Surveillance de l’humeur (MM)

Découvrez l’échelle de surveillance de l’humeur (Mood Monitoring – MM) développée par Arnold et Reynolds (2009) : cadre théorique, validité, analyse factorielle et items complets.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 2, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 2, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’échelle de surveillance de l’humeur (Mood Monitoring Scale, MM), développée par Mark J. Arnold et Kristy E. Reynolds (2009), est un instrument psychométrique unidimensionnel conçu pour évaluer la disposition habituelle et métacognitive d’un individu à observer, scruter et prendre conscience de son propre état affectif au fil de la journée. Contrairement aux outils évaluant la valence ou l’intensité des affects ressentis (comme le PANAS ou les profils d’états d’âme), cette échelle ne mesure pas l’humeur elle-même, mais la tendance réflexive et attentionnelle qu’a le sujet à surveiller activement ses fluctuations émotionnelles. Composée de 5 items auto-rapportés évalués sur une échelle de Likert en 7 points allant de 1 (« Fortement en désaccord » / Strongly disagree) à 7 (« Fortement d’accord » / Strongly agree), l’échelle fournit un score global continu obtenu par le calcul de la moyenne arithmétique des réponses, où un score élevé traduit une vigilance accrue envers ses états d’âme internes.

Initialement introduite dans le champ du comportement du consommateur et de la psychologie environnementale appliquée au commerce de détail, l’échelle visait à tester l’hypothèse selon laquelle les individus manifestant une forte propension à la surveillance de l’humeur réagissent différemment aux stimuli d’ambiance et aux stratégies environnementales destinées à induire ou réguler des émotions. Sur le plan psychométrique, l’instrument présente une consistance interne robuste, attestée par un coefficient alpha de Cronbach systématiquement supérieur à 0,85, ainsi qu’une validité convergente et discriminante bien documentée face aux construits voisins tels que la clarté émotionnelle (mood clarity), la réparation de l’humeur (mood repair), la conscience de soi privée (private self-consciousness) et l’orientation régulatrice (regulatory focus). L’analyse factorielle confirmatoire démontre un ajustement optimal à un modèle unidimensionnel strict, garantissant une utilisation parcimonieuse, valide et fiable tant dans la recherche en psychologie cognitive et sociale que dans le marketing comportemental et la psychologie de la santé.

2. Mots-clés / Keywords

Surveillance de l’humeur, régulation affective, métacognition émotionnelle, conscience de soi, psychométrie, comportement du consommateur, affect, autorégulation, échelle de Likert, psychologie différentielle, validation psychométrique, attention émotionnelle.

3. Auteurs / Authors

L’échelle de surveillance de l’humeur a été développée et formalisée par les professeurs Mark J. Arnold et Kristy E. Reynolds dans le cadre de leurs travaux conjoints sur les dynamiques affectives et les comportements d’achat :

  • Mark J. Arnold, Ph.D. : Professeur de marketing à la John Cook School of Business, Saint Louis University, Saint-Louis, Missouri, États-Unis. Ses recherches portent sur la psychologie du consommateur, la valeur hédonique de l’expérience client et l’influence des états affectifs sur la prise de décision. Courriel académique : [email protected].
  • Kristy E. Reynolds, Ph.D. : Professeure émérite et titulaire de la chaire Bruno de marketing à la Culverhouse College of Business, University of Alabama, Tuscaloosa, Alabama, États-Unis. Ses travaux sont largement reconnus dans les domaines du commerce de détail, des motivations d’achat hédoniques et utilitaires, ainsi que des interactions émotionnelles en magasin. Courriel académique : [email protected].

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’échelle de surveillance de l’humeur (MM) est de quantifier une propension dispositionnelle spécifique : la tendance systématique d’une personne à allouer des ressources attentionnelles à l’évaluation de son état affectif intérieur au cours de ses activités quotidiennes. Dans les modèles classiques de la régulation émotionnelle, les théoriciens distinguent classiquement la génération de l’émotion, la perception de cette émotion et les tentatives conscientes ou automatiques visant à modifier ou maintenir cet état. L’échelle développée par Arnold et Reynolds comble une lacune méthodologique en isolant la composante de monitoring ou de surveillance active de l’humeur, distincte à la fois de la capacité à comprendre l’émotion (la clarté affective) et de la motivation à réparer un état négatif (la réparation de l’humeur).

Dans leur recherche princeps de 2009, les auteurs cherchaient à comprendre comment l’environnement d’un point de vente (musique, disposition spatiale, éclairage, interactions de service) influence le comportement des acheteurs en interaction avec leurs mécanismes d’autorégulation. Ils ont postulé que les individus qui surveillent constamment leur humeur (habitual mood-monitors) ne traitent pas les signaux affectifs ambiants de la même manière que ceux qui prêtent peu attention à leur paysage émotionnel. Les « surveillants réguliers » disposent d’un accès métacognitif plus rapide et plus prononcé à leurs variations d’humeur, ce qui les rend soit plus sensibles aux stratégies d’élévation de l’humeur proposées par l’environnement commercial, soit plus exigeants envers l’authenticité de leur expérience émotionnelle.

Au-delà du cadre initial du marketing sensoriel et de la psychologie de la distribution, cet instrument répond à des objectifs de recherche fondamentale et appliquée étendus. En psychologie cognitive et sociale, il permet d’étudier comment l’attention portée aux signaux somatiques et affectifs module la prise de décision, la tolérance à la frustration et la réactivité au stress. En psychologie clinique et de la santé, mesurer la surveillance de l’humeur est crucial pour différencier une prise de conscience adaptative (liée à la pleine conscience ou mindfulness) d’une hypervigilance affective dysfonctionnelle, fréquemment observée dans les troubles anxieux, la dépression récurrente et les tendances à la rumination mentale. L’instrument permet ainsi d’isoler un processus d’auto-observation continu, offrant aux chercheurs un indicateur standardisé, concis et psychométriquement rigoureux pour explorer les médiations et modérations dans les protocoles expérimentaux ou corrélationnels.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique opérationnalisé par cette échelle est la surveillance de l’humeur (Mood Monitoring), définie comme la disposition habituelle d’un individu à remarquer consciemment, vérifier et introspecter son humeur tout au long de la journée. Il s’agit d’une dimension métacognitive qui se situe à l’intersection de la conscience émotionnelle de soi et de l’autorégulation cybernétique.

Différenciation conceptuelle fondamentale

Pour appréhender pleinement ce construit, plusieurs distinctions conceptuelles majeures s’imposent :

  • Humeur vs Surveillance de l’humeur : L’humeur correspond à un état affectif diffus, de valence positive ou négative, persistant dans le temps et dépourvu d’objet intentionnel immédiat spécifique. La surveillance de l’humeur ne mesure en aucun cas le niveau de tristesse, d’anxiété, de sérénité ou de joie éprouvé par le sujet, mais plutôt la fréquence et l’intensité avec lesquelles il focalise son attention sur la nature de cet état. Deux individus peuvent éprouver exactement le même niveau d’humeur négative transitoire tout en présentant des niveaux diamétralement opposés de surveillance de cette humeur.
  • Surveillance vs Clarté de l’humeur (Mood Clarity) : La clarté de l’humeur, concept central de l’échelle TMMS (Trait Meta-Mood Scale) de Salovey et ses collaborateurs (1995), renvoie à la certitude et à la précision avec lesquelles une personne identifie et nomme ce qu’elle ressent (« Je sais exactement ce que je ressens »). La surveillance, quant à elle, concerne le processus d’inspection préalable : le sujet peut surveiller continuellement son humeur tout en éprouvant une faible clarté quant à sa nature exacte ou ses causes sous-jacentes.
  • Surveillance vs Réparation de l’humeur (Mood Repair) : La réparation affective concerne les stratégies comportementales et cognitives déployées pour neutraliser une humeur désagréable ou prolonger un état positif. La surveillance est une phase diagnostique amont, purement observatoire, qui n’implique pas automatiquement le déclenchement d’une stratégie réparatrice.

Nature unidimensionnelle et manifestations comportementales

Le construit de surveillance de l’humeur conceptualisé par Arnold et Reynolds est unidimensionnel. Il reflète un continuum d’attention intéroceptive et psychologique :

  • À l’extrémité inférieure du continuum : Les individus à faible score traversent leur journée sans s’interroger spontanément sur leur coloration affective. Leurs humeurs fluctuent de manière sous-jacente sans faire l’objet d’un examen conscient systématique, à moins qu’un événement extérieur majeur ou un choc émotionnel intense ne vienne forcer leur attention.
  • À l’extrémité supérieure du continuum : Les individus à score élevé effectuent des vérifications intérieures régulières (internal check-ins). Ils s’arrêtent au milieu de leurs activités pour s’auto-évaluer (« Comment est-ce que je me sens en cet instant précis ? »), perçoivent immédiatement les micro-changements dans leur tonus affectif et manifestent une conscience accrue des glissements subtils entre des états de calme, de lassitude, d’irritabilité ou d’enthousiasme.

Cette disposition n’est ni intrinsèquement pathologique ni purement adaptative. Elle constitue une variable modératrice clé : chez certains sujets, elle facilite une gestion proactive de l’énergie et une adaptation sociale fine, tandis que chez des sujets prédisposés au neuroticisme, elle peut alimenter une auto-focalisation excessive et un cercle vicieux de vigilance anxieuse.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le cadre théorique soutenant l’échelle de surveillance de l’humeur s’ancre dans la convergence de plusieurs courants majeurs de la psychologie contemporaine : la théorie de la métacognition affective (meta-mood experience), la théorie cybernétique de l’autorégulation de Carver et Scheier, la théorie de la focalisation régulatrice de Higgins et la psychologie cognitive de l’attention.

1. L’expérience méta-humeur et l’intelligence émotionnelle

Les racines conceptuelles de l’instrument s’inspirent directement des travaux pionniers de John D. Mayer et Peter Salovey (1990), poursuivis par Salovey, Mayer, Goldman, Turvey et Palfai (1995), sur les processus de méta-humeur. La métacognition émotionnelle postule que les êtres humains ne se contentent pas de vivre des émotions au premier degré : ils développent des pensées, des jugements réflexifs et des contrôles attentionnels sur leurs propres vécus affectifs. Mayer et Gaschke (1988) ont formalisé l’idée que l’esprit humain maintient une veille continue sur ses états subjectifs. Arnold et Reynolds ont extrait et épuré cette facette d’observation continue pour en faire une échelle brève et hautement focalisée sur la surveillance quotidienne, débarrassée des confusions avec l’auto-évaluation de la compétence émotionnelle.

2. Les modèles cybernétiques de boucle de rétroaction (Carver & Scheier)

Selon le modèle cybernétique de l’autorégulation du comportement développé par Charles S. Carver et Michael F. Scheier (1981, 1998), tout système autorégulé repose sur une boucle de rétroaction négative (TOTE : Test-Operate-Test-Exit). La phase de « Test » exige la comparaison entre l’état actuel du système et un standard de référence. La surveillance de l’humeur correspond précisément à l’activation de ce capteur interne : elle fournit à l’individu l’information continue sur son état actuel. Sans une telle surveillance, l’écart entre l’état ressenti et l’état désiré (le standard de bien-être ou d’équilibre émotionnel) ne peut pas être calculé avec précision, rendant les opérations correctrices inefficaces ou inadaptées.

3. La théorie de la focalisation régulatrice (Regulatory Focus Theory)

Dans l’étude d’Arnold et Reynolds (2009), la surveillance de l’humeur est théoriquement articulée avec la théorie de la focalisation régulatrice d’E. Tory Higgins (1997). Higgins postule que la poursuite d’objectifs est guidée par deux orientations fondamentales : la focalisation sur la promotion (orientée vers la croissance, les aspirations et la présence de gains) et la focalisation sur la prévention (orientée vers la sécurité, les devoirs et l’absence de pertes). Les auteurs ont démontré que la surveillance de l’humeur agit comme un catalyseur ou un filtre cognitif qui interagit avec la focalisation régulatrice de l’individu : un consommateur orienté vers la promotion et très attentif à son humeur utilisera l’environnement extérieur pour maximiser son plaisir immédiat, tandis qu’un individu axé sur la prévention et surveillant son humeur cherchera prioritairement à éviter l’apparition d’états émotionnels déplaisants.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de l’échelle de surveillance de l’humeur a fait l’objet d’évaluations rigoureuses dès sa publication par Arnold et Reynolds en 2009, ainsi que dans des travaux ultérieurs en psychométrie appliquée.

Validité de construit et de contenu

La validité de contenu a été assurée lors de la phase de conception par une formulation rigoureuse d’items ciblant sans équivoque la tendance attentionnelle et métacognitive (mots-clés : monitor, check, stop and think, notice, consciously pay attention). Les items évitent délibérément tout biais de valence (aucun item ne fait référence à la bonne ou mauvaise humeur en soi), ce qui garantit que l’échelle évalue exclusivement le processus de surveillance plutôt que le contenu émotionnel.

Validité convergente

La validité convergente de l’échelle est démontrée par des corrélations positives statistiquement significatives avec des instruments mesurant des dimensions théoriquement proches :

  • La sous-échelle « Attention to Feelings » de la Trait Meta-Mood Scale (TMMS ; Salovey et al., 1995), avec des coefficients de corrélation modérés à élevés ($r \approx 0{,}62$ à $0{,}71$, $p < 0{,}001$), montrant que l’échelle capte bien la facette attentionnelle de l’expérience méta-affective.
  • La sous-échelle de Conscience de soi privée (Private Self-Consciousness de Fenigstein, Scheier, & Buss, 1975), avec des corrélations de l’ordre de $r = 0{,}45$ à $0{,}54$ ($p < 0{,}01$), attestant que les personnes attentives à leurs états internes en général surveillent également leur humeur de façon plus marquée.
  • Les mesures de sensibilité intéroceptive et de pleine conscience dispositionnelle (facette Observing du FFMQ ; Baer et al., 2006), présentant des corrélations positives modérées ($r \approx 0{,}38$, $p < 0{,}01$).

Validité discriminante

La validité discriminante a été scrupuleusement testée pour vérifier que l’échelle ne se confond pas avec d’autres variables affectives :

  • Affectivité négative et névrosisme : Les corrélations avec le névrosisme (BFI) ou l’affectivité négative du PANAS demeurent faibles et souvent non significatives ($r$ compris entre $0{,}08$ et $0{,}18$, non significatif ou très modeste), prouvant que surveiller son humeur n’est pas synonyme de détresse psychologique.
  • Clarté de l’humeur : Bien que liée à la surveillance, la clarté émotionnelle partage une variance commune limitée ($r < 0{,}30$), confirmant la séparation entre le fait d’observer une humeur et celui de la comprendre clairement.
  • Dans l’analyse factorielle confirmatoire menée par Arnold et Reynolds (2009), la variance moyenne extraite (AVE) de l’échelle de surveillance de l’humeur dépasse systématiquement le carré des corrélations inter-construits (critère de Fornell-Larcker), attestant d’une excellente validité discriminante vis-à-vis des dimensions de régulation de l’humeur et d’orientation régulatrice.

Validité prédictive et de critère

L’échelle a démontré une remarquable validité prédictive dans des contextes expérimentaux et quasi-expérimentaux. Les travaux d’Arnold et Reynolds (2009) ont confirmé que le niveau de surveillance de l’humeur modère significativement l’effet de l’atmosphère d’un magasin sur la satisfaction des clients et les dépenses impulsives : les individus ayant des scores élevés à l’échelle MM ajustent leurs choix de consommation de façon beaucoup plus marquée en réponse aux indices d’ambiance visant la restauration émotionnelle par rapport aux individus à faible score.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’échelle de surveillance de l’humeur a été établie à travers divers échantillons d’adultes et de consommateurs, révélant des propriétés métrologiques très satisfaisantes malgré le nombre réduit d’items.

Consistance interne

Dans l’étude originale d’Arnold et Reynolds (2009), la consistance interne de l’échelle a été mesurée par l’alpha de Cronbach ($lpha$) ainsi que par la fiabilité composite ($CR$ pour Composite Reliability) :

  • Le coefficient alpha de Cronbach rapporté dans l’échantillon initial est de 0,88, ce qui dépasse largement le seuil standard de 0,70 requis en recherche psychosociale et approche le seuil d’excellence de 0,90.
  • La fiabilité composite ($CR$) s’élève à 0,89, confirmant l’homogénéité et la cohérence intrinsèque des 5 items composant le questionnaire.
  • Les corrélations item-total corrigées s’échelonnent entre 0,65 et 0,78, indiquant que chaque énoncé contribue de façon substantielle et harmonieuse à la variance totale du construit sans redondance excessive.

Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

Bien que l’instrument évalue une habitude réflexive susceptible d’évoluer lentement lors d’interventions ciblées (comme des programmes d’entraînement à la pleine conscience), des vérifications de stabilité temporelle sur un intervalle de 3 à 4 semaines auprès d’échantillons universitaires ont montré un coefficient de corrélation test-retest ($r_{tt}$) oscillant entre 0,76 et 0,82. Cette robustesse temporelle confirme que l’échelle mesure bien un trait métacognitif dispositionnel et non un état fluctuant momentané.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure dimensionnelle de l’échelle de surveillance de l’humeur a fait l’objet d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) approfondies.

Analyse factorielle exploratoire (AFE)

Lors des phases initiales d’épuration psychométrique, l’analyse en composantes principales ainsi que l’analyse factorielle en axes principaux avec rotation oblique ont mis en évidence l’extraction d’un facteur unique dominant :

  • La valeur propre (eigenvalue) du premier facteur extrait est largement supérieure à 1 (typiquement comprise entre 3,20 et 3,60), tandis que la seconde valeur propre chute drastiquement en dessous de 0,60, confirmant l’absence de sous-dimensions secondaires (critère de Kaiser et examen du diagramme d’éboulis de Cattell).
  • Ce facteur unique explique entre 64 % et 72 % de la variance totale des scores observés selon les échantillons étudiés.

Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

Dans l’article de référence d’Arnold et Reynolds (2009), une analyse factorielle confirmatoire a été menée sous le logiciel LISREL / AMOS afin de tester l’adéquation formelle du modèle unifactoriel à 5 items. Les indices d’ajustement obtenus répondent rigoureusement aux critères les plus stricts de la littérature méthodologique (Hu & Bentler, 1999) :

  • Ratio Chi-deux sur degrés de liberté : $\chi^2 / dl < 2{,}50$
  • Indice de Tucker-Lewis (TLI) : $ge 0{,}96$
  • Indice de fit comparatif (CFI) : $ge 0{,}98$
  • Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) : $le 0{,}052$ (avec un intervalle de confiance à 90 % situé entre 0,000 et 0,085)
  • Résidu quadratique moyen standardisé (SRMR) : $le 0{,}031$

Saturations factorielles standardisées (Factor Loadings)

L’ensemble des saturations factorielles standardisées ($lambda$) pour les cinq items sont fortement élevées et statistiquement significatives ($p < 0{,}001$) :

  • Item 1 (I tend to monitor how I am feeling) : $\lambda = 0{,}79$
  • Item 2 (Throughout the day, I check to see what kind of mood I’m in) : $\lambda = 0{,}84$
  • Item 3 (I frequently stop and think about how I’m feeling) : $\lambda = 0{,}82$
  • Item 4 (I notice changes in my mood) : $\lambda = 0{,}72$
  • Item 5 (I consciously pay attention to my mood) : $\lambda = 0{,}80$

La variance moyenne extraite (AVE) calculée à partir de ces saturations dépasse 0,62, franchissant largement le seuil requis de 0,50 et certifiant une excellente représentativité du construit par ses indicateurs empiriques.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’instrument de mesure de la surveillance de l’humeur se caractérise par une administration simple, brève et entièrement standardisée :

  • Nom complet de l’instrument : Mood Monitoring Scale (MM) / Échelle de surveillance de l’humeur.
  • Type de passation : Auto-questionnaire individuel (papier-crayon ou administration numérique en ligne).
  • Population cible : Adultes et adolescents (dès 16 ans) capables d’introspection réflexive.
  • Temps d’administration : Environ 1 à 2 minutes (très faible charge cognitive pour le répondant).
  • Nombre total d’items : 5 items formulés de manière directe et positive.
  • Format et échelle de réponse : Échelle de Likert authentique en 7 points :
    1 = Strongly disagree (Fortement en désaccord)
    2 = Disagree (En désaccord)
    3 = Somewhat disagree (Plutôt en désaccord)
    4 = Neither agree nor disagree (Ni en désaccord ni d’accord / Neutre)
    5 = Somewhat agree (Plutôt d’accord)
    6 = Agree (D’accord)
    7 = Strongly agree (Fortement d’accord)
  • Règles de cotation et de calcul du score :
    • Tous les items sont orientés positivement vers le construit ; il n’y a aucun item inversé (no reverse-scored items).
    • Le score global de surveillance de l’humeur est calculé en réalisant la moyenne arithmétique des réponses aux 5 items :
      $$\text{Score MM} = \frac{\text{Item 1} + \text{Item 2} + \text{Item 3} + \text{Item 4} + \text{Item 5}}{5}$$
    • Le score résultant s’étend sur un continuum théorique continu allant de 1,00 à 7,00.
    • Interprétation : Un score élevé reflète une habitude marquée et fréquente à surveiller, introspecter et remarquer consciemment ses états d’âme tout au long de la journée, tandis qu’un score faible indique une disposition à vivre ses affects sans analyse attentionnelle spontanée.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication princeps : 2009.
  • Référence source originale : Publiée dans l’article scientifique d’Arnold et Reynolds au sein du Journal of Retailing (Volume 85, Numéro 3, pages 308-320).
  • Politique de licence et droits d’auteur : Le contenu théorique et l’article sont sous le copyright de la New York University et diffusés par Elsevier Inc. Toutefois, les items de l’échelle scientifique sont publiés dans le corps du texte académique pour un usage scientifique et universitaire.
  • Frais et tarification : L’utilisation de l’échelle à des fins de recherche fondamentale, d’enseignement ou d’études académiques non commerciales est entièrement gratuite. Les chercheurs sont simplement tenus de citer rigoureusement l’article princeps d’Arnold et Reynolds (2009) dans leurs travaux.
  • Utilisation commerciale : Toute intégration de l’instrument dans des logiciels payants, des outils de diagnostic commercial, des applications propriétaires de bien-être ou des prestations de conseil d’entreprise nécessite une autorisation explicite auprès des détenteurs des droits (Elsevier ou les auteurs).

12. Références / References

Les références suivantes respectent les normes académiques APA 7e édition :

  • Arnold, M. J., & Reynolds, K. E. (2009). Affect and retail shopping behavior: Understanding the role of mood regulation and regulatory focus. Journal of Retailing, 85(3), 308–320. https://doi.org/10.1016/j.jretai.2009.05.004
  • Baer, R. A., Smith, G. T., Hopkins, J., Krietemeyer, J., & Toney, L. (2006). Using self-report assessment methods to explore facets of mindfulness. Assessment, 13(1), 27–45. https://doi.org/10.1177/1073191105283504
  • Carver, C. S., & Scheier, M. F. (1981). Attention and self-regulation: A control-theory approach to human behavior. Springer-Verlag. https://doi.org/10.1007/978-1-4612-5887-2
  • Carver, C. S., & Scheier, M. F. (1998). On the self-regulation of behavior. Cambridge University Press. https://doi.org/10.1017/CBO9781139174794
  • Fenigstein, A., Scheier, M. F., & Buss, A. H. (1975). Public and private self-consciousness: Assessment and theory. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 43(4), 522–527. https://doi.org/10.1037/h0076760
  • Higgins, E. T. (1997). Beyond pleasure and pain. American Psychologist, 52(12), 1280–1300. https://doi.org/10.1037/0003-066X.52.12.1280
  • Hu, L. T., & Bentler, P. M. (1999). Cutoff criteria for fit indexes in covariance structure analysis: Conventional criteria versus new alternatives. Structural Equation Modeling: A Multidisciplinary Journal, 6(1), 1–55. https://doi.org/10.1080/10705519909540118
  • Mayer, J. D., & Gaschke, Y. N. (1988). The experience and meta-experience of mood. Journal of Personality and Social Psychology, 55(1), 102–111. https://doi.org/10.1037/0022-3514.55.1.102
  • Mayer, J. D., & Salovey, P. (1990). Perceiving affective content in ambiguous visual stimuli: A component of emotional intelligence. Journal of Personality Assessment, 54(3-4), 772–781. https://doi.org/10.1080/00223891.1990.9674037
  • Salovey, P., Mayer, J. D., Goldman, S. L., Turvey, C., & Palfai, T. P. (1995). Emotional attention, clarity, and repair: Exploring emotional intelligence using the Trait Meta-Mood Scale. In J. W. Pennebaker (Ed.), Emotion, disclosure, & health (pp. 125–154). American Psychological Association. https://doi.org/10.1037/10182-006

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response format: 7-point Likert scale (1 = Strongly disagree, 7 = Strongly agree)

  1. I tend to monitor how I am feeling.
  2. Throughout the day, I check to see what kind of mood I’m in.
  3. I frequently stop and think about how I’m feeling.
  4. I notice changes in my mood.
  5. I consciously pay attention to my mood.
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Looti, M. (2026, octobre 2). Surveillance de l’humeur (MM). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/surveillance-de-lhumeur-mm/
Looti, Mohammed. “Surveillance de l’humeur (MM).” Base de données de psychologie en français, 2 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/surveillance-de-lhumeur-mm/.
Looti, Mohammed. “Surveillance de l’humeur (MM).” Base de données de psychologie en français. octobre 2, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/surveillance-de-lhumeur-mm/.