Système de mesure de l’autonomie fonctionnelle

Découvrez le Système de mesure de l’autonomie fonctionnelle (SMAF) développé par Réjean Hébert : analyse psychométrique, structure en 29 items, cotation des incapacités et profils Iso-SMAF en gériatrie.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 24, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 24, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé

Le Système de mesure de l’autonomie fonctionnelle (communément désigné sous l’acronyme SMAF, ou Functional Autonomy Measurement System en langue anglaise) est un instrument d’évaluation clinique et psychométrique développé au Québec au début des années 1980 sous la direction du professeur Réjean Hébert et de ses collaborateurs. Conçu initialement pour pallier le manque d’outils standardisés et multidimensionnels en gériatrie et en réadaptation, le SMAF a pour objectif d’évaluer de manière rigoureuse les incapacités fonctionnelles des personnes âgées ou en perte d’autonomie, tout en quantifiant les ressources environnementales et humaines requises pour pallier ces déficits. L’échelle se compose de 29 items standardisés, articulés autour de cinq sous-échelles fondamentales couvrant l’ensemble du spectre de la vie quotidienne : les activités de la vie quotidienne (AVQ / Activities of Daily Living, 7 items), la mobilité (6 items), la communication (3 items), les fonctions mentales (5 items) et les activités instrumentales de la vie quotidienne (AIVQ / Instrumental Activities of Daily Living, 8 items).

Chaque fonction est cotée sur une échelle ordinale de sévérité à quatre niveaux allant de l’autonomie complète (score de 0) à la dépendance totale (score de -3), avec des échelons intermédiaires (-0,5, -1, -2) reflétant le besoin de surveillance, d’assistance technique ou d’aide humaine partielle. Le score global varie ainsi de 0 (autonomie totale) à -87 (dépendance maximale). L’une des particularités métrologiques majeures du SMAF réside dans son double système de cotation : parallèlement à la mesure des incapacités intrinsèques de la personne, l’évaluateur quantifie l’adéquation et la disponibilité des ressources sociales, matérielles et organisationnelles (score de handicap selon le modèle de Wood). Les propriétés psychométriques du SMAF ont été amplement documentées : la cohérence interne est excellente (coefficient alpha de Cronbach global généralement supérieur à 0,90), la fidélité inter-juges et test-retest présente des coefficients de corrélation intraclasse (CCI) oscillant entre 0,75 et 0,96, et sa validité de construit est étayée par de fortes corrélations avec d’autres échelles de référence telles que l’indice de Barthel et l’échelle d’évaluation de l’autonomie de Lawton.

2. Mots-clés

Système de mesure de l’autonomie fonctionnelle, SMAF, évaluation gériatrique, autonomie fonctionnelle, activités de la vie quotidienne, activités instrumentales, psychométrie, incapacité, perte d’autonomie, Réjean Hébert, réadaptation gérontologique, profils Iso-SMAF.

3. Auteurs

Le Système de mesure de l’autonomie fonctionnelle a été conçu et validé par une équipe de chercheurs et cliniciens de l’Université de Sherbrooke (Québec, Canada), sous l’égide du Centre de recherche sur le vieillissement de l’Institut universitaire de gériatrie de Sherbrooke.

  • Réjean Hébert, MD, M.Phil. : Gériatre, épidémiologiste, professeur titulaire au Département des sciences de la santé communautaire de l’Université de Sherbrooke, ancien doyen de l’École de santé publique de l’Université de Montréal (ESPUM), ancien ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec et chercheur émérite en gérontologie sociale.
  • Raynald Carrier, MD : Médecin gériatre et clinicien-chercheur, collaborateur originel aux travaux de standardisation clinique du Département de gériatrie du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke.
  • Alain Bilodeau, M.Sc. : Statisticien et méthodologiste, spécialisé dans les modèles épidémiologiques et l’analyse psychométrique appliquée aux populations vieillissantes.
  • Collaborateurs ultérieurs majeurs : Ginette Guilbault, Nicole Dubuc (professeure chercheuse spécialiste de la classification Iso-SMAF), et Michel Tousignant (expert en réadaptation et validation d’outils d’évaluation de la mobilité).

4. Objectif

Le développement du Système de mesure de l’autonomie fonctionnelle répond à un impératif clinique, organisationnel et scientifique : disposer d’un instrument unifié, standardisé et exhaustif capable d’objectiver l’autonomie fonctionnelle des individus vulnérables afin d’adapter précisément les plans d’intervention individualisés et d’allouer judicieusement les ressources médico-sociales. Historiquement, l’évaluation des personnes âgées souffrait d’un morcellement méthodologique, les cliniciens utilisant de manière disjointe des outils ciblant soit exclusivement les activités physiques de base (comme l’indice de Barthel ou le Katz Index of ADL), soit les fonctions cognitives (comme le Mini-Mental State Examination), sans articuler ces observations avec l’impact du milieu de vie.

L’objectif fondamental du SMAF est d’évaluer le niveau d’incapacité d’une personne dans l’accomplissement des tâches essentielles de l’existence quotidienne, tout en documentant de manière distincte la charge de soins requise et l’adéquation du réseau de soutien disponible. Dans le contexte clinique gériatrique et réadaptatif, l’outil est exploité pour :

  • L’évaluation diagnostique initiale : Dresser un bilan multidimensionnel précis des forces et des incapacités lors de l’admission en soins de longue durée, en service de réadaptation gériatrique ou dans les programmes de soutien à domicile.
  • Le suivi longitudinal et l’évaluation de l’efficacité thérapeutique : Mesurer avec finesse les variations du statut fonctionnel résultant d’une intervention médicale, chirurgicale, pharmacologique, kinésithérapique ou ergothérapique. Grâce à ses échelons intermédiaires (-0,5 et -1), le SMAF détecte des améliorations ou détériorations subtiles que les échelles dichotomiques traditionnelles ne parviennent pas à capter.
  • La planification personnalisée des services : Identifier si une incapacité constatée génère un véritable handicap situationnel, en observant si les aides techniques (fauteuil roulant, déambulateur, couverts adaptés) et les aides humaines (auxiliaires de vie, proches aidants) sont déjà présentes, suffisantes ou défaillantes.
  • La gestion médico-économique et l’allocation des ressources : Le SMAF sert de fondement opérationnel aux profils Iso-SMAF, un système de classification médico-économique validé au Canada et en Europe qui regroupe les usagers en 14 profils homogènes de besoins et de coûts de services, optimisant ainsi la budgétisation des établissements et des réseaux de soutien à domicile.

En recherche épidémiologique et évaluative, le SMAF constitue un critère de jugement principal (primary outcome) robuste pour étudier l’impact de programmes de prévention de la fragilité, de filières de soins intégrées pour aînés ou d’essais cliniques portant sur des pathologies neurodégénératives et musculosquelettiques.

5. Construit psychologique

Le SMAF s’ancre dans le construit métrologique de l’autonomie fonctionnelle, défini comme la capacité opérationnelle d’un individu à interagir efficacement avec son environnement matériel et social pour assurer son autosuffisance et sa survie au quotidien. L’autonomie fonctionnelle ne se réduit pas à une simple somme de capacités physiologiques isolées ; elle représente une synthèse dynamique entre les capacités motrices, cognitives, sensorielles et comportementales de l’individu confronté aux contraintes de son cadre de vie habituel. Le modèle sous-jacent au SMAF articule ce méga-construit en cinq dimensions distinctes mais interdépendantes :

1. Activités de la vie quotidienne (AVQ / ADL – 7 items)

Cette dimension évalue les compétences motrices de base indispensables à la survie biologique et à l’hygiène élémentaire : se nourrir (porter les aliments à la bouche et les mastiquer), se laver (bain ou douche), s’habiller (haut et bas du corps), faire sa toilette (coiffage, rasage, soins dentaires), maîtriser la continence urinaire et la continence fécale, et utiliser les toilettes (s’asseoir, se relever, assurer l’hygiène intime). Une atteinte dans cette dimension traduit une dépendance sévère requérant l’assistance physique directe d’un tiers plusieurs fois par jour.

2. Mobilité (6 items)

La mobilité sous-tend l’ensemble des interactions spatiales de l’individu. Cette sous-échelle mesure les transferts au lit (se coucher, se lever, changer de position), le maintien de la position assise, le maintien de la position debout, les transferts vers et depuis une chaise ou un fauteuil, la marche à l’intérieur du domicile, la montée et descente des escaliers, ainsi que la marche à l’extérieur sur terrain varié. Les incapacités dans ce domaine reflètent des atteintes biomécaniques, vestibulaires ou neurologiques, directement corrélées au risque de chute et à l’alitement.

3. Communication (3 items)

Cette dimension cible l’intégrité des canaux sensoriels et expressifs nécessaires à la vie de relation : l’acuité visuelle fonctionnelle (avec verres correcteurs éventuels), l’acuité auditive (permettant ou non une conversation ordinaire) et l’expression verbale/communicationnelle (incluant la parole, l’aphasie ou la dysarthrie). La dégradation de ces fonctions isole l’individu et majore dramatiquement les risques de déclin cognitif et de dépression.

4. Fonctions mentales (5 items)

Cette composante explore les déterminants neurocognitifs et psycho-comportementaux de l’autonomie : la mémoire épisodique et de travail, l’orientation temporo-spatiale (capacité à se repérer dans le temps et les lieux familiers), la compréhension du langage et des consignes, le jugement et le raisonnement critique (prise de décision sécuritaire face à des situations imprévues), et enfin le comportement (présence d’agitation, d’apathie, d’agressivité ou d’inhibition). Cette sous-échelle permet de dissocier les limitations purement physiques des pertes d’autonomie secondaires à un trouble neurocognitif majeur (démence de type Alzheimer, démence vasculaire).

5. Activités instrumentales de la vie quotidienne (AIVQ / IADL – 8 items)

Les AIVQ représentent le niveau d’intégration le plus complexe de l’autonomie, requérant des fonctions exécutives élaborées et des aptitudes motrices coordonnées : l’entretien ménager léger et lourd, la préparation des repas, les courses et commissions, l’entretien du linge (lessive), l’utilisation du téléphone, l’usage des transports en commun ou personnels, ainsi que la gestion de la médication et du budget financier. Ces tâches sont généralement les premières à s’altérer au cours du vieillissement pathologique ou des stades précoces de la perte d’autonomie cognitive.

6. Cadre théorique

Le cadre conceptuel du SMAF repose sur la Classification internationale des handicaps : déficiences, incapacités et désavantages (CIH / International Classification of Impairments, Disabilities, and Handicaps – ICIDH), promulguée par l’Organisation mondiale de la santé en 1980 sur la base des travaux fondamentaux du médecin et sociologue britannique Philip Wood. Le modèle de Wood propose une chaîne étiologique et séquentielle linéaire distinguant trois plans d’expérience pathologique consécutifs à la maladie :

  1. La déficience (Impairment) : Toute perte de substance ou altération d’une structure ou fonction psychologique, physiologique ou anatomique (par exemple, une hémiplégie consécutive à un accident vasculaire cérébral ou une arthrose sévère du genou).
  2. L’incapacité (Disability) : Toute réduction ou limitation (résultant d’une déficience) de la capacité d’accomplir une activité d’une manière ou dans des limites considérées comme normales pour un être humain (par exemple, l’impossibilité de marcher seul ou de s’habiller).
  3. Le handicap ou désavantage social (Handicap) : Le préjudice qui résulte pour un individu de sa déficience ou de son incapacité et qui limite ou interdit l’accomplissement d’un rôle normal en rapport avec son âge, son sexe et les facteurs socioculturels.

Réjean Hébert a opéré un choix théorique décisif : le SMAF mesure spécifiquement le niveau des incapacités, tout en intégrant une appréciation dialectique du handicap en confrontant l’incapacité aux ressources compensatrices. Contrairement aux approches purement médicales qui tentent de déduire l’autonomie à partir du diagnostic ou des déficiences biologiques, le modèle du SMAF postule que l’autonomie est un phénomène fonctionnel écologique. Une personne présentant une incapacité physique majeure (incapacité de marcher, cotée -3) peut voir son désavantage social entièrement neutralisé si son environnement architectural est adapté, si elle dispose d’un fauteuil électrique performant et d’un proche aidant compétent.

Ce cadre théorique a ensuite naturellement convergé vers les principes de la Classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé (CIF, OMS, 2001), où les items du SMAF opérationnalisent avec rigueur le domaine « Activités et Participation ». L’accent mis sur la performance réelle (« ce que la personne fait effectivement dans son cadre de vie ») plutôt que sur la simple capacité théorique en laboratoire confère au SMAF une validité écologique exceptionnelle, le rattachant également aux courants de la psychologie environnementale et de l’ergonomie cognitive.

7. Validité

La validité psychométrique du SMAF a été démontrée à travers de nombreuses études empiriques conduites sur des cohortes diversifiées de patients âgés vivant à domicile, admis en unités de court séjour gériatrique ou hébergés en établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD / CHSLD).

Validité de contenu et d’apparence

La sélection initiale des 29 items a fait l’objet d’un processus de consensus rigoureux mené auprès de comités multidisciplinaires comprenant des gériatres, des infirmières cliniciennes, des ergothérapeutes, des physiothérapeutes et des travailleurs sociaux. Chaque item a été formulé de manière univoque afin de couvrir sans redondance les dimensions canoniques de la dépendance physique, sensorielle, cognitive et sociale.

Validité de critère (convergente et discriminante)

La validité convergente du SMAF a été établie par de fortes corrélations statistiques avec les instruments de mesure étalons de la littérature internationale :

  • Une corrélation de Pearson très élevée a été rapportée entre la sous-échelle AVQ du SMAF et l’indice de Barthel (coefficients $r$ compris entre -0,85 et -0,92, la polarité inverse s’expliquant par le fait que le Barthel cote l’autonomie positivement tandis que le SMAF cote l’incapacité négativement).
  • Une corrélation substantielle ($r$ entre -0,78 et -0,86) a été observée entre la sous-échelle AIVQ du SMAF et l’échelle instrumentale de Lawton & Brody.
  • La sous-échelle des fonctions mentales présente une corrélation hautement significative avec le Mini-Mental State Examination (MMSE) de Folstein ($r$ oscillant entre 0,70 et 0,81), confirmant la capacité de l’outil à capter le retentissement fonctionnel des déficits cognitifs.

La validité discriminante est également robuste : le SMAF discrimine significativement les sous-groupes de patients selon leur statut de résidence (domicile autonome vs résidence avec services vs hébergement de longue durée) avec des tailles d’effet très élevées ($d$ de Cohen > 1,20 ; $p < 0,001$).

Validité prédictive et sensibilité au changement

Des études longitudinales sur de vastes cohortes ont prouvé la puissance prédictive du score global du SMAF concernant :

  • L’admission non planifiée en institution d’hébergement de longue durée dans les 12 à 24 mois ($Hazard Ratio > 1,8$ par tranche de 10 points de détérioration).
  • La mortalité à 1 an chez les patients gériatriques hospitalisés.
  • La consommation d’heures de services de soutien à domicile et la détresse psychologique des aidants informels.

La sensibilité au changement (validité longitudinale / responsiveness) a été vérifiée lors d’interventions de réadaptation post-AVC et de chirurgies orthopédiques, montrant un indice de changement standardisé (Standardized Response Mean – SRM) supérieur à 0,80, attestant de la capacité du SMAF à détecter les récupérations motrices fines.

8. Fidélité

La fidélité métrologique du SMAF a fait l’objet de multiples vérifications expérimentales évaluant sa cohérence interne, sa stabilité temporelle et sa reproductibilité entre évaluateurs indépendants.

Cohérence interne

Les analyses de consistance interne démontrent une homogénéité remarquable de l’instrument. Le coefficient alpha de Cronbach global pour l’ensemble des 29 items se situe constamment entre 0,91 et 0,95 dans les différentes études de validation. Au niveau des sous-échelles individuelles, les coefficients alpha demeurent très solides :

  • Activités de la vie quotidienne (AVQ) : $\alpha = 0,87$ à $0,91$
  • Mobilité : $\alpha = 0,86$ à $0,89$
  • Communication : $\alpha = 0,68$ à $0,74$ (valeur attendue compte tenu du faible nombre d’items [3] explorant des canaux sensoriels distincts)
  • Fonctions mentales : $\alpha = 0,82$ à $0,86$
  • Activités instrumentales de la vie quotidienne (AIVQ) : $\alpha = 0,89$ à $0,93$

Fidélité inter-juges et test-retest

L’accord inter-juges est un critère fondamental pour une échelle administrée par des professionnels issus de disciplines variées (infirmières, ergothérapeutes, travailleurs sociaux). Lors de l’étude originelle de validation par Hébert et al. (1984), ainsi que dans les réévaluations ultérieures :

  • Le coefficient de corrélation intraclasse (CCI) pour le score total inter-juges atteint 0,95 à 0,96 (intervalle de confiance à 95 % : 0,92 – 0,98).
  • Au niveau de chaque item individuel, le coefficient kappa pondéré de Cohen ($\kappa_w$) varie entre 0,65 et 0,89, traduisant un accord substantiel à presque parfait selon les critères de Landis et Koch.
  • La fidélité test-retest, évaluée à un intervalle de 24 à 48 heures sans changement de l’état clinique du patient, affiche un CCI supérieur à 0,94, confirmant une stabilité temporelle exempte de dérive instrumentale.

9. Analyse factorielle

La structure dimensionnelle du SMAF a été explorée et validée au moyen d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC), consolidant le découpage canonique en cinq domaines fonctionnels.

Analyse factorielle exploratoire (AFE)

Les analyses factorielles exploratoires conduites avec extraction en composantes principales et rotation varimax ou oblimin révèlent systématiquement une solution à cinq facteurs expliquant plus de 62 % à 68 % de la variance totale des scores d’incapacité :

  • Facteur 1 (AIVQ) : Explique la plus large part de variance (environ 30-35 %). Il regroupe l’entretien ménager, les repas, les courses, la lessive, le téléphone, le transport et la gestion du budget/médicaments, avec des saturations factorielles très élevées oscillant entre 0,65 et 0,86.
  • Facteur 2 (AVQ physiques élémentaires) : Sature fortement sur les items se nourrir, se laver, s’habiller, faire sa toilette et les transferts sanitaires (saturations de 0,60 à 0,84).
  • Facteur 3 (Mobilité et Locomotion) : Regroupe les items de posture assise/debout, de transferts lit/chaise, et les composantes de marche intérieure, extérieure et escaliers (saturations de 0,58 à 0,82).
  • Facteur 4 (Fonctions neurocognitives) : Isolé nettement par la mémoire, l’orientation, le jugement, la compréhension et le comportement (saturations de 0,55 à 0,80).
  • Facteur 5 (Sensoriel et Communication) : Regroupe la vision, l’audition et l’expression verbale, démontrant que les limitations sensorielles constituent une entité factorielle distincte des capacités motrices.

Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

Les modélisations en équations structurelles confirment l’adéquation supérieure d’un modèle hiérarchique de second ordre (où un facteur général d’autonomie fonctionnelle subsume les cinq sous-dimensions) par rapport à un modèle unidimensionnel simple. Les indices d’ajustement couramment rapportés sont probants :

  • Comparative Fit Index (CFI) > 0,93
  • Tucker-Lewis Index (TLI) > 0,92
  • Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) < 0,06 (IC 90 % : 0,048 – 0,065)

Ces données confirment l’invariance structurelle de la mesure entre les sexes et à travers différents milieux d’hébergement gériatrique.

10. Instrument de mesure

Le SMAF est un instrument hétéro-évaluatif standardisé reposant sur le jugement clinique d’un professionnel de santé formé après observation directe du patient, entretien semi-structuré avec ce dernier et, si nécessaire, recueil d’informations complémentaires auprès des proches aidants ou du personnel soignant.

  • Nature de l’outil : Questionnaire et grille d’observation clinique standardisée.
  • Nombre d’items : 29 items répartis en 5 sous-échelles.
  • Durée moyenne d’administration : Environ 30 à 45 minutes pour une première évaluation complète ; 20 minutes lors des réévaluations périodiques.
  • Échelle de cotation ordinale (Incapacités) : Échelle de sévérité à 4 niveaux :
    • 0 : Autonomie complète (la personne accomplit l’activité seule, sans aide ni difficulté anormale).
    • -0,5 ou -1 : Avec difficulté / Nécessite surveillance ou stimulation ou aide partielle pour certains aspects de la tâche.
    • -2 : Nécessite une aide majeure / Dépend de l’aide humaine active d’une tierce personne.
    • -3 : Dépendance totale / Incapable d’accomplir l’activité, même avec assistance.
  • Score global d’incapacité : Somme algébrique des 29 items, comprise entre 0 (autonomie intégrale) et -87 (perte d’autonomie complète). Des scores partiels par sous-échelle peuvent être calculés : AVQ (0 à -21), Mobilité (0 à -18), Communication (0 à -9), Fonctions mentales (0 à -15), AIVQ (0 à -24).
  • Cotation du handicap (Ressources compensatrices) : Pour chaque item présentant une incapacité (score négatif), l’évaluateur évalue si les ressources sociales et matérielles en place compensent adéquatement l’incapacité : ressource stable et suffisante, ressource instable ou insuffisante, ou absence totale de ressource générant un handicap actif.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

Le Système de mesure de l’autonomie fonctionnelle a été initialement publié en 1984 par le Dr Réjean Hébert et son équipe au Canada. Les droits de propriété intellectuelle et les marques associées (notamment le système informatisé e-SMAF et la classification des profils Iso-SMAF) sont gérés par le Centre d’expertise en santé de Sherbrooke (CESS) et l’Université de Sherbrooke.

  • Usage pour la recherche académique : L’utilisation du SMAF sur support papier à des fins de recherche scientifique non commerciale ou d’études universitaires est généralement autorisée à titre gracieux, sous réserve d’une demande préalable formelle et de la citation adéquate des articles sources originaux.
  • Usage clinique institutionnel et commercial : L’implantation clinique à large échelle, l’accès à la plateforme logicielle informatisée (e-SMAF), aux manuels officiels d’administration et aux formations professionnelles certifiantes requièrent l’acquisition d’une licence d’exploitation auprès du CESS ou de ses distributeurs agréés. Les tarifs varient selon le nombre d’usagers, le type d’établissement et le pays d’implantation.
  • Contact et informations institutionnelles : Centre d’expertise en santé de Sherbrooke (CESS), Sherbrooke, Québec, Canada. Site web officiel : www.cess-sante.ca.

12. Références

Les publications fondatrices et études psychométriques de référence relatives au SMAF comprennent :

  • Dubuc, N., Hébert, R., Desrosiers, J., Buteau, M., & Trottier, L. (2006). Disability-based classification system for older people in home care: The Iso-SMAF profiles. Archives of Gerontology and Geriatrics, 42(2), 191–206. https://doi.org/10.1016/j.archger.2005.07.001
  • Hébert, R. (1982). L’évaluation de l’autonomie fonctionnelle des personnes âgées. L’Union Médicale du Canada, 111(12), 1076–1081.
  • Hébert, R., Carrier, R., & Bilodeau, A. (1988). The Functional Autonomy Measurement System (SMAF): Description and validation of an instrument for the measurement of handicaps. Age and Ageing, 17(5), 293–302. https://doi.org/10.1093/ageing/17.5.293
  • Hébert, R., Guilbault, G., Desrosiers, J., & Dubuc, N. (2001). The Functional Autonomy Measurement System (SMAF): A clinical-based instrument for measuring disabilities and handicaps in older people. Topics in Geriatric Rehabilitation, 17(2), 25–47. https://doi.org/10.1097/00013614-200112000-00005
  • Tousignant, M., Hébert, R., Desrosiers, J., & Hollander, M. J. (2003). Economic evaluation of a geriatric day hospital: A cost-effectiveness study using the Functional Autonomy Measurement System (SMAF). Archives of Gerontology and Geriatrics, 37(3), 205–218. https://doi.org/10.1016/S0167-4943(03)00048-4
  • World Health Organization. (1980). International Classification of Impairments, Disabilities, and Handicaps: A manual of classification relating to the consequences of disease. World Health Organization. https://apps.who.int/iris/handle/10665/41003

13. Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Rating Scale:
• 0 = Independent / Autonomous
• -0.5 or -1 = With difficulty / Needs surveillance or assistance with some aspects
• -2 = Needs major assistance / Needs human help
• -3 = Dependent / Unable to perform

I. Activities of Daily Living (ADL)

  1. Eating
  2. Washing (Bath or shower)
  3. Dressing
  4. Grooming
  5. Urinary continence
  6. Fecal continence
  7. Using the toilet

II. Mobility

  1. Transfer to/from bed
  2. Sitting position
  3. Standing position
  4. Transfer to/from chair
  5. Walking indoors
  6. Stairs
  7. Walking outdoors

III. Communication

  1. Vision
  2. Hearing
  3. Speaking / Verbal communication

IV. Mental Functions

  1. Memory
  2. Orientation (in time and space)
  3. Comprehension
  4. Judgment / Reasoning
  5. Behavior

V. Instrumental Activities of Daily Living (IADL)

  1. Housekeeping
  2. Meal preparation
  3. Shopping / Groceries
  4. Laundry
  5. Using telephone
  6. Transportation
  7. Taking medication / Budget management
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Looti, M. (2026, septembre 24). Système de mesure de l’autonomie fonctionnelle. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/systeme-de-mesure-de-lautonomie-fonctionnelle/
Looti, Mohammed. “Système de mesure de l’autonomie fonctionnelle.” Base de données de psychologie en français, 24 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/systeme-de-mesure-de-lautonomie-fonctionnelle/.
Looti, Mohammed. “Système de mesure de l’autonomie fonctionnelle.” Base de données de psychologie en français. septembre 24, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/systeme-de-mesure-de-lautonomie-fonctionnelle/.