1. Résumé / Abstract
L’Échelle d’Holisme (souvent désignée sous le nom d’Analysis-Holism Scale ou AHS), développée par Incheol Choi, Minkyung Koo et Jong An Choi en 2007, constitue l’un des instruments psychométriques les plus influents dans le domaine de la psychologie interculturelle et cognitive. Conçue pour quantifier les différences individuelles et culturelles dans les modes de pensée analytique et holistique, l’échelle opérationnalise les théories majeures de Richard E. Nisbett et de ses collaborateurs sur l’épistémologie comparée entre l’Asie de l’Est et l’Occident. L’instrument est composé de 24 items mesurant quatre dimensions fondamentales : la causalité (la croyance en l’interconnexion universelle et en des causalités complexes), le foyer d’attention (la tendance à appréhender le contexte global plutôt que les éléments isolés), l’attitude envers la contradiction (l’adoption d’une pensée dialectique privilégiant le compromis plutôt que la logique binaire formelle) et la perception du changement (la vision cyclique et dynamique de la réalité par opposition à des trajectoires linéaires stables).
Les participants évaluent chaque proposition sur une échelle de type Likert en 7 points, allant de 1 (« fortement en désaccord ») à 7 (« fortement d’accord »), avec six items inversés. Les propriétés psychométriques établies lors de la validation initiale auprès d’échantillons coréens et nord-américains démontrent une excellente cohérence interne (alpha de Cronbach global variant typiquement de 0,73 à 0,81) et une structure factorielle de second ordre robuste confirmée par des analyses factorielles confirmatoires (AFC). L’instrument fait preuve d’une validité convergente, discriminante et prédictive remarquable face à des paradigmes cognitifs objectifs tels que le Framed-Line Test, les tâches de catégorisation thématique contre taxonomique et les biais d’attribution causale. L’AHS s’impose comme un outil incontournable pour la recherche fondamentale en cognition sociale, la négociation internationale et l’évaluation clinique sensible à la diversité culturelle.
2. Mots-clés / Keywords
Pensée holistique, Pensée analytique, Échelle d’holisme, Analysis-Holism Scale, Psychologie interculturelle, Cognition sociale, Causalité complexe, Raisonnement dialectique, Foyer d’attention, Psychométrie, Différences individuelles, Incheol Choi.
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été développée et validée par une équipe de chercheurs du Département de Psychologie de l’Université Nationale de Séoul (Seoul National University) et d’institutions partenaires internationales :
- Incheol Choi, Ph.D. : Professeur titulaire au Département de Psychologie de l’Université Nationale de Séoul (Corée du Sud), directeur du Center for Happiness Studies. Ses travaux pionniers portent sur les bases cognitives de la culture, le bien-être subjectif et l’épistémologie naïve. Courriel académique : [email protected].
- Minkyung Koo, Ph.D. : Docteure en psychologie sociale, ayant poursuivi des recherches postdoctorales à l’Université de Virginie et à l’Université Nationale de Séoul, spécialiste des processus de jugement, de décision et de la pensée contrefactuelle interculturelle.
- Jong An Choi : Chercheur associé en psychométrie et psychologie cognitive et sociale à l’Université Nationale de Séoul, ayant contribué au développement des modèles statistiques de l’échelle.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’Échelle d’Holisme (Analysis-Holism Scale) est de fournir une mesure psychométrique standardisée, valide et fidèle des différences individuelles dans l’orientation cognitive globale, située sur un continuum allant de la pensée analytique à la pensée holistique. Avant la publication de Choi, Koo et Choi en 2007, les recherches en psychologie culturelle se heurtaient à une limite méthodologique majeure : la comparaison entre modes de pensée reposait quasi exclusivement sur des tâches comportementales expérimentales ou sur des contrastes géographiques indirects (ex. Américains vs. Asiatiques de l’Est). Il manquait un instrument d’auto-évaluation capable de saisir les variations intra-culturelles aussi bien qu’inter-culturelles de cette tendance épistémique fondamentale.
Justification théorique et méthodologique
L’échelle répond au besoin de tester scientifiquement si les dimensions identifiées par l’anthropologie et la psychologie cognitive historique constituent un construit psychologique unifié ou une constellation de processus distincts. La pensée analytique implique une focalisation attentionnelle sur un objet central, détaché de son champ, la catégorisation de cet objet à l’aide de règles formelles, une logique déductive excluant la contradiction (principe de non-contradiction aristotélicien) et une modélisation déterministe et linéaire de la causalité. À l’opposé, la pensée holistique implique une attention diffuse orientée vers le champ global, une recherche constante de relations harmonieuses, une dialectique acceptant la coexistence des contraires et une perception de la causalité comme un réseau complexe et mouvant d’influences mutuelles. L’AHS mesure ces orientations fondamentales à travers des énoncés explicites de croyances métacognitives.
Applications en recherche et milieux appliqués
- Psychologie cognitive et sociale expérimentale : Permet d’utiliser l’orientation holistique comme variable modératrice ou médiatrice dans des études sur l’attention visuelle, la mémoire autobiographique, les inférences de traits et l’erreur fondamentale d’attribution (biais de correspondance).
- Psychologie organisationnelle et négociation : Évalue la manière dont les gestionnaires et négociateurs traitent l’information dans des environnements complexes, abordent la résolution de conflits (par le compromis dialectique ou l’arbitrage normatif) et anticipent les risques systémiques.
- Communication et marketing interculturel : Aide à comprendre pourquoi certains messages publicitaires axés sur les relations contextuelles résonnent davantage auprès d’individus à forte tendance holistique, tandis que des arguments axés sur des attributs isolés séduisent les profils analytiques.
- Psychologie clinique et santé mentale : Offre un cadre pertinent pour analyser les schémas de pensée dialectique dans les psychothérapies de troisième vague (comme la thérapie comportementale dialectique ou les approches basées sur la pleine conscience), où l’acceptation de la contradiction et l’interconnexion jouent un rôle central dans la régulation émotionnelle.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit de l’holisme, tel qu’opérationnalisé dans l’AHS, est un macro-construit multidimensionnel articulé autour de quatre sous-dimensions cognitives interdépendantes. Chaque dimension capture un aspect fondamental de la manière dont l’individu conceptualise, perçoit et interprète le monde physique et social.
1. Causalité (Causality / Interconnectedness)
Cette dimension évalue la croyance selon laquelle chaque élément de l’univers est interconnecté avec d’autres au sein d’une immense toile causale. Les individus à orientation holistique adhèrent à une causalité complexe et diffuse : tout événement résulte d’un ensemble infini de facteurs antécédents, dont la plupart sont invisibles ou difficilement identifiables. À l’inverse, l’esprit analytique tend à isoler des causes uniques, directes et immédiates. Par exemple, lorsqu’un échec commercial survient, un individu holistique examinera les fluctuations globales de l’économie, l’état d’esprit collectif, le climat et les relations d’équipe, estimant qu’aucun facteur ne peut être isolé sans distorsion. Cette sous-échelle intègre des items comme le fait qu’une modification minime d’un élément cosmique peut provoquer des répercussions majeures ailleurs (effet papillon intuitif).
2. Foyer d’attention (Locus of Attention / Whole vs. Parts)
Le foyer d’attention mesure la tendance perceptuelle et conceptuelle à privilégier la totalité globale par rapport aux composantes individuelles (« Le tout est plus grand que la somme de ses parties »). Les penseurs analytiques décomposent les systèmes en parties distinctes pour les étudier en isolation (réductionnisme méthodologique et perceptuel), tandis que les penseurs holistiques considèrent qu’un élément perd son sens et ses propriétés dès lors qu’il est extrait de son contexte ou de son environnement relationnel. Sur le plan social, cela se traduit par la propension à intégrer les contraintes situationnelles de la personne plutôt que de se focaliser unilatéralement sur sa personnalité interne lors de l’explication d’un comportement.
3. Attitude envers la contradiction (Attitude Towards Contradiction / Dialecticism)
Ancrée dans la tradition de la pensée dialectique orientale (naïve dialecticism), cette sous-dimension explore la manière dont les individus appréhendent deux propositions contradictoires. Alors que la logique formelle occidentale (héritée d’Aristote) pose le principe du tiers exclu et la non-contradiction ($A$ ne peut être à la fois $B$ et non-$B$), la pensée holistique adopte le moyen terme (la voie du milieu ou Zhongyong). Face à un désaccord ou un paradoxe, l’individu holistique estime que les deux parties opposées détiennent chacune une part de vérité et qu’il convient de rechercher une harmonisation intégrative plutôt que d’éliminer une thèse au profit de l’autre.
4. Perception du changement (Perception of Change / Cyclical vs. Linear)
Cette composante évalue la métathéorie temporelle de l’individu. L’approche analytique conçoit le changement de façon largement linéaire et stable : un phénomène progressant dans une direction continuera logiquement sa trajectoire, et l’état futur peut être prédit de manière univoque à partir du présent. En contraste, la perspective holistique conçoit la réalité comme un flux perpétuel et cyclique d’oscillations (inspiré du concept de Yin et Yang) : le succès actuel annonce le déclin potentiel, et l’extrême détresse contient les germes du renouveau. Ainsi, la réalité est intrinsèquement dynamique, imprévisible et susceptible de se transformer en son contraire à tout moment.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le fondement théorique de l’Échelle d’Holisme s’ancre directement dans la révolution cognitive interculturelle initiée au tournant des années 2000 par Richard Nisbett, Kaiping Peng, Incheol Choi et Ara Norenzayan. Leur article séminal, « Culture and systems of thought: Holistic versus analytic cognition » (Psychological Review, 2001), a formulé une rupture épistémologique avec le paradigme universaliste dominant de la psychologie cognitive, démontrant que les processus de pensée fondamentaux sont profondément modulés par les matrices socio-historiques.
Origines philosophiques et socio-écologiques
Selon le modèle théorique de Nisbett et de ses pairs, ces divergences cognitives remontent aux structures philosophiques et socio-économiques comparées de la Grèce antique et de la Chine antique :
- La tradition analytique occidentale : Trouvant ses racines chez Aristote et les philosophes présocratiques, la pensée grecque mettait l’accent sur l’individualisme, l’autonomie personelle, les débats oratoires publics contradictoires et l’investigation scientifique basée sur la recherche de lois universelles immuables s’appliquant à des objets isolés du champ.
- La tradition holistique orientale : Ancrée dans le confucianisme, le taoïsme et le bouddhisme, la société chinoise classique reposait sur des réseaux communautaires interdépendants d’agriculture sédentaire (riziculture inondée) nécessitant une harmonie sociale absolue, une gestion prudente des relations et une reconnaissance de l’interdépendance du microcosme et du macrocosme.
L’intégration de la dépendance à l’égard du champ de Witkin
Sur le plan psychologique, l’AHS synthétise également les théories pionnières d’Herman Witkin sur les styles cognitifs, spécifiquement la distinction entre indépendance à l’égard du champ (capacité à extraire un élément critique de son contexte) et dépendance à l’égard du champ (difficulté à dissocier la figure du fond). L’AHS élargit cette typologie perceptive purement visuelle pour en faire une structure métacognitive totale intégrant l’attribution causale, la logique épistémique et la philosophie du temps.
7. Validité / Validity
Les études de validation initiales et ultérieures de l’AHS ont fourni un ensemble convergent de preuves empiriques attestant de sa robustesse psychométrique à travers diverses cultures.
Validité de construit et validité factorielle
Dans l’étude princeps de Choi et al. (2007), menée auprès d’échantillons universitaires coréens (N = 286) et américains (N = 144), la validité de construit a été appuyée par une analyse factorielle confirmatoire (AFC). Les auteurs ont comparé un modèle unifactoriel à un modèle hiérarchique de second ordre où les quatre dimensions de premier ordre (Causalité, Foyer d’attention, Contradiction, Changement) se rattachent à un facteur global d’holisme. Le modèle de second ordre a démontré des indices d’adéquation nettement supérieurs : $chi^2 / df < 2.0$, Comparative Fit Index (CFI) = 0,91, et Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) = 0,049, indiquant que l’holisme se comporte théoriquement et statistiquement comme une métacognition unifiée sous-tendue par des facettes spécifiques.
Validité convergente et corrélats cognitifs objectifs
Pour démontrer que l’échelle ne mesure pas simplement des biais de désirabilité sociale ou des stéréotypes culturels auto-déclarés, Choi et ses collègues ont administré l’AHS conjointement à des tâches expérimentales comportementales bien établies :
- Framed-Line Test (FLT) : Les participants présentant des scores élevés à la sous-échelle Foyer d’attention de l’AHS ont obtenu de bien meilleurs résultats à la tâche relative du FLT (ajuster un trait en proportion exacte par rapport à un cadre variable) qu’à la tâche absolue (reproduire la longueur physique brute sans tenir compte du cadre), prouvant une attention spontanée et involontaire portée au champ global.
- Biais de correspondance (Erreur fondamentale d’attribution) : Les individus obtenant un score global élevé à l’AHS ont démontré une sensibilité statistiquement supérieure aux pressions situationnelles dans le paradigme classique d’attitude attribuée, atténuant significativement l’erreur fondamentale d’attribution comparativement aux individus analytiques.
- Tolérance à la contradiction cognitive : Confrontés à deux articles scientifiques défendant des conclusions apparemment opposées, les sujets à haut score d’AHS ont jugé les deux positions comme plausibles et ont modulé leur jugement vers la réconciliation, confirmant la validité écologique de la sous-échelle d’attitude envers la contradiction.
Validité discriminante
L’AHS a été soumise à des corrélations croisées avec les traits généraux de personnalité mesurés par le Big Five Inventory (BFI). Les analyses révèlent des corrélations faibles à négligeables avec le Névrosisme, l’Extraversion et la Conscienciosité (tous les $r < 0,15$, non significatifs). De modestes corrélations positives ont été observées entre la sous-échelle Foyer d’attention et l’Ouverture à l’expérience ($r \approx 0,22$), ainsi qu’avec l’Agréabilité ($r \approx 0,20$), ce qui est théoriquement cohérent avec la recherche d’harmonie relationnelle sans pour autant compromettre l’autonomie conceptuelle du construit d’holisme cognitif.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de l’Échelle d’Holisme a été évaluée à travers la consistance interne de l’ensemble de l’instrument et de chacune de ses sous-dimensions, ainsi qu’au moyen d’estimations de stabilité temporelle (test-retest).
Consistance interne (Alpha de Cronbach)
Dans l’échantillon d’étudiants coréens (N = 286) de Choi et al. (2007), le coefficient alpha de Cronbach pour le score global de l’AHS (24 items) était de 0,73. Dans un échantillon de réplication plus large et auprès de populations américaines, le coefficient global a oscillé entre 0,74 et 0,81, ce qui correspond aux standards psychométriques rigoureux pour une échelle évaluant un style métacognitif large. Les alphas des quatre sous-échelles individuelles se présentent comme suit :
- Causalité (6 items) : $\alpha = 0,68$ à $0,73$
- Foyer d’attention (6 items) : $\alpha = 0,67$ à $0,71$
- Attitude envers la contradiction (6 items) : $\alpha = 0,65$ à $0,72$
- Perception du changement (6 items) : $\alpha = 0,66$ à $0,72$
Bien que les coefficients des sous-échelles puissent paraître modérés (proches du seuil acceptable de 0,70), ils s’expliquent par le fait que chaque sous-échelle capture délibérément des facettes hétérogènes du domaine (par exemple, la causalité appliquée aux événements naturels vs. aux interactions interpersonnelles), préservant ainsi la validité écologique au détriment d’une redondance d’items trop étroite.
Fidélité test-retest
La stabilité temporelle a été mesurée par Choi et ses collaborateurs sur un sous-échantillon d’étudiants ayant complété l’échelle à un intervalle de quatre semaines. Le coefficient de corrélation intra-classe (CCI) pour le score global s’est élevé à $r = 0,78$ ($p < 0,001$), attestant d’une excellente stabilité temporelle qui confirme la nature de l’orientation holistique en tant que disposition cognitive stable et non comme un simple état transitoire induit par l’environnement immédiat.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Le processus de développement de l’AHS a débuté par un ensemble initial de plus de 40 items générés sur la base des travaux théoriques de Nisbett, Peng, et Choi. L’affinement psychométrique s’est opéré par étapes successives combinant analyse factorielle exploratoire (AFE) et confirmatoire (AFC).
Analyse Factorielle Exploratoire (AFE)
Lors de la phase de réduction des items, une analyse factorielle par extraction en composantes principales suivie d’une rotation oblique (Promax), justifiée par l’interdépendance théorique des dimensions de l’holisme, a été réalisée. Le test de sédimentation (scree plot de Cattell) ainsi que le critère de Kaiser-Guttman (valeurs propres supérieures à 1) ont clairement isolé quatre facteurs majeurs expliquant ensemble plus de 44 % de la variance totale des scores. Les critères stricts de conservation d’un item exigeaient une saturation factorielle minimale de 0,40 sur son facteur primaire et une absence de saturation croisée supérieure à 0,25 sur les facteurs secondaires. Cette étape a permis d’isoler les 24 items définitifs, répartis de manière équilibrée à raison de 6 items par facteur.
Saturations factorielles des items
Les saturations standardisées issues des analyses factorielles sont hautement significatives ($p < 0,001$) et se structurent ainsi :
- Facteur 1 : Causalité — Les items 5, 8, 11, 17, 21 et 24 présentent des saturations comprises entre 0,44 et 0,71. L’item 24 (« Everything in the universe is somehow related to each other ») présente régulièrement l’une des saturations les plus fortes ($> 0,65$).
- Facteur 2 : Foyer d’attention — Les items 2, 4, 12, 15, 20 et 22 saturent entre 0,42 et 0,68. L’item 4 (« The whole is greater than the sum of its parts ») et l’item 20 émergent comme les marqueurs centraux du facteur.
- Facteur 3 : Attitude envers la contradiction — Les items 1, 7 (inversé), 10, 13, 19 et 23 obtiennent des saturations comprises entre 0,41 et 0,69, les items valorisant le compromis (items 10 et 19) présentant les saturations les plus consistantes.
- Facteur 4 : Perception du changement — Les items 3 (inversé), 6 (inversé), 9 (inversé), 14, 16 (inversé) et 18 (inversé) montrent des saturations s’échelonnant entre 0,40 et 0,64. Ce facteur est particulièrement caractérisé par la nécessité de recoter la croyance en la linéarité temporelle pour obtenir la mesure de l’orientation cyclique.
Invariance de mesure interculturelle
Des analyses multigroupes menées par Choi et coll. (2007) ainsi que par des équipes indépendantes ont examiné l’invariance de mesure entre participants d’Asie de l’Est (Coréens, Chinois, Japonais) et Occidentaux (Américains, Européens). Les tests ont confirmé l’invariance métrique (pentes factorielles égales), autorisant les comparaisons de covariances et de régressions entre groupes culturels distincts. L’invariance scalaire partielle a également été confirmée pour la grande majorité des items, ce qui valide la comparaison directe des moyennes de groupe.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’Échelle d’Holisme est un questionnaire d’auto-évaluation métacognitif structuré de la manière suivante :
- Format d’administration : Questionnaire papier-crayon ou passation informatisée en ligne. Le temps moyen de passation est d’environ 5 à 8 minutes.
- Nombre d’items : 24 propositions réparties également en 4 sous-dimensions de 6 items chacune.
- Format de réponse : Échelle de type Likert en 7 points :
• 1 = Fortement en désaccord (Strongly disagree)
• 2 = Modérément en désaccord (Moderately disagree)
• 3 = Légèrement en désaccord (Somewhat disagree)
• 4 = Neutre / Ni en accord ni en désaccord (Neutral)
• 5 = Légèrement d’accord (Somewhat agree)
• 6 = Modérément d’accord (Moderately agree)
• 7 = Fortement d’accord (Strongly agree) - Items à cotation inversée (Reverse-coded items) : 6 items au total doivent impérativement être inversés avant le calcul des scores : les items 3, 6, 7, 9, 16 et 18. La formule d’inversion pour une échelle en 7 points est : $Score_{inversé} = 8 – Score_{brut}$.
- Calcul des scores des sous-échelles :
- Causalité (Causality) : Moyenne ou somme des items 5, 8, 11, 17, 21 et 24.
- Foyer d’attention (Locus of Attention) : Moyenne ou somme des items 2, 4, 12, 15, 20 et 22.
- Attitude envers la contradiction (Attitude Towards Contradiction) : Moyenne ou somme des items 1, 7R, 10, 13, 19 et 23.
- Perception du changement (Perception of Change) : Moyenne ou somme des items 3R, 6R, 9R, 14, 16R et 18R.
- Score composite global (Holistic Orientation Composite) : Calculé en faisant la moyenne générale des 24 items (après inversion des 6 items requis). Un score moyen plus élevé reflète une tendance cognitive holistique plus marquée, tandis qu’un score plus faible caractérise une tendance cognitive analytique.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication originale : 2007.
- Auteurs et copyright : Incheol Choi, Minkyung Koo et Jong An Choi. L’article original est publié dans le Personality and Social Psychology Bulletin sous la tutelle de la Society for Personality and Social Psychology (SPSP) et des éditions SAGE Publications.
- Statut d’utilisation et permissions : L’échelle est dans le domaine académique public pour des finalités de recherche scientifique et d’enseignement non commercial. Les chercheurs sont autorisés à utiliser et adapter l’échelle sans frais de licence, à condition de citer rigoureusement l’article fondateur de 2007.
- Utilisation commerciale : Toute intégration de l’AHS dans des plateformes commerciales à but lucratif, des processus de sélection d’entreprise ou des logiciels payants nécessite une autorisation préalable explicite auprès des titulaires des droits et de SAGE Publications.
12. Références / References
Les sources et études psychométriques de référence suivantes fondent la validation et l’usage de l’échelle :
- Choi, I., Koo, M., & Choi, J. A. (2007). Individual differences in analytic versus holistic thinking. Personality and Social Psychology Bulletin, 33(5), 691–705. https://doi.org/10.1177/0146167206298568
- Ji, L. J., Nisbett, R. E., & Su, Y. (2001). Culture, change, and prediction. Psychological Science, 12(6), 450–456. https://doi.org/10.1111/1467-9280.00384
- Masuda, T., & Nisbett, R. E. (2001). Attending holistically versus analytically: Comparing the context sensitivity of Japanese and Americans. Journal of Personality and Social Psychology, 81(5), 922–934. https://doi.org/10.1037/0022-3514.81.5.922
- Nisbett, R. E., Peng, K., Choi, I., & Norenzayan, A. (2001). Culture and systems of thought: Holistic versus analytic cognition. Psychological Review, 108(2), 291–310. https://doi.org/10.1037/0033-295X.108.2.291
- Norenzayan, A., Smith, E. E., Kim, B. J., & Nisbett, R. E. (2002). Cultural preferences for formal versus intuitive reasoning. Cognitive Science, 26(5), 653–684. https://doi.org/10.1207/s15516709cog2605_4
- Peng, K., & Nisbett, R. E. (1999). Culture, dialectics, and reasoning about contradiction. American Psychologist, 54(9), 741–754. https://doi.org/10.1037/0003-066X.54.9.741
- Witkin, H. A., Dyk, R. B., Faterson, H. F., Goodenough, D. R., & Karp, S. A. (1962). Psychological differentiation: Studies of development. John Wiley & Sons.
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response format:
1 = strongly disagree
2 = moderately disagree
3 = somewhat disagree
4 = neutral
5 = somewhat agree
6 = moderately agree
7 = strongly agree
- We should avoid going to extremes.
- It is more important to pay attention to the whole context rather than the details.
- Future events are predictable based on present situations.
- The whole is greater than the sum of its parts.
- Everything in the world is intertwined in a causal relationship.
- An individual who is currently honest will stay honest in the future.
- Choosing a middle ground in an argument should be avoided.
- Any phenomenon entails a numerous number of consequences, although some of them may not be known.
- A person who is currently living a successful life will continue to stay successful.
- It is important to find a point of compromise than to debate who is right/ wrong, when one’s opinions conflict with other’s opinions.
- Nothing is unrelated.
- We should consider the situation a person is faced with, as well as his/her personality, in order to understand one’s behavior.
- It is more desirable to take the middle ground than go to extremes.
- Current situations can change at any time.
- It is more important to pay attention to the whole than its parts.
- If an event is moving toward a certain direction, it will continue to move toward that direction.
- Any phenomenon has numerous numbers of causes, although some of the causes are not known.
- Every phenomenon in the world moves in predictable directions.
- When disagreement exists among people, they should search for ways to compromise and embrace everyone’s opinions.
- It is not possible to understand the parts without considering the whole picture.
- Even a small change in any element of the universe can lead to significant alterations in other elements.
- The whole, rather than its parts, should be considered in order to understand a phenomenon.
- It is desirable to be in harmony, rather than in discord, with others of different opinions than one’s own.
- Everything in the universe is somehow related to each other.