Test d’identification des troubles liés à l’usage de drogues – DUDIT

Analyse psychométrique détaillée du Test d’identification des troubles liés à l’usage de drogues (DUDIT), conçu par Anne H. Berman et son équipe pour le dépistage de l’usage nocif et de la dépendance aux drogues illicites.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 30, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 30, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

Le Test d’identification des troubles liés à l’usage de drogues (connu sous l’acronyme anglophone Drug Use Disorders Identification Test ou DUDIT) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation et de dépistage structuré, conçu pour identifier les profils d’usage problématique, d’abus et de dépendance aux substances psychoactives illicites ou détournées de leur usage médical (à l’exclusion de l’alcool). Élaboré au début des années 2000 par Anne H. Berman et ses collaborateurs au sein du prestigieux Institut Karolinska en Suède, le DUDIT a été pensé comme le pendant pharmacologique direct de l’AUDIT (Alcohol Use Disorders Identification Test) développé par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Composé de 11 items soigneusement calibrés, le DUDIT évalue les comportements de consommation au cours des douze derniers mois à travers trois grands domaines fonctionnels : la consommation de drogues (items 1 à 4, renseignant la fréquence, la polyconsommation et l’intensité d’intoxication), les symptômes cardinaux de dépendance physiologique et psychologique (items 5 à 8, explorant l’état de manque ou craving, la perte de contrôle, la négligence des obligations et la prise matinale réparatrice), et les conséquences néfastes ou méfaits liés à l’usage (items 9 à 11, évaluant le sentiment de culpabilité, les préjudices corporels ou psychiques et l’inquiétude formulée par l’entourage personnel ou médical). Les items 1 à 9 sont cotés sur une échelle de type Likert à 5 points (de 0 à 4), tandis que les items 10 et 11 adoptent une cotation en 3 points (0, 2 ou 4 points), produisant un score global composite allant de 0 à 44.

Sur le plan des qualités psychométriques, le DUDIT présente une fidélité interne remarquable, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant habituellement entre 0,80 et 0,94 selon les populations cliniques, correctionnelles ou communautaires évaluées. Sa validité de construit est étayée par des analyses factorielles confirmatoires soutenant généralement un modèle unidimensionnel sous-jacent dominant, bien qu’un modèle corrélé à deux facteurs (consommation/dépendance et conséquences nocives) soit également documenté dans la littérature internationale. Grâce à des seuils cliniques différenciés selon le genre (généralement fixés à 6 pour les hommes et 2 ou 3 pour les femmes dans les cohortes générales, et à 25 ou plus pour suspecter une dépendance sévère), le DUDIT s’est imposé comme un standard méthodologique mondial, tant en médecine de premier recours et en psychiatrie qu’en milieu carcéral et en recherche épidémiologique.

2. Mots-clés / Keywords

DUDIT, Drug Use Disorders Identification Test, toxicomanie, dépendance aux substances, dépistage précoce, psychométrie, évaluation clinique, abus de substances, validité factorielle, polyconsommation, addiction, Institut Karolinska.

3. Auteurs / Authors

Le développement et la validation princeps du Drug Use Disorders Identification Test (DUDIT) ont été dirigés par une équipe de chercheurs et cliniciens suédois rattachés au département de neurobiologie clinique, sciences des soins et société de l’Institut Karolinska (Stockholm, Suède) :

  • Anne H. Berman, Ph.D. : Professeure de psychologie clinique, spécialiste des interventions brèves numériques et de la pharmacodépendance au Centre de recherche en psychiatrie de l’Institut Karolinska (Karolinska Institutet), Stockholm, Suède. Courriel académique : [email protected].
  • Håkan Bergman, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie clinique, affilié au département des neurosciences cliniques de l’Institut Karolinska, expert international des méthodes de mesure de l’addictologie comportementale.
  • Torkel Palmstierna, M.D., Ph.D. : Psychiatre judiciaire, professeur associé à l’Institut Karolinska et affilié à l’Université norvégienne de sciences et de technologies (NTNU, Trondheim).
  • Frida Schlyter, M.Sc. : Psychologue clinicienne et chercheuse ayant participé aux programmes d’évaluation psychométrique au sein de l’Administration pénitentiaire suédoise (Kriminalvården).

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental du DUDIT est d’offrir un instrument de mesure standardisé, rapide, non invasif et psychométriquement robuste permettant d’identifier les individus présentant un risque d’usage nocif de drogues ou un trouble constitué de l’usage de substances psychoactives. Alors que l’alcool bénéficiait depuis la fin des années 1980 de l’AUDIT comme outil universellement validé et recommandé par l’OMS, le champ de l’évaluation des autres drogues souffrait d’un déficit d’outils équivalents capables de couvrir l’ensemble du spectre de sévérité — allant de l’expérimentation récréative sporadique jusqu’aux dépendances physiques complexes — sans requérir un long entretien diagnostique psychiatrique.

Le DUDIT a été développé pour combler ce vide méthodologique dans une triple perspective clinique, préventive et épidémiologique :

  • Le repérage précoce et les interventions brèves : En milieu de soins primaires, aux urgences hospitalières ou dans les services de santé universitaires, le DUDIT sert de filtre de première ligne pour détecter les consommations qui, bien que non encore au stade de dépendance chronique, font courir au patient des risques sanitaires, légaux ou psychosociaux majeurs. Le score obtenu permet de guider immédiatement un retour d’information personnalisé (feedback normatif) et d’initier un entretien motivationnel ciblé.
  • L’orientation clinique et le diagnostic différentiel : En psychiatrie générale et en addictologie spécialisée, l’outil permet de quantifier la sévérité globale de l’atteinte liée aux drogues, d’objectiver l’évolution symptomatique au cours du sevrage ou du traitement de substitution, et de distinguer les simples consommateurs récréatifs des patients nécessitant une hospitalisation ou une prise en charge pharmacologique intensive.
  • L’évaluation en milieu correctionnel et médico-légal : Les institutions pénitentiaires et les services de probation utilisent abondamment le DUDIT pour dresser le profil criminologique et toxicologique des justiciables à l’admission, planifier des programmes de réhabilitation cognitivo-comportementale et estimer les risques de récidive infractionnelle sous l’emprise de stupéfiants.
  • La recherche clinique et translationnelle : En recherche biomédicale et épidémiologique, l’échelle fournit une variable quantitative continue ou catégorielle fiable, permettant d’étudier la comorbidité psychiatrique (notamment avec les troubles dépressifs, anxieux, bipolaires ou de la personnalité) et de comparer des cohortes internationales selon des critères homogènes.

La justification théorique du DUDIT repose sur l’importance d’un repérage universel non stigmatisant : les questions sont formulées de manière descriptive et comportementale, réduisant ainsi les biais de désirabilité sociale et la réactance psychologique fréquemment observés lors de l’évaluation des comportements illégaux.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique opérationnalisé par le DUDIT correspond au trouble de l’usage de substances (TUS), tel que conceptualisé à la convergence des critères nosographiques du DSM-IV / DSM-5 de l’American Psychiatric Association et de la CIM-10 / CIM-11 de l’OMS. L’outil ne cible pas une substance unique, mais s’applique à un large éventail de drogues : cannabis, amphétamines, cocaïne/crack, opioïdes (héroïne, morphine détournée, méthadone non prescrite), solvants et volatils, hallucinogènes (LSD, psilocybine, kétamine), sédatifs et anxiolytiques pris sans ordonnance, et nouvelles substances psychoactives (NPS). Le DUDIT articule ce méta-construit à travers trois dimensions fonctionnelles imbriquées :

1. Dimension de consommation de drogues (Items 1 à 4)

Cette dimension mesure les paramètres quantitatifs et comportementaux de l’exposition toxicologique de l’individu. L’item 1 quantifie la fréquence générale de prise de drogues autres que l’alcool au cours de l’année écoulée. L’item 2 explore la polydrogodépendance ou polyconsommation au cours d’une même occasion, un marqueur bien documenté d’escalade toxicologique et de risque aigu d’overdose. L’item 3 mesure le nombre de prises ou de « doses » lors d’une journée typique de consommation, reflétant l’intensité de la charge pharmacologique. L’item 4 évalue la fréquence à laquelle le sujet se retrouve « lourdement influencé » ou fortement intoxiqué par les drogues, capturant ainsi la recherche d’états d’altération cognitive profonde et la perte d’autorégulation hédonique.

2. Symptômes cardinaux de dépendance (Items 5 à 8)

Cette sous-échelle sonde les manifestations neurophysiologiques et psychologiques centrales du syndrome de dépendance :

  • Craving ou pulsion irrésistible (Item 5) : Évalue l’incapacité subjective à résister au besoin impérieux de consommer, traduisant les altérations des circuits cérébraux dopaminergiques et fronto-striataux de la récompense et de la saillance incitative.
  • Perte de contrôle sur la consommation (Item 6) : Mesure la difficulté persistante à stopper la consommation une fois celle-ci engagée (altération du contrôle exécutif inhibiteur).
  • Négligence des rôles et obligations (Item 7) : Examine la saillance comportementale de l’addiction, conduisant à la désertion des responsabilités familiales, professionnelles, scolaires ou sociales au profit de l’obtention ou de l’usage du produit.
  • Consommation matinale réparatrice ou soulagement du manque (Item 8) : Évalue la nécessité de consommer dès le réveil pour dissiper les symptômes physiques de sevrage ou contrecarrer le contrecoup physiologique d’une consommation massive la veille.

3. Conséquences négatives et méfaits induits (Items 9 à 11)

Cette troisième composante appréhende les répercussions systémiques néfastes de la consommation sur l’individu et son écologie relationnelle :

  • Culpabilité et conscience morale altérée (Item 9) : Mesure la dissonance cognitive et le sentiment de honte ou de remords suscité par les comportements adoptés sous ou pour l’emprise des drogues.
  • Dommages corporels et psychologiques (Item 10) : Identifie les blessures physiques (accidents de la route, agressions, traumatismes) ou les décompensations psychiques (épisodes paranoïdes, crises d’angoisse aiguës, détérioration cognitive) subies par l’usager ou infligées à des tiers.
  • Inquiétude et alertes de l’environnement social (Item 11) : Recueille les signaux interpersonnels objectivant la visibilité du trouble, qu’il s’agisse de remarques de conjoints, de parents, d’amis, ou d’injonctions thérapeutiques formulées par des professionnels de santé.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le DUDIT s’enracine dans le modèle biopsychosocial des addictions et s’inspire directement du paradigme théorique de l’intervention brève et de la réduction des risques, popularisé par Edwards et Gross (1976) à travers leur description fondamentale du syndrome de dépendance. Selon cette perspective, les troubles liés à l’usage de substances ne doivent pas être conçus de manière binaire (abstinent versus toxicomane « déchu »), mais plutôt le long d’un continuum dimensionnel de sévérité.

Sur le plan psychologique et cognitif, l’architecture du DUDIT reflète les théories contemporaines de l’autorégulation et du modèle de la saillance incitative formalisé par Berridge et Robinson. L’exposition répétée aux substances altère la capacité du cortex préfrontal à inhiber les automatismes moteurs déclenchés par les stimuli associés aux drogues. Les items 5, 6 et 8 opérationnalisent précisément cette bascule neuropsychologique : l’activité n’est plus guidée par le plaisir récréatif initial (liking), mais par une impulsion compulsive (wanting) et par le soulagement d’un affect négatif ou d’un inconfort physique.

Par ailleurs, le DUDIT s’appuie sur le modèle transthéorique du changement développé par Prochaska et DiClemente. Dans les stades de précontemplation et de contemplation, les individus sous-estiment fréquemment l’ampleur de leur consommation et rationalisent les méfaits associés. En questionnant explicitement les conséquences sociales (item 11), professionnelles (item 7) et émotionnelles (item 9), l’instrument favorise l’émergence d’une prise de conscience motivationnelle, servant de catalyseur pour aider le patient à passer au stade de préparation puis d’action.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique du DUDIT a fait l’objet d’investigations exhaustives dans divers contextes culturels, linguistiques et cliniques :

  • Validité de construit et validité convergente : Dans l’étude princeps menée par Berman, Bergman, Palmstierna et Schlyter (2005), le score global du DUDIT a montré de très fortes corrélations positives avec le Drug Abuse Screening Test (DAST-10 et DAST-20, $r = 0,85$ à $0,92$) ainsi qu’avec les échelles d’évaluation de la toxicomanie de l’Addiction Severity Index (ASI, corrélation avec l’indice composite de drogue $r = 0,72$ à $0,80$). De plus, les corrélations avec les mesures de détresse psychologique générale (SCL-90-R) et de personnalité antisociale se sont avérées significatives, confirmant l’insertion du test dans le réseau nomologique attendu.
  • Validité discriminante : Le DUDIT discrimine de manière spectaculaire les populations sans consommation problématique des populations cliniques dépendantes. Berman et al. (2005) ont rapporté que les scores moyens de la population générale suédoise se situaient en dessous de 1 point, tandis que les usagers en cure de désintoxication et les détenus toxicomanes présentaient des moyennes respectives de $25,1$ ($ET = 10,2$) et $16,7$ ($ET = 12,8$). Les coefficients de corrélation avec les sous-échelles d’alcoolisme de l’AUDIT sont restés modérés ($r = 0,25$ à $0,40$), démontrant la spécificité du DUDIT pour les substances non alcooliques.
  • Validité de critère et prédictive : Les analyses par courbes ROC (Receiver Operating Characteristic) ont révélé d’excellentes aires sous la courbe (AUC) pour prédire les diagnostics de trouble de l’usage selon les critères du DSM-IV et de la CIM-10. Dans les cohortes de validation clinique, l’AUC dépasse régulièrement $0,90$ (atteignant $0,94$ pour le diagnostic d’abus/dépendance). En population générale, un score seuil de 6 pour les hommes et de 2 ou 3 pour les femmes offre une sensibilité optimale (85-90 %) et une spécificité élevée (88-94 %) pour détecter tout usage problématique. Pour diagnostiquer une dépendance lourde nécessitant un sevrage médicalisé, un seuil composite situé à 25 points permet d’atteindre une spécificité supérieure à 95 %.

8. Fidélité / Reliability

Les propriétés de fidélité et d’invariance de mesure du DUDIT sont remarquablement stables à travers le monde :

  • Cohérence interne : Dans l’échantillon princeps de validation (Berman et al., 2005), le coefficient alpha de Cronbach s’est élevé à $0,94$ dans l’échantillon clinique de désintoxication et à $0,80$ dans l’échantillon général. Des études ultérieures menées en Amérique du Nord, en Europe (Allemagne, Suisse, Espagne, France) et en Asie ont systématiquement rapporté des valeurs d’alpha de Cronbach comprises entre $0,86$ et $0,95$, témoignant d’une très forte homogénéité des items. Le coefficient oméga de McDonald ($\omega$), mesuré dans des cohortes plus récentes, confirme cette excellente saturation de la variance vraie ($\omega > 0,90$).
  • Fidélité test-retest : La stabilité temporelle du test a été évaluée sur des intervalles de temps allant d’une à trois semaines auprès de sujets stables. Les coefficients de corrélation intraclasse (CCI) et de corrélation de Pearson se situent de manière consistante entre $0,82$ et $0,93$, indiquant une fidélité temporelle très satisfaisante qui autorise l’utilisation du DUDIT comme instrument de suivi longitudinal de l’efficacité thérapeutique.
  • Erreur standard de mesure (SEM) : La SEM est estimée faible sur la majorité de l’échelle, assurant que les variations de scores observées chez un individu reflètent des fluctuations cliniques réelles plutôt que des artefacts d’imprécision instrumentale.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure factorielle du DUDIT a fait l’objet de nombreuses analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) aboutissant à deux modélisations principales débattues dans la littérature psychométrique :

Modèle unidimensionnel

Dans l’article original de Berman et al. (2005), une analyse en composantes principales a mis en évidence un facteur général dominant expliquant à lui seul plus de 50 % de la variance totale des scores. L’ensemble des items présentait de très fortes saturations factorielles sur cette composante unique, variant généralement de $0,61$ (item 10) à $0,88$ (item 6). Cette unidimensionnalité apparente justifie cliniquement l’addition de l’ensemble des réponses pour générer un score unique de sévérité globale allant de 0 à 44.

Modèle bidimensionnel corrélé

Des analyses factorielles confirmatoires conduites dans des populations pénitentiaires (notamment par Hildebrand en 2015) et des populations psychiatriques ont démontré qu’un modèle à deux facteurs corrélés présentait souvent de meilleurs indices d’ajustement global (RMSEA < 0,06, CFI > 0,95, TLI > 0,95) :

  • Facteur 1 : Habitudes de consommation et dépendance (Items 1 à 8 ou 1 à 9) : Regroupe les items relatifs à la fréquence, la quantité, la pulsion (craving) et le syndrome de manque. Les saturations factorielles observées sur ce facteur oscillent entre $0,70$ et $0,92$.
  • Facteur 2 : Conséquences néfastes et préjudices sociaux (Items 9 à 11 ou 10 à 11) : Isole les méfaits corporels, les sentiments de honte/culpabilité et les avertissements formulés par l’entourage. Les saturations factorielles sur ce facteur secondaire se situent typiquement entre $0,65$ et $0,84$.

Bien que la distinction à deux facteurs offre une granularité descriptive utile pour le clinicien, la très forte corrélation inter-facteurs ($r > 0,80$) appuie l’usage pragmatique du modèle unifactoriel hiérarchique de second ordre, confirmant que le DUDIT mesure avant tout une propension latente unique aux troubles de l’usage.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’instrument de mesure DUDIT se caractérise par les modalités pratiques et techniques suivantes :

  • Nature de l’outil : Questionnaire de dépistage et de quantification clinique standardisé, disponible en auto-passation (papier-crayon, tablette numérique, application web) ou en hétéro-passation administrée par un professionnel de santé ou un travailleur social.
  • Période de référence : Les 12 derniers mois précédant l’évaluation.
  • Durée d’administration : Environ 3 à 5 minutes pour l’auto-évaluation ; 5 à 10 minutes en entretien clinique.
  • Nombre d’items : 11 items fermés.
  • Système de cotation des réponses :
    • Items 1 à 2 : Échelle ordinale à 5 modalités (0 = Jamais / Never ; 1 = Une fois par mois ou moins souvent ; 2 = 2 à 4 fois par mois ; 3 = 2 à 3 fois par semaine ; 4 = 4 fois par semaine ou plus souvent).
    • Item 3 : Échelle quantitative à 5 paliers (0 = 0 ; 1 = 1 à 2 fois ; 2 = 3 à 4 fois ; 3 = 5 à 6 fois ; 4 = 7 fois ou plus).
    • Items 4 à 9 : Échelle de fréquence à 5 points (0 = Jamais / Never ; 1 = Moins souvent qu’une fois par mois ; 2 = Chaque mois ; 3 = Chaque semaine ; 4 = Tous les jours ou presque tous les jours).
    • Items 10 et 11 : Échelle en 3 points (0 = Non ; 2 = Oui, mais pas au cours de l’année écoulée ; 4 = Oui, au cours de l’année écoulée).
  • Calcul et interprétation du score total :
    • Score total : Somme arithmétique simple des 11 items, comprise entre 0 et 44.
    • Seuil de positivité (usage à risque / problématique) :
      • Hommes : Score ≥ 6 (indique une consommation problématique méritant une intervention brève).
      • Femmes : Score ≥ 2 (ou ≥ 3 selon certains consensus cliniques, compte tenu d’une vulnérabilité biologique accrue et d’une moindre tolérance enzymatique).
    • Seuil de dépendance probable : Un score total ≥ 25 (quel que soit le sexe) indique une très forte probabilité de dépendance pharmacologique sévère requérant un bilan addictologique complet et une prise en charge spécialisée.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement initial : 1992 (première conception des items préliminaires au sein de l’Institut Karolinska).
  • Année de publication princeps de validation : 2005 (article de référence publié par Anne H. Berman et coll. dans la revue European Addiction Research).
  • Statut des droits d’auteur et accessibilité : Le DUDIT est un instrument libre de droits d’utilisation (public domain / accès ouvert) pour la pratique clinique sans but lucratif, l’enseignement universitaire et la recherche scientifique.
  • Tarification : L’accès au questionnaire et à son manuel clinique est gratuit. Aucune redevance n’est exigée pour son utilisation papier ou son intégration dans des protocoles de recherche institutionnels.
  • Conditions d’utilisation et adaptations : Toute utilisation commerciale intégrée à des logiciels payants nécessite une autorisation préalable explicite des auteurs originaux (Anne H. Berman et l’Institut Karolinska). Les traductions officielles doivent respecter fidèlement les items et les seuils validés. Le manuel complet d’utilisation clinique du DUDIT est archivé et consultable auprès de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (EUDA / ex-EMCDDA).

12. Références / References

Les publications scientifiques de référence relatives à la conception, la normalisation et la validation psychométrique internationale du DUDIT comprennent :

  • Berman, A. H., Bergman, H., Palmstierna, T., & Schlyter, F. (2005). Evaluation of the Drug Use Disorders Identification Test (DUDIT) in criminal justice and detoxification settings and in a Swedish population sample. European Addiction Research, 11(1), 22–31. https://doi.org/10.1159/000081413
  • Berman, A. H., Palmstierna, T., Källmén, H., & Bergman, H. (2007). The Drug Use Disorders Identification Test (DUDIT): Manual. Karolinska Institutet, Department of Clinical Neuroscience. Stockholm: Karolinska Institutet.
  • Edwards, G., & Gross, M. M. (1976). Alcohol dependence: Provisional description of a clinical syndrome. British Medical Journal, 1(6017), 1058–1061. https://doi.org/10.1136/bmj.1.6017.1058
  • Gmel, G., Akre, C., Astudillo, M., Baggio, S., & Bertholet, N. (2014). The Drug Use Disorders Identification Test (DUDIT) and its short form, the DUDIT-C, in Swiss young men. Substance Use & Misuse, 49(14), 1804–1813. https://doi.org/10.3109/10826084.2014.935478
  • Hildebrand, M. (2015). The psychometric properties of the Drug Use Disorders Identification Test (DUDIT): A review of recent research. Journal of Substance Abuse Treatment, 53, 52–59. https://doi.org/10.1016/j.jsat.2015.01.008
  • Saunders, J. B., Aasland, O. G., Babor, T. F., de la Fuente, J. R., & Grant, M. (1993). Development of the Alcohol Use Disorders Identification Test (AUDIT): WHO Collaborative Project on Early Detection of Persons with Harmful Alcohol Consumption–II. Addiction, 88(6), 791–804. https://doi.org/10.1111/j.1360-0443.1993.tb02093.x
  • Volkow, N. D., Michaelides, M., & Baler, R. (2019). The neuroscience of drug addiction: Cognitive and emotional consequences. The Lancet Psychiatry, 6(8), 693–700. https://doi.org/10.1016/S2215-0366(19)30141-6

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
  1. How often do you use drugs other than alcohol? (See list of drugs on back side.)
    Options: Never / Once a month or less often / 2-4 times a month / 2-3 times a week / 4 times a week or more often
  2. Do you use more than one type of drug on the same occasion?
    Options: Never / Once a month or less often / 2-4 times a month / 2-3 times a week / 4 times a week or more often
  3. How many times do you take drugs on a typical day when you use drugs?
    Options: 0 / 1-2 / 3-4 / 5-6 / 7 or more
  4. How often are you influenced heavily by drugs?
    Options: Never / Less often than once a month / Every month / Every week / Daily or almost every day
  5. Over the past year, have you felt that your longing for drugs was so strong that you could not resist it?
    Options: Never / Less often than once a month / Every month / Every week / Daily or almost every day
  6. Has it happened, over the past year, that you have not been able to stop taking drugs once you started?
    Options: Never / Less often than once a month / Every month / Every week / Daily or almost every day
  7. How often over the past year have you taken drugs and then neglected to do something you should have done?
    Options: Never / Less often than once a month / Every month / Every week / Daily or almost every day
  8. How often over the past year have you needed to take a drug the morning after heavy drug use the day before?
    Options: Never / Less often than once a month / Every month / Every week / Daily or almost every day
  9. How often over the past year have you had guilt feelings or a bad conscience because you used drugs?
    Options: Never / Less often than once a month / Every month / Every week / Daily or almost every day
  10. Have you or anyone else been hurt (mentally or physically) because you used drugs?
    Options: No / Yes, but not over the past year / Yes, over the past year
  11. Has a relative or a friend, a doctor or a nurse, or anyone else, been worried about your drug use or said to you that you should stop using drugs?
    Options: No / Yes, but not over the past year / Yes, over the past year
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Citer cet article

Looti, M. (2026, septembre 30). Test d’identification des troubles liés à l’usage de drogues – DUDIT. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/test-identification-troubles-usage-drogues-dudit/
Looti, Mohammed. “Test d’identification des troubles liés à l’usage de drogues – DUDIT.” Base de données de psychologie en français, 30 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/test-identification-troubles-usage-drogues-dudit/.
Looti, Mohammed. “Test d’identification des troubles liés à l’usage de drogues – DUDIT.” Base de données de psychologie en français. septembre 30, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/test-identification-troubles-usage-drogues-dudit/.