- 1. Résumé / Abstract
- 2. Mots-clés / Keywords
- 3. Auteurs / Authors
- 4. Objectif / Purpose
- 5. Construit psychologique / Construct
- 6. Cadre théorique / Theoretical Framework
- 7. Validité / Validity
- 8. Fidélité / Reliability
- 9. Analyse factorielle / Factor Analysis
- 10. Instrument de mesure / Instrument
- 11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- 12. Références / References
- 13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
1. Résumé / Abstract
Le Test de langue pour tous les enfants (connu originellement sous son appellation néerlandaise Taaltoets Alle Kinderen ou TAK) est une batterie d’évaluation diagnostique standardisée conçue pour mesurer avec précision les compétences en langage oral chez les enfants âgés de 4 à 9 ans. Développé initialement par les chercheurs et psycholinguistes Ludo Verhoeven et Anne Vermeer en 1986, cet instrument a été spécifiquement élaboré pour répondre aux besoins d’évaluation linguistique dans des contextes scolaires et cliniques de plus en plus multiculturels et plurilingues. L’instrument s’adresse tant aux locuteurs natifs du néerlandais qu’aux enfants apprenant le néerlandais comme langue seconde (NT2, Nederlands als tweede taal), qu’ils soient issus de l’immigration ou autochtones.
La batterie est composée de dix épreuves distinctes couvrant les différentes dimensions structurales et fonctionnelles de la langue orale : l’articulation des sons (Klankarticulatie), la discrimination auditive/phonologique (Klankonderscheiding), le vocabulaire passif ou réceptif (Passieve woordenschat), la compréhension de textes oraux (Tekstbegrip), deux tâches de production narrative (Verteltaak 1 en 2), la définition ou description de mots (Woordomschrijving), la morphologie flexionnelle et dérivationnelle (Woordvorming), la compréhension de phrases axée sur les mots fonctionnels (Zinsbegrip 1: functiewoorden), la compréhension de structures syntaxiques complexes (Zinsbegrip 2: zinspatronen), et enfin la production morphosyntaxique de phrases (Zinsvorming).
Le format de passation est individuel et s’appuie sur une combinaison d’épreuves à choix forcé basées sur des supports illustrés, de tâches de répétition phonétique, de production induite et de narration semi-structurée. Les qualités psychométriques du TAK ont été documentées à travers de vastes études normatives aux Pays-Bas et en Flandre. L’instrument présente une excellente cohérence interne globale (coefficients alpha de Cronbach généralement compris entre 0,78 et 0,94 selon les sous-échelles), une stabilité temporelle éprouvée et une forte validité de construit et de critère, ce qui en fait l’étalon de référence pour le dépistage précoce des troubles développementaux du langage (trouble développemental du langage / TDL) et le suivi des acquisitions langagières en milieu éducatif.
2. Mots-clés / Keywords
Évaluation du langage oral, psychométrie, linguistique développementale, bilinguisme, acquisition d’une langue seconde, discrimination phonologique, morphosyntaxe, vocabulaire réceptif, compétences narratives, diagnostic orthophonique.
3. Auteurs / Authors
Le Test de langue pour tous les enfants (TAK) a été élaboré par deux figures majeures de la psycholinguistique et des sciences de l’éducation aux Pays-Bas :
- Ludo Verhoeven : Professeur émérite en sciences de l’éducation et développement cognitif à l’Université Radboud de Nimègue (Radboud Universiteit Nijmegen), Pays-Bas. Ancien directeur du Behavioural Science Institute, spécialiste internationalement reconnu de l’alphabétisation, de la dyslexie, de la psycholinguistique développementale et de l’acquisition précoce du langage en contexte unilingue et bilingue.
- Anne Vermeer : Chercheur et professeur associé à l’Université de Tilburg (Tilburg University), Département d’études de la communication et des sciences du langage. Spécialiste de la linguistique appliquée, de la mesure du lexique, de l’acquisition du vocabulaire chez les jeunes apprenants d’une langue seconde (NT2) et de l’ingénierie des tests éducatifs standardisés.
Leurs travaux conjoints ont été soutenus et diffusés par les principaux instituts de recherche pédagogique néerlandais, notamment le Cito (Centraal Instituut voor Toetsontwikkeling) et diverses maisons d’édition spécialisées en diagnostic clinique et neuropsychologique (telles que Swets & Zeitlinger, devenue par la suite Pearson Assessment).
4. Objectif / Purpose
Finalité diagnostique et dépistage précoce
L’objectif fondamental du Test de langue pour tous les enfants est d’offrir une évaluation multidimensionnelle, objective et standardisée du niveau de maîtrise du néerlandais oral chez les enfants fréquentant l’école maternelle et le début de l’école primaire (tranche d’âge de 4 à 9 ans). À cette étape charnière du développement cognitif, la maîtrise de la langue orale conditionne directement l’apprentissage ultérieur de la lecture, de l’écriture et la réussite scolaire globale. Le TAK a été conçu pour répondre à un double impératif : identifier précocement les enfants présentant des retards significatifs ou des troubles structurels du langage (tels que la dysphasie ou le trouble développemental du langage), et mesurer précisément les décalages d’acquisition imputables à une exposition limitée à la langue d’enseignement chez les enfants allophones.
Applications cliniques, orthophoniques et scolaires
Dans la pratique clinique et orthophonique, le TAK sert de base à l’élaboration de profils d’aptitude langagière individualisés. En décomposant la compétence communicative en dix modules spécifiques, l’instrument permet aux cliniciens de repérer avec exactitude le niveau de rupture : s’agit-il d’un déficit articulatoire périphérique, d’une faiblesse dans le traitement phonologique central, d’un déficit lexical d’accès ou de stockage, d’une incompréhension des structures syntaxiques complexes, ou d’une incapacité à structurer un discours narratif continu ? Cette granularité diagnostique guide directement le plan d’intervention thérapeutique.
Dans le domaine éducatif et scolaire, le test permet aux enseignants spécialisés, aux psychologues scolaires et aux conseillers pédagogiques d’évaluer l’efficacité des programmes d’enrichissement linguistique, de décider d’aménagements curriculaires ou d’orienter les élèves vers des dispositifs de soutien adaptés (notamment les cours de renforcement en langue seconde). En milieu de recherche, le TAK est fréquemment employé comme mesure standardisée dans les cohortes longitudinales étudiant l’impact du bilinguisme précoce, les corrélats neurocognitifs du traitement du langage ou l’efficacité d’interventions didactiques ciblées.
Justification théorique et neutralité culturelle
L’une des motivations centrales à l’origine de la création du TAK dans les années 1980 résidait dans l’inadéquation des tests de langage traditionnels face aux populations scolaires issues de l’immigration. Les tests classiques d’intelligence verbale et d’aptitude linguistique souffraient souvent de biais culturels marqués et confondaient le manque d’exposition à la langue cible avec une pathologie cognitive. Verhoeven et Vermeer ont structuré le TAK afin de distinguer clairement les processus d’acquisition linguistique normaux en situation d’immersion L2 des anomalies intrinsèques du traitement du langage, garantissant ainsi une équité d’évaluation pour tous les élèves, qu’ils soient néerlandophones monolingues ou plurilingues émergents.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit théorique central mesuré par le TAK est la compétence linguistique orale (mondelinge taalvaardigheid), décomposée en trois grands domaines psycholinguistiques : la phonologie/phonétique, le système lexico-sémantique, et le système morphosyntaxique/discursif. Cette architecture en 10 épreuves permet d’explorer de manière exhaustive les processus réceptifs et expressifs :
1. Articulation des sons (Klankarticulatie)
Cette dimension évalue la précision motrice de la production des phonèmes et des groupes consonantiques du néerlandais. L’enfant est invité à dénommer ou à répéter des mots cibles stimulant l’ensemble du répertoire phonétique, permettant de détecter les omissions, substitutions ou distorsions de sons (par exemple, la simplification de groupes consonantiques complexes comme /str/ ou /spr/).
2. Discrimination auditive des sons (Klankonderscheiding)
Ce sous-test mesure la capacité de traitement phonologique réceptif et la discrimination fine des contrastes phonémiques minimaux (paires minimales). L’enfant doit déterminer si deux séquences sonores présentées auditivement sont identiques ou différentes (par exemple, la distinction entre les voyelles brèves et longues ou les consonnes sourdes et sonores comme /p/ et /b/).
3. Vocabulaire passif / réceptif (Passieve woordenschat)
Cette tâche mesure l’étendue du lexique réceptif. L’enfant entend un mot cible oralement et doit sélectionner, parmi une planche contenant plusieurs images (généralement quatre distracteurs sémantiques, phonologiques ou non reliés), l’illustration qui correspond exactement au concept évoqué. Cette épreuve couvre des substantifs, des verbes d’action et des adjectifs de fréquences lexicales variées.
4. Compréhension de textes oraux (Tekstbegrip)
Ce module évalue le traitement du discours au-delà du niveau de la phrase isolée. Après avoir écouté de courts récits adaptés à son niveau de développement, l’enfant doit répondre à des questions portant sur la macrostructure narrative, les relations de causalité, la chronologie des événements et les inférences pragmatiques implicites.
5. Tâches de narration 1 et 2 (Verteltaak 1 en 2)
Ces épreuves explorent la compétence discursive et la cohésion narrative expressive. À partir de séquences d’images racontant une histoire ou d’un modèle narratif oral, l’enfant doit produire un récit complet. L’analyse porte sur la richesse lexicale utilisée, la structuration temporelle (connecteurs logiques), la cohérence thématique et la complexité syntaxique spontanée.
6. Définition et description de mots (Woordomschrijving)
Cette composante évalue la profondeur conceptuelle et le lexique expressif métalinguistique. L’enfant doit expliquer verbalement le sens d’un mot familier ou décrire les attributs fonctionnels, catégoriels ou perceptifs d’un objet (par exemple : « Qu’est-ce qu’une bicyclette ? »), sollicitant ainsi la mémoire sémantique et la capacité d’abstraction verbale.
7. Morphologie et formation des mots (Woordvorming)
Ce sous-test évalue la maîtrise des règles morphologiques flexionnelles (pluriels réguliers et irréguliers, accords en genre et en nombre, conjugaisons verbales au présent et au passé) et dérivationnelles (diminutifs, suffixes nominaux). L’épreuve utilise souvent des paradigmes d’induction de type « test de Wug » (par exemple : « Voici un wug. Maintenant il y en a deux, ce sont deux… »).
8. Compréhension de phrases 1 : Mots fonctionnels (Zinsbegrip 1: functiewoorden)
Cette tâche explore la compréhension auditive des morphèmes grammaticaux et des mots de fonction, tels que les prépositions spatiales et temporelles (sur, sous, devant, après), les pronoms et les conjonctions de coordination ou subordination, qui déterminent les relations logiques au sein de la phrase.
9. Compréhension de phrases 2 : Structures syntaxiques (Zinsbegrip 2: zinspatronen)
Ce module évalue le décodage de la syntaxe complexe indépendamment du contexte discursif : phrases passives, propositions relatives enchâssées, structures inversées et propositions temporelles conditionnelles. L’enfant doit désigner l’image correspondant exactement à la structure syntaxique énoncée oralement par l’examinateur.
10. Production syntaxique de phrases (Zinsvorming)
Enfin, cette épreuve sollicite la formulation active de phrases complètes et grammaticalement correctes à partir d’indices visuels ou de contraintes lexicales fournies par l’évaluateur, mesurant la capacité de planification syntaxique en temps réel.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Approches structuralistes et psycholinguistiques
Le cadre conceptuel du TAK s’enracine dans la psycholinguistique développementale moderne et s’inspire des travaux fondamentaux de théoriciens du langage tels que Noam Chomsky concernant la compétence grammaticale sous-jacente, et de Willem Levelt pour ce qui a trait aux modèles de production de la parole (conceptualisation, formulation grammaticale, encodage morpho-phonologique et articulation motrice). Verhoeven et Vermeer ont intégré ces modèles cognitifs du traitement du signal verbal pour opérationnaliser la distinction entre maîtrise réceptive (compréhension, décodage lexical et syntaxique) et maîtrise expressive (formulation, accès lexical, planification morphosyntaxique et encodage phonologique).
Le modèle de compétence communicative
L’instrument s’appuie également sur le modèle de compétence communicative développé par Canale et Swain (1980) et Bachman (1990), qui postule que la maîtrise d’une langue ne se limite pas à la simple récitation de règles grammaticales isolées, mais implique l’interaction dynamique de plusieurs sous-compétences :
- La compétence grammaticale / linguistique : connaissance du lexique, des règles morphologiques, de la syntaxe et de la phonologie ;
- La compétence discursive : capacité à ordonner des propositions logiques pour former un ensemble cohérent et signifiant (récits, textes oraux) ;
- La compétence sociolinguistique et pragmatique : utilisation appropriée du langage selon le contexte d’interaction sociale.
Théorie du bilinguisme et distinction BICS / CALP de Cummins
Le positionnement scientifique de Verhoeven et Vermeer est profondément influencé par les théories de Jim Cummins sur le bilinguisme éducatif. Cummins distingue les compétences communicatives interpersonnelles de base (Basic Interpersonal Communicative Skills ou BICS), qui s’acquièrent rapidement dans les interactions quotidiennes, de la compétence linguistique académique cognitive (Cognitive Academic Language Proficiency ou CALP), indispensable pour manipuler des concepts abstraits, comprendre des récits complexes et réussir les apprentissages scolaires formels. Le TAK a été expressément conçu pour mesurer non seulement les habiletés conversationnelles basiques, mais aussi les facettes cognitives et académiques de la langue orale (telles que la morphologie dérivationnelle, la compréhension de récits et la syntaxe complexe), permettant de diagnostiquer si un enfant allophone possède la maturité linguistique nécessaire pour suivre le cursus scolaire ordinaire en néerlandais.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique du Test de langue pour tous les enfants a fait l’objet de nombreuses investigations empiriques menées auprès d’échantillons représentatifs d’enfants néerlandophones natifs et d’apprenants du néerlandais langue seconde.
Validité de contenu et d’apparence
Le contenu des dix épreuves a été établi à partir d’analyses exhaustives des programmes d’enseignement préscolaire et primaire, ainsi que des corpus développementaux du néerlandais chez l’enfant. Les items lexicaux, morphologiques et syntaxiques ont été sélectionnés selon des critères rigoureux de représentativité fréquentielle, de progression développementale et d’équité culturelle. Des panels d’experts en linguistique appliquée, en orthophonie et en pédagogie ont validé la pertinence de chaque tâche.
Validité de construit
La validité de construit est confirmée par des corrélations développementales nettes : les scores bruts à l’ensemble des dix sous-tests augmentent de manière significative et quasi linéaire en fonction de l’âge chronologique des enfants entre 4 et 9 ans. De plus, chez les enfants allophones, les performances sont fortement corrélées à la durée d’exposition au néerlandais en milieu scolaire et familial. Les analyses corrélationnelles inter-épreuves démontrent des corrélations modérées à fortes entre les sous-échelles appartenant au même domaine fonctionnel (par exemple, r = 0,65 à 0,82 entre le vocabulaire passif et la définition de mots ; r = 0,60 à 0,78 entre les deux épreuves de compréhension de phrases), attestant à la fois de l’unité du construit global de langage oral et de la spécificité de chaque sous-test.
Validité convergente et discriminante
Des études comparatives ont mis en évidence de fortes corrélations positives (souvent supérieures à r = 0,70) entre les scores du TAK et d’autres instruments standardisés réputés, tels que les échelles de langage du Cito (Cito Taalschaal), le Peabody Picture Vocabulary Test adapté au néerlandais (PPVT-NL) et les tests de vocabulaire de la WISC (Wechsler Intelligence Scale for Children). Sur le plan de la validité discriminante, le TAK démontre une excellente capacité à distinguer les enfants présentant un développement langagier typique des enfants diagnostiqués avec un trouble spécifique du développement du langage (TDL) ou des troubles des apprentissages, avec des tailles d’effet substantielles (d de Cohen fréquemment supérieur à 1,20).
Validité prédictive
Les données longitudinales recueillies par Verhoeven et ses collaborateurs ont démontré que les scores obtenus au TAK en dernière année d’école maternelle (vers 5-6 ans) constituent des prédicteurs hautement significatifs de la réussite en décodage de lecture, en compréhension de texte écrit et en orthographe dès la première et la deuxième année de l’enseignement primaire (classes de CE1/CE2 dans le système équivalent francophone).
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de l’instrument a été évaluée à travers les indicateurs classiques de la théorie classique des tests : cohérence interne, fidélité test-retest et accord inter-évaluateurs.
Cohérence interne (Alpha de Cronbach)
Les coefficients de cohérence interne calculés pour chacune des dix épreuves sur de larges échantillons normatifs (souvent plus de 2 000 enfants) démontrent une fiabilité élevée :
- Passieve woordenschat (Vocabulaire passif) : $\alpha \approx 0,88 – 0,94$
- Klankonderscheiding (Discrimination phonologique) : $\alpha \approx 0,82 – 0,89$
- Zinsbegrip 1 & 2 (Compréhension de phrases) : $\alpha \approx 0,80 – 0,87$
- Woordvorming (Morphologie) : $\alpha \approx 0,84 – 0,91$
- Zinsvorming (Production de phrases) : $\alpha \approx 0,79 – 0,86$
- Tekstbegrip (Compréhension de texte) : $\alpha \approx 0,78 – 0,85$
- Woordomschrijving & Verteltaken (Définition et narration) : $\alpha \approx 0,76 – 0,84$
Le coefficient de fidélité globale pour la batterie complète composite dépasse régulièrement 0,95, assurant une précision diagnostique optimale avec une faible erreur standard de mesure (ESM / Standard Error of Measurement).
Stabilité temporelle (Test-Retest)
Des études de stabilité à court et moyen terme (intervalles de 3 à 6 semaines entre deux passations) ont rapporté des coefficients de corrélation test-retest compris entre $r = 0,75$ et $r = 0,90$ pour les différentes épreuves objectives, confirmant que les résultats ne sont pas soumis à des fluctuations aléatoires majeures dues à la fatigue ou à des facteurs situationnels.
Accord inter-juges (Fidélité inter-évaluateurs)
Pour les épreuves plus ouvertes nécessitant un jugement qualitatif de l’examinateur (notamment les tâches de description de mots Woordomschrijving, d’articulation et de narration Verteltaken), des protocoles rigoureux de cotation standardisée ont été mis en place. Les coefficients de corrélation intraclasse (CCI) et les coefficients Kappa de Cohen entre cotateurs indépendants entraînés se situent systématiquement au-dessus de 0,85, démontrant l’objectivité du barème de cotation.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure factorielle sous-jacente du Test de langue pour tous les enfants a fait l’objet d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) approfondies publiées par Verhoeven et Vermeer, ainsi que par des chercheurs indépendants spécialistes de l’évaluation du langage.
Modèle structural et dimensions factorielles
Les analyses factorielles factorisent généralement les dix sous-tests selon un modèle hiérarchique composé d’un facteur général de compétence linguistique (facteur g de langage oral) au sommet, et de trois à quatre facteurs de premier ordre solidement individualisés :
- Facteur 1 : Compétence lexico-sémantique (Lexical / Semantic Competence)
Ce facteur regroupe de manière prépondérante le Vocabulaire passif (saturations factorielles $lambda > 0,75$) et la Définition de mots ($lambda > 0,68$). Il reflète l’organisation conceptuelle, l’étendue du lexique mental et la précision sémantique. - Facteur 2 : Compétence morphosyntaxique (Grammatical / Morphosyntactic Competence)
Ce facteur regroupe la Morphologie (Woordvorming), la Compréhension de phrases 1 & 2 et la Production syntaxique (Zinsvorming), avec des saturations factorielles comprises entre 0,65 et 0,82. Il représente le traitement des règles grammaticales, des relations structurelles formelles et des mots-outils. - Facteur 3 : Traitement phonologique et articulatoire (Phonological Processing)
Ce facteur est constitué de l’Articulation des sons et de la Discrimination auditive (saturations variant de 0,60 à 0,79), mesurant le décodage et l’encodage du signal phonétique et phonologique. - Facteur 4 : Compétence discursive et textuelle (Discourse / Textual Competence)
Ce facteur englobe la Compréhension de textes et les deux Tâches de narration, capturant la capacité à intégrer l’information linguistique dans un contexte narratif étendu et communicatif.
Invariance de mesure à travers les groupes (L1 vs L2)
Un enjeu psychométrique crucial pour le TAK était de démontrer l’invariance de mesure (invariance factorielle configurationnelle, métrique et scalaire) entre les enfants monolingues néerlandophones et les enfants bilingues/allophones. Les analyses factorielles confirmatoires multi-groupes (MGCFA) ont démontré une adéquation satisfaisante du modèle tridimensionnel/quadridimensionnel dans les deux groupes (indices d’ajustement $CFI > 0,93$, $TLI > 0,91$, $RMSEA < 0,05$), prouvant que le test mesure les mêmes construits psycholinguistiques fondamentaux quelle que soit la langue maternelle première de l'enfant.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’administration et la cotation du Test de langue pour tous les enfants obéissent à un protocole standardisé rigoureux conçu pour maintenir l’engagement et la motivation des jeunes enfants.
- Type de passation : Test individuel en face-à-face, administré par un psychologue, un orthophoniste, un pédagogue ou un enseignant spécialement formé.
- Population cible : Enfants de 4 ans 0 mois à 9 ans 11 mois (groupes scolaires 1 à 5 du système élémentaire néerlandais).
- Durée totale d’administration : Environ 45 à 60 minutes pour la batterie complète. L’évaluation peut être scindée en deux séances de 25-30 minutes pour prévenir la fatigue attentionnelle chez les enfants les plus jeunes.
- Matériel de passation :
- Manuel d’instructions standardisé avec consignes verbatim ;
- Cahiers de planches d’images en couleurs et en noir et blanc (stimuli visuels pour le vocabulaire, la syntaxe et la narration) ;
- Feuilles d’enregistrement et de cotation pour le praticien ;
- Cahier de normes statistiques et de conversion des scores bruts.
- Format des réponses et cotation par tâche :
- Épreuves de sélection sur images (Vocabulaire passif, Compréhension de phrases 1 et 2) : Format à choix multiple (4 choix d’illustrations). Cotation dichotomique : Réponse correcte = 1 point, Réponse incorrecte = 0 point.
- Discrimination auditive : Jugement binaire (Pareil / Pas pareil). Cotation 1 ou 0.
- Articulation : Répétition ou dénomination avec cotation de la précision phonétique selon une grille critériée.
- Morphologie et Production syntaxique : Réponses verbales ouvertes induites, cotées 1 (morphème/structure correcte) ou 0 (erreur morphosyntaxique).
- Définition de mots et Narration : Barème de cotation gradué (par exemple de 0 à 2 points par item pour la précision conceptuelle, et grille critériée pour la cohérence, la longueur moyenne des énoncés et la diversité lexicale en narration).
- Restitution des résultats : Les scores bruts sont convertis en scores standardisés (scores Z, percentiles, classes de niveau A à E selon les standards Cito) permettant d’établir un profil langagier comparé aux normes d’enfants du même âge ou de même niveau de scolarisation.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication initiale : 1986 (avec des rééditions, révisions normatives et adaptations successives au cours des décennies suivantes).
- Auteurs intellectuels : Prof. Dr. Ludo Verhoeven et Dr. Anne Vermeer.
- Éditeurs officiels / Diffuseurs : Cito (Centraal Instituut voor Toetsontwikkeling), Swets & Zeitlinger Publishers, Pearson Assessment, et Bohn Stafleu van Loghum.
- Droits d’auteur et propriété intellectuelle : Le test, ses manuels, son matériel iconographique et ses protocoles de cotation sont protégés par le droit d’auteur international. La reproduction, photocopie, numérisation ou diffusion publique non autorisée de l’instrument est strictement interdite.
- Conditions d’accès et qualifications requises : L’achat et l’utilisation de la batterie complète sont réservés aux professionnels qualifiés (psychologues, orthophonistes/logopèdes, praticiens du diagnostic éducatif, chercheurs titulaires d’une formation universitaire appropriée de niveau Master en sciences cognitives, psychologie ou sciences de l’éducation).
- Tarification : Le kit complet d’évaluation (incluant le manuel, les carnets de stimuli visuels réutilisables et un jeu de formulaires de cotation) est commercialisé auprès des distributeurs agréés de matériel psychométrique et orthophonique. Les formulaires de réponse consommables sont vendus par paquets renouvelables.
12. Références / References
- Bachman, L. F. (1990). Fundamental considerations in language testing. Oxford University Press.
- Canale, M., & Swain, M. (1980). Theoretical bases of communicative approaches to second language teaching and testing. Applied Linguistics, 1(1), 1–47. https://doi.org/10.1093/applin/1.1.1
- Cummins, J. (1979). Cognitive/academic language proficiency, linguistic interdependence, the optimum age question and some other matters. Working Papers on Bilingualism, 19, 121–129.
- Levelt, W. J. M. (1989). Speaking: From intention to articulation. MIT Press. https://doi.org/10.7551/mitpress/6393.001.0001
- Verhoeven, L., & Vermeer, A. (1986). Taaltoets Alle Kinderen: Diagnostische toets voor de mondelinge taalvaardigheid van autochtone en allochtone kinderen in de onderbouw van de basisschool. Swets & Zeitlinger.
- Verhoeven, L., & Vermeer, A. (1989). Diagnose van de mondelinge vaardigheid in het Nederlands als eerste en tweede taal: De Taaltoets Alle Kinderen. Toegepaste Taalwetenschap in Artikelen, 34(2), 33–44. https://doi.org/10.1075/ttwia.34.05ver
- Verhoeven, L., & Vermeer, A. (1992). The target language vocabulary of bilingual children. Toegepaste Taalwetenschap in Artikelen, 43(1), 108–121. https://doi.org/10.1075/ttwia.43.10ver
- Verhoeven, L. (2000). Components in early second language reading and spelling. Scientific Studies of Reading, 4(4), 313–330. https://doi.org/10.1207/S1532799XSSR0404_4
- Vermeer, A. (2001). Breadth and depth of vocabulary in relation to L1/L2 acquisition and frequency of input. Applied Psycholinguistics, 22(2), 217–234. https://doi.org/10.1017/S014271640100204X
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
1. Klankarticulatie (Beoordeling van de uitspraak en articulatie van afzonderlijke klanken en klankverbindingen)
2. Klankonderscheiding (Auditieve discriminatie van minimale woordparen)
3. Passieve woordenschat (Receptieve woordenschat met 4-keuze afbeeldingenplaten)
4. Tekstbegrip (Luistervaardigheid en beantwoorden van begripsvragen over voorgelezen verhalen)
5. Verteltaak 1 (Mondelinge taalproductie aan de hand van plaatjesreeksen)
6. Verteltaak 2 (Reproductie en navertellen van een mondeling aangeboden verhaal)
7. Woordomschrijving (Productieve woordenschat en het verbaal definiëren van begrippen)
8. Woordvorming (Morfologische vaardigheid: meervoudsvorming en verkleinwoorden)
9. Zinsbegrip (Receptieve syntaxis: zinsbegrip van functiewoorden en grammaticale patronen)
10. Zinsvorming (Productieve syntaxis: grammaticaal correcte zinsbouw en zinsconstructie)