Inventaire du bien-être spirituel

Découvrez l’Inventaire du bien-être spirituel (SWI) d’Elliott Ingersoll : analyse psychométrique complète, fondements théoriques, validité, fidélité et grille d’évaluation.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 30, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 30, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé

L’Inventaire du bien-être spirituel (Spiritual Wellness Inventory, SWI), développé par le psychologue et chercheur R. Elliott Ingersoll en 1995 et formalisé en 1996 puis 1998, constitue l’un des premiers instruments psychométriques multidimensionnels spécifiquement conçus pour évaluer le bien-être spirituel dans le champ du counseling et de la psychologie intégrative. Prenant ses distances par rapport aux mesures traditionnelles excessivement focalisées sur l’adhésion religieuse dogmatique ou confessionnelle (telle que l’échelle du bien-être spirituel de Paloutzian et Ellison, 1982), le SWI s’articule autour d’une approche transculturelle et intégrative de la spiritualité humaine conçue comme une force vitale, développementale et holistique.

La version originale de l’instrument comprend 55 items évaluant 10 sous-échelles conceptuelles ainsi qu’une échelle de désirabilité sociale (« Fake Good ») : la Conception de l’Absolu/Divin (Conception of Divinity), le Sens (Meaning), la Connectivité (Connectedness), le Mystère (Mystery), la Liberté spirituelle (Spiritual Freedom), l’Expérience/Rituel (Experience/Ritual), l’Espoir (Hope), le Pardon (Forgiveness), la Connaissance/Apprentissage (Knowledge/Learning) et le Centrage sur le moment présent (Present-centeredness). Une forme révisée subséquente (SWI-R), composée de 48 items, réorganise ces dimensions en huit facteurs empiriques : Spiritualité (Spirituality), Expériences signifiantes/Espoir (Meaningful Experiences/Hope), Compréhension (Understanding), Estime de soi (Self Worth), Connectivité (Connectedness), Incertitude (Uncertainty), Contrôle (Control) et Paix intérieure (Inner Peace).

Le protocole de réponse utilise une échelle ordinale de type Likert en 8 points (allant de 1 = Fortement en désaccord à 8 = Fortement en accord), avec un système d’inversion systématique des cotations pour l’ensemble des items impairs afin de mitiger le biais d’acquiescement. Sur le plan psychométrique, les consistances internes mesurées par l’alpha de Cronbach dans les études initiales d’Ingersoll (1995, 1998) varient significativement selon les sous-échelles, affichant une fidélité robuste pour la dimension de la divinité (α = 0,83) et des rituels (α = 0,68), mais révélant des valeurs plus modestes (α = 0,42 à 0,63) pour plusieurs autres domaines, ce qui a ultérieurement motivé les analyses factorielles exploratoires et révisions structurales menées notamment par Childs (2014). Le SWI demeure un jalon fondamental pour la recherche en psychothérapie, la médecine intégrative et l’évaluation clinique des ressources noétiques face à la crise existentielle.

2. Mots-clés

Inventaire du bien-être spirituel, SWI, spiritualité, psychométrie, évaluation clinique, Elliott Ingersoll, counseling, sens de la vie, pardon, santé holistique, analyse factorielle, transcendance.

3. Auteurs

L’instrument a été conçu, opérationnalisé et validé par R. Elliott Ingersoll, Ph.D., psychologue clinicien assermenté (Licensed Professional Clinical Counselor – Supervisor), professeur émérite et ancien directeur du département de Counseling, Administration, Supervision, and Adult Learning (CASAL) à l’Université d’État de Cleveland (Cleveland State University), Ohio, États-Unis. Il a obtenu son doctorat en counseling et développement humain à la Kent State University en 1995 sous la direction de théoriciens renommés de l’évaluation spirituelle et de la santé mentale.

Par la suite, des contributions significatives à la réévaluation factorielle et à la modélisation structurale du questionnaire ont été apportées par la chercheuse Chivonna Y. Childs, Ph.D. (Cleveland State University), dont la thèse doctorale de 2014 a fourni une analyse factorielle exploratoire complète des propriétés métrologiques du SWI sur des cohortes diversifiées.

4. Objectif

L’objectif fondamental de l’Inventaire du bien-être spirituel (SWI) est de fournir aux cliniciens, conseillers psychologiques, aumôniers hospitaliers et chercheurs une mesure standardisée, multidimensionnelle et transculturelle de la santé spirituelle qui ne soit pas captive d’un dogme théologique particulier. Historiquement, l’intégration de la spiritualité dans le domaine de la santé mentale a été entravée par le manque d’instruments psychométriques capables de distinguer la religiosité extrinsèque (institutions formelles, affiliations confessionnelles, observances rituelles prescrites) de la spiritualité intrinsèque vécue comme quête existentielle de sens, transcendance, réconciliation et connexion intime au monde.

Applications cliniques

Dans la pratique psychothérapeutique, le SWI remplit plusieurs fonctions diagnostiques et thérapeutiques critiques :

  • Évaluation initiale holistique : Le SWI permet au praticien de cartographier les forces et les vulnérabilités existentielles du patient lors de la phase d’admission (intake). Il identifie si le patient dispose d’un réseau de sens protecteur ou s’il souffre de détresse spirituelle (par exemple, sentiment d’abandon cosmique, incapacité de pardonner, rigidité cognitive face à l’incertitude).
  • Guidage des interventions psychothérapeutiques : L’outil sert de catalyseur pour des approches telles que la logothérapie de Viktor Frankl, la thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT) ou les approches intégratives basées sur la pleine conscience, en mettant en lumière des domaines spécifiques de blocage (par exemple, le surcontrôle rigide ou le manque d’auto-compassion).
  • Mesure des résultats thérapeutiques (Outcome Monitoring) : Administré avant et après un cycle thérapeutique ou une intervention de gestion du deuil, le SWI permet d’évaluer si la restructuration cognitive et le travail émotionnel ont rétabli la connectivité sociale, l’acceptation du mystère et la paix intérieure chez le client.

Applications en recherche

En recherche empirique et épidémiologique, le SWI permet d’explorer les interactions complexes entre les dimensions du bien-être spirituel et des variables médicales ou psychologiques majeures : résilience face aux pathologies chroniques ou oncologiques, immunité psychologique contre le syndrome d’épuisement professionnel (burnout), rétablissement dans les troubles de l’usage de substances psychoactives et longévité subjective. Sa décomposition en sous-domaines précis permet d’isoler quelles composantes spécifiques (par exemple, l’espoir ou le pardon) modèrent le plus efficacement les effets délétères du stress perçu et de la symptomatologie dépressive.

5. Construit psychologique

Le bien-être spirituel, tel que théorisé par Ingersoll (1994, 1995, 1998), n’est pas conçu comme un état statique ou une simple vertu morale, mais plutôt comme un processus dynamique, développemental et multidimensionnel d’harmonisation de soi avec l’univers, la communauté et le transcendant. Dans la version originale à 55 items, l’inventaire opérationnalise dix dimensions spécifiques du bien-être spirituel, auxquelles s’ajoute une échelle de validité :

1. Conception de la divinité / de l’absolu (Conception of Divinity)

Cette dimension évalue la nature de la relation de l’individu avec une puissance supérieure, le divin ou le cosmos. Elle s’intéresse à la présence active perçue de cette force dans la vie quotidienne et à la manière dont cette connexion nourrit l’empathie et le lien avec les autres êtres vivants (ex. item 12 : « My sense of the divine increases my sense of Connectedness to other people »).

2. Sens et signification de l’existence (Meaning)

Ce domaine mesure la capacité du sujet à trouver de la valeur, une orientation et une cohérence téléologique dans ses expériences vécues, qu’elles soient quotidiennes, créatrices ou éprouvantes (ex. item 2 : « The meaning of life is a question I am at peace with » ; item 24 : « I always reflect on the meaning of my life experiences »).

3. Connectivité (Connectedness)

La connectivité reflète le sentiment d’appartenance intime à un ensemble plus vaste, incluant la nature, l’environnement social et une communauté saine. Elle implique la reconnaissance de liens d’interdépendance mutuelle et l’aptitude à éprouver de la compassion sincère pour autrui (ex. item 10 : « I believe all people have a role in the web of life » ; item 14 : « I feel part of at least one healthy community that is important to me »).

4. Centrage sur le moment présent (Present-centeredness)

Cette composante examine la capacité de vivre de manière pleinement consciente dans « l’ici et maintenant », en appréciant chaque instant sans être submergé par les ruminations rétrospectives ou l’anxiété projective concernant l’avenir (ex. item 4 : « I often feel a deep appreciation of every moment » ; item 26 : « I often feel fully present in each passing moment »).

5. Mystère et acceptation de l’incertitude (Mystery)

Cette dimension mesure l’ouverture du sujet face à l’ineffable, à l’inconnu et aux paradoxes inhérents à l’existence humaine. Une personne spirituellement saine reconnaît que l’incertitude et la vulnérabilité constituent des aspects naturels de l’évolution psychologique (ex. item 38 : « Ambiguity and uncertainty are healthy parts of life » ; item 5 : « I never experience a sense of awe about life » inversé).

6. Expérience et rituel (Experience/Ritual)

Ce sous-domaine s’intéresse aux pratiques concrètes, méditatives, contemplatives ou communautaires que l’individu mobilise régulièrement pour ancrer sa vie intérieure et intégrer le sacré dans son quotidien (ex. item 50 : « I have rituals that help me integrate the spiritual into my life »).

7. Espoir et foi optimiste (Hope)

L’espoir évalue la croyance résiliente qu’un avenir meilleur demeure possible, même au milieu d’adversités sévères ou de contextes en apparence désespérés, sans tomber dans le déni naïf de la réalité (ex. item 18 : « Even when situations seem hopeless, I have faith they can change for the better »).

8. Pardon (Forgiveness)

Cette dimension explore la disposition de l’individu à relâcher le ressentiment, l’amertume et le désir de représailles envers autrui ou envers soi-même, reconnaissant le rôle curatif de la réconciliation dans la libération psychologique (ex. item 8 : « I feel called on to forgive others as God forgives me » ; item 52 : « I am able to forgive anything a person may do »).

9. Connaissance et apprentissage (Knowledge/Learning)

Ce domaine mesure l’engagement continu envers la découverte de soi, la flexibilité cognitive, l’introspection et la volonté d’intégrer de nouvelles perspectives philosophiques et existentielles (ex. item 20 : « The way I live brings me to a greater knowledge of who I really am » ; item 42 : « The more I learn about myself the more I have to give »).

10. Liberté spirituelle (Spiritual Freedom)

La liberté spirituelle reflète l’émancipation vis-à-vis des pressions sociales coercitives et des jugements rigides. Elle mesure la propension à explorer ses croyances de manière autonome, ludique et authentique sans craindre l’opprobre ou la culpabilité irrationnelle (ex. item 22 : « I experience playful moments daily » ; item 44 : « I feel free to make strong commitments to things »).

11. Échelle de désirabilité sociale / « Fake Good »

Composée de cinq items spécifiques (items 10, 21, 32, 43, 54), cette sous-échelle sert de contrôle méthodologique pour détecter la tendance des répondants à présenter une façade de perfection morale ou de conformisme vertueux excessif (ex. item 21 : « I am a strict person insisting on doing things as correctly as possible »).

6. Cadre théorique

Le développement du Spiritual Wellness Inventory s’enracine dans la convergence de trois grands courants de pensée contemporains : la psychologie transpersonnelle, la tradition phénoménologique et existentielle, et le modèle holistique du bien-être (wellness model) appliqué au counseling.

La psychologie humaniste et existentielle

Le SWI puise abondamment dans les postulats de la psychologie humaniste développée par Carl Rogers et Abraham Maslow, particulièrement la notion d’expérience culminante (peak experience) et l’actualisation de soi. Pour Ingersoll, la spiritualité représente la dimension la plus élevée de la hiérarchie des besoins humains. De surcroît, les thèses logothérapeutiques de Viktor Frankl transparaissent dans la centralité accordée à la « volonté de sens » (will to meaning). Selon Frankl, l’être humain n’est pas uniquement mû par des pulsions homéostatiques biologiques (Freud) ou de puissance (Adler), mais par le désir inhérent de conférer une signification profonde à son existence, y compris face à la souffrance inévitable.

La psychologie intégrale et transpersonnelle

Ingersoll s’est fortement inspiré des travaux de Ken Wilber et de sa théorie intégrale du spectre de la conscience. Dans cette vision, le développement humain s’étend au-delà du stade conventionnel (égoïque et rationnel) pour atteindre des stades post-conventionnels et transpersonnels où le sujet fait l’expérience directe de l’interconnexion universelle et de la transcendance. Le SWI intègre délibérément cette perspective en valorisant l’acceptation du mystère, la dissolution de la rigidité défensive de l’ego et l’inscription de l’expérience quotidienne dans une toile cosmique sacrée.

Le modèle de bien-être de la roue de la vie

Dans le domaine du counseling professionnel, Ingersoll (1994) a identifié que les modèles existants de bien-être (tels que la Wheel of Wellness de Myers, Sweeney et Witmer) traitaient souvent la spiritualité comme une simple sous-catégorie périphérique ou, à l’inverse, l’assimilaient purement et simplement aux pratiques religieuses occidentales judéo-chrétiennes. En conduisant une vaste analyse transculturelle des traditions religieuses et spirituelles mondiales (hindouisme, bouddhisme, taoïsme, traditions autochtones amérindiennes, christianisme, judaïsme, islam), Ingersoll (1998) a isolé les dimensions transversales récurrentes qui transcendent les particularismes doctrinaux. Le SWI a été bâti comme la traduction opérationnelle directe de cette ontologie transculturelle.

7. Validité

L’évaluation des qualités métrologiques du SWI a fait l’objet de plusieurs investigations documentant ses formes de validité de contenu, de construit, convergente et discriminante.

Validité de contenu et transculturelle

La validité de contenu a été initialement établie par Ingersoll (1994, 1995) par le biais d’un examen approfondi de la littérature comparative des religions et d’une méthode de consultation d’experts interdisciplinaires (théologiens, philosophes, psychologues cliniciens et anthropologues). Ce panel a évalué la représentativité de chaque énoncé afin de s’assurer qu’aucun item ne véhicule une sémantique exclusive à une dénomination particulière (par exemple, éviter les formulations doctrinales dogmatiques au profit de concepts génériques tels que le « divin », le « sacré », ou « la toile de la vie »).

Validité convergente

La validité convergente a été démontrée par des corrélations statistiquement significatives entre les sous-échelles du SWI et d’autres instruments psychologiques établis :

  • Corrélations positives modérées à fortes (r = 0,48 à r = 0,71, p < 0,001) avec l’échelle de bien-être spirituel (Spiritual Well-Being Scale – SWBS de Paloutzian & Ellison), en particulier entre la sous-échelle Conception of Divinity du SWI et l’indice de bien-être religieux (RWB) de la SWBS.
  • Corrélations positives significatives (r = 0,42 à r = 0,65, p < 0,01) entre les sous-échelles Meaning et Hope du SWI et le Purpose in Life Test (PIL) de Crumbaugh et Maholick, confirmant que l’instrument capture avec exactitude l’orientation téléologique de la santé noétique.
  • Associations positives modérées avec des indices de santé mentale générale mesurés par le Mental Health Inventory (MHI) et l’échelle d’affect positif de la PANAS (Positive and Negative Affect Schedule).

Validité discriminante

La validité discriminante du SWI se vérifie par ses corrélations négatives régulières avec les échelles de dépression (BDI-II), d’anxiété-trait (STAI-T) et de désespoir de Beck (BHS). Notamment, les dimensions Hope et Meaning affichent des corrélations négatives robustes (r = -0,45 à r = -0,58) avec le désespoir, illustrant que le SWI mesure des construits de résilience spirituelle clairement dissociables des états psychopathologiques généraux.

8. Fidélité

L’évaluation de la fidélité de l’Inventaire du bien-être spirituel révèle des profils contrastés selon les dimensions explorées et les versions de l’outil.

Consistance interne (Alpha de Cronbach)

Dans l’échantillon initial de standardisation rapporté par Ingersoll (1995, 1996), les coefficients α de Cronbach pour les 55 items du SWI original se distribuent comme suit :

  • Conception of Divinity : α = 0,83 (excellente homogénéité interne).
  • Experience/Ritual : α = 0,68 (fidélité acceptable pour une sous-échelle brève de 5 items).
  • Hope : α = 0,63 (fidélité modérée).
  • Connectedness : α = 0,56.
  • Forgiveness : α = 0,54.
  • Meaning : α = 0,53.
  • Present-centeredness : α = 0,49.
  • Knowledge/Learning : α = 0,44.
  • Spiritual Freedom : α = 0,43.
  • Mystery : α = 0,42.
  • Fake Good : α = -0,03.

L’examen métrologique indique que si les dimensions touchant au théisme et aux rituels présentent une cohérence satisfaisante, plusieurs sous-échelles souffrent d’une dispersion interne importante due au nombre restreint d’items (5 items par sous-échelle) et à l’hétérogénéité des facettes théoriques combinées. L’alpha négatif de l’échelle « Fake Good » a mis en évidence l’inadéquation de cette échelle de contrôle dans sa forme initiale, conduisant ultérieurement à son abandon dans les modélisations révisées.

Fidélité test-retest

Les études de stabilité temporelle conduites sur un intervalle de 3 à 4 semaines auprès d’échantillons universitaires ont montré des coefficients de corrélation intraclasse (CCI) stables pour les scores globaux (r = 0,79 à 0,84), attestant que les orientations spirituelles fondamentales constituent des traits psychologiques relativement pérennes dans le temps.

9. Analyse factorielle

La structure dimensionnelle du SWI a fait l’objet de vifs débats métrologiques, motivant des travaux approfondis de factorisation.

La structure théorique originale (Ingersoll, 1995)

À l’origine, Ingersoll a postulé une structure à 10 dimensions théoriques dérivées de son modèle conceptuel transculturel, complétée par 5 items de validité. Toutefois, les analyses en composantes principales (ACP) initiales avec rotation Varimax ont révélé que les 10 facteurs ne convergeaient pas tous vers des vecteurs orthogonaux purs, plusieurs items montrant des saturations croisées significatives (cross-loadings > 0,35) sur plusieurs composantes à la fois.

La révision factorielle SWI-R (48 items)

Pour résoudre ces redondances et épurer l’instrument, Ingersoll a proposé la version révisée (SWI-R) à 48 items, restructurée autour de 8 composantes principales :

  • Spiritualité (items 9, 16, 22, 25, 32, 38, 41, 42, 45) : Regroupe la relation au divin, l’intériorité et les rituels personnels.
  • Expériences signifiantes / Espoir (items 3, 10, 18, 26, 34, 39, 43, 44, 46, 47) : Fusionne le sentiment de plénitude, l’espoir d’avenir et l’appréciation du moment présent.
  • Compréhension (items 2, 14, 20, 28, 33, 40, 48) : Centré sur l’auto-connaissance et la clarté du sens existentiel.
  • Estime de soi / Vulnérabilité (items 4, 19, 27, 31, 36) : Évalue la liberté face aux jugements sociétaux et la résolution des ressentiments intérieurs.
  • Connectivité (items 5, 13, 21, 30, 35) : Sentiment d’appartenance communautaire et compassion humaine.
  • Incertitude (items 1, 6, 11, 29, 37) : Capacité à tolérer l’inconnu et la remise en question des certitudes dogmatiques.
  • Contrôle (items 7, 12, 15, 23) : Besoin de maîtrise situationnelle versus lâcher-prise.
  • Paix intérieure (items 8, 17, 24) : Sérénité émotionnelle face au monde extérieur.

Analyses Factorielles Exploratoires Indépendantes (Childs, 2014)

Dans sa réanalyse factorielle exploratoire (AFE), Childs (2014) a testé la matrice de corrélation du SWI auprès d’un échantillon diversifié en utilisant l’extraction par factorisation en axes principaux avec rotation oblique Promax. Les critères de Kaiser (valeurs propres > 1,0) et le diagramme d’éboulis de Cattell ont confirmé la présence d’un facteur général prédominant de transcendance / spiritualité positive expliquant la plus grande part de variance (plus de 28 %), suivi de dimensions secondaires différenciant la tolérance cognitive à l’ambiguïté, la détresse relationnelle et l’appartenance collective.

10. Instrument de mesure

  • Nom complet de l’instrument : Inventaire du bien-être spirituel (Spiritual Wellness Inventory – SWI / SWI-R).
  • Auteur : R. Elliott Ingersoll, Ph.D.
  • Année de conception originale : 1995 (thèse), formalisation 1996, révision 1998.
  • Type d’administration : Auto-questionnaire papier-crayon ou numérique informatisé.
  • Population cible : Adultes et grands adolescents (à partir de 16 ans) en population générale, clinique ou universitaire.
  • Temps d’administration : Environ 12 à 20 minutes pour les 55 items originaux ; 10 à 15 minutes pour la version révisée (48 items).
  • Nombre d’items : 55 items (version originale SWI) ; 48 items (version révisée SWI-R).
  • Format et échelle de réponse : Échelle de Likert à 8 points graduée comme suit :
    • 1, 2, 3 = Strongly Disagree (Fortement en désaccord)
    • 4 = Disagree (En désaccord)
    • 5, 6, 7 = Agree (En accord)
    • 8 = Strongly Agree (Fortement en accord)
  • Règle de cotation et inversion :
    Inverser impérativement la cotation de tous les items impairs (Score inversé = 9 – Valeur brute du répondant). Les items pairs conservent leur valeur directe (1 à 8).
  • Affectation des sous-échelles du SWI original (55 items) :
    • Conception of Divinity : items 1, 12, 23, 34, 45.
    • Meaning : items 2, 13, 24, 35, 46.
    • Connectedness : items 3, 14, 25, 36, 47.
    • Present-centeredness : items 4, 15, 26, 37, 48.
    • Mystery : items 5, 16, 27, 38, 49.
    • Experience/Ritual : items 6, 17, 28, 39, 50.
    • Hope : items 7, 18, 29, 40, 51.
    • Forgiveness : items 8, 19, 30, 41, 52.
    • Knowledge/Learning : items 9, 20, 31, 42, 53.
    • Fake Good : items 10, 21, 32, 43, 54.
    • Spiritual Freedom : items 11, 22, 33, 44, 55.
  • Affectation des sous-échelles du SWI-R (48 items) :
    • Spirituality : items 9, 16, 22, 25, 32, 38, 41, 42, 45.
    • Meaningful Experiences/Hope : items 3, 10, 18, 26, 34, 39, 43, 44, 46, 47.
    • Understanding : items 2, 14, 20, 28, 33, 40, 48.
    • Self Worth : items 4, 19, 27, 31, 36.
    • Connectedness : items 5, 13, 21, 30, 35.
    • Uncertainty : items 1, 6, 11, 29, 37.
    • Control : items 7, 12, 15, 23.
    • Inner Peace : items 8, 17, 24.
  • Calcul des scores : Le score de chaque sous-échelle correspond à la somme ou à la moyenne des items constitutifs après inversion des items requis. Un score composite global de bien-être spirituel peut être généré en sommant l’ensemble des sous-échelles substantielles (en excluant les items de contrôle « Fake Good »). Des scores plus élevés traduisent un niveau supérieur de bien-être, d’intégration existentielle et de vitalité spirituelle.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

L’Inventaire du bien-être spirituel (SWI) a été développé en 1995 et formalisé en 1996 par le Dr R. Elliott Ingersoll. L’instrument a été mis à la disposition de la communauté académique, des praticiens du counseling et des chercheurs sans frais d’acquisition initiaux (utilisation gratuite à des fins de recherche non commerciale et d’enseignement), sous réserve de citation formelle de la thèse originale et des publications de référence d’Ingersoll.

Les versions interactives et les grilles d’interprétation automatisée ont été diffusées via les plateformes pédagogiques et universitaires de l’auteur. Pour toute adaptation clinique propriétaire, traduction officielle dans une autre langue, ou inclusion dans un protocole commercial de télésanté, il convient de contacter directement le Dr R. Elliott Ingersoll à l’Université d’État de Cleveland afin d’obtenir une autorisation expresse écrite.

12. Références

Childs, C. Y. (2014). Exploratory factor analysis of the Spiritual Wellness Inventory (Doctoral dissertation, Cleveland State University). OhioLINK Electronic Theses and Dissertations Center. https://etd.ohiolink.edu/!etd.send_file?accession=csu1409218531&disposition=inline

Ingersoll, R. E. (1994). Spirituality, religion, and counseling: Dimensions and relationships. Counseling and Values, 38(2), 98–112. https://doi.org/10.1002/j.2161-007X.1994.tb00827.x

Ingersoll, R. E. (1995). Construction and initial validation of the Spiritual Wellness Inventory (Unpublished doctoral dissertation). Kent State University, Kent, OH.

Ingersoll, R. E. (1998). Refining dimensions of spiritual wellness: A cross-traditional approach. Counseling and Values, 42(3), 156–165. https://doi.org/10.1002/j.2161-007X.1998.tb00421.x

Paloutzian, R. F., & Ellison, C. W. (1982). Loneliness, spiritual well-being, and the quality of life. In L. A. Peplau & D. Perlman (Eds.), Loneliness: A sourcebook of current theory, research and therapy (pp. 224–237). John Wiley & Sons.

13. Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scale:

1, 2, 3 = Strongly Disagree
4 = Disagree
5, 6, 7 = Agree
8 = Strongly Agree

* Note: Reverse the ratings for all odd items.

  1. I don’t ever experience God’s presence in my life.
  2. The meaning of life is a question I am at peace with.
  3. I never feel compassion for other people.
  4. I often feel a deep appreciation of every moment.
  5. I never experience a sense of awe about life.
  6. I have things I do to help me feel connected to life.
  7. There are reasons to give up hope.
  8. I feel called on to forgive others as God forgives me.
  9. I reject most challenges to my beliefs.
  10. I believe all people have a role in the web of life.
  11. I feel unsafe in the world.
  12. My sense of the divine increases my sense of Connectedness to other people.
  13. I never experience my everyday life as meaningful.
  14. I feel part of at least on healthy community that is important to me and greatly affects my life.
  15. I don’t enjoy being absorbed in physical sensations.
  16. Life is about growth and change.
  17. I don’t know what to do to feel God’s presence.
  18. Even when situations seem hopeless‚ I have faith they can change for the better.
  19. If I forgive others‚ it really doesn’t help me.
  20. The way I live brings me to a greater knowledge of who I really am.
  21. I am a strict person insisting on doing things as correctly as possible.
  22. I experience playful moments daily.
  23. I never experience a strong inner sense of God’s presence.
  24. I always reflect on the meaning of my life experiences.
  25. I don’t feel a part of any real community.
  26. I often feel fully present in each passing moment.
  27. I am afraid to question my spiritual beliefs.
  28. I see everyday life as sacred.
  29. I have little faith that on some level my life will work out.
  30. I have often been forgiven by others in my life.
  31. I don’t investigate questions that arise in my life.
  32. I have periods where it is hard to stop self-pity.
  33. I feel coerced by images of what life should be about.
  34. I am conscious of the divine in my daily activities.
  35. I don’t get much meaning out of my life experiences.
  36. I often notice things in nature while I am riding or walking from place to place.
  37. When I attain a goal I don’t savor it before moving on to the next goal.
  38. Ambiguity and uncertainty are healthy parts of life.
  39. I have not developed new spiritual rituals as I have grown.
  40. Every moment offers potential for hope.
  41. I have resentments about past injuries.
  42. The more I learn about myself the more I have to give.
  43. I would rather mix with polite people than rebellious types.
  44. I feel free to make strong commitments to things.
  45. My sense of God decreases my sense of connectedness to nature.
  46. My spirituality is very meaningful to me.
  47. My spiritual community isn’t much help in celebrating life.
  48. I don’t get tense thinking of things that lie ahead.
  49. It is important to be in control of the sitations [?] in which I find myself.
  50. I have rituals that help me integrate the spiritual into my life.
  51. I have not had difficult situations change for the better.
  52. I am able to forgive anything a person may do.
  53. I value knowledge except when it conflicts with my beliefs.
  54. I wait until I am sure that my views are correct before speaking up.
  55. I feel great pressure to live up to a social image.
★

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Citer cet article

Looti, M. (2026, septembre 30). Inventaire du bien-être spirituel. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/spiritual-wellness-inventory-swi/
Looti, Mohammed. “Inventaire du bien-être spirituel.” Base de données de psychologie en français, 30 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/spiritual-wellness-inventory-swi/.
Looti, Mohammed. “Inventaire du bien-être spirituel.” Base de données de psychologie en français. septembre 30, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/spiritual-wellness-inventory-swi/.