1. Résumé / Abstract
Le Test de dépistage de l’alcoolisme du Michigan (communément désigné sous l’acronyme MAST, pour Michigan Alcohol Screening Test) constitue l’un des instruments psychométriques pionniers et les plus largement validés dans l’évaluation clinique et épidémiologique des troubles liés à l’usage de substances, en particulier l’alcoolodépendance. Développé initialement par le psychiatre Melvin L. Selzer en 1971 au sein de l’Université du Michigan, cet auto-questionnaire a été conçu pour structurer et quantifier le dépistage d’un usage problématique d’alcool tant en milieu hospitalier qu’en population générale, psychiatrique ou médico-légale. La version canonique de l’instrument comprend 24 à 25 items dichotomiques (réponses par « Oui » ou « Non ») évaluant un spectre exhaustif de conséquences comportementales, physiologiques, interpersonnelles, professionnelles et juridiques induites par la consommation d’alcool.
D’un point de vue psychométrique, le MAST se distingue par un système de pondération différentielle des items (attribuée historiquement de 1 à 5 points par item selon leur gravité pathognomonique, bien que des systèmes non pondérés soient également utilisés). Les études empiriques rapportent de façon constante une excellente cohérence interne, avec des coefficients alpha de Cronbach se situant généralement entre 0,83 et 0,95 selon les cohortes étudiées, ainsi qu’une fidélité test-retest substantielle oscillant entre 0,84 et 0,97. La validité de critère s’avère particulièrement robuste, avec une sensibilité atteignant fréquemment 85 % à 98 % pour identifier les sujets présentant une dépendance selon les critères nosographiques classiques (tels que ceux du DSM). L’instrument explore des dimensions clés incluant la perte de contrôle, la reconnaissance subjective du problème, les conflits familiaux et maritaux, la détérioration sociale, les antécédents de delirium tremens et les contacts institutionnels ou judiciaires. Sa remarquable longévité et ses multiples adaptations (formes abrégées SMAST, gériatrique MAST-G, et pour adolescents) attestent de son statut fondateur dans l’alcoologie moderne.
2. Mots-clés / Keywords
Alcoolisme, Dépendance alcoolique, Dépistage psychométrique, MAST, Évaluation clinique, Validité diagnostique, Perte de contrôle, Alcoologie, Addictologie, Comportements addictifs, Échelle d’auto-évaluation, Propriétés psychométriques.
3. Auteurs / Authors
Le concepteur principal du Michigan Alcohol Screening Test est le Dr Melvin L. Selzer (M.D.), professeur émérite de psychiatrie à la University of Michigan Medical School (Ann Arbor, Michigan, États-Unis). Les travaux initiaux de Selzer ont été réalisés en collaboration avec des collègues cliniciens et des chercheurs en psychologie sociale et en statistique médicale, notamment Amiram Vinokur et Louis van Rooijen, qui ont ultérieurement contribué à la formalisation des déclinaisons psychométriques et factorielles de l’outil, y compris la version auto-administrée abrégée (SMAST).
Les adaptations subséquentes ont impliqué d’autres figures majeures de la recherche sur les addictions :
- Alex D. Pokorny, M.D. (Baylor College of Medicine, Houston, Texas), auteur de la version brève Brief MAST en 1972.
- B. J. Zung, pionnier de l’exploration de la dimensionalité factorielle de l’outil au sein des populations psychiatriques ambulatoires.
- Lynn A. Joseph, Frederic C. Blow et collaborateurs au sein du département des affaires des anciens combattants (VA Health Care System) et de l’Université du Michigan pour la déclinaison gériatrique (MAST-G / SMAST-G).
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental du Michigan Alcohol Screening Test est de fournir un protocole standardisé, fiable et quantifiable permettant de discriminer de manière précoce et objective les personnes dont la consommation d’alcool est bénigne de celles dont l’engagement avec l’éthanol a engendré des perturbations biopsychosociales significatives relevant de l’alcoolodépendance ou de l’abus caractérisé. Lors de sa publication en 1971, la pratique psychiatrique et médicale générale souffrait d’un sous-diagnostic endémique des problématiques alcooliques, les cliniciens s’appuyant souvent sur des impressions subjectives ou attendant l’apparition de stigmates somatiques terminaux (comme la cirrhose hépatique avancée ou la démence alcoolique) pour poser un diagnostic formel.
Le MAST a été formulé pour surmonter le déni psychologique fréquemment associé aux troubles liés à l’usage d’alcool. Plutôt que de reposer uniquement sur la quantification volumétrique directe des consommations (qui est notoirement sujette au biais de désirabilité sociale et à la sous-déclaration rétrospective), le MAST interroge l’impact systémique de la consommation sur l’existence de l’individu. Les objectifs spécifiques de l’instrument recouvrent :
- Le repérage en première ligne : Détecter dans les contextes de soins primaires, hospitaliers généraux, psychiatriques et de médecine du travail les patients nécessitant une intervention brève ou une orientation addictologique spécialisée.
- L’évaluation médico-légale et de sécurité routière : Évaluer les contrevenants appréhendés pour conduite sous l’influence de l’alcool (DUI/DWI), afin de distinguer l’épisode isolé de l’alcoolisme structurel chronique requérant une réhabilitation obligatoire.
- La recherche clinique et épidémiologique : Établir un score continu d’intensité des répercussions de la consommation alcoolique, servant de variable dépendante ou de covariable d’ajustement dans les protocoles d’essais cliniques ou les enquêtes de prévalence.
- La prise de conscience thérapeutique : Servir de base psychoéducative au cours des entretiens motivationnels, en mettant en miroir les déclarations du sujet concernant les perturbations relationnelles, professionnelles ou légales causées par le produit.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique opérationnalisé par le MAST est celui du syndrome d’alcoolodépendance appréhendé comme une condition chronique, progressive et multidimensionnelle. Contrairement aux outils contemporains ultérieurs comme l’AUDIT (développé par l’OMS pour repérer les consommations à risque avant l’installation de la dépendance), le MAST se focalise prioritairement sur les conséquences d’un trouble déjà constitué et sur la trajectoire de vie du buveur. Ce macro-construit se subdivise en plusieurs axes comportementaux et phénoménologiques :
Perte de contrôle et compulsion d’ingestion
Cette dimension évalue l’incapacité du sujet à réguler sa consommation une fois celle-ci initiée (incapacité à s’arrêter après un ou deux verres) et l’impossibilité de s’abstenir de manière volontaire et durable. Les items ciblent l’illusion de contrôle (« buveur normal ») confrontée à la réalité comportementale de l’escalade quantitative.
Perturbations cognitives et physiologiques immédiates
L’instrument documente des marqueurs neurologiques de neuroadaptation et d’intoxication sévère, tels que les amnésies antérogrades post-alcoolisation (« blackouts » ou trous de mémoire le lendemain matin), la consommation matinale précoce pour neutraliser le sevrage naissant (« matinal drinking »), ainsi que les manifestations neurovégétatives extrêmes consécutives au sevrage brutal, notamment les trémulations sévères, les hallucinations et le delirium tremens.
Répercussions relationnelles et conjugales
La dépendance alcoolique ne se développant pas en vase clos, le MAST explore l’entropie générée dans le microcosme affectif du patient : plaintes et inquiétudes verbalisées par le conjoint, les parents ou les pairs, dégradation des liens intimes conduisant à des ruptures amoureuses, bagarres physiques sous l’emprise du toxique, et démarches d’alerte entreprises par les proches auprès de tiers soignants.
Altération fonctionnelle socio-professionnelle et académique
Le construit englobe la désorganisation des rôles sociaux majeurs : absentéisme répété sur deux jours consécutifs ou plus, négligence des devoirs familiaux ou scolaires, difficultés disciplinaires en milieu de travail et perte d’emploi liée à l’imprégnation alcoolique. Ces items indexent un niveau de sévérité modéré à sévère du dysfonctionnement adaptatif.
Conséquences légales et judiciaires
Un pan substantiel du MAST reflète les interactions conflictuelles avec l’ordre public : arrestations pour conduite en état d’ébriété (DUI/DWI) et gardes à vue consécutives à des troubles du comportement public causés par l’ébriété. Ces éléments soulignent l’externalisation comportementale du trouble.
Recours à l’aide et conscience du trouble
Le MAST quantifie paradoxalement la prise de conscience et les tentatives antérieures d’intervention : participation à des groupes d’entraide de type Alcooliques Anonymes, hospitalisations médicales générales, séjours en unité de psychiatrie pour cause d’alcool, et consultations auprès de médecins, travailleurs sociaux ou ministres du culte. Dans le modèle de Selzer, ces conduites de recherche d’aide constituent des preuves formelles du caractère irrépressible du trouble.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le développement du Michigan Alcohol Screening Test à la fin des années 1960 s’inscrit au carrefour de plusieurs paradigmes théoriques dominants dans l’histoire de la psychiatrie et de l’addictologie :
Le modèle médical de la maladie (Jellinek)
L’assise théorique principale de Selzer est le modèle de la maladie formalisé par E. M. Jellinek dans son ouvrage fondateur de 1960, The Disease Concept of Alcoholism. Selon cette perspective, l’alcoolisme n’est pas un simple vice moral ou une faiblesse volitionnelle, mais une maladie progressive caractérisée par des phases évolutives stéréotypées (pré-alcoolique, prodromique, cruciale et chronique). Le MAST opérationnalise fidèlement les symptômes cardinaux décrits par Jellinek : les amnésies d’ivresse (phase prodromique), la perte de contrôle et les alibis (phase cruciale), jusqu’à l’effondrement social, la consommation matinale et les atteintes organiques comme la cirrhose (phase chronique).
Le concept de syndrome de dépendance alcoolique (Edwards et Gross)
Bien que formalisé de façon explicite par Griffith Edwards et Milton M. Gross en 1976 pour l’Organisation mondiale de la santé, le concept de syndrome de dépendance physique et psychologique imprégnait déjà les travaux de Selzer. Ce modèle postule un faisceau interdépendant d’altérations psychobiologiques : rétrécissement du répertoire de consommation, priorité accordée à la recherche d’alcool au détriment de toute autre activité, émoussement de la tolérance métabolique, symptômes de sevrage à l’arrêt et réinstallation rapide du schéma de dépendance après une période d’abstinence.
La perspective psychosociale et comportementale
Le MAST intègre simultanément une perspective behavioriste et systémique. L’alcoolisation est envisagée à travers ses contingences de renforcement négatif (atténuation temporaire de l’anxiété ou des affects dépressifs) et ses sanctions environnementales différées (conflits maritaux, sanctions juridiques). L’instrument postule que plus les sphères de fonctionnement d’un individu sont colonisées par les conséquences délétères du produit, plus l’autonomie comportementale du sujet est restreinte, définissant l’état d’aliénation toxicomaniaque.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique du MAST a fait l’objet de centaines de publications indépendantes au cours des cinq dernières décennies, confirmant son statut d’instrument étalon dans le dépistage de l’alcoolodépendance.
Validité de construit
La validité de construit est étayée par la capacité du score global à séparer nettement les buveurs sociaux contrôlés des populations identifiées comme alcooliques chroniques hospitalisées. Dans l’étude princeps de Selzer (1971), comparant un groupe de patients alcooliques hospitalisés à des groupes contrôles (conducteurs ordinaires et patients ambulatoires généraux), les scores moyens présentaient un contraste saisissant : le groupe contrôle obtenait une moyenne de score inférieure à 2, tandis que les patients dépendants présentaient une moyenne dépassant 15 points, démontrant une démarcation clinique quasi absolue sans chevauchement substantiel des distributions.
Validité concourante et convergente
Le MAST présente des corrélations très élevées avec d’autres questionnaires standardisés explorant l’addiction à l’alcool :
- Corrélations variant entre r = 0,72 et r = 0,88 avec le questionnaire CAGE (DETA en français).
- Corrélations se situant entre r = 0,68 et r = 0,84 avec l’AUDIT (Alcohol Use Disorders Identification Test).
- Convergence robuste avec l’échelle d’alcoolisme de MacAndrew (MAC-R) issue du MMPI (r > 0,65).
- Corrélations positives significatives avec des marqueurs biologiques d’imprégnation alcoolique chronique, tels que la gamma-glutamyl transférase (GGT), le volume globulaire moyen (VGM) et la transferrine carboxy-déficiente (CDT), bien que la sensibilité du MAST dépasse systématiquement celle de ces biomarqueurs isolés.
Validité prédictive, sensibilité et spécificité
Dans la méta-analyse de référence conduite par Teitelbaum et Mullen (2000) portant sur la validité du MAST en milieux psychiatriques, ainsi que dans les revues systématiques exhaustives (Gibbs, 1985 ; Maisto et al., 1995) :
- Au seuil clinique classique de 5 points, la sensibilité globale pour le diagnostic de l’alcoolodépendance oscille généralement entre 84 % et 98 %.
- La spécificité varie entre 78 % et 95 % selon la prévalence de base du trouble au sein de la population cible. En population médicale générale ou médico-légale, la spécificité est optimale. En revanche, dans des populations psychiatriques lourdes présentant des troubles de la personnalité ou des démêlés judiciaires indépendants de l’alcool, un taux légèrement plus élevé de faux positifs a parfois été rapporté en raison du poids attribué aux arrestations et aux hospitalisations psychiatriques.
8. Fidélité / Reliability
Les propriétés de fidélité du Michigan Alcohol Screening Test ont été documentées de façon méticuleuse sur une grande variété d’échantillons démographiques et cliniques.
Cohérence interne
La consistance interne des items du MAST a été mesurée par diverses métriques psychométriques classiques :
- Le coefficient alpha de Cronbach global s’échelonne typiquement entre 0,83 et 0,93 pour la version intégrale, ce qui reflète une homogénéité élevée des items dans la mesure du dysfonctionnement lié à l’alcool.
- L’application de la formule 20 de Kuder-Richardson (KR-20), adaptée aux items à codage strictement dichotomique, a produit des coefficients comparables (variant de 0,86 à 0,91 dans les études de validation de Skinner et Allen, 1982).
- Les coefficients de corrélation item-total corrigés sont pour la majorité supérieurs à 0,40, à l’exception notable des items évaluant des complications somatiques très tardives (telles que la cirrhose du foie) dont la faible prévalence réduit la corrélation ponctuelle bisérialisée sans nuire à la pertinence clinique de l’item.
Fidélité test-retest
La stabilité temporelle de l’instrument s’avère particulièrement solide sur des intervalles de temps courts et modérés :
- Sur un intervalle de 24 à 48 heures, les coefficients de corrélation de Pearson ou de Spearman oscillent entre 0,88 et 0,97.
- Sur un intervalle plus étendu de plusieurs semaines (2 à 8 semaines), la fidélité test-retest demeure stable avec des coefficients se maintenant entre 0,81 et 0,89, attestant que le MAST évalue des caractéristiques structurelles et historiques durables plutôt qu’un état d’humeur fluctuant ou une intoxication transitoire.
Fidélité inter-évaluateurs et concordance des modes d’administration
Que le test soit administré sous la forme d’un auto-questionnaire papier-crayon complété par le patient ou par le biais d’un entretien semi-structuré dirigé par un clinicien ou un travailleur social, le taux de concordance (coefficient kappa de Cohen) dépasse 0,85, démontrant la robustesse de l’instrument face aux variations du mode d’interrogation.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Bien que Melvin Selzer ait originellement envisagé le MAST comme une échelle unidimensionnelle produisant un indice global de sévérité de l’alcoolisme, les investigations ultérieures recourant à l’analyse factorielle exploratoire (AFE) et confirmatoire (AFC) ont démontré une structure latente multidimensionnelle cohérente avec la complexité syndromique du trouble.
Études pionnières de structure factorielle
L’étude séminale de Zung (1980) conduite auprès de patients psychiatriques ambulatoires a identifié quatre facteurs principaux expliquant une part prépondérante de la variance totale :
- Facteur I : Détection sociale et aide institutionnelle (Help-Seeking / Social Recognition) — Ce facteur regroupe les items liés à la fréquentation des Alcooliques Anonymes, aux démarches de soins, aux hospitalisations médicales et psychiatriques, ainsi qu’aux interventions des proches pour obtenir de l’aide extérieure.
- Facteur II : Perte de contrôle et dépendance physique (Loss of Control / Physiological Dependence) — Il comprend l’incapacité à s’arrêter de boire, la consommation matinale, le sentiment subjectif de non-normalité, et les manifestations physiques de manque (tremblements, delirium tremens).
- Facteur III : Perturbations interpersonnelles et professionnelles (Interpersonal & Occupational Disruption) — Ce facteur sature fortement sur les conflits de couple, les disputes familiales, la perte d’amis, ainsi que les difficultés et licenciements professionnels.
- Facteur IV : Problèmes médico-légaux et passages à l’acte (Legal Consequences & Aggression) — Il isole les arrestations pour conduite en état d’ivresse, les gardes à vue pour comportement perturbateur et les rixes physiques sous alcoolisation.
Modélisations factorielles alternatives et confirmatoires
D’autres chercheurs, notamment Skinner (1979) et Thurber et al. (2001), ont proposé des découpages factoriels variant de 2 à 5 dimensions. Skinner a mis en lumière un modèle hiérarchique où un facteur général de second ordre (l’alcoolodépendance globale) sous-tend plusieurs facteurs de premier ordre distincts :
- Conséquences sociales et familiales sévères (fortes saturations sur les items 3, 10, 11, 12, 15).
- Atteintes somatiques et sevrage (saturations élevées sur les items 16, 17, 18).
- Reconnaissance et recours thérapeutique (saturations sur les items 8, 19, 20, 21, 22).
- Intrusion médico-légale (items 23, 24).
Dans les analyses confirmatoires récentes, le modèle bifactoriel (un facteur général captant la variance commune de l’abus/dépendance, assorti de facteurs spécifiques de domaine) présente les meilleurs indices d’ajustement (CFI > 0,93, RMSEA < 0,06), confirmant que l'usage d'un score total composite unique est parfaitement légitime sur le plan métrologique tout en conservant une granularité descriptive utile au niveau des sous-domaines.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nom complet de l’instrument : Test de dépistage de l’alcoolisme du Michigan (Michigan Alcohol Screening Test — MAST).
- Format d’administration : Auto-questionnaire papier-crayon ou informatisé, ou hétéro-questionnaire administré par un professionnel de santé au cours d’un entretien clinique.
- Nombre d’items : 24 items principaux dans la version standard présentée ci-après (la version initiale exhaustive de Selzer en comportait 25 en incluant la question préliminaire d’ouverture 0).
- Format de réponse : Choix dichotomique forcé (Oui / Non) pour chaque item.
- Modalités de cotation et pondération classique :
- Dans le système historique de cotation pondérée de Selzer (1971), les items n’ont pas tous le même poids numérique :
- Certains items indiquent une réponse alcoolique par un « Non » (items inversés : 1, 4, 6, 7 cotés généralement 2 points si le patient répond « Non »).
- Les items majeurs ou pathognomoniques reçoivent une pondération lourde de 5 points (ex. : item 8 – Alcooliques Anonymes, item 19 – recours à l’aide, item 20 – hospitalisation pour alcoolisme).
- L’item 18 (delirium tremens) est coté de 2 à 5 points selon la présence de complications délirantes complètes.
- Les items relatifs aux arrestations (items 23 et 24) attribuent historiquement 2 points pour chaque occurrence déclarée.
- Les autres items affirmatifs reçoivent 1 ou 2 points selon leur sévérité intrinsèque.
- Dans le système de cotation unitaire simplifié (souvent préféré en recherche épidémiologique moderne), chaque réponse dans le sens pathologique est cotée 1 point, et 0 dans le cas contraire.
- Dans le système historique de cotation pondérée de Selzer (1971), les items n’ont pas tous le même poids numérique :
- Interprétation des seuils diagnostiques (système pondéré de Selzer) :
- 0 à 3 points : Absence de problème décelable lié à l’alcool (consommation normale ou buveur social non problématique).
- 4 points : Consommation suggestive d’un problème alcoolique (zone frontière requérant une évaluation clinique plus approfondie et un suivi longitudinal).
- 5 points ou plus : Diagnostic très probable d’alcoolisme / alcoolodépendance avérée, justifiant une prise en charge médicale, psychiatrique et addictologique.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication originale : 1971 (par le Dr Melvin L. Selzer dans l’American Journal of Psychiatry).
- Statut du droit d’auteur et accès : Le Michigan Alcohol Screening Test appartient au domaine public. L’auteur a explicitement conçu cet instrument au bénéfice de la communauté médicale et scientifique internationale.
- Tarifs et redevances : L’utilisation du MAST est entièrement gratuite. Aucun droit d’usage commercial, redevance ou coût d’acquisition de licence n’est exigé pour son emploi en pratique clinique, en milieu hospitalier ou dans les protocoles de recherche académique.
- Obligations éthiques et d’attribution : Toute utilisation ou reproduction dans un contexte de recherche ou de publication scientifique exige la citation appropriée de l’article original de Selzer (1971) et le respect de la formulation exacte des items afin d’en préserver la validité métrologique standardisée.
12. Références / References
- Bradley, K. A., Boyd-Wickizer, J., Powell, S. H., & Burman, M. L. (1998). Alcohol screening questionnaires in women: A critical review. JAMA, 280(2), 166–171. https://doi.org/10.1001/jama.280.2.166
- Edwards, G., & Gross, M. M. (1976). Alcohol dependence: Provisional description of a clinical syndrome. British Medical Journal, 1(6017), 1058–1061. https://doi.org/10.1136/bmj.1.6017.1058
- Gibbs, L. E. (1985). Validity and reliability of the Michigan Alcoholism Screening Test: A review. Drug and Alcohol Dependence, 12(3), 279–285. https://doi.org/10.1016/0376-8716(83)90040-4
- Hirata, E. S., Almeida, O. P., Funari, R. R., & Klein, E. L. (2001). Validity of the Michigan Alcoholism Screening Test (MAST) for the detection of alcohol-related problems among male geriatric outpatients. The American Journal of Geriatric Psychiatry, 9(1), 30–34. https://doi.org/10.1097/00019442-200102000-00006
- Jellinek, E. M. (1960). The disease concept of alcoholism. Hillhouse Press.
- Maisto, S. A., Connors, G. J., & Allen, J. P. (1995). Contrasting self-report screens for alcohol problems: A review. Alcoholism: Clinical and Experimental Research, 19(6), 1510–1516. https://doi.org/10.1111/j.1530-0277.1995.tb01016.x
- Pokorny, A. D., Miller, B. A., & Kaplan, H. B. (1972). The Brief MAST: A shortened version of the Michigan Alcoholism Screening Test. American Journal of Psychiatry, 129(3), 342–345. https://doi.org/10.1176/ajp.129.3.342
- Selzer, M. L. (1971). The Michigan Alcoholism Screening Test: The quest for a new diagnostic instrument. American Journal of Psychiatry, 127(12), 1653–1658. https://doi.org/10.1176/ajp.127.12.1653
- Selzer, M. L., Vinokur, A., & van Rooijen, L. (1975). A self-administered Short Michigan Alcoholism Screening Test (SMAST). Journal of Studies on Alcohol, 36(1), 117–126. https://doi.org/10.15288/jsa.1975.36.117
- Skinner, H. A. (1979). A multivariate evaluation of the Michigan Alcoholism Screening Test. Journal of Studies on Alcohol, 40(9), 831–844. https://doi.org/10.15288/jsa.1979.40.831
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13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
- Do you feel you are a normal drinker/user?
- Have you ever awakened the morning after some drinking/using the night before and found that you could not remember a part of the evening?
- Does any family member or significant other ever worry or complain about your drinking/using?
- Can you stop drinking/using without a struggle after one or two drinks or one or two uses?
- Do you ever feel bad about your drinking/using?
- Do friends or relatives think you are a normal drinker/user?
- Are you always able to stop drinking/using when you want to?
- Have you ever attended a meeting of Alcoholics/Narcotics Anonymous?
- Have you gotten into fights when drinking/using?
- Has drinking/using ever created problems with you and your girlfriend/boyfriend?
- Has any family member or significant other ever gone to anyone for help about your drinking/using?
- Have you ever lost friends or girlfriends/boyfriends because of drinking/using?
- Have you ever gotten into trouble at school because of drinking/using?
- Have you ever lost a job because drinking/using?
- Have you ever neglected your obligations‚ your family or school for two or more days in a row because you were drinking/using?
- Do you ever drink/use before noon?
- Have you ever been told you have liver trouble Cirrhosis?
- Have you ever had delirium tremens (DTs)‚ severe shaking‚ heard voices‚ or seen things that were not there after heavy drinking/using?
- Have you ever gone to anyone for help about your drinking/using?
- Have you ever been in a hospital because of drinking/using?
- Have you ever been a patient in a psychiatric hospital or on a psychiatric ward of a general hospital where drinking/using was part of the problem?
- Have you ever been seen at a psychiatric or mental health clinic‚ or gone to a doctor‚ social worker or clergyman for help with an emotional problem in which drinking/using had played a part?
- Have you ever been arrested or gotten a ticket when you have been drinking/using? (For anything other than a DUI.)
- Have you ever been arrested for drunk driving‚ driving after drinking or drinking under the influence?