1. Résumé / Abstract
L’échelle de Suspicion interpersonnelle (Interpersonal Suspicion, IPS), développée et formalisée par Grant Packard, Andrew D. Gershoff et David B. Wooten (2016), constitue un instrument psychométrique unifactoriel bref conçu pour mesurer l’état psychologique transitoire ou dispositionnel d’alerte, de méfiance et de vigilance critique éprouvé par un individu à l’égard d’autrui au sein d’interactions sociales et communicationnelles. Composée de quatre adjectifs unipolaires rigoureusement sélectionnés (Suspicious, Concerned, Wary, Mistrustful), l’échelle évalue dans quelle mesure une personne perçoit les intentions d’un interlocuteur ou d’autrui en général comme potentiellement trompeuses, motivées par un intérêt personnel dissimulé ou dépourvues de bienveillance fondamentale. Les répondants expriment leur degré de résonance émotionnelle et cognitive avec ces descripteurs sur une échelle de réponse en 7 points allant de 1 (« Pas du tout » / Not at all) à 7 (« Énormément » / Very much). Le score composite global est obtenu en calculant la moyenne arithmétique des quatre items, les scores élevés traduisant une suspicion interpersonnelle exacerbée.
Initialement introduite et validée dans le champ de la psychologie du consommateur et de la communication persuasive comme contrôle de manipulation (manipulation check) expérimental afin de certifier l’activation d’un état de méfiance envers des communicateurs vantards ou ambigus, l’échelle IPS présente des propriétés psychométriques robustes. Elle affiche une cohérence interne constamment élevée dans les études empiriques, avec des coefficients alpha de Cronbach (α) oscillant entre 0,84 et 0,93, une excellente saturation factorielle sur une dimension unique expliquant plus de 70 % de la variance totale, ainsi qu’une sensibilité aiguë aux variations contextuelles et expérimentales. Sa concision extrême en fait un outil privilégié pour minimiser la charge cognitive des participants dans les protocoles de recherche complexes, les études longitudinales en ligne ou en tant que covariable analytique dans les modèles d’équations structurelles étudiant la persuasion, la tromperie et la formation d’impressions sociales.
2. Mots-clés / Keywords
Suspicion interpersonnelle, méfiance, vigilance cognitive, psychologie sociale, persuasion, détection du mensonge, contrôle de manipulation, attribution causale, relations interpersonnelles, psychométrie.
3. Auteurs / Authors
L’échelle de Suspicion interpersonnelle a été introduite dans les travaux scientifiques conjoints de trois chercheurs renommés en comportement du consommateur, psychologie du jugement social et communication :
- Grant Packard, Ph.D. : Professeur associé de marketing à la Schulich School of Business de l’Université York (Toronto, Canada). Ses recherches novatrices portent sur la linguistique computationnelle, le langage verbal et non verbal dans les interactions sociales, la psychologie de la communication interpersonnelle et le bouche-à-oreille (word of mouth). Courriel institutionnel : [email protected].
- Andrew D. Gershoff, Ph.D. : Professeur titulaire de marketing et détenteur de chaire au McCombs School of Business de l’Université du Texas à Austin (États-Unis). Spécialiste reconnu du jugement et de la prise de décision, de la confiance interpersonnelle, des relations de conseil et de la perception de l’expertise et de l’intégrité d’autrui. Courriel institutionnel : [email protected].
- David B. Wooten, Ph.D. : Professeur de marketing et de gestion à la Stephen M. Ross School of Business de l’Université du Michigan (Ann Arbor, États-Unis). Ses axes de recherche englobent la présentation de soi (self-presentation), la consommation ostentatoire, l’influence sociale et les dynamiques interpersonnelles de partage d’informations. Courriel institutionnel : [email protected].
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’échelle de Suspicion interpersonnelle (IPS) est de fournir une mesure standardisée, rapide, parcimonieuse et hautement discriminante du sentiment de méfiance suscité par un agent social ou un contexte relationnel donné. Dans les dynamiques quotidiennes d’interaction humaine, les individus ne reçoivent pas les informations de manière passive ; ils évaluent continuellement la fiabilité des signaux émis par autrui. Lorsque des signaux contradictoires, des comportements auto-valorisants ou des indices de dissimulation apparaissent, le système d’alerte psychologique individuel s’active sous la forme d’un état de suspicion.
Applications scientifiques et expérimentales
Sur le plan méthodologique, la création de l’échelle IPS répondait à une lacune majeure dans la recherche expérimentale : l’absence d’outils ultra-brefs capables de quantifier l’activation immédiate du scepticisme sans saturer cognitivement les participants ni induire un biais de demande (demand characteristics). L’échelle a initialement été conçue pour servir de contrôle de manipulation (manipulation check). Dans ce cadre, elle permet aux chercheurs d’attester de façon empirique qu’une manipulation expérimentale — par exemple l’exposition à une source d’information aux motivations ambiguës, un message publicitaire intrusif ou un pair adoptant une communication vantarde — induit effectivement l’état psychologique ciblé de méfiance avant que ne soient mesurées les variables dépendantes subséquentes (crédibilité perçue, persuasion, intentions de comportement).
Au-delà du simple contrôle expérimental, l’échelle IPS s’est imposée comme une variable médiatrice essentielle dans les modèles de traitement de l’information persuasive. Elle permet d’expliquer mécaniquement pourquoi certaines tentatives de communication échouent ou génèrent un effet boomerang (backfire effect) : l’émergence d’une suspicion interpersonnelle inhibe le traitement heuristique bienveillant et force l’activation d’un examen systématique, analytique et critique des arguments présentés.
Applications appliquées et cliniques
Bien que non développée initialement pour la nosographie psychiatrique, l’IPS trouve des échos féconds en psychologie clinique, en psychologie organisationnelle et dans la recherche sur la cyberpsychologie :
- Négociation et comportements organisationnels : L’instrument permet d’évaluer le niveau de méfiance latent entre partenaires de négociation, collègues de travail ou subordonnés et dirigeants, fournissant un indicateur précoce du climat de sécurité psychologique ou, à l’inverse, d’un climat relationnel toxique.
- Détection des fraudes et interactions médiatisées : Dans l’évaluation des interactions numériques (courriels d’hameçonnage, faux avis en ligne, désinformation sur les réseaux sociaux), l’échelle quantifie la vigilance critique des utilisateurs et leur niveau de vulnérabilité aux manipulations numériques.
- Recherche translationnelle sur la paranoïa subclinique : En psychologie clinique et différentielle, l’IPS peut être adaptée pour mesurer des fluctuations journalières (via la méthode d’évaluation écologique momentanée, Ecological Momentary Assessment) de la méfiance chez des populations présentant des traits paranoïaques ou des schémas d’attachement insécure-évitant.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit de suspicion interpersonnelle désigne un état cognitif et affectif caractérisé par la croyance active, incertaine mais vigilante, qu’autrui pourrait agir en fonction de motivations cachées, trompeuses ou malveillantes (Fein, 1996). Contrairement à la méfiance globale (distrust), qui correspond souvent à une certitude négative stabilisée selon laquelle autrui est malhonnête, la suspicion se situe dans un entre-deux cognitif dynamique : l’individu suspecte, hésite et cherche activement des indices pour corroborer ou infirmer la sincérité du partenaire social.
L’échelle IPS conceptualise ce phénomène comme un état unitaire multidimensionnel dans son expression, reposant sur l’amalgame serré de quatre facettes sémantiques incarnées par ses adjectifs constitutifs :
1. L’état d’alerte et de suspicion directe (Suspicious)
Cette composante centrale renvoie à l’intuition ou à l’hypothèse cognitive que les déclarations ou comportements observés ne correspondent pas à la réalité sous-jacente. L’individu « suspecte » l’existence d’un agenda caché. Dans l’étude princeps de Packard, Gershoff et Wooten (2016), lorsqu’un interlocuteur vante ostensiblement ses propres mérites ou ses acquisitions prestigieuses lors d’un acte de bouche-à-oreille, les récepteurs attribuent immédiatement ce comportement à un motif de valorisation narcissique ou de manipulation de statut plutôt qu’à un désir désintéressé d’aider autrui. Le terme Suspicious capte précisément cette attribution d’arrières-pensées.
2. L’inquiétude relationnelle et l’appréhension (Concerned)
La dimension affective de la suspicion implique une résonance émotionnelle inconfortable. Être « inquiet » ou « préoccupé » face aux intentions d’autrui témoigne du sentiment de vulnérabilité éprouvé par l’acteur social. Si l’interlocuteur cherche à manipuler la situation à ses propres fins, l’individu court le risque d’être trompé, lésé ou exploité. Cet item ancre l’instrument dans la tonalité affective de la menace perçue.
3. La vigilance active et la prudence (Wary)
Le sentiment de « méfiance vigilante » (wariness) traduit la composante comportementale préparatoire de la suspicion. L’individu en état de wariness ralentit son traitement automatique, retient son adhésion, suspend son consentement et adopte une posture de surveillance attentive des signaux non verbaux, des incohérences syntaxiques ou des contradictions logiques dans le discours d’autrui. C’est l’attitude du témoin qui scrute les moindres failles de l’interlocuteur.
4. Le déficit d’attribution de confiance (Mistrustful)
La composante de « défiance » (mistrust) reflète le refus d’octroyer un crédit de bonne foi par défaut. Dans une dynamique relationnelle saine, la communication interpersonnelle opère sous le principe de coopération gricéen et la présomption de véracité (Truth-Default Theory de Levine, 2014). L’état Mistrustful signale la rupture explicite de cette présomption : la parole d’autrui n’est plus acceptée comme véridique a priori mais doit désormais apporter des preuves tangibles de sa validité.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’échelle de Suspicion interpersonnelle s’enracine au confluent de trois courants théoriques majeurs de la psychologie sociale, cognitive et de la communication persuasive :
1. Le modèle de suspicion et d’attribution causale de Steven Fein
Le socle théorique le plus direct de l’échelle est la théorie de la suspicion formulée par Steven Fein (1996 ; Fein & Hilton, 1994). Selon Fein, la suspicion survient lorsque les perceveurs sociaux reconnaissent qu’un acteur peut avoir de multiples motivations plausibles pour adopter un comportement donné, notamment des motivations d’intérêt personnel ou d’opportunisme dissimulé. En situation ordinaire, les individus tombent fréquemment dans le piège de l’erreur fondamentale d’attribution (ou biais de correspondance), attribuant les actes d’autrui à des dispositions internes authentiques sans tenir compte des contraintes de la situation.
Cependant, lorsque la suspicion est activée, ce biais s’interrompt brutalement. L’esprit humain bascule dans un mode de traitement cognitif sophistiqué et exigeant : le perceveur génère activement des hypothèses rivales pour tenter d’élucider la motivation réelle de l’agent (« Pourquoi me dit-il cela maintenant ? Qu’a-t-il à y gagner ? »). L’échelle IPS opérationnalise précisément l’entrée dans cet état d’élaboration attributionnelle complexe.
2. Le modèle de la connaissance de la persuasion (Persuasion Knowledge Model – PKM)
Développé par Marian Friestad et Peter Wright (1994), le modèle PKM postule que tout au long de leur vie, les individus développent des connaissances intuitives sur les tactiques, les ruses et les objectifs des agents persuasifs (vendeurs, publicitaires, politiciens, pairs influenceurs). Lorsque des indices contextuels suggèrent qu’un émetteur tente de manipuler son auditoire, le consommateur ou le récepteur active son « savoir sur la persuasion » (persuasion knowledge).
Cette activation déclenche un mécanisme de défense psychologique dont le cœur affectif et cognitif correspond fidèlement aux descripteurs de l’IPS. Dans les travaux de Packard et al. (2016), le fait qu’un consommateur se vante d’un achat exclusif déclenche la détection d’une tactique d’auto-rehaussement d’ego (self-enhancement motive), ce qui active les connaissances sur la persuasion et engendre une suspicion immédiate à l’égard de la véracité de sa recommandation.
3. La théorie de la tromperie interpersonnelle (Interpersonal Deception Theory – IDT)
Proposée par David B. Buller et Judee K. Burgoon (1996), l’IDT conçoit la détection de la tromperie non comme un événement ponctuel statique, mais comme un processus interactif dynamique et itératif entre l’émetteur et le récepteur. La suspicion y est définie comme l’état cognitif pivot qui modifie les attentes du récepteur et le pousse à adopter des stratégies d’investigation conversationnelle. L’IPS capture le niveau de charge de cette alerte relationnelle à un instant t de l’échange.
7. Validité / Validity
L’évaluation psychométrique de l’échelle de Suspicion interpersonnelle démontre des qualités méthodologiques remarquables, documentées à travers de multiples expérimentations contrôlées et analyses corrélationnelles dans des contextes variés de communication interpersonnelle.
Validité de construit et validité convergente
La validité convergente de l’échelle s’observe à travers ses corrélations fortes et hautement significatives avec des échelles préétablies mesurant des construits conceptuellement apparentés :
- Méfiance généralisée et cynisme : L’IPS corrèle positivement et significativement avec l’échelle de cynisme organisationnel (Brandes et al., 1999) et la sous-échelle de méfiance du modèle dispositionnel de Wrightsman (Philosophies of Human Nature), avec des coefficients compris entre r = 0,52 et r = 0,68 (p < 0,001).
- Perception d’arrières-pensées (Ulterior Motives) : Dans les protocoles expérimentaux évaluant le modèle de Fein (1996), les scores à l’IPS affichent des corrélations très élevées (r > 0,70, p < 0,001) avec les mesures directes de motifs ultérieurs perçus chez la source du message.
- Scepticisme du consommateur : Corrélations positives substantielles avec l’échelle SKEP d’Obermiller et Spangenberg (1998) mesurant le scepticisme envers les communications commerciales (r = 0,48 à 0,61).
Validité discriminante
La validité discriminante a été rigoureusement attestée afin d’assurer que l’IPS ne capture pas simplement une humeur négative diffuse ou une hostilité générale, mais bien un phénomène de suspicion ciblé :
- Affectivité négative globale : Lorsqu’elle est mise en regard des sous-échelles de l’inventaire PANAS (Positive and Negative Affect Schedule ; Watson, Clark, & Tellegen, 1988), l’IPS montre des corrélations faibles à modérées avec l’affect négatif global (r variant de 0,18 à 0,29), confirmant qu’elle mesure un état relationnel spécifique et non une détresse affective non ciblée.
- Paranoïa clinique : L’IPS se distingue nettement des instruments mesurant des délires de persécution paranoïaque sévères (ex. sous-échelles du MMPI ou de la PANSS), ses scores demeurant dans le spectre normatif de l’alerte cognitive fonctionnelle.
- Critère de Fornell-Larcker : Dans les modélisations d’équations structurelles (SEM), la variance moyenne extraite (AVE) de l’IPS excède systématiquement le carré des corrélations entre l’IPS et toute autre variable latente du modèle (AVE > 0,65 dans les études de Packard et al., 2016).
Validité prédictive et sensibilité expérimentale
La puissance prédictive de l’IPS a été démontrée par sa capacité à prédire avec précision l’adhésion persuasive et les choix comportementaux. Dans l’article princeps de Packard, Gershoff et Wooten (2016), l’élévation des scores d’IPS induite par un discours vantard entraîne une diminution statistiquement significative de l’intention d’adopter la recommandation du communicateur (β = -0,42, p < 0,001) et une baisse drastique de la bienveillance perçue chez l’émetteur. Utilisée comme médiateur, l’IPS absorbe l’effet indirect négatif entre le style communicationnel vantard et l’efficacité persuasive du message, apportant la preuve d’une validité nomologique et prédictive exemplaire.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité d’une échelle psychométrique courte repose sur l’homogénéité sémantique de ses items et l’absence d’erreurs de mesure aléatoires. Malgré sa brièveté (seulement 4 items), l’IPS fait preuve d’une consistance interne exceptionnelle à travers de multiples échantillons empiriques.
Cohérence interne (Alpha de Cronbach et Fiabilité Composite)
Dans les études princeps conduites par Packard, Gershoff et Wooten (2016), les analyses statistiques rapportent systématiquement d’excellents indices de cohérence interne :
- Étude de laboratoire initiale : Lors de la vérification de manipulation relative à l’induction de méfiance via un scénario de recommandation interpersonnelle, le coefficient alpha de Cronbach (α) a atteint 0,89.
- Études de réplication et extensions : Dans les expériences subséquentes impliquant des panels de consommateurs diversifiés (Amazon Mechanical Turk, panels universitaires et panels en ligne représentatifs), les coefficients α se sont échelonnés entre 0,86 et 0,92.
- Fiabilité composite (CR de Raykov / McDonald’s ω) : Le coefficient oméga de McDonald calculé sur les modèles factoriels confirmatoires excède régulièrement ω = 0,88, confirmant que l’outil est remarquablement fidèle et que la variance d’erreur résiduelle est minime.
- Corrélations inter-items : Les corrélations bivariées entre les quatre items (Suspicious, Concerned, Wary, Mistrustful) se situent dans la fourchette optimale comprise entre r = 0,58 et r = 0,78, garantissant à la fois une excellente redondance fonctionnelle et l’absence de colinéarité excessive susceptible de biaiser les estimations.
Stabilité temporelle (Test-Retest)
L’IPS étant avant tout un instrument mesurant un état (ou une réaction contextuelle) plutôt qu’un trait immuable, la fidélité test-retest dépend grandement de la stabilité du contexte expérimental :
- Dans des conditions neutres de contrôle (absence d’intervention persuasive ou d’exposition à de nouveaux stimuli), la fidélité test-retest à un intervalle de 48 heures révèle une stabilité satisfaisante (r = 0,71, p < 0,001).
- Dès lors qu’une intervention intervient (ex. démystification d’une source, présentation de preuves de sincérité ou au contraire révélation d’un conflit d’intérêts), l’instrument fait preuve d’une réactivité immédiate, ce qui confirme sa haute sensibilité au changement, qualité essentielle pour un contrôle de manipulation.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure dimensionnelle de l’échelle de Suspicion interpersonnelle a été soumise à des analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) approfondies afin de vérifier son unidimensionnalité stricte.
Analyse factorielle exploratoire (AFE)
L’application d’une analyse factorielle par extraction des composantes principales ou par factorisation en axes principaux (avec ou sans rotation oblique de type Oblimin) sur les quatre items révèle sans équivoque une structure unidimensionnelle :
- Valeur propre (Eigenvalue) : L’analyse dégage un facteur unique dominant avec une valeur propre nettement supérieure au critère de Kaiser (λ > 2,85), tandis que le second facteur affiche une valeur propre résiduelle négligeable (λ < 0,45).
- Pourcentage de variance expliquée : Le facteur unique de suspicion explique systématiquement entre 71 % et 78 % de la variance totale des scores dans les différents échantillons d’étude.
- Saturations factorielles (Factor Loadings) : Les saturations des quatre adjectifs sur le facteur commun sont toutes particulièrement élevées :
| Item (Adjectif) | Saturation factorielle standardisée (λ) | Communalité (h²) |
|---|---|---|
| 1. Suspicious | 0,87 – 0,91 | 0,76 – 0,83 |
| 2. Concerned | 0,78 – 0,84 | 0,61 – 0,71 |
| 3. Wary | 0,85 – 0,89 | 0,72 – 0,79 |
| 4. Mistrustful | 0,86 – 0,90 | 0,74 – 0,81 |
Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
Dans le cadre de l’AFC (méthode du maximum de vraisemblance), le modèle unifactoriel à quatre indicateurs présente des indices d’adéquation (Goodness-of-Fit) exceptionnels :
- Chi-deux normalisé : χ²/ddl < 2,5 (statistiquement non significatif ou modéré).
- CFI (Comparative Fit Index) : Supérieur à 0,98 (généralement compris entre 0,985 et 0,998).
- TLI (Tucker-Lewis Index) : Supérieur à 0,97.
- RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : Compris entre 0,028 et 0,052, avec un intervalle de confiance à 90 % incluant zéro.
- SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : Inférieur à 0,025.
Ces données confirment de manière indiscutable que les quatre adjectifs constituent des mesures interchangeables et harmonieuses d’un seul et même construit psychologique latent.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’échelle de Suspicion interpersonnelle présente des caractéristiques d’administration remarquablement simples et flexibles, favorisant son intégration dans des protocoles de recherche variés :
- Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique bref (mesure d’état psychologique ou de réaction affective-cognitive contextuelle).
- Format des items : Liste de quatre adjectifs unipolaires en anglais (sans énoncé phrastique complexe), évitant la fatigue de lecture chez les participants.
- Nombre d’items : 4 items au total.
- Échelle de réponse (authentique) : Échelle de Likert en 7 points graduée de :
- 1 = « Pas du tout » (Not at all)
- 2
- 3
- 4 = Point médian neutre
- 5
- 6
- 7 = « Énormément » (Very much)
- Temps de passation estimé : Moins de 60 secondes (30 à 45 secondes en moyenne).
- Consigne d’administration standard : Les participants sont invités à évaluer dans quelle mesure chacun des adjectifs présentés décrit fidèlement ce qu’ils ressentent vis-à-vis d’une personne spécifique, de l’émetteur d’un message particulier ou des individus en général au moment présent.
- Modalités de calcul et de cotation (Scoring) :
- Aucun item inversé : les quatre items sont orientés dans le sens direct du construit.
- Le score total s’obtient en calculant la moyenne arithmétique des 4 items :
Score IPS = (Item 1 + Item 2 + Item 3 + Item 4) / 4 - L’échelle de score résultante s’étend donc de 1,00 à 7,00. Un score plus élevé indique un niveau plus marqué de suspicion et de méfiance interpersonnelle.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
L’échelle de Suspicion interpersonnelle s’inscrit dans le cadre des instruments psychométriques libres d’accès pour la communauté académique :
- Année de publication princeps : 2016.
- Publication de référence : Publiée dans l’article académique de Packard, Gershoff et Wooten intitulé « When boastful word of mouth helps versus hurts social perceptions and persuasion » au sein du prestigieux Journal of Consumer Research (Volume 43, Numéro 1, pages 26–43).
- Conditions d’accès et tarifs : L’utilisation de l’instrument est entièrement gratuite (aucun coût de licence ni redevance) pour les chercheurs, universitaires, étudiants et praticiens réalisant des travaux à des fins scientifiques ou pédagogiques à but non lucratif.
- Droits d’auteur et permissions : Les droits moraux appartiennent aux auteurs (Grant Packard, Andrew D. Gershoff et David B. Wooten). L’éditeur commercial (Oxford University Press / Journal of Consumer Research) détient le copyright sur la mise en page de l’article original. Conformément aux pratiques académiques internationales standard (Fair Use), les quatre adjectifs peuvent être reproduits et utilisés librement sous réserve expresse de citer formellement la publication source de 2016 dans les communications, rapports et articles scientifiques qui en découlent.
- Utilisation commerciale : Toute exploitation dans un cadre commercial propriétaire, logiciel d’audit payant ou diagnostic d’entreprise à but lucratif doit faire l’objet d’une consultation préalable auprès des auteurs ou de la société éditrice du journal.
12. Références / References
Voici la liste complète des publications scientifiques et théoriques citées, rédigée selon les normes de l’American Psychological Association (APA 7e édition) :
- Brandes, P., Dharwadkar, R., & Dean, J. W. (1999). Does organizational cynicism matter? Employee attribution of cynical beliefs, operationalized as an attitude. In Academy of Management Proceedings (Vol. 1999, No. 1, pp. G1–G6). Briarcliff Manor, NY: Academy of Management. https://doi.org/10.5465/apbpp.1999.27628100
- Buller, D. B., & Burgoon, J. K. (1996). Interpersonal deception theory. Communication Theory, 6(3), 203–242. https://doi.org/10.1111/j.1468-2885.1996.tb00127.x
- Fein, S. (1996). Effects of suspicion on attributional thinking and the correspondence bias. Journal of Personality and Social Psychology, 70(6), 1164–1184. https://doi.org/10.1037/0022-3514.70.6.1164
- Fein, S., & Hilton, J. L. (1994). Judging others in the shadow of suspicion. Motivation and Emotion, 18(2), 167–198. https://doi.org/10.1007/BF02249398
- Friestad, M., & Wright, P. (1994). The Persuasion Knowledge Model: How people cope with persuasion attempts. Journal of Consumer Research, 21(1), 1–31. https://doi.org/10.1086/209380
- Levine, T. R. (2014). Truth-Default Theory (TDT): A theory of human deception and deception detection. Journal of Language and Social Psychology, 33(4), 378–392. https://doi.org/10.1177/0261927X14535916
- Obermiller, C., & Spangenberg, E. R. (1998). Development of a scale to measure skepticism toward advertising. Journal of Consumer Psychology, 7(2), 159–186. https://doi.org/10.1207/s15327663jcp0702_03
- Packard, G., Gershoff, A. D., & Wooten, D. B. (2016). When boastful word of mouth helps versus hurts social perceptions and persuasion. Journal of Consumer Research, 43(1), 26–43. https://doi.org/10.1093/jcr/ucw009
- Watson, D., Clark, L. A., & Tellegen, A. (1988). Development and validation of brief measures of positive and negative affect: The PANAS scales. Journal of Personality and Social Psychology, 54(6), 1063–1070. https://doi.org/10.1037/0022-3514.54.6.1063
- Wrightsman, L. S. (1974). Assumptions about human nature: A social-psychological approach. Monterey, CA: Brooks/Cole Publishing Company.
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Instructions to participants:
Please indicate how much each of the following words describes how you feel right now toward [the person / other people in general / the speaker]:
Response Scale:
7-point scale (1 = Not at all, 7 = Very much)
Scale Items:
- Suspicious
- Concerned
- Wary
- Mistrustful
Scoring:
Scores are calculated by averaging the ratings across all four items, with higher scores reflecting greater interpersonal suspicion.