1. Résumé
Le Test d’Empathisation-Systématisation (couramment désigné sous le sigle composite EQ-SQ pour Empathy Quotient – Systemizing Quotient) constitue un instrument psychométrique d’auto-évaluation combiné, élaboré pour opérationnaliser la théorie Empathizing-Systemizing (E-S) formulée par le professeur Simon Baron-Cohen et ses collaborateurs du Autism Research Centre de l’Université de Cambridge. Cet outil standardisé de 120 items fusionne l’évaluation du Quotient d’Empathie (EQ) et du Quotient de Systématisation (SQ), complétés par des items de contrôle et de diversion destinés à minimiser les biais de désirabilité sociale et de réponse machinale.
L’instrument mesure deux dimensions cognitives et dispositionnelles indépendantes fondamentales chez l’être humain : d’une part, l’empathisation (E), définie comme l’aptitude et la motivation spontanée à identifier les états mentaux et émotionnels d’autrui, à prédire leurs comportements et à y répondre par une réaction affective adaptée ; d’autre part, la systématisation (S), conceptualisée comme l’intérêt et la capacité à analyser les règles qui régissent des systèmes non sociaux (mécaniques, physiques, naturels, abstraits ou organisationnels), à en déduire les lois invariantes et à concevoir ou manipuler de tels systèmes. Les répondants évaluent leur degré d’accord sur une échelle de Likert en 4 points (1 = Strongly disagree, 2 = Disagree, 3 = Agree, 4 = Strongly agree).
Sur le plan psychométrique, le test présente une cohérence interne robuste, avec des indices alpha de Cronbach oscillant habituellement entre 0,85 et 0,92 pour l’échelle d’empathie, et entre 0,78 et 0,88 pour l’échelle de systématisation. La fidélité test-retest à moyen terme (r > 0,80) confirme la stabilité temporelle de ces profils cognitifs. L’analyse factorielle confirme la quasi-orthogonalité des deux construits dans la population générale, permettant de classifier les individus en cinq profils distincts (Type B, Type E, Type S, Type E extrême et Type S extrême). Utilisé de façon transversale dans l’étude des troubles du spectre de l’autisme (TSA), des variations de personnalité et des différences sexuelles cognitives, le test représente une pierre angulaire de la neuropsychologie différentielle contemporaine.
2. Mots-clés
Empathisation, systématisation, Quotient d’Empathie, Quotient de Systématisation, Simon Baron-Cohen, spectre de l’autisme, théorie de l’esprit, cognition sociale, psychométrie différentielle, différences intersexes, profil cognitif, neurodiversité.
3. Auteurs
Le développement initial des échelles composant le Test d’Empathisation-Systématisation a été dirigé par le Professeur Simon Baron-Cohen et sa principale collaboratrice de recherche clinique, Sally Wheelwright, au sein de l’Autism Research Centre (ARC), rattaché au Department of Psychiatry de l’Université de Cambridge (Royaume-Uni).
D’autres co-chercheurs ont apporté des contributions décisives à l’analyse empirique, à la validation factorielle et à la création des versions intégrées et abrégées :
- Jennifer Richler — Autism Research Centre, University of Cambridge.
- Dipti Bisarya — Autism Research Centre, University of Cambridge.
- Niranjan Gurunathan — Autism Research Centre, University of Cambridge.
- Akio Wakabayashi — Department of Psychology, Chiba University, Japon (spécialiste de la structure factorielle et de la standardisation transcontinentale).
- Nevena Goldenfeld, Jacqueline Delaney, Daniel Fine, Rebecca Smith et Leila Weil — Autism Research Centre, University of Cambridge.
Les correspondances scientifiques institutionnelles relatives aux versions originales sont hébergées par le portail officiel de l’Autism Research Centre : www.autismresearchcentre.com.
4. Objectif
L’objectif fondamental du Test d’Empathisation-Systématisation (EQ-SQ) est de quantifier de manière opérationnelle, standardisée et objective la position d’un individu le long de deux axes majeurs de fonctionnement psychologique et cognitif : la disposition à l’empathie interpersonnelle et la tendance à la systématisation d’objets, de processus et d’environnements réglés.
Applications en recherche fondamentale et clinique
Dans le domaine clinique, l’EQ-SQ a été expressément formulé pour caractériser le phénotype cognitif des personnes diagnostiquées avec le syndrome d’Asperger ou un autisme de haut niveau (actuellement classés dans les troubles du spectre de l’autisme sans déficience intellectuelle selon le DSM-5). Les protocoles cliniques utilisent ces mesures pour quantifier les difficultés socio-communicatives persistantes d’une part, et l’attention aiguë aux détails, l’attrait pour la prévisibilité et les intérêts restreints et hautement structurés d’autre part. L’outil s’avère précieux dans le cadre du diagnostic différentiel à l’âge adulte, où l’effet de camouflage social peut masquer les altérations spontanées de la cognition socio-affective.
En psychologie différentielle et cognitive, le test permet d’étudier la distribution normale des styles cognitifs au sein de la population générale, d’explorer les corrélats neurobiologiques (tels que l’exposition prénatale aux androgènes mesurée par le ratio 2D:4D ou la structure neuroanatomique par imagerie par résonance magnétique) et de comprendre les choix de cursus universitaires ou d’orientations professionnelles (par exemple, la surreprésentation des profils à forte systématisation dans les disciplines STEM : sciences, technologies, ingénierie et mathématiques).
Justification théorique et utilité combinatoire
Avant la formalisation de cette double évaluation, la littérature en psychométrie séparait fréquemment l’analyse des compétences émotionnelles (examinées au moyen de questionnaires de personnalité comme le NEP-PI-R ou l’Interpersonal Reactivity Index) des aptitudes analytiques (évaluées par des tests de QI non verbal ou de raisonnement mécanique). L’apport méthodologique central de Baron-Cohen réside dans la postulation que l’empathisation et la systématisation ne sont pas de simples aptitudes mesurées par la performance, mais des moteurs motivationnels et attentionnels intrinsèques. La mise en regard de ces deux vecteurs au sein d’une passation unique de 120 items permet de calculer le score de discordance (discrepancy score ou score D), qui situe l’individu non pas sur une échelle unidimensionnelle de pathologie, mais dans un espace psychologique bidimensionnel articulé.
5. Construit psychologique
Le Test d’Empathisation-Systématisation repose sur deux construits cardinaux distincts et psychométriquement indépendants :
1. L’Empathisation (EQ – Empathy Quotient)
L’empathisation englobe une constellation complexe de processus cognitifs et affectifs. Elle se décompose généralement en deux piliers interactifs :
- L’empathie cognitive (Theory of Mind ou Théorie de l’Esprit) : La capacité intellectuelle à décoder les signaux sociaux non verbaux (expressions faciales, posture corporelle, inflexion de la voix), à attribuer avec exactitude des états mentaux, des intentions, des désirs ou des croyances à un interlocuteur, et à adopter sa perspective sans confusion égocentrique (par exemple, Item 4 : « I can tell if someone is masking their true emotion » ; Item 13 : « I find it easy to put myself in somebody else’s shoes »).
- L’empathie affective ou réactivité émotionnelle : L’expérience vicariante d’un état affectif en écho à l’émotion d’autrui, couplée à une inclination prosociale favorisant le réconfort et la sollicitude (par exemple, Item 39 : « I get upset if I see people suffering on news programmes » ; Item 54 : « It upsets me to see an animal in pain »).
Contrairement aux tests d’empathie classiques focalisés uniquement sur la sympathie ou la détresse personnelle, l’EQ mesure l’efficience spontanée et implicite de l’entrée en résonance sociale. Un score faible n’indique pas nécessairement de la malveillance, mais un déficit d’accès intuitif et automatisé aux codes relationnels (Item 67 : « I often find it difficult to judge if something is rude or polite »).
2. La Systématisation (SQ – Systemizing Quotient)
La systématisation décrit la tendance motivationnelle et la capacité opératoire à analyser, construire, prédire et contrôler des systèmes. Un système est défini par Baron-Cohen comme toute structure régie par des règles associant des entrées (inputs), des opérations régulées et des sorties (outputs) selon la logique : « Si condition A, alors résultat B ». L’instrument explore six grands domaines de systèmes :
- Systèmes techniques et mécaniques : Compréhension des mécanismes internes d’engins, d’outils ou d’appareils électroniques (Item 10 : « I am fascinated by how machines work » ; Item 45 : « If I were buying a computer, I would want to know exact details about its hard drive capacity and processor speed »).
- Systèmes naturels et biologiques : Observation méthodique des lois de la flore, de la faune, de la météorologie ou de la géologie (Item 51 : « When I am walking in the country, I am curious about how the various kinds of trees differ » ; Item 98 : « When I look at a mountain, I think about how precisely it was formed »).
- Systèmes abstraits et formels : Structures mathématiques, logiques, règles de syntaxe grammaticale et systèmes de codage (Item 20 : « When I read something, I always notice whether it is grammatically correct » ; Item 50 : « In maths, I am intrigued by the rules and patterns governing numbers »).
- Systèmes organisationnels et taxinomiques : Classement d’informations, catalogues, collectionnisme rigoureux et cartographie (Item 55 : « When I read the newspaper, I am drawn to tables of information… » ; Item 111 : « If I had a collection… it would be highly organized »).
- Systèmes moteurs et praxiques : Analyse séquentielle des gestes techniques dans le bricolage, le sport ou le jeu d’instruments.
- Systèmes sociaux formalisés : Règlements juridiques, constitutions électorales ou hiérarchies institutionnelles (Item 32 : « When an election is being held, I am not interested in the results for each constituency » [inversé]).
3. Items de contrôle et de diversion
Le questionnaire de 120 items comprend également des items dits « de remplissage » (filler items), conçus pour détourner l’attention du répondant quant à la dichotomie affective/technique du test et pour repérer les patrons de réponses aléatoires ou impulsives (par exemple, Item 1 : « I often make resolutions, but find it hard to stick to them » ; Item 41 : « I dream most nights »).
6. Cadre théorique
L’assise conceptuelle du test repose sur deux formulations théoriques majeures élaborées par Simon Baron-Cohen au confluent des neurosciences, de la psychologie évolutionniste et de la psychopathologie du développement :
La théorie Empathisation-Systématisation (E-S)
La théorie E-S stipule que le cerveau humain fait face à deux mondes radicalement différents. Le premier est le monde physique et inanimé, régi par des principes causaux déterministes et linéaires (parfaitement abordable par la systématisation). Le second est le monde social et interpersonnel, habité par des agents autonomes dont les actions dépendent d’états internes invisibles (croyances, désirs, peurs, tromperies), soumis à des dynamiques non linéaires et contextuelles qui rendent la systématisation inopérante. Pour naviguer efficacement dans le monde social, le sujet doit déployer l’empathisation. Selon Baron-Cohen, chaque être humain possède un profil cognitif individuel déterminé par l’écart relatif entre son niveau d’empathisation et son niveau de systématisation.
Classification en cinq profils cérébraux (Brain Types)
À partir du score D (différence standardisée $D = (S – \overline{S})/\sigma_S – (E – \overline{E})/\sigma_E$), la théorie formalise cinq profils fondamentaux :
- Type E (Empathisant) : $E > S$. L’empathisation est significativement plus développée que la systématisation. Fréquent statistiquement chez les femmes dans la plupart des cohortes empiriques.
- Type S (Systématiseur) : $S > E$. La systématisation domine nettement les capacités de traitement empathique. Profil observé avec une fréquence supérieure chez les hommes.
- Type B (Équilibré / Balanced) : $E \approx S$. Les deux processus sont développés à un degré équivalent d’efficience.
- Type E extrême : Empathisation exceptionnellement élevée couplée à une systématisation très faible ou déficitaire.
- Type S extrême (The Extreme Male Brain Theory of Autism) : Systématisation intacte, voire surdéveloppée (hypersystématisation), couplée à des scores d’empathisation significativement inférieurs aux moyennes populationnelles. Selon cette théorie formulée dans l’ouvrage The Essential Difference (Baron-Cohen, 2003), l’autisme correspondrait à une exacerbation extrême des traits cognitifs typiquement masculins poussés à leur paroxysme adaptatif et fonctionnel.
7. Validité
Les propriétés métrologiques du Test d’Empathisation-Systématisation ont fait l’objet de validations extensives auprès de milliers d’individus, tant neurotypiques qu’autistes, à travers de multiples cultures (échantillons britanniques, américains, néerlandais, français, japonais).
Validité de construit et différences de groupe
La validité de construit est étayée par les différences robustes observées systématiquement entre groupes cliniques et groupes contrôles. Dans les études initiales de Baron-Cohen et Wheelwright (2004) et Baron-Cohen et al. (2003), les adultes présentant un syndrome d’Asperger ou un autisme de haut niveau affichent des scores moyens à l’EQ significativement inférieurs à ceux des témoins neurotypiques (moyenne EQ clinique $\approx 20,4 \pm 8,5$ contre $\approx 42,1 \pm 10,6$ pour les témoins ; $p < 0,0001$). À l’inverse, leurs scores au SQ sont significativement plus élevés que ceux des témoins de même sexe (moyenne SQ clinique$approx 35,7 pm 15,3$ contre $\approx 30,3 \pm 11,5$ chez les hommes contrôles et $\approx 24,1 \pm 9,5$ chez les femmes contrôles ; $d \text{ de Cohen} > 0,80$).
Différences sexuées normatives
Dans la population générale neurotypique, les femmes obtiennent de manière reproductible des scores moyens à l’EQ supérieurs à ceux des hommes ($p < 0,001$, taille d’effet moyenne comprise entre$d = 0,50$ et $d = 0,70$), tandis que les hommes surclassent significativement les femmes sur l’échelle SQ ($d = 0,40$ à $0,60$). Ces observations corroborent l’hypothèse de l’influence biologique et développementale différentielle sur les styles cognitifs.
Validité convergente
L’échelle EQ corrèle positivement et significativement avec d’autres mesures validées de cognition socio-affective :
- L’indice de prise de perspective (Perspective Taking) et la préoccupation empathique (Empathic Concern) de l’Interpersonal Reactivity Index (IRI) de Davis ($r = 0,55$ à $0,68$).
- Les performances au test des yeux (Reading the Mind in the Eyes Test ; $r = 0,35$ à $0,45$).
- Une corrélation inverse marquée avec le Quotient du Spectre Autistique (Autism-Spectrum Quotient – AQ ; $r = -0,50$ à $-0,62$).
L’échelle SQ montre quant à elle une corrélation convergente modérée à forte avec les mesures d’intérêts mécaniques et d’aptitude au raisonnement spatial (Mental Rotation Test, $r = 0,30$ à $0,40$), ainsi qu’avec les sous-échelles de détail et d’attention focalisée de l’AQ.
Validité discriminante
La corrélation inter-échelles entre l’EQ total et le SQ total au sein de la population générale est très faible à quasi nulle ($r = -0,10$ à $0,05$, non significative dans la plupart des cohortes non cliniques), ce qui confirme empiriquement la stricte indépendance dimensionnelle des deux construits : être hautement empathique n’inhibe pas intrinsèquement la capacité à systématiser, et réciproquement.
8. Fidélité
La fidélité psychométrique de l’instrument a été évaluée au travers de la consistance interne de chaque échelle et de la stabilité temporelle par test-retest.
Consistance interne
Dans les larges échantillons normatifs (notamment l’étude de Wakabayashi et al., 2006 sur plus de 1 200 participants, et les cohortes en ligne de plus de 4 000 sujets) :
- Échelle EQ (Quotient d’Empathie) : Le coefficient alpha de Cronbach oscille de façon constante entre 0,85 et 0,92, témoignant d’une excellente homogénéité des items explorant la sensibilité socio-émotionnelle et la compréhension d’autrui.
- Échelle SQ (Quotient de Systématisation) : L’alpha de Cronbach se situe généralement entre 0,79 et 0,88, ce qui démontre une bonne cohérence interne malgré la dispersion délibérée des domaines techniques, biologiques et abstraits interrogés.
Stabilité temporelle (Test-Retest)
Dans l’évaluation de suivi réalisée sur des intervalles de 3 à 12 mois auprès d’étudiants et d’adultes :
- Le coefficient de corrélation test-retest pour l’EQ est de r = 0,83 à 0,87 ($p < 0,001$).
- Le coefficient test-retest pour le SQ atteint r = 0,81 à 0,85 ($p < 0,001$).
Ces données attestent que l’instrument capture des traits cognitivo-personnels stables dans le temps plutôt que des états affectifs transitoires ou fluctuants.
9. Analyse factorielle
La structure dimensionnelle du test combiné de 120 items et de ses composantes a été étudiée via des analyses factorielles exploratoires (AFE) à extraction en composantes principales avec rotation oblique (Promax/Oblimin) et confirmatoires (AFC).
Structure factorielle de l’EQ
Bien que conçu initialement comme une mesure globale unifactorielle, les travaux factoriels de Muncer et Ling (2006), Lawrence et al. (2004) et Wakabayashi et al. (2006) isolent de façon reproductible trois facteurs sous-jacents pour le Quotient d’Empathie :
- Empathie cognitive (Perspective-taking) : Items reflétant l’habileté à comprendre spontanément ce que ressent ou pense l’autre (ex. items 26, 65, 104).
- Réactivité émotionnelle (Emotional Reactivity) : Items mesurant la sensibilité affective en miroir face à la détresse d’autrui (ex. items 39, 54, 94).
- Compétences sociales (Social Skills / Intuition) : Items captant la facilité à s’insérer dans des interactions de groupe sans malaise (ex. items 71, 96, 110).
Structure factorielle du SQ
Pour le Quotient de Systématisation, l’analyse multivariée révèle une structure multidimensionnelle de second ordre regroupant quatre à six composantes primaires :
- Technicité et mécanique : Intérêt pour les rouages des machines, les ordinateurs, l’électronique (ex. items 10, 45, 59).
- Systèmes naturels et géophysiques : Curiosité taxinomique envers la biologie, la topographie, la météo (ex. items 51, 61, 93, 98).
- Règles abstraites et structures formelles : Passion pour les régularités numériques, les structures grammaticales et logiques (ex. items 20, 50, 63).
- Organisation spatiale et séquentialité : Rigueur des classements, planification, décodage de réseaux routiers ou ferroviaires (ex. items 70, 77, 111).
L’analyse factorielle confirmatoire conjointe (EQ + SQ) atteste que les saturations croisées sont minimales (< 0,20), confirmant la pertinence d'un modèle bifactoriel orthogonal où les dimensions sociale et analytique représentent des axes orthogonaux de l'esprit humain.
10. Instrument de mesure
- Nature de l’évaluation : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation (self-report questionnaire) combiné.
- Nombre total d’items : 120 items déclaratifs (comprenant les items de l’EQ, du SQ et les items de diversion).
- Format des réponses : Échelle ordinale en 4 points (format à choix forcé sans point médian neutre) :
- 1 – Strongly disagree (Pas du tout d’accord)
- 2 – Disagree (Plutôt pas d’accord)
- 3 – Agree (Plutôt d’accord)
- 4 – Strongly agree (Tout à fait d’accord)
- Modalités de cotation standard :
- Dans la méthodologie originale de Baron-Cohen, chaque item cible (qu’il soit positif ou inversé) est coté de manière binaire/semi-binaire pour valoriser la force du trait : une réponse modérément orientée vers le trait rapporte 1 point, tandis qu’une réponse fortement orientée vers le trait rapporte 2 points. Les réponses en sens inverse reçoivent 0 point.
- Certaines versions informatisées ou analyses corrélationnelles continues utilisent une cotation directe sur échelle de Likert de 1 à 4 (après recodage des items inversés).
- Les items de diversion (filler items) ne sont pas inclus dans le calcul final des scores d’empathie ou de systématisation.
- Calcul des sous-scores :
- Score EQ : Somme des points attribués aux items d’empathisation (fourchette habituelle : 0 à 80 points dans les versions à 40 items cibles).
- Score SQ : Somme des points attribués aux items de systématisation (fourchette habituelle : 0 à 150 points dans la version longue du SQ, ou standardisée proportionnellement).
- Score de divergence (D) : Permet de situer le répondant dans la matrice des cinq Brain Types.
- Temps de passation : Environ 20 à 30 minutes pour la passation complète des 120 questions.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
- Année de développement : 2003 (SQ original ; Baron-Cohen et al., 2003) et 2004 (EQ original ; Baron-Cohen & Wheelwright, 2004). La version combinée de 120 items a été formalisée et disséminée à partir de 2004–2006.
- Droits d’auteur et permissions : Les instruments ont été développés par l’Autism Research Centre (ARC) de l’Université de Cambridge sous la direction du Professeur Simon Baron-Cohen.
- Tarifs d’utilisation : Gratuit pour la recherche scientifique non commerciale et les travaux universitaires. L’ARC met ces outils à la disposition de la communauté académique internationale en accès libre (open access for academic research).
- Conditions d’utilisation commerciale : Toute incorporation dans un logiciel propriétaire, un bilan de recrutement en entreprise ou un produit commercial payant nécessite une autorisation écrite formelle et un contrat de licence auprès de Cambridge Enterprise ou des titulaires de droits.
12. Références
- Baron-Cohen, S. (2003). The Essential Difference: The Truth About the Male and Female Brain. Basic Books. https://www.worldcat.org/title/essential-difference-the-truth-about-the-male-and-female-brain/oclc/51810841
- Baron-Cohen, S., & Wheelwright, S. (2004). The Empathy Quotient: An investigation of adults with Asperger syndrome or high functioning autism, and normal sex differences. Journal of Autism and Developmental Disorders, 34(2), 163–175. https://doi.org/10.1023/b:jadd.0000022607.19833.00
- Baron-Cohen, S., Richler, J., Bisarya, D., Gurunathan, N., & Wheelwright, S. (2003). The systemizing quotient: An investigation of adults with Asperger syndrome or high-functioning autism, and normal sex differences. Philosophical Transactions of the Royal Society of London. Series B: Biological Sciences, 358(1430), 361–374. https://doi.org/10.1098/rstb.2002.1206
- Lawrence, E. J., Shaw, P., Baker, D., Baron-Cohen, S., & David, A. S. (2004). Measuring empathy: Reliability and validity of the Empathy Quotient. Psychological Medicine, 34(5), 911–920. https://doi.org/10.1017/s0033291703001624
- Muncer, S. J., & Ling, J. (2006). Psychometric analysis of the Empathy Quotient (EQ) scale. Personality and Individual Differences, 40(6), 1111–1119. https://doi.org/10.1016/j.paid.2005.09.020
- Wakabayashi, A., Baron-Cohen, S., Wheelwright, S., Goldenfeld, N., Delaney, J., Fine, D., Smith, R., & Weil, L. (2006). Development of short forms of the Empathy Quotient (EQ-Short) and the Systemizing Quotient (SQ-Short). Personality and Individual Differences, 41(5), 929–940. https://doi.org/10.1016/j.paid.2006.03.017
- Wheelwright, S., Baron-Cohen, S., Goldenfeld, N., Delaney, J., Fine, D., Smith, R., Weil, L., & Wakabayashi, A. (2006). Predicting Autism Spectrum Quotient (AQ) from the Systemizing Quotient-Revised (SQ-R) and Empathy Quotient (EQ). Brain Research, 1079(1), 47–56. https://doi.org/10.1016/j.brainres.2006.01.012
13. Questions et items du questionnaire
Response Scale: 1-Strongly disagree‚ 2-Disagree‚ 3-Agree‚ 4-Strongly agree
- I often make resolutions‚ but find it hard to stick to them.
- When I travel‚ I like to learn specific details about the culture of the place I am visiting.
- When I have a dream‚ I find it difficult to remember precise details about the dream the next day.
- I can tell if someone is masking their true emotion.
- After meeting someone just once or twice‚ I find it difficult to remember precisely what they look like.
- I often forget the precise details of conversations I’ve had.
- When I look at a painting‚ I do not usually think about the technique involved in making it.
- When I was a child‚ I enjoyed cutting up worms to see what would happen.
- I find it difficult to explain to others things that I understand easily‚ when they don’t understand it first time.
- I am fascinated by how machines work.
- Seeing people cry doesn’t really upset me.
- I try to solve my own problems rather than discussing them with others.
- I find it easy to put myself in somebody else’s shoes.
- When I talk to people‚ I tend to talk about their experiences rather than my own.
- When I hear the weather forecast‚ I am not very interested in the meteorological patterns.
- In a conversation‚ I tend to focus on my own thoughts rather than on what my listener might be thinking.
- People often tell me that I am very unpredictable.
- If I were buying a stereo‚ I would want to know about its precise technical features.
- I often wonder what it would be like to be someone else.
- When I read something‚ I always notice whether it is grammatically correct.
- Other people tell me I am good at understanding how they are feeling and what they are thinking.
- I prefer practical jokes to verbal humour.
- Friends usually talk to me about their problems as they say that I am very understanding.
- I make it a point of listening to the news each morning.
- People often tell me that I went too far in driving my point home in a discussion.
- I can easily work out what another person might want to talk about.
- I can sense if I am intruding‚ even if the other person doesn’t tell me.
- I am able to make decisions without being influenced by people’s feelings.
- If I see a stranger in a group‚ I think that it is up to them to make an effort to join in.
- I do not care to know the names of the plants I see.
- I don’t consciously work out the rules of social situations.
- When an election is being held‚ I am not interested in the results for each constituency.
- When I learn about historical events‚ I do not focus on exact dates.
- When I’m in a plane‚ I do not think about the aerodynamics.
- When I cook‚ I do not think about exactly how different methods and ingredients contribute to the final product.
- I would never break a law‚ no matter how minor.
- When I look at a piece of furniture‚ I do not notice the details of how it was constructed.
- I enjoy being the centre of attention at any social gathering.
- I get upset if I see people suffering on news programmes.
- When I’m in a restaurant‚ I often have a hard time deciding what to order.
- I dream most nights.
- I find it difficult to do two things at once.
- I rarely read articles or webpages about new technology.
- Before making a decision I always weigh up the pros and cons.
- If I were buying a computer‚ I would want to know exact details about its hard drive capacity and processor speed.
- The idea of engaging in « risk-taking » activities appeals to me.
- People sometimes tell me that I have gone too far with teasing.
- When I listen to a piece of music‚ I always notice the way it’s structured.
- It doesn’t bother me too much if I am late meeting a friend.
- In maths‚ I am intrigued by the rules and patterns governing numbers.
- When I am walking in the country‚ I am curious about how the various kinds of trees differ.
- I am very blunt‚ which some people take to be rudeness‚ even though this is unintentional.
- If anyone asked me if I liked their haircut‚ I would reply truthfully‚ even if I didn’t like it.
- It upsets me to see an animal in pain.
- When I read the newspaper‚ I am drawn to tables of information‚ such as football league scores or stock market indices.
- When I am relating a story‚ I often leave out details and just give the gist of what happened.
- I can usually appreciate the other person’s viewpoint‚ even if I don’t agree with it.
- When I watch a film‚ I prefer to be with a group of friends‚ rather than alone.
- If there was a problem with the electrical wiring in my home‚ I’d be able to fix it myself.
- I would be too nervous to go on a big rollercoaster.
- I am interested in knowing the path a river takes from its source to the sea.
- I am bad about keeping in touch with old friends.
- When I learn a language‚ I become intrigued by its grammatical rules.
- I often start new hobbies but quickly become bored with them and move on to something else.
- I am good at predicting how someone will feel.
- I can tune into how someone else feels rapidly and intuitively.
- I often find it difficult to judge if something is rude or polite.
- Friendships and relationships are just too difficult‚ so I tend not to bother with them.
- If I were buying a car‚ I would want to obtain specific information about its engine capacity.
- I can easily visualize how the motorways in my region link up.
- I can easily tell if someone else wants to enter a conversation.
- I enjoy having discussions about politics.
- I find it hard to know what to do in a social situation.
- I can’t always see why someone should have felt offended by a remark.
- When I look at a building‚ I am curious about the precise way it was constructed.
- If I were buying a camera‚ I would not look carefully into the quality of the lens.
- When travelling by train‚ I often wonder exactly how the rail networks are coordinated.
- I find it difficult to learn my way around a new city.
- I do not enjoy games that involve a high degree of strategy.
- I don’t like to take risks.
- I like to be very organized in day to day life and often make lists of the chores I have to do.
- I find it difficult to understand instruction manuals for putting appliances together.
- I can’t relax until I have done everything I had planned to do that day.
- When I buy a new appliance‚ I do not read the instruction manual very thoroughly.
- I am good at predicting what someone will do.
- I donated to find social situations confusing.
- I like to do things on the spur of the moment.
- I try to avoid doing household chores if I can.
- I am at my best first thing in the morning.
- I find it difficult to read and understand maps.
- I do not read legal documents very carefully.
- I prefer animals to humans.
- When I look at an animal‚ I like to know the precise species it belongs to.
- I tend to get emotionally involved with a friend’s problems.
- I live life for today rather than the future.
- I find it easy to carry on a conversation with someone I’ve just met.
- I usually stay emotionally detached when watching a film.
- When I look at a mountain‚ I think about how precisely it was formed.
- I find it difficult to understand information the bank sends me on different investment and saving systems.
- I am curious about life on other planets.
- I tend to have very strong opinions about morality.
- When I lend someone money‚ I expect them to pay me back exactly what they owe me.
- I am not interested in understanding how wireless communication works.
- I can pick up quickly if someone says one thing but means another.
- It is hard for me to see why some things upset people so much.
- I prefer to read non-fiction than fiction.
- I do not tend to watch science documentaries on television or read articles about science and nature.
- I try to keep up with the current trends and fashions.
- I really enjoy caring for other people.
- I am quick to spot when someone in a group is feeling awkward or uncomfortable.
- If I had a collection (e.g. CDs‚ coins‚ stamps)‚ it would be highly organized.
- I enjoy participating in sport.
- I am interested in learning about different religions.
- I think that good manners are the most important thing a parent can teach their child.
- Other people often say that I am insensitive‚ though I don’t? Always see why.
- If I say something that someone else is offended by‚ I think that that’s their problem‚ not mine.
- I am not very meticulous when I carry out D.I.Y.
- I can easily tell if someone else is interested or bored with what I am saying.
- I adhere to common superstitions.
- I find it easy to grasp exactly how odds work in betting.