1. Résumé
L’Inventaire de l’influence du conjoint sur la sobriété (en anglais, Spouse Sobriety Influence Inventory ou SSII), développé initialement par Edwin J. Thomas, Marianne R. Yoshioka et Robert D. Ager au début des années 1990 (notamment documenté dans Yoshioka et al., 1992 ; Thomas et al., 1993, 1996), constitue un instrument d’évaluation psychométrique de référence conçu pour mesurer de façon multidimensionnelle et quantitative les comportements, stratégies et réactions interpersonnelles déployés par les partenaires de personnes présentant un trouble de l’usage de l’alcool non coopératives ou réticentes aux soins. Composé de 52 items auto-rapportés évaluant la fréquence des conduites adoptées au cours des six derniers mois, le SSII se décompose structurellement en deux grandes échelles fonctionnelles : l’Échelle de contrôle de la consommation (Drink Control Scale – DCS, regroupant 45 items) et l’Échelle de soutien à la sobriété (Sobriety Support Scale – SSS, regroupant 7 items spécifiques : items 13, 15, 16, 20, 28, 29 et 31).
Le système de réponse repose sur une échelle ordinale de type Likert inversée à 5 points s’étendant de 1 (« Always » / Toujours) à 5 (« Never » / Jamais). D’un point de vue psychométrique, l’inventaire démontre des indices élevés de cohérence interne, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,78 et 0,91 selon les sous-échelles et les échantillons cliniques, ainsi qu’une excellente validité de construit, de critère et différentielle dans le cadre des approches comportementales conjugales (notamment l’intervention unilatérale de Thomas et l’approche CRAFT). Cet outil permet d’identifier précisément les dynamiques d’interaction contre-productives (harcèlement, coercition, menaces, surveillance punitive) et de valoriser le renforcement positif des comportements sans alcool.
2. Mots-clés
trouble de l’usage de l’alcool, conjoints, thérapie conjugale et familiale, intervention unilatérale, contrôle de la boisson, soutien à la sobriété, psychométrie, renforcement différentiel, CRAFT, codépendance, évaluation comportementale, dynamique maritale
3. Auteurs
L’Inventaire de l’influence du conjoint sur la sobriété a été conçu et validé par une équipe de chercheurs de premier plan spécialisés dans les interventions comportementales familiales appliquées aux dépendances :
- Edwin J. Thomas, Ph.D. : Professeur émérite en travail social et en psychologie à la School of Social Work de l’Université du Michigan (Ann Arbor, États-Unis). Pionnier de l’intervention unilatérale auprès des familles de personnes alcoolodépendantes réfractaires au traitement.
- Marianne R. Yoshioka, Ph.D., MSW : Chercheuse et professeure, affiliée notamment à la School for Social Work du Smith College et antérieurement à la Columbia University School of Social Work, reconnue pour ses travaux sur la violence conjugale, les minorités et les addictions au sein du couple.
- Robert D. Ager, Ph.D. : Professeur associé et chercheur à la School of Social Work de l’Université Tulane (La Nouvelle-Orléans, Louisiane, États-Unis ; contact institutionnel historique :
[email protected]), spécialiste de la méthodologie clinique, de la modélisation statistique appliquée aux toxicomanies et de l’analyse des processus de changement familiaux.
4. Objectif
Le Spouse Sobriety Influence Inventory (SSII) a été développé pour répondre à un défi clinique et théorique fondamental dans le champ de l’addictologie : la gestion de l’entourage face aux personnes souffrant d’un trouble lié à l’usage de l’alcool qui refusent d’admettre leur problème ou de s’engager dans un protocole thérapeutique conventionnel. Historiquement, les conjoints et conjointes de buveurs excessifs étaient souvent décrits à travers des concepts flous ou pathologisants tels que la « codépendance » ou la facilitation inconsciente (enabling), sans qu’il existe d’outils empiriques standardisés permettant d’évaluer objectivement ce que les partenaires font réellement au quotidien pour tenter d’endiguer la consommation de leur conjoint.
Applications cliniques
En pratique clinique, le SSII remplit plusieurs fonctions diagnostiques et thérapeutiques majeures :
- Cartographie comportementale précise : Il dresse un inventaire granulaire des stratégies déployées par le conjoint au cours des six mois écoulés, distinguant les tentatives d’exercice d’un contrôle aversif (confrontations, fouilles, récriminations, menaces, chantage affectif) des actions favorisant un environnement sans alcool et renforçant la sobriété.
- Orientation de l’intervention unilatérale familiale : Dans des protocoles tels que l’Intervention Unilatérale Familiale (Unilateral Family Therapy – UFT) développée par Thomas ou l’approche Community Reinforcement and Family Training (CRAFT de Robert J. Meyers), le SSII sert de base d’évaluation pour désamorcer les comportements dysfonctionnels (dénommés « nagging » ou harcèlement/récriminations) qui exacerbent l’agressivité et l’évitement du buveur.
- Éducation psycho-émotionnelle et réduction de l’épuisement : En analysant les scores aux 52 items, le thérapeute aide le conjoint non buveur à comprendre l’inefficacité des comportements de surveillance policière ou de punition, tout en construisant des répertoires alternatifs de communication fonctionnelle et d’autoprotection saine.
- Mesure des progrès et des rechutes relationnelles : L’outil est particulièrement sensible au changement temporel. Administré de façon répétée au fil des séances, il permet d’objectiver l’extinction progressive des tentatives de coercition inopérantes et l’émergence corrélative de comportements de soutien contingent à l’abstinence.
Applications en recherche
Au niveau de la recherche fondamentale et appliquée en psychologie de la santé et en thérapie systémique/comportementale, le SSII permet de modéliser les trajectoires d’interaction dyadique. Il offre la possibilité d’étudier comment l’atténuation du contrôle aversif du partenaire interagit avec la motivation intrinsèque au changement du patient dépendant (stades de Prochaska et DiClemente), la diminution du nombre de verres consommés par jour de consommation, et l’amélioration de la satisfaction maritale globale.
5. Construit psychologique
Le SSII opérationnalise le construit d’influence maritale sur la consommation d’alcool à travers deux dimensions comportementales distinctes mais interconnectées : l’effort de contrôle coercitif/aversif de la boisson et l’offre d’un environnement renforçant la sobriété.
1. L’Échelle de contrôle de la consommation (Drink Control Scale – DCS)
Composée de 45 items, cette échelle quantifie les actions directes ou indirectes entreprises par le partenaire pour forcer, restreindre, surveiller ou punir l’acte d’ingestion d’alcool. Les comportements captés par la DCS recouvrent plusieurs sous-domaines comportementaux et émotionnels :
- Le harcèlement verbal et les récriminations (Nagging and Verbal Confrontation) : Cela comprend les reproches incessants, l’expression formelle de désapprobation, le fait de rappeler au buveur ses écarts ou actes honteux commis sous l’emprise de l’alcool (items 2, 3, 4, 42).
- La surveillance et l’investigation policière (Surveillance and Tracking) : Actions visant à contrôler les déplacements, vérifier l’état d’ébriété, fouiller pour trouver des bouteilles, surveiller les dépenses financières ou exiger des comptes détaillés (items 8, 9, 17, 19, 35).
- La coercition sociale et la manipulation interpersonnelle : Manœuvres consistant à faire intervenir l’employeur, créer un scandale en public pour susciter de la honte, menacer d’appeler des tiers, ou imposer la présence d’un chaperon lors des sorties (items 21, 25, 33, 34).
- Le retrait affectif et les punitions relationnelles : Refus de parler au partenaire lorsqu’il a bu, refus de partager le lit conjugal, privation de relations sexuelles ou de marques d’affection, tentatives de vengeance, chantage au suicide ou menaces de divorce et d’expulsion du domicile (items 38, 43, 44, 46, 47, 49, 50, 52).
- L’induction de culpabilité : Discours axés sur la souffrance des enfants, l’atteinte à l’amour conjugal et la victimisation émotionnelle (items 22, 39, 40, 41, 48).
Ces conduites, bien que motivées par le désespoir et le souhait sincère d’interrompre l’intoxication, fonctionnent sur le plan opérant comme des stimuli aversifs qui alimentent l’évitement, la dissimulation et l’escalade conflictuelle chez le consommateur.
2. L’Échelle de soutien à la sobriété (Sobriety Support Scale – SSS)
L’échelle SSS est constituée de 7 items ciblés (items 13, 15, 16, 20, 28, 29, 31). Elle évalue la capacité proactive du conjoint à mettre en place un cadre de vie incompatible avec l’alcoolisation et à appliquer un renforcement social positif lorsque la personne ne boit pas :
- Le renforcement différentiel d’autres comportements (RDA) : Féliciter expressément la personne pour une réduction de consommation ou une période d’abstinence (item 20), lui exprimer verbalement le plaisir ressenti en sa compagnie lorsqu’elle est sobre (item 13).
- L’aménagement écologique sans alcool : Proposer ou servir des boissons non alcoolisées (item 15), suggérer des sorties ou restaurants ne servant pas d’alcool, proposer des loisirs alternatifs stimulants (items 16, 28, 29).
- La facilitation de réseaux sociaux sobres : Encourager l’intégration dans des activités impliquant des tiers abstinents ou modérés plutôt que des partenaires d’alcoolisation (item 31).
Cette distinction entre contrôle aversif et soutien renforçant constitue le pivot théorique qui distingue le SSII des simples questionnaires d’épuisement conjugal.
6. Cadre théorique
Le fondement épistémologique du Spouse Sobriety Influence Inventory s’enracine dans la théorie du conditionnement opérant de B.F. Skinner, appliquée aux systèmes dyadiques par la thérapie comportementale de couple (Jacobson & Margolin, 1979) et le modèle de renforcement communautaire (Community Reinforcement Approach – CRA) initialement élaboré par Hunt et Azrin (1973).
L’analyse fonctionnelle des contingences maritimes
Dans l’optique comportementale, l’alcoolodépendance n’est pas appréhendée isolément comme une pathologie purement intrapsychique, mais comme un comportement fermement maintenu par des contingences environnementales, sociales et physiologiques puissantes. Le partenaire intime constitue la source la plus immédiate et constante de stimuli discriminatifs et de renforcements ou punitions. Le modèle théorique de Thomas et ses collaborateurs postule que :
- Le piège du renforcement négatif conjugal : Lorsque le conjoint use de récriminations ou de menaces (DCS), le buveur ressent un état émotionnel aversif (culpabilité, colère, honte). La prise d’alcool permet temporairement d’échapper à cet état aversif, renforçant négativement l’acte de boire. Réciproquement, si le buveur interrompt momentanément sa consommation après une scène majeure, le conjoint voit son comportement coercitif renforcé négativement, ce qui perpétue le cycle interactionnel pathogène.
- La théorie de la coercition interpersonnelle : Inspiré des travaux de Gerald Patterson sur les cycles coercitifs intrafamiliaux, le cadre théorique du SSII démontre que l’accumulation de tentatives de contrôle coercitif génère une contre-coercition (agressivité en retour, déni massif, isolement).
- Le principe de renforcement alternatif (CRA/CRAFT) : Pour modifier durablement le comportement d’un individu réfractaire, l’environnement doit rendre la sobriété plus gratifiante que l’état d’ivresse. Cela suppose l’extinction du harcèlement improductif, l’application de conséquences naturelles et prévisibles lors des épisodes de consommation (retrait bienveillant mais ferme de l’attention), et la délivrance contingente et chaleureuse de renforcements positifs exclusifs lors des moments de sobriété (SSS).
7. Validité
Les propriétés métrologiques du SSII ont fait l’objet de vérifications empiriques rigoureuses dans plusieurs études de développement et de validation menées auprès de couples confrontés à un abus d’alcool (Yoshioka et al., 1992 ; Thomas et al., 1993, 1996 ; Corcoran & Fischer, 2000).
Validité de contenu et d’apparence
La génération initiale des items a été issue d’une démarche qualitative et clinique approfondie, comprenant des entretiens approfondis avec des conjoints de buveurs à problèmes, des observations d’interactions de couple en laboratoire et des consultations d’experts en thérapie familiale des addictions. Chaque item a été soigneusement calibré pour représenter un acte comportementalement mesurable, évitant les jugements d’intention ou les inférences métaphoriques.
Validité de construit et validité convergente
La validité convergente a été démontrée par des corrélations statistiquement significatives entre les sous-échelles du SSII et d’autres mesures standardisées :
- Les scores élevés à l’échelle DCS corrèlent positivement avec le niveau de détresse psychologique du conjoint mesuré par le Brief Symptom Inventory (BSI) ou le SCL-90-R (corrélations de l’ordre de r = 0,40 à 0,55, p < 0,001), attestant que l’intensification des conduites de contrôle s’accompagne d’une détresse anxio-dépressive aiguë.
- La DCS montre une corrélation modérée à forte avec les mesures de conflits maritaux et d’insatisfaction conjugale (comme le Dyadic Adjustment Scale – DAS, avec des corrélations négatives sur la cohésion maritale de l’ordre de r = -0,42).
- L’échelle SSS est corrélée positivement avec les aptitudes à la communication constructive et avec la propension du patient à s’engager ultérieurement dans un parcours de soins structuré.
Validité discriminante et sensibilité au changement
Le SSII démontre une excellente validité discriminante, distinguant nettement les partenaires suivant un programme d’accompagnement comportemental de ceux placés en liste d’attente ou issus de groupes de contrôle non cliniques. Enfin, la sensibilité de l’instrument aux effets des interventions thérapeutiques unilatérales a été attestée par des réductions statistiquement significatives des scores de DCS (diminution du harcèlement et des punitions) et une augmentation parallèle des scores de SSS au terme des protocoles d’entraînement (Yoshioka et al., 1992).
8. Fidélité
L’inventaire présente des qualités de fidélité et de précision métrologique qui satisfont pleinement aux standards de l’American Psychological Association (APA) pour les instruments d’évaluation clinique et de recherche.
Cohérence interne
Les analyses de consistance interne réalisées sur les cohortes de standardisation indiquent une fiabilité globale remarquable :
- Échelle complète (52 items) : Le coefficient alpha de Cronbach global dépasse fréquemment 0,90, démontrant une homogénéité substantielle de l’instrument.
- Drink Control Scale (DCS, 45 items) : Présente un alpha de Cronbach oscillant de 0,88 à 0,92 selon les études, traduisant une excellente stabilité dans la mesure du répertoire de contrôle aversif.
- Sobriety Support Scale (SSS, 7 items) : En dépit de sa concision (7 items), cette sous-échelle conserve une cohérence interne satisfaisante, avec des alphas généralement compris entre 0,74 et 0,82. Les corrélations item-total pour cette sous-échelle se situent majoritairement entre 0,45 et 0,68.
Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)
Dans les groupes contrôles non soumis à une intervention active évalués à un intervalle de 4 à 6 semaines, les coefficients de corrélation test-retest (r de Pearson) atteignent des valeurs de 0,78 à 0,86 pour la DCS et de 0,71 à 0,79 pour la SSS, confirmant que sans restructuration thérapeutique ciblée, les schémas comportementaux d’influence du conjoint demeurent remarquablement stables dans le temps.
9. Analyse factorielle
La structure factorielle sous-jacente au SSII a été explorée au moyen d’analyses factorielles exploratoires (AFE) utilisant l’extraction par composantes principales ou factorisation en axes principaux, assortie de rotations obliques (Promax ou Oblimin) en raison de l’interdépendance conceptuelle des stratégies d’adaptation maritale.
Structure bipolaire principale
Les analyses empiriques conduites par Thomas, Yoshioka et Ager ont initialement dégagé deux macro-facteurs dominants expliquant une part prépondérante de la variance totale :
- Facteur 1 : Contrôle direct et aversif (DCS) : Les items reflétant la surveillance directe, les confrontations verbales véhémentes, les ultimatums et les conduites de rétorsion saturent massivement sur ce facteur (saturations factorielles allant de 0,42 à 0,78). Par exemple, les items 2 (« Expressed disapproval »), 3 (« Asked the drinker to stop »), 21 (« Tried to stop by creating a scene ») et 42 (« Made sarcastic remarks ») présentent des saturations particulièrement élevées (> 0,60).
- Facteur 2 : Soutien comportemental et environnemental à la sobriété (SSS) : Les items 13, 15, 16, 20, 28, 29 et 31 se regroupent de manière robuste sur un axe factoriel indépendant (saturations factorielles comprises entre 0,48 et 0,76). Ces items se caractérisent par des saturations croisées quasi nulles sur le facteur DCS, validant leur séparation opérationnelle.
Sous-dimensions de second ordre
Certaines analyses factorielles de granularité fine ont identifié au sein de la DCS plusieurs facettes secondaires :
- Protection et dérobade matérielle (cacher l’argent, cacher l’alcool, éloigner les objets de valeur ; items 8, 9, 17) ;
- Sanctions relationnelles et punitions émotionnelles (refuser le lit conjugal, suspendre la parole, withholding sex ; items 38, 43, 44, 46, 52) ;
- Mobilisation de tiers et pression externe (alerter l’employeur, les amis, la famille ; items 30, 32, 34).
Néanmoins, l’organisation clinique bipolaire (DCS vs. SSS) demeure la modélisation la plus robuste et la plus utilisée en pratique décisionnelle.
10. Instrument de mesure
Le Spouse Sobriety Influence Inventory se présente sous la forme d’un auto-questionnaire standardisé papier-crayon ou numérique, administrable individuellement en 15 à 25 minutes.
- Population cible : Conjoints, partenaires intimes ou membres de la famille vivant sous le même toit qu’une personne présentant une consommation problématique d’alcool.
- Période de référence : Les six derniers mois (« In the past six months, how often have you… »).
- Nombre total d’items : 52 énoncés comportementaux précis.
- Échelle de réponse : Échelle ordinale en 5 points avec les ancrages textuels suivants :
1= Always (Toujours)2= Frequently (Fréquemment)3= Occasionally (Occasionnellement)4= Rarely (Rarement)5= Never (Jamais)
- Cotation et calcul des scores :
- Attention méthodologique : L’échelle originale emploie une métrique inversée où 1 reflète la fréquence maximale et 5 l’absence du comportement. En analyse clinique standardisée, de nombreux praticiens effectuent une recotation inverse (où 0 ou 1 = Jamais et 4 ou 5 = Toujours) pour faciliter l’interprétation graphique des courbes d’augmentation du soutien ou de réduction du contrôle.
- Échelle de soutien à la sobriété (SSS) : Somme ou moyenne des scores aux items 13, 15, 16, 20, 28, 29 et 31.
- Échelle de contrôle de la consommation (DCS) : Somme ou moyenne des 45 items restants (items 1 à 12, 14, 17 à 19, 21 à 27, 30, 32 à 52).
11. Permissions, Tarifs et Année du test
- Année de publication initiale : 1992-1993 (formalisation méthodologique étendue en 1996).
- Statut des droits d’auteur et permissions : Le SSII relève des instruments développés dans le cadre de recherches universitaires subventionnées par des fonds publics (notamment le National Institute on Alcohol Abuse and Alcoholism – NIAAA). Il a été publié dans des revues scientifiques et des ouvrages de référence méthodologiques, notamment dans le compendium de Corcoran et Fischer (2000), Measures for Clinical Practice: A Sourcebook, ainsi que dans le Healthy Marriages Compendium.
- Conditions d’utilisation : L’instrument peut être utilisé librement à des fins de recherche académique, d’évaluation clinique non commerciale et de formation universitaire, à condition de citer scrupuleusement les auteurs originaux (Thomas, Yoshioka, & Ager). Les adaptations commerciales de grande envergure ou intégrations logicielles propriétaires requièrent l’accord des ayants droit.
- Tarifs : Gratuit pour une utilisation clinique et scientifique directe.
12. Références
Les publications fondatrices et validations psychométriques de référence du SSII comprennent :
- Corcoran, K., & Fischer, J. (2000). Measures for clinical practice: A sourcebook (3rd ed., Vol. 1: Couples, families, and children). The Free Press.
- Hunt, G. M., & Azrin, N. H. (1973). A community-reinforcement approach to alcoholism. Behaviour Research and Therapy, 11(1), 91–104. https://doi.org/10.1016/0005-7967(73)90072-7
- Jacobson, N. S., & Margolin, G. (1979). Marital therapy: Strategies based on social learning and behavior exchange principles. Brunner/Mazel.
- Meyers, R. J., Miller, W. R., Hill, D. E., & Tonigan, J. S. (1998). Community reinforcement and family training (CRAFT): Engaging unmotivated drug users in treatment. Journal of Substance Abuse, 10(3), 291–308. https://doi.org/10.1016/S0899-3289(99)00008-0
- Thomas, E. J., & Ager, R. D. (1993). Unilateral family therapy with the uncooperative alcohol abuser. In T. J. O’Farrell (Ed.), Treating alcohol problems: Marital and family interventions (pp. 3–33). Guilford Press.
- Thomas, E. J., Yoshioka, M. R., & Ager, R. D. (1993). Spouse Sobriety Influence Inventory (SSII). University of Michigan / Tulane University.
- Thomas, E. J., Yoshioka, M. R., & Ager, R. D. (1996). Spouse enabling of alcohol abuse: Conception, assessment, and modification. Journal of Substance Abuse, 8(1), 61–80. https://doi.org/10.1016/S0899-3289(96)90145-3
- Yoshioka, M. R., Thomas, E. J., & Ager, R. D. (1992). Nagging and other drinking control efforts of spouses of uncooperative alcohol abusers: Assessment and modification. Journal of Substance Abuse, 4(3), 309–318. https://doi.org/10.1016/0899-3289(92)90038-Z
13. Questions et items du questionnaire
Spouse Sobriety Influence Inventory (SSII)
In the past six months, how often have you:
Response Scale:
1 = Always
2 = Frequently
3 = Occasionally
4 = Rarely
5 = Never
Subscales:
Sobriety Support Scale (SSS): Items 13, 15, 16, 20, 28, 29, and 31.
Drink Control Scale (DCS): The rest of the items (1-12, 14, 17-19, 21-27, 30, 32-52).
- Given the drinker written information about the harmful effects of alcohol (e.g., pamphlets, books)?
- Expressed disapproval of the drinking?
- Asked the drinker to stop or reduce his/her drinking?
- Reminded the drinker of the things he/she said or did when he/she was drunk or had been drinking?
- Spoke to the drinker before he/she went out in order to get him/her to drink less or not at all in that situation?
- Encouraged the drinker to enter an alcohol treatment program, seek medical assistance, or to attend an alcohol education program?
- Sought professional help yourself about the drinking problem (e.g., went to a physician, psychologist, psychiatrist, counselor, social worker, or clergy member)?
- Hidden or threw out alcohol?
- Hidden money or the checkbook or spent all the money so there was little left for alcohol?
- Hit or tried to hurt the drinker physically to make him/her stop drinking?
- Made a house rule that the drinker cannot drink in the house?
- Tried to get the drinker to reduce his/her drinking while at a social function (e.g., a party, bar, or club) or to leave a social function before he/she became drunk?
- Told the drinker that you enjoyed his/her company when he/she was not drinking?
- Served meals at a different time to interrupt the drinker’s drinking?
- Suggested or served the drinker non-alcoholic beverages instead of alcoholic beverages?
- Suggested activities that do not involve alcohol?
- Hidden valuables or household things so that the drinker could not pawn or sell them to buy alcohol?
- Cut back on your own drinking to set a good example for the drinker?
- Questioned the drinker regarding his/her whereabouts or how money was spent when you suspected that he/she had been drinking?
- Praised the drinker for not drinking or for a reduction in drinking?
- Tried to stop the drinker from drinking too much by creating a scene or by attempting to make him/her feel small or ridiculous in public?
- Shown the drinker that his/her drinking is making you upset or ill?
- Withheld information as punishment for the drinking?
- Had arguments about problems related to the drinking?
- Requested that you or someone else accompany the drinker as a means of controlling his/her drinking?
- Avoided entertaining to prevent the opportunities to drink?
- Prevented drinking friends form coming to the house?
- Suggested that you eat in restaurants that do not serve alcohol?
- Suggested social activities at which alcohol is not available?
- Tried to stop the drinker from drinking too much by inviting friends or relatives in?
- Tried to stop the drinker from drinking too much by getting him/her to engage in social activities with nondrinking companions?
- Tried to stop the drinker from drinking too much by getting him/her to reduce the number of social activities with drinking companions?
- Threatened to contact someone for help to try to stop him/her from drinking?
- Asked his/her employer or supervisor to step in?
- Checked his/her whereabouts to see if he/she was drinking?
- Tried to reduce problems or stress for the drinker so that he/she would drink less?
- Tried to stop him/her from drinking too much by actually getting drunk yourself?
- Refused to talk to the drinker when he/she had been drinking?
- Said that if the drinker loved you or the children he/she would stop drinking?
- Told the drinker that the children would lose their respect for him/her because of the drinking?
- Told the drinker that you were hurt by the drinking or by what he/she did when drinking?
- Made sarcastic remarks about the drinking?
- Refused to share the bed with the drinker when he/she was drunk or had been drinking?
- Withheld sex or other forms of affection because of the drinker’s drinking?
- Left home, even for part of a day, because of the drinking?
- Threatened divorce or separation if the drinker did not stop drinking?
- Demonstrated your strong feelings about his/her drinking by threatening to kill yourself?
- Cried to reduce the drinker’s drinking?
- Tried to get even because of the drinking?
- Said that the drinker must leave or kept him/her out of the house because of his/her drinking?
- Threatened the drinker about what you would do if he/she continued to drink?
- Ignored the drinker to get back at him/her when he/she was drunk, had been drinking, or after a drinking episode?