Test d’anxiété d’accomplissement

Le Test d’anxiété d’accomplissement (Achievement Anxiety Test – AAT), conçu par Alpert et Haber en 1960, est un instrument psychométrique de référence évaluant l’anxiété de performance selon deux dimensions indépendantes : l’anxiété facilitatrice et l’anxiété débilitante.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 9, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 9, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé

Le Test d’anxiété d’accomplissement (Achievement Anxiety Test, AAT), élaboré par Richard Alpert et Ralph Norman Haber en 1960, constitue un tournant paradigmatique majeur dans la conceptualisation et l’évaluation psychométrique de l’anxiété de performance en contexte académique. Contrairement aux approches unidimensionnelles prévalentes à l’époque — incarnées notamment par le Mandler-Sarason Test Anxiety Questionnaire (TAQ) —, l’AAT postule que l’anxiété éprouvée lors de situations d’évaluation ne produit pas systématiquement des effets délétères sur les performances cognitives. Alpert et Haber ont démontré que l’anxiété peut agir selon deux mécanismes distincts et orthogonaux : une composante inhibitrice ou débilitante (Debilitating Anxiety, AAT-D) qui altère l’efficacité intellectuelle, et une composante stimulatrice ou facilitatrice (Facilitating Anxiety, AAT-F) qui mobilise l’énergie de l’individu et optimise son rendement sous pression.

L’instrument opérationnel standard comporte 19 items fondamentaux divisés en deux échelles distinctes : l’échelle d’anxiété facilitatrice, composée de 9 items (score oscillant entre 9 et 45), et l’échelle d’anxiété débilitante, regroupant 10 items (score s’étendant de 10 à 50). Dans sa version exhaustive expérimentale, le protocole intègre 26 items incluant 7 énoncés de remplissage ou distracteurs visant à limiter les biais de désirabilité sociale et de stéréotypie de réponse. Les participants se positionnent sur une échelle de type Likert en 5 points variant de 1 (« Presque jamais » / « Jamais ») à 5 (« Presque toujours » / « Toujours »), avec des ancrages verbaux personnalisés selon la formulation spécifique de chaque proposition.

Sur le plan des propriétés métrologiques, l’AAT présente une cohérence interne satisfaisante avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant habituellement entre 0,74 et 0,83 pour l’échelle facilitatrice et entre 0,81 et 0,89 pour l’échelle débilitante. La fidélité temporelle test-retest sur des intervalles de dix semaines s’établit à 0,75 pour l’AAT-F et 0,87 pour l’AAT-D. En matière de validité prédictive, le modèle bidimensionnel de l’AAT surpasse systématiquement les échelles unidimensionnelles, rendant compte d’une part de variance substantiellement plus élevée dans les notes universitaires (Grade Point Average, GPA) et les résultats aux tests d’aptitude standardisés grâce à l’effet complémentaire et indépendant des deux composantes.

2. Mots-clés

Anxiété d’accomplissement, anxiété de performance, anxiété facilitatrice, anxiété débilitante, psychométrie, évaluation académique, Richard Alpert, Ralph Norman Haber, rendement scolaire, cognition sous pression

3. Auteurs

Le Test d’anxiété d’accomplissement a été conçu et validé par :

  • Richard Alpert, Ph.D. : Psychologue clinicien et chercheur en psychologie sociale et du développement à l’Université Harvard (Cambridge, Massachusetts, États-Unis) au moment du développement de l’instrument. Ses travaux initiaux portaient sur la motivation à l’accomplissement, les processus d’identification infantile et la mesure des dynamiques affectives associées à la réussite. Il s’est ultérieurement fait connaître sous le nom de Ram Dass, poursuivant des réflexions interdisciplinaires sur la conscience.
  • Ralph Norman Haber, Ph.D. : Psychologue expérimentaliste et psychométricien, affilié au département de psychologie de l’Université Harvard lors de la conception du test, puis professeur émérite à l’Université de Rochester (Rochester, New York, États-Unis). Spécialiste renommé de la perception visuelle, du traitement cognitif de l’information et des interactions entre émotion et performance cognitive (Courriel académique institutionnel historique : Department of Brain and Cognitive Sciences, University of Rochester).

4. Objectif

L’objectif fondamental du Test d’anxiété d’accomplissement est d’opérationnaliser et de quantifier avec précision les réactions émotionnelles différentielles manifestées par les individus placés dans des contextes d’évaluation formelle et d’accomplissement académique. Avant la publication des travaux fondateurs d’Alpert et Haber en 1960, la recherche en psychologie clinique et scolaire était dominée par le postulat implicite selon lequel toute manifestation anxieuse en situation de test constituait un phénomène pathologique ou disruptif. Les échelles conventionnelles, telles que la Taylor Manifest Anxiety Scale (TMAS) ou le Test Anxiety Questionnaire (TAQ) de Mandler et Sarason, mesuraient exclusivement la détresse, les interférences cognitives et l’inhibition motrice, corrélant négativement et modestement avec les critères de réussite intellectuelle.

Alpert et Haber ont identifié une faille théorique et empirique majeure dans cette approche unilatérale : de nombreux étudiants et professionnels témoignent d’une augmentation de leur acuité cognitive, d’une meilleure focalisation attentionnelle et d’une motivation accrue lorsqu’ils sont soumis à une contrainte temporelle ou évaluative critique. L’AAT a donc été spécifiquement élaboré pour mesurer non pas un construit unitaire d’angoisse, mais deux processus fonctionnels distincts :

  • L’anxiété qui perturbe l’accès aux compétences acquises et génère des blocages intellectuels ;
  • L’anxiété qui canalise l’éveil physiologique et psychologique pour maximiser le rendement opératoire.

Dans le domaine de la recherche, l’AAT sert d’outil diagnostique et pronostique de premier plan. Il permet aux chercheurs en psychologie cognitive et de l’éducation d’analyser les profils d’interaction entre l’état d’éveil physiologique (arousal), la mémoire de travail et la réussite scolaire. L’instrument permet d’éviter l’erreur d’interprétation consistant à attribuer de faibles performances à un manque de compétences intellectuelles, alors qu’elles résultent d’un ratio disproportionné entre anxiété débilitante et facilitatrice.

Sur le plan des applications cliniques et psycho-éducatives, l’AAT offre un cadre d’intervention ciblé pour les services d’aide aux étudiants, les conseillers d’orientation et les psychothérapeutes. Plutôt que de viser une élimination aveugle de toute anxiété — ce qui pourrait désengager l’apprenant en supprimant sa pulsion d’alerte —, l’approche guidée par l’AAT cherche à réguler l’anxiété débilitante par des techniques cognitives-comportementales de restructuration de pensée et d’exposition, tout en maintenant ou en renforçant l’anxiété facilitatrice comme un levier fonctionnel d’auto-efficacité et de résilience face au stress.

5. Construit psychologique

Le construit psychologique opérationnalisé par l’AAT repose sur une modélisation bidimensionnelle de l’anxiété situationnelle spécifique au domaine académique. Loin d’être les pôles opposés d’un même continuum linéaire, l’anxiété facilitatrice et l’anxiété débilitante constituent deux dimensions orthogonales et indépendantes au sein de l’architecture de la personnalité en contexte de performance.

L’anxiété débilitante (Debilitating Anxiety – AAT-D)

L’échelle AAT-D évalue l’ampleur des réactions d’interférence cognitive, somatique et motivationnelle qui réduisent l’efficacité de l’individu lorsqu’il est confronté à des tâches évaluatives critiques. Elle capture plusieurs facettes cliniques :

  • L’interférence cognitive et le blocage attentionnel : Ce phénomène renvoie à l’incapacité d’accéder aux informations stockées en mémoire à long terme en dépit d’une préparation adéquate. Par exemple, l’item 7 (« During exams or tests, I block on questions to which I know the answers… ») met en évidence cette amnésie temporaire induite par la panique, suivie d’une réminiscence post-évaluation spontanée dès la levée de l’enjeu.
  • L’amplification du stress proportionnelle à l’enjeu : Les individus présentant un score élevé d’anxiété débilitante voient leurs performances se dégrader d’autant plus que l’examen possède un coefficient élevé ou un impact décisif sur leur avenir professionnel, comme l’illustre l’item 5 (« The more important the examination, the less well I seem to do. »).
  • L’altération de la vitesse de traitement et la sensibilité à la pression temporelle : La contrainte de temps génère une désorganisation des stratégies métacognitives, amenant l’étudiant à relire compulsivement les consignes sans parvenir à leur donner du sens (item 17) et à se sentir surpassé par ses pairs sous les mêmes conditions (item 14).
  • La généralisation de l’échec et l’épuisement émotionnel anticipé : Une difficulté rencontrée en début d’épreuve contamine la résolution des questions subséquentes, même simples (item 19), pouvant conduire à un état de résignation apprise ou d’apathie protectrice où l’individu est tellement épuisé par l’inquiétude qu’il cesse de s’investir (item 13).

L’anxiété facilitatrice (Facilitating Anxiety – AAT-F)

L’échelle AAT-F mesure la propension individuelle à transformer la tension psychologique et l’activation neurovégétative en un stimulant positif favorisant la concentration, l’endurance intellectuelle et la précision opératoire. Cette dimension comprend :

  • L’optimisation du rendement sous pression : Les individus à forte composante facilitatrice rapportent travailler à leur plus haut niveau d’efficience lorsque les enjeux sont critiques (item 2 : « I work most effectively under pressure, as when the task is very important »). La pression externe sert de catalyseur énergétique plutôt que d’obstacle.
  • L’inhibition de la distraction et la focalisation sélective : Contrairement aux personnalités débilitées qui manifestent une hypervigilance envers les stimuli distracteurs externes ou internes (pensées ruminatives), les individus dotés d’une forte anxiété facilitatrice décrivent une absorption cognitive complète dès le début du test (item 9 : « When I start a test, nothing is able to distract me »).
  • La mobilisation fonctionnelle de l’activation somatique : Le trac physiologique n’est pas interprété comme un signal d’alarme menaçant mais comme une disponibilité métabolique utile (item 8 : « Nervousness while taking a test helps me do better »). Une fois l’épreuve engagée, l’appréhension initiale se dissipe au profit de l’action (item 6).
  • L’appétence pour le défi et les situations d’épreuve unique : Ces apprenants apprécient davantage les examens exigeants que les évaluations faciles (item 16) et démontrent une capacité remarquable d’apprentissage condensé d’urgence sous stress élevé (cramming, item 15).

6. Cadre théorique

Le fondement théorique du Test d’anxiété d’accomplissement s’articule autour de la convergence de la psychologie de l’activation, de la théorie du drive de Clark Hull et Kenneth Spence, ainsi que de la célèbre loi de Yerkes-Dodson (1908).

Selon le paradigme de Hull-Spence, l’anxiété générale agit comme un état de pulsion (drive state, $D$) non spécifique qui multiplie les potentiels de réaction habituels d’un organisme ($E = D \times H$, où $E$ représente le potentiel d’excitation et $H$ la force de l’habitude). Dans les tâches simples ou hautement automatisées, une pulsion élevée facilite l’émission de la réponse dominante correcte. En revanche, dans les tâches complexes d’apprentissage ou de raisonnement abstrait — typiques des examens universitaires —, plusieurs tendances de réponse entrent en compétition. Si la réponse correcte n’est pas encore solidement établie comme réponse dominante, une pulsion trop forte active simultanément les réponses erronées concurrentes, provoquant l’interférence cognitive et l’échec de la tâche.

Alpert et Haber (1960) ont introduit une révision critique de cette théorie unidimensionnelle de l’activation. Ils ont postulé que l’état d’activation émotionnelle en situation d’évaluation ne se contente pas de majorer indistinctement les habitudes dominantes, mais déclenche des réponses apprises spécifiques à l’anxiété. Ces réponses comportementales et cognitives acquises peuvent appartenir à deux répertoires distincts :

  1. Des réponses d’évitement ou d’incompatibilité avec la tâche (task-irrelevant responses) : ruminations autogérées (« Je vais échouer », « Que vont penser les autres ? »), monitoring somatique excessif, réactions de panique. Ces patterns constituent l’anxiété débilitante, qui consomme des ressources de la mémoire de travail et altère le traitement de l’information.
  2. Des réponses orientées vers la tâche (task-relevant responses) : surcroît d’attention, augmentation du niveau de vigilance perceptuelle, accélération du traitement conceptuel et persévérance accrue. Ce répertoire structure l’anxiété facilitatrice, qui mobilise l’énergie de l’apprenant directement vers la résolution du problème.

Cette distinction a anticipé de plusieurs décennies les modèles contemporains de la psychologie cognitive, tels que la théorie de l’interférence attentionnelle d’Irwin Sarason et la théorie de l’efficacité du traitement (Processing Efficiency Theory) de Michael Eysenck et Manuel Calvo (1992). L’AAT a permis de comprendre comment deux étudiants ayant un niveau identique d’éveil physiologique peuvent obtenir des résultats diamétralement opposés selon que leur système de régulation cognitive canalise cet éveil sous forme de facilitation ou de débilitation.

7. Validité

L’évaluation des qualités métrologiques du Test d’anxiété d’accomplissement a fait l’objet de nombreuses validations empiriques depuis son étude princeps.

Validité de construit et structurelle

La validité de construit repose sur la démonstration empirique de la quasi-indépendance des deux dimensions. Dans les échantillons universitaires originaux d’Alpert et Haber (1960, $N = 387$), la corrélation linéaire entre l’échelle facilitatrice et l’échelle débilitante était modérément négative ($r = -0,37$, $p < 0,001$). Ce coefficient modeste confirme que l’AAT-F et l’AAT-D ne représentent pas les extrémités antinomiques d’une même échelle continue (ce qui aurait impliqué un$r$ proche de $-0,90$), mais bien deux dimensions distinctes possédant une variance non partagée supérieure à 85 %.

Validité convergente et discriminante

La validité convergente de l’échelle AAT-D a été établie par sa forte corrélation positive avec les instruments préexistants mesurant l’anxiété d’examen générale :

  • Corrélation avec le Test Anxiety Questionnaire (TAQ) de Mandler-Sarason : $r = 0,64$ à $0,69$ ($p < 0,001$).
  • Corrélation avec la Taylor Manifest Anxiety Scale (TMAS) : $r = 0,44$ à $0,53$ ($p < 0,001$).

À l’inverse, l’échelle AAT-F présente des corrélations négatives ou nulles avec ces mesures traditionnelles d’anxiété (corrélations avec le TAQ oscillant entre $-0,30$ et $-0,40$, et avec la TMAS autour de $-0,14$). De plus, l’AAT-F corrèle positivement avec des échelles de besoin d’accomplissement (Need for Achievement de McClelland) et de sentiment d’efficacité personnelle académique.

Validité prédictive des performances académiques

L’apport le plus décisif de l’AAT réside dans sa validité critérielle prédictive. Dans les recherches d’Alpert et Haber, les corrélations bivariées avec les résultats académiques aux examens universitaires réels s’établissent comme suit :

  • AAT Débilitante et notes d’examen : $r = -0,35$ à $-0,44$ ($p < 0,001$) ;
  • AAT Facilitatrice et notes d’examen : $r = +0,33$ à $+0,40$ ($p < 0,001$) ;
  • TAQ traditionnel et notes d’examen : $r = -0,24$.

Lorsque les deux échelles de l’AAT sont intégrées simultanément dans une analyse de régression multiple pour prédire la moyenne générale des étudiants (GPA), le coefficient de corrélation multiple atteint $R = 0,53$, ce qui surpasse de manière significative la variance expliquée par n’importe quelle échelle unidimensionnelle antérieure. Ces données démontrent qu’ignorer la composante facilitatrice de l’anxiété prive le psychométricien d’une part substantielle de l’explication des performances cognitives réelles.

8. Fidélité

Les études de reproductibilité et de cohérence interne menées sur le Test d’anxiété d’accomplissement attestent d’une stabilité métrologique robuste à travers divers échantillons éducatifs.

Cohérence interne

Bien que les formules originelles de 1960 utilisaient principalement la méthode de bissection corrigée par la formule de Spearman-Brown, les réévaluations ultérieures fondées sur l’alpha de Cronbach confirment une consistance interne satisfaisante pour des échelles de cette longueur :

  • Échelle d’anxiété débilitante (AAT-D, 10 items) : Les coefficients $\alpha$ varient régulièrement entre 0,81 et 0,89 selon les populations étudiées (lycéens, étudiants universitaires, adultes en formation professionnelle). La fidélité par bissection (split-half) rapportée dans l’article initial était de 0,88.
  • Échelle d’anxiété facilitatrice (AAT-F, 9 items) : Les valeurs de l’alpha de Cronbach s’échelonnent entre 0,74 et 0,83. La fidélité par bissection initiale établie par Alpert et Haber était de 0,83.

Stabilité temporelle (Test-retest)

La fidélité temporelle a été documentée sur différentes fenêtres temporelles, confirmant que l’AAT capture des traits dispositionnels stables plutôt que de simples fluctuations d’humeur passagères :

  • Intervalle de 10 semaines (au cours d’un semestre académique complet) : Les coefficients de stabilité test-retest rapportés par Alpert et Haber (1960) sont de $r = 0,87$ pour l’anxiété débilitante et de $r = 0,75$ pour l’anxiété facilitatrice.
  • Intervalle de 8 mois (d’une année académique à la suivante) : Des études de suivi longitudinal menées sur des cohortes d’étudiants ont relevé des corrélations de $r = 0,78$ pour l’AAT-D et $r = 0,69$ pour l’AAT-F, confirmant la persistance des schémas de réactivité anxieuse face aux épreuves formelles tout au long du cursus universitaire.

9. Analyse factorielle

L’architecture factorielle du Test d’anxiété d’accomplissement a été validée par des études d’analyse factorielle exploratoire (AFE) et confirmatoire (AFC), consolidant l’existence des deux facteurs orthogonaux sous-jacents.

Analyses exploratoires initiales

Lors des premières analyses factorielles exploratoires à rotation orthogonale (Varimax) et oblique (Promax), les 19 items constitutifs de l’AAT se sont clairement distribués sur deux facteurs principaux expliquant la majeure partie de la variance commune :

  • Facteur 1 (Anxiété débilitante) : Regroupe les items 1, 3, 4, 5, 7, 11, 13, 14, 17 et 19 avec des saturations factorielles (factor loadings) élevées, comprises entre 0,52 et 0,78. Les items décrivant le vide mental initial (item 11, saturation typique de 0,71) et le blocage amnésique temporaire (item 7, saturation de 0,74) constituent les indicateurs les plus centraux de ce pôle.
  • Facteur 2 (Anxiété facilitatrice) : Regroupe les items 2, 6, 8, 9, 10, 12, 15, 16 et 18, présentant des saturations factorielles s’étalant de 0,46 à 0,72. L’item affirmant une meilleure productivité sous forte pression (item 2, saturation de 0,70) et celui traduisant l’amélioration des résultats lors des tests majeurs (item 18, saturation de 0,68) démontrent les poids factoriels les plus marqués.

Modélisation confirmatoire moderne

Des travaux contemporains en modélisation par équations structurelles (SEM) ont comparé différentes configurations concurrentes pour l’AAT :

  1. Un modèle unidimensionnel où tous les items satureraient un facteur unique d’anxiété générale ;
  2. Un modèle bidimensionnel oblique (deux facteurs corrélés) ;
  3. Un modèle bifactoriel comprenant un facteur général d’activation et deux facteurs spécifiques de facilitation et de débilitation.

Les résultats d’adéquation statistique ont systématiquement rejeté le modèle unidimensionnel (présentant un $\chi^2/df > 4,5$, un Comparative Fit Index [CFI] < 0,75, et un Root Mean Square Error of Approximation [RMSEA] > 0,11). À l’opposé, le modèle bidimensionnel d’Alpert et Haber a fourni des indices d’ajustement excellents ($CFI > 0,93$, $TLI > 0,91$, $RMSEA < 0,055$). De plus, les saturations croisées des items sur le facteur opposé sont presque uniformément inférieures à 0,20, attestant d'une pureté factorielle exemplaire.

10. Instrument de mesure

  • Nom complet de l’instrument : Test d’anxiété d’accomplissement (Achievement Anxiety Test – AAT).
  • Type de mesure : Auto-questionnaire psychométrique standardisé sur papier ou format informatisé.
  • Nombre total d’items :
    • Version clinique et de recherche standard : 19 items (10 items pour l’échelle Débilitante, 9 items pour l’échelle Facilitatrice).
    • Version expérimentale étendue : 26 items (incluant 7 items de remplissage non cotés : items 4, 7, 8, 13, 20, 22 et 25 du livret de 26 questions).
  • Format des réponses : Échelle de type Likert en 5 points avec formulations adaptées au contenu sémantique de chaque énoncé (de 1 à 5).
  • Durée moyenne d’administration : Environ 8 à 12 minutes pour l’ensemble du protocole.
  • Échelles et algorithme de cotation :
    • Échelle d’anxiété facilitatrice (AAT-F) : Évaluée sur 9 items. Étendue des scores possibles de 9 à 45.
      • Items cotés directement (Option A = 5, B = 4, C = 3, D = 2, E = 1) : Items 2, 6, 9, 15, 16 et 18.
      • Items cotés de manière inversée (Option A = 1, B = 2, C = 3, D = 4, E = 5) : Items 8, 10 et 12.
    • Échelle d’anxiété débilitante (AAT-D) : Évaluée sur 10 items. Étendue des scores possibles de 10 à 50.
      • Items cotés directement (Option A = 5, B = 4, C = 3, D = 2, E = 1) : Items 1, 5, 7, 11 et 14.
      • Items cotés de manière inversée (Option A = 1, B = 2, C = 3, D = 4, E = 5) : Items 3, 4, 13, 17 et 19.
  • Interprétation clinique des scores :
    • Profil optimal / Résilient : AAT-F élevé (> 33) et AAT-D faible (< 22). L'individu mobilise son stress comme un stimulant sans subir de blocages.
    • Profil vulnérable / Inhibé : AAT-F faible (< 23) et AAT-D élevé (> 35). Risque majeur d’amnésie situationnelle, de sous-performance chronique et de décrochage.
    • Profil conflictuel / Hyper-réactif : AAT-F élevé (> 33) et AAT-D élevé (> 35). L’individu lutte activement, ressent une énergie mobilisatrice mais subit des coûts cognitifs et émotionnels intenses.
    • Profil hypo-réactif / Désengagé : AAT-F faible (< 23) et AAT-D faible (< 22). Faible réactivité globale aux enjeux, pouvant refléter une indifférence académique ou une faible implication.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de conception originale : 1960.
  • Statut du droit d’auteur et permissions : L’article séminal a été publié en 1960 dans le Journal of Abnormal and Social Psychology, édité par l’American Psychological Association (APA). L’échelle elle-même est largement considérée comme appartenant au domaine public académique pour l’enseignement et la recherche scientifique non commerciale.
  • Tarifs d’utilisation : Aucun honoraire ou redevance commerciale n’est requis pour l’utilisation des items dans le cadre de recherches universitaires, de thèses doctorales ou d’interventions pédagogiques libres.
  • Conditions de citation : Toute reproduction, adaptation ou utilisation de l’AAT impose la mention formelle des travaux princeps d’Alpert et Haber (1960) selon les normes bibliographiques internationales en vigueur.

12. Références

  • Alpert, R., & Haber, R. N. (1960). Anxiety in academic achievement situations. The Journal of Abnormal and Social Psychology, 61(2), 207–215. https://doi.org/10.1037/h0045464
  • Eysenck, M. W., & Calvo, M. G. (1992). Anxiety and performance: The processing efficiency theory. Cognition & Emotion, 6(6), 409–434. https://doi.org/10.1080/02699939208409696
  • Fischer, J., & Corcoran, K. J. (2007). Measures for clinical practice and research: A sourcebook (Instruments for Adults, 4th ed., Vol. 2, pp. 18–21). Oxford University Press.
  • Mandler, G., & Sarason, S. B. (1952). A study of anxiety and learning. The Journal of Abnormal and Social Psychology, 47(2), 166–173. https://doi.org/10.1037/h0062855
  • Sarason, I. G. (1984). Stress, anxiety, and cognitive interference: Reactions to tests. Journal of Personality and Social Psychology, 46(4), 929–938. https://doi.org/10.1037/0022-3514.46.4.929
  • Spence, K. W. (1958). A theory of emotionally based drive (D) and its relation to performance in simple learning situations. American Psychologist, 13(4), 131–141. https://doi.org/10.1037/h0045100
  • Yerkes, R. M., & Dodson, J. D. (1908). The relation of strength of stimulus to rapidity of habit-formation. Journal of Comparative Neurology and Psychology, 18(5), 459–482. https://doi.org/10.1002/cne.920180503

13. Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
  1. Nervousness while taking an exam or test hinders me from doing well.
    Options: Always‚ Often‚ Sometimes‚ Rarely‚ Never
  2. I work most effectively under pressure‚ as when the task is very important.
    Options: Always‚ Usually‚ Sometimes‚ Hardly ever‚ Never
  3. In a course where I have been doing poorly‚ my fear of a bad grade cuts down my efficiency.
    Options: Never‚ Hardly ever‚ Sometimes‚ Usually‚ Always
  4. When I am poorly prepared for an exam or test‚ I get upset‚ and do less well than even my restricted knowledge should allow.
    Options: This never happens to me‚ This hardly ever happens to me‚ This sometimes happens to me‚ This often happens to me‚ This practically always happens to me
  5. The more important the examination‚ the less well I seem to do.
    Options: Always‚ Usually‚ Sometimes‚ Hardly ever‚ Never
  6. While I may (or may not) be nervous before taking an exam‚ once I start‚ I seem to forget to be nervous.
    Options: I always forget‚ Usually‚ Sometimes‚ I often feel some nervousness‚ I am always nervous during an exam
  7. During exams or tests‚ I block on questions to which I know the answers‚ even though I might remember them as soon as the exam is over.
    Options: This always happens to me.‚ This often happens to me.‚ This sometimes happens to me.‚ This hardly ever happens to me.‚ I never block on questions to which I know the answers.
  8. Nervousness while taking a test helps me do better.
    Options: It never helps.‚ It usually doesn’t help.‚ Now and then it helps.‚ It generally helps me a little.‚ It often helps.
  9. When I start a test‚ nothing is able to distract me.
    Options: This is always true of me.‚ This is often true of me.‚ This is sometimes true of me.‚ This is hardly ever true of me.‚ This is never true of me.
  10. In courses in which the total grade is based mainly on « one » exam‚ I seem to do better than other people.
    Options: Never‚ Hardly ever‚ Sometimes‚ Usually‚ Always
  11. I find that my mind goes blank at the beginning of an exam‚ and it takes me a few minutes before I can function.
    Options: I almost always blank out at first.‚ I usually blank out at first.‚ I sometimes blank out at first.‚ I hardly ever blank out first.‚ I never blank out first.
  12. I look forward to exams.
    Options: Never‚ Hardly ever‚ Sometimes‚ Usually‚ Always
  13. I am so tired from worrying about an exam‚ that I find I almost don’t care how well I do by the time I start the test.
    Options: I never feel this way.‚ I hardly ever feel this way.‚ I sometimes feel this way.‚ I often feel this way.‚ I almost always feel this way.
  14. Time pressure on an exam causes me to do worse than the rest of the group under similar conditions.
    Options: Time pressure always seems to make me do worse on an exam than others‚ Time pressure often seems to make me do worse on an exam than others.‚ Time pressure sometimes seems to make me do worse on an exam than others‚ Time pressure hardly ever seems to make me do worse on an exam than others.‚ Time pressure never seems to make me do worse on an exam than others.
  15. Although « cramming » under pre examination tension is not effective for most people‚ I find that if the need arises‚ I can learn material immediately before an exam‚ even under considerable pressure‚ and successfully retain it to use on the exam.
    Options: I am always able to use the « crammed » material successfully.‚ I am usually able to use the « crammed » material successfully.‚ I sometimes can use the « crammed » material successfully.‚ I hardly ever use the « crammed » material successfully‚ I am never able to use the « crammed » material successfully.
  16. I enjoy taking a difficult exam more than an easy one.
    Options: Always‚ Often‚ Sometimes‚ Rarely‚ Never
  17. I find myself reading exam questions without understanding them‚ and I must go back over them so that they will make sense.
    Options: Never‚ Hardly ever‚ Sometimes‚ Usually‚ Always
  18. The more important the exam or test‚ the better I seem to do.
    Options: This is true of me.‚ This is true of me much of the time.‚ This is sometimes true of me.‚ This is rarely true of me.‚ This is not true of me.
  19. When I don’t do well on difficult items at the beginning of an exam‚ it tends to upset me so that I block on even easy questions later on.
    Options: This never happens to me‚ This very rarely happens to me.‚ This sometimes happens to me.‚ This frequently happens to me.‚ This almost always happens to me.
  20. I enjoy playing practical jokes.
    Options: 1= Almost never‚ 2=Rarely‚ 3=Occasionally‚ 4=Often‚ 5=Almost always
  21. I enjoy taking a difficult exam more than an easy one.
    Options: 1= Almost never‚ 2=Rarely‚ 3=Occasionally‚ 4=Often‚ 5=Almost always
  22. I tell the instructors in my classes my feelings about how they conduct their classes.
    Options: 1= Almost never‚ 2=Rarely‚ 3=Occasionally‚ 4=Often‚ 5=Almost always
  23. I find myself reading exam questions without understanding them‚ and I must go back over them so that they will make sense.
    Options: 1= Almost never‚ 2=Rarely‚ 3=Occasionally‚ 4=Often‚ 5=Almost always
  24. The more important the exam or test‚ the better I seem to do.
    Options: 1= Almost never‚ 2=Rarely‚ 3=Occasionally‚ 4=Often‚ 5=Almost always
  25. I find myself wishing that I could get a decently paying job instead of being a student.
    Options: 1= Almost never‚ 2=Rarely‚ 3=Occasionally‚ 4=Often‚ 5=Almost always
  26. When I don’t do well on a difficult item at the beginning of an exam‚ it tends to upset me so that I block on even easy questions later on.
    Options: 1= Almost never‚ 2=Rarely‚ 3=Occasionally‚ 4=Often‚ 5=Almost always
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Looti, M. (2026, octobre 9). Test d’anxiété d’accomplissement. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/test-danxiete-daccomplissement/
Looti, Mohammed. “Test d’anxiété d’accomplissement.” Base de données de psychologie en français, 9 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/test-danxiete-daccomplissement/.
Looti, Mohammed. “Test d’anxiété d’accomplissement.” Base de données de psychologie en français. octobre 9, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/test-danxiete-daccomplissement/.