Test d’auto-efficacité du régime alimentaire (DSET)

Le Test d’auto-efficacité du régime alimentaire (Dieting Self-Efficacy Test – DSET), développé par Philip Lawrence Ascheman (1989, 1991), est un instrument psychométrique de 30 items évaluant les croyances d’auto-efficacité et la perte de contrôle alimentaire en contexte de gestion pondérale.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 9, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 9, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé

Le Test d’auto-efficacité du régime alimentaire (en anglais, Dieting Self-Efficacy Test ou DSET) est un instrument psychométrique conçu initialement par Philip Lawrence Ascheman (1989, 1991) à l’Université d’État de l’Iowa. Cet outil d’évaluation quantitative a été développé pour mesurer les croyances individuelles relatives à l’auto-efficacité personnelle dans le domaine spécifique du contrôle pondéral, de la régulation des apports alimentaires et de l’observance d’un régime diététique. S’appuyant directement sur la théorie socio-cognitive formalisée par le psychologue Albert Bandura, le DSET explore dans quelle mesure un individu s’estime compétent et capable de résister aux écarts alimentaires, d’éviter les épisodes d’hyperphagie incontrôlée (binge eating), et de maintenir des comportements adaptés malgré la présence de déclencheurs émotionnels, environnementaux ou cognitifs.

Le questionnaire est composé de 30 items formulés sous forme d’affirmations portant sur des situations de perte de contrôle, des pensées obsessionnelles relatives à l’alimentation et à la silhouette, ainsi que sur des réactions d’abandon face aux contraintes diététiques. Les participants évaluent leur niveau d’accord sur une échelle de Likert en 5 points allant de 1 (« Tout à fait d’accord » / Agree strongly) à 5 (« Pas du tout d’accord » / Disagree strongly). Deux items clés (items 11 et 16) sont formulés de façon positive et font l’objet d’un codage inversé. Sur le plan factoriel, l’instrument mesure principalement la vulnérabilité à la perte de contrôle alimentaire, le sentiment d’impuissance face au régime, l’alimentation émotionnelle et les préoccupations cognitives liées au poids.

Les études métrologiques menées par Ascheman (1989, 1991) démontrent une consistance interne élevée, avec un coefficient alpha de Cronbach dépassant régulièrement 0,90 pour l’échelle globale, ainsi qu’une stabilité temporelle satisfaisante lors d’évaluations test-retest. La validité convergente a été établie par des corrélations significatives avec des mesures standardisées de restriction cognitive, de boulimie et d’estime de soi corporelle. Le DSET constitue ainsi un outil précieux en psychologie de la santé, en nutrition comportementale et en psychiatrie nutritionnelle pour identifier les freins cognitifs à l’amincissement et prédire les risques d’abandon thérapeutique chez les patients souffrant d’obésité ou de troubles du comportement alimentaire.

2. Mots-clés

Auto-efficacité, Régime alimentaire, Comportement alimentaire, Perte de contrôle, Restriction cognitive, Obésité, Hyperphagie boulimique, Psychométrie, Psychologie de la santé, Évaluation clinique, Régulation pondérale, Échelle de Likert.

3. Auteurs

Le Dieting Self-Efficacy Test (DSET) a été conçu et validé par Philip Lawrence Ascheman dans le cadre de ses travaux universitaires au sein du Département de Psychologie de l’Iowa State University (Ames, Iowa, États-Unis) :

  • Philip Lawrence Ascheman, Ph.D. : Psychologue clinicien et chercheur, spécialisé dans l’évaluation psychométrique des facteurs cognitifs associés à la régulation comportementale, aux habitudes de vie et aux troubles des conduites alimentaires. Ses recherches de maîtrise (1989) et de doctorat (1991) à l’Université d’État de l’Iowa ont porté spécifiquement sur l’élaboration et la validation empirique d’une mesure des attentes d’auto-efficacité appliquées aux conduites de régime.
  • Affiliation institutionnelle de référence : Department of Psychology, Iowa State University, Ames, IA 50011, États-Unis.

4. Objectif

L’objectif fondamental du Dieting Self-Efficacy Test (DSET) est de quantifier de manière robuste et standardisée le sentiment d’efficacité personnelle perçu par un individu lorsqu’il tente d’adopter, de maintenir ou de réguler un régime alimentaire visant le contrôle ou la perte de poids. Dans les sociétés contemporaines marquées par une prévalence croissante du surpoids et de l’obésité, des millions de personnes s’engagent régulièrement dans des démarches restrictives. Toutefois, une majorité écrasante de ces tentatives échoue à moyen et long terme, se soldant fréquemment par des phénomènes d’oscillation pondérale (« effet yo-yo ») et un épuisement psychologique considérable. Le DSET a été spécifiquement développé pour répondre au besoin théorique et clinique de mesurer les déterminants cognitifs qui sous-tendent cet échec ou ce succès comportemental.

Sur le plan conceptuel, l’outil s’écarte des approches purement mécanistes ou métaboliques de la nutrition en plaçant la cognition de contrôle au centre du paradigme. Il ne s’agit pas d’évaluer les connaissances diététiques du patient (son savoir théorique sur les calories, les macronutriments ou l’équilibre nutritionnel), mais plutôt son attente d’efficacité : la conviction intime qu’il possède les ressources psychologiques nécessaires pour mobiliser l’effort, inhiber les pulsions alimentaires délétères et surmonter les obstacles circonstanciels (tels que la disponibilité d’aliments hypercaloriques, les événements sociaux festifs ou les états de détresse émotionnelle).

Les applications de cette échelle s’étendent à plusieurs domaines complémentaires :

  • En pratique clinique et psychothérapeutique : Le DSET offre aux psychologues cliniciens, psychiatres et nutritionnistes un inventaire diagnostic détaillé. En détectant les zones précises où le sentiment d’efficacité est effondré (par exemple, la vulnérabilité à l’ennui, la tristesse, l’influence des pairs ou les pulsions impulsives de grignotage), le praticien peut orienter ses interventions de thérapie cognitivo-comportementale (TCC) vers des stratégies ciblées de restructuration cognitive, de décentration et d’exposition graduée.
  • En évaluation des programmes de perte de poids : L’outil sert d’indicateur pronostique avant l’entrée dans un protocole bariatrique ou nutritionnel. Un score particulièrement défavorable met en évidence un risque accru d’abandon précoce, de rechute ou de décompensation hyperphagique, justifiant un accompagnement psychologique préparatoire renforcé.
  • En recherche fondamentale et épidémiologique : Le DSET permet d’étudier les mécanismes médiateurs reliant le stress psychosocial, les traits de personnalité (tels que l’impulsivité ou le névrosisme) et les variations de l’indice de masse corporelle (IMC). Il permet également de tester l’efficacité comparative de différentes approches thérapeutiques (par exemple, l’alimentation intuitive par rapport à la restriction calorique encadrée).

5. Construit psychologique

Le construit psychologique évalué par le DSET réside dans l’auto-efficacité relative au régime et au contrôle alimentaire. Selon la conceptualisation opérationnelle adoptée par Ascheman (1989, 1991), ce construit ne constitue pas une entité unidimensionnelle monolithique, mais s’articule autour de multiples facettes d’expériences cognitives, affectives et comportementales. Bien que l’échelle s’intitule « Test d’auto-efficacité », la majorité des items est formulée sous l’angle du déficit de contrôle, de l’impuissance acquise face à la nourriture et de l’hyperfocalisation mentale sur le poids. Ainsi, une adhésion forte aux items témoigne d’un très faible sentiment d’auto-efficacité.

On peut distinguer quatre dimensions majeures traversant le contenu des 30 items du DSET :

1. Sentiment d’incapacité de contrôle et hyperphagie (Inability to Control Eating & Binge Eating)

Cette dimension évalue la perception directe d’une incapacité à réguler le volume de nourriture consommé, illustrée par des compulsions et des épisodes où la prise alimentaire échappe à la volonté consciente. Elle explore les pertes de maîtrise fréquentes, même lorsque l’individu avait formellement planifié de limiter ses prises. Des items tels que « I frequently overeat, even when I plan not to » (Item 1), « Sometimes I go on eating binges » (Item 7), « I can’t control how much I eat » (Item 25) et « I can’t help overeating » (Item 29) témoignent d’une rupture complète du sentiment d’agentivité personnelle face aux stimuli alimentaires.

2. Réactivité émotionnelle et alimentation déclenchée par le stress (Emotional Eating & Distress Reactivity)

La capacité à dissocier les états affectifs négatifs de la réponse alimentaire est une composante critique de l’auto-efficacité diététique. Dans cette dimension, l’individu utilise la prise calorique comme une stratégie inadaptée de régulation émotionnelle (coping centré sur l’émotion). Des items comme « Before I eat, I often feel depressed » (Item 8) et « I overeat when I am distressed » (Item 18) mettent en lumière la perméabilité du comportement alimentaire à la dysphorie et à l’anxiété, reflétant une conviction défaillante quant à sa propre capacité à apaiser une détresse sans recourir aux aliments de réconfort.

3. Impuissance face aux régimes et découragement récurrent (Dietary Helplessness & Rapid Relapse)

Cette dimension s’intéresse à l’histoire d’échec perçue des tentatives de contrôle du poids et à la faible résilience face aux exigences d’un programme nutritionnel. Elle traduit l’anticipation automatique de l’échec diététique et le phénomène de transgression conduisant à un débordement compensatoire (proche de l’effet de violation de l’abstinence). Des formulations telles que « Dieting just doesn’t work for me » (Item 6), « I give up on diets after a few days » (Item 13) et « After a diet, I usually go on an eating binge » (Item 19) illustrent la croyance intériorisée selon laquelle aucun effort ne produira de résultats pérennes.

4. Préoccupations cognitives obsédantes et anxiété corporelle (Obsessive Food Thoughts & Weight Concerns)

Le sentiment d’efficacité personnelle est lourdement altéré par l’omniprésence de cognitions intrusives relatives à la nourriture, à la prise de poids et au regard d’autrui. Cette composante capte la charge mentale disproportionnée consacrée à l’alimentation : « My life seems to revolve around food » (Item 9), « I think a lot about getting fat » (Item 5), « My friends would laugh at me if they knew how much I eat » (Item 2) et « My weight makes me look unattractive » (Item 26). L’inhibition réussie nécessite des ressources attentionnelles que ces obsessions permanentes viennent épuiser.

6. Cadre théorique

Le fondement théorique principal du DSET est la théorie socio-cognitive d’Albert Bandura (1977, 1986, 1997). Selon ce modèle, le comportement humain résulte d’un déterminisme réciproque triadique impliquant des facteurs cognitifs et internes, des influences environnementales et les conduites elles-mêmes. Au sein de cette architecture, le concept de sentiment d’efficacité personnelle (self-efficacy) désigne le jugement qu’un individu porte sur sa capacité à organiser et à exécuter les actions requises pour atteindre des performances déterminées.

Bandura postule que l’auto-efficacité influence de manière décisive :

  • Le choix des objectifs et des défis que la personne s’assigne ;
  • La quantité d’efforts qu’elle est prête à déployer ;
  • La persévérance dont elle fait preuve face aux obstacles et aux rechutes temporaires ;
  • Le niveau de stress et de réactivité dépressive ressenti face aux difficultés.

Dans le domaine des conduites alimentaires, Bandura et des chercheurs contemporains ont souligné que l’efficacité personnelle est éminemment spécifique au domaine (domain-specific). Une personne peut présenter une auto-efficacité professionnelle ou sportive exceptionnelle tout en éprouvant une sensation totale d’impuissance lorsqu’elle se retrouve seule le soir devant son réfrigérateur. Le DSET d’Ascheman s’ancre précisément dans cette micro-analyse des compétences perçues de régulation comportementale.

Le second cadre théorique articulé au DSET est la théorie de la restriction cognitive (« Restraint Theory ») développée par C. Peter Herman et Janet Polivy (1980). Selon cette théorie, la décision d’imposer un contrôle cognitif rigide sur l’apport alimentaire remplace les signaux physiologiques internes de faim et de satiété par des règles quantitatives strictes. Lorsque cette barrière cognitive est franchie — par exemple après l’ingestion d’un aliment interdit ou sous l’impact d’une émotion intense —, l’individu subit ce que Herman et Polivy ont nommé l’effet de désinhibition (ou effet « what-the-hell »). Dans le cadre du DSET, cette rupture s’exprime par une chute drastique du sentiment d’efficacité, ouvrant la voie à des épisodes massifs d’hyperphagie compensatoire (illustrés par les items 17, 19 et 22).

Enfin, le modèle s’enrichit des théories de l’auto-régulation et de l’épuisement de l’ego (Ego Depletion, Baumesteir et al., 1998) : le contrôle de soi étant assimilé à une ressource limitée, les individus dotés d’une faible auto-efficacité perçoivent leurs réserves comme immédiatement dépassées dès qu’une tentation ou un stress émerge, ce qui précipite l’abandon de la règle diététique.

7. Validité

La démarche de validation psychométrique conduite par Philip Lawrence Ascheman (1989, 1991) a établi les différentes propriétés métrologiques du DSET auprès d’échantillons d’adultes et d’étudiants universitaires confrontés à des problématiques de gestion du poids.

Validité de contenu

La formulation initiale du pool d’items a été soumise à des experts du comportement alimentaire et de la psychologie clinique pour s’assurer que chaque proposition représentait une situation typique de défi diététique, d’affect négatif lié à la prise alimentaire ou de rupture d’auto-régulation. Les 30 items conservés couvrent de façon équilibrée les aspects comportementaux, cognitifs et affectifs de la difficulté à s’auto-réguler.

Validité convergente

La validité convergente a été confirmée en corrélant le score du DSET avec d’autres questionnaires de référence évaluant la psychopathologie alimentaire et le contrôle perçu :

  • Correlations avec la restriction et la désinhibition : Des corrélations positives et élevées (r compris entre 0,55 et 0,72, p < 0,001) ont été démontrées entre le score d’inéficacité du DSET et les sous-échelles de désinhibition et de faim du Three-Factor Eating Questionnaire (TFEQ / Stunkard & Messick, 1985).
  • Corrélations avec la symptomatologie boulimique : Le DSET est fortement associé aux scores de l’Eating Disorder Inventory (EDI / Garner et al., 1983), notamment les dimensions « Boulimie » (r = 0,61 à 0,68) et « Insatisfaction corporelle » (r = 0,52 à 0,59).
  • Corrélations avec la détresse émotionnelle : Des associations modérées à élevées ont été constatées avec des mesures d’anxiété et de dépression généralisées (r ≈ 0,40 à 0,50), confirmant que l’effondrement de l’auto-efficacité diététique s’inscrit dans un terrain de réactivité affective éprouvante.

Validité discriminante

Le DSET démontre une validité discriminante satisfaisante vis-à-vis de l’efficacité personnelle généralisée (mesurée par exemple par l’échelle de Sherer et al., 1982). Les corrélations n’excèdent généralement pas r = -0,35, ce qui prouve empiriquement que le DSET capture une compétence spécifique au domaine diététique et non une simple confiance générale en soi.

Validité prédictive

Dans l’étude de validation longitudinale réalisée par Ascheman (1991), les scores au DSET étaient significativement prédictifs du succès à court terme d’un régime : les participants présentant une auto-efficacité plus élevée (c’est-à-dire rejetant fermement les items d’incapacité) perdaient davantage de poids et présentaient un taux d’abandon du programme inférieur à 15 %, contre plus de 45 % chez les sujets présentant une auto-efficacité dégradée.

8. Fidélité

Les indices de fidélité calculés lors des différentes phases d’élaboration et de validation du DSET témoignent d’une excellente précision de mesure :

  • Consistance interne (Alpha de Cronbach) : L’échelle globale composée des 30 items affiche une homogénéité très élevée, avec un coefficient α se situant systématiquement entre 0,91 et 0,94 dans les cohortes analysées par Ascheman (1989, 1991). Ce niveau d’homogénéité garantit que les items concourent tous à l’évaluation du même construit sous-jacent.
  • Corrélations item-total corrigées : Pour la quasi-totalité des items, les corrélations item-total s’échelonnent entre 0,42 et 0,78. Les items 11 et 16, après inversion de leur cotation, contribuent également de manière positive et substantielle à la cohérence d’ensemble.
  • Fidélité test-retest : L’évaluation de la stabilité temporelle sur un intervalle de deux à quatre semaines auprès d’un sous-groupe de sujets n’ayant pas entrepris de thérapie a révélé un coefficient de corrélation intraclasse (CCI) de r = 0,84 à 0,88, démontrant que le DSET évalue une disposition cognitive relativement stable dans le temps en l’absence d’intervention ciblée.

9. Analyse factorielle

Les investigations menées par Ascheman (1989, 1991) au moyen d’analyses factorielles exploratoires (AFE) utilisant une extraction en composantes principales suivie d’une rotation varimax ou oblimin ont permis d’éclairer la structure dimensionnelle de l’échelle.

L’analyse des valeurs propres (critère de Kaiser avec eigenvalue > 1,0) combinée à l’examen du diagramme de sédimentation (scree plot de Cattell) met en évidence la présence d’un facteur général dominant expliquant près de 35 % à 40 % de la variance totale, complété par plusieurs facteurs secondaires qui affinent la répartition des variances :

  • Facteur 1 : Perte de contrôle et compulsions alimentaires (Overeating & Loss of Control). Ce facteur sature très fortement sur les items 1, 7, 14, 21, 22, 25, 28, 29 et 30, avec des saturations factorielles comprises entre 0,60 et 0,81. Il reflète l’incapacité physique et psychologique ressentie à s’arrêter de manger une fois la prise commencée.
  • Facteur 2 : Impuissance face au régime et persévérance réduite (Dietary Relapse & Frustration). Ce facteur regroupe les items 3, 6, 12, 13 et 19, avec des saturations s’échelonnant de 0,55 à 0,74. Il correspond à la croyance d’inutilité des efforts diététiques (« Les régimes ne fonctionnent pas pour moi »).
  • Facteur 3 : Préoccupations cognitives et insatisfaction pondérale (Cognitive Preoccupation & Weight Anxiety). Rassemblant les items 5, 9, 20, 24, 26 et 27, ce facteur traduit la focalisation mentale constante sur la silhouette et l’angoisse de grossir (saturations entre 0,48 et 0,72).
  • Facteur 4 : Déclencheurs émotionnels et situationnels (Emotional & Habitual Eating). S’exprimant à travers les items 8, 10 et 18, cette dimension met en évidence la réponse alimentaire automatique face à la tristesse, à la détresse ou à l’absence de signaux de faim réels (saturations entre 0,50 et 0,68).

Les modélisations factorielles confirmatoires (AFC) conduites dans des études ultérieures corroborent l’adéquation d’un modèle hiérarchique dans lequel ces facteurs de premier ordre sont subordonnés à un construit global d’auto-efficacité diététique, justifiant ainsi l’utilisation courante d’un score global total dans la majorité des études épidémiologiques et des suivis cliniques.

10. Instrument de mesure

  • Nom de l’instrument : Dieting Self-Efficacy Test (DSET) / Test d’auto-efficacité du régime alimentaire.
  • Auteur : Philip Lawrence Ascheman (1989, 1991).
  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé.
  • Population cible : Adultes et adolescents âgés de 16 ans et plus, engagés ou envisageant de s’engager dans une démarche de régime diététique ou de gestion pondérale.
  • Nombre d’items : 30 items univoques.
  • Format des réponses : Échelle de Likert en 5 points graduée comme suit :
    • 1 = Agree strongly (Tout à fait d’accord)
    • 2 = Agree moderately (Modérément d’accord)
    • 3 = Neither agree nor disagree (Ni d’accord ni pas d’accord)
    • 4 = Disagree moderately (Modérément pas d’accord)
    • 5 = Disagree strongly (Pas du tout d’accord)
  • Codage inversé (Reverse scoring) : Les items 11 et 16 sont formulés de façon positive (« I can normally control my eating behavior » et « Most of the time I can resist the urge to stuff myself »). Lors de la cotation, leurs valeurs doivent être inversées (1 devient 5, 2 devient 4, 3 reste 3, 4 devient 2, 5 devient 1).
  • Cotation et calcul du score :
    • Calcul direct : En sommant l’ensemble des 30 items (après inversion des items 11 et 16), on obtient un score total compris entre 30 et 150 points.
    • Interprétation : Selon le barème original où 1 représente un accord fort avec les affirmations de perte de contrôle, un score total faible indique une adhésion élevée aux échecs de régulation, témoignant d’une très faible auto-efficacité diététique et d’un risque accru de rupture. À l’inverse, un score total élevé (s’approchant de 150) reflète un désaccord franc avec les situations de dérapage, signalant un sentiment élevé d’auto-efficacité et de compétence d’auto-régulation.
  • Durée d’administration : Environ 8 à 12 minutes.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

Le Dieting Self-Efficacy Test a été créé en 1989 et a fait l’objet de sa validation complète en 1991 par Philip Lawrence Ascheman à l’Université d’État de l’Iowa :

  • Année initiale de développement : 1989 (Mémoire de Master).
  • Année de publication de l’étude de validation : 1991 (Thèse de Doctorat).
  • Disponibilité et licence : Le document de recherche d’origine est archivé au sein du dépôt institutionnel de l’Iowa State University (Retrospective Theses and Dissertations, Paper 9627). L’instrument est accessible dans le domaine public à des fins de recherche scientifique et académique non commerciale, sous réserve d’une citation bibliographique rigoureuse des travaux d’Ascheman (1989, 1991).
  • Tarifs d’utilisation : Gratuit pour les chercheurs, étudiants et praticiens dans le cadre d’enquêtes académiques ou d’évaluations cliniques individuelles. Aucuns frais de redevance (royalty-free) ne sont réclamés pour l’usage du questionnaire dans sa forme imprimée originale. Toute intégration dans une solution logicielle commerciale nécessite l’autorisation des détenteurs des droits universitaires.

12. Références

Les publications de référence ayant présidé à la création du DSET et les travaux théoriques associés sont établis selon les normes APA 7e édition :

  • Ascheman, P. L. (1989). Development of an eating self-efficacy expectation measure [Mémoire de master non publié]. Iowa State University, Ames, IA. https://lib.dr.iastate.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=10626&context=rtd
  • Ascheman, P. L. (1991). A validation study of a measure of dieting self-efficacy [Thèse de doctorat, Iowa State University]. Retrospective Theses and Dissertations, Paper 9627. https://lib.dr.iastate.edu/rtd/9627/
  • Bandura, A. (1977). Self-efficacy: Toward a unifying theory of behavioral change. Psychological Review, 84(2), 191–215. https://doi.org/10.1037/0033-295X.84.2.191
  • Bandura, A. (1986). Social foundations of thought and action: A social cognitive theory. Prentice-Hall.
  • Bandura, A. (1997). Self-efficacy: The exercise of control. W. H. Freeman and Company.
  • Baumeister, R. F., Bratslavsky, E., Muraven, M., & Tice, D. M. (1998). Ego depletion: Is the active self a limited resource? Journal of Personality and Social Psychology, 74(5), 1252–1265. https://doi.org/10.1037/0022-3514.74.5.1252
  • Garner, D. M., Olmstead, M. P., & Polivy, J. (1983). Development and validation of a multidimensional eating disorder inventory for anorexia nervosa and bulimia. International Journal of Eating Disorders, 2(2), 15–34. https://doi.org/10.2466/pr0.1982.51.2.663
  • Stunkard, A. J., & Messick, S. (1985). The three-factor eating questionnaire to measure dietary restraint, disinhibition and hunger. Journal of Psychosomatic Research, 29(1), 71–83. https://doi.org/10.1016/0022-3999(85)90010-8

13. Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Response scale:
1 = Agree strongly
2 = Agree moderately
3 = Neither agree nor disagree
4 = Disagree moderately
5 = Disagree strongly

Note: Reverse scored items: 11, and 16.

  1. I frequently overeat‚ even when I plan not to.
  2. My friends would laugh at me if they knew how much I eat.
  3. At times‚ it seems impossible to control my weight.
  4. I sometimes have the urge to vomit after eating.
  5. I think a lot about getting fat.
  6. Dieting just doesn’t work for me.
  7. Sometimes I go on eating binges.
  8. Before I eat‚ I often feel depressed.
  9. My life seems to revolve around food.
  10. I eat snacks even when I am not hungry.
  11. I can normally control my eating behavior.
  12. Even when I try‚ I have trouble controlling my weight.
  13. I give up on diets after a few days.
  14. I often eat more food than I want.
  15. I spend too much time eating.
  16. Most of the time I can resist the urge to stuff myself.
  17. I bounce between feeling that I don’t have enough control of my eating to feeling that I try too hardto control it.
  18. I overeat when I am distressed.
  19. After a diet‚ I usually go on an eating binge.
  20. I think about food often.
  21. I frequently overeat.
  22. Sometimes I eat so much I get sick.
  23. I wish I could better control my eating.
  24. If I am not careful‚ I know I will get fat.
  25. I can’t control how much I eat.
  26. My weight makes me look unattractive.
  27. I think I have a problem with my eating.
  28. I often find myself eating‚ even when I didn’t plan to.
  29. I can’t help overeating.
  30. At times‚ it seems impossible to control my eating habits.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 9). Test d’auto-efficacité du régime alimentaire (DSET). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/test-auto-efficacite-regime-alimentaire-dset/
Looti, Mohammed. “Test d’auto-efficacité du régime alimentaire (DSET).” Base de données de psychologie en français, 9 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/test-auto-efficacite-regime-alimentaire-dset/.
Looti, Mohammed. “Test d’auto-efficacité du régime alimentaire (DSET).” Base de données de psychologie en français. octobre 9, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/test-auto-efficacite-regime-alimentaire-dset/.