1. Résumé
Le Test Simple de l’Épaule (couramment désigné par son acronyme anglophone Simple Shoulder Test ou SST) est un instrument d’auto-évaluation standardisé (Patient-Reported Outcome Measure, PROM) conçu pour mesurer la limitation fonctionnelle perçue chez les patients souffrant de diverses affections de l’épaule et de la ceinture scapulaire. Développé au début des années 1990 à l’Université de Washington par les chirurgiens orthopédistes Frederick A. Matsen III, Steven B. Lippitt et Donald T. Harryman II, cet outil a été élaboré pour pallier la complexité et le manque d’homogénéité des échelles d’évaluation orthopédiques traditionnelles, lesquelles reposent souvent sur des examens cliniques observateur-dépendants.
Le questionnaire comprend 12 items univoques évaluant des activités quotidiennes spécifiques, les capacités de préhension et de soulèvement de charges, ainsi que le confort au repos et durant le sommeil. Le format de réponse est strictement dichotomique (Oui / Non), ce qui confère à l’instrument une rapidité de passation remarquable (moins de trois minutes) et une interprétation clinique immédiate sans nécessiter de calculs algorithmiques complexes. Le score total correspond traditionnellement à la somme des réponses affirmatives (« Oui »), variant de 0 (incapacité fonctionnelle maximale) à 12 (fonction normale de l’épaule), pouvant également être rapporté sous forme de pourcentage d’efficacité fonctionnelle de 0 à 100 %.
Sur le plan métrologique, le SST présente des propriétés psychométriques robustes établies dans une multitude de populations cliniques incluant l’arthrose gléno-humérale, les ruptures de la coiffe des rotateurs, l’instabilité de l’épaule et la capsulite rétractile. La cohérence interne (alpha de Cronbach) oscille généralement entre 0,79 et 0,88 selon les cohortes. La fidélité test-retest est excellente, avec des coefficients de corrélation intraclasse (CCI) rapportés entre 0,85 et 0,94. La validité convergente a été confirmée par de fortes corrélations avec d’autres échelles de référence telles que l’American Shoulder and Elbow Surgeons Shoulder Score (ASES), le score de Constant-Murley et l’indice DASH (Disabilities of the Arm, Shoulder and Hand). De par sa sensibilité au changement et sa simplicité, le SST s’est imposé comme une référence incontournable tant dans la recherche translationnelle en chirurgie orthopédique que dans la pratique clinique ambulatoire.
2. Mots-clés
Test Simple de l’Épaule, Simple Shoulder Test, SST, évaluation fonctionnelle, arthroplastie de l’épaule, coiffe des rotateurs, résultat rapporté par le patient, biomécanique scapulaire, validité psychométrique, fidélité test-retest.
3. Auteurs
Le questionnaire original a été formulé et publié par une équipe de chirurgiens orthopédiques et de chercheurs affiliés au Département d’orthopédie et de médecine du sport de l’Université de Washington (Seattle, États-Unis) :
- Frederick A. Matsen III, MD : Professeur émérite et ancien titulaire de la chaire d’orthopédie à l’Université de Washington School of Medicine (Seattle, WA, États-Unis). Pionnier de la chirurgie moderne de l’épaule et des registres de résultats cliniques rapportés par les patients.
- Steven B. Lippitt, MD : Chirurgien orthopédiste, Akron General Medical Center / Cleveland Clinic (Akron, OH, États-Unis), ancien chercheur associé à l’Université de Washington.
- Donald T. Harryman II, MD : Professeur associé au Département d’orthopédie et de médecine du sport de l’Université de Washington (décédé), reconnu pour ses contributions fondamentales sur la cinématique gléno-humérale et la capsulo-ligamentaire.
Diverses équipes internationales ont subséquemment assuré la validation transculturelle du questionnaire, notamment van Kampen et ses collaborateurs (2012) pour la version néerlandaise standardisée, ainsi que plusieurs groupes francophones dans le cadre d’études cliniques multicentriques.
4. Objectif
L’objectif fondamental du Test Simple de l’Épaule est de mesurer de façon standardisée, pragmatique et reproductible l’impact des troubles musculo-squelettiques de l’épaule sur la vie quotidienne et le niveau fonctionnel perçu par le patient lui-même. Historiquement, l’évaluation des résultats en chirurgie orthopédique et en rééducation fonctionnelle reposait presque exclusivement sur des indicateurs cliniques objectifs mesurés par le praticien, tels que l’amplitude articulaire active ou passive au goniomètre, la force musculaire à l’aide d’un dynamomètre, ou des cotations composites élaborées par le chirurgien. Or, la littérature biomédicale a démontré de manière constante que la concordance entre les mesures objectives du clinicien et le vécu subjectif du patient est souvent modérée, voire faible.
Applications cliniques
En pratique clinique quotidienne, le SST répond au besoin de disposer d’un outil d’évaluation initiale et de suivi longitudinal exempt de biais de l’observateur. Il est couramment employé pour :
- Établir un bilan de base précis des limitations fonctionnelles avant toute intervention thérapeutique (conservatrice, infiltrative ou chirurgicale).
- Suivre la cinétique de récupération postopératoire à des jalons temporels définis (ex. 6 semaines, 3 mois, 6 mois, 1 an et 2 ans) chez des patients subissant une arthroplastie totale ou inversée de l’épaule, une réparation arthroscopique de la coiffe des rotateurs ou une stabilisation gléno-humérale.
- Fournir aux cliniciens un point de comparaison tangible facilitant l’ajustement des programmes de kinésithérapie et la communication thérapeutique avec le patient.
- Évaluer l’aptitude physique fonctionnelle dans le cadre de la médecine du travail et de la réadaptation professionnelle.
Applications en recherche et justification théorique
Dans les essais cliniques randomisés et les registres prospectifs multicentriques, le SST est particulièrement prisé en raison de son taux d’exhaustivité exceptionnel (completion rate). En éliminant les échelles de Likert intermédiaires parfois source d’hésitation ou de variabilité contextuelle, le format binaire garantit une grande rapidité d’exécution et minimise le taux d’items omis. Il permet d’agréger des cohortes massives pour comparer différentes techniques chirurgicales (par exemple, arthroplastie anatomique versus inversée) ou pour analyser l’efficacité comparative de protocoles de rééducation, tout en fournissant des métriques standardisées pour le calcul de la taille d’effet et de la différence minimale cliniquement importante (MCID).
5. Construit psychologique
Le Test Simple de l’Épaule opérationnalise le concept d’incapacité fonctionnelle spécifique de l’épaule. Bien que conçu pour fournir un score global unidimensionnel reflétant le degré d’utilité pratique du membre supérieur affecté, une analyse détaillée de ses 12 items met en évidence l’exploration de dimensions biomécaniques et fonctionnelles précises :
1. Confort de repos et sommeil (Items 1 et 2)
La douleur au repos et les réveils nocturnes sont parmi les motifs de consultation les plus fréquents en pathologie de l’épaule. L’item 1 évalue le confort du membre au repos le long du corps, reflétant l’absence d’inflammation aiguë ou de syndrome douloureux régional complexe. L’item 2 cible la capacité à dormir confortablement sur ou malgré l’épaule affectée, une dimension étroitement liée à la qualité de vie globale et à la détresse psychologique associée aux douleurs chroniques.
2. Mobilité articulaire et soins personnels (Items 3, 4, 5 et 11)
Ces questions sondent la capacité à exécuter des arcs de mouvement essentiels à l’autonomie de base, mobilisant la rotation interne et externe, l’élévation antérieure et l’abduction :
- Atteinte de la région lombaire (Item 3) : mobilise principalement la rotation interne et l’extension rétro-pulsionnelle, indispensable pour s’habiller (border sa chemise, fermer un soutien-gorge).
- Mains derrière la nuque (Item 4) : requiert une rotation externe complète associée à une abduction et une antépulsion, indispensable pour l’hygiène des cheveux et le toilettage.
- Pose d’une pièce de monnaie à hauteur d’épaule coude tendu (Item 5) : teste l’antépulsion active à 90° sans compensation par la flexion du coude.
- Lavage de l’épaule controlatérale (Item 11) : évalue l’adduction horizontale et la flexion antérieure, sollicitant l’articulation acromio-claviculaire et la souplesse capsulaire postérieure.
3. Force sous-maximale et port de charges (Items 6, 7 et 8)
La force musculaire et le bras de levier constituent des composantes clés de la fonction de l’épaule. Le SST explore cette composante selon une progression graduelle :
- Soulèvement de 1 livre (environ 450 g, pinte d’eau) à hauteur d’épaule coude tendu (Item 6) : évalue la force musculaire minimale du deltoïde antérieur et du sus-épineux en chaîne ouverte avec un bras de levier long.
- Soulèvement de 8 livres (environ 3,6 kg, bidon d’un gallon) coude tendu (Item 7) : sollicite fortement la coiffe des rotateurs sous contrainte dynamique importante.
- Port d’une charge de 20 livres (environ 9 kg, sac d’épicerie) le long du corps (Item 8) : teste la résistance à la traction inférieure, la stabilité gléno-humérale passive et active, ainsi que la fonction du trapèze et de l’élévateur de la scapula.
4. Activités balistiques et élévation dynamique (Items 9 et 10)
Ces deux items évaluent la fonction dynamique avancée à travers des activités de lancer à la balle molle (softball), requérant coordination neuromusculaire, puissance et vélocité : le lancer sous le bras à 10 yards (environ 9 mètres) pour la cinématique sous-acromiale basse, et le lancer par-dessus l’épaule à 20 yards (environ 18 mètres) pour les contraintes extrêmes d’abduction-rotation externe maximale suivies d’une décélération violente.
5. Intégration socioprofessionnelle (Item 12)
L’item final évalue globalement si l’articulation permet d’exercer un travail à temps plein au poste habituel. Il capture l’intersection entre les exigences physiques concrètes et la capacité fonctionnelle globale dans le contexte professionnel propre à chaque patient.
6. Cadre théorique
Le développement du Test Simple de l’Épaule s’inscrit au carrefour de deux courants majeurs de la recherche en santé de la fin du XXe siècle : le modèle biomédical révisé de la désadaptation physique et le mouvement de la médecine fondée sur les preuves centrée sur le patient (Patient-Centered Care).
Le modèle de Nagi et la Classification Internationale du Fonctionnement (CIF)
Le cadre conceptuel du SST s’aligne fidèlement sur la taxonomie de Saad Nagi relative à l’invalidité, reprise et enrichie ultérieurement par la Classification Internationale du Fonctionnement, du Handicap et de la Santé (CIF) de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Selon ce modèle, une condition pathologique sous-jacente (ex. une tendinopathie dégénérative de la coiffe des rotateurs) entraîne une déficience anatomique et physiologique (douleur, perte de mobilité angulaire). Cette déficience se traduit par une limitation d’activité (difficulté ou incapacité à porter une charge, à lever le bras), qui culmine en une restriction de participation (incapacité à maintenir son emploi, altération des loisirs sportifs).
Matsen et ses collègues ont délibérément conçu le SST pour focaliser la mesure sur le niveau des limitations d’activité et des restrictions de participation, postulant que ces deux dimensions représentent l’impact réel et direct de la pathologie sur la vie de l’individu. En refusant d’inclure des mesures directes de déficience (telles que des degrés d’arc articulaire mesurés par un tiers), le SST évite la discordance classique observée dans les scores mixtes où un résultat numérique composite masque souvent une souffrance fonctionnelle sévère du patient sous prétexte d’une bonne amplitude passive.
La théorie pragmatique des tests fonctionnels et l’évaluation binaire
Sur le plan psychométrique, le choix d’un format de réponse binaire (dichotomique Oui/Non) repose sur les théories de la décision clinique et du seuil perceptif. Dans l’esprit des concepteurs, contraindre le sujet à une décision catégorielle (« puis-je ou non accomplir cette tâche ? ») reflète la réalité écologique de l’action humaine : dans le quotidien, une tâche est soit accomplie de manière satisfaisante, soit abandonnée, évitée ou impossible sans aide extérieure. Cette formulation diminue le biais de désirabilité sociale et le fardeau cognitif associé à la différenciation subtile des échelons sur une échelle de type Likert en 5 ou 7 points.
7. Validité
Les propriétés métrologiques du Test Simple de l’Épaule ont fait l’objet d’évaluations exhaustives au sein d’études observationnelles et d’essais cliniques portant sur des dizaines de milliers de patients à travers le monde.
Validité de construit et convergente
La validité convergente du SST a été établie par de multiples comparaisons avec d’autres échelles orthopédiques et génériques reconnues :
- Score ASES (American Shoulder and Elbow Surgeons) : De fortes corrélations positives ont été systématiquement rapportées, avec des coefficients de corrélation de Pearson ou de Spearman variant généralement entre r = 0,70 et r = 0,84, confirmant que le SST capture adéquatement la morbidité fonctionnelle scapulaire globale.
- Indice DASH (Disabilities of the Arm, Shoulder and Hand) : Des corrélations négatives robustes sont observées (généralement r = -0,75 à -0,87), attendues dans la mesure où un score DASH élevé indique une incapacité sévère tandis qu’un score SST élevé indique une fonction préservée.
- Score de Constant-Murley : Les corrélations se situent dans la plage modérée à élevée (r = 0,65 à 0,78). Les divergences relatives s’expliquent par le fait que le Constant intègre une évaluation objective de la force instrumentée au dynamomètre et des amplitudes passives, alors que le SST reflète la capacité perçue sans assistance.
- Questionnaire SF-36 (Short-Form Health Survey) : Le SST démontre une corrélation modérée à forte avec la composante physique globale (PCS) du SF-36 (r = 0,50 à 0,65), mais une corrélation faible avec la composante mentale (MCS) (r < 0,25), ce qui apporte une preuve éclatante de sa validité divergente (ou discriminante).
Validité discriminante et sensibilité au statut clinique
Le SST permet de discriminer nettement des sous-groupes cliniques distincts. Par exemple, les patients atteints d’arthrose gléno-humérale sévère au stade préopératoire présentent typiquement des scores moyens situés entre 2 et 4 réponses affirmatives, tandis que des individus asymptomatiques appariés pour l’âge obtiennent une médiane de 11 à 12 réponses affirmatives. De même, le test montre des profils d’atteinte distincts selon la pathologie : les patients souffrant de ruptures massives de la coiffe des rotateurs échouent majoritairement aux items d’élévation coude tendu (items 5, 6, 7), alors que les sujets souffrant d’instabilité antérieure récidivante conservent ces fonctions mais échouent fréquemment aux items de lancer (items 9, 10).
Sensibilité au changement et réactivité (Responsiveness)
La réactivité de l’instrument aux modifications cliniquement significatives de l’état de santé est exceptionnelle. Après réparation chirurgicale de la coiffe ou arthroplastie d’épaule :
- La taille d’effet (Effect Size de Cohen) dépasse fréquemment 1,2 à 1,5 à un an de suivi postopératoire.
- La réponse moyenne standardisée (Standardized Response Mean, SRM) se situe couramment entre 1,1 et 1,8, attestant d’une grande sensibilité aux bénéfices de l’intervention.
- La différence minimale cliniquement importante (MCID) a été estimée dans plusieurs études méthodologiques (par exemple van Kampen et al., Godfrey et al.) entre 1,8 et 2,4 items (soit environ 15 à 20 % de variation sur l’échelle de 0 à 100 %). Une amélioration de 2 points est ainsi universellement admise comme le seuil minimum à partir duquel un patient ressent un bénéfice fonctionnel perceptible.
8. Fidélité
La fidélité d’une échelle mesure sa capacité à délivrer des résultats cohérents et reproductibles dans des conditions de mesure stables.
Cohérence interne
Bien que les 12 items explorent des activités fonctionnelles sollicitant différents arcs de mouvement et niveaux d’effort, le SST possède une cohérence interne satisfaisante pour une échelle clinique courte :
- Le coefficient alpha de Cronbach (Cronbach’s alpha) oscille de façon reproductible entre 0,79 et 0,88 dans les études de validation originales et transculturelles.
- Ce niveau se situe dans la zone optimale recommandée par la psychométrie (0,70 à 0,90) : suffisamment élevé pour indiquer que l’ensemble des items convergent vers un construit homogène, sans être excessivement élevé (> 0,90), ce qui traduirait une redondance inutile des questions posées.
Fidélité test-retest et stabilité temporelle
La reproductibilité de l’instrument chez des patients dont l’état clinique est stable sur des intervalles de 48 heures à 2 semaines est excellente :
- Le coefficient de corrélation intraclasse (CCI) pour le score total se situe constamment entre 0,85 et 0,94 selon les études de référence.
- L’accord inter-jours évalué par le coefficient Kappa de Cohen au niveau individuel de chaque item varie de 0,60 (accord modéré) à 0,90 (accord quasi parfait), les items évaluant les charges lourdes et le sommeil montrant la plus grande stabilité.
Erreur de mesure et changement détectable
L’erreur standard de mesure (SEM) est généralement établie autour de 0,7 à 1,0 item. Le changement minimal détectable (MDC ou SDC), calculé au niveau de confiance de 95 %, se situe autour de 2,0 à 2,5 items. Cela confirme qu’un changement d’au moins 3 items chez un patient individuel dépasse l’erreur de mesure aléatoire et reflète une modification réelle de sa condition fonctionnelle.
9. Analyse factorielle
La structure dimensionnelle du Test Simple de l’Épaule a fait l’objet de plusieurs investigations par analyse factorielle exploratoire (AFE) et analyse factorielle confirmatoire (AFC), ainsi que par des modèles issus de la théorie de réponse aux items (TRI / Rasch).
Unidimensionnalité versus multidimensionnalité
Dans sa modélisation d’origine, le SST est traité comme un instrument unidimensionnel représentant l’incapacité globale de l’épaule. Toutefois, les analyses factorielles révèlent régulièrement une structure sous-jacente plus nuancée :
- Modèle unifactoriel : Dans les cohortes de pathologie globale de l’épaule, le premier facteur extrait explique entre 45 % et 58 % de la variance totale, avec des saturations factorielles (factor loadings) substantielles pour la quasi-totalité des items (comprises généralement entre 0,52 et 0,81). Ce résultat justifie empiriquement l’utilisation clinique d’un score unique composite sommé de 0 à 12.
- Modèle à deux ou trois facteurs : Plusieurs travaux d’analyse factorielle confirmatoire (notamment Godfrey et al., 2007 ; Menten et al., 2011) ont démontré l’existence de 2 à 3 facteurs corrélés :
- Facteur 1 : Activités de force et élévation au-dessus du plan horizontal (Power & Overhead Activities) — englobant principalement les items 6 (1 lb à hauteur d’épaule), 7 (8 lbs à hauteur d’épaule), 8 (port de 20 lbs) et 10 (lancer à 20 yards).
- Facteur 2 : Activités de base de la vie quotidienne et amplitudes articulaires (ADL & Mobility) — regroupant les items 3 (main au dos), 4 (main derrière la nuque), 5 (pièce sur étagère) et 11 (lavage de l’épaule opposée).
- Facteur 3 : Confort et participation (Pain & Participation) — constitué par l’item 1 (bras au repos), l’item 2 (sommeil) et l’item 12 (travail à temps plein).
Analyse par le modèle de Rasch
Les analyses selon le modèle de Rasch ont montré que les items du SST couvrent une hiérarchie clinique cohérente de sévérité. L’item 1 (bras au repos) est systématiquement l’item le plus « facile » (approuvé par le plus grand nombre de patients), tandis que l’item 10 (lancer une balle à 20 yards) et l’item 7 (soulever 8 lbs sans plier le coude) représentent les items les plus « difficiles » du continuum de difficulté fonctionnelle. Quelques études notent cependant des effets de seuil (floor effect) chez les patients en phase postopératoire très précoce et des effets de plafond (ceiling effect) chez les athlètes de haut niveau reprenant le sport.
10. Instrument de mesure
L’instrument se présente sous une forme rigoureusement standardisée et structurée :
- Type d’évaluation : Mesure des résultats rapportés par le patient (Patient-Reported Outcome Measure – PROM), auto-administrée ou administrable par entretien dirigé.
- Format d’administration : Questionnaire papier-crayon auto-rempli ou interface numérique (ordinateur, tablette, smartphone).
- Nombre d’items : 12 items formulés sous forme d’interrogations directes simples.
- Format de réponse : Choix dichotomique strict pour chaque item : Oui / Non.
- Durée de passation : Approximativement 2 à 3 minutes.
- Règles de cotation et calcul des scores :
- Chaque réponse « Oui » reçoit la valeur de 1 point.
- Chaque réponse « Non » reçoit la valeur de 0 point.
- Le score brut est obtenu en effectuant la somme arithmétique des réponses affirmatives, ce qui génère une échelle ordinale allant de 0 (fonction minimale / incapacité totale) à 12 (fonction complète normale).
- Le résultat peut également être converti en pourcentage de fonction : $\text{Score} , (%) = \left( \frac{\text{Nombre de « Oui »}}{\text{Nombre d’items répondus}} \right) \times 100$.
- Gestion des données manquantes : Il est formellement recommandé d’exiger la réponse aux 12 items. Si 1 ou 2 items sont manquants, le calcul proportionnel sur le total d’items renseignés est toléré ; au-delà de 2 items manquants, le questionnaire est considéré comme invalide.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
- Année de publication initiale : 1993, dans un article princeps dirigé par Steven B. Lippitt, Donald T. Harryman II et Frederick A. Matsen III.
- Droits d’auteur et propriété intellectuelle : Le Simple Shoulder Test est un instrument développé sous l’égide de l’Université de Washington (Département d’orthopédie et de médecine du sport, Seattle, WA).
- Tarifs et politique d’accès : Le test appartient au domaine public académique et est mis à la disposition de la communauté médicale et scientifique à titre gratuit. Aucune redevance (royalties) ni frais d’utilisation ne sont requis pour son administration clinique courante, son implémentation dans les dossiers patients informatisés ou son utilisation dans le cadre de travaux de recherche académique non commerciale.
- Traductions et adaptations transculturelles : De nombreuses versions traduites et validées selon les directives méthodologiques internationales (notamment en français, néerlandais, espagnol, allemand, italien et portugais) sont disponibles librement dans la littérature médicale spécialisée.
12. Références
Les publications ci-dessous constituent le socle scientifique validant le développement, les adaptations et les propriétés psychométriques du Test Simple de l’Épaule :
- Beaton, D. E., & Richards, R. R. (1996). Assessing the reliability and responsiveness of 5 shoulder questionnaires. The Journal of Bone and Joint Surgery. American Volume, 78(6), 882–890. https://doi.org/10.2106/00004623-199606000-00011
- Godfrey, J., Hamman, R., Lowenstein, S., & Briggs, K. (2007). Reliability, validity, and responsiveness of the simple shoulder test: Psychometric properties by disability stage in patients with shoulder pain. Journal of Shoulder and Elbow Surgery, 16(5), 564–570. https://doi.org/10.1016/j.jse.2006.12.003
- Lippitt, S. B., Harryman, D. T., II, & Matsen, F. A., III. (1993). A practical tool for evaluating function: The Simple Shoulder Test. In F. A. Matsen III, F. H. Fu, & R. J. Hawkins (Eds.), The shoulder: A balance of mobility and stability (pp. 501–518). American Academy of Orthopaedic Surgeons.
- Matsen, F. A., III, Ziegler, D. W., & DeBartolo, S. E. (1995). Patient self-assessment of health status and style of life for impingement, glenohumeral arthritis, and full-thickness rotator cuff tears. Journal of Shoulder and Elbow Surgery, 4(5), 345–351. https://doi.org/10.1016/S1058-2746(05)80020-0
- Menten, R., Derycke, N., & Deltombe, T. (2011). Évaluation clinique et fonctionnelle de l’épaule douloureuse. Revue Médicale Suisse, 7(320), 2414–2418.
- Roy, J.-S., MacDermid, J. C., & Woodhouse, L. J. (2010). Measuring shoulder function: A systematic review of four questionnaires. Arthritis Care & Research, 61(5), 623–632. https://doi.org/10.1002/art.24396
- van Kampen, D. A., Willems, W. J., van Beers, L. W., Castelein, R. M., Scholtes, V. A., & Terwee, C. B. (2012). Determination and comparison of the smallest detectable change (SDC) and the minimal important change (MIC) of four-shoulder patient-reported outcome measures (PROMs). Musculoskeletal Disorders, 14(1), Article 88. https://doi.org/10.1186/1471-2474-14-88
13. Questions et items du questionnaire
Response format: Dichotomous (Yes / No)
- Is your shoulder comfortable with your arm at rest by your side?
[ ] Yes [ ] No - Does your shoulder allow you to sleep comfortably?
[ ] Yes [ ] No - Can you reach the small of your back to tuck in your shirt with your hand?
[ ] Yes [ ] No - Can you place your hand behind your head with the elbow straight out to the side?
[ ] Yes [ ] No - Can you place a coin on a shelf at the level of your shoulder without bending your elbow?
[ ] Yes [ ] No - Can you lift 1 lb. (a full pint container) to the level of your shoulder without bending your elbow?
[ ] Yes [ ] No - Can you lift 8 lbs. (a full gallon container) to the level of your shoulder without bending your elbow?
[ ] Yes [ ] No - Can you carry 20 lbs. (a bag of groceries) at your side with the affected arm?
[ ] Yes [ ] No - Do you think you can toss a softball underhand 10 yards with your affected arm?
[ ] Yes [ ] No - Do you think you can throw a softball overhand 20 yards with your affected arm?
[ ] Yes [ ] No - Can you wash the back of your opposite shoulder with your affected hand?
[ ] Yes [ ] No - Would your shoulder allow you to work full-time at your usual job?
[ ] Yes [ ] No