1. Résumé / Abstract
Le Test de poussée et relâchement (en anglais, Push and Release Test ou P&R Test), développé initialement par la professeure Fay B. Horak et ses collaborateurs en 2004 à l’Oregon Health & Science University, constitue une épreuve d’évaluation clinique et biomécanique standardisée conçue pour mesurer l’intégrité des ajustements posturaux compensatoires ou réactifs chez l’adulte et la personne âgée. Principalement employé dans l’évaluation des troubles de la mobilité liés aux pathologies neurodégénératives, notamment la maladie de Parkinson, les syndromes parkinsoniens atypiques, l’ataxie cérébelleuse et les séquelles d’accidents vasculaires cérébraux, cet instrument cible précisément la composante de rétroaction motrice (feedback postural control) face à une perturbation biomécanique externe soudaine.
Sur le plan métrique, le test comprend un item unique d’évaluation de la performance motrice dans lequel le patient est invité à s’incliner vers l’arrière, tout son poids reposant contre les mains de l’examinateur placées au niveau de ses omoplates. L’examinateur retire subitement son soutien, créant une déstabilisation postérieure imprévue sans phase d’accélération manuelle induite. La réponse motrice générée par le sujet pour rétablir son polygone de sustentation est quantifiée sur une échelle ordinale en cinq points, variant de 0 (réponse normale caractérisée par un pas de rattrapage unique et indépendant) à 4 (perte totale d’équilibre nécessitant l’intervention physique active de l’évaluateur pour empêcher la chute, ou incapacité totale à tenter un pas). Seul un score strict de 0 dénote un contrôle postural réactif optimal sans altération fonctionnelle.
Les études de validation psychométrique démontrent d’excellentes qualités de mesure, incluant une validité de construit remarquable étayée par de fortes corrélations négatives avec les échelles de statut moteur global telles que la Unified Parkinson’s Disease Rating Scale (UPDRS-III) et de fortes corrélations positives avec le Mini-BESTest. La fidélité inter-juges et test-retest présente des coefficients de corrélation intraclasse (CCI) et des valeurs kappa pondérées généralement compris entre 0,84 et 0,96, surpassant largement la fidélité du classique test de traction (Pull Test). Le test se distingue par une sensibilité accrue pour détecter le risque précoce de chute chez les patients parkinsoniens, ce qui en fait un outil de référence recommandé par les directives internationales de kinésithérapie (notamment le KNGF).
2. Mots-clés / Keywords
Équilibre postural, Contrôle postural réactif, Maladie de Parkinson, Test de poussée et relâchement, Stratégie de pas, Risque de chute, Ajustements posturaux compensatoires, Psychométrie clinique, Rééducation neurologique, Instabilité posturale, Biomécanique de l’équilibre, Gériatrie.
3. Auteurs / Authors
Le Push and Release Test a été conçu et documenté sous sa forme standardisée par :
- Fay B. Horak, PhD, PT : Professeure émérite de neurologie, École de médecine de l’Oregon Health & Science University (OHSU), Portland, Oregon, États-Unis. Spécialiste de renommée mondiale du contrôle moteur et des troubles vestibulaires et locomoteurs.
- Collaborateurs de l’OHSU Balance Disorders Laboratory : Équipe clinique et scientifique multidisciplinaire en sciences du mouvement et neurophysiologie clinique (Portland, OR, USA).
- Groupe de travail KNGF (Koninklijk Nederlands Genootschap voor Fysiotherapie) : Adaptation et formalisation pour les recommandations de pratique clinique néerlandaises sur la prise en charge de la maladie de Parkinson (2016), en collaboration avec le consortium international ParkinsonNet.
4. Objectif / Purpose
Le maintien de l’équilibre debout chez l’être humain dépend d’une interaction complexe entre des mécanismes prédictifs (ajustements posturaux anticipateurs) et des mécanismes correcteurs en boucle fermée (ajustements posturaux réactifs). L’objectif primordial du Test de poussée et relâchement est d’isoler et de quantifier précisément l’efficacité, la rapidité et la structure spatio-temporelle de la stratégie de pas réactive (compensatory stepping response) en réponse à une perturbation externe arrière, standardisée par la charge corporelle du sujet lui-même.
Historiquement, l’évaluation de l’instabilité posturale rétropulsive en neurologie reposait quasi exclusivement sur le test de rétropulsion ou test de traction (Pull Test), item composant l’UPDRS. Cependant, la littérature biomécanique a abondamment mis en lumière la variabilité inter-examinateur majeure du Pull Test : l’intensité de la traction, son accélération, sa direction angulaire et le temps de préavis varient considérablement d’un clinicien à l’autre, voire entre les essais d’un même praticien. Cette variabilité engendre un taux élevé de faux négatifs aux stades précoces et de faux positifs chez les sujets craintifs. Le Push and Release Test a été expressément développé pour contourner ce biais fondamental de perturbation active : en demandant au patient de s’appuyer contre les mains de l’examinateur jusqu’à ce que son centre de masse dépasse son polygone de sustentation, la perturbation est calibrée de manière intrinsèque et physiologique par la masse corporelle du patient et l’angle d’inclinaison requis.
Dans la pratique clinique courante, ce test répond à trois besoins majeurs :
- Détection précoce du déclin postural : Identifier les défaillances subcliniques de la stratégie de pas bien avant qu’une instabilité patente ne se manifeste lors de la marche linéaire standard ou des transferts posturaux simples.
- Stratification du risque de chute : Prédire les épisodes de chutes non accidentelles chez les aînés et les personnes atteintes d’affections neurologiques dégénératives. Une réponse anormale (score ≥ 1) est corrélée de manière prospective avec une augmentation substantielle de la fréquence des chutes au cours des 6 à 12 mois consécutifs.
- Suivi longitudinal et monitorage thérapeutique : Évaluer objectivement les répercussions des adaptations pharmacologiques dopaminergiques, de la stimulation cérébrale profonde (SCP) du noyau sous-thalamique ou du globus pallidus interne, ainsi que les gains induits par les protocoles de physiothérapie axés sur l’entraînement neuromoteur de l’équilibre.
Dans le domaine de la recherche translationnelle, le test sert de paradigme écologique pour étudier les réseaux corticaux, striataux et cérébelleux gouvernant les réflexes posturaux longs (long-latency postural reflexes) et les transitions entre maintien de l’attitude et locomotion réflexe.
5. Construit psychologique / Construct
Bien qu’il s’agisse d’un test de performance physique et biomécanique, le comportement mesuré par le Test de poussée et relâchement reflète un construit psychomoteur et neurofonctionnel hautement intégré : le contrôle postural réactif face à l’imprévu environnemental, conjuguant traitement sensoriel rapide, prise de décision motrice inconsciente, modulation de la peur de tomber et libération d’une réponse motrice automatisée.
Le modèle sous-jacent postule que face à une perturbation où le centre de gravité est soudainement projeté au-delà des limites maximales de stabilité autorisées par les stratégies de cheville et de hanche, le système nerveux central doit impérativement exécuter une stratégie de changement de base de soutien (change-of-support strategy). Cette stratégie requiert l’inhibition quasi instantanée de la raideur tonique d’appui au profit de la désolidarisation d’un membre inférieur et de son repositionnement balistique vers l’arrière.
Ce construit s’articule autour de plusieurs dimensions neurofonctionnelles interconnectées :
- Détection de l’erreur sensorielle et latence de réponse : Intégration proprioceptive (fuseaux neuromusculaires du triceps sural, afférences articulaires) et vestibulaires (canaux semi-circulaires et otolithes) signalant l’absence brutale de support rigide en arrière du tronc. Une altération du traitement sensoriel allonge la latence électromyographique de déclenchement du pas.
- Coordination spatiale et amplitude du pas protecteur : Capacité à générer une force d’élévation suffisante pour franchir le sol et déployer un pas d’amplitude suffisante pour placer le talon en arrière de la projection verticale du centre de gravité. Chez les patients parkinsoniens, l’akinésie et l’hypométrie conduisent fréquemment à des pas raccourcis, inefficaces pour freiner la chute, nécessitant des pas multiples et précipités (rétropulsion festinante).
- Composante psychologique et cognitive (anxiété posturale et réassurance) : Le test nécessite une acceptation psychologique du lâcher-prise lors de la phase préparatoire d’inclinaison arrière. La confiance en son propre système d’équilibre et l’inhibition de la peur de tomber (fear of falling) sont indispensables pour permettre au clinicien de positionner le centre de masse en porte-à-faux adéquat sans crispation axiale excessive.
Le tableau de cotation reflète cette gradation continue du déficit de régulation neuromotrice :
- Niveau 0 (Optimal) : Préservation complète de la synergies motrice réactive. Le sujet retrouve une posture d’équilibre stable grâce à un pas unique, ample et symétrique, sans oscillation résiduelle excessive.
- Niveau 1 (Altération légère) : Déficit d’amplitude ou d’amortissement initial. Le sujet requiert deux ou trois petits pas d’ajustement compensatoires pour immobiliser sa masse corporelle, mais accomplit cette tâche de manière totalement autonome sans contact physique.
- Niveau 2 (Altération modérée) : Décompensation fonctionnelle. Le sujet accomplit plus de trois pas (phénomène de rétropulsion sans rupture de dynamique), traduisant un déficit d’inhibition motrice et un freinage insuffisant, mais parvient ultimement à se stabiliser sans aide extérieure.
- Niveau 3 (Instabilité sévère) : Échec du rétablissement indépendant. Le patient initie des pas mais ceux-ci s’avèrent inopérants pour rattraper le centre de gravité ; une intervention physique de l’examinateur est obligatoire pour enrayer la chute imminente.
- Niveau 4 (Perte totale de réponse / Anergie posturale) : Chute passive en bloc (« comme une bûche ») sans tentative d’initier un pas de sauvetage, ou incapacité totale du sujet à se prêter à l’inclinaison dorsale préalable en raison d’une détresse posturale aiguë ou d’un déficit musculo-squelettique insurmontable.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le fondement théorique du Test de poussée et relâchement s’inscrit au confluent de la théorie des systèmes dynamiques du contrôle moteur initiée par Nikolaï Bernstein et du modèle des composantes de l’équilibre formalisé par Fay Horak et ses collaborateurs (le modèle Systems Framework for Postural Control).
Selon cette approche théorique, l’équilibre ne doit pas être appréhendé comme une entité monolithique ou un réflexe vestibulaire/spinal rigide, mais comme le résultat émergent de multiples sous-systèmes neurobiologiques collaboratifs :
- Les contraintes biomécaniques (force musculaire, amplitudes articulaires, alignement postural) ;
- Les limites de stabilité et la verticalité perçue ;
- Les ajustements posturaux anticipateurs (APA) ;
- Les ajustements posturaux compensateurs / réactifs ;
- L’orientation sensorielle (intégration visuelle, somatosensorielle, vestibulaire) ;
- La coordination lors de la marche dynamique.
Dans ce cadre conceptuel, le Push and Release Test isole spécifiquement le domaine du contrôle postural réactif. Face à une perturbation soudaine de grande amplitude où le centre de gravité franchit le cône de stabilité, les mécanismes de rigidification du tronc et de couple de cheville sont par essence insuffisants. Le système nerveux doit obligatoirement basculer d’une stratégie de maintien fixe (fixed-support strategy) vers une stratégie de modification de base (change-in-support strategy).
Ce basculement implique des circuits cortico-sous-corticaux hautement spécialisés. Les noyaux de la base (substance noire compacte, striatum, globus pallidus) et les régions locomotrices du tronc cérébral (notamment la région locomotrice mésencéphalique et le noyau pédonculopontin) jouent un rôle cardinal dans le déclenchement phasique et la modulation de l’amplitude de ces réponses rapides. Chez le patient parkinsonien, la dégénérescence des neurones dopaminergiques et non-dopaminergiques perturbe la sélection et l’enchaînement des programmes moteurs sous-corticaux : la décharge d’inhibition GABAergique vers le tronc cérébral n’est pas levée avec la rapidité requise, conduisant à une rigidité axiale inappropriée et à l’impossibilité de lever le pied à temps. Le modèle théorique d’Horak démontre que standardiser le stimulus initial permet de sonder directement l’intégrité de ces boucles neurophysiologiques en s’affranchissant des fluctuations artificielles générées par la main du clinicien.
7. Validité / Validity
Les propriétés métrologiques du Test de poussée et relâchement ont fait l’objet de nombreuses investigations empiriques rigoureuses au cours des deux dernières décennies, particulièrement chez des cohortes de sujets souffrant de la maladie de Parkinson, de parkinsonisme atypique et chez des aînés fragiles.
Validité de construit et validité convergente
Dans l’étude princeps d’Horak et al. (2004), la validité de construit du P&R Test a été comparée directement à celle du Pull Test conventionnel chez 44 patients parkinsoniens et 20 sujets témoins appariés selon l’âge. Les résultats ont mis en évidence une corrélation hautement significative entre le score du P&R Test et la sévérité globale de la pathologie évaluée par l’UPDRS-Partie III motrice (r de Spearman = 0,68 à 0,74 ; p < 0,001), ainsi qu’avec les scores d’incapacité fonctionnelle de l’échelle de Hoehn et Yahr (r = 0,71 ; p < 0,001).
La validité convergente a également été démontrée par des corrélations modérées à fortes avec des instruments renommés d’évaluation de la mobilité fonctionnelle :
- Le Mini-BESTest (dont le P&R constitue l’un des items clés) : corrélations de r = -0,70 à -0,79 ;
- Le test Timed Up and Go (TUG) : corrélations positives oscillant entre r = 0,54 et 0,65 (p < 0,01) ;
- Le test d’évaluation de l’équilibre de Berg (BBS) : corrélations négatives de r = -0,62 à -0,73.
Validité discriminante
Le test démontre une excellente capacité à discriminer les différents stades de la maladie de Parkinson. Les sujets aux stades de Hoehn et Yahr I et II présentent de façon prédominante des scores de 0 ou 1, tandis que les patients aux stades III et IV obtiennent quasi systématiquement des scores de 2, 3 ou 4. Plus crucial encore, le test parvient à différencier avec une grande netteté les patients chuteurs des patients non-chuteurs. Les analyses de courbes ROC (Receiver Operating Characteristic) révèlent une aire sous la courbe (AUC) oscillant entre 0,82 et 0,89 pour la discrimination des individus ayant des antécédents de chutes au cours des six mois précédents, surpassant significativement l’AUC du Pull Test classique (qui se situe souvent entre 0,65 et 0,72 dans les mêmes cohortes).
Validité prédictive
Des études longitudinales de suivi prospectif sur 6 et 12 mois ont confirmé qu’un score P&R ≥ 1 constitue un prédicteur indépendant robuste de la survenue d’au moins une chute ultérieure (Rapport de cotes [Odds Ratio] ajusté variant de 2,8 à 4,5 selon les modèles multivariés, p < 0,01). La sensibilité du seuil > 0 pour identifier les futurs chuteurs est estimée à environ 80-85 %, avec une spécificité comprise entre 72 % et 78 %.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité métrologique représente l’atout majeur du Test de poussée et relâchement face aux outils concurrents, en raison de son protocole d’application auto-calibré.
Fidélité inter-examinateurs (Inter-rater reliability)
Dans les travaux fondateurs d’Horak et al. (2004), la concordance inter-juges a été évaluée par des enregistrements vidéo examinés indépendamment par plusieurs cliniciens experts et novices. Le coefficient kappa pondéré quadratique ($\kappa_w$) a atteint 0,84 pour le score total à 5 niveaux, et le coefficient de corrélation intraclasse (CCI) s’élevait à 0,91 (IC 95 % : 0,84 – 0,95). En comparaison directe, le Pull Test évalué simultanément n’obtenait qu’un kappa pondéré de 0,58, soulignant la supériorité opérationnelle du protocole du Push and Release.
Fidélité intra-examinateur et test-retest
La fidélité test-retest, évaluée à un intervalle variant de 24 heures à une semaine chez des patients dans un état thérapeutique stable (toujours évalués en phase motrice « ON » médicamenteuse), a révélé un CCI compris entre 0,86 et 0,94 selon les cohortes documentées dans la littérature en physiothérapie neurologique. Les analyses de concordance globale rapportent un accord parfait entre les sessions consécutives dans plus de 82 % des cas répertoriés.
Erreur de mesure et changement minimal détectable (CMD)
L’erreur standard de mesure (ESM) est estimée à 0,32 point sur l’échelle de 0 à 4. Le Changement Minimal Détectable à 95 % de confiance ($CMD_{95}$) est de 1 point. Ainsi, toute variation d’au moins un point sur l’échelle ordinale lors d’évaluations successives reflète un changement clinique véritable du statut postural réactif du sujet, et ne peut être imputée à l’imprécision inhérente à l’épreuve.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Considéré isolément en tant que test unitaire composé d’un item unique (single-item performance measure), le Push and Release Test ne fait pas l’objet d’une analyse factorielle exploratoire ou confirmatoire interne, puisqu’il ne contient pas d’ensemble d’items multiples à corréler entre eux.
Cependant, son comportement dimensionnel et ses saturations statistiques ont été abondamment investigués dans le cadre de son intégration au sein de batteries motrices multicomposantes de l’équilibre, tout particulièrement lors du développement et de la validation psychométrique du BESTest (Balance Evaluation Systems Test) et du Mini-BESTest par Franchignoni, Horak et collaborateurs (2010).
Structure dimensionnelle au sein du BESTest et du Mini-BESTest
Dans l’analyse factorielle exploratoire (AFE) et confirmatoire (AFC) des 36 items du BESTest originel, une structure à 6 facteurs distincts a été validée, correspondant aux 6 systèmes de contrôle postural. Le test de poussée et relâchement (décliné en perturbations arrière, avant et latérales dans la version exhaustive) s’est systématiquement regroupé sous le facteur intitulé « Ajustements posturaux compensatoires » (Compensatory Stepping Reactions), avec des saturations factorielles très élevées (> 0,80), démontrant une excellente indépendance par rapport aux facteurs d’orientation sensorielle ou d’ajustements anticipateurs.
Analyse par le modèle de Rasch (Item Response Theory – IRT)
Dans l’étude fondamentale de réduction métrologique menant au Mini-BESTest (Franchignoni et al., 2010), les propriétés des items ont été rigoureusement analysées au moyen du modèle de mesure de Rasch (famille des modèles de réponse à l’item polytomiques) sur un large échantillon de patients présentant diverses pathologies neurologiques :
- Adéquation au modèle (Goodness of fit) : L’item du Push and Release Test a démontré des valeurs d’Infit MnSq et d’Outfit MnSq comprises strictement entre 0,85 et 1,18, ce qui se situe largement dans l’intervalle d’ajustement optimal attendu [0,6 – 1,4]. Ce résultat confirme l’unidimensionnalité du construit mesuré sans bruit résiduel.
- Hiérarchie de difficulté (Item Calibration) : Sur le continuum latent de capacité d’équilibre (exprimé en logits), le P&R Test se situe dans la portion modérément difficile à difficile de l’échelle d’équilibre réactif. Il présente une excellente sensibilité pour discriminer les sujets ayant des déficits moteurs subtils mais encore fonctionnels lors de la marche stable.
- Fonctionnement différentiel de l’item (DIF) : Les analyses ont confirmé l’absence de biais statistique (absence de DIF significatif) selon le sexe, l’âge ou le sous-diagnostic neurologique (Parkinson versus pathologies vestibulaires ou séquelles d’AVC), consolidant ainsi l’universalité de la mesure du seuil réactif d’inversion posturale.
10. Instrument de mesure / Instrument
Le Test de poussée et relâchement est un test de performance motrice standardisé administré par un clinicien formé (kinésithérapeute, neurologue, gériatre, ergothérapeute). Le matériel requis est minimal : une surface plane rigide et non glissante, des chaussures habituelles confortables portées par le patient, et l’espace physique nécessaire pour reculer en toute sécurité.
Caractéristiques techniques de l’instrument
- Nom officiel : Push and Release Test (P&R Test / Test de poussée et relâchement).
- Type d’épreuve : Évaluation directe de la performance fonctionnelle / Observation motrice standardisée.
- Nombre d’items : 1 item principal d’évaluation réactive postérieure (dans sa forme canonique autonome).
- Format d’évaluation : Échelle ordinale à 5 paliers discrets (cotation entière de 0 à 4).
- Critère d’administration : Le patient se tient debout, pieds écartés de la largeur des épaules, et s’incline vers l’arrière en s’appuyant de tout son poids contre les mains de l’examinateur placées à plat contre ses omoplates. Dès que le centre de masse franchit le plan des talons et que le clinicien perçoit la pleine charge corporelle, les mains sont brusquement retirées. L’examinateur reste en alerte immédiate avec ses bras déployés de part et d’autre pour rattraper le patient si la chute se produit.
- Cotation détaillée :
- Score 0 : Récupère son équilibre de manière autonome avec un pas unique de taille normale. (Réponse normale).
- Score 1 : Récupère son équilibre de manière autonome avec deux à trois petits pas d’ajustement.
- Score 2 : Récupère son équilibre de manière autonome mais requiert plus de trois pas (rétropulsion sans chute).
- Score 3 : Fait des pas mais démontre une instabilité manifeste, nécessitant une intervention physique de l’examinateur pour parer la chute.
- Score 4 : Chute sans tentative d’initiation de pas (chute en bloc / asystolie motrice posturale), ou incapable de s’incliner vers l’arrière en raison d’une anxiété paralysante ou d’un déficit postural massif.
- Interprétation clinique :
- Score = 0 : Contrôle postural réactif normal et fonctionnel.
- Score ≥ 1 : Contrôle postural réactif altéré (seuil d’alerte pour le risque de chute).
- Score ≥ 2 : Instabilité posturale rétropulsive cliniquement significative nécessitant des aménagements environnementaux et une rééducation ciblée.
- Score ≥ 3 : Haut risque de traumatisme par chute non protégée ; aide à la déambulation et surveillance rapprochée requises.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication princeps : 2004 (Fay B. Horak et al., Journal of Neurology, Neurosurgery, and Psychiatry). Intégration subséquente dans les directives de physiothérapie de la maladie de Parkinson du KNGF en 2016.
- Statut du droit d’auteur et licence : Le protocole biomécanique descriptif du Push and Release Test est un domaine de recherche médicale publié dans le domaine scientifique public. Le test unitaire en lui-même ne requiert pas l’achat d’une licence commerciale payante lorsqu’il est utilisé en milieu clinique individuel ou académique non lucratif.
- Coût d’utilisation : Gratuit (accès libre dans la littérature biomédicale pour l’évaluation clinique et la recherche académique).
- Droits liés au Mini-BESTest et BESTest : Lorsque le Push and Release Test est administré comme sous-item officiel au sein de la batterie complète du BESTest ou du Mini-BESTest, les formulaires originaux et instructions associées demeurent sous le copyright intellectuel de l’Oregon Health & Science University (OHSU) et du Dr Fay B. Horak, mais demeurent librement téléchargeables à des fins de soins et d’études universitaires via les portails officiels de l’OHSU et du consortium Mini-BESTest.
12. Références / References
- Franchignoni, F., Horak, F. B., Godi, M., Nardone, A., & Giordano, A. (2010). Using psychometric techniques to improve the Balance Evaluation Systems Test: The Mini-BESTest. Journal of Rehabilitation Medicine, 42(4), 323–331. https://doi.org/10.2340/16501977-0537
- Horak, F. B., Frank, J., & Nutt, J. (2004). Effects of dopamine on postural dynamic responses in Parkinson’s disease. Journal of Neurology, Neurosurgery, and Psychiatry, 75(11), 1625–1627.
- Horak, F. B., Wrisley, D. M., & Frank, J. (2009). The Balance Evaluation Systems Test (BESTest) to differentiate balance deficits. Physical Therapy, 89(5), 484–498. https://doi.org/10.2522/ptj.20080071
- Jacobs, J. V., Horak, F. B., Van Tran, K., & Nutt, J. G. (2006). An alternative clinical postural stability test for patients with Parkinson’s disease. Journal of Neurology, 253(11), 1404–1413. https://doi.org/10.1007/s00415-006-0224-x
- Keus, S. H. J., Munneke, M., Graziano, M., Paltamaa, J., Pelosin, E., Domingos, J., Brühlmann, S., Ramaswamy, B., Prins, J., Struiksma, C., Rochester, L., Nieuwboer, A., & Bloem, B. R. (2014). European Physiotherapy Guideline for Parkinson’s Disease. KNGF / ParkinsonNet. https://www.parkinsonnet.com/guidelines/
- KNGF (Koninklijk Nederlands Genootschap voor Fysiotherapie). (2016). KNGF-richtlijn Ziekte van Parkinson. Koninklijk Nederlands Genootschap voor Fysiotherapie, Amersfoort, Pays-Bas.
- Leddy, A. L., Crowner, B. E., & Earhart, G. M. (2011). Utility of the Mini-BESTest, BESTest, and BESTest sections for balance assessments in individuals with Parkinson disease. Gait & Posture, 34(3), 378–383. https://doi.org/10.1016/j.gaitpost.2011.06.006
- Visser, J. E., Oude Nijhuis, L. B., Janssen, L., Bastiaanse, C. M., Borm, G. F., Duysens, J., & Bloem, B. R. (2008). Dynamic posturography in Parkinson’s disease: Diagnostic utility of the retropulsion test. Movement Disorders, 23(5), 708–716. https://doi.org/10.1002/mds.21915
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Le Push and Release Test est une épreuve physique d’observation clinique et non un questionnaire d’auto-évaluation verbale. L’épreuve est constituée d’une consigne comportementale administrée par le praticien et d’un système de notation à 5 niveaux évaluant la réaction motrice du sujet.
Examiner procedure: Place both hands flat against the patient’s scapulae. Instruct the patient to lean back into the hands until their center of mass moves past their heels and their body weight is fully supported by the examiner. Once backward lean is achieved and steady, suddenly and without warning remove both hands. The examiner must keep arms extended and ready to catch the patient if a fall occurs.
- Score 0 (Normal): Recovers balance independently with a single backward step of normal length and stability.
- Score 1 (Slight impairment): Recovers balance independently, but requires 2 to 3 small compensatory steps backward.
- Score 2 (Moderate impairment): Recovers balance independently, but requires 4 or more compensatory steps (backward retropulsion without fall).
- Score 3 (Severe impairment): Steps backward but does not recover balance independently; physical assistance/catching by examiner is required to prevent a fall.
- Score 4 (Very severe / Absent response): Falls without taking a step, or is unable/unwilling to lean backward into the examiner’s hands due to severe postural apprehension or physical limitation.