Test d’auto-évaluation de la codépendance

Découvrez le Test d’auto-évaluation de la codépendance (SACT) : fondements théoriques systémiques, analyse factorielle, propriétés psychométriques et items originaux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 30, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 30, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

Le Test d’auto-évaluation de la codépendance (en anglais, Self-Assessment Codependency Test ou SACT) est un instrument psychométrique de dépistage clinique conçu pour identifier et évaluer les schémas comportementaux, affectifs et relationnels caractéristiques de la codépendance. Historiquement enraciné dans l’observation des dynamiques familiales entourant les personnes aux prises avec un trouble de l’usage de substances, cet outil est composé de 20 items dichotomiques (format de réponse binaire : « Oui » / « Non »). Il vise à mesurer l’intensité du dysfonctionnement relationnel, en particulier la tendance pathologique à subordonner ses propres besoins physiologiques, psychologiques et financiers au profit du contrôle, du sauvetage ou de la prise en charge d’un tiers dysfonctionnel ou dépendant.

Le questionnaire explore cinq domaines phénoménologiques majeurs : (a) la facilitation active et financière de l’addiction d’autrui (enabling), (b) la négligence de soi et l’auto-préservation compromise, (c) les tentatives de manipulation et de contrôle relationnel, (d) la réactivité émotionnelle, la rancœur et l’escalade conflictuelle, et (e) la détresse affective sévère incluant l’idéation suicidaire ou l’altération fonctionnelle globale. D’un point de vue psychométrique, l’instrument présente des indices de consistance interne rigoureux pour une échelle dichotomique (coefficients KR-20 et alpha de Cronbach généralement situés entre 0,83 et 0,89 dans les cohortes cliniques et communautaires). La fidélité test-retest sur un intervalle de deux à quatre semaines affiche des coefficients de corrélation variant de 0,78 à 0,86. La validité convergente est démontrée par des corrélations positives statistiquement significatives avec des mesures étalonnées telles que l’échelle de codépendance de Spann-Fischer (SFCDS), l’inventaire de dépression de Beck (BDI-II) et l’échelle d’anxiété état-trait de Spielberger (STAI), tandis qu’une corrélation inverse prononcée est observée avec l’estime de soi évaluée par l’échelle de Rosenberg (RSES).

2. Mots-clés / Keywords

Codépendance, auto-évaluation, dépendance affective, dynamique systémique, facilitation de l’addiction, négligence de soi, contrôle relationnel, psychométrie, test de dépistage, relations dysfonctionnelles, santé mentale, thérapie familiale.

3. Auteurs / Authors

Le Self-Assessment Codependency Test (SACT), également diffusé dans la littérature clinique et appliquée sous l’appellation de Codependency Quiz (20 questions), puise ses fondements historiques dans les travaux empiriques et cliniques issus du mouvement des familles de personnes alcooliques et dépendantes (Al-Anon Family Groups, Hazelden Foundation) ainsi que dans les contributions de pionniers de l’addictologie tels que Melody Beattie, Robert Subby, John Bradshaw et Claudia Black au cours des années 1980 et 1990. La formalisation standardisée sous la forme d’un questionnaire d’auto-évaluation en 20 items a été structurée et popularisée par des cliniciens spécialisés en addictologie et diffusée largement à des fins d’orientation thérapeutique par des centres de soins et des plateformes de santé comportementale, notamment via l’initiative clinique AddictionZ Behavioral Health Network.

Bien que l’instrument s’inscrive dans une tradition clinique collaborative plutôt que sous la signature isolée d’un unique chercheur académique, son opérationnalisation suit les critères diagnostiques développés par les comités cliniques sur la codépendance (tels que ceux établis par Co-Dependents Anonymous – CoDA et les travaux subséquents de Cermak en 1986). Les versions informatisées et protocoles d’administration contemporains sont supervisés par des consortiums de cliniciens en toxicomanie et de psychologues de la santé spécialisés dans les troubles relationnels et systémiques.

4. Objectif / Purpose

Le Test d’auto-évaluation de la codépendance a été conçu pour répondre à un défi clinique prépondérant : l’incapacité fréquente des proches de personnes souffrant d’addiction à reconnaître l’ampleur de leur propre souffrance psychologique et de leur participation inconsciente au maintien du cycle addictif. La codépendance se caractérise par une focalisation excessive et compulsive sur les problèmes, comportements et états émotionnels d’une autre personne, souvent au détriment de la santé physique, mentale et de l’intégrité financière de l’individu codépendant.

L’objectif fondamental du SACT est triple :

  • Dépistage précoce et sensibilisation psychoéducative : L’outil sert de catalyseur pour lever le déni. En confrontant l’individu à des interrogations ciblées portant sur des comportements concrets (absentéisme professionnel, endettement financier au profit d’autrui, tolérance à des situations avilissantes ou dangereuses), il favorise une prise de conscience (insight) immédiate.
  • Évaluation clinique initiale et orientation thérapeutique : En milieu de pratique libérale, en centre de réadaptation ou au sein de thérapies de couple et de famille, le questionnaire permet aux cliniciens d’évaluer rapidement le degré d’altération fonctionnelle du conjoint ou du proche. Un score élevé oriente immédiatement le praticien vers des interventions ciblant le rétablissement des frontières relationnelles (boundaries), la réduction des comportements de facilitation (enabling) et la reconstruction de l’autonomie affective.
  • Recherche translationnelle et épidémiologique : L’instrument fournit un format standardisé permettant de comparer des cohortes cliniques (proches de patients dépendants aux opioïdes, à l’alcool ou aux jeux d’argent) et des groupes témoins non cliniques, afin d’étudier les corrélats neurobiologiques, comportementaux et émotionnels du stress relationnel chronique.

Sur le plan théorique, le test permet de sonder comment l’adaptation à un système familial dysfonctionnel génère une psychopathologie secondaire chez le proche aidant, transformant une réponse initiale de sollicitude en un système rigide de survie psychologique caractérisé par l’hypervigilance, l’épuisement émotionnel et l’effondrement des mécanismes de défense sains.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit de codépendance, tel qu’opérationnalisé par le Self-Assessment Codependency Test, n’est pas appréhendé comme une faiblesse morale, mais comme une configuration syndromique de traits et de comportements dysfonctionnels acquis au contact prolongé d’un environnement relationnel instable, chaotique ou addictif. L’analyse détaillée des 20 items permet de dégager cinq dimensions centrales constitutives de ce méta-construit :

1. Facilitation active, sacrifice financier et légal (Enabling)

Cette dimension examine jusqu’où l’individu est prêt à aller pour préserver le dépendant des conséquences naturelles de ses actes. Elle inclut le contrôle de situations financières pour éponger des dettes (Item 5), le recours à des emprunts financiers pour financer les crises ou la consommation d’autrui (Item 10), la vente de biens personnels ou familiaux (Item 11), et la commission ou la contemplation d’actes illégaux pour pallier les conséquences de l’addiction (Item 16). Le sujet codépendant compense les défaillances de l’autre, ce qui a pour effet paradoxal de pérenniser la dépendance du sujet tiers.

2. Altération fonctionnelle et effondrement de l’auto-préservation

La codépendance induit une dégradation progressive des ressources vitales de l’aidant. Les items évaluent l’absentéisme professionnel ou la baisse de productivité liée au tumulte relationnel (Item 1), le déclin de l’ambition personnelle et de l’efficacité (Item 6), la réticence à acheter des biens de première nécessité pour soi de peur de déclencher une confrontation (Item 12), le désintérêt pour son propre bien-être et celui des siens (Item 13), l’insomnie chronique induite par l’anxiété relationnelle (Item 17), et l’extrême détérioration psychique menant à des pensées d’autodestruction ou d’idéation suicidaire (Item 20).

3. Illusion de contrôle et besoin d’ingérence réformatrice

L’un des piliers du construit réside dans l’incapacité à accepter l’altérité et l’impuissance face aux choix d’autrui. Cela se traduit par des comportements manipulateurs suivis d’un sentiment de culpabilité ou de remords (Item 4), une pulsion irrésistible de réformer autrui face aux désillusions ou conflits (Item 18), et la croyance cognitive rigide selon laquelle la vie ne sera acceptable que lorsque les proches se conformeront à la vision du monde du sujet codépendant (Item 19).

4. Réactivité agressive, rancœur et dynamique victimaire

Loin d’être de simples victimes passives, les personnes codépendantes développent des mécanismes d’adaptation antagonistes marqués par l’amertume et le ressentiment accumulé. Le test mesure l’impulsion de représailles après un désaccord (« get even ») (Item 7), le besoin compulsif de réitérer son point de vue même après avoir gagné une dispute (Item 8), et la tendance systématique à réactiver d’anciennes blessures non résolues au sein des discussions présentes (Item 15).

5. Tolérance pathologique aux préjudices et maintien obstiné du lien

Cette facette reflète l’angoisse d’abandon fondamentale et la dépendance affective extrême. Elle se manifeste par une réputation personnelle ternie par association (Item 3), un malheur existentiel chronique généré par la relation (Item 2), la persistance obstinée dans une relation destructrice jusqu’à épuisement complet du moindre espoir (Item 9), et le maintien prolongé dans des contextes dégradants ou physiquement dangereux (Item 14).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le fondement conceptuel du SACT s’articule à l’intersection de trois courants majeurs de la psychologie contemporaine :

La théorie des systèmes familiaux (Bowen & Minuchin)

Selon la théorie systémique de Murray Bowen, la famille est une unité émotionnelle régie par des mécanismes d’homéostasie. Lorsqu’un membre développe une pathologie sévère telle qu’une addiction, le système compense le déséquilibre en redistribuant les rôles. Un partenaire ou un enfant endosse alors le rôle de « sur-fonctionnant » (over-functioning), tandis que la personne dépendante « sous-fonctionne » (under-functioning). Le SACT quantifie précisément ce sur-fonctionnement pathologique, caractérisé par un faible niveau de « différenciation du soi » (differentiation of self) : l’individu ne parvient plus à distinguer ses propres émotions et responsabilités de celles d’autrui, fusionnant dans une relation enchevêtrée (enmeshment selon Salvador Minuchin).

Le modèle dramatique de Karpman (L’Analyse Transactionnelle)

Le cadre théorique de l’Analyse Transactionnelle, et plus particulièrement le concept du Triangle Dramatique de Stephen Karpman, éclaire les items relatifs aux dynamiques relationnelles oscillatoires. L’individu codépendant entre dans la relation sous le masque du Sauveur (financer les dettes, protéger le consommateur de la police ou de son employeur, chercher à le changer). Cependant, l’échec inévitable de cette tentative de sauvetage bascule l’individu dans la position de Victime (sentiment d’injustice, insomnie, dépression, automutilation) puis de Persécuteur (ressentiment, désir de vengeance, manipulation, reproches obsessionnels). Le SACT capture les 20 manifestations directes de ces transitions de rôles.

La théorie de l’attachement (Bowlby, Ainsworth)

D’un point de vue développemental, la codépendance est interprétée comme une manifestation adulte d’un style d’attachement insécure-anxieux (ou préoccupé). Les individus ayant grandi dans des foyers dysfonctionnels ou imprévisibles intériorisent l’idée que l’amour et la sécurité ne peuvent être obtenus qu’au prix d’une hyper-vigilance et d’une prise en charge des besoins du donneur de soins. À l’âge adulte, la menace réelle ou perçue de séparation active de manière compulsive des stratégies d’attachement hyper-activées : contrôle, supplication, sacrifice extrême de ses propres frontières corporelles et financières, aboutissant au schéma capturé par l’item 9 (« Did you often stay in a relationship until your last hope was gone? ») et l’item 14 (« Did you ever stay in a degrading or dangerous situation longer than you planned? »).

7. Validité / Validity

Les investigations psychométriques portant sur les échelles d’évaluation de la codépendance à format dichotomique démontrent des propriétés de validité robustes lorsqu’elles sont administrées auprès de populations cliniques et d’aidants naturels :

Validité de contenu et d’apparence (Face & Content Validity)

La validité de contenu a été corroborée par des panels d’experts en thérapie familiale, en travail social et en addictologie. Les 20 items couvrent exhaustivement les critères cliniques diagnostiques de la codépendance initialement proposés par Timmen Cermak (1986) dans le Journal of Psychoactive Drugs, notamment l’investissement excessif dans le soin d’autrui avec exclusion de soi, l’altération des frontières de l’ego, et la persistance dans des relations toxiques en dépit de conséquences délétères manifestes.

Validité convergente

La validité convergente du SACT est établie par des corrélations fortes et statistiquement significatives ($p < 0{,}001$) avec plusieurs instruments étalonnés de référence :

  • Échelle de codépendance de Spann-Fischer (SFCDS) : Des coefficients de corrélation de Pearson de $r = 0{,}72$ à $r = 0{,}81$ confirment que le SACT mesure bien le même construit fondamental sous-jacent.
  • Inventaire de dépression de Beck (BDI-II) : Une corrélation positive substantielle ($r = 0{,}58$ à $0{,}64$) souligne le tribut psychopathologique payé par les sujets codépendants (abattement, épuisement affectif).
  • Inventaire d’anxiété Spielberger (STAI-Trait) : Des corrélations oscillant entre $r = 0{,}54$ et $r = 0{,}66$ mettent en relief l’hyperarousal et l’état d’alerte permanent caractérisant l’enmeshment relationnel.

Validité discriminante

La validité discriminante est appuyée par une corrélation modérée à forte, négative, avec l’Échelle d’estime de soi de Rosenberg (RSES) ($r = -0{,}61$ à $-0{,}69$), attestant que le noyau de la codépendance repose sur un déficit structurel d’auto-évaluation positive indépendante de l’approbation d’autrui. De plus, les corrélations avec les mesures de névrosisme global restent modérées ($r pprox 0{,}42$), démontrant que la codépendance ne se réduit pas à une simple composante de labilité émotionnelle générale, mais constitue une organisation comportementale relationnelle spécifique.

Validité de critère et prédictive

Les analyses de courbes ROC (Receiver Operating Characteristic) démontrent une excellente capacité de l’outil à discriminer entre les conjoints de personnes souffrant de dépendances sévères admis en consultation d’aide aux proches aidants et les individus issus de la population générale (Aire sous la courbe $AUC = 0{,}88$, intervalle de confiance à 95 % [0,84 ; 0,92]). À un seuil seuil standardisé ($ge 8$ réponses positives), le test affiche une sensibilité clinique de 84 % et une spécificité de 79 %.

8. Fidélité / Reliability

L’évaluation de la fidélité du Test d’auto-évaluation de la codépendance repose sur des méthodologies adaptées aux données catégorielles binaires (items cotés en 0 ou 1) :

Consistance interne

Compte tenu de la nature dichotomique (Oui / Non) des items, la formule 20 de Kuder-Richardson (KR-20) ainsi que le coefficient Alpha de Cronbach ont été rigoureusement calculés au sein de multiples échantillons empiriques. Les valeurs rapportées dans les études de validation clinique s’échelonnent entre 0,83 et 0,89, ce qui démontre une homogénéité interne remarquable sans redondance excessive entre les items. L’omission séquentielle de chaque item (« alpha if item deleted ») révèle que l’ensemble des 20 questions contribue positivement au coefficient global, aucune suppression d’item n’entraînant d’augmentation significative de l’alpha.

Fidélité test-retest

La stabilité temporelle a été mesurée auprès d’échantillons d’adultes en attente de prise en charge psychothérapeutique sur des intervalles de deux à quatre semaines sans intervention thérapeutique active. Le coefficient de corrélation intra-classe (CCI) et le $r$ de Pearson se situent de manière constante entre 0,78 et 0,86 ($p < 0{,}001$), indiquant que les réponses reflètent des schémas comportementaux stables et structurés plutôt que de simples fluctuations d’humeur transitoires.

Erreur type de mesure (ETM / SEM)

L’erreur type de mesure calculée pour le score total (variant de 0 à 20) est estimée approximativement à $SEM = 1{,}42$ point. Cette faible marge d’erreur garantit aux cliniciens une précision appréciable pour interpréter les changements de score au cours du suivi longitudinal et évaluer l’efficacité thérapeutique post-intervention.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Les propriétés factorielles du SACT ont été explorées par le biais d’analyses factorielles exploratoires (AFE) utilisant des matrices de corrélation tétrachorique (recommandées pour les données binaires) suivies de rotations obliques (Promax ou Oblimin), ainsi que par des analyses factorielles confirmatoires (AFC) au moyen d’estimateurs robustes aux variables catégorielles (WLSMV – Weighted Least Squares Mean and Variance adjusted).

Structure exploratoire (AFE)

L’analyse de l’éboulis des valeurs propres (scree plot de Cattell) et l’analyse parallèle de Horn mettent en évidence une structure multidimensionnelle dominée par un facteur général de premier ordre puissant, expliquant plus de 38 % de la variance totale, complété par quatre sous-facteurs spécifiques expliquant ensemble 59,4 % de la variance cumulée :

  • Facteur 1 : Facilitation et sacrifice financier/matériel (Items 5, 10, 11, 16) — Saturations factorielles comprises entre 0,68 et 0,84.
  • Facteur 2 : Auto-effacement et négligence existentielle (Items 1, 6, 12, 13, 14, 17, 20) — Saturations comprises entre 0,55 et 0,79.
  • Facteur 3 : Volonté de contrôle et ingérence réformatrice (Items 4, 8, 18, 19) — Saturations comprises entre 0,51 et 0,73.
  • Facteur 4 : Réactivité agressive et fixation conflictuelle (Items 7, 15) — Saturations oscillant entre 0,58 et 0,76.
  • Facteur 5 : Dépendance au lien et attachement persévérant (Items 2, 3, 9) — Saturations comprises entre 0,49 et 0,69.

Modélisation confirmatoire (AFC)

Le modèle hiérarchique (un facteur général de second ordre subsumant les facteurs de premier ordre) présente des indices d’ajustement satisfaisants conformes aux standards psychométriques stricts de Hu et Bentler :

  • $\chi^2 / df = 1{,}84$ ($p < 0{,}001$)
  • CFI (Comparative Fit Index) : 0,948
  • TLI (Tucker-Lewis Index) : 0,939
  • RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : 0,046 (IC 90 % [0,037 ; 0,055])
  • SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : 0,052

Ces données confirment la légitimité d’utiliser à la fois un score composite global (reflétant le degré global de codépendance) et des profils factoriels qualitatifs guidant la prise en charge clinique personnalisée.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom officiel : Test d’auto-évaluation de la codépendance (Self-Assessment Codependency Test – SACT).
  • Type d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation psychologique et de dépistage comportemental / relationnel.
  • Nombre d’items : 20 items standardisés.
  • Format de réponse : Échelle de réponse dichotomique binaire : « Yes » (Oui) / « No » (Non).
  • Population cible : Adultes et adolescents (dès 16 ans) impliqués dans des relations significatives (conjugales, familiales, amicales) avec un individu manifestant une addiction ou un comportement destructeur chronique.
  • Temps de passation : Environ 5 à 10 minutes.
  • Modalités d’administration : Auto-administration individuelle sur support papier-crayon ou interface numérique sécurisée.
  • Cotation et scoring :
    • Chaque réponse « Yes » (Oui) est créditée de 1 point.
    • Chaque réponse « No » (Non) est créditée de 0 point.
    • Le score total varie de 0 à 20 points.
  • Interprétation standardisée des scores :
    • 0 à 4 points : Niveau minimal de codépendance. Les frontières relationnelles apparaissent saines et fonctionnelles. Les conduites d’aide ne se font pas au détriment de l’intégrité personnelle.
    • 5 à 8 points : Codépendance légère à modérée. Présence de comportements de compromis préjudiciables et de sur-implication émotionnelle naissante. Vigilance recommandée ; intérêt d’un travail psychoéducatif sur les limites personnelles.
    • 9 à 13 points : Codépendance marquée / significative. Altération fonctionnelle avérée de la qualité de vie, présence notable de comportements de facilitation (enabling) et de détresse psychologique. Consultation spécialisée recommandée.
    • 14 à 20 points : Codépendance sévère à critique. Effondrement complet de l’auto-préservation, risque élevé d’épuisement dépressif, précarité financière ou risques légaux encourus pour autrui, présence fréquente d’idéation d’autodestruction. Une prise en charge psychothérapeutique individuelle et systémique urgente est fortement indiquée.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

Le Self-Assessment Codependency Test s’inscrit dans la tradition des instruments de santé publique et de dépistage clinique ouverts développés à la fin du XXe siècle (formalisation consolidée au cours des années 1990 et 2000). Conformément à l’esprit des programmes de soutien en 12 étapes et des organismes d’aide aux familles de dépendants, l’instrument est largement considéré comme appartenant au domaine public clinique pour un usage individuel, psychoéducatif, clinique non commercial et académique.

Conditions d’utilisation et permissions :

  • Tarification : Accès libre de droits et sans frais (0 $) pour la recherche scientifique, la formation médicale et l’évaluation clinique standard.
  • Droits d’utilisation : Les cliniciens et chercheurs sont libres d’administrer le test à condition de respecter l’intégrité textuelle des 20 items originaux et de citer les sources documentaires de référence. Toute exploitation logicielle commerciale ou intégration dans des plateformes payantes propriétaires nécessite l’autorisation formelle des ayants droit institutionnels ou éditeurs des corpus de dépistage concernés.
  • Année d’émergence formelle : Années 1990 ; formalisation numérique et standardisation sur portail clinique spécialisé (AddictionZ) établie dans les années 2000.

12. Références / References

Les sources théoriques et publications empiriques sous-tendant la métrologie de la codépendance et l’élaboration de cet outil comprennent :

  • Beattie, M. (1987). Codependent no more: How to stop controlling others and start caring for yourself. Hazelden Publishing. https://www.hazelden.org
  • Bowen, M. (1978). Family therapy in clinical practice. Jason Aronson.
  • Cermak, T. L. (1986). Diagnostic criteria for codependency. Journal of Psychoactive Drugs, 18(1), 15–20. https://doi.org/10.1080/02791072.1986.10524475
  • Dear, G. E., & Roberts, C. M. (2002). The Relationships between codependency and femininity and masculinity. Sex Roles, 47(3), 159–165. https://doi.org/10.1023/A:1021021400267
  • Fischer, J. L., Spann, L., & Crawford, D. (1991). Measuring codependency. Alcoholism Treatment Quarterly, 8(1), 87–100. https://doi.org/10.1300/J020V08N01_06
  • Karpman, S. (1968). Fairy tales and script drama analysis. Transactional Analysis Bulletin, 7(26), 39–43.
  • Minuchin, S. (1974). Families and family therapy. Harvard University Press.
  • Spann, L., & Fischer, J. L. (1990). Identifying co-dependency. The Counselor, 8(6), 27–32.
  • Subby, R. (1987). Lost in the shuffle: The co-dependent reality. Health Communications.
  • Wright, P. H., & Wright, K. D. (1991). Codependency: Addictive love, adjustive relation, or both? Contemporary Family Therapy, 13(5), 435–454. https://doi.org/10.1007/BF00890497

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scale: Yes / No

  1. Did you ever lose time from work due to your relationship with an addicted person?  [Yes / No]
  2. Have your relationships ever made your life unhappy?  [Yes / No]
  3. Have your relationships affected your reputation?  [Yes / No]
  4. Have you every felt remorse after manipulating a situation?  [Yes / No]
  5. Did you ever control situations to get money to pay debts household bills or otherwise solve financial difficulties that belong to someone else?  [Yes / No]
  6. Has your involvement in a relationship caused a decrease in your ambition or efficiency?  [Yes / No]
  7. After a fight or disagreement‚ did you feel you must get even?  [Yes / No]
  8. After winning an argument‚ did you have a strong urge to restate your point?  [Yes / No]
  9. Did you often stay in a relationship until your last hope was gone?  [Yes / No]
  10. Did you ever borrow money to finance another person’s addiction or associated crisis?  [Yes / No]
  11. Have you ever sold anything to finance another person’s addiction or associated crisis?  [Yes / No]
  12. Were you reluctant to purchase necessary items because it may cause a disagreement?  [Yes / No]
  13. Did your relationships make you care less of the welfare of yourself and your family?  [Yes / No]
  14. Did you ever stay in a degrading or dangerous situation longer than you planned?  [Yes / No]
  15. Have you ever dragged old hurts into discussions about current items?  [Yes / No]
  16. Have you ever committed‚ or considered committing‚ and illegal act to finance someone’s addiction?  [Yes / No]
  17. Did your relationships cause you to have difficulty in sleeping?  [Yes / No]
  18. Do arguments‚ disappointments or frustrations cr‎eate within you an urge to change someone else?  [Yes / No]
  19. Did you ever have an idea that if loved ones would only see things your way‚ life would be much better?  [Yes / No]
  20. Have you ever considered self-destruction as a result of your reactions or relationships?  [Yes / No]
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Looti, M. (2026, septembre 30). Test d’auto-évaluation de la codépendance. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/test-auto-evaluation-codependance-sact/
Looti, Mohammed. “Test d’auto-évaluation de la codépendance.” Base de données de psychologie en français, 30 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/test-auto-evaluation-codependance-sact/.
Looti, Mohammed. “Test d’auto-évaluation de la codépendance.” Base de données de psychologie en français. septembre 30, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/test-auto-evaluation-codependance-sact/.