Test de dépistage de la consommation d’alcool, de tabac et d’autres substances (ASSIST)

Découvrez le test ASSIST de l’OMS (Alcohol, Smoking and Substance Involvement Screening Test) : propriétés psychométriques, cotation, cadre théorique et items officiels.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 30, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 30, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

Le Test de dépistage de la consommation d’alcool, de tabac et d’autres substances (connu internationalement sous l’acronyme ASSIST, pour Alcohol, Smoking and Substance Involvement Screening Test) est un instrument d’évaluation psychométrique et clinique développé sous l’égide de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Conçu par un groupe international d’experts en addictologie pour répondre à la prévalence croissante des polyconsommations de substances psychoactives au niveau mondial, l’ASSIST V3.0 permet d’évaluer de manière standardisée l’usage, les méfaits associés et le niveau de risque pour dix classes de substances : le tabac, l’alcool, le cannabis, la cocaïne, les stimulants de type amphétaminique, les inhalants, les sédatifs et somnifères, les hallucinogènes, les opioïdes et d’autres drogues non spécifiées.

L’instrument se compose de huit items directeurs explorant l’usage au cours de la vie (Item 1), la fréquence de consommation au cours des trois derniers mois (Item 2), la fréquence des envies compulsives ou craving (Item 3), les problèmes de santé, sociaux, légaux ou financiers induits (Item 4), le retentissement sur les obligations professionnelles ou personnelles (Item 5), l’inquiétude exprimée par l’entourage (Item 6), les échecs dans les tentatives de réduction ou d’arrêt (Item 7) et l’usage de drogues par voie injectable (Item 8). Le système de cotation attribue des pondérations différenciées en fonction de la gravité clinique des comportements, générant un Specific Substance Involvement Score (score d’implication par substance) continu. Ce score permet de catégoriser les usagers en trois niveaux de risque cliniquement décisionnels : risque faible, modéré ou élevé.

Les études de validation internationales ont démontré d’excellentes qualités psychométriques. La consistance interne est solide, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant entre 0,77 et 0,94 selon les substances étudiées. La validité convergente et la validité concurrente, mesurées par rapport à des étalons diagnostiques tels que l’AUDIT, le DAST, la MINI et les critères du DSM-IV / CIM-10, confirment sa capacité discriminante exceptionnelle (aires sous la courbe ROC généralement supérieures à 0,85). L’instrument sert de pivot pour déclencher des interventions brèves ou pour orienter vers des filières de soins spécialisées en addictologie.

2. Mots-clés / Keywords

ASSIST, dépistage, substances psychoactives, addiction, alcoolisme, tabagisme, toxicomanie, intervention brève, soins de santé primaires, psychométrie, validation transculturelle, Organisation mondiale de la santé, échelle clinique, craving, réduction des risques.

3. Auteurs / Authors

L’ASSIST a été conçu, développé et validé sous la coordination de l’Organisation mondiale de la santé (OMS / WHO) par l’intermédiaire du groupe de travail international WHO ASSIST Working Group, établi au début des années 2000. Les principaux chercheurs et cliniciens ayant dirigé ces travaux sont :

  • Robert Ali — Professeur associé, WHO Collaborating Centre for Research in the Treatment of Drug and Alcohol Problems, Université d’Adélaïde, Australie.
  • Rachel Humeniuk — Chercheuse principale en santé publique et addictologie, Université d’Adélaïde et Drug and Alcohol Services South Australia (DASSA), Adélaïde, Australie.
  • Thomas F. Babor — Professeur émérite au Département de médecine communautaire et de santé publique de l’Université du Connecticut (UConn Health), Farmington, États-Unis (concepteur originel du test AUDIT).
  • Michael Farrell — Professeur, directeur du National Drug and Alcohol Research Centre (NDARC), Université de Nouvelle-Galles du Sud, Sydney, Australie, et affilié au King’s College London, Royaume-Uni.
  • Maria Lucia O. Souza Formigoni — Professeure titulaire au Département de psychopathologie et de pharmacologie de l’Université fédérale de São Paulo (UNIFESP), Brésil.
  • Jittima Jittiwutikarn — Médecin psychiatre et chercheuse clinique, Northern Substance Abuse Treatment Centre, Chiang Mai, Thaïlande.
  • Steve Simon — Chercheur associé, Université de Californie à Los Angeles (UCLA), Integrated Substance Abuse Programs, Los Angeles, États-Unis.
  • Vladimir Poznyak et Maristela Monteiro — Coordinateurs techniques et scientifiques au sein du Département de la santé mentale et de l’abus de substances psychoactives, Siège de l’Organisation mondiale de la santé, Genève, Suisse.

Pour tout renseignement institutionnel, les demandes scientifiques relatives aux instruments de l’OMS peuvent être soumises au Département de la santé mentale et de l’utilisation de substances psychoactives de l’OMS (Genève, Suisse ; courriel de référence : [email protected]).

4. Objectif / Purpose

Le développement de l’ASSIST est né d’un constat épidémiologique et clinique fondamental : la majorité des instruments de dépistage disponibles à la fin du XXe siècle étaient soit monovalents (ciblés exclusivement sur l’alcool comme l’AUDIT, ou sur le tabac comme le test de Fagerström), soit focalisés sur la dépendance sévère déjà installée dans des populations hautement spécialisées (comme le DAST-20 ou l’Addiction Severity Index). Or, dans les structures de soins de santé primaires, les services d’urgences, les consultations de médecine générale ou les milieux pénitentiaires, la réalité dominante est celle de la polyconsommation et de l’usage à risque non dépendant, survenant bien avant l’apparition d’un trouble de l’usage caractérisé selon le DSM-5.

L’objectif premier de l’ASSIST est de fournir aux praticiens généralistes et non spécialistes un outil universel, rapide, robuste et culturellement neutre permettant d’identifier simultanément l’usage et les niveaux de risque associés à toutes les drogues légales et illicites. Cet instrument a été spécifiquement étalonné pour servir d’interface opérationnelle avec des stratégies de prise en charge précoce, notamment le modèle SBIRT (Screening, Brief Intervention, and Referral to Treatment ou Dépistage, intervention brève et orientation vers un traitement). L’ASSIST ne vise pas uniquement à porter un diagnostic formel de dépendance, mais à quantifier la sévérité de l’implication dans l’usage de substances afin de guider une action thérapeutique proportionnée :

  • Risque faible (Score 0-3 pour substances illicites/tabac, 0-10 pour alcool) : Renforcement positif, conseils d’éducation générale à la santé et prévention primaire.
  • Risque modéré (Score 4-26 pour substances illicites/tabac, 11-26 pour alcool) : Déclenchement immédiat d’une intervention brève (fondée sur l’entretien motivationnel) d’une durée de 5 à 15 minutes, visant à sensibiliser le patient aux risques encourus et à négocier un changement de comportement.
  • Risque élevé (Score 27+ pour toute substance) : Identification d’un état de dépendance probable ou de complications aiguës nécessitant une prise en charge intensive, une médication de sevrage ou une orientation spécialisée en addictologie.

En recherche épidémiologique et clinique, l’ASSIST constitue une mesure standardisée d’une valeur inestimable pour comparer la consommation de substances à travers différents contextes géographiques, évaluer l’efficacité longitudinale de politiques de réduction des méfaits, et mesurer l’évolution de la consommation globale de drogues dans des cohortes cliniques.

5. Construit psychologique / Construct

L’ASSIST opérationnalise le construit d’implication dans les substances (Substance Involvement). Ce construit unifié dépasse la simple dichotomie usager/non-usager ou sain/dépendant, pour concevoir la relation d’un individu avec une drogue le long d’un continuum multidimensionnel de sévérité. L’instrument appréhende cette implication à travers plusieurs facettes psychologiques et comportementales interdépendantes, déclinées de manière systématique pour chaque classe pharmacologique :

Fréquence de consommation récente (Item 2)

Ce volet mesure l’exposition pharmacologique au cours des 90 derniers jours. Une fréquence hebdomadaire ou quotidienne reflète une incorporation comportementale régulière de la substance dans le quotidien, augmentant drastiquement les probabilités de neuroadaptation, de tolérance et de neuroplasticité dysfonctionnelle dans les voies dopaminergiques mésolimbiques.

Craving et perte de contrôle motivationnelle (Item 3)

Le désir impérieux, l’envie obsédante ou l’impulsion incontrôlable de consommer une substance (craving) constitue le cœur phénotypique de l’addiction. Ce domaine évalue l’échec de la régulation cognitive top-down exercée par le cortex préfrontal sur le système limbique. Une fréquence élevée d’envies compulsives signale un basculement vers une saillance incitative exacerbée de la drogue.

Problèmes biopsychosociaux secondaires (Item 4)

Cette dimension capture l’impact néfaste de la substance sur la vie globale du sujet : troubles somatiques (maladies hépatopathiques, cardiovasculaires, bronchopulmonaires), altérations de la santé mentale (dépression, anxiété, épisodes psychotiques induits), perturbations judiciaires (conduite sous influence, arrestations) et tensions financières ou interpersonnelles majeures.

Dysfonctionnement dans les rôles sociaux (Item 5)

Ce construit traduit la désorganisation fonctionnelle induite par l’intoxication, la recherche de produit ou la phase de descente/sevrage. L’incapacité à accomplir les tâches normalement attendues dans la sphère professionnelle, scolaire, domestique ou parentale est un marqueur clinique déterminant de la transition vers une dépendance fonctionnelle sévère.

Perception sociale et préoccupation d’autrui (Item 6)

L’expression de préoccupations par des tiers (famille, amis, collègues, médecins) reflète la visibilité des préjudices comportementaux dans l’environnement social. Ce paramètre surmonte en partie les biais d’anosognosie ou de déni fréquemment observés chez les individus souffrant d’addiction.

Tentatives infructueuses de contrôle (Item 7)

Ce construit explore l’incapacité subjective et objective à modérer ou arrêter la prise malgré une intention déclarée. Il s’agit du critère clinique cardinal de la perte d’autonomie comportementale, témoignant de l’installation de schémas de dépendance psychologique et physique.

Voie d’administration à haut risque (Item 8)

L’injection de substances (par voie intraveineuse ou intramusculaire) constitue un construit de risque nosologique distinct, fortement corrélé à la transmission virale (VIH, hépatites B et C), aux surdoses mortelles et aux complications bactériennes systémiques (endocardites, abcès profonds).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le cadre conceptuel de l’ASSIST repose sur l’intégration de trois paradigmes majeurs en psychologie de la santé, en addictologie et en santé publique :

Le modèle biopsychosocial et le continuum de l’usage

Conformément au cadre théorique de George Engel et aux conceptualisations modernes de l’American Psychological Association, l’ASSIST postule que l’addiction n’est pas un état binaire accidentel mais un processus dynamique émergeant d’interactions complexes entre vulnérabilités génétiques, états neurobiologiques, contextes relationnels et facteurs socio-environnementaux. Ce cadre récuse le modèle moral ou le modèle de la maladie statique au profit d’un continuum de risque, s’étendant de la non-consommation à l’usage occasionnel sans dommage, puis à l’usage à risque, à l’usage nocif (abus), jusqu’à la dépendance physique et psychologique sévère.

La théorie transthéorique du changement (TTM)

Élaborée par James O. Prochaska et Carlo DiClemente, cette théorie propose que la modification d’un comportement addictif s’opère à travers une série de stades : précontemplation, contemplation, préparation, action et maintien. L’ASSIST a été précisément conceptualisé pour intervenir auprès des individus situés dans les stades de précontemplation (qui n’ont pas encore conscience de leurs risques) ou de contemplation (qui reconnaissent l’existence de problèmes potentiels mais hésitent à s’engager dans le changement). En restituant au sujet son profil de risque quantifié (via la fiche de rétroaction personnalisée de l’OMS), l’outil génère une dissonance cognitive constructive propice à l’amorce de la décision de changement.

L’entretien motivationnel et la réduction des risques

L’architecture opérationnelle de l’ASSIST s’arrime aux principes de l’entretien motivationnel formalisé par William R. Miller et Stephen Rollnick. Le questionnaire ne se veut ni punitif, ni accusateur, ni stigmatisant. Il adopte une approche empathique, collaborative et non confrontationnelle. Par ailleurs, la philosophie de la réduction des risques irrigue la structure de cotation : toute modération, tout espacement de prise, toute transition d’un mode de consommation parentéral à un mode oral représente un gain clinique substantiel sur le plan de la morbidité individuelle et sociétale.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de l’ASSIST a été établie au cours d’un programme d’évaluation internationale rigoureux mené par l’OMS, articulé en trois phases successives : la phase 1 (conception de la version initiale), la phase 2 (faisabilité et consistance psychométrique dans divers contextes culturels ; WHO ASSIST Working Group, 2002) et la phase 3 (validation concurrente et essais contrôlés randomisés ; Humeniuk et al., 2008).

Validité de contenu et validité transculturelle

La validité de contenu a été garantie par un panel multinational d’experts en santé mentale et en pharmacodépendance issus de pays à revenus faibles, intermédiaires et élevés (Australie, Brésil, Inde, Thaïlande, Royaume-Uni, États-Unis, Zimbabwe). Les libellés d’items ont été examinés pour s’assurer qu’ils capturent l’ensemble des critères diagnostiques nosographiques de la CIM-10 (Classification internationale des maladies) et du DSM-IV pour l’abus et la dépendance aux substances, tout en demeurant intelligibles et pertinents pour des populations analphabètes ou peu scolarisées.

Validité concurrente et convergente

Dans l’étude de validation multicentrique de phase 3 portant sur plus de 1 000 participants (Humeniuk et al., 2008 ; Newcombe et al., 2005), les scores spécifiques de l’ASSIST ont été corrélés avec les scores d’instruments de référence établis :

  • Pour l’alcool, la corrélation entre le score ASSIST-Alcool et le score de l’AUDIT était hautement significative (r = 0,82 à 0,89, p < 0,001).
  • Pour le tabac, les corrélations avec le Fagerström Test for Nicotine Dependence (FTND) variaient entre 0,72 et 0,78.
  • Pour les autres drogues (cannabis, cocaïne, opioïdes), les scores ASSIST présentaient de fortes corrélations convergentes avec le DAST-20 (Drug Abuse Screening Test ; r compris entre 0,76 et 0,88) et l’Addiction Severity Index (ASI).

Validité discriminante et diagnostique (Analyses ROC)

L’efficacité diagnostique de l’ASSIST pour discriminer les patients sans trouble, avec usage à risque/nocif, et avec dépendance caractérisée (évaluée par l’entretien psychiatrique standardisé MINI-Plus selon la CIM-10/DSM-IV) a été analysée au moyen de courbes ROC (Receiver Operating Characteristic). Les aires sous la courbe (AUC) se sont avérées exceptionnelles :

  • Dépendance au cannabis : AUC = 0,91 (sensibilité 88 %, spécificité 82 % au seuil de 27).
  • Dépendance à la cocaïne : AUC = 0,94 (sensibilité 90 %, spécificité 87 % au seuil de 27).
  • Dépendance aux opioïdes : AUC = 0,95 (sensibilité 92 %, spécificité 89 % au seuil de 27).
  • Dépendance à l’alcool : AUC = 0,86 (sensibilité 84 %, spécificité 80 % au seuil de 27).

Pour le repérage de l’usage nocif/abus (seuil de coupure à 4 pour les drogues et 11 pour l’alcool), la sensibilité oscillait entre 80 % et 93 % selon les sites d’évaluation, démontrant la puissance diagnostique de l’instrument en première ligne.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’ASSIST a été scrupuleusement évaluée sous l’angle de la consistance interne et de la stabilité temporelle (test-retest).

Consistance interne

Les analyses de consistance interne réalisées sur les scores de substances spécifiques (somme des items 2 à 7) ont mis en évidence une forte cohérence entre les items d’une même classe. Les coefficients alpha de Cronbach rapportés dans les publications de validation internationale (WHO ASSIST Working Group, 2002 ; Humeniuk et al., 2008) sont les suivants :

  • Tabac : α = 0,80 à 0,86
  • Alcool : α = 0,82 à 0,90
  • Cannabis : α = 0,84 à 0,92
  • Cocaïne : α = 0,88 à 0,94
  • Stimulants amphétaminiques : α = 0,86 à 0,93
  • Sédatifs et somnifères : α = 0,85 à 0,91
  • Hallucinogènes : α = 0,77 à 0,85
  • Inhalants : α = 0,79 à 0,87
  • Opioïdes : α = 0,89 à 0,94

Toutes les valeurs excèdent largement le seuil psychométrique conventionnel de 0,70, indiquant que les questions 2 à 7 convergent solidement vers la mesure du même phénotype d’implication dans la substance.

Fidélité test-retest

La fidélité test-retest a été vérifiée lors de l’étude de faisabilité de phase 2 auprès d’un sous-échantillon réévalué à un intervalle de 3 à 5 jours. Les coefficients de corrélation intraclasse (CCI) pour les scores spécifiques variaient entre 0,88 et 0,97. Le coefficient Kappa de Cohen calculé sur les items individuels de consommation sur la vie entière (Item 1) et sur les 3 derniers mois (Item 2) se situait entre 0,61 et 0,90, témoignant d’une très bonne à excellente stabilité temporelle et de la robustesse des déclarations des usagers lorsqu’ils sont interrogés dans un cadre confidentiel et standardisé.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Les investigations en analyse factorielle exploratoire (AFE) et confirmatoire (AFC) ont apporté un éclairage fondamental sur l’architecture latente de l’ASSIST.

Structure unifactorielle par classe de substance

Lorsqu’une analyse factorielle exploratoire est menée séparément sur la matrice des items 2 à 7 pour chaque substance psychoactive spécifique, une solution unifactorielle claire émerge systématiquement. Un seul facteur dominant présente une valeur propre (eigenvalue) nettement supérieure à 1 (représentant typiquement entre 52 % et 68 % de la variance totale selon le produit). Les saturations factorielles (factor loadings) des six items (Q2 à Q7) sont toutes solides et dépassent régulièrement 0,60 :

  • Item 2 (Fréquence d’usage récent) : saturations de 0,62 à 0,78
  • Item 3 (Craving / pulsion) : saturations de 0,74 à 0,86
  • Item 4 (Problèmes associés) : saturations de 0,70 à 0,84
  • Item 5 (Échec aux obligations) : saturations de 0,68 à 0,82
  • Item 6 (Inquiétude de l’entourage) : saturations de 0,58 à 0,75
  • Item 7 (Tentatives infructueuses de contrôle) : saturations de 0,64 à 0,81

Modélisation confirmatoire (AFC) et validité de second ordre

Des analyses factorielles confirmatoires menées sur des échantillons cliniques diversifiés ont validé l’adéquation de modèles hiérarchiques. Les indices d’ajustement globaux soutiennent la cohérence du modèle unifactoriel de premier ordre pour chaque drogue, avec des indices robustes : Comparative Fit Index (CFI) > 0,95, Tucker-Lewis Index (TLI) > 0,94 et Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) < 0,06. Dans les populations polyconsommatrices, un modèle factoriel de second ordre — représentant un facteur général de « propension à l’usage de substances » sous-tendant les facteurs spécifiques de chaque drogue — a été exploré avec succès, confirmant l’existence d’une vulnérabilité addictive globale commune couplée à des spécificités propres à chaque classe pharmacologique.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’ASSIST V3.0 se présente sous la forme d’un questionnaire standardisé hétéro-administré (par entretien en face-à-face conduit par un professionnel de santé formé) ou auto-administré (sur support papier ou numérique).

  • Type de test : Instrument de dépistage clinique et de stratification du risque lié aux substances psychoactives.
  • Nombre d’items : 8 questions principales couvrant 10 catégories de substances (soit jusqu’à 80 points de mesure potentiels au total).
  • Format d’administration : Entretien clinique semi-directif ou questionnaire informatisé interactif.
  • Durée moyenne de passation : 5 à 10 minutes (dépend du nombre de substances expérimentées au cours de la vie).
  • Échelle de réponse : Variable selon les questions : dichotomique (Oui/Non) pour l’Item 1 ; échelle ordinale pondérée à 5 points de fréquence pour les Items 2 à 5 (Jamais = 0, 1 ou 2 fois = 2/3/4/5, Mensuellement = 3/4/5/6, Chaque semaine = 4/5/6/7, Quotidiennement ou presque = 6/7/8 selon l’item et le produit) ; échelle à 3 points rétrospectifs pour les Items 6, 7 et 8 (Non, jamais = 0 ; Oui, au cours des 3 derniers mois = 6 [ou 2 pour Q8] ; Oui, mais pas au cours des 3 derniers mois = 3 [ou 1 pour Q8]).
  • Règles de passage (Skip patterns) :
    • Si la réponse à l’Item 1 est « Non » pour l’ensemble des 10 catégories de substances, l’évaluation s’interrompt immédiatement (sujet abstinent à vie).
    • Si une substance a été consommée au cours de la vie (Item 1 = « Oui »), l’Item 2 est posé pour cette substance.
    • Si la réponse à l’Item 2 est « Jamais » (aucun usage au cours des 3 derniers mois), le praticien saute directement aux Items 6 et 7 pour cette substance.
    • Si la substance a été consommée au cours des 3 derniers mois (Item 2 > 0), les Items 3, 4 et 5 sont obligatoirement administrés.
  • Modalités de cotation et calcul des scores :
    • Le score d’implication spécifique (Specific Substance Involvement Score) est calculé indépendamment pour chaque substance (a à j) en additionnant les points pondérés obtenus aux Questions 2 à 7. La Question 1 ne rentre pas dans le calcul du score (simple filtre d’exposition à vie).
    • La Question 8 relative à l’injection ne s’additionne pas aux scores par produit mais constitue un indicateur de risque vital indépendant.
  • Interprétation des seuils de décision clinique :
    • Pour les substances autres que l’alcool (Tabac, Cannabis, Cocaïne, Amphétamines, Inhalants, Sédatifs, Hallucinogènes, Opioïdes, Autres) :
      • 0 à 3 points : Risque faible (intervention minimale, information générale).
      • 4 à 26 points : Risque modéré (intervention brève requise).
      • 27 points et plus : Risque élevé (évaluation approfondie, prise en charge spécialisée intensive).
    • Pour les boissons alcoolisées :
      • 0 à 10 points : Risque faible.
      • 11 à 26 points : Risque modéré (intervention brève ciblée).
      • 27 points et plus : Risque élevé (suspicion forte de dépendance éthylique).
    • Question 8 (Injection) : Toute réponse positive au cours des 3 derniers mois impose un protocole immédiat de réduction des risques infectieux (matériel stérile, dépistage VIH/VHC, TSO).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication : Première formalisation en 2002 (Phase 1/2) ; version consolidée ASSIST V3.0 et guides cliniques publiés par l’OMS en 2003 ; validation internationale majeure de Phase 3 publiée en 2008.
  • Statut des droits d’auteur : Domaine public sous égide de l’Organisation mondiale de la santé (OMS / WHO).
  • Tarifs et redevances : L’utilisation du questionnaire, du guide d’utilisation en soins primaires et de la fiche de rétroaction (ASSIST-linked Brief Intervention) est entièrement gratuite et libre de droits pour la pratique clinique, la recherche académique et les politiques publiques de santé.
  • Conditions d’utilisation : Aucune autorisation commerciale payante n’est exigée. Cependant, les adaptations, traductions officielles ou intégrations dans des logiciels tiers doivent respecter l’intégrité du protocole de cotation de l’OMS et citer formellement les publications de référence du groupe de travail OMS.

12. Références / References

Henry-Edwards, S., Humeniuk, R., Ali, R., Poznyak, V., & Monteiro, M. (2003). The Alcohol, Smoking and Substance Involvement Screening Test (ASSIST): Guidelines for use in primary care (Draft Version 1.1 for Field Testing). World Health Organization. https://www.who.int/publications/i/item/978924159938-2

Humeniuk, R., Ali, R., Babor, T. F., Farrell, M., Formigoni, M. L., Jittiwutikarn, J., de Lacerda, R. B., Ling, W., Marsden, J., Monteiro, M., Nishise, S., Poznyak, V., Sanchez, P., & Simon, S. (2008). Validation of the Alcohol, Smoking and Substance Involvement Screening Test (ASSIST). Addiction, 103(6), 1039–1047. https://doi.org/10.1111/j.1360-0443.2007.02114.x

Humeniuk, R., Henry-Edwards, S., Ali, R., Poznyak, V., & Monteiro, M. (2010). The ASSIST-linked brief intervention for hazardous and harmful substance use: A manual for use in primary care. World Health Organization. https://apps.who.int/iris/handle/10665/44321

Newcombe, D. A., Humeniuk, R. E., & Ali, R. (2005). Validation of the World Health Organization Alcohol, Smoking and Substance Involvement Screening Test (ASSIST): Report of results from the Australian site. Drug and Alcohol Review, 24(3), 217–226. https://doi.org/10.1080/09595230500170266

WHO ASSIST Working Group. (2002). The Alcohol, Smoking and Substance Involvement Screening Test (ASSIST): Development, reliability and feasibility. Addiction, 97(9), 1183–1194. https://doi.org/10.1046/j.1360-0443.2002.00185.x

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: The following questions ask about your experience of using alcohol, tobacco products and other drugs across your lifetime and in the past three months. These substances can be smoked, swallowed, snorted, inhaled, injected or taken in the form of pills (do not include medications taken only as prescribed by your doctor).
Response Scale: Varies by question: Q1 (No, Yes); Q2-Q5 (0 = Never, 2/3 = Once or twice, 3/4 = Monthly, 4/5/6 = Weekly, 6/7/8 = Daily or almost daily, depending on substance); Q6-Q7 (0 = No, never; 6 = Yes, in the past 3 months; 3 = Yes, but not in the past 3 months); Q8 (No, never; Yes, in the past 3 months; Yes, but not in the past 3 months)
Scoring / Reverse Items: Scores are calculated separately for each substance category (tobacco, alcohol, cannabis, cocaine, amphetamines, inhalants, sedatives, hallucinogens, opioids, other) by summing the specific item scores for Questions 2 through 7 (Specific Substance Involvement score). Scores classify risk as Low, Moderate, or High risk for each substance. Question 8 assesses injection drug risk.
1

In your life, which of the following substances have you ever used? (NON-MEDICAL USE ONLY)
a.

Tobacco products (cigarettes, chewing tobacco, cigars, etc.)

b.

Alcoholic beverages (beer, wine, spirits, etc.)

c.

Cannabis (marijuana, pot, grass, hash, etc.)

d.

Cocaine (coke, crack, etc.)

e.

Amphetamine type stimulants (speed, diet pills, ecstasy, etc.)

f.

Inhalants (nitrous, glue, petrol, paint thinner, etc.)

g.

Sedatives or Sleeping Pills (Valium, Serepax, Rohypnol, etc.)

h.

Hallucinogens (LSD, acid, mushrooms, PCP, Special K, etc.)

i.

Opioids (heroin, morphine, methadone, codeine, etc.)

j.

Other — specify:

2

In the past three months, how often have you used the substances you mentioned (FIRST DRUG, SECOND DRUG, etc.)?
3

During the past three months, how often have you had a strong desire or urge to use (FIRST DRUG, SECOND DRUG, etc.)?
4

During the past three months, how often has your use of (FIRST DRUG, SECOND DRUG, etc.) led to health, social, legal or financial problems?
5

During the past three months, how often have you failed to do what was normally expected of you because of your use of (FIRST DRUG, SECOND DRUG, etc.)?
6

Has a friend or relative or anyone else ever expressed concern about your use of (FIRST DRUG, SECOND DRUG, etc.)?
7

Have you ever tried and failed to control, cut down or stop using (FIRST DRUG, SECOND DRUG, etc.)?
8

Have you ever used any drug by injection? (NON-MEDICAL USE ONLY)
★

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Citer cet article

Looti, M. (2026, septembre 30). Test de dépistage de la consommation d’alcool, de tabac et d’autres substances (ASSIST). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/test-depistage-consommation-alcool-tabac-substances-assist/
Looti, Mohammed. “Test de dépistage de la consommation d’alcool, de tabac et d’autres substances (ASSIST).” Base de données de psychologie en français, 30 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/test-depistage-consommation-alcool-tabac-substances-assist/.
Looti, Mohammed. “Test de dépistage de la consommation d’alcool, de tabac et d’autres substances (ASSIST).” Base de données de psychologie en français. septembre 30, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/test-depistage-consommation-alcool-tabac-substances-assist/.