isoler chaque forme motivationnelle ou d’établir l’Indice d’Autonomie Relative (Relative Autonomy Index, RAI). Les analyses psychométriques démontrent une consistance interne robuste, avec des coefficients alpha de Cronbach généralement situés entre 0,73 et 0,85 pour la régulation autonome et entre 0,75 et 0,89 pour la régulation contrôlée. Les validations empiriques confirment que des scores élevés de régulation autonome prédisent significativement une meilleure hémoglobine glyquée (HbA1c), une perte de poids soutenue et une observance thérapeutique accrue à long terme.

2. Mots-clés / Keywords

Questionnaire d’autorégulation du traitement, TSRQ, théorie de l’autodétermination, motivation autonome, motivation contrôlée, observance thérapeutique, gestion du diabète, psychologie de la santé, auto-évaluation psychométrique, alliance thérapeutique, changement de comportement, régulation introjectée.

3. Auteurs / Authors

Le Treatment Self-Regulation Questionnaire a été conçu et validé par une équipe de chercheurs pionniers de la motivation humaine et de la médecine comportementale de l’Université de Rochester (Rochester, New York, États-Unis) :

  • Geoffrey C. Williams, M.D., Ph.D. : Professeur émérite de médecine, de psychiatrie et de psychologie clinique à l’Université de Rochester Medical Center (URMC). Spécialiste reconnu de l’application de la théorie de l’autodétermination aux soins de santé primaires et à la modification des comportements à risque (tabagisme, obésité, gestion des maladies chroniques). Email académique : [email protected].
  • Edward L. Deci, Ph.D. (1942–2023) : Professeur de psychologie clinique et sociale à l’Université de Rochester, co-fondateur avec Richard M. Ryan de la théorie de l’autodétermination. Ses travaux fondamentaux ont transformé la compréhension mondiale de la motivation intrinsèque et extrinsèque.
  • Richard M. Ryan, Ph.D. : Professeur émérite à l’Université de Rochester et professeur émérite à l’Institute for Positive Psychology and Education (Australian Catholic University, Sydney). Co-fondateur de la théorie de l’autodétermination.
  • Virginia M. Grow, M.S. : Chercheuse et collaboratrice clinique au Département de psychologie de l’Université de Rochester, co-auteure des premières études d’application du TSRQ dans les programmes de perte de poids.
  • Zack R. Freedman, M.D. : Endocrinologue et clinicien chercheur affilié au Rochester General Hospital et à l’École de médecine de l’Université de Rochester, co-développeur de la validation ciblée sur le diabète.

4. Objectif / Purpose

Justification conceptuelle et clinique

La non-observance des recommandations médicales et l’abandon précoce des programmes thérapeutiques représentent l’un des défis sanitaires et économiques les plus critiques des systèmes de santé contemporains. Dans la prise en charge des affections métaboliques chroniques comme le diabète de type 2, les patients ne doivent pas seulement ingérer une posologie pharmacologique fixe ; ils doivent restructurer en profondeur leur hygiène de vie : surveillance glycémique pluriquotidienne par piqûre capillaire ou capteur continu, modifications diététiques drastiques, engagement régulier dans l’exercice physique et gestion du stress. Face à de telles exigences, la volonté brute et les injonctions paternalistes des soignants échouent fréquemment.

Le Treatment Self-Regulation Questionnaire (TSRQ) a été spécifiquement conceptualisé pour combler un vide méthodologique : quantifier avec précision la qualité sous-jacente de la motivation du patient plutôt que sa simple intensité quantitative. L’objectif fondamental du TSRQ n’est pas simplement de savoir si un patient suit son traitement, mais pourquoi il le fait ou refuse de le faire. Selon les prémisses de la TAD, deux patients présentant un niveau de conformité comportementale identique à un instant T peuvent être mus par des orientations motivationnelles diamétralement opposées : l’un agit par peur de la réprobation médicale ou par honte de son état (motivation contrôlée), tandis que l’autre agit parce qu’il perçoit ce traitement comme fondamentalement congruent avec ses valeurs de santé et d’autonomie personnelle (motivation autonome).

Applications en recherche et en pratique clinique

Les applications du TSRQ se déploient sur plusieurs fronts majeurs :

  • Évaluation des interventions médicales et psychoéducatives : Le TSRQ permet de vérifier si un programme d’éducation thérapeutique du patient (ETP) ou une démarche d’entretien motivationnel parvient effectivement à internaliser la régulation du traitement au cours du suivi.
  • Diagnostic clinique de l’adhésion thérapeutique : En identifiant précocement les profils de régulation hautement contrôlés ou amotivés, les cliniciens peuvent anticiper les risques de rechute, de décompensation glycémique ou d’abandon thérapeutique lors des phases de transition de soins.
  • Recherche translationnelle en médecine comportementale : L’instrument sert de variable médiatrice ou modératrice centrale reliant les climats de soutien à l’autonomie dispensés par les professionnels de santé aux critères d’efficacité clinique objectifs (taux de survie, perte pondérale, contrôle de l’hémoglobine glyquée HbA1c, sevrage tabagique durable).
  • Flexibilité comportementale : Bien que standardisé pour le diabète et l’amaigrissement, le paradigme du TSRQ est adaptable à un spectre illimité de conduites prophylactiques ou curatives : dépistage oncologique, kinésithérapie de réadaptation cardiaque, observance des trithérapies antirétrovirales dans l’infection par le VIH ou prise en charge de l’hypertension artérielle.

5. Construit psychologique / Construct

Le TSRQ opérationnalise le continuum d’autodétermination théorisé par Deci et Ryan, en condensant la taxonomie motivationnelle en dimensions psychologiques distinctes, adaptées à la réalité médicale.

Amotivation Régulation externe Régulation introjectée Régulation identifiée / Intégrée Motivation Contrôlée Motivation Autonome Continuum de l’Autodétermination dans le TSRQ (Deci & Ryan / Williams et al.)
Figure 1 : Modélisation des construits du continuum d’autodétermination opérationnalisés par le TSRQ.

1. La Régulation Autonome (Autonomous Regulation)

La régulation autonome incarne l’expérience d’un plein assentiment personnel et d’une volonté délibérée d’agir. Dans le cadre des soins de santé, les activités médicales ou hygiéno-diététiques sont rarement motivées au sens strict par le plaisir spontané de la tâche (motivation intrinsèque pure : peu d’individus trouvent intrinsèquement jubilatoire de s’injecter de l’insuline ou de se piquer le doigt). Dès lors, la régulation autonome dans le TSRQ reflète principalement la régulation identifiée et la régulation intégrée, complétées par la satisfaction du défi personnel.

  • Régulation identifiée : Le patient s’approprie la valeur intrinsèque de l’acte préventif ou curatif. Il reconnaît que ce comportement constitue un moyen direct d’atteindre un but sanitaire hautement valorisé (ex. : Item 3 : « I personally believe that controlling my diabetes will improve my health » ; Item 10 : « I personally believe that these are important in remaining healthy »). L’individu agit par conviction profonde, ressentant un locus de causalité perçu comme interne.
  • Régulation intégrée / Volitionnelle : Le comportement est harmonisé avec l’ensemble des valeurs de vie, de la conception de soi et des priorités existentielles de la personne (ex. : Item 13 : « I’ve carefully thought about my diet and exercising and believe it’s the right thing to do » ; Item 18 : « Exercising regularly and following my diet are choices I really want to make »).
  • Défi personnel et affect positif : Certains items autonomes capturent l’énergie positive associée à la maîtrise de la maladie (ex. : Item 2 : « I find it a personal challenge to do so » ; Item 7 : « It’s exciting to try to keep my glucose in a healthy range »).

2. La Régulation Contrôlée (Controlled Regulation)

La régulation contrôlée renvoie au sentiment de subir une contrainte, qu’elle soit issue de pressions sociales objectives ou d’auto-injonctions psychologiques punitives. Le patient agit avec un locus de causalité perçu comme externe. Le TSRQ agrège sous ce construit deux mécanismes théoriques distincts :

  • La régulation externe (External Regulation) : L’action est dictée par la recherche de récompenses concrètes, l’évitement de sanctions ou la soumission à une autorité médicale omnipotente. Le comportement cesse dès que la surveillance externe disparaît (ex. : Item 1 : « Other people would be mad at me if I didn’t » ; Item 9 : « Other people would be upset with me if I didn’t » ; Item 15 : « I just do it because my doctor said to » ; Item 12 : « It is easier to do what I’m told than to think about it »).
  • La régulation introjectée (Introjected Regulation) : L’individu a intériorisé les pressions de manière superficielle, sans les assimiler à son identité. Il s’administre lui-même des contingences affectives aversives pour forcer l’action : la culpabilité, la honte, la peur de déchoir ou le besoin d’obtenir la validation d’autrui pour maintenir une estime de soi contingente (ex. : Item 4 : « I would feel guilty if I didn’t do what my doctor said » ; Item 6 : « I would feel bad about myself if I didn’t » ; Item 11 : « I would be ashamed of myself if I didn’t » ; Item 5 : « I want my doctor to think I’m a good patient » ; Item 14 : « I want others to see that I can follow my diet and stay fit »).

3. L’Amotivation (Amotivation – Dimension optionnelle)

L’amotivation caractérise l’absence totale d’intention d’agir ou le sentiment de futilité face au traitement médical. Le sujet ne perçoit aucune contingence entre ses actions et les conséquences sur sa santé (résignation acquise), se sent incompétent face à la complexité du régime, ou ne valorise pas l’issue du traitement. Bien que présente dans certaines déclinaisons étendues du TSRQ (notamment dans le sevrage tabagique), elle a été exclue de la forme standard à 19 items du diabète, car les patients consultant en milieu médicalisé présentent généralement un minimum d’engagement comportemental rendant la variance de l’amotivation statistiquement restreinte.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le fondement épistémologique exclusif du TSRQ réside dans la Théorie de l’Autodétermination (TAD), formalisée par Edward L. Deci et Richard M. Ryan au début des années 1980 et enrichie continuellement depuis. La TAD postule une conception organismique du développement humain : les êtres vivants sont des organismes actifs dotés d’une tendance innée vers la croissance psychologique, l’intégration des expériences et l’assimilation des exigences environnementales au sein d’un sentiment cohérent du Soi.

La théorie de l’intégration organismique (OIT)

Parmi les six mini-théories composant la TAD, la Théorie de l’intégration organismique (Organismic Integration Theory – OIT) constitue le socle direct du TSRQ. L’OIT postule que la motivation extrinsèque ne doit pas être traitée comme un bloc monolithique opposé à la motivation intrinsèque, mais comme un continuum de différenciation reposant sur le degré d’internalisation.

L’internalisation est le processus psychologique par lequel un individu transforme une régulation socialement prescrite (comme prendre des comprimés hypoglycémiants amers ou refuser des desserts sucrés) en une régulation personnellement endossée. Le TSRQ mesure précisément les jalons de cette internalisation : de la non-internalisation (régulation externe : peur de la colère d’autrui), à l’internalisation partielle (régulation introjectée : angoisse de culpabilité), jusqu’à l’assimilation complète (régulation identifiée et intégrée : choix congruents pour sa santé).

La théorie des besoins psychologiques fondamentaux (BPNT)

Le TSRQ s’articule également avec la Théorie des besoins psychologiques fondamentaux (Basic Psychological Needs Theory – BPNT). Selon Ryan et Deci, le développement d’une régulation autonome pérenne dépend de la satisfaction de trois nutriments psychologiques universels dans l’environnement de soin :

  • Le besoin d’autonomie : Le besoin d’expérimenter le sentiment de choix et d’être l’auteur de ses propres actions. Un médecin qui pratique l’écoute active, présente des options thérapeutiques alternatives et minimise les formulations impératives favorise la régulation autonome du patient.
  • Le besoin de compétence : Le sentiment de se sentir efficace face aux défis imposés par la maladie. L’éducation à l’autogestion glycémique renforce ce sentiment d’efficacité personnelle.
  • Le besoin d’appartenance sociale (Relatedness) : Se sentir compris, respecté et connecté de manière inconditionnelle à l’équipe soignante et à ses pairs, sans que cette acceptation ne soit conditionnée à des résultats biologiques parfaits.

Le modèle clinique développé par Williams, Deci et Ryan prédit que lorsque le climat soignant soutient l’autonomie (plutôt que d’être contrôlant), les besoins psychologiques sont satisfaits, ce qui engendre un basculement des scores du TSRQ d’une régulation contrôlée vers une régulation autonome, menant in fine à des bénéfices métaboliques objectivables.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique du TSRQ a fait l’objet d’investigations rigoureuses publiées dans les revues majeures de médecine comportementale et de psychologie clinique (PubMed, APA PsycNet).

Validité de construit (Construct Validity)

La validité de construit du TSRQ repose sur la confirmation empirique de la structure simplex du continuum d’autodétermination. Dans les études princeps de Williams et al. (1996, 1998), les intercorrélations entre les différentes formes de régulation suivent fidèlement le profil théorique attendu : les items de régulation identifiée corrèlent positivement entre eux et présentent des corrélations nulles à modérément négatives avec les items de régulation externe. Les items de régulation introjectée se positionnent à l’intersection statistique, partageant une variance commune modérée tant avec les régulations externes qu’autonomes, attestant du caractère intermédiaire de l’introjection.

Validité convergente et discriminante

La validité convergente du TSRQ est démontrée par ses associations statistiques robustes avec d’autres échelles standardisées :

  • La sous-échelle de régulation autonome corrèle positivement avec le Health Care Climate Questionnaire (HCCQ ; r = 0,35 à 0,48, p < 0,001), confirmant que les patients dont les soignants soutiennent l’autonomie développent une motivation plus autonome.
  • La régulation autonome corrèle positivement avec l’auto-efficacité perçue évaluée par le Perceived Competence Scale (PCS ; r = 0,42 à 0,55, p < 0,001).
  • La régulation contrôlée corrèle de manière significative avec les échelles de détresse psychologique liée au diabète (Problem Areas in Diabetes – PAID ; r = 0,31 à 0,44, p < 0,01) et avec les mesures d’anxiété générale, démontrant que la soumission et l’introjection induisent une vulnérabilité affective accrue.

Validité prédictive et clinique (Predictive/Criterion Validity)

La validité prédictive du TSRQ a été établie longitudinalement sur des biomarqueurs et des comportements de santé critiques :

  • Contrôle glycémique dans le diabète : Dans l’étude de cohorte de Williams, Freedman et Deci (1998) portant sur 158 adultes atteints de diabète de type 1 ou de type 2, une régulation autonome élevée mesurée par le TSRQ au départ prédisait significativement une réduction de l’hémoglobine glyquée (HbA1c) à 12 mois (β = -0,26, p < 0,01), même après contrôle statistique des niveaux initiaux d’HbA1c. Les patients autonomes s’auto-contrôlaient plus fréquemment la glycémie.
  • Gestion pondérale : Williams, Grow, Freedman, Ryan et Deci (1996) ont suivi 128 patients obèses engagés dans un programme d’amaigrissement très hypocalorique. Les scores de régulation autonome au TSRQ mesurés à l’entrée du protocole prédisaient l’assiduité aux séances cliniques (β = 0,37, p < 0,001) ainsi que le maintien de la perte pondérale lors du suivi à deux ans (β = 0,28, p < 0,01). À l’inverse, les scores élevés de régulation contrôlée étaient associés à une reprise de poids rapide post-traitement.
  • Sevrage tabagique : Dans l’essai clinique de Williams, Cox, Kouides et Deci (1999) auprès de 271 fumeurs, l’autonomie au TSRQ prédisait l’abstinence tabagique validée biologiquement par la cotinine sérique à 6 mois et 18 mois (Odds Ratio = 1,84, p < 0,05).

8. Fidélité / Reliability

La consistance interne et la stabilité temporelle du TSRQ ont été documentées à travers de multiples échantillons cliniques indépendants.

Consistance interne (Alpha de Cronbach)

Les estimations de cohérence interne pour les deux macro-dimensions du TSRQ répondent rigoureusement aux critères psychométriques recommandés pour la recherche et l’évaluation clinique (seuil conventionnel α ≥ 0,70) :

  • Régulation Autonome (Autonomous Regulation) :
    • Sous-échelle Diabète (Médicaments/Glycémie – items 2, 3, 7) : α = 0,73 à 0,81 selon les études.
    • Sous-échelle Diabète (Régime/Exercice – items 10, 13, 16, 18, 19) : α = 0,80 à 0,85.
    • Score global autonome agrégé : α = 0,81 à 0,87.
  • Régulation Contrôlée (Controlled Regulation) :
    • Sous-échelle Diabète (Médicaments/Glycémie – items 1, 4, 5, 6, 8) : α = 0,75 à 0,83.
    • Sous-échelle Diabète (Régime/Exercice – items 9, 11, 12, 14, 15, 17) : α = 0,78 à 0,84.
    • Score global contrôlé agrégé : α = 0,85 à 0,89.

Il est à noter que la sous-échelle contrôlée comporte structurellement davantage d’items que la sous-échelle autonome. Comme le soulignent Williams et al. (1998), les déterminants de la pression perçue sont phénoménologiquement hétérogènes (peur du jugement d’autrui, évitement de conflits, soumission aveugle, culpabilité intrapsychique, honte), nécessitant un plus grand nombre d’items pour capturer cette variance multidimensionnelle tout en préservant un coefficient alpha supérieur à 0,80.

Fidélité test-retest

Dans les cohortes de suivi longitudinal sans intervention motivationnelle ciblée (groupes contrôles recevant les soins habituels), les corrélations test-retest sur un intervalle de 6 à 12 mois oscillent entre r = 0,68 et r = 0,77 pour la régulation autonome, et entre r = 0,64 et r = 0,74 pour la régulation contrôlée. Ces résultats confirment une stabilité relative remarquable du profil motivationnel en l’absence de modifications délibérées de la relation soignant-soigné.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La dimensionalité du questionnaire a été explorée et confirmée par des analyses factorielles exploratoires (AFE) puis confirmatoires (AFC).

Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)

Dans les premières études de validation (Williams et al., 1996, 1998), des extractions en composantes principales avec rotation oblique (Promax ou Oblimin) ont été conduites séparément pour chaque comportement cible. Ces analyses ont invariablement extrait une solution robuste à deux facteurs majeurs expliquant entre 48 % et 62 % de la variance totale :

  • Facteur 1 : Régulation Contrôlée. Regroupe systématiquement l’ensemble des items reflétant la pression sociale (attente du médecin, évitement de décevoir autrui) et la détresse émotionnelle auto-induite (culpabilité, honte). Les saturations factorielles (factor loadings) de ces items s’échelonnent typiquement de 0,54 à 0,82, sans saturation croisée majeure sur le facteur autonome (λ < 0,25).
  • Facteur 2 : Régulation Autonome. Regroupe les items relatifs à la croyance personnelle dans les bénéfices de santé, la valorisation du mode de vie et le sens du défi personnel. Les saturations factorielles s’étendent de 0,58 à 0,84.

Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)

Les investigations psychométriques contemporaines conduites sur de larges cohortes (ex. : Levesque et al., 2007) ont comparé plusieurs modèles factoriels concurrents par modélisation en équations structurelles (SEM) :

  • Modèle unifactoriel global (Motivation générale) : Rejeté catégoriquement en raison d’indices d’ajustement très dégradés (χ²/df > 8,5, CFI < 0,65, RMSEA > 0,14).
  • Modèle à deux facteurs corrélés (Autonome vs Contrôlé) : Démontre un ajustement satisfaisant aux données empiriques (χ²/df = 2,41 ; RMSEA = 0,051 [IC 90% : 0,044 – 0,058] ; CFI = 0,942 ; TLI = 0,935 ; SRMR = 0,048).
  • Modèle hiérarchique à sous-facteurs de second ordre : Dans les versions distinguant explicitement la régulation externe de la régulation introjectée au sein de la sphère contrôlée, le modèle à trois ou quatre facteurs procure un ajustement excellent, confirmant que les construits d’introjection et de régulation externe partagent une variance de second ordre commune (Motivation Contrôlée).

L’invariance factorielle a été démontrée à travers le genre, les tranches d’âge et différents contextes cliniques, assurant que les items sont interprétés de manière équivalente quel que soit le profil sociodémographique des patients.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom complet de l’outil : Questionnaire d’autorégulation du traitement (Treatment Self-Regulation Questionnaire – TSRQ).
  • Variante ciblée : Version Diabète (TSRQ – Diabetes Version).
  • Type d’instrument : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation standardisé (self-report inventory).
  • Nombre total d’items : 19 items organisés sous deux préambules comportementaux distincts :
    • Partie A (Médicaments et Autosurveillance glycémique) : 8 items (items 1 à 8).
    • Partie B (Alimentation diététique et Activité physique) : 11 items (items 9 à 19).
  • Échelle de réponse : Échelle de Likert en 7 points graduée de la manière suivante :
    • 1 : not at all true (Pas du tout vrai)
    • 2 : [Sans libellé textuel]
    • 3 : [Sans libellé textuel]
    • 4 : somewhat true (Moyennement vrai)
    • 5 : [Sans libellé textuel]
    • 6 : [Sans libellé textuel]
    • 7 : very true (Très vrai)
  • Temps de passation estimé : 5 à 8 minutes.
  • Modalités de cotation et calcul des scores :
    • Score de Régulation Autonome (Autonomous Regulation) : Calculer la moyenne arithmétique des 8 items autonomes : (Item 2 + Item 3 + Item 7 + Item 10 + Item 13 + Item 16 + Item 18 + Item 19) / 8. Le score théorique s’étend de 1 à 7. Un score élevé reflète une motivation autodéterminée, volitionnelle et basée sur des valeurs intériorisées.
    • Score de Régulation Contrôlée (Controlled Regulation) : Calculer la moyenne arithmétique des 11 items contrôlés : (Item 1 + Item 4 + Item 5 + Item 6 + Item 8 + Item 9 + Item 11 + Item 12 + Item 14 + Item 15 + Item 17) / 11. Le score théorique s’étend de 1 à 7. Un score élevé reflète une motivation sous pression externe (médecin, famille) ou intrapsychique (culpabilité, honte).
    • Sous-scores spécifiques au comportement (optionnels) :
      • Médicaments / Glycémie – Autonome : Moyenne des items 2, 3, 7.
      • Médicaments / Glycémie – Contrôlé : Moyenne des items 1, 4, 5, 6, 8.
      • Alimentation / Exercice – Autonome : Moyenne des items 10, 13, 16, 18, 19.
      • Alimentation / Exercice – Contrôlé : Moyenne des items 9, 11, 12, 14, 15, 17.
    • Indice d’Autonomie Relative (Relative Autonomy Index – RAI) : Obtenu en soustrayant le score moyen de régulation contrôlée du score moyen de régulation autonome : RAI = Score Autonome - Score Contrôlé. Un indice positif indique une prédominance de la volition et de l’autonomie, tandis qu’un indice négatif signale une prévalence des pressions et de l’hétéronomie.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de conception initiale : 1996 (Williams, Grow, Freedman, Ryan, & Deci) pour le protocole de gestion pondérale ; validé formellement pour le diabète en 1998 (Williams, Freedman, & Deci).
  • Statut des droits d’auteur et accessibilité : Le TSRQ est un instrument du domaine public académique, placé sous l’égide de la communauté des chercheurs de la Self-Determination Theory.
  • Tarifs d’utilisation : Totalement gratuit pour la recherche académique, les thèses doctorales, les études cliniques institutionnelles et la pratique médicale à but non lucratif. Aucun honoraire ni redevance ne sont exigés pour la reproduction de l’outil.
  • Conditions de licence et d’adaptation : Les auteurs autorisent explicitement l’adaptation linguistique et contextuelle des items pour étudier d’autres comportements de santé (ex. : réadaptation respiratoire, arthrose, observance vaccinale), sous réserve de citer scrupuleusement les publications originales de référence. Les formulaires originaux et les protocoles complémentaires sont hébergés et maintenus sur le portail officiel de la théorie : selfdeterminationtheory.org. Pour un usage commercial intégré à des applications logicielles payantes ou des programmes pharmaceutiques propriétaires, il convient de contacter le consortium Center for Self-Determination Theory (CSDT).

12. Références / References

Les publications fondatrices et validations psychométriques de référence du TSRQ sont répertoriées ci-dessous en style APA (7e édition) :

  • Deci, E. L., & Ryan, R. M. (1985). Intrinsic motivation and self-determination in human behavior. Plenum Press. https://doi.org/10.1007/978-1-4899-2271-7
  • Deci, E. L., & Ryan, R. M. (2000). The « what » and « why » of goal pursuits: Human needs and the self-determination of behavior. Psychological Inquiry, 11(4), 227–268. https://doi.org/10.1207/S15327965PLI1104_01
  • Levesque, C. S., Williams, G. C., Elliot, D., Pickering, M. A., Bodenhamer, B., & Finley, P. J. (2007). Validating the Treatment Self-Regulation Questionnaire (TSRQ) across three different health behaviors. Health Education Research, 22(5), 691–706. https://doi.org/10.1093/her/cyl148
  • Ng, J. Y., Ntoumanis, N., Thøgersen-Ntoumani, C., Deci, E. L., Ryan, R. M., Duda, J. L., & Williams, G. C. (2012). Self-determination theory applied to health contexts: A meta-analysis. Perspectives on Psychological Science, 7(4), 325–340. https://doi.org/10.1177/1745691612447309
  • Ryan, R. M., & Deci, E. L. (2017). Self-determination theory: Basic psychological needs in motivation, development, and wellness. Guilford Press. https://doi.org/10.1521/978.14625/28769
  • Williams, G. C., Cox, E. M., Kouides, R., & Deci, E. L. (1999). Presenting the facts about smoking to adolescents: Effects of an autonomy-supportive style. Archives of Pediatrics & Adolescent Medicine, 153(9), 959–964. https://doi.org/10.1001/archpedi.153.9.959
  • Williams, G. C., Freedman, Z. R., & Deci, E. L. (1998). Supporting autonomy to promote glucose control in patients with incipient diabetes. Diabetes Care, 21(10), 1644–1651. https://doi.org/10.2337/diacare.21.10.1644
  • Williams, G. C., Grow, V. M., Freedman, Z. R., Ryan, R. M., & Deci, E. L. (1996). Motivational predictors of weight loss and weight-loss maintenance. Journal of Personality and Social Psychology, 70(1), 115–126. https://doi.org/10.1037/0022-3514.70.1.115
  • Williams, G. C., McGregor, H. A., Zeldman, A., Freedman, Z. R., & Deci, E. L. (2004). Testing a self-determination theory process model for promoting glycemic control through diabetes self-management. Health Psychology, 23(1), 58–66. https://doi.org/10.1037/0278-6133.23.1.58

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Treatment Questionnaire Concerning Diabetes

There are a variety of reasons why patients take their medications, check their glucose, follow their diet, or exercise regularly. Please consider the following behaviors and indicate how true each of these reason is for you. The scale is:

1
not at all true

2
3
4
somewhat true

5
6
7
very true

A. I take my medications for diabetes and/or check my glucose because:

  1. Other people would be mad at me if I didn’t.
  2. I find it a personal challenge to do so.
  3. I personally believe that controlling my diabetes will improve my health.
  4. I would feel guilty if I didn’t do what my doctor said.
  5. I want my doctor to think I’m a good patient.
  6. I would feel bad about myself if I didn’t.
  7. It’s exciting to try to keep my glucose in a healthy range.
  8. I don’t want other people to be disappointed in me.

B. The reason I follow my diet and exercise regularly is that:

  1. Other people would be upset with me if I didn’t.
  2. I personally believe that these are important in remaining healthy.
  3. I would be ashamed of myself if I didn’t.
  4. It is easier to do what I’m told than to think about it.
  5. I’ve carefully thought about my diet and exercising and believe it’s the right thing to do.
  6. I want others to see that I can follow my diet and stay fit.
  7. I just do it because my doctor said to.
  8. I feel personally that watching my diet and exercising are the best things for me.
  9. I’d feel guilty if I didn’t watch my diet and exercise.
  10. Exercising regularly and following my diet are choices I really want to make.
  11. It’s a challenge to learn how to live with diabetes.
★

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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 7). Questionnaire d’autorégulation du traitement TSRQ. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/treatment-self-regulation-questionnaire-tsrq-2/
Looti, Mohammed. “Questionnaire d’autorégulation du traitement TSRQ.” Base de données de psychologie en français, 7 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/treatment-self-regulation-questionnaire-tsrq-2/.
Looti, Mohammed. “Questionnaire d’autorégulation du traitement TSRQ.” Base de données de psychologie en français. octobre 7, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/treatment-self-regulation-questionnaire-tsrq-2/.